Petite contre-attaque avant l'explication finale !
Merci à Nourann et Jade à 181184 pour leur fidélité et leurs commentaires toujours appréciés.
Merci à Paige0703, auteure géniale de fics de hautes qualités, pour son soutien inconditionnel (et indispensable !)
Bonne lecture !
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La matinée du lendemain se déroula exactement comme la précédente. Le professeur Yablonski était satisfait. Reese en profita pour lui demander de réduire la durée du traitement.
-« M Riley ! Vous n'y songez pas j'espère ? Je vous autorise à sortir au jardin mais certainement pas plus loin et le traitement doit être poursuivit jusqu'au bout. Je vous ai averti des conséquence si vous l'arrêtez trop tôt »
-« Je sais professeur mais j'avais envie de tenter ma chance » ironisa l'ex agent.
-« Eh bien pour cette fois c'est raté » commenta le médecin amusé.
Reese subit à nouveau le rituel du déjeuner. L'infirmière entra avec les médicaments et un petit sac.
-« Tenez. Vous me semblez si désœuvré. Je vous ai apporté un peu de lecture »
Reese observa les livres. « Trois livres comme pour un numéro » songea t-il machinalement.
-« Merci Mademoiselle »
-«Je m'appelle Maureen » précisa la jeune femme « j'espère que cela vous distraira un peu. Vous pourriez même vous installer au jardin ? » Suggéra t-elle.
-« Je préfère rester ici au cas où »
-« Vous attendez la visite de votre ami inspecteur ? »
-« En autre » répondit John.
-« Le pauvre. Il s'est fait sévèrement sermonné par le Professeur Yablonski à votre arrivée »
-« Lionel n'était pas responsable. Au contraire, il voulait que je me soigne et je ne l'ai pas écouté »
-« Le docteur lui a fait la leçon, mais il aboie plus fort qu'il ne mord » plaisanta la jeune femme « en tous cas il est moins impressionnant que votre patron »
Reese sursauta et fixa l'infirmière.
« Il s'est mis en colère ? »
-« Justement non. Il est resté parfaitement calme mais il avait un de ces regards !, c'était impressionnant »
-« Il n'est pas très démonstratif » constata John.
-« Ca je m'en suis rendu compte ensuite »
-« Ensuite ? »
-« Lorsqu'il est resté pour vous veiller. C'était bien la première fois que je voyais un patron veiller autant sur son employé » ajouta Maureen perplexe.
-« Nous sommes amis » hésita John.
-« C'est ce que j'ai pensé, même si… » Elle stoppa sa phrase.
-« Même si ? » la relança Reese.
Elle hésita pour ne pas blesser son patient.
-« Je l'ai suggéré une ou deux fois mais il m'a reprise à chaque fois en insistant sur le fait que vous étiez juste son employé » répondit la jeune femme.
Reese sentit son cœur manquer un battement. De toute évidence Finch reconstruisait ses barrières autour de lui. Celles qu'il avait eu tant de mal à briser.
-« Il était en colère » murmura t-il.
-« Dans ce cas cela lui passera »
-« J'espère » pria Reese.
-« Allons vous sortirez bientôt c'est une question de jours. Mais je pense qu'un peu de vacances vous ferez du bien »
-« Je pourrais toujours retourner à la plage avec mon chien » constata Reese avec un pauvre sourire « Parce que lui au moins ne me rejettera jamais » songea t-il
-« Ah vous avez un chien ? »
-« Un malinois. Il s'appelle Bear et c'est un bon chien »
-« Les animaux sont un grand réconfort dans la vie » jugea la jeune femme, « mais n'espérait pas sa visite ici ! » ajouta t-il en souriant.
-« Oh il est très intelligent, s'il se faufilait vous ne le verriez même pas passer » répondit l'ex agent amusé.
Ils échangèrent encore quelques mots puis Maureen reprit son service.
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L'après midi s'étira interminablement. John essaya de lire un peu mais il ne parvenait pas à se concentrer. Il décida de rappeler à nouveau.
-« Finch, je sais que vous êtes en colère. Alors j'attendrais. Mais donnez moi au moins de vos nouvelles. Juste que je sache que vous allez bien » énonça t-il lorsque le répondeur s'enclencha. Il reposa le combiné, sans réaliser qu'il le posait mal. « J'ai tellement besoin de vous » chuchota t-il alors sans se rendre compte que le répondeur enregistrait toujours ses paroles.
Deux minutes plus tard, l'aide soignante entra dans la chambre avec son plateau. Elle remarqua la diode sur le téléphone.
-« Eh bien M Riley. Vous ne risquez pas de recevoir d'appel si vous décrochez votre téléphone » se moqua t-elle en ajustant le combiné.
Reese l'observa étonné, il avait mal raccroché ? Il s'inquiéta de ses dernières paroles. Mais il les avait prononcé trop bas pour qu'elles soient audibles se rassura t-il.
