Le Projet A
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.
Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…
Chapitre corrigé par Emmawh. Dites-lui merci, priez-là, envoyez lui des chocolats.
Merci à ClaraJonesMalfoy, Alamane-kun, Melkion, Philou, Becca015, Lady-Wyvern, Patapich, Paquerette-san, Loupiote54 et Plume d'indigo pour leur review !
Melkion : Hello ! Merci pour ta review. Oui, Pince sort de son rôle minuscule ^^ D'ailleurs, vu que ça a plu à pas mal de monde, je vais peut-être faire un petit bonus sur elle. Sur son don ou quelque chose comme ça. A voir. Pour la belette, le fait que ce soit mignon pose justement problème. Un ado mâle de 16 ans, même aussi ouvert qu'Harold, espère quand même se transformer en autre chose qu'un truc « mignon » ^^
Bonne lecture !
Philou : Hello ! Merci pour ta review. Oui, je me souviens que tu m'avais prévenu de ton départ. D'ailleurs, tu liras probablement ce chapitre un peu en retard ^^ Pour ma part, j'ai été étonné que Mrs. Pince surprenne autant de monde. Elle est bibliothécaire de la plus grande bibliothèque du monde sorcier anglais, c'est normal de se tourner vers elle pour ce fameux espace B (en tous cas, ça l'était dans ma tête ^^). Et c'est comique pour les gants, parce que je n'y avais pas pensé, mais c'est en effet probable qu'inconsciemment cela vienne de là. Pour Veilleuse, il est là dans ce chapitre, même si son rôle est minime. Pour l'histoire des Gobelins, rappelle-toi ce qu'a fait Sirius à Noël : )
Bonne lecture !
Lady-Wyvern : Hello ! Merci pour ta review. Et pour avoir répondu à la question. Je vois que ça en intéresse certains, mais j'avoue me tâter encore ^^ Bonne lecture !
Patapich : Hello ! Merci pour ta (tes) review(s). Je suis content que ce chapitre te plaise ^^ Pour cette partie du Projet, elle continue, notamment avec Harold et Mérida (enfin, surtout Harold pour le moment. Mérida viendra plus tard). Et pour Andréa… J'avoue qu'elle commençait à me sortir par les oreilles. A la base, quand elle est apparue dans le fic (un peu toute seule, faut l'avouer), j'avais l'intention d'en faire un chouette perso, mais j'ai pas réussi. Les persos féminins, ça ne me va pas ^^
Tu n'as pas idée de comme j'ai ri quand j'ai lu que l'espace B te faisait penser à Doctor Who, en sachant toutes les références dans le chapitre suivant ^^ Et oui, je connais « Silence in the Library » (que je connais mieux sous le nom de « la bibliothèque des ombres ») qui est probablement mon duo d'épisode préféré (au coude à coude avec « La famille de sang » et « Un passager de trop ». Mais comme ya River dans la bibliothèque, cet épisode là reste en tête).
Pour les OS, j'y ai déjà pensé, le problème étant que quand je commence à écrire, je ne peux pas arrêter un truc en court pour écrire autre chose. Donc il me faudrait finir l'OS avec le chapitre ou inversement, ce qui n'arrive pas souvent ^^
L'espace B n'est pas assez exploité, j'en conviens, mais j'étais pris par mon mode d'écriture, à savoir gardé la même « quantité de mot » pour chaque perso ^^. Mais je pense réexploiter l'espace B un jour, peut-être dans un OS ou un bonus.
Et oui, tu n'étais pas loin. Le don de Mérida est en lien avec le destin ^^ Et j'aime aussi beaucoup la Voix. Et je suis TRES curieux du lien que tu fais avec DW (lâche-toi, j'adore ce fandom ^^)
Ouiiiiiii, il y a plein de références à DW. C'est tellement facile d'en faire tellement il y a de bonnes idées (best série ever).
Bonne lecture = )
Paquerette-san : Hello ! Merci pour ta review. L'espace B est un petit peu inspiré de DW (du moins « mon » espace B), mais plus de la Bibliothèque des Ombres que du Tardis, même si on peut en effet faire un lien.
La scène du premier vol plus bas. J'espère qu'elle te satisfera, moi je suis un peu dubitatif. Et oui, il y a des petits voleurs dans nos quatre amis ^^
Plume d'indigo : Hello ! Merci pour ta review. Je suis content que Mrs Pince te plaise. Pour les Pratchett, je te les conseille sans hésiter (commence « la huitième couleur » si tu es un bon lecteur, par « Pyramide » si tu as vite tendance à décrocher). « Mon » espace B n'est pas tip top fidèle à celui d'origine, mais il s'en approche. Le don de Mérida va continuer à l'ennuyer, mais beaucoup moins. Pour ce qui est de le maîtriser, il faudrait encore du temps.
Oui, ses gants font penser à ceux d'Elsa. Ce n'est pas voulu, mas j'ai très probablement été influencé ^^
Pour la Voix, on verra que Jack n'est pas au bout de ses peines ^^
Bonne lecture !
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Chapitre 41 : Flash-backs
« - Jack !
- Veilleuse, on ne crie pas dans la maison, intervint Tatiana.
- Pardon Maman. Mais je dois donner son cadeau à Jack ! Je suis déjà en retard. »
Jack, avachi dans le canapé, ouvrit les eux en entendant les cris du plus jeune. Veilleuse, malgré le fait qu'il approchait maintenant des onze ans et donc de son entrée à Poudlard, restait très enfant et énormément attaché à son grand frère. Cela expliquait entre autre le cadeau entièrement fait main qu'il lui tendait, là où Emma, plus pratique, lui offrait un objet acheté dans le commerce en compagnie de sa mère.
