Le Projet A
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.
Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…
Chapitre non-corrigé
Merci à ClaraJonesMalfoy, LadyWyvern, Philou, Paquerette-san, Dadanaelle-la-lectrice, Melkion et Patapich pour leur review !
LadyWyvern : Hello ! Merci pour ta review. Lupin est un de mes professeurs préférés et probablement mon favori dans la catégorie « défense » mais de manière générale, il ne détrônera jamais McGonagall. Et le retour des visions de Mérida ici plus bas.
Bonne lecture !
Philou : Hello ! Merci pour ta review. Je suis content que ce chapitre t'ait plu. Oui, Harold est officiellement gay ^^ J'avoue que de toute manière, s'il ne l'avait pas été, il n'aurait pas fini avec Mérida. Je ne suis pas un grand fan de ce couple, sauf circonstances exceptionnelles. Et je suis particulièrement fier du dialogue du Chat. Je m'éclate comme un dingue quand j'écris ce genre de trucs ^^
Pour les visions de Mérida, on en reparle ici plus bas. Et pour la fête d'Halloween, je trouve que dans les livres HP, ça finit presque en running gag à la fin, tellement c'est téléphoné.
Et non, Raiponce n'en a pas fini avec les sceaux. Ca va rester encore longtemps, d'ailleurs, même si ça reste assez discret. Un peu comme Harold avec les runes ou Jack avec les potions.
Bonne lecture !
Melkion : Hello ! Merci pour ta review. Et désolé de t'avoir fait tant attendre alors que tu rattrapais enfin la publication. Désolé aussi pour les fautes, je travaille sans bêta-lecteur/lectrice depuis que les deux dernières ont disparu sans laisser de nouvelles. Il faut donc que je relise tout moi-même, mais sur le coup je laisse passer quelques (plus, en fait ^^) fautes qui vont nécessiter une seconde relecture quand j'aurais plus de temps. Donc pendant ces vacances, normalement.
Si les personnages gardent tant de secrets, cela s'explique aussi par le fait que, même s'ils ont des pouvoirs, ils restent des adolescents. Donc, en eux-mêmes, ils sont un peu persuadés qu'ils peuvent gérer tout cela tout seul et qu'en plus, ils sont des incompris.
Bonne lecture !
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Chapitre 39 : Problèmes en série
Le vent soufflait de toutes ses forces sur les terres de Poudlard. Au loin, de sombres nuages de pluie s'amoncelaient, prêts à débouler sur le château au ciel déjà gris pour l'arroser de leurs torrents.
Bref, un bon temps d'automne. Et Harold n'aimait pas l'automne.
La raison principale était que c'était une saison indécise. Autant les autres étaient claires, autant celle-là hésitait sans cesse. Un coup il faisait beau et doux, puis l'autre il pleuvait des cordes. En parlant de pluie, l'automne était aussi une saison beaucoup, mais beaucoup trop humide. Le froid, Harold pouvait gérer. Pas l'humidité.
Tout cela ne l'avait pas empêché d'être trainé de force par ses soi-disant amis jusqu'au stade de Quidditch, alors que le temps se faisait menaçant, tout cela pour voir un match qui ne l'intéressait absolument pas, quand bien même l'équipe de sa maison était de la partie. Ceci dit, il défiait quiconque de sain d'esprit d'oser s'opposer à Mérida et Raiponce quand elles avaient décidé quelque chose. Et Harold se jugeait suffisamment saint d'esprit pour ne pas tenter de le faire.
Il était donc actuellement assis dans les gradins entre Jack et Mérida, surveillant d'un œil circonspect le ciel grisâtre tout en relevant son col pour se protéger du vent, tandis que ses compagnons le surveillaient lui histoire qu'il ne se fasse pas la malle. Le Gallois sentait que la pluie n'allait pas tarder, prêt à sortir le parapluie qu'il avait réussi à emporter de justesse lorsqu'on l'avait enlevé à la douce chaleur de son dortoir. Et dire qu'il avait un bon roman qui l'attendait sur son lit.
