Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

Chapitre corrigé par Emmawh. Dites-lui merci, priez-là, envoyez lui des chocolats.

Merci à ClaraJonesMalfoy, Alamane-kun, Arya39, Philou, Meljion, Gayl, LadyWyvern, Paquerette-san, Emmawh (x2), Loupiote54 et Plume d'indigo pour leur review !

Et un merci IMMENSE pour votre soutien. Sincèrement.

LadyWyvern : Hello ! Merci pour ta review et tes compliments. Je suis content que la fic continue de te passionner.

Philou : Hello ! Merci pour ta review. La « vraie vision » ou don de Vision reviendra. Elle ne joue qu'un rôle mineur qui m'a surtout servi à introduire la notion de don en général, mais elle aura son utilité. Pour la pluie et Harold, en fait, il ne pleut jamais à Beurk. Il neige. Et quand il ne neige pas, il grêle ^^ C'est dû aux bulles climatiques draconiennes. Je te renvoie au chapitre je ne sais plus combien où j'explique le climat particulier de Beurk : ). La blessure de Drago est bien due à Buck, oui. Pour Jack et le froid, je me dois de faire une précision : en fait, Jack ne craint pas le froid et ne le ressent pas en tant que tel (ce qui explique qu'il soit si perturbé par les détraqueurs). Mais cela n'empêche pas son corps d'être affecté à petite dose par le froid, comme le rougissement des oreilles. Pour le don de Mérida, voir ci-dessous. Et pour Andréa, elle est pathétique, mais pas plus que de nombreuses personnes, filles ou garçons, déçues en amour. On retrouvera l'espace B dans ce chapitre (et Pratchett est bien mon auteur préféré ^^). Pour la passion, j'ai pensé à écrire autre chose (ce que je fais notamment avec les OS de la Hijack Week), mais je n'ai pas vraiment le temps de me consacrer à une autre fic… Enfin, reste à voir.

Melkion : Hello ! Merci pour ta review. Je m'excuse une nouvelle fois pour le retard, même si il ne te gêne pas (EDIT : surtout que ce chapitre est aussi en retard à cause d'une f* coupure d'internet). Et je suis super content que ce chapitre t'ait plu ! On en apprendra plus sur le don de Mérida plus bas : ).

Paquerette-san : Hello ! Merci pour ta review ! Petite visite de l'espace B dans ce chapitre, j'espère satisfaire ta curiosité.

Plume d'Indigo : Hello ! Merci pour ta review. Tu n'imagines pas comme je suis heureux que tu te lances, ça me fait toujours super plaisir de recevoir des retours de lecteurs. Je suis content que ma manière d'écrire te plaise, même si je suis conscient qu'elle reste perfectible (et j'espère qu'elle le restera ^^). Et je suis heureux que les principes même de la fic, à savoir prendre son temps et construire quelque chose de crédible, te plaise autant.

J'adore aussi écrire d'autres points de vue, surtout qu'ils me permettent de me lâcher ou de tenter autre chose.

Et oui, le chapitre précédent n'était pas décisif, mais il posait des éléments importants. Celui-ci l'est un peu plus ^^

Pour l'essoufflement, je suis de ton avis. Je sais que c'est normal et je m'y attendais, mais c'est toujours un peu compliqué ^^ Et une pause est prévue à la fin de cette partie, j'expliquerai pourquoi en temps voulu ^^

Bonne lecture !

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Chapitre 40 : Voyages

Raiponce devait bien l'avouer, elle était curieuse. C'était sa nature. Nature outrageusement titillée depuis qu'Harold, quelques jours plus tôt, avait promis de contacter et de convaincre la personne en mesure de les guider dans l'espace B.

Seulement, il avait refusé de leur dire le nom de cette personne et dès qu'on lui en parlait, il se contentait de répondre « C'est en cours, je fais mon possible ». Ça, plus le fait qu'elle n'avait absolument rien trouvé sur l'espace B, si ce n'est une vague définition qui parlait de « pantalon dimensionnel » et « d'existence pluriplanique ». Bref, elle trépignait d'impatience.

Une impatience nullement calmée par le fait qu'Harold venait de les rassembler pour une expédition vers ce fameux espace, son contact ayant apparemment accepté de les guider. Cela expliquait pourquoi les quatre membres du Projet A se trouvaient présentement devant l'entrée de la bibliothèque.

« - Il doit nous retrouver ici ?

