Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

Chapitre non-corrigé

Merci à Alamane-kun, ClaraJonesMalfoy, Emmawh, Philou, LadyWyvern, Lybiscus, Milou-sarcastic-yaoiste, Guest et Paquerette-san pour leur review !

Philou : Hello ! Merci pour ta review. On reverra Veilleuse bientôt. Probablement aux vacances de Noël. On revoit Lupin et les visions de Mérida ici plus bas. Pour le secret de Lupin, ça va en quelque sorte me servir de fil rouge pour cette partie, donc pas de résolution tout de suite et pas d'alliance, ça deviendrait trop facile. Faut bien qu'ils fassent des trucs tout seuls, les petits ^^ Et je suis content que tout le reste te plaise. Pour Andréa, j'ai un peu de mal avec ce perso aussi, mais c'est plus parce qu'elle est apparue de nulle part et que je ne sais jamais vraiment quoi en faire ^^

Bonne lecture !

LadyWyvern : Hello ! Merci pour ta review. Oui, ils ont le meilleur pour leur buse. Quoique le suivant n'est pas mal non plus, dans son genre.

Bonne lecture !

Guest : Hello ! Merci pour ta review ! (même si je sais que tu ne liras probablement jamais cette réponse, je la met au-cas-où) Oui, cette scène est énorme, je suis d'accord ^^

Bonne continuation !

Paquerette-san : Hello ! Merci pour ta review. Perso, je rêvais plus des cours de Flitwick ou McGo que de ceux de Lupin, mais j'avoue qu'ils doivent valoir le coup. Malheureusement, ma lettre aussi s'est perdue :(. Nos héros n'apprendront pas le patronus pour le moment, parce qu'ils n'en ont pas réellement besoin, pas au même niveau qu'Harry. Et surtout, c'est un sort compliqué et tout le monde n'a pas un prof perso pour l'apprendre ^^ (ouais, ya des priviliégiés dans HP ^^)

Bonne lecture !

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Chapitre 38 : Revenants et étrangetés

Hagrid avait mal vécu l'accident causé par le jeune Malfoy et le procès qui avait suivi. « Mal vécu » était même relativement faible, vu que le Garde-Chasse ne proposait plus rien de dangereux en cours. Ce qui comprenait : n'importe quoi ayant des dents, des griffes, des serres, un bec,… aussi minuscules ces appendices soient-il. En gros, il excluait la quasi-totalité de la création.

Ce qui expliquait qu'actuellement, Harold, cinquième année, apprenait à s'occuper d'un veracrasse, la créature pluricellulaire la moins dangereuse au monde, s'il on exceptait l'amibe. Et il ne fallait pas faire de gros efforts pour être plus dangereux qu'une amibe.

Tout ce que les élèves avaient donc à faire était de veiller à la survie du veracrasse. En gros : s'assurer qu'il ne s'éloigne pas et qu'il ait de la salade à disposition. Passionnant. Tout bonnement pa-ssio-nnant. Il faudrait qu'Harold pense à remercier Malfoy. Lui lancer un mauvais sort semblait être une bonne idée.

Il lui fallait tout de même reconnaître une utilité, à ce ver : il était si facile de s'en occuper que le Gallois avait tout le temps pour réfléchir, ce qui n'était pas vraiment possible habituellement, entre le Projet A, Krokmou et les cours.

Penser à quoi ? Eh bien, aux garçons. Cela pouvait sembler bien futile, mais depuis son retour, il n'avait pas vraiment pris le temps de s'attarder là-dessus. Certes, il était attiré par Charlie. Mais était-il gay ou simplement « charliesexuel » ?

Il s'était donc lancé dans l'expérimentation. En gros, il s'était installé dans un endroit discret et avait maté les garçons passant par là. Plusieurs constats étaient ressortit de cette expérience.

Tout d'abord, il était définitivement homosexuel. Aucun n'avait supplanté Charlie, mais un certain nombre de garçons avaient retenus son attention. Il n'était d'ailleurs plus capable d'en regarder certains en face, vu les activités qui avaient impliquées le souvenir de leur corps.