Perdu dans ses pensées, le jeune homme n'avait pas entendu Lee Jordan commencer à se disputer le micro avec le Professeur McGonagall, jusqu'à ce que le Gryffondor ne se mette à hurler dans son micro, signe qu'il avait une nouvelle fois gagné.
« - BIENVENUS ! Bienvenus, chers étudiants, à ce premier match de Quidditch de l'année 93-94 qui opposera Gryffondor à Poufsouffle. Normalement, l'adversaire des Lions devait être les Serpentard, mais ces lâches ont fui le mauvais temps, soi-disant que leur attrapeur est blessé.
- Mr. Jordan !
- Pardon Professeur. Je disais donc que, suite aux simagrées de ce charlatan, ces pantouflards de Serpentard se soustraient à leur devoir en laissant la place aux Poufsouffle.
- Mr. Jordan, me prendriez-vous pour une idiote ?
- Moi ? Absolument pas, Professeur.
- Alors cessez de pester contre les Serpentards et lancez le match. Les joueurs vous attendent.
- Oh. Bonne remarque. Je disais donc : Bienvenus, élèves de tout poil, pour ce premier match de l'année ! Accueillons tout de suite les GRYFFONDORS ! »
Un des vestiaires s'ouvrit en grand, laissant passer les sept joueurs en rouge et or.
« - Potter, Weasley, Weasley, Spinnet, Johnson, Bell et le capitaine : DUBOIS ! »
Une oviation s'éleva dans les gradins, venant principalement de la partie Gryffondor du stade, même si des Serdaigles se mêlaient aux cris.
« - De côte Poufsouffle, voici : Smith, Wesson, Taylor, McFly, Lyra, Kay et leur capitaine : Diggory ! »
Cette fois, l'oviation ne concerna pas que les Poufsouffles, mais aussi les Serdaigles, qui avaient tout intérêt à ce que Gryffondor perde, ainsi que les Serpentard, qui tenaient traditionnellement avec les adversaires des rouges et or.
Mrs. Bibine lança la partie en lâchant les cognards et le Vif, avant de lancer la balle entre les deux poursuiveurs vedettes. Ne perdant pas une seconde, Katy Bell attrapa le Souaffle et fonça directement vers les buts adverses, accompagnées de ses deux partenaires.
« - Tu penses que Gryffondor va encore gagner ? demanda Jack à Raiponce, qui était assise à sa droite.
- Je ne sais pas trop. A vrai dire, vu que mon équipe a de bonnes chances de l'emporter face à Serpentard, je préfèrerai que Poufsouffle gagne. Je me sentirai plus à l'aise si je n'avais pas Potter en face de moi.
- C'est vrai qu'il n'a jamais perdu de match, se rengorgea Mérida. Il va surement encore faire des prouesses.
- Il est mal parti, intervint Harold sans vraiment réfléchir.
- Depuis quand tu t'y connais en Quidditch, toi ? le questionna la rousse, blessée dans son ego de Gryffondor.
- Je ne m'y connais pas. Mais si c'est comme pour les dragons, il est désavantagé face à Cédric : Potter est petit et léger, comme une Terreur Terrible. C'est très bien pour faire des pointes de vitesse, mais pas par un temps pareil. Le vent va sans cesse le gêner alors que Cédric, qui est plus lourd, va pouvoir mieux manœuvré, plus comme un Gronk.
- Tu n'as pas tort. C'est étonnant sachant qu'on parle de Quidditch, mais tu n'as pas tort. »
La discussion dut s'arrêter là, le vent prenant trop d'ampleur pour que parler soit possible. Dans le ciel, le combat faisait rage. La pluie prédite par Harold avait commencé à tomber, brouillant encore plus la vue des joueurs déjà gênés par le vent, au point que les capitaines demandèrent un temps mort, histoire d'apposer un repousse-pluie sur leurs lunettes de protection.
Bien à l'abri sous son parapluie, qui était par la même occasion squatté par ses trois camarades, le Gallois espérait de tout son cœur qu'un des deux attrapeur saisisse le Vif et mette enfin un terme à cette histoire. Cela semblait d'ailleurs bien partit, vu comment Cédric et Potter filaient d'un même geste vers les nuages.