- Ce n'est pas elle qui doit nous retrouver, mais nous qui allons aller la voir.

- Mais… Ce n'est pas risqué ? Je veux dire, la bibliothèque va fermer d'ici un petit quart d'heure.

- Justement, répondit Harold. Elle ne pouvait pas s'absenter de son poste avant la fermeture et ça nous permettra de partir pour l'espace B sans que personne ne nous remarque.

- Mais Mrs. Pince…

- Ne t'inquiète pas de ça, tout est prévu. »

Un peu perplexe, la jeune fille emboita le pas de son ami, entrant dans la bibliothèque. Un silence de mort régnait sur les lieux, seulement perturbé par le craquement du vieux bois et les crissements de cuir. Apeurés par la bibliothécaire qui se mettait à rôder dans les rayons pour chasser les imprudents environ trente minutes avant la fermeture, tous les élèves avaient fui le lieu.

D'un pas habitué, Harold les conduisit jusqu'à un petit bureau où officiait d'ordinaire Mrs. Pince. Pour le moment, celle-ci s'était absentée.

« - Tu es sûr que c'est une bonne idée d'attendre ici ? demanda Jack. Si ce vieux vautour de Pince nous surprend, elle nous mettra dehors.

- Le « vieux vautour » se penchera sérieusement sur votre cas, Mr. Overland, si vous n'apprenez pas rapidement à vous taire. » Intervint une voix sèche.

Irma Pince se tenait devant eux dans toute sa splendeur. Haute et maigre, elle semblait être faite de parchemin tellement sa peau était pâle et irrégulière. Si elle avait été jolie un jour, on l'avait depuis bien longtemps oublié. Elle était connue pour être intraitable sur le bruit et les retards, ce qui la rendait peu appréciée de la quasi-totalité des étudiants. Seuls quelque uns pouvaient se targuer d'être dans ses petits papiers, tels Hermione Granger ou…

« - Pile à l'heure, comme d'habitude, Mr. Haddock »

La lumière se fit dans la tête de Raiponce. C'était donc Mrs. Pince leur guide. Somme toute, c'était plutôt logique, qui mieux qu'une bibliothécaire chevronnée pouvait connaître une dimension intimement liée à l'univers du livre ?

« - Evidemment. Je ne vous aurais jamais fait l'affront d'arriver en retard, Madame.

- Je n'en doutais pas. Dès que la Bibliothèque sera fermée, nous pourrons partir. J'ai préparé le matériel, équipez-vous pendant ce temps. Si nous partons assez vite, nous pourrons être revenus avant minuit. Plus tard si de nouvelles zones temporelles sont apparues.

- Mi… Minuit ? bredouilla Jack.

- Vous croyez partir en balade, Mr. Overland ? L'espace B est infini et dangereux. Là-bas, se précipiter, c'est mourir. J'ai accepté de vous y conduire suite à la demande de Mr. Haddock et face à l'urgence de la situation. Mais croyez-moi bien que si j'avais un autre choix, je le prendrais. »

Face à la virulence assez étonnante de la sorcière, Jack battit en retraite. Raiponce, accompagnée de Mérida, porta son attention sur le matériel.

« - Qu'est-ce que c'est que tout ça ? demanda-t-elle discrètement à Harold. On va vraiment avoir besoin de cordes et de lanternes alors qu'on a de la magie ?

- Apparemment, le lieu réagit mal aux sortilèges. On risquerait de changer totalement la disposition des lieux si on tentait le moindre « lumos ». »

Hochant la tête, la blonde commença à attacher la sangle que lui tendait son ami. Moins de cinq minutes plus tard, Mrs. Pince, qui avait fermé à clef la porte de la bibliothèque, revint vers eux.

« - Bien, je vois que vous êtes prêts. Avant de partir, je me répète une dernière fois : cet endroit est dangereux. Donc, dès que nous serons partis, vous ne me lâchez pas d'une semelle. Vous ne touchez à rien. Vous suivez TOUS mes ordres. Et vous ne faites en aucun cas, je dis bien AUCUN cas, de la magie. Me suis-je bien fais comprendre ? »

Quand les quatre adolescents eurent donné leur assentiment, la bibliothécaire s'accrocha au reste du groupe à l'aide d'une corde, attrapa une lampe et se mis en route. D'un pas sûr, elle circula entre les rayons de la bibliothèque, les entrainant au-delà de l'endroit où, Raiponce en était sûre, devait logiquement se trouver la limite de la pièce et donc un mur bien épais.