« - Tiens !
- Merci beaucoup Veilleuse, répondit le Serpentard en admirant la petite boite à musique grossièrement peinte. Tu l'as fabriqué tout seul ?
- Presque ! Grand-père m'a aidé pour la construire, mais c'est moi qui l'ai dessinée et peinte ! »
La boite, qui révélait un couple de danseurs virevoltant sur un air de valse quand on l'ouvrait, danseurs ressemblant à Jack et Elsa lors de la cérémonie du Solstice, portait effectivement la marque de North, un N stylisé gravé sur la face intérieure du couvercle.
« - Et elle est très jolie, en tous cas.
- Je voulais te l'offrir hier, mais tu es tombé endormi après le rituel et quand je suis retourné voir dans la soirée, tu avais verrouillé ta porte.
- J'étais un peu fatigué. »
En vérité, Jack n'était pas fatigué, la veille. Aucun Frost ne pouvait être fatigué après ce rituel qui les gorgeait de magie.
S'il s'était enfermé à double tour, c'était à cause de la conversation qu'il avait surprise.
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Endolori, Jack se releva de son lit où on l'avait déposé à la fin du rituel. Voyant qu'il n'était « que » 22h, il décida de se relever. Le repas était probablement fini, mais sa mère était peut-être encore aux cuisines, même si la réception n'était pas terminée. Il avait donc une petite chance de pouvoir manger quelque chose de chaud. Dans le cas contraire, étant donné qu'il était interdit de fourneau depuis l'incendie de l'année dernière, il devrait se contenter d'une tartine.
Ouvrant délicatement la porte, même s'il était peu probable que les enfants de la maison dorment aussi tôt un jour comme celui-ci, le jeune homme descendit discrètement les escaliers. Il passa à côté de la salle de bal, où le bruit indiquait clairement que la soirée n'était pas finie, et continua vers son but.
Une raie de lumière passait sous la porte, il y avait donc des chances que sa mère soit effectivement présente. Il s'apprêtait à pousser la porte quand une voix le fit s'interrompre. Une voix grave qui n'était définitivement pas celle de Tatiana Overland.
« - Tu ne peux pas nier qu'il y a eu une variation, North ! s'exclama la voix.
- Non, je ne peux pas. Mais toi, tu ne peux pas mettre ça sur le dos de Jack sans même réfléchir un seul instant aux autres possibilités !
- Quelles autres possibilités ? Ce n'est jamais arrivé et ton petit-fils est le seul élément perturbateur !
- Il y a des tas d'autres raisons possibles, Éric. Les enfants sont encore des adolescents, donc leur magie varie.
- Rien de tel n'est indiqué dans les annales des Frost.
- Nous manipulons une magie sauvage. Les perturbations sont peut-être naturelles.
- Le rituel est spécifiquement étudié pour domestiquer cette magie. Tu te voiles la face, North.
- Et toi tu refuses de passer par-dessus tes vieilles rancunes. Que tu en veuilles à Elliot pour ses actes, soit. Mais ne transfère pas cela à Jack
- Il a mis le Clan en danger ! Et il continue de le faire, même mort, à travers son fils.
- Il a simplement suivi son cœur. Tu ne peux pas t'acharner sur Jack parce que son père a eu le courage que tu n'as pas eu dans ta jeunesse. Il fait partie du Clan. C'est ton devoir de l'aimer comme un fils.
- Je n'ai de devoir qu'envers l'Héritier. Le Second ne vit que pour protéger l'Héritier, il n'est rien pour le Clan. Le jour où ton petit-fils faillira, il sera simplement remplacé par le membre le plus puissant du Clan. Il est un pion là où Elsa est la Reine du jeu. »
Une claque retentit, si violente que son écho traversa Jack de part en part. Son Grand-père venait de frapper Éric. Etonné de cet excès de violence, chose rare chez le vieil homme, et aussi intrigué par cette conversation houleuse, le jeune homme se plaça contre la porte et la bougea légèrement, jusqu'à pouvoir apercevoir les deux hommes, qu'il voyait de profil. Son grand-père était crispé de rage et face à lui son oncle se tenait la joue d'une main, se retenant à la table de l'autre, l'air choqué. Et aussi un peu effrayé. North n'avait peut-être plus aucun pouvoir pour une raison obscure, il n'en restait pas moins très effrayant.
« - Ne t'avise plus jamais de dire ça. Ni mon petit-fils, ni ta fille ne sont des pièces d'échec. Par contre, si tu veux en venir là, tu n'es qu'un vulgaire pion, toi aussi, et je n'hésiterai pas à te sortir du jeu si nécessaire.
- North, je… Je me suis emporté. Calmons-nous et analysons la situation clairement.
- C'est ce que je te demande depuis tantôt. Asseyons-nous, tu as l'air d'en avoir besoin. Tu veux de la glace pour ta joue ? Il doit en rester au congélateur.
- Je me débrouillerai, merci », répondit le plus jeune des deux en invoquant un petit bloc de glace qu'il enveloppa dans un essuie pour pouvoir le poser sur sa mâchoire malmenée.
Les deux hommes s'installèrent à la table de la cuisine, sortant du champ de vision de Jack.