Une vague d'excitation traversa la foule, transcendée par les commentaires de Jordan, avant qu'un froid glacial ne transperce soudain la masse de sentiments que formaient les élèves de Poudlard.
Un froid qui était maintenant connu des élèves. Un froid qui ne venait pas seulement de l'extérieur, mais aussi de l'intérieur. Un froid qui absorbait tut le bonheur, ne laissant qu'un violent désespoir. Le froid des détraqueurs.
Déjà, çà et là, des élèves se mettaient à gémir sous l'assaut des vieux souvenirs qu'ils auraient préféré oublier. Aux côtés d'Harold, Jack se mettait à frissonner, tandis que Raiponce se dépêchait de rentrer ses cheveux dans sa capuche, au cas où ils se décideraient à devenir un peu trop brillant.
Le Poufsouffle, lui, se sentait coupé du monde. Une odeur de feuilles et d'humus lui chatouillait les narines. Comme lors de la rencontre à bord du train, il avait l'impression de se trouver dans un cocon protecteur, un cocon fait d'écorce et de sève. Il se sentait à l'abri, tout juste gêné par la morsure du froid.
Le réveil fut brutal, accompagné d'une sensation de chaleur étouffante et d'une lumière aveuglante. Quand Harold récupéra la vue, Cédric Diggory attrapait le Vif d'Ord, offrant la victoire à Poufsouffle.
Et Harry Potter tombait en chute libre, poursuivit par une horde de détraqueurs.
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Après une petite visite à l'infirmerie, histoire de déposer à Potter une carte de bon rétablissement en tant qu'adversaire soucieux de son bien-être, Raiponce s'installa confortablement au milieu des coussins qu'elle avait installés pour faire un énorme pouf composite dans sa zone de la salle 27.
Aujourd'hui, elle allait enfin pouvoir entamer la dernière phase de la transformation en animagus. Après plusieurs mois de méditation, son lien avec l'animal était assez fort pour supporter un passage plus « physique » que la transe. Il allait maintenant s'agir de donner à son esprit la forme de l'animal et de faire suivre le corps(1). Ca paraissait compliqué, mais ça l'était en réalité encore plus. Les premières transformations étaient horriblement compliquées et le risque de rester coincer avec des attributs animaliers était bien réel. Raiponce espérait de tout cœur que se jamais cela lui arrivait, ce serait avec les plumes et non le bec.
S'installant confortablement, elle se mit en état de transe. Parcourant un chemin mille fois foulé, elle trouve facilement le pont reliant son esprit humain à celui de l'oiseau-mouche. D'un pas sûr, elle le traversa et se mit à la recherche du volatile.
Elle le trouva relativement rapidement. D'un geste doux, elle effleura cette part d'elle-même qu'elle avait apprivoisée durant des semaines, l'invitant à quitter les coulisses pour prendre le devant de la scène.
Il était maintenant temps de s'occuper du corps. Selon Harold, qui avait potassé le sujet de son côté avec Mérida, il fallait pousser sa magie à s'imprégner de l'animal avant de la redistribuer dans tout le corps. Le mieux était de transformer des parties de corps avant de faire le corps entier.
Cela dit, pour le cas de Raiponce, il allait s'avérer difficile de se transformer membre par membre. Elle était quasiment sûre de ne pas supporter de voir son bras remplacé par une minuscule aile rattachée au torse.
Il fallait donc commencer par autre chose. La seule qui lui était venue à l'esprit était le plumage. Là, peu importe si les plumes étaient petites, elles seraient juste plus nombreuses.
Titillant sa magie comme lorsqu'elle souhaitait lancer un sort particulièrement ardu, elle l'imprégnant de la présence animale de l'oiseau, avant de se concentrer uniquement sur l'existence du plumage. S'imaginant couverte de milliers de petites plumes multicolores, elle activa sa magie pour faire passer cet état de fait de son imagination vers la réalité.
Elle imagina la sensation du vent qui ébouriffait légèrement son plumage. La possibilité de contrôler sa trajectoire et sa vitesse avec les plumes plus longues de ses ailes. Les reflets multicolores qu'elle projetait sur les murs en passant en plein dans les rayons du soleil.