Ensuite, certaines préférences étaient apparues : il avait apparemment un faible pour les hommes de taille moyenne et costauds. La couleur des cheveux importait peu mais pour les yeux, il les préférait bleus.

Enfin, il était définitivement amoureux de Charlie. Aucun des adolescents qu'il avait espionnés n'avaient provoqués en lui ces vagues de chaleur qui le submergeaient à la vue du Weasley. Il n'avait pas retrouvé cette attirance inexplicable qui lui avait temps posée problème lors de son travail à la réserve.

Soupirant face à ses pensées, l'adolescent se reconcentra sur le monde extérieur… Pour constater que son veracrasse avait disparu !

« - Oh non, c'est pas vrai ! Si j'arrive à être incapable de m'occuper d'un veracrasse, Mérida ne me laissera jamais l'oublier. »

Légèrement paniqué, il se releva rapidement, cherchant des yeux l'animal. Animal qui avait définitivement disparu.

« - Je crois que ce que tu cherches est par là. Ou bien était-ce par ici ? Je ne suis jamais vraiment sûr du sens des choses. Cela enlève tout leur sel, à mon humble avis. »

Harold lança un regard vide à son interlocuteur, avant de décider qu'il n'avait rien vu, rien entendu. Il avait assez de problèmes comme ça.

« - Ce n'est pas très gentil de m'ignorer comme cela. Ce n'est pas ce qu'un ami ferait.

- Je ne suis pas ton ami, le Chat. Descend de ma tête.

- On voit toujours mieux les choses dans haut. Peut-être retrouverais-je ainsi ton vers ? S'il n'est pas déjà dans la pomme, cela va de soi.

- Descend de ma tête.

- Rabat-joie. Me préfèrerais-tu en écharpe ? Je suis sûr que le rose t'irait parfaitement. Le rose va à tout le monde. Cela dit, la rumeur court que le noir serait le nouveau rose. Mais pour l'instant, le rose reste le rose et il va bien aux gens qui le portent. A tous les gens bien, du moins. Es-tu quelqu'un de bien ? »

Harold sentait le mal de tête poindre. Il échangerait volontiers ces instants avec le chat contre des dizaines d'heures à s'occuper de veracrasse. Au moins, ils étaient muets, eux.

« - Alors, es-tu quelqu'un de bien. Tu cherchais ton chemin, la dernière fois. Ou plutôt, tu cherchais à savoir s'il était judicieux de t'en écarter. As-tu trouvées les étoiles en avançant dans la nuit ?

- Je peux ne pas répondre ?

- Ne pas répondre est une réponse. Mais est-ce vraiment la réponse que tu veux donner ? Si tu ne veux pas répondre, ne vaut-il pas mieux répondre par une non-réponse ?

- Je remarque que tu n'es toujours pas descendu de ma tête.

- J'avoue bien m'y sentir. Ton cuir chevelu est très confortable. De plus, tu sens meilleur que la dernière fois.

- Merci.

- Une drôle d'odeur, d'ailleurs. Du genre qu'on n'est pas censé trouver sur un humain. Tu sens la forêt. Le printemps. Le sang, aussi. La fureur.

- La fureur a une odeur ?

- Tout a une odeur. Tous les nez ne peuvent simplement pas les sentir. Moi, j'aime l'odeur des momrabes. Connais-tu les momrabes ?

- Non. C'est quoi ?

- Une non-fleur. Une fleur qui existe sans exister. Elle transcende la réalité pour atteindre des plans d'existence qui ne sont réels que lorsqu'on y pense. Et elle est d'un très joli mauve.

- C'est vrai ? »

Pourquoi diable posait-il cette question ? Il était évident que cela allait terminer en sophisme incompréhensible.

« - Oui. Un mauve tout bonnement exquis. Je pourrais le regarder des heures.

- Pas ça. Le reste.

- Quel reste ?

- L'histoire des plans d'existence irréels.

- Il existe des plans d'existence qui ne sont pas réels ? Comment pourraient-ils exister s'ils ne sont pas réels ?

- Je ne sais pas. C'est toi qui viens de le dire !