Ce premier fait la fit soupçonner d'être entrée dans ce fameux « espace B », mais la confirmation lui arriva en plein dedans quand, de un, l'atmosphère se fit de plus en plus lourde, comme si un espace trop grand était confiné dans un endroit dix fois trop petit, et de deux, quand un livre surgit de l'étagère pour en dévorer un autre qui voletait tranquillement un peu plus loin.

« - On y est, je suppose ? demanda-t-elle sans viser précisément quelqu'un.

- Juste à l'entrée, répondit la bibliothécaire. Le livre que nous cherchons se trouve relativement loin. Nous devrons encore marcher un petit temps, sauf si un passage s'ouvre. »

Le silence reprit sa place après ce tout petit échange. Le petit groupe marcha un long moment, sans que rien n'indique clairement que la bibliothécaire ne prenait pas un chemin au hasard. Raiponce, en queue de peloton, se mit à lire rapidement les titres qui passaient à portée d'yeux. Certains étaient compréhensibles, d'autres écrits en langages tout à fait inconnus de la jeune fille. Mais un seul retint son attention.

« Dons de lumière : maîtrisez le soleil qui est en vous »

Don de lumière. Exactement ce qui pouvait décrire son propre don. Elle savait bien que Mrs. Pince leur avait demandé de ne rien toucher, mais ce livre avait le pouvoir de l'aider. L'aider à comprendre et maîtriser ce pouvoir. Doucement, la corde qui la reliait à la personne précédente, à savoir Mérida, se tendait, signe qu'elle n'avait plus beaucoup de temps avant d'alerter le reste du groupe de son arrêt. Elle devait donc se décider.

D'un geste rapide, elle saisit donc le livre qu'elle cacha dans le sac d'école qu'elle avait emporté au cas où. Priant pour n'avoir rien déclenché, elle pressa le pas vers ses amis, son sac serré contre elle.

« - Ah, nous y voilà ! dit Mrs. Pince en s'arrêtant devant un rayon parfaitement identique aux autres. Table de classification des dons et pouvoirs.

- C'est ce livre ? s'étonna Mérida. Il est plutôt banal.

- Il ne faut jamais juger un livre à sa couverture. Cet ouvrage reprend l'intégralité des dons existants ainsi que des listes mises à jour magiquement de chaque personne les possédants. Il n'y a que quelques exemplaires en ce monde et tous sont aux mains des différents ministères. Bon, ne nous attardons pas ici, je sens une drôle de perturbation dans l'air. Vous avez touché à quelque chose ? »

La sorcière resta suspicieuse face aux dénégations véhémentes des quatre adolescents, mais finit par hausser les épaules. Du moins haussa-t-elle ses sourcils, car Irma Pince n'était pas du genre à hausser les épaules. Trop vulgaire à son goût.

« - Probablement une simple secousse magique. Dépêchons-nous de partir. »

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Au final, le groupe mis à peu près deux fois plus de temps pour revenir car, pour une raison totalement obscure aux yeux de Mérida, la Bibliothèque de l'espace B avait totalement changé de disposition. Au point que Mrs. Pince dû recourir à une boussole enchantée qui indiquait les zones de surcharge magique. D'après l'explication que la rousse était presque sûre de ne pas avoir comprise à 80%, ça indiquait les points de passage vers le monde normal.

Le problème, c'est que cette fameuse boussole indiquait tous les points de passage. Ce qui expliquait que le groupe s'était retrouvé, entre autre, dans une librairie moldue où ils avaient déclenché un bruit strident sans trop savoir comment, une bibliothèque à l'atmosphère très étrange où elle avait eu le temps d'apercevoir un drôle de costume blanc au sol avant que la sorcière plus âgée ne les traine dans l'espace B à toute vitesse, marmonnant de trucs incompréhensibles à propos « d'ombres », et une salle sans aucune ouverture aux murs couverts de livres, illuminée par des espèces de lucioles. Après ces arrêts et quelques autres supplémentaires, ils étaient enfin parvenus à ressortir au bon endroit. Deux bonnes heures plus tard que prévu.