Sentant sa peau la picoter, elle rouvrit les yeux avec précipitation, saisissant le miroir qu'elle avait apporté pour l'occasion. S'inspectant sous toutes les coutures, elle remarqua avec joie que quelques micro-plumes étaient apparues sur ses joues, lui donnant l'air d'un étudiant mal-rasé aux joues bariolées. Elle avait réussi ! C'était un tout petit pas, elle était loin d'avoir atteint son but, mais c'était tout de même un pas en avant !
Bon, maintenant, il allait falloir s'en débarrasser, de ces plumes. Et ça, c'était une autre affaire.
Au final, faire disparaître ce petit duvet lui prit plus d'une heure. Quand elle parvint enfin à retrouver une peau normale, les deux garçons étaient partis vaquer à leurs occupations personnelles et seule Mérida était encore dans la salle n°27, présentement installée dans le canapé en train de faire apparaître des formes de fumée à l'aide de sa baguette.
« - Ah, tu es là. Parfait ! Je comptais justement te dire que l'on pouvait travailler DCFM maintenant, j'ai apporté les livres pour le devoir sur les loup-garou.
- Ah. D'accord. Tu préfères que l'on fasse ça ici ou l'on descend en bibliothèque ?
- Autant travailler ici, au moins on pourra parler sans se faire taper sur les doigts par Mrs. Pince. »
Devant l'accord de Mérida, la Serdaigle prit place à la table installée face à la baie vitrée et entreprit d'étaler tous les livres qu'elle avait trouvés sur le sujet. Sujet qui était « Quelle est la meilleure méthode pour éliminer un loup-garou ? Transformé, en transformation et sous forme humaine. Argumentez. » Oui, c'était joyeux. Mais venant de Snape, pas vraiment étonnant.
Les deux filles potassèrent le sujet un petit moment. Raiponce était occupée à tenter d'appréhender un chapitre illustré concernant l'éviscération, quand Mérida brisa la silence.
« - Raiponce ? demanda soudainement la rousse.
- Hmmm ? répondit la Serdaigle en tentant de comprendre comme on pouvait bien faire sortir les intestins d'un lycanthrope par les oreilles.
- Il… Il y a un truc que je dois te dire.
- Et bien vas-y, énonça la blonde tout en retournant le livre, au cas où le dessin deviendrait plus clair.
- En fait… J'ai pas de problèmes en Défense.
- Alors pourquoi m'as-tu demandé de l'aide ? demanda Raiponce en hassant un sourcil. Et, sans vouloir te vexer, que diable faisais-tu, toi, dans la bibliothèque si ce n'était pas pour ça.
- Ben justement. Je t'ai dit que j'avais des problèmes en Défense pour ne pas devoir justifier les heures que je passais à la bibliothèque. Mais je ne m'en sors plus toute seule.
- T'en sortir avec quoi ?
- Avec mon don.
- Ton don ?
- Oui. Mon don. Mes visions. Je ne contrôle plus rien. Rien du tout. Elles… Elles ne s'arrêtent pratiquement jamais, j'ai sans cesse des flashs d'évènements que je ne comprends pas. Je ressens des choses qui ne m'appartiennent pas. Ça tourne sans cesse dans ma tête, sans que je sache d'où ça vient ni ce que ça signifie. C'est… C'est invivable, Raiponce. Je dois trouver un moyen d'arrêter ça. C'est pour cette raison que je fouille la bibliothèque
- Oh. »
Ce « oh » fut tout ce que Raiponce trouva à dire tandis que Mérida, la fière Mérida, se trouvait face à elle, au bord des larmes.
Mais foi de Tower, elle allait l'aider à trouver une solution. Du-t-elle retourner toute la bibliothèque. Voire Poudlard au complet, si nécessaire.
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« - Tiens, tu portes un bonnet, toi, maintenant ? demanda Marius à Jack.
- Ouais. J'ai froid aux oreilles. » répondit ce dernier en enfonçant son couvre-chef sur sa tête.
