Place aux soins et mise au point !
Merci à Nourann et Jade à 181184 pour leur fidélité et leurs commentaires toujours appréciés.
(Jade tu devrais aimer une certain personnage : )
Merci à Paige0703, auteure géniale de fics de hautes qualités, pour son soutien inconditionnel (et indispensable !)
Bonne lecture !
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John ouvrit péniblement les yeux. Il cligna des paupières plusieurs fois pour se reconnaître. Il se sentait perdu dans un univers blanc. Puis il comprit : une chambre d'hôpital.
Les souvenirs lui revinrent. La sensation de brulure dans la poitrine, toujours plus présente. Le manque d'air et le trou noir. Il avait dû perdre connaissance. Il inspira profondément. La douleur avait disparu. Restait juste une sorte de gêne et une vague migraine aussi. C'est alors qu'il tourna la tête et que son regard croisa celui de son partenaire.
-« Harold » murmura t-il.
Finch était assis près du lit, un peu en retrait. Il n'avait quasiment pas bougé de ce siège depuis l'avant veille quand les médecins avaient installé John dans cette chambre. Passant les deux dernières nuits dans un fauteuil à attendre un signe. Guettant la moindre expression sur le visage de son agent et priant pour qu'il se réveille. Même après que les médecins lui aient assuré que sa vie n'était plus en danger. Ils ne pouvaient assurer qu'aucune séquelle ne serait à déplorer. A cet instant, un immense soulagement déferla en lui avec ce premier regard.
Pourtant il resta rigide. Son visage garda une expression sévère, fermée. Son ressentiment envers John l'empêchant de laisser voir sa joie de le savoir à nouveau conscient. L'avant-veille l'inspecteur Fusco leur avait tout raconté. Le malaise bien sur, mais surtout ce qui s'était passé avant, l'agression de leur précédent numéro avec ces fioles dont le contenu n'avait jamais vraiment été déterminé, le mensonge exigeait par John pour « ne pas l'inquiéter ». « Un comble ! » avait t-il pensé. Les symptômes que Lionel avait relevés le lendemain et que John avait obstinément ignoré pour continuer sa mission. Une vraie folie qui l'avait conduit dans cette chambre où les médecins s'efforçaient de soigner ses poumons.
John sentait le regard de Finch peser sur lui, lourd de reproche et de colère. Il supposait qu'il devait y avoir du soulagement aussi mais ce n'était pas ce qu'il y lisait présentement et il ne pouvait pas lui donner tort de lui en vouloir. Il avait toute les raisons pour cela.
« Je crois que j'ai vraiment fait une connerie cette fois » songea t-il.
Le silence se faisait lourd entre eux.
John murmura, mal à l'aise
-« Finch….Je suis désolé Harold… »
L'informaticien se leva sans un mot et pressa la sonnette d'alerte.
Une infirmière se présenta presque aussitôt.
-« Il est réveillé Mademoiselle » annonça t-il.
-« Je vais chercher le Professeur Yablonski »
-« Merci »
Finch attrapa son manteau sur le dossier du fauteuil et se dirigea vers la porte. John paniqua en le voyant faire.
-« Vous partez Finch ? »
-« Le médecin vous expliquera tout » répondit sèchement l'informaticien.
-« Finch, restez… » Commença John, mais celui-ci l'interrompit. Il le fixa, le regard dur.
-« Maintenant que vous êtes réveillé, je n'ai plus rien à faire ici M Reese. Puisque vous ne voulez pas de mes soins je vous laisse à ceux des médecins » affirma t-il et il quitta la chambre sans se retourner.
John accusa le coup. Il ressentit une violente douleur dans la poitrine mais cette fois la maladie n'y était pour rien.
Finch fit quelques pas dans le couloir puis s'appuya contre un mur quelques instants pour se reprendre. Il aurait été incapable de dire où il avait trouvé la force d'agir comme il l'avait fait. Il savait seulement combien il en souffrait.
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Le professeur entra dans la chambre.
-« M Riley, vous êtes de retour parmi nous ! Comment vous sentez vous ? »
John lui lança un regard perdu avant de réagir.
-« Bien » murmura t-il.