Quand elle vit l'heure, Mrs. Pince décida de les renvoyer au lit, leur donnant rendez-vous le lendemain à la même heure. Ce qui n'arrangeait pas Mérida, qui aurait volontiers sacrifié une nuit de sommeil pour être débarrassée au plus vite de ces maudites visions. Mais la vieille femme avait été intraitable. C'est-à-dire qu'elle les avait jeté dans le couloir sans sommation, à deux heures du matin. Autant dire qu'ils avaient filé sans demander leur reste, surtout que Rusard était connu pour aimer rôder près de la bibliothèque.

Elle retourna donc le lendemain. Si ces amis n'étaient pas encore là, il fallait bien avouer qu'elle avait une bonne demi-heure d'avance, elle trouva cependant Mrs Pince, le front plissé d'inquiétude.

« - Quelque chose ne va pas ? » osa-t-elle demander.

La bibliothécaire ne répondit pas, se contentant de classer ses fiches, mais la Gryffondor remarqua le regard en coin qu'elle lançait souvent vers « l'entrée » de l'espace B. Quelque chose avait-il mal tourné la veille ?

Avant qu'elle ne trouve le courage de questionner son aînée, ses amis arrivèrent. Malheureusement, et même s'il n'y avait plus âme qui vive dans le lieu si ce n'est eux cinq, la gardienne des livres se refusa à fermer son antre plus tôt, arguant que c'était « contre la tradition ». Après un moment qui parut interminable à la rousse, Mrs. Pince consentit afin à verrouiller les portes et à sortir le livre.

« - Bien, commença-t-elle. J'ai pu parcourir ce livre dans la journée et j'ai compris comment il fonctionne, même si je connaissais déjà la base. En résumé, ce livre liste tous les dons et leurs possesseurs selon les particularités. Nous allons baser notre recherche sur les caractéristiques de vos visions pour réduire la liste des possibilités. Je vais donc vous poser des questions, auxquelles j'entends avoir les réponses les plus honnêtes qui soient. Sommes-nous d'accord ? »

La gorge sèche, Mérida se contenta d'hocher la tête.

« - Quel type de vision avez-vous ? Visuelles, auditives, sensorielles ?

- Un peu des trois. Parfois tout en même temps.

- Je vois. Quand se déclenchent-t-elles ?

- N'importe quand.

- Pas de situations particulières ? De mot déclencheur ?

- Je ne vois pas.

- D'accord. Est-ce que vos visions sont liées à la situation que vous vivez ? Par exemple, les visions que vous avez eu dans la Grande Salle concernaient-elles toutes la Grande Salle ?

- Je crois. »

Les questions continuèrent pendant un gros quart d'heure, Mrs Pince barrant de plus en plus de dons sur la liste. Au final, il n'en resta que cinq.

« - Très bien. Il va falloir vérifier chacun de ces dons. Enfin, surtout la liste des possesseurs. »

La vérification se fit plutôt rapidement, car les noms étaient classés par années de naissance. Ils finirent donc par retrouver celui de Mérida dans le chapitre intitulé « Prémonition tactile ».

« - Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Simplement que vous êtes une voyante. »

Le ciel sembla tomber sur la tête de Mérida. Une voyante. Elle s'était toujours refusé à considérer cette option, jugeant les voyants comme des charlatans.

« - C'est impossible.

- Le livre ne peut pas mentir, Miss Dunbroch.

- J'ai eu des visions du passé ! J'ai réfléchis et les visions que j'ai eues la dernière fois près des toilettes de Mimi Geignarde concernent le Basilic de Serpentard. Qui est mort il y a plusieurs mois ! »

Le regard de la bibliothécaire se fit plus doux face à la panique de Mérida.

« - Le temps n'est pas linéaire. Vous avez capté un futur qui s'est déjà produit. C'est une simple réminiscence. Vous étiez en pleine crise et votre don a saisi cette information au vol.

- Mais je ne peux pas être voyante. Je ne VEUX pas !

- Vous êtes dans une bibliothèque, Miss Dunbroch. Je vous prierais de ne pas crier. Vous êtes une voyante. Et plutôt forte, si je puis me permettre. Il va falloir vous y faire.

- On peut contrôler ça ? intervint Raiponce avant que Mérida ne reprenne la parole.

- Je crois avoir un moyen. Attendez-moi ici. »

Tandis que Mrs Pince s'éloignait, la Gryffondor du groupe tentait de récupérer une respiration normale.

« - Mérida, calme-toi.