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Finch écouta le répondeur. La bande déroula les paroles de Reese, puis il entendit un bruit, suivi d'un chuchotement. Il fronça les sourcils, perplexe. La bande continua de se dérouler puis il perçut la voix de l'aide soignante : « Eh bien M Riley. Vous ne risquez pas de recevoir d'appel si vous décrochez votre téléphone »
John avait du mal raccrocher le téléphone. Mais qu'avait-il dit dans ce chuchotement juste après avoir reposé le combiné ?
Il ne lui fallu que quelque instants pour relier son portable à l'ordinateur et ouvrir le logiciel qui lui permettrait de décrypter ces paroles inaudibles. Il se figea en entendant le résultat :
« J'ai tellement besoin de vous »
OoooooooooO
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Le lendemain, après le rituel des soins, John décida de se rendre au jardin. Il avait besoin d'un peu d'air, de voir autre chose que des murs blancs.
Il se glissa dans le couloir et passa devant la salle des infirmières. Il allait continuer son chemin lorsqu'une phrase l'arrêta net :
-« Je lui ai donné les livres, je pense qu'il s'est intéressé à l'un d'eux. »
C'était la voix de Maureen. Et il songea aux livres qu'elle lui avait apportés.
-« La troisième séance a eu lieu ce matin. Tout s'est bien passé. Au vu de l'évolution je ne pense pas que le professeur. En prescrive d'autre après les six premières »
John fronça les sourcils, « troisième séance ? » Etait ce bien de lui qu'elle parlait ?
-« Oui c'est une bonne nouvelle »
- …
-« Il est calme, mais je crois qu'il s'ennuie, vous devriez peut être… »
- …
-« Heu oui, je comprends »
- …
-« Il m'a parlé de votre chien »
Reese sursauta, cette fois il était certain qu'il s'agissait de lui, la suite ne fit que le lui confirmer :
-« Non, je vous préviendrais en ce cas, bonne journée M Wren »
L'ex agent s'écarta de la porte le cœur battant, il n'avait plus aucun doute à présent. Maureen faisait un rapport de ses faits et gestes à son associé et à sa façon de s'exprimer il devina que ce n'était pas le premier. Harold ne l'avait donc pas abandonné. Il continuait à veiller sur lui en faisant en sorte qu'il ne le sache pas.
Il se sentit à la fois rassuré et contrarié. Rassuré qu'il ne l'ai pas complètement rayé de sa vie. Contrarié qu'il puisse agir ainsi, le laisser sans nouvelles.
Percevant un bruit dans la salle, il s'éloigna de la porte pour ne pas se faire surprendre. Une idée lui vint alors et un mince sourire étira ses lèvres. Cette conversation lui ouvrait de nouvelles perspectives. Puisque Finch le surveillait de loin, il avait une idée pour attirer son attention et peut être le forcer à venir lui rendre visite…
La sortie au jardin lui fit du bien. Il regagna sa chambre et se força à lire un peu pour occuper son temps.
L'aide soignante lui apporta son déjeuner, ils échangèrent quelques mots. Maureen entra avec ses médicaments une demi-heure plus tard. Elle fronça les sourcils devant le plateau intact.
-« Vous n'avez rien mangé » constata t-elle en lui donnant les comprimé qu'il avala docilement.
-« Je n'ai pas faim » répondit l'ex agent.
-« Vous avez besoin de prendre des forces M Riley »
-« Ne vous inquiétez pas Maureen, j'en ai bien assez »
-« Si vous le dites » émit l'infirmière perplexe.
Reese décida de retourner au jardin. Le temps lui semblait moins long là bas.
Il regagna sa chambre pour le dîner qu'il ignora soigneusement comme le déjeuner. Ce que Maureen remarqua immédiatement.
-« M Riley vous n'êtes pas raisonnable, il faut vous alimenter »
-« Je n'ai pas faim »
-« Vous devriez vous forcer un peu »
Elle vérifia ses constantes.
-« Tout est normal » constata t-elle. « Le Professeur Yablonski risque de ne pas être content » hasarda t'elle
-« Il n'y a aucune raison, je suis son traitement avec exactitude »
-« Oui bien sur » admit Maureen cherchant un argument « Mais après ce que vous avez subit vous avez besoin de reprendre des forces et vous alimenter vous y aidera »
- « J'ai assez de force pour suivre le traitement, pour le reste je n'ai rien d'autre à faire que me reposer » répondit Reese d'un ton amer.
-« Mais vous sortirez bientôt et vous pourrez reprendre vos activités »
John se retint de sourire. Il attendait cette remarque.
-« Peut être » répondit-il « ou peut être pas. J'ai l'impression que ma guérison n'intéresse plus beaucoup mon patron »
-« Vous faites erreur » commença la jeune femme avant de s'interrompre brusquement
-« Comment le savez-vous ? »
-« Hé bien, je le suppose » répondit-elle embarrassée, « il était tellement attentif »
-« Mais il ne l'est plus » soupira Reese.