-« Pas de douleur ? De difficultés respiratoires ? »
-« Non. Enfin juste une gêne quand je respire profondément »
-« Je vois. C'est tout à fait normal. Lorsque les ambulanciers vous ont amené vous n'aviez plus que 40% de vos capacités respiratoires. Vous nous avez fait peur » commenta le médecin avec un sourire amusé, cherchant à détendre l'atmosphère. « Mais rassurez vous, rien qui ne puisse être réparé, simplement vous allez devoir suivre un traitement particulier. Je vous ai prescrit plusieurs séances dans un caisson d'oxygénation. Une par jour pendant une heure, pour disons, six jours pour commencer. Ensuite nous aviserons.
-« Six jours ! » sursauta Reese « Je ne peux pas rester ici aussi longtemps docteur »
-« Je suis désolé M Riley mais vous n'avez pas le choix. Si vous ne suivez pas ce traitement vous risquez de graves complications pulmonaires. Vous en garderiez un handicap définitif »
-« A ce point ? » demanda Reese.
-« La substance que vous avez inhalé a endommagé vos alvéoles pulmonaires. Le traitement est destiné à les régénérer mais vous devez le suivre jusqu'au bout. Vous auriez même dû le commencer plus tôt mais cela… »
-« J'ai été négligent, je sais, mais je ne peux pas m'arrêter si longtemps docteur »
-« Il le faudra bien M Riley »
John se sentit acculé. Il savait que le Professeur Yablonski avait raison et qu'il devait se soumettre, mais il ne pouvait pas stopper ses activités aussi longtemps. Comment Finch pourrait-il gérer les numéros ?
A la pensée de son associé son cœur se serra au souvenir de la scène qui s'était déroulée quelques minutes plus tôt.
-« M Riley vous m'écoutez ? »
-« Excusez moi professeur, je…. réfléchissais »
-« Je comprend. Je vous expliquais que votre première séance aura lieu demain à 10H. D'ici là repos total, pas d'effort.
-« Entendu » se résigna Reese.
-« Bien. Si vous êtes raisonnable je suis certain d'obtenir d'excellents résultats »
-« Merci professeur »
-« Je vous verrais demain matin. D'ici là les infirmières sont à votre disposition si besoin »
-« Heu professeur, pour le séjour… »
-« Ne vous inquiétez pas pour cela. Votre employeur s'est occupé de tout »
« Evidemment » songea l'ex agent.
-« Je crois qu'il vous connaît bien. Il m'avait averti que vous n'apprécierez pas l'idée d'un séjour prolongé chez nous et qu'il me faudrait vous convaincre de son bien fondé »
-« Je n'aime pas les hôpitaux » plaida Reese.
-« Pour cette fois vous ne pourrez pas y échapper M Riley » affirma le médecin moqueur avant de quitter la chambre.
Rester seul, John réfléchit à la situation. Il avait eu tort de refuser les soins à l'origine. Les conséquences auraient été moins graves et il ne se serait pas retrouvé cloué ici pendant une semaine, une semaine !
C'était impossible. Les numéros n'arrêtaient jamais de leur parvenir. Il ne pouvait pas laisser tomber Finch si longtemps. Quoiqu'à cette heure il devait sans doute déjà penser qu'il l'avait trahi. A nouveau le regard de l'informaticien revint le hanter. Il ne lui avait jamais vu un regard aussi glacial, mélange de colère et de déception. Il passa une main sur son visage, comment allaient-ils surmonter cela ?
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La porte s'ouvrit et il sursauta. Mais c'était seulement une infirmière.
-« C'est l'heure de vos médicaments M Riley » annonça t-elle.
Elle posa le plateau sur le chevet et lui tendit deux gélules et un verre d'eau. John les prit docilement.
-« Mademoiselle, savez vous depuis quand je suis ici ? » demanda t-il.
-« Depuis avant-hier matin je crois ».Elle réfléchit « Vous aviez été admis à l'hôpital général la veille mais votre patron vous a fait transférer ici dans la nuit»
-« Avant-hier ? » répéta t-il stupéfait.
-« Oui c'est ça, cela fait deux jours. Le Professeur Yablonski vous a maintenu inconscient au début pour vous éviter de souffrir »
- « Je vois »
-« Et je… j'ai reçu des visites ? » hésita t-il.
-« Oui votre ami inspecteur est venu vous voir et puis il y avait votre employeur »
Reese leva les yeux vers elle.