« - Bien, reprenons les choses depuis le début. Le rituel a débuté normalement, ils ont échangé les serments. Ensuite…
- Ensuite, reprit Éric, ils se sont évanouis et le rituel a continué. Ils se sont relevé, ont entamé la danse. Là, la magie s'est mise à transiter vers nous à travers eux deux.
- Sauf que c'était différent de d'habitude, d'après toi.
- Différent, oui. J'en ai parlé à quelques personnes et elles m'ont transmise la même impression : la magie de cette année n'a pas été totalement domestiquée. On dirait qu'elle n'est pas aussi «réceptive » que d'habitude.
- Et tu penses que c'est dû à Jack.
- Je ne vois pas d'autre raison. Tu sais qu'il est différent. Tous les membres éminents du Clan le savent.
- Ce n'est que minime.
- C'est plus que cela, North ! Tu l'as observé ? Il a des phases d'absence. Ses pouvoirs fluctuent sans cesse. La plupart du temps, ils sont à un niveau normal, puis ils augmentent brusquement. Même Anna l'a déjà senti, et pourtant elle n'a aucune once de magie Frost.
- Ça pourrait être quelque chose d'autre.
- Mais peu importe ce que c'est. Que cela lui vienne d'un mauvais sort, de sa mère, d'un coup sur la tête ou d'ailleurs, c'est dangereux ! Il met en péril notre fonctionnement. Ta petite-fille et ton petit-fils adoptif reçoivent désormais de la magie lors de la cérémonie. Imagine si cela perturbe leur développement.
- Tu essaies de jouer sur mes cordes sensibles, Éric.
- J'essaie de te mettre face aux faits que tu refuses de voir, North. Le risque existe et il devient de plus en plus présent. »
Le vieil homme se fendit d'un soupir.
« - Bien. Laissons les choses avancer pour le moment. Donnons-lui encore une année, le temps qu'il arrive à sa maturité magique. Si cela empire, j'interviendra. Cela te convient-il ?
- Pas réellement. Mais je sais que je n'en obtiendrai pas plus.
- Bien. Retournons de l'autre côté, ils vont finir par s'inquiéter. »
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Effondré par ce qu'il considérait comme une trahison, Jack était précipitamment retourné dans sa chambre, sans même s'inquiéter du bruit qu'il faisait, pour s'y enfermer à double tour. Après cela, il avait tenté de trouver le sommeil, mais celui-ci l'avait fui toute la nuit.
Le lendemain, aujourd'hui donc, il avait pris le temps d'y réfléchir un peu. En vérité, son Grand-père était parvenu à lui obtenir un délai, avant l'exécution. Il ne savait pas vraiment ce qu'on lui reprochait, mais les fluctuations de pouvoir ne pouvait venir qu'une d'une chose : la Voix.
Il avait donc une année pour mettre cet être au pas.
« - Et cette année, se dit-il à lui-même en regardant les deux danseurs de bois s'élancer sur la piste, commence aujourd'hui. »
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- Allongée sur son lit, Mérida regardait ses mains. Elle n'y avait jamais fait réellement attention. Après tout, ses deux petites mimines faisaient partie d'elle, elles lui appartenaient. Elles avaient toujours été là et, sauf évènement imprévu, le seraient toujours.
Seulement aujourd'hui, ces fidèles alliées étaient recouvertes par du tissu du soir au matin, et même la nuit, afin d'éviter les visions intempestives. La jeune fille devait reconnaître que la méthode était efficace, elle n'avait pratiquement plus eu de vision, si ce n'est en certains moments où elle devait obligatoirement enlever ses gants.
Ce changement faisait remarquer certaines choses à la rousse : des cales auxquelles elle n'avait jamais prêté attention. Des tâches de rousseurs jusque-là ignorées. De petites imperfections qui s'étaient amoncelées au fil des ans.
La sensibilité, aussi. Ses mains étaient incroyablement sensibles. Elle le ressentait, dès lors que cette sensibilité était entravée par une couche de tissu. Cela avait été particulièrement évident plus tôt dans la journée.
Regardant une nouvelles fois ses doigts se plier et se déplier, elle éclata d'un rire sans joie. Qui espérait-elle convaincre ? L'évènement marquant de la journée, ou de la veille, plutôt, vu l'heure tardive, n'était pas cette ridicule réalisation. Non, le grand évènement était tout autre. Et bien pire, en un sens.
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En cette matinée de Noël, qui, fait rare en Ecosse, n'était pas pluvieuse, Mérida tirait à l'arc.
Ce fait était à la fois habituel et étrange. Habituel car c'était l'un des passe-temps préféré de la jeune fille et étrange car il était de coutume pour la demoiselle de cuisiner avec sa mère en ce jour de fête. Enfin, disons plutôt que les deux Lady tentaient d'aider les cuisinières pour, au final, leur rajouter plus de travail.
Cependant, Raiponce s'était spontanément proposée pour remplacer Mérida auprès d'Elinor Dunbroch, au plus grand plaisir des serviteurs, qui espéraient que la douce jeune fille parviendrait à limiter la casse.
Cela expliquait donc que Mérida soit présentement en train de tirer à l'arc, même si ça Mère lui avait bien précisé qu'elle devrait venir les aider durant l'après-midi.
Encochant la flèche, la rousse leva son arc, le banda jusqu'à sentir l'empennage sur sa joue, visa, relâcha la corde et…. Loupa magistralement la cible.