- Tu ne comprends pas. Je suis une voyante. Je ne veux pas en être une. C'est une vie horrible. On voit toujours ce qui va arriver. On l'a vu en Divination : le futur est fixe une fois qu'il a été vu. Je ne veux pas être celle qui fixe le futur des gens autour de moi. Imagine si je vois leur mort ? »

Avant que la Serdaigle ne puisse répondre quoi que ce soit, la sorcière plus âgée revint, une paire de gants à la main.

« - Des gants ?

- Pas n'importe lesquels. Ce sont des gants spécialement créés pour les gens qui possèdent un don basé sur le touché. Comme la Prémonition Tactile, dont les visions ne se déclenchent que grâce au contact entre le voyant et un objet spirituellement chargé. Ou comme mon propre don.

- Vous avez un don, vous aussi ?

- Comment croyez-vous que je connaisse le moindre livre de cet endroit ? J'apprends instantanément tous les livres que je touche. Du moins, c'était le cas. Puis, un jour, mon professeur de Divination, Cassandra Trelawney, m'a donné ces gants. Elle m'a dit « Contrôle-toi. Quand tu y parviendras, retire ces gants et mets-les en sureté. Quelqu'un en aura besoin un jour. »

- Trelawney… Comme notre propre professeur ?

- C'était sa grand-mère. Une extraordinaire voyante. Sa petite-fille n'a pas hérité de son don, malheureusement.

- Je lui donne le mien quand elle veut.

- Je crains que vous ne deviez vivre avec. Mais ces gants vont vous aider. Ils vont empêcher la création d'un lien entre un objet chargé et vous.

- Ca veut dire que je vais devoir porter ça toute ma vie…

- Non. Quand vous atteindrez votre maturité magique, votre don va se stabiliser. Vous pourrez alors apprendre à le maîtriser. En attendant, gardez vos mains couvertes.

- Et les profs…

- Je m'en charge. »

Attrapant les gants que Mrs. Pince lui tendait, Mérida les enfila rapidement. Presque imperceptible, elle sentait toutefois le faible courant magique que les parcourait.

Un courant qu'elle sentirait pour les deux années à venir.

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« - Glouarg.

- Fais un peu moins de bruit en mangeant, Krok'. Surtout celui-là. »

Le Dragon, confortablement installé dans l'herbe, jeta un regard torve à sa mère, qui n'eut pas besoin de se connecter à l'esprit du reptile pour comprendre que celui-ci lui répondait « J'fais c'que j'veux ». Un type de réaction que l'animal arborait de plus en plus souvent et qui, d'après ce qu'en savait Harold, ne pouvait traduire qu'une chose : Krokmou rentrait dans sa dernière phase de maturité.

Une phase que le Gallois redoutait. Si on devait la comparer à un moment de la vie humaine, ce serait la crise d'adolescence : détachement de la mère, changement de caractère, agressivité, premières chaleurs…

En gros, cela voulait dire qu'il allait se retrouver avec un dragon shooté à la testostérone sur les bras. Et qu'en plus, l'animal allait vouloir déployer ses ailes. Car si les Furies Nocturnes restaient terrestres relativement longtemps par rapport aux autres dragons, ils devenaient de véritables drogués du ciel une fois le premier envol effectué. Et si Harold avait déjà trouvé comme rendre le dragon « invisible », ou plutôt camouflé, grâce au collier qu'il avait modifié, restait le problème de faire sortir la bête. Les murs ensorcelés étaient faits de miroirs sans tain, mais les ouvrir en grand pour laisser passer un animal de plusieurs mètres d'envergure aller être un peu trop visible. Il fallait donc trouver un moyen de les rendre intangibles pendant quelques minutes.

Ce qui expliquait qu'il se trouvait actuellement avec un manuel d'enchantements de niveau supérieur nommé « La création de passages secrets » dans les mains, manuel « emprunté » à l'espace B quelques jours auparavant. A vrai dire, c'était la première fois qu'il l'ouvrait depuis, assailli par l'horreur d'avoir trahi la confiance de Mrs. Pince. Il avait même pensé un moment aller le lui rendre, mais il avait beaucoup trop besoin de ce livre. S'il ne trouvait pas un moyen de faire passer Krokmou à l'extérieur, l'animal deviendrait rapidement fou et révèlerait au monde son existence. A partir de ce moment-là, Dumbledore pourrait bien faire ce qu'il voudrait, il ne parviendrait pas à sauver la peau d'Harold.