-« Il est venu souvent ? »
-« Je ne parlerais pas de visite pour lui » répondit l'infirmière avec un sourire amusé « il s'est installé ici lorsque nous vous y avons amené et il n'a plus bougé. Je ne sais pas comment il a obtenu l'autorisation mais il est même resté la nuit »
Finch l'avait veillé tout ce temps ?
-« D'ailleurs je suis étonnée de ne pas le voir » jugea la jeune femme.
-« Il est rentré… se reposer »
-« Ca se comprend. Je ne l'ai pas vu beaucoup dormir ces deux dernières nuits »
L'infirmière redressa les oreillers puis reprit le plateau.
-« En cas de besoin utilisez la sonnette » précisa t-elle.
-« Merci » répondit machinalement l'ex agent.
Ainsi Finch n'avait pas quitté son chevet depuis son malaise. Pas un instant apparemment. Pourtant il était parti sans hésiter un peu plus tôt.
Une heure s'écoula puis une aide soignante lui apporta un plateau repas.
-« Voulez vous la télécommande du téléviseur ? » lui demanda t-elle
-« Non merci »
-« Bon je la rapproche tout de même si vous changez d'avis»
-« Je préférerais un téléphone »
-« Tiens vous n'en avez pas ? » demanda la jeune femme « Je vais arranger cela »
L'infirmière revint un quart d'heure plus tard avec un appareil
-« Voici de quoi vous reliez au monde M Riley »
-« Merci. C'est en supplément ? »
-« Non. En fait c'est votre employeur qui l'avait fait retirer pour protéger votre repos. Voilà c'est branché »
-« Merci » répondit Reese en fixant l'appareil.
-« En échange vous devriez manger un peu M Riley. » dit elle en observant le plateau intact. « Cela fait partit des éléments de la guérison vous savez »
-« Je vais faire un effort promis »
Dès que l'infirmière eut quitté la chambre, John saisit le combiné du téléphone et composa ce numéro qu'il connaissait par cœur à force de le composer si souvent. Il devait lui parler, entendre sa voix…
Il écouta s'égrener les sonneries l'une après l'autre, puis le répondeur se déclencha. Reese soupira et raccrocha sans laisser de message. « Il ne veut pas me parler évidemment » soupira t-il.
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Finch sursauta en entendant la sonnerie de son portable. Il fixa l'écran qui affichait la mention « numéro inconnu » mais il devinait sans peine l'auteur de l'appel. Il laissa défiler les sonneries jusqu'à ce que le répondeur s'enclenche. Il laissa passer quelques instants puis consulta le répondeur. Pas de message. Ce qu'ils avaient à se dire ne pouvait pas être dit sur un répondeur.
Finch se laissa aller dans son fauteuil. Bear s'approcha doucement de lui comme pour partager sa peine.
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Fusco entra dans la chambre avec précaution.
-« Hey salut ! Enfin réveillé ? »
-« Comme tu le vois Lionel » répondit John
-« Franchement tu nous a fait peur sur ce coup »
-« Ce n'est pas encore cette fois que tu sera débarrassé de moi »
-« Tant mieux. Quoi que tu en pense je préfère ça »
Reese eut un demi sourire
-« Je sais. Merci Lionel »
-« Pas de quoi » marmonna l'inspecteur « Alors que dit le médecin ? T'es en vacances pas vrai ?»
-« Il a établi un protocole pour les six prochains jours »
-« Six jours ? Sacrés vacances ! » Blagua Fusco « sérieux, je t'avais dit que c'était pas net ce gaz »
-« Je sais. J'aurais dû t'écouter, je n'ai pas mesuré les risques »
-« Heureusement qu'ils peuvent arranger ça » il jeta un regard circulaire dans la chambre « Finch n'est pas là ? »
-« Non » John hésita « pas pour l'instant »
-« J'aurai pourtant cru qu'il était enraciné ici » ironisa Lionel
-« C'est toi qui l'a prévenu ? »
-« Je n'ai pas eu le choix. Au début je n'ai pas dit grand-chose, mais quand on s'est retrouvé devant les médecins j'ai dû leur parler de la fiole, c'était obligé pour le diagnostic »
-« Je comprends Lionel. Tu as eu raison »
L'inspecteur lui lança un regard soulagé. Il gardait un souvenir impérissable de la colère froide dont Finch avait fait preuve lorsqu'il l'avait prévenu. Il avait eut droit à quelques remarques bien sentit sur l'inconscience de John et de son « complice », cela lui avait largement suffit !