Soupirant, Mérida rabaissa son arme et contempla le champ de flèches qui s'offrait désormais à son regard. Quinze essais, quinze ratés. Et pas des petits, s'il-vous-plaît. Tout cela, c'était la faute de ses gants.
Voilà près de dix ans qu'elle tirait à l'arc et elle avait pris ses marques, tout comme ses doigts. Des crevasses s'étaient formées, accueillant la corde comme la vieille amie qu'elle était. Des cales étaient apparues sur ses doigts, après des dizaines de frottement, bloquant l'arc dans une position parfaite. Le bois s'était creusé, offrant une prise optimale pour sa main. Et tout cela était bouleversé par la fine couche de tissu qui venait s'ajouter à l'équation.
Elle avait un moment pensé à retirer ses gants, mais elle n'avait pas voulu prendre le risque. Selon Mrs. Pince, ses visions se déclenchaient au contact d'objets spirituellement chargés. Elle n'avait pas directement compris ce que cela signifiait, mais après explication, elle pouvait définir ça comme cela : un objet qui possède une histoire ou un lien fort avec un être magique, qu'il soit passé ou à venir(1). Et son arc, son cher arc avec qui elle avait passé tant de journée à fuir sa mère et ses précepteurs, rentrait tout à fait dans cette catégorie d'objet.
Abandonnant, la jeune fille récupéra ses flèches, les rangea et prit la direction de la cuisine. Il n'était pas encore midi, mais elle n'avait plus le courage de retenter de tirer. Se baladant, elle prit son temps pour arriver à destination. Elle s'ennuyait peut-être, mais pas au point de se précipiter vers l'épluchage de légume.
Quand elle arriva dans la cuisine, toute les personnes présentes étaient en effervescence. Les cuisinières courraient partout, portant plats et aliments d'un coin à un autre. Les filles de cuisine s'occupaient de tout préparer, oignons, carottes, épices, etc. Le cuisinier, lui, passait de plat en plat, goutant ce qui était en cuisson, rectifiant les gestes malhabiles et grognant des ordres à ceux qui passaient à portée d'oreille.
Dans le seul coin tranquille de la pièce où personne n'osait réellement s'aventurer se tenait Elinor Dunbroch ainsi que Raiponce Tower. Les deux sorcières étaient présentement occupées à peler des pommes de terre. Si la plus jeune s'en sortait plutôt correctement, la Lady semblait être en difficulté. Au point que, discrètement, la blonde arrangeait le coup en récupérant les pommes de terre de la brune et en enlevant tout ce qui avait été oublié.
Mérida soupira une nouvelle fois devant ce spectacle. Sa mère n'avait décidemment aucun don pour la cuisine. Et pourtant, elle s'entêtait à venir chaque année. La jeune fille était sûre qu'en temps normal, les cuisinières auraient déjà expédié les pommes de terre depuis un moment.
Sans rien dire, elle avait encore eu des mots avec sa mère le matin même au sujet des fiançailles, le marronnier(2) des vacances de Noël, elle prit un tabouret, attrapa un éplucheur et se mis elle aussi à peler des patates. Des kilos de pomme de terre. Encore plus que d'habitude. Il faut dire que les triplets grandissaient, approchant maintenant des huit ans, et qu'ils avaient apparemment hérité de l'appétit de leur père, à l'instar de Mérida. Donc, plus de patates.
Au final, l'après-midi passa relativement vite, les trois femmes enchaînant les petits travaux. A rousse remarqua toutefois qu'on ne les laissait toujours pas s'approcher d'un couteau ou d'un fourneau. Vive la confiance.
Aux alentours de seize heures, elles furent proprement mises dehors, avec ordre d'aller s'habiller, même si en vérité c'était plutôt pour permettre au personnel de récupérer les bêtises éventuelles des trois cuisinières en herbe.
Moins d'un quart d'heure plus tard, Mérida était prête, mais elle dû attendre une bonne heure supplémentaire que son amie soit elle aussi habillée et coiffée. Etendue sur le matelas, elle se demanda ce qu'il pouvait bien y avoir d'intéressant à tripatouiller vêtements et cheveux aussi longtemps. Et le pire, c'était que de nombreuses filles trouvaient ça chouette. A n'y rien comprendre.
Quand la Serdaigle fut enfin prête, les filles prirent la direction de la salle à manger, où le reste de la famille les attendait.
Le repas fut classique. Orgie de nourriture, blagues bruyantes de son père, bêtises des jumeaux. La suite ne divergea pas non plus de l'habitude, les deux adultes offrant une représentation magistrale de la légende d'Arthur Dunbroch, comme chaque année.
Non, la surprise vint d'ailleurs. Elle vint… Des cadeaux. Ou plutôt d'un cadeau en particulier.
Avec une joie toute enfantine, dès que minuit sonna, Mérida entreprit d'ouvrir les paquets colorés portant son nom. En moins de dix minutes, elle avait déjà déballé celui d'Harold, une liasse de bons pour des balades en forêt, de Raiponce, une belle écharpe pour remplacer celle qu'elle avait perdue et celui de Jack, une fiole de potion non-étiquetée qu'elle ne se risquerait pas à boire avant de s'avoir ce que c'était exactement. Avec le Serpentard, on ne savait jamais. Elle n'avait pas envie de se retrouver avec des cornes.
Ecartant les paquets venant de la « famille éloignée », elle saisit le dernier qui l'intéressait réellement : celui de ses parents. Cette année, il s'agissait d'une boite relativement fine et légère, emballée dans du beau papier doré.