La vérité était cependant toute autre : en fait, Jack été resté coincé avec des attributs félins suite à son début de transformation en animagus. Oh, rien de monstrueux, ses oreilles étaient simplement devenues pointue. D'ordinaire, ça ne se voyait pratiquement pas, il lui suffisait de mettre ses cheveux correctement. Seulement, une fois dehors, elles avaient tendance à rougir à cause du froid et donc à trancher fortement avec la masse blanche qui ornait son crâne. Tout ça pour dire qu'il devait maintenant un bonnet, lui qui détestait ça. Encore heureux qu'il ait réussi à se débarrasser des moustaches de chat, ça aurait été un poil plus compliqué à cacher.
« - Oh-oh, fit Marius, tirant Jack de ses réflexions.
- Oh-oh ?
- Danger droit devant.
- Oh non… »
« Danger » était en effet devenu le nouveau surnom d'Andréa Shield, qui était devenu légèrement collante depuis que Jack avait décidé de mettre un terme à leur relation. Bon, elle l'était déjà avant, mais c'était plus ou moins normal pour une petite-amie, même si Marius prétendait le contraire. Sauf que depuis leur séparation, elle suivait Jack sans cesse, cherchant à l'aborder à chaque instant pour une seule et unique raison.
« - Jack, mon chéri !
- Andréa…
- Ecoute, je sais qu'on en a déjà parlé…
- Justement, alors pourquoi tu reviens encore ?
- Mais tu fais une erreur, mon chéri ! Nous sommes faits l'un pour l'autre !
- Je te l'ai déjà dit, je ne suis juste plus amoureux de toi. Tu préfèrerais que je reste avec toi en te mentant tout le temps ?
- C'est juste une mauvaise passe. SI on se donnait une seconde chance, je suis sûr que l'on pourrait s'en sortir.
- Andréa…
- Qu'est-ce que ça te coûterai de retenter ?
- Je n'en ai pas envie, voilà ! Et ce n'est pas en m'étouffant et en m'attaquant sans cesse que cette envie va subitement apparaître ! Maintenant, si tu m'excuses, je vais faire un tour à Pré-au-Lard. »
Plantant son ex-petite-amie au milieu de la cour, Jack empoigna Marius et prit la direction des carrioles qui attendaient sagement près du portail. Sans même jeter un coup d'œil aux sombrals, qui d'ordinaire le faisaient toujours frissonner, le Serpentard montant dans le véhicule, qui démarra dès que la porte se referma.
« - Tu ne penses pas que tu as été un poil trop direct avec elle ? tenta Marius.
- C'est toi qui me dis depuis le début que je suis trop gentil, non ?
- Ouais mais là…
- Bref, parlons d'autre chose. Ça te dérange si on va à Gaichiffon en arrivant ?
- Pas de problème. Du moment qu'on passe aux Trois Balais. »
Jack retint un sourire moqueur. Comme beaucoup d'étudiants, Marius avait un petit faible pour Mrs. Rosemerta, une femme approchant de la trentaine connue pour son entrain, son sourire et son opulente poitrine.
L'ambiance dans la calèche se fit de plus en plus détendue au fur et à mesure qu'ils approchaient du village et s'éloignaient donc d'Andréa. Une ambiance qui se refroidit bien vite quand ils approchèrent du village. Au sens propre.
« - Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Jack, alors que son souffle se faisait de plus en plus visible.
- Tu ne l'as pas lu dans le journal ? Comme Black a attaqué Poudlard, ils ont décidé de renforcer la sécurité et de faire patrouiller des détraqueurs dans le village.
- Dans le village ? Tu plaisantes ?
- Ils ne sont dans les rues qu'à partir de la tombée du jour, mais leur présence se fait quand même ressentir. »
Frissonnant, Jack espéra que les détraqueurs allaient rester bien loin des endroits où ils devaient se rendre. Pour une raison obscure, il supportait très mal leur présence. Son corps se frigorifiait comme si celui d'un humain nu en pleine banquise. Sauf qu'il n'était pas un humain normal. Il était un Frost. Le froid n'avait aucune emprise sur lui. Autant dire que le ressentir avait le don de le terrifier. Couplé aux mauvais souvenirs qui remontaient, cela rendait l'Irlandais extrêmement vulnérable en présence des gardiens d'Azkaban.