-« Je préfère que tu le prenne comme ça »
-« Tu n'a rien à te reprocher »
-« En tout cas la prochaine fois tu auras intérêt à prévenir ton associé sinon tu devras trouver quelqu'un d'autre pour te couvrir » se moqua Fusco « Je préfère éviter Finch quand il est énervé, il me faisait froid dans le dos sur ce coup là !»
-« Ok, j'y penserais Lionel » répondit John sur le même ton
- « Comment vous allez faire avec Finch ? Pour vos missions ? »
-« Je ne sais pas » murmura Reese.
Lionel comprit que le sujet était sensible
-« T'inquiète, je peux l'aider pendant ton repos forcé »
-« Merci Lionel. Je te demanderais avant tout de veiller sur lui »
-« Ok. Compte sur moi »
-« Je te revaudrais ça »
-« Ouais. Remet toi d'abord et ensuite on verra pour le règlement »
Reese sourit. Il savait que c'était la façon d'agir de Lionel pour masquer ses émotions et il la respecta.
Ils parlèrent encore quelques minutes puis Fusco se leva.
-« Il faut que j'y aille. Essai de pas trop énervé les infirmières »
-« Je ferais de mon mieux » ironisa Reese.
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Fusco sortit de la chambre, soulagé de voir son ami hors de danger. Pourtant au départ ce n'était pas gagné.
*********** Flash Back ***********
Le médecin s'était avancé vers eux la mine sombre.
-« Vous êtes avec M Riley? »
-« Oui docteur » répondit Finch « comment va-t-il ? »
-« Je vais être franc, son pronostic vital est engagé. Quelque chose a gravement endommagé ses alvéoles pulmonaires. Il n'a plus que le tiers de ses capacités respiratoires et le manque d'oxygène peut engendrer des séquelles sur d'autre organes ».
Lionel se sentit pâlir, il vit que Finch accusait le coup.
-« Savez-vous ce qui a pû provoquer cela? » questionna le médecin « Il est très important de définir la cause, a-t-il absorbé ou inhalé une substance? »
-« Je l'ignore docteur » bredouilla Finch abasourdi « à ma connaissance il n'a pas été exposé »
-« Et vous n'avez rien remarqué d'anormal dans son comportement? Les symptômes pouvaient difficilement passer inaperçus »
-« Hé bien il était un peu fébrile, je croyais qu'il s'agissait d'un refroidissement »
-« Rien d'autre? »
-« Il était un peu essoufflé aussi » estima Finch « mais John est très solide »
-« Il a dû l'être vraiment pour vous cacher son état » constata le médecin.
Fusco ne disait rien, de plus en plus mal à l'aise. Il observa le médecin puis l'informaticien. « Tant pis pour la promesse, il n'est plus temps de tergiverser » constata t-il. Il allait devoir se confesser et il redoutait la réaction de Finch.
Le médecin le fixait depuis quelques instants. Il l'interpella:
-« Et vous inspecteur vous n'avez rien à me dire ? »
-« Hé bien en fait… » Commença ce dernier cherchant ses mots.
Finch se tourna aussitôt vers lui, inquiet.
-« Il y a deux jours nous étions sur une enquête et… » Fusco se racla la gorge, le regard de Finch lui semblait de plus en plus lourd, « C'était dans un labo. Le suspect s'est enfuit à un moment et il avait enfermé John dans le labo »
-« Continuez » intima le médecin.
-« Avant de sortir il a jeté des fioles vers John. Les produits se sont mélangés et il a dû respirer un peu de ce truc »
Il leva les yeux vers Finch, celui-ci le fusillait du regard, lèvres pincées, et il songea que pour cette fois il aurait aimé devenir invisible.
-« Savez-vous de quels produits il s'agissait? »
-« Non aucune idée. Mais les gars de la scientifique ont enquêté. J'ai une copie du rapport dans ma voiture »
-« Pouvez-vous aller le chercher? »
-« J'y vais » répliqua aussitôt l'inspecteur, heureux de s'échapper quelques minutes.
Le médecin se tourna vers Finch
-« Si nous déterminons la cause il nous sera possible de stopper le phénomène, enfin je l'espère »
-« Faites de votre mieux docteur » répondit Finch qu'une peur insidieuse commençait à envahir tandis qu'il réalisait la gravité de la situation.