- Je ne dirais jamais une chose pareille. Une fouine honorable ne saurait parler de telles choses !

- Tu es un chat, le Chat, pas une fouine.

- Il est certain qu'une fouine qui s'appelle « le Chat » est incongrue. Mais peut-être suis-je un chat parce que tu m'appelles comme tel ?

- Je t'appelle « le Chat » parce que tu ES un chat !

- Je ne puis donc être une fouine, parce que tu m'appelles « le Chat » ? Pourquoi diable ne m'appelle-tu donc pas « la Fouine » ?

- Parce que tu n'es pas une fouine, nom de Dieu ! »

Essoufflé, Harold fit face au Chat, aussi excité qu'une puce. Le félin se contenta de lui renvoyer un regard légèrement moqueur. Cela dit, il avait presque toujours l'air moqueur, quand il n'avait pas l'air fou.

« - Es-tu quelqu'un de bien, Harold Haddock ?

- Mais je ne sais pas !

- Ta réponse est intéressante. Plus que ta non-réponse, en tous cas. Ce qui n'était pas bien dur. Je te reposerai cette question un jour, Harold Haddock. »

Sur ces mots, le Chat disparu dans une volute de fumée, rose, évidemment, ne laissant derrière lui qu'un mal de crâne carabiné.

Et au final, Harold n'avait toujours pas retrouvé son veracrasse.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

« Harry Potter ! »

« Passe-moi le jus de citrouille »

« Tu crois que c'est vraiment le ciel ? Qu'est-ce qu'il se passe quand il pleut ? »

Mérida agrippa plus fortement la table. Elle était sûre que si elle enlevait ses mains, le bois se révèlerait marqué par sa poigne. Pourtant, cela ne changeait rien.

« C'est quoi cet horaire pourri ? »

« Cela veut dire que le Ministère va interférer dans les affaires de Poudlard. »

« Je vous souhaite donc une bonne nuit »

Faites-les taire, mais faites-les taire. Elle ne voulait pas savoir comment, elle voulait juste que cela s'arrête.

« Remet ta main là et tu peux lui dire adieu. »

« Tu crois que c'est le moment de faire ce devoir ? »

« Occupez-vous de vos morts… »

Elle voulait que ça s'arrête. Simplement que cela s'arrête.

« - Mérida ? »

Sursautant, la rousse sortit de ses tourments pour se tourner vers la personne qui venait de l'interpeller.

« - Ça va ? s'inquiéta Raiponce. Tu es toute pâle.

- Oui, ne… Ne t'inquiète pas. Je suis juste un peu barbouillée. Mauvaise période, tout ça, tout ça. »

Son amie sembla la croire, ce qui manqua de faire soupirer de soulagement la Gryffondor. Elle avait encore fait une crise de vision. Celles-ci devenaient de plus en plus fortes et de plus en plus fréquentes, au point que cela en devenait réellement problématique. Si Raiponce ne l'avait pas sortie de transe, elle serait probablement encore perdue au milieu des images et des sons.

Il allait vraiment falloir qu'elle trouve un moyen de stopper cela. Si seulement elle savait où chercher. Le mois d'octobre poussait son chant du cygne et elle avait déjà passé bien des heures à la bibliothèque sans pour autant trouver quelque chose. Le problème était qu'elle n'avait jamais fréquenté ce lieu avant et qu'elle y était complètement perdue.

Elle aurait évidemment pu demander de l'aide à ses amis mais… Ils avaient déjà leurs propres problèmes. Raiponce tentait toujours de découvrir ce que ses cheveux pouvaient bien faire aux détraqueurs, Jack semblait aux prises avec son cohabitant, vu son épouvantard, et Harold devait s'occuper de Krokmou, plus quelque chose d'autre qui semblait le préoccuper fortement depuis ce début d'année. Et puis, elle s'en était toujours sortie seule.

Le problème, ce que toute seule, elle n'arrivait actuellement à rien. Elle ne savait pas où chercher dans cette immense chose qu'était la bibliothèque de Poudlard. Elle avait l'impression que les livres étaient plus nombreux chaque jour. Pire, que ceux déjà présent s'amusaient en plus à bouger de place la nuit venue. Et connaissant Poudlard, cela ne l'étonnerait qu'à moitié.