Avisant sa montre, le jeune homme plaça son signet, referma le livre et se dépêcha de rejoindre la salle n°27, où il avait rendez-vous avec les autres membres du Projet A.

Arrivant au lieu voulu en quelques minutes grâce aux raccourcis découverts par Raiponce, le Gallois s'installa confortablement au milieu des coussins. Comme les autres, il était passé à l'étape « transformation physique » du processus. Il parvenait déjà à changer à faire apparaître de la fourrure et à faire pousser ses ongles. La prochaine étape était la transformation complète, mais Harold hésitait franchement à s'y attaquer.

De un, parce que c'était dangereux. Bien plus que de boire une potion artisanale ou se faire pousser des poils. Car il suffisait d'un faux pas et on se retrouvait à moitié-transformé, que ce soit dans un sens ou dans l'autre. Pas très gênant de se retrouver avec un foie d'ours en lieu et place du sien, beaucoup plus quand il s'agissait d'un animal de moins de trente centimètres.

La deuxième raison était d'ordre plus personnel, bien que la peur de se retrouver avec des organes internes le fût déjà beaucoup. En réalité, Harold avait peur de la révélation. Car entamer la transformation complète, quand bien même elle prendrait plus que probablement plusieurs semaines à être maîtrisée, c'était se rapprocher du jour où il devrait révéler à ses trois amis qu'i se transformer en un animal pitoyable. Qu'allait-il être face aux autres ? Face à l'ours en lequel Mérida se transformait plus que certainement ? Comme d'habitude, il serait pitoyable. Le « Hiccup » de la bande. Et il n'avait pas envie de l'être.

Parce que pour le moment, il avait des amis qui ne le jugeaient pas pour ce qu'il était. Pour son amour des livres. Pour sa folie d'élever un dragon. Une chose qui allait certainement changer une fois qu'ils sauraient qu'il était un animagus belette. Une simple souris surdimensionnée. Et là, peu importe leur amitié, ils ne pourraient s'en empêcher. Ce n'était pas un manque de confiance, juste du réalisme. Quel être humain pouvait réellement prendre au sérieux une bestiole pareille ?

Chassant ses idées noires, le Poufsouffle décida de retenter de faire apparaître les poils et les griffes, en même temps cette fois. Entrant en transe, il se faufila dans les méandres de son esprit, à la recherche de son animal.

Il savait que Raiponce figurait cette recherche par le passage d'un pont, comme si son esprit et celui de l'animal était deux choses différentes qu'il avait fallu réunir. L'esprit d'Harold fonctionnait autrement. Le jeune homme ne savait pas si c'était simplement car lui et la jeune fille était deux humains différents ou si son esprit était particulier suite à son sang de dryade, mais le fait était là. En réalité, le Gallois se représentait son être intérieur comme une immense forêt, où s'enchevêtraient les souvenirs comme autant de feuilles et de lianes. Une forêt dont faisait partie intégrante la belette.

Cet esprit différent avait donc nécessité une méthode différente de celle de son amie. Là où Raiponce avait dû, d'après ses dires, construire un pont, Harold s'était retrouve à devoir apprivoiser son animal. Au départ, il l'avait cherché au cœur de cette forêt spirituelle, mais il avait vite abandonné : trouver une bête aussi petite dans ce fouillis de plantes revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin. Il avait donc dû prendre son mal en patience et apprivoiser petit à petit cette créature sauvage, tel le Petit Prince se liant au Renard.

Une méthode fastidieuse mais efficace. Aujourd'hui, il n'avait plus qu'à se placer au pied du plus bel arbre de la forêt, un pommier immense qui ressemblait à l'image qu'Harold se faisait de l'arbre de sa mère tel qu'il était de son vivant, pour que la belette s'approche rapidement. Au départ méfiante, elle était aujourd'hui aussi affectueuse qu'un bébé chat, se lovant contre la main du Gallois.

Laissant courir ses doigts mentaux sur la créature, le Poufsouffle imagina les deux esprits fusionnant en un seul être. Il imagina les poils courts et drus qui couvraient son corps, la marque blanche sur son poitrail, les griffes acérées poussant au bout des doigts. Sentant que la transformation voulait se prolonger, il la stoppa rapidement et sortit de transe.