-« Bien sur. Mais… » Hasarda le médecin
-« Mais ? » demanda aussitôt Finch.
-« Hé bien nos équipements sont assez limités ici. Mais je connais une clinique où exerce un de mes amis, un pneumologue spécialisé dans les cas les plus complexes »
-« Est-il en état d'être transféré? »
-« Pour l'instant cela me semble encore possible et je pourrais appeler le professeur Yablonski pour lui recommander M Riley. Toutefois c'est une clinique privée et les soins sont très spécialisés, le coût… »
-« Ne vous inquiétez pas pour cela docteur » l'interrompit Finch « Je veux qu'il reçoive les meilleurs soins possibles »
-« Entendu alors je vais faire le nécessaire au plus vite »
-« Je vous en remercie »
Fusco revint à ce moment là.
-« Voilà le rapport. Mais les gars de la scientifique n'ont pas réussi à déterminer la substance exacte, juste les principaux composants »
-« C'est déjà un début » répondit le médecin en saisissant le dossier.
-« Et le suspect ? » questionna Finch tandis que le médecin commençait sa lecture.
-« Il ne savait même pas ce qu'il avait balancé » répondit Fusco dépité.
L'informaticien ne quittait pas des yeux le médecin. Il voyait son expression changer au fil de sa lecture et pas en bien.
-« C'est mauvais? » questionna Fusco qui faisait le même constat.
-« Je vais immédiatement appeler le professeur » lança t-il, il se tourna vers Finch « je vous avertit lorsque tout sera prêt » affirma t-il en faisant précipitamment demi tour.
Attitude qui ne présageait rien de bon songèrent les deux hommes.
-« Qu'est ce qu'il veut faire? » questionna Fusco inquiet.
-« John va être transféré dans une clinique spécialisée. Il sera prit en charge par un pneumologue habitué à traiter les cas les plus difficiles »
-« Ok » l'inspecteur lui jeta un regard prudent. L'informaticien était trop calme. Il aurait préféré un éclat, une colère plus expressive. Son regard glacial lui faisait froid dans le dos.
-« Finch je suis désolé » tenta t-il.
-« Vous avez été complètement irresponsables John et vous » répliqua Finch d'un ton dur « Je ne suis pas surpris de la part de John mais vous ? Pourquoi ne m'avez-vous pas prévenu ? »
-« Je lui avais promis. John ne voulait pas vous inquiéter alors il m'a fait promettre de ne rien dire » plaida Lionel « je savais que c'était une mauvaise idée »
-« C'était complètement irresponsable! »
-« Mais il avait subit des examens le soir même et il m'avait dit que ce n'était rien de grave »
Finch écarquilla les yeux choqués, John avait subit des examens et il n'en avait rien sût « de mieux en mieux ! » songea t-il
-« Et vous l'avez cru ? »
-« J'avais pas de raison de ne pas le croire. Enfin je lui ai quand même transmis le rapport »
-« Dont il n'a tenu aucun compte évidemment ! » affirma Finch exaspéré de tant d'insouciance.
-« Vous étiez en pleine mission, il a dit qu'il verrait cela plus tard, c'est vrai qu'il n'avait pas l'air bien mais il voulait faire le travail avant tout »
« N'a-t-il donc pas compris qu'il est pour moi bien plus important que tout autre chose même notre mission ? » songea spontanément Finch.
-« John est inconscient de sa propre sécurité. Je sais que vous n'auriez pas pût le convaincre » admit l'informaticien « mais vous êtes son ami, vous auriez put me prévenir pour que j'intervienne, il me semble que sa vie est plus précieuse que cette stupide promesse! »
-« Ouais vous avez raison. Je suis désolé » marmonna Fusco « Ecoutez si vous avez besoin de quoi que ce soit…. »
-« Pour l'instant j'ai besoin que les médecins sauvent sa vie inspecteur, et cela aurait été plus facile s'ils avaient pût intervenir plus tôt » trancha Finch.
Lionel baissa la tête sous le regard lourd de reproche de son vis-à-vis. Il songea que si John en réchappé il allait devoir affronter la colère de Finch et pour l'aperçu qu'il en avait, il ne l'enviait pas. Et encore ce serait surement encore pire pour John que ce que lui endurait en ce moment!
Il était resté aux côtés de Finch pendant le transfert veillant discrètement sur lui.