Finalement, le froid cessa de s'amplifier quand les deux amis arrivèrent à la gare du petit village, là où les calèches déposaient les étudiants.
Après un rapide passage à Gaichiffon, où Jack se dénicha un bonnet plus adapté à ses oreilles pointues, même s'il espérait pouvoir rapidement faire disparaître ces dernières qui, selon Raiponce, lui donnait un air de lutin, les deux garçons prirent la direction du bar « Les Trois Balais », histoire de se réchauffer un peu, grâce à une bièraubeurre et surtout à l'ambiance si festive du pub sorcier.
Une ambiance qui était cependant la grande absente de la journée au sein du café.
« - Eh bé… C'était plus vivant dans mes souvenirs.
- Y'a pas que dans les tiens, mon gars. Ces maudits détraqueurs font fuir toute ma clientèle avec leur froid et leur désespoir.
- Oh, bonjour Mrs. Rosemerta.
- Qu'est-ce que je peux vous servir ?
- Deux bièraubeurre, s'il-vous-plait. »
Comme Jack l'avait déjà souligné, Mrs. Rosemerta était une belle femme approchant de la trentaine, aux courbes plantureuses et à la joie de vivre sans faille. Enfin, d'habitude. Aujourd'hui, elle semblait plus terne, à l'instar les Trois Balais. Elle était comme usée par la présence continue des gardiens d'Azkaban.
« - Tu crois que Black est encore dans les parages ? demanda Jack à son compagnon.
- Une personne normale aurait mis les voiles, mais Black est complètement fou. Surtout qu'apparemment, il en a après Potter.
- Ah bon ?
- C'est ce qui court comme rumeur. Il voudrait finir le travail. Après tout, c'est lui qui a donné les Potter à Tu-Sais-Qui, ça ne serait donc pas étonnant qu'il cherche à tuer leur enfant. »
Sirotant sa boisson, Jack se demanda combien de temps il faudrait aux détraqueurs pour attraper Black. Il espérait de tout cœur qu'ils y parviennent rapidement. Parce qu'il n'était pas sûr de tenir bien longtemps si ces créatures restaient dans les parages.
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« - Je craque ! s'exclama Mérida
- Chuuuut, fit Raiponce tandis que Mrs. Pince leur lança un regard noir. Qu'est-ce qui te prends de crier comme ça.
- Ce qui me prend, ce qu'on ne trouve absolument rien ! Ce n'est pas censé être la bibliothèque la mieux fournie de toute la Grande-Bretagne ? »
Soufflant de colère, la Gryffondor referma le grimoire intitulé « Voir au-delà du réel » qu'elle essayait de déchiffrer depuis plus d'une heure et qui, au final, s'était révélé être un tissu d'ânerie sur les feuilles de thé et les lignes de la main. A l'instar des trois dernières dizaines de livres que Raiponce et elle avaient consulté.
« - Tu penses qu'on va finir par trouver quelque chose ? demanda-t-elle à la blonde une fois revenue à la table, un énième bouquin sous le bras.
- Je crois qu'il y a ce qu'on cherche ici, mais je commence à douter qu'on puisse l'atteindre.
- Tu penses à la Réserve ?
- Ça, ou le fameux « espace B » dont m'a déjà parlé Harold, même si je ne suis pas sûr de ce que c'est(2). Dans tous les cas, je crois que si c'était dans un espace accessible, on aurait déjà dû tomber dessus. Ça fait près de deux semaines que l'on fouille ensemble, plus les jours que tu as déjà passés ici avant. On aura bientôt épuisés les livres concernant les visions…
- Ouais... »
Perdues dans leurs pensées, les deux filles laissèrent leur esprit dériver. Si Raiponce, de son côté, se mit à chantonner histoire de se détendre un peu, Mérida, elle, commençait à sérieusement angoisser.
Les visions ne cessaient d'augmenter. A certains moments, elle ne pouvait presque plus bouger tellement elles étaient intenses. Et rien ne lui indiquait ce qui les provoquait. Elles pouvaient survenir n'importe où et n'importe quand.