Rouvrant les yeux, il constata qu'un pelage épars avait poussé sur lui, le garnissant de quelques touffes rases. Apparemment, le côté poil était encore à travailler. Par contre, de belles griffes ornaient maintenant ses doigts. Il se demanda un moment si ce serait encore possible de ne faire apparaître que les griffes une fois l'étape finale passée. Un tel attribut serait sans conteste un bel avantage lors d'une bagarre.

Contrairement à la fois précédente, où il n'avait pas su se défaire entièrement de la transformation, Harold parvint rapidement, comprenez moins d'une heure, à reprendre un aspect totalement humain.

Cette rapidité voulait dire une chose : il était prêt à passer à la transformation complète. Quoique…

La prochaine fois, il essaierait les yeux. C'était important de savoir transformer ses yeux avant de continuer. Et non, il n'avait absolument plus peur.

Malheureusement pour lui, il restait toujours un bien piètre menteur. Même quand il s'agissait de se mentir à lui-même.

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Bouclant sa valise, Jack lança un dernier regard à son dortoir, vérifiant rapidement s'il n'avait rien oublié de vital. Bon, il y avait certainement une ou deux chaussettes qui trainaient sous le lit, mais les elfes de maison s'en chargeraient. En attendant, il était quasi-sûr d'avoir tout ce qu'il lui fallait pour Noël. Quasi parce qu'il avait la flemme total de revérifier.

Soulevant la malle d'un geste de la baguette, le jeune homme prit la direction du parc, où attendaient les calèches. Un frisson le parcouru à l'idée de passer une nouvelle fois à proximité des détraqueurs. Même si…

« - J'aimerais moi aussi que tu évites »

Le plaisir d'ennuyer la Voix était quand même vraiment tentant. L'Irlandais avait en effet découvert que Jack Frost était, en tant que pur esprit, particulièrement sensible aux Gardiens d'Azkaban. Au point qu'il suffisait au Serpentard de menacer de s'approcher des grilles pour avoir la paix.

« - Attends qu'ils s'en aillent et je te le ferai payer au centuple. »

Bon, cela ternissait un peu le bon côté de cette découverte, mais ces quelques mois de répit étaient trop doux pour les refuser.

« - Comme si j'étais du style ennuyant. »

« Oui, tu l'es. »

« - Méchant. »

« Ironique de la part de celui qui me poussait à menacer des camarades de classe à l'aide de mes pouvoirs. »

« - Tu étais le dernier à t'en plaindre. D'après mes souvenirs, tu tirais même plaisir de cette sensation de dominance. Cela ne cacherait-il pas quelques vices, mon cher ? »

« Mes seuls vices sont les tiens », répondit Jack, content de maitriser la conversation mentale. Il ne préférait pas imaginer la tête de Marius s'il venait à dire un truc pareil à voix haute.

« - On en parle de l'orgueil ? De l'inconscience ? Et du reste ? Je te concède bien le goût de la violence, mais tout le reste n'est pas à moi. »

Mettant un terme à la conversation, qui se transforma de ce fait en monologue, Jack continua son chemin.

« - Bouderais-tu ? La vérité fait mal, n'est-ce pas ? »

Il se demanda si Andréa était déjà partie. Il n'avait réellement pas envie de la croiser. Surtout pas après la scène qu'elle lui avait fait hier.

« - On peut donc rajouter lâche à la liste. »

Au pire, si elle tentait de prendre la calèche avec lui, il sortirait Bunny de sa cage. Elle était allergique aux animaux à fourrure, ça devrait la tenir éloignée.

« - Méchanceté »

Ou alors, il pouvait se faire discrètement pousser de la fourrure de fléreur. Elle devait bien avoir les mêmes propriétés que l'originale, non ?

« - Ah non, carrément de la cruauté. Excuse-moi de la confusion. »

Sinon, il lui restait toujours la possibilité d'abandonner Marius aux mains de cette folle et de fuir vers ses amis de Projet. Andréa avait Mérida en horreur.

« - Profiteur, aussi. Tu as bien plus de défauts que moi, en fait. »

« Si ça te fait plaisir d'y croire. »

« - Oh, tu me réponds. Je te croyais devenu muet. »

Ignorant une nouvelle fois la Voix, Jack monta dans sa voiture habituelle, la quatrième en partant de la fin, constatant avec bonheur que seul Marius s'y trouvait.

« - Ah, te voilà ! J'ai cru qu'on allait partir sans toi. J'ai réussi à faire fuir Andréa.

- Que lui as-tu donc dit pour réaliser cet exploit ?