Arrivé à la clinique, il avait dût essuyer les foudres du professeur qui l'avait traité d'inconscient, celui là aussi avait du répondant ! Mais tout de même la colère froide de Finch était bien plus impressionnante.
Il avait finit pas laisser l'informaticien, comprenant qu'il ne bougerait pas tant que John ne serait pas hors de danger, lui demandant simplement de le tenir au courant. Finch lui avait répondu machinalement l'esprit entièrement concentré vers son partenaire. Il l'avait vu s'installer dans le couloir. La nuit promettait d'être longue.
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*********** Fin du Flash Back ***********
« Je suppose que Finch finira par lui pardonner » songea t-il «Qu'es ce qu'ils feraient l'un sans l'autre? »
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La nuit qui suivit parut interminable à l'ex agent. Mille pensées tournaient dans son esprit avec toujours, dominant toute les autres, celle d'avoir blessé son partenaire et rompu le lien entre eux. Comment faire pour le renouer ? Il avait déjà eu tant de mal à obtenir sa confiance. Il avait dû l'apprivoiser lentement, en lui démontrant qu'il pouvait lui faire confiance en toute circonstance, en lui prouvant sa loyauté et en usant de mille petites attentions pour qu'il accepte sa présence à ses côtés sans y voir une intrusion, une atteinte à sa vie privée. A force de se concentrer sur cet objectif il ne s'était pas rendu compte que Finch était devenu peu à peu le centre de son univers, sa préoccupation quotidienne. Et à force de le côtoyer il avait découvert l'homme derrière la façade et d'autres liens étaient nés dans son cœur, plus puissant, plus inattendus sans doute, mais assurément plus précieux. Lorsqu'il en avait pris conscience il les avait acceptés comme les conséquences inévitables de ses découvertes. Il s'était heurté alors à un autre obstacle : la certitude que jamais Harold ne partagerait ses sentiments. Il les avait donc soigneusement dissimulés. Ce qui était loin d'être facile parfois. Ils avaient plusieurs fois été confrontés à des situations où il lui avait été bien difficile de les contenir. Et forcement, avec de pareilles idées, le rejet que Finch lui avait opposé quelques heures plus tôt lui était insupportable.
Il devait renouer leur lien et le plus tôt serait le mieux.
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L'infirmière passa lors de sa ronde vers 2H et s'aperçut qu'il ne dormait pas.
-« Ca ne va pas Monsieur ? »
-« Non, tout va bien » répondit Reese d'une vois lasse.
-« Voulez vous quelque chose pour vous aider à dormir ? Vous avez besoin de repos pour supporter votre traitement »
« C'est plutôt mon esprit qui aurait besoin d'être apaisé » songea t-il
Il avala le comprimé qu'elle lui donna. Ce n'était pas dans ses habitudes, et cela le rendrait peut être vulnérable, mais il avait vraiment besoin de se détendre ne serait ce que pour avoir les idées plus claires.
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John s'éveilla le lendemain au bruit des chariots des aides soignantes chargées de distribuer le petit déjeuner.
Il se sentit un peu reposé, prêt à affronter la journée, et, surtout, à se battre pour retrouver son partenaire.
« Il passera certainement dans la journée et nous aurons une discussion sérieuse » se promit-il.
L'aide soignante lui apporta un plateau avec son petit déjeuner qu'il se força à avaler. Puis une infirmière lui apporta ses médicaments et une autre vint le chercher pour les soins. Le Professeur Yablonski lui rendit visite à la suite et réitéra ses consignes de repos. Après cela il fut heureux de se retrouver un peu seul. Il décida d'utiliser la salle de bains et ne fut pas surpris d'y trouver ses affaires et tout ce dont il pourrait avoir besoin pendant son séjour.
Finch avait pensé à tout. La chambre particulière avec une grande salle de bains, dans cette clinique dont il connaissait la réputation. Il avait dû donner toute les consignes pour qu'il ne manque de rien « de rien sauf de lui » soupira t-il.
Il regagna son lit et décida d'attendre. Une heure s'écoula puis l'aide soignante apparut avec le plateau du déjeuner. Elle alluma le téléviseur.
-« Ca va vous distraire, vous avez l'air tout triste » plaisanta t-elle.
Mais Reese n'y prêta même pas attention. Il se força à manger. Les images d'autres déjeuners partagés à la bibliothèque surgirent dans son esprit le faisant soupirer à nouveau.