Sans réfléchir, alors qu'elle quittait la Grande Salle, elle laissa ses pieds la conduire au travers du Château, sans réel but. Aujourd'hui, c'était Halloween, cela signifiait qu'elle avait toute la journée de libre. Devait-elle une nouvelle fois retourner en bibliothèque ? Il lui suffisait d'aller chercher son sac et elle pourrait prétendre vouloir y travailler. Bon, elle paraîtrait un peu suspecte aux yeux de ceux qui la connaissait bien, mais toujours moins que si elle s'y rendait pour simplement passer le temps.

Une fois ses affaires récupérées, la jeune fille s'installa dans le coin le plus reculé de la bibliothèque. Jusqu'au milieu de la matinée, tout se passa comme sur des roulettes, même si elle ne trouva rien qui pouvait l'aider. Seulement, un évènement inattendu survint.

« - Mérida ? Tu es là ? »

Que diable venait faire Raiponce ici ? Il fallait vite qu'elle cache tout cela.

« - Ah, te voilà ! Fred et George m'ont dit que tu étais ici pour travailler. Ils étaient un peu étonnés, d'ailleurs. Tout comme moi. Ça ne te ressemble pas de venir t'enfermer ici. »

Zut. Dire qu'elle avait réussi à rester discrète près de deux mois et qu'il avait fallu qu'elle se fasse surprendre. Par Raiponce, en plus. Elle aurait préféré Jack, qui n'aurait pas mis son nez plus loin dans ses affaires.

« - Oh, c'est pas grand-chose. C'est juste que je suis un peu à la traine par rapport à toi et Harold en cours. Même Jack est meilleur que moi dans certains cours et pourtant il est loin de travailler. Je voulais juste me remettre un peu à niveau, tu vois. »

Au vu du regard de Raiponce, elle voyait parfaitement. Mérida avait probablement donné la pire réponse possible.

« - Je comprends. Je sais que c'est parfois dur d'être un peu derrière. T'inquiète pas, je vais t'aider ! On va travailler à deux ! Tu fais quoi, ici.

- Oh, euh,… Je travaille… Défense ! répondit-elle en saisissant le premier livre qui trainait sur la table et ne parlait pas de visions.

- Ok. DCFM. On va voir ça ensemble. »

Mérida se retrouva donc à devoir revoir son cours de Défense, qu'elle maîtrisait au final tout à fait honorablement, durant toute la journée. Car Raiponce avait décidé qu'il fallait une révision intensive et l'avait même fait revenir après le dîner. La Gryffondor était d'ailleurs sûr que si cela n'avait pas été le souper d'Halloween au soir, son amie l'aurait gardée encore plus longtemps.

Souper d'Halloween qui fut, pour la première fois depuis deux ans, banal. Pas de troll dans les cachots, pas de chatte pétrifiée au mur, tout semblait se dérouler à la perfection. Si on aimait la citrouille, évidemment. Parce que dans le cas contraire, entre la tarte orange, le « porc de la sorcière » et le jus de citrouille, on devenait vite malade.

C'est l'estomac bien plein de cucurbitacée orange que Mérida remonta jusqu'à sa Salle Commune, en même temps que la majorité des Gryffondors. Du moins, le voulait-elle. Mais un cri strident fit s'arrêter la foule et, cumulé au manque de place que présentait le couloir, un bouchon se créa rapidement.

Il en fallu pas attendre de voir les professeurs Dumbledore et McGonagall remonter la foule pour apprendre ce qui s'était passé. Non, le système de ragots avait bien rôdé les étudiants et en quelques secondes, Mérida appris ce qui s'était passé.

On avait attaqué la Grosse Dame.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

L'effervescence était à son comble. La forteresse imprenable de Grande-Bretagne avait été vaincue. Les détraqueurs, les gardiens infaillibles, avaient échoués. Bref, c'était la panique dans la Grande Salle, là où tous les élèves avaient été rapatriés en extrême urgence.