-« Cela s'arrangera » jugea Maureen qui cherchait comment le rassurer sans se trahir. Elle fut interrompue par la porte qui s'ouvrit sur l'inspecteur Fusco.
-« Salut John ! » « Madame » ajouta t-il à l'intention de la jeune femme. L'infirmière le salua puis quitta la chambre un peu soulagée car elle ne savait plus comment continuer la conversation L'ex agent eut un sourire satisfait, certain que Finch aurait le message.
-« Salut Lionel »
-« Comment te sens-tu ? » demanda Lionel en s'asseyant près du lit
-« Bien mieux »
-« Super je préfère entendre ça »
-« Est ce que par hasard je te manquerai Lionel ? » se moqua Reese
-« Bien sur que non, je disais ça pour être poli »
L'ex agent comprit le message à demi-mots et sourit.
-« C'est mauvais à ce point ? » demanda Fusco en désignant le plateau.
-« Non, pas vraiment, je n'ai pas faim c'est tout »
Lionel continua, lui apportant quelques nouvelles. L'ex agent l'écouta.
-« Et tu me remplace ? » finit-il par demander.
-« Oh juste un peu et franchement j'ai hâte que tu reprennes ton poste. C'est pas très reposant comme job et avec le mien en plus »
John mourait d'envie de l'interroger sur son associé mais ce serait avouer qu'ils ne communiquaient plus. Il fut soulagé que Lionel lui en parle spontanément.
-« Et puis travailler avec Finch, ça va cinq minutes, mais je me demande comment tu fais pour supporter l'oreillette en permanence et sa façon de bosser »
-« Qu'es ce qui te déplaît dans sa façon de faire ? » demanda Reese avec un mince sourire, « il est efficace »
-« Ca je ne dis pas le contraire, Mais je crois qu'il est trop cérébral pour moi ce gars. Mais bon en même temps c'est pour ça que votre duo fonctionne si bien, lui la réflexion, toi l'action, le complément parfait quoi »
L'ex agent frémit en écoutant ses paroles qui reflétaient si bien ses pensées
-« Oui nous sommes complémentaire » murmura t-il
-« Je suis étonné qu'il ne soit pas là vu qu'on a bouclé l'enquête » ajouta Fusco « J'espère qu'il n'en prépare pas une nouvelle ! S'il pouvait attendre que tu sois remis sur pieds ce serait mieux »
«Il n'est quand même pas réellement occupé à lui chercher un remplaçant ?» se demanda Fusco perturbé par cette idée. Mais il ne dit rien, ce n'était certainement pas une information à transmettre à John, ce ne serait pas terrible pour son moral, « et le connaissant il ne mettrait pas trois minutes à filer d'ici pour aller le rejoindre ! »
John ne remarqua pas son trouble.
-« Le crime n'attends pas Lionel » se moqua l'ex agent.
-« C'est bien dommage » soupira Lionel « bon je vais y aller » il se leva puis se dirigea vers la porte, mais il revint sur ses pas.
-« Ah j'oubliais !, j'ai ton portable »
-« Mon portable ? »
-« Je l'avais pris quand les ambulanciers t'on emmené, au cas où. Je voulais le rendre à Finch mais sachant que je devais passer te voir il me l'a laissé »
« Et cela lui évite de venir lui-même » songea Reese dépité.
-« Allez à plus » lança Fusco avant de partir.
-« A plus tard Lionel »
Après son départ John reprit son livre et tenta de se concentrer. Il jeta un regard au téléphone. Cette fois il n'appellerait pas. A quoi bon ? Il répondrait au silence par le silence. Il redoutait juste que ses efforts pour attirer l'attention de son partenaire ne fassent que l'éloigner un peu plus de lui mais il ne pouvait pas rester sans rien faire. Il espérait que si Finch prenait de ses nouvelles secrètement ce n'était pas seulement pour s'assurer de la santé de son agent mais aussi d'un ami. A défaut de plus…
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Finch se surprit à observer son téléphone pour la cinquième fois en dix minutes. C'était l'heure à laquelle Reese avait essayé de le joindre les jours précédents. Mais cette fois l'appareil resta muet et il en ressentit une certaine déception, un vide. Que devait-il en déduire ?
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Le lendemain matin, Reese continua de suivre son plan. L'aide soignante remporta le plateau intact sous le regard soucieux de Maureen. Celle-ci conduisit l'ex agent en salle de soins puis le ramena après la séance.
-« Bon je vous laisse vous reposez. Vous n'avez besoin de rien ? »
-« Non rien merci » répondit Reese en retenant un sourire moqueur devant le regard anxieux de la jeune femme. « Le prochain rapport sera délicat » songea t-il.
Il la laissa sortir puis se glissa hors de sa chambre et s'approcha sans bruit de la salle des infirmières.
-« Bonjour M Wren »
- …
-« L'état de M Riley est stable, en nette amélioration même »
- …
-« Oui, il vous a appelé hier soir ? Je l'avais noté dans son agenda »