Avec délicatesse, elle déchira l'emballage, révéla une boite en bois laqué. Soulevant le couvercle, elle se retrouva face à… deux plumes. Deux longues plumes aux couleurs de flamme qui auraient pu appartenir à un cygne. Des plumes qui lui disaient vaguement quelque chose.
« -Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle, curieuse de recevoir un tel cadeau.
- Ce sont des plumes de Phénix.
- De Phénix ? »
Voilà pourquoi elles lui disaient quelque chose : ils s'étaient servi des même pour la potion.
« - C'est une tradition dans notre famille d'offrir deux plumes de Phénix pour Noël à un enfant qui atteindra seize ans dans l'année, expliqua Fergus. C'est parce qu'il s'agit de l'ingrédient le plus compliqué à obtenir pour la potion de chamanisme.
- De chamanisme ? Tu veux dire…
- Oui ! Tu vas pouvoir commencer la première étape de la transformation en animagus dès le mois de juillet ! »
Lançant un regard légèrement paniqué à Raiponce, qui ne semblait pas plus zen qu'elle, Mérida détermina une chose au travers du brouillard qui avait envahi son esprit : elle était mais vraiment de la mouise.
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Elle devait bien l'avouer, cette histoire d'animagus à seize ans lui était complètement sortie de la tête. Maintenant, elle allait devoir expliquer à ses parents qu'elle avait déjà tenté l'expérience, dans une pièce reculée du château, avec trois amis, sans adulte et en suivant les instructions hasardeuses d'un livre écrit des années plus tôt par trois ados. Et cela assez vite. Et elle allait aussi devoir leur parler de ses visions, surtout quand elle continuerait à se balader avec des gants par vingt degrés.
Définitivement, les vacances d'été allaient être TRES divertissantes.
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Installé dans la salle de Krokmou, Harold reprenait son souffle. Le jeune homme rentrait tout juste de balade et, même si il n'en était plus à son premier essai, cela restait toujours aussi incroyable.
Il avait en effet mis à profit les vacances de Noël qu'il passait à Poudlard pour mettre au point le système qui permettrait à son dragon de voler et de se défouler. Grâce au livre « emprunté » à l'espace B, il avait pu mettre en place un mur qui devenait intangible à l'aide d'un mot de passe(3). Règler le problème de la puissance nécessaire à un tel sort avait été difficile, mais il avait finalement réussi à le relier au système général des passages secrets et murs ensorcelés de Poudlard.
Le second problème qui s'était présenté était le fait qu'il ne pouvait décemment pas laisser Krokmou voler en toute liberté. L'animal, très amitieux, était bien capable d'aller faire une léchouille au Professeur McGonagall si l'occasion se présentait. Il avait donc dû trouver une solution. Et de toutse, il avait choisi la plus risquée. Il s'était construit une selle.
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Assis sur la selle qu'il avait fabriqué à partir du cuir d'objets récupérés par les elfes de maison, Harold avait l'impression que dix milles volts le parcouraient de la tête aux pieds. Il s'apprêtait à faire ce qui passait pour être la plus grosse idiotie de sa vie. Il allait se jeter dans le vide sur le dos d'un lézard géant cracheur de feu qui n'avait jamais volé.
Il prononça le mot de passe, jeta un caillou pour vérifier que le mur était bien intangible, puis se pencha vers l'oreille de Krokmou.
« - On y va mon grand. »
Aidé par les images qu'Harold lui envoyait directement dans la tête, l'animal ne mit pas une seconde à comprendre que ce qu'il espérait tant depuis quelques semaines était enfin arrivé. Sans perdre un instant, il se précipita vers le mur, passa au travers et tomba dans le vide.
Plaqué contre le corps du dragon pour opposer le moins de résistance possible à l'air, Harold vit le sol se rapprocher dangereusement de seconde en seconde. La salle était peut-être haute, mais il ne faudrait pas une minute pour qu'ils s'écrasent au sol. Il était absolument nécessaire que Krok' déploie ses ailes, sinon ça allait faire mal. Et toutes les amulettes caméléon du monde ne les cacheraient pas s'ils venaient à rencontrer le sol.
Finalement, le Furie déploya ses immenses ailes qui, telles un parachute, ralentirent la chute. Un infime instant avant l'arrêt total, il donna un grand coup, remontant de plusieurs mètres.
Sur son dos, Harold tenait fermement les rênes. C'était incroyablement grisant. Il n'aimait pas voler sur un balai, mais là c'était comme écouter un virtuose jouer juste après avoir tenté la flûte à bec : incomparable. Comme c'était dit dans les livres de Scamander, Krokmou semblait avoir le vol dans le sang. Aucun geste superflu ou maladroit. Aucune hésitation. Juste la quintessence de l'animal aérien. Et dire que le Gallois avait eu peur de devoir se forcer pour faire plaisir à l'animal. Là, il allait plutôt devoir se réfréner.
Sans forcer, le Gallois tira sur les rênes, éloignant son dragon du Château. Mieux valait voler au-dessus de la Forêt Interdite, juste au cas où les runes de l'amulette se briseraient.
Entièrement concentré sur la manœuvre, le jeune homme ne sentit pas un seul instant son pied glisser de l'étrier. Chose qui n'aurait pas eu grande importance… Si Krokmou ne s'était pas mis en tête de s'amuser un peu en faisant un looping.