« Tu penses qu'on va trouver ça ici ? »
Comme maintenant, par exemple.
« - Oh non.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Ça recommence. Fais-moi sortir d'ici »
« Ouah, c'est trop bizarre ! Comment tu fais ça ? »
« - Quoi ?
- Les visions. Je fais une crise. Fais-moi sortir tout de suite. »
Mérida se sentit soulagée quand Raiponce, sans perdre une seconde de plus, la saisit par le bras pour la trainer hors de la bibliothèque.
« Fous-moi la paix, je bosse »
- Ca va mieux ?
- Absolument pas. » répondit Mérida en s'appuyant contre un mur, histoire de rester debout.
« Oh, allez, juste un petit bisou »
« - Ne restons pas ici, quelqu'un pourrait nous voir et je n'ai pas envie d'expliquer à Pomfresh ce qui t'arrive. Viens. »
Se sentant tirée par la manche vers une destination inconnue, la Gryffondor tenta tant bien que mal de retrouver son souffle qui lui semblait de plus en plus difficile à obtenir. Elle avait l'impression d'être ensevelie sous les visions et d'étouffer petit à petit.
« Elèves dans les couloirs ! Elèves dans les couloirs ! »
Et voilà que Peeves s'invitait dans ses visions. Comme s'il ne lui pourrissait pas assez la vie dans le monde réel.
« Tueeeeez ! Du sang… Je veux du SANG ! »
« - Raiponce.
- On est presque arrivée.
- Je vais vomir.
- Quoi ? »
« Je sens l'odeur du ssssssssssang. »
« - Je vais vomir. Invoque un seau. Trouve-moi une alcôve. Ouvre une fenêtre. N'importe quoi.
- Les toilettes de Mimi Geignarde sont là, tiens cinq secondes. »
Défonçant presque la porte des sanitaires, Raiponce tira Mérida jusqu'à une cabine. Dès qu'elle fut au-dessus du de la cuvette, la jeune fille ne put empêcher le contenu de son estomac de remonter, toujours assaillie pour des visions sanglantes et des désirs de chair fraiche qui n'étaient pas les siens.
« - Il va falloir faire quelque chose, dit doucement Raiponce en caressant les cheveux de la rousse qu'elle tenait loin de son visage. Tu ne peux pas continuer comme ça. Il faut qu'on trouve ce qui provoque ces visions et comment les arrêter.
- Ce n'est pas ce qu'on fait depuis deux semaines ? haleta Mérida avec difficultés.
- Sans grand résultat, il faut bien le reconnaître. Je pense qu'il va falloir demander de l'aide aux garçons.
- Qu'est-ce qu'ils vont bien pouvoir faire de plus ?
- Ne te fais pas plus idiote que tu ne l'es. Harold connaît le bibliothèque mieux que beaucoup de septièmes et quatre mains en plus ne sont pas à négliger quand on doit fouiller un endroit pareille. Tu n'as pas à avoir peur de leur réaction.
- Facile à dire, pour toi. Tes cheveux soignent et protègent. Mon don à moi me pourrit la vie. Je n'ai pas envie qu'ils me regardent comme un monstre. »
Mérida se sentait réellement ridicule de penser comme ça. Ses deux amis ne penseraient surement pas de cette manière, mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'avoir peur.
« - Tu crains quoi ? Qu'ils se moquent de toi parce que tu n'arrives pas à contrôler tes visions ? Harold fuit littéralement les animaux par certains moments et Jack doit se battre constamment contre « Frost ». Quant à moi, je crains perpétuellement que mes cheveux n'en fassent qu'à leur tête et se mettent à briller sans que je puisse faire quoi que ce soit. Aucun de nous ne maîtrise son don. Et on a peu de chance d'y arriver seuls. On a besoin de s'entraider. »
Les paroles de Raiponce avaient beau être douces et réconfortantes, la peur de Mérida n'en reflua pas pour autant. Mais elle devait admettre que son amie n'avait pas tort.