Une panique que le Professeur Dumbledore régla bien vite, à l'aide d'une bonne détonation magique. Dans un instant de réflexion, Jack se demanda s'il prévoyait des bouchons d'oreilles avant de les lancer. Parce que vu la tête de McGo, ça ne devait pas être agréable de se prendre ça en pleine tête.

« - Un peu de calme, je vous prie. Pour mettre terme aux rumeurs, ce n'est ni un loup-garou, ni une manticore, ni une réincarnation de Voldemort qui a attaqué la Grosse Dame. D'ailleurs, je tiens à vous informer qu'elle a été retrouvée et qu'elle a pu nous désigner son agresseur : Sirius Black.

Ce vieux fou était-il seulement conscient de ce qu'il venait de lâcher ? Les élèves de cette génération avaient été élevés dans la crainte de plusieurs noms et Sirius Black était tout en haut de la liste, en compagnie de Vous-Savez-Qui, Bellatrix Lestrange la folle à lier et Fenrir Greyback le loup-garou mangeur d'enfant.

Effectivement, la réaction ne se fit pas attendre et des cris commencèrent à résonner un peu partout dans la Grande Salle. Cris auxquels le Directeur mis rapidement fin à l'aide d'une nouvelle détonation.

« - Pour ce soir, vous allez donc dormir dans la Grande Salle pendant que le Château sera fouillé. Les détraqueurs seront dans les couloirs à la recherche de Black, ne tentez pas le diable et n'essayez pas de sortir. Je crois qu'il est de toute manière plus que vous rejoigniez les bras de Morphée. »

D'un grand geste de la baguette, Dumbledore fit disparaitre tables et couverts, pour les remplacer par une multitude d'un violet relativement moche. Quoique, après réflexion, il était en fait carrément moche.

En attrapant un, Jack se mit à la recherche de ses mais, histoire de passer une chouette nuit plutôt que de se coltiner Andréa une nouvelle fois. Elle n'avait pas vraiment bien digéré leur séparation quelques jours auparavant. Elle était convaincue que Jack lui reviendrait si elle était assez insistante. Mais pour l'instant, tout ce que cela provoquait chez le jeune homme, c'était l'envie de fuir encore plus loin.

Assez rapidement, il remit la main sur Marius, avant de tomber sur Mérida et Harold. Les trois garçons installèrent les sacs de couchage, tandis que l'énergique rousse entreprit de chasser toute personne cherchant à s'approcher de trop près de leur petit coin confortable à force de regard noir. La dernière fille du groupe, Raiponce, arriva sur ces entrefaites.

« - Il reste encore une petite place pour moi ? demanda –t-elle ?

- Parfaitement, Milady. La couche à droite de notre noble compagnon Gallois est à votre disposition.

- Oh très cher, c'est un si grand honneur. Mais ce dernier ne risque-t-il pas d'être entaché si je m'assoupis si près d'un jeune homme dans la fleur de l'âge ?

- N'ayez crainte, douce dame, il est bon comme le bon pain et si honnête qu'on lui confierait notre or sans sourciller.

- Messire Jack, je vous ferais donc confiance. Ma vertu est entre vos mains.

- Vos z'avez pas fini ? les interrompit Mérida. Ils vont éteindre les lumières, j'aimerai éviter de devoir chercher mon sac de couchage dans le noir.

- Oh ça va, Rabat-joie. T'étais cool, avant. T'as changé, Méri(1).

- Si tu veux. Maintenant, au lit, Monseigneur, ou je t'y mets moi-même.

- Pas drôle », marmonna Jack, tout en obéissant. Courageux mais pas téméraire. Valait mieux pas s'opposer à Mérida. Surtout quand elle est fatiguée. Et c'est temps-ci, elle avait l'air de l'être particulièrement.

S'enfonçant dans le sac de couchage, il ne put s'emp^cher de remarquer à voix haute ce qu'il avait déjà constaté plus tôt.

« - Il est moche, ce mauve, quand même.