Cela permis, en passant, à Harold de connaître une palette d'émotions assez intenses sur un court lapse de temps. D'abord surpris, il s'aplatit une nouvelle fois contre la selle, curieux de voir ce que le dragon préparait. Une curiosité qui se transforma en peur quand son pied se décrocha, puis en véritable terreur quand il se retrouva pendu sous le reptile par la bride.
La situation devint réellement critique, si « se balancer sous un dragon uniquement retenu à une bride » ne l'était pas suffisamment, quand Krokmou commença à s'approcher des arbres, alors qu'il était en panique.
Tentant de garder le maximum de self-control possible, Harold essaya tant bien que mal de remonter en selle, tout en calmant le dragon par la pensée. Mais il fallait bien l'avouer, aucune de ces opération ne rencontrait réellement de succès. Rester calme avec un cœur qui semble faire du djembé, c'est pas simple. Calmer une bête de 200 kilos qui panique non plus.
Le plus gros problème d'Harold, outre le fait de se balancer à plusieurs mètres du sol, c'était son manque de muscle. Si son stage en Roumanie l'avait un peu fortifié, il remontait quand même à plusieurs mois et le jeune homme ne s'était absolument pas entrainé pendant se lapse de temps. Autant dire qu'il n'avait aucune chance de se remonter à la seule force musculaire.
En gros, il ne lui restait plus qu'à tenter le diable et à prier pour que ce dernier soit occupé ailleurs. Profitant d'un moment de vol un poil plus stable, le jeune homme tenta tant bien que mal de se balancer d'avant en arrière. S'il arrivait à se balancer assez fort, il pourrait atteindre la poignée fixée sur le côté de la selle et là, il pourrait remonter.
Avec une chance que l'on pouvait aisément qualifier de monstrueuse, l'adolescent parvint à rattraper cette fameuse poignée. Dans un état entre la crise d'asthme et la crise de panique, le Gallois repris tant bien que mal sa respiration, tout en notant mentalement de rajouter une ceinture sur cette selle. Et même plusieurs.
Une fois remis, Harold entreprit de profiter du vol. A un tel point qu'il ne vit pas le temps passer. Et pourtant, au loin, le soleil entamait déjà sa descente. Ce qui signifiait qu'il était plus que temps de rentrer. De un, parce qu'il était dangereux de voler la nuit, surtout pour cette première sortie relativement chaotique. De deux, parce qu'on était actuellement le 31 décembre et que tous les élèves restant à Poudlard pour les vacances étaient conviés à un dîner.
Faisant décrire un arc de cercle à Krokmou, il reprit donc la direction la direction du Château et moins d'une demi-heure plus tard, les deux partenaires étaient de nouveau à l'abri derrière les murs solides de leur repaire.
Repartant vers son dortoir, encore un peu étourdi de sa virée aérienne, Harold déambula un peu dans les couloirs, sans chercher à prendre le chemin le plus court. A vrai dire, il n'avait pas vraiment envie de se rendre au dîner de la nouvelle année. La nourriture était excellente et le dîner bien plus reposant que ceux de Beurk. C'était d'ailleurs à cause de ces dîners qu'il avait préféré rester à Poudlard. Car maintenant qu'il avait seize ans, il aurait dû les endurer jusqu'à la fin, à savoir jusqu'à trois ou quatre heure du matin, selon l'heure à laquelle Stoick s'approchait trop du coma éthylique, ce qui ne l'enchantait que moyennement.
Cela dit, l'ambiance des repas de Poudlard n'était pas non plus au beau fixe. Entre les deux trois Serpentard qui restaient dans leur coin et les Serdaigles qui daignaient à peine sortir de leur tour, c'était déjà pas brillant. Mais en plus il n'y avait qu'un seul autre Poufsouffle, un certain « Smith », un gars totalement désagréable, et le côté Gryffondor était morose suite à une histoire balais qui divisait le sacro-saint Trio d'Or. Autant dire que pour la joie et la bonne humeur, on avait vu mieux. Heureusement que Dumbledore était là pour raconter ses histoires à dormir debout, histoire d'égayer tout ça.
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Toujours assis contre son mur, le souffle moins erratique, Harold repensa aux réactions du Directeur ce soir-là. Le vieil homme, qui s'était assis juste à sa droite, avait passé la soirée à lui parler d'équitation et de Quidditch entre deux portions de dinde. Et de la part de ce vieux fou, cela ne pouvait vouloir dire qu'une chose : il était au courant pour le premier envol de Krokmou.
D'un autre côté, il ne l'avait pas réprimandé. Cela voulait-il dire qu'il était d'accord ? Ou attendait-il qu'Harold se casse la pipe pour lui dire : « Fallait faire attention ! » ? Ce n'était pas vraiment le genre du vieillard, mais savait-on jamais.
Soupirant, le Gallois se dit que finalement, il préférait encore le Chat au Directeur.
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La gare de King Cross, plus précisément le quai 9 3/4, était noire de monde. Partout, des au revoir, des embrassades et même parfois des pleurs. C'était en voyant ces mères en larmes que Raiponce était définitivement contente d'avoir passé ses vacances chez Mérida : sa propre mère lui faisait une scène à chaque rentrée. Une vraie pleureuse sicilienne.
Installée dans le Poudlard Express, la jeune fille scrutait la foule. Mérida, actuellement partie aux toilettes, était arrivée en même temps qu'elle et Harold étant déjà à Poudlard, seul Jack, peut-être accompagné de Marius, devait les rejoindre. Et c'était sa tignasse blanche qu'elle cherchait parmi les passants.