- Je lui aie dit que Mérida voyagerait avec nous. »

Hochant la tête, Jack s'installa. La proximité des détraqueurs, si elle n'était pas encore désagréable pour Jack, avait eu le bon côté de faire taire la Voix. Il avait d'ailleurs été plutôt étonné la première fois qu'il avait constaté cet effet des gardiens d'Azkaban, son squatteur attitré n'ayant daigné lui répondre que plusieurs heures plus tard sur le pourquoi du comment.

« - C'est simple, avait-il dit. Je suis pur esprit et ces créatures attaquent directement les esprits. Il suffirait qu'ils m'approchent assez pour m'absorber sans le moindre mal. »

A l'annonce de cette nouvelle, Jack avait pensé se jeter dans les bras des détraqueurs, mais la Voix l'avait bien vite fait déchanter, expliquant que si son esprit était aspiré, celui de Jack, étroitement mêlé, le serait aussi.

Perdu dans ses pensées, le jeune homme remarqua à peine le voyage et il fallut que son ami le secoue pour qu'il se rende compte qu'il était déjà en gare de Pré-au-Lard. Attrapant sa valise, il se dépêcha de monter à bord du train, histoire de se dégoter un wagon.

Apercevant ses amis plus loin, il leur fit un grand signe, s'approchant rapidement d'eux.

« - Ça vous dit de voyager avec nous ? proposa Raiponce. Il y aura pas mal de place, on ne sera que deux, vu qu'Harold reste à Poudlard. Et je me suis dit que comme vous voyagiez sans Andréa, on pourrait se prendre à wagon à quatre.

- Bonne idée, répondit Marius en souriant. Mais il va falloir se dépêcher sinon on restera dans le couloir. »

« - Il a quand même bien prit son rejet, le petit. »

« Tiens, tu es revenu, toi ? »

« - Plus de détraqueurs à moins de cinquante mètres, je suis en pleine forme. Où en étions-nous ? Ah, oui, la liste de tes défauts.

« Je te préfère définitivement muet. »

Emboitant le pas à ses amis, Jack se mit donc en quête d'un wagon libre, qu'ils finirent par trouver tout près de la locomotive.

Après avoir installé tant bien que mal les valises dans les filets à bagage, Jack se lança dans une partie de bataille explosive avec Mérida. Partie qu'il perdit par manque de concentration. Bon, il devait avouer qu'il n'était pas bon du tout à la bataille explosive…

« - Oh, une petite trace d'humilité ! »

Mais le fait que les célébrations de l'équinoxe se tiendraient dans deux jours n'aidait absolument pas. Il aurait certainement gagné sans ça.

« - Ah non, j'ai rien dit. »

Et bon dieu, sans cette maudite Voix, cela aurait été encore plus simple !

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Installé dans sa grotte, le fugitif relu avec bonheur la lettre qu'il venait de recevoir. Les gobelins avaient accepté ! Heureusement que ces créatures n'étaient pas très regardantes une fois que l'on y mettait de l'argent. Et de l'argent, il en avait. Sa chère mère s'en retournerait dans sa tombe si elle savait ce qu'il en faisait.

Mais cet argent allait lui permettre de faire ce qu'il aurait dû faire douze ans plus tôt. Et il voulait bien en sacrifier le double s'il le fallait.

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Et un nouveau chapitre ! A l'heure, en plus ! Je l'aime relativement bien, même si je n'ai pas su traduire le passage avec Mrs. Pince comme je le voulais.

(EDIT : j'ai eu une maudite panne d'internet et impossible de me connecter à la 3G dans mon coin perdu. Il est minuit passé et, je ne sais pas trop pourquoi, j'arrive maintenant à la capter. Je vais donc publier ça au plus vite, avant que ça ne se décide à se rebarrer.)

Sinon, j'ai un peu plus galéré pour les parties des garçons, cette fois. D'habitude, c'est l'inverse, mais là j'avais pleins d'idées pour nos deux demoiselles.

Petite question : Est-ce que ça vous intéresserait d'avoir un petit résumé du chapitre précédent au début de chaque chapitre ? Perso, je suis pas trop chaud, mais une lectrice m'a souligné que ça pouvait être intéressant et aider certains, donc je demande (en passant, je viens de me rendre compte que j'ai oublié de mettre le résumé de fin de partie avant le chapitre d'Harold. Shit.)

A la semaine prochaine, pour le chapitre de Noël !