- C'est probablement du mauve momrabe. Le chat-fouine(2) adorerait, répondit faiblement Harold plus loin.

- Le quoi ?

- Laisse tombé. J'chuis fatigué. »

Et sur ces mots, le Gallois se pelotona en boule et s'endormit en quelques secondes, vite suivit par Raiponce et Marius. Mérida se retourna quelques instants, avant que sa respiration ne s'approfondisse. Au final, le silence se fit dans la salle tandis que seules les étoiles éclairaient encore, la Grande Salle, avec de temps à autre la lumière maladive d'un fantôme flottant par là.

Abandonné par le sommeil, Jack perdit son regard dans le vide stellaire qui s'étendait au-dessus de lui. Une Mérida en forme ou un Harold de mauvais poil aurait probablement lancé qu'il retrouvait simplement un écho de ce qui se trouvait entre ses deux oreilles, mais il n'en était rien. En réalité, Jack aimait simplement regarder les étoiles. Il le faisait souvent, petit. Sa préférée était l'alpha du Verseau, l'étoile la plus brillante de la constellation. Le Verseau, ou porteur d'eau, était la constellation majeure de la famille. Il était dit que tous les plus grands mages Frost étaient nés sous son étoile.

« Nous pourrions démentir ces racontars, à nous deux. »

- Oh toi, c'est pas le moment, grommela Jack entre ses dents. De toute façon, je ne peux pas parler maintenant.

- Je suis dans ta tête. Tu n'as pas besoin de parler, juste de penser.

- C'est maintenant que tu me dis ça ? Ca fait cinq ans que je passe pour un fou à parler tout seul.

- Ca n'aurait pas été aussi drôle

- Il est temps de dormir, là, intervint un préfet qui faisait ça ronde.

- Oui, désolé, répondit Jack.

« - Voilà, je me suis encore fait avoir », pensa-t-il

- Oui, mais tu sais maintenant comment discuter avec moi. Je disais donc : on pourrait leur montrer qu'il ne faut pas être Verseau pour être fort, tu sais.

« - Non merci. Tu es trop dangereux. »

- Tu deviens ennuyeux. Il fut un temps où tu te serais lancé à corps perdu dans une bataille de boule de neige avec moi.

« - Quand je ne te savais pas dangereux. »

- Oh, allons bon, qu'ai-je fait ?

« - Tu as menacé Harold ! »

- Tu ne faisais pas grand-chose pour m'en empêcher. Après tout, tant que c'était lui, ce n'était pas toi.

« - Tu n'aurais pas dû ! »

- Il était faible. Il ne le sera pas toujours. C'était le bon moment pour asseoir ma supériorité. Maintenant, c'est trop tard. Tout ce qu'il reste à faire, c'est espérer qu'il ne nous considère pas comme une menace quand il ne sera plus humain.

« - Plus humain ? Que veux-tu dire ? »

- Pas envie. Tu ne veux pas de moi, après tout, alors pourquoi répondrais-je ?

« - La Voix ? La Voix ? Allez, reviens ! Tu voulais dire quoi ? Pourquoi Harold ne serait-il plus humain ? »

Mais seul le silence répondit à Jack.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Quand Raiponce se réveilla le lendemain, elle avait l'impression qu'hier avait été une immense soirée pyjama, une version titanesque de celles qu'elle et les autres membres du Projet A faisaient de temps à autre.

En gros, cela voulait dire qu'elle était actuellement complètement emmêlée dans un fouillis de bras et de jambes inextricable. Elle reconnut vaguement Harold à sa gauche, le jeune homme semblant actuellement servir de doudou à Mérida qui, d'une façon ou d'une autre, avait roulé jusque-là, alors qu'elle s'était couché deux bons mètres plus loin.

Jack, pour sa part, était étendu de tout son long, la moitié de ses membres sur un inconnu, tandis que Marius s'était roulé en boule un peu plus loin.

Chassant un bras inconnu, elle parvint à se relever pour constater l'étendue des dégâts. Partout autour d'elle, les élèves dormaient tranquillement, formant une seule grande masse compact d'où émergeaient quelques lèves-tôt.