« - Allons leur parler. On n'a pas trop le choix, de toute façon. »
Il ne fallut que deux jours aux filles pour parvenir à réunir tout le groupe de Projet A. Deux jours pendant lesquels Mérida fit trois autres crises, même si aucune ne fut aussi grave que celle de la bibliothèque.
L'explication fut quelque peu laborieuse, mais elles parvinrent plus ou moins à décrire le problème.
« - Vous êtes avec nous ?
- Evidemment, idiote ! J'arrive pas à croire que tu ne nous en aies pas parlé avant ! s'exclama Jack.
- Ce qui est fait est fait, trancha Raiponce avant qu'une énième dispute n'éclate. Sinon, Harold, avec Mérida on s'était dit qu'il était probable que le livre qu'il nous fallait se trouvait dans la Réserve, ou alors de ce truc que tu appelles « l'espace B ». T'en penses quoi ?
- Il y a peu de chances que ça se trouve dans la Réserve, sauf si ça vient d'un sortilège noir, répondit le Gallois après quelques instants de réflexion. Par contre, il y a de fortes chances de trouver ce dont on a besoin dans l'espace B.
- Parfait ! Alors tu as juste à nous conduire là.
- Tu plaisantes ? Je ne mettrais pas un orteil dans cet endroit. C'est encore plus dangereux qu'un nid de manticores, sans exagérer. Entrer là sans connaître le chemin exact vers la destination, autant se tuer tout de suite.
- Oh…
- Par contre, il y a quelqu'un qui connaît cet endroit comme sa poche. »
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A l'abri dans sa cachette, le fugitif rongeait consciencieusement les os du rat qu'il était parvenu à attraper. Il ne pouvait plus espérer grand-chose d'autre, surtout après l'arrivée de tous ces détraqueurs. Ces maudits démons le pourchasseraient sans relâche s'il avait le malheur de se faire repérer.
Et dire que tout cela était arrivé à cause de son emportement. Si seulement il avait gardé son calme. S'il avait su jouer de son charme comme dans sa jeunesse. Bon, il n'avait plus rien de charmant après toutes ces années à Azkaban, mais la Grosse Dame n'avait jamais été très difficile.
Ce qui allait être difficile, par contre, c'était de rentrer une nouvelle fois à Poudlard. Mais il devait y arriver.
Sans cela, il n'obtiendrait jamais sa vengeance.
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(1) Je me suis rendu compte qu'en fait, la transformation en animagus, c'était de la tétologie appliquée.
(2) L'espace B, décrit par Monsieur Pratchett, désigne cet espace qui apparaît subitement dans les bibliothèques et les vieilles boutiques de livres, distordant la réalité pour créer un sous-univers où se trouveraient, techniquement, tous les livres de la création, qu'ils soient passés, présents et avenir. L'espace B relierait toutes les grandes concentrations de livre du multivers. Il est infini, ce qui fait qu'il est extrêmement dangereux de s'y aventurer, surtout que des formes de vie alternatives, telles que « l'étudiant perdu » se sont développées au fil du temps (tordu).
Et voilà. Désolé pour ce chapitre ma foi pas trop grand, ni très intéressant. Et surtout, je m'excuse mille fois pour le retard. Mes études sont en grande partie en cause, car elles me prennent beaucoup de temps et d'énergie, mais je dois avouer que j'ai aussi une petite baisse de motivation au niveau de l'écriture. Ça peut paraître un peu bizarre de l'extérieur, surtout vu tout le soutien que vous m'apportez, mais je crois que c'est parce que je ne crée plus. Je veux dire, le plan est entièrement rédigé, il n'y a plus vraiment de grosses séances de création de fond comme au début. Et cette énergie créatrice, que je canalisais dans l'écriture, me manque un peu.
Tout ça pour pas dire grand-chose, mais j'avais besoin de vous le transmettre. Ca ne signifie en rien que la fic m'intéresse moins ou que je compte l'abandonner, rassurez-vous. Juste que, comme dans un vieux couple, la passion du début s'est un peu atténuée.
Et bon courage à tous ceux qui commencent les examens, sont en pleins dedans ou en sortent tout juste (coucou Emmawh :p )
A dans deux semaines ! (Promis :p)