Machinalement, elle commença à fabriquer son « instrument de fortune », un pseudo-harmonica composé du trois languettes de bois. « Fa – mi – si » et ses cheveux s'illumineraient. « La – Sol – ré » et son pouvoir s'en retournerai dormir. Quelques notes, c'était tout ce qu'il fallait.
Mais ces quelques notes pouvaient changer pas mal de choses.
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Les vacances de Noël touchaient doucement à leur fin, au manoir Dunbroch. En vérité, il faudrait reprendre le chemin de Poudlard dès demain. Mais comme sa valise était déjà faite et que Mérida courrait partout pour rassembler ses propres affaires, Raiponce avait du temps libre. Et quitte à ne rien faire, autant le rentabiliser.
« - Voilà. Do – Si – La », égraina Elinor. Tu es vraiment douée pour le piano. Dommage que tu ne puisses pas t'entrainer à Poudlard, tu pourrais faire de grands progrès.
- J'ai cherché, mais je n'ai pas encore trouvé de salle de musique dans le Château. Elle doit bien exister quelque part, mais elle est bien cachée. »
Assise devant le piano d'Elinor, la jeune fille faisait courir ses doigts sur les touches blanches et noires. Le morceau du jour était une musique qu'elle ne connaissait absolument pas, totalement différente de « L'antre du Roi de la Montagne » qu'elle avait appris toute la semaine. Celle-ci était beaucoup plus douce et mélancolique, même si quelques morceaux étaient plus énergiques.
« - Qu'est-ce que c'est comme morceau ?
- Cela s'appelle « Le Château de Hurle ». C'est un célèbre roman sorcier, au départ, et ce morceau a été composé à partir du livre.
- Qu'est-ce que ça raconte ?
- C'est assez compliqué. Mais pour te brosser un portrait rapide, cela narre l'histoire d'un jeune homme qui a perdu sa capacité à aimer pour sauver un démon et d'une jeune fille devenue grand-mère suite à un maléfice. »
Voilà qui expliquait la mélancolie du morceau. Un homme ayant perdu sa capacité à aimer. Il y avait quelques créatures qui ne pouvaient pas aimer dans le monde magique. Les détraqueurs en étaient le parfait exemple. Si c'était cela, alors peut-être étaient-ils des sorciers ayant perdu tout sentiment ?
Le bruit d'une chaise que l'on déplace la tira de ses pensées.
« - Je vois que tu te déconcentres. Je pense que l'on a assez travaillé pour aujourd'hui. Et j'ai quelques petites choses à faire avant notre départ de demain.
- Puis-je rester dans la salle de musique ? J'aimerai m'entrainer encore un peu.
- Je n'y vois aucun inconvénient, du moment que tu fermes bien le piano.
- Merci beaucoup. »
Elinor lui sourit doucement, avant de s'en aller. Dès qu'elle fut certaine que la Lady était assez loin, la blonde attrapa son sac pour en sortir un cahier de note et le livre qu'elle avait pris dans l'espace B.
Elle avait profité de ses vacances pour le lire et elle avait pu déduire plusieurs choses :
Premièrement, son don était définitivement de nature solaire. Que ce soit de par son chant d'activation ou par ses effets, à savoir guérir et repousser les détraqueurs, il entrait bel et bien dans cette catégorie.
Deuxièmement, il était maîtrisable. Totalement maîtrisable. Provoquer son éveil en chantant n'était qu'une minuscule partie de ce qu'elle avait le potentiel de faire.
Le maîtriser, c'était ce qu'elle allait tenter de faire aujourd'hui. Après une petite semaine de recherche, elle avait pu mettre au point plusieurs hypothèses menant à la maîtrise. La première se reposait sur la variation du chant. Devoir chanter pour éveiller son don pouvait se révéler contraignant. Mais d'après le livre, ce n'était pas tant les paroles que les harmoniques qui était importantes. (4) La question étaient maintenant de savoir si cela concernait juste les notes ou si sa voix entrait en compte.
Ouvrant le cahier à la page où elle avait transcrite sa chanson en partition, elle le déposa sur le lecteur et entreprit de jouer les quatre premières notes : Fa – Si – Mi – Fa.(5)
Dès qu'elle enfonça la première touche, la jeune fille sentit son pouvoir réagir. Le Sort du Secret lâcha, déploya sa crinière dans toute la pièce. Une lueur dorée serpenta le long de mèche, au fur et à mesure qu'elle continuait de jouer.
Soudain, une porte claqua au loin, faisant sursauter l'apprentie sorcière qui fit une fausse note. Dans la seconde, comme vexé dans cette erreur, le don retourna au sommeil.
« - Intéressant, constata la jeune fille. Alors tu n'aimes pas les fausses notes ? »
Intriguée, la blonde recommença la partition, en décala à chaque fois la dernière note. D'abord de un, passant du Fa au Sol. Le don reflua un peu. Elle rejoua une nouvelle fois, mais en passa de Fa à Si. La magie reflua plus fortement.
« - Donc, plus la note est éloignée dans la gamme de celle d'origine, plus ça s'arrête vite. Et qu'est-ce qui se passe si je fais ça ? »
Elle reprit une nouvelle fois, mais au lieu de jouer la partition, elle décala chaque note d'une place. Son don remonta à la surface, mais beaucoup moins fort. Définitivement, c'était les notes et non la voix qui importait.