Se relevant, elle chercha des yeux quelqu'un pouvant la renseigner, comme un préfet ou un professeur. Voire même un fantôme, du moment qu'il savait lui dire quelle était la situation actuelle.

Elle finit par apercevoir Percy Weasley, le Préfet-en-chef, qui passait pas loi.

« - Excuse-moi.

- Oui ?

- On peut sortir de la Grande Salle ?

- Uniquement en groupe. Les recherches sont finies, mais le Professeur Dumbledore craint que Black ne soit encore dans les parages ou qu'un détraqueur soit resté dans les couloirs. Tu es une Serdaigle, c'est ça ?

- Oui.

- Le Professeur Flitwick part avec un groupe dans une dizaine de minute pour rejoindre la Tour de Serdaigle. Soit à la gande porte à temps et tu pourrais rejoindre ton dortoir.

- Très bien, merci. »

Le Préfet partit, Raiponce s'assit face à la porte, histoire de repérer le Professeur de Sortilège. Assise au milieu des sacs de couchage et des endormis, elle fouilla dans ses poches pour en sortir un vieux morceau de parchemins et un stylo-bic, invention bénie des moldus permettant de se passer de son encrier et de sa plume.

Lissant le parchemin, elle tenta de se remémorer le sceau qu'elle étudiait actuellement. Elle avait fini par comprendre ce qui clochait : elle ne personnalisait pas assez ses sceaux. Elle se contentait de suivre les directives du manuel et, au final, se retrouvait avec un symbole mort, car dénué de toute personnalité.

Depuis cette constatation, elle avait appris par cœur les associations dessins et symbole puis avait laissé de côté le bouquin. Elle dessinait les symboles, mais ne les recopiait plus. Cela marchait plus ou moins. Elle avait l'impression que les sceaux étaient plus vivants. Ils étaient passés de pierre à plante. Mais son but, c'était d'arrivé au stade « humain », en quelque sorte. Elle voulait créer quelque chose de vivant, de réactif. Et elle en était loin.

Sans réellement réfléchir, elle traça le symbole censé absorber un sort de pétrification. La courbe pour les enchantements. Le chiffre quatre pour ce qui touchait au corps. La vague pour le moment. La croix pour l'arrêt. D'un geste devenu presque automatique, elle mêla les différentes composantes pour créer un symbole quelque peu incongru. Celui vibra quelques secondes… Avant de redevenir inerte.

Chiffonnant le papier de dépit, la blonde s'appréta à en refaire un quand il remarqua un mouvement près de la porte. Le Professeur Flitwick ! Elle devait se dépêcher ou ils allaient partir sans elle. Enjambant les endormis, elle parvint tant bien que mal à rejoindre la porte à temps et, une quinzaine de minutes plus tard, elle retrouvait son dortoir. Sans attendre, elle couru vers la salle de bain. Le sortilège du Secret n'était fait que pour tenir 24 heures maximum et si elle ne le renouvelait pas rapidement, sa masse capillaire allait reprendre sa forme initiale.

Au cours de la journée, le train-train quotidien de Poudlard repris ses droit et quelques jours plus tard, l'inquiétude avait sérieusement diminuée. Evidemment, tout le monde avait encore en tête le fait que Sirius Black était encore dans les murs. Les Gryffondors plus que les autres étant donné que la Grosse Dame était toujours en réparation et remplacée par le Chevalier du Catogan, un tableau à moitié fou qui changeait le mot de passe toutes les demi-heures et qui défiait en duel tous les jeunes hommes qui passaient près de lui, mais surtout la seule peinture ayant accepté de prendre la place de la Dame en Rose.

Le six novembre était donc en toute logique un jour plus ou moins banal à l'école de Poudlard. Les chouettes apportaient le courrier, on buvait du jus de citrouille au déjeuner et les cinquièmes Serdaigle-Poufsouffle avait actuellement cours de Défense Contre les Forces du Mal avec le Professeur Lupin.

Enfin, ils auraient cours quand le professeur daignerait se montrer. Lui qui était toujours une dizaine de minutes à l'avance n'était toujours pas là alors que la cloche sonnerait dans moins d'une minutes. Mais où était donc le gentil Professeur Lupin ?