L'infirmière apporta ses médicaments, puis l'attente repris.
Il fixait la porte chaque fois qu'un bruit de pas se faisait entendre mais ce n'était jamais le sien.
L'après midi s'écoula lentement sans que rien ne vienne interrompre sa solitude.
A 17H, n'y tenant plus, il décrocha le téléphone et composa le numéro de son associé. Comme la veille les sonneries s'égrenèrent et le répondeur se déclencha.
-« Finch, c'est moi. Je voulais vous dire que je suis désolé. Je regrette mon attitude. J'ai eu tort je le reconnais. Il faut que nous en discutions. Je sais que Lionel est là pour vous aider mais je…, enfin j'aimerai être sur que vous allez bien. » Il hésita « rappelez moi » ajouta t-il avant de raccrocher. Il se laissa aller contre les oreillers. Combien de temps ce silence allait-il durer ?
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Finch achevait les recherches sur le nouveau numéro. Il avait de nouveaux éléments à transmettre à l'inspecteur Fusco. Il saisit son téléphone et avisa l'icône indiquant un nouveau message sur son répondeur.
Un quart d'heure plus tôt il avait écouté s'égrener les sonneries et avait dût se faire violence pour ne pas répondre. Il décida d'appeler l'inspecteur.
-« Bonjour Inspecteur, j'ai besoin de votre aide »
-« Vous avez un nouveau client? »
-« En effet, je vais vous transmettre les premiers éléments par mail »
-« Ok. Ce serait bien que vous me disiez à quoi m'attendre cette fois, le dernier était plus coupable que victime »
-« Je vous l'ai dit inspecteur, je n'ai jamais cette information à l'avance »
Fusco soupira
-« C'est compliqué avec vous. Vivement que superman soit remis sur pied parce que je veux bien vous donner des coups de mains pour boucler l'enquête mais la mener c'est autre chose »
-« Très bien inspecteur » ironisa Finch. « Je vous retire de la liste des candidats pour ce poste »
-« Parce que vous avez une liste? Me dites pas que vous cherchez un remplaçant pour John? Il va beaucoup mieux alors ça risque de ne pas lui plaire! »
-« Nous verrons inspecteur » répondit Finch d'un ton évasif.
-« Sérieux Finch. Je sais que vous êtes en colère contre lui mais ne soyez pas trop dur » plaida Fusco « Il voulait juste vous ménager. Il pense toujours à vous protéger en premier »
-« Je sais inspecteur mais je l'ai pas engagé pour cela »
-« Franchement je ne vous vois pas travailler avec quelque d'autre » insista Fusco.
-« Je tiendrais compte de votre avis inspecteur » répondit Finch d'un ton neutre.
Fusco soupira « ils sont aussi têtu l'un que l'autre » songea t-il
-« Bon à vous de voir » concéda t-il « Alors ces infos ? » ajouta t-il en ouvrant le fichier
La conversation dura encore quelques minutes puis Lionel raccrocha.
Finch se laissa aller dans son fauteuil, se repassant le début de leur échange.
Il ne pensait pas sérieusement à remplacer John même s'il réalisait que leur relation allait être tendue lorsqu'il sortirait de la clinique. Il avait trahit sa confiance. Et Finch savait que sans l'amour profond qu'il éprouvait pour lui il n'aurait jamais pu lui pardonner. Seulement là il serait bien forcé de le faire parce qu'il savait bien qu'il serait parfaitement incapable de vivre loin de lui. Mais il tenait d'abord à lui donner une leçon!
Il se décida à écouter le message. La voix de John résonna dans la pièce. Il pouvait sentir son inquiétude. Mais pourquoi aurait-il dû tenir compte de ses craintes quand lui n'avait fait aucun cas des siennes ? Quand il lui avait mentit obstinément sur son état de santé ? Il commanda la sauvegarde puis reprit ses recherches pour garder son esprit occupé. Près de lui Bear gémit doucement.
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L'après midi s'acheva. Reese revit l'aide soignante et son plateau repas, l'infirmière et ses médicaments, le médecin et ses consignes. Il les accueillait avec une indifférence polie. Uniquement préoccupé par l'attente de Sa visite ou de Son appel. A 20H il se résigna à l'idée qu'il ne viendrait pas et devina qu'il ne l'appellerait pas non plus
« Il m'en veut vraiment cette fois » songea t-il