Mais cela marchait-il avec n'importe quel instrument ? Si oui… Sortant sa baguette, elle fit apparaître quelques languettes de bois et tira deux élastiques de son sac. Heureusement que cette dernière était indétectable grâce à l'imprécision des radars du Ministère, qui savaient déterminer le lieu où était jeté le sort mais non la personne, sauf dans le cas de certains adolescents très surveillés,
En deux temps trois mouvements, elle recréa ce qui avait été un de ses jeux préférés durant son enfance solitaire : un harmonica de fortune. La musique qui en sortirait ne serait pas terrible, mais elle suffirait à produire quelques notes.
Soufflant dans l'instrument, elle parvint à trouver les bonnes positions après quelques essais. Rejouant les notes de son chant, elle sentit avec plaisir le pouvoir monter en elle avant de redescendre aussitôt qu'elle joua une autre note que celle prévue.
Ca marchait. Ca – marchait ! Même avec un instrument aussi basique, ses cheveux réagissaient. Cela signifiait que maintenant, elle pouvait stopper son don à n'importe quel moment, ce qui était presque impossible avec la version chantée !
Maintenant, il lui suffisait de trouver les bons leviers, les bonnes notes, et plus rien ne l'arrêterait sur la route du progrès.
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Tripotant l'harmonica qu'elle venait de fabriquer, Raiponce continuait de réfléchir aux possibilités qui s'ouvraient à elle. Depuis hier, elle n'avait pas eu le temps de tester autre chose, mais il y avait tant de questions auxquelles répondre. Par exemple, ses cheveux étaient-ils sensibles à d'autres musiques ? Leur pouvoir changeait-il en fonction des variations ? Si oui, comment ?
Toute perdue dans ses hypothèses, elle ne sentit même pas le courant d'air provoqué par l'ouverture de la porte et ne se réveilla qu'au moment où on lui prit son instrument des mains.
« - Qu'est-ce que c'est ? demanda Jack, intrigué.
- Un harmonica.
- C'est pas en métal, normalement ? Et beaucoup plus gros ?
- C'est un maison. Je fais souvent ça petite. Alors, t'as passé de bonnes vacances ?
- Ça aurait pu être mieux, mais ça allait. Cérémonies de Frost, tout ça. Et toi ? Tu ne t'es pas trop ennuyée dans ce vieux château d'Ecosse ?
- On parle mal de mon vieux château, Overland ? »
Mérida, c'était elle qui venait d'interrompre la conversation, se tenait bien droite dans l'encadrement de la porte, prête à l'attaque.
« - Je n'oserai pas, tu me connais.
- Justement ! »
Bah, elle aurait le temps de penser à tout ça plus tard. En attendant, elle allait devoir sauver Marius qui était pris entre ces deux fous, et c'était pas gagné.
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Il était déçu. Il fallait le dire.
Il était passé chaque jour dans le parc depuis Noël et pas à un seul moment, il n'avait pas pu l'apercevoir. Pourtant, avec ce qu'il lui avait offert, il aurait dû filer dehors ? En tous cas, son père aurait fait ça, LUI.
Bon, maintenant, que ce petit interlude était fini, il avait d'autres plans à mettre en place. Une vengeance, cela demandait du temps et de la préparation. Et s'il avait du premier à en revendre, il n'avait jamais été très fan de la seconde. Dans le temps, c'était plutôt Lunard qui s'occupait de tout ça.
Mais Lunard n'était pas là, aujourd'hui. Plus personne n'était là, sauf lui.
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(1) Toujours cette histoire de temps non-linéaire.
(2) Je pense que c'est connu, mais dans le doute : un « marronnier », dans le monde du journalisme, c'est un sujet un peu bateau que l'on peut ressortir quand il n'y a rien de palpitant dans l'actualité ou à certaines périodes de l'année. « Objectif ventre plat pour l'été », c'est un marronnier, par exemple.
(3) Yackolack. Il était plus ou moins sûr que personne ne prononcerai ça par erreur.
(4) Alors, j'adore la musique, mais je suis incapable d'en jouer et mes quelques cours de solfège reçus à l'école remonte quand même loin (près de 7 ans). Donc je vais peut-être dire des conneries en parlant d'harmoniques et tout ça. Si ce le cas, j'espère que vous me le pardonnerez et que vous n'hésiterez pas à me corriger : ) D'ailleurs, pour ce que ça intéresse, la version « musicale » du Château de Hurle (plus connu chez nous pour son adaptation sous le nom « Le Château Ambulant », que je vous conseille 1000 fois), c'est ça : www . youtube watch?v=3XYg9T3t2SQ (je sais que c'est un cover mais je l'adore et l'écoute en boucle depuis quelques jours). Et L'antre du Roi de la Montagne, c'est ça : www . youtube watch?v=xrIYT-MrVaI
(5) Ce sont effectivement les premières notes de la « Healing Incantation » du dessin-animé. J'avoue avoir eu la flemme de traduire le reste de la partition
Et voilà. Pour plus de facilité, je remettrai les liens des musiques sur Facebook (n'hésitez pas à rejoindre la page : ) )
Perso, je suis super content de la partie de Jack, les parties de filles me conviennent aussi mais j'ai un peu plus de mal avec celle d'Harold, qui m'a d'ailleurs pas mal retardé dans mon écriture. J'arrive pas à donner à ce morceau du chapitre la forme que je vois dans mon esprit (c'est bizarre à lire, après-coup, cette phrase ^^)
On se retrouve dans deux semaines !