« - A vos places et sortez vos livres. Ouvrez le chapitre des Loup-Garou. » énonça une voix à geler l'enfer.

Il était apparemment remplacé par une vieille chauve-souris acariâtre.

« - Qu'est-ce que vous attendez ? Ouvrez vos livres ! »

Drillez par des années de peur, les étudiants se dépêchèrent d'obéir.

« - Professeur Snape ? Où est le Professeur Lupin ?

- Il est malade. Il reviendra demain. Il me semble vous avoir demandé d'ouvrir votre livre, Miss Tower. Cinq points en moins pour Serdaigle. »

Un silence de mort avait maintenant remplacé le léger murmure joyeux qui caractérisait habituellement le cours de Lupin. On ne plaisantait pas avec Severus Snape.

« - Les loups-garous. Un thème que vous avez normalement abordé auparavant.

- En parlant de cela, Monsieur, nous devions finir les sortilèges de protection avancés, aujourd'hui.

- Vous ais-je autorisé à parler, Miss Edgecombe ? Il me semblait bien que non. Je disais donc que vous aviez déjà vu les loups-garous, principalement comme les reconnaître. Aujourd'hui nous allons nous centrer sur autre chose. »

D'un geste de la baguette, le Professeur de Potions, et actuellement de DCFM, ferma les rideaux et alluma une bougie derrière une diapositive, projetant une image assez peu ragoûtante surmonté d'un titre glaçant :

« 1000 façons de tuer un loup-garou »

Quelque chose au fond de Raiponce se disait qu'au-delà de l'intérêt pédagogique, une telle leçon cachait quelque chose. Quelque chose de très personnel pour le Professeur Snape. Et peut-être même pour le Professeur Lupin. Quelque chose qu'elle allait découvrir.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Il avait échoué. Il n'était qu'à quelques mètres de sa cible et il avait échoué à cause de ce stupide tableau qui refusait de le laisser passer. En plus, elle s'était mise à crier et il avait eu beau la lacérer, elle ne s'était pas tue. Résultat, il avait dû se cacher dans une pièce sombre toute la nuit.

Mais il y arriverait. Il n'avait qu'à attendre son heure. Cela faisait douze années qu'il attendait, il n'était plus à quelques semaines prêt.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

(1) T'es devenu un de ces espèce de ces bobo-gauchistes, là ! (1 bon point à qui trouve la référence ^^)

(2) Je dirais même : le chafouin ! Sérieusement, j'ai remarqué que je pouvais faire ce jeu de mot en écrivant la partie de Jack. J'avais même pas tilté durant le délire sur la fouine du Chat. Pour ceux qui savent pas ce qu'est un chafouin, google image est votre ami !

PS : j'ai appris après avoir écrit ce chapitre que chafouin, c'est aussi un adjectif, mot-valise de chat et fouin (masculin de fouine) qui désigne un visage fin et rusé. Ca vous sert à rien de le savoir, mais j'avais envie de le dire et je ne vois pas avec qui je peux amener naturellement cela dans une conversation… Vous êtes donc mon exutoire !

Petite aparté du chapitre : j'ai découvert la comédie musicale « Wicked » il y a peu. Si vous avez des bases en anglais, les chansons sont facilement compréhensibles et elle vaut la peine d'être écoutée. Pour vous brosser un portrait rapide, la comédie raconte une autre version du Magicien d'Oz, avec la jeune de la Méchante Sorcière de l'Ouest et pourquoi est-elle devenue méchante (wicked en anglais). Cette pièce pose pas mal de questions intéressante sur ce qu'est le bien et le mal, sur la place qu'occupe l'opinion publique dans la vie des gens et sur l'importance de rester soi-même. On peut même trouver la comédie en entier (bien qu'en 16 morceaux) et en sous-titrée anglais sur daylimotion.

En espérant que cela vous aie plus !

A dans deux semaines ! (ce chapitre-là fêtera d'ailleurs le début officiel de ma session ^^ Joie et bonheur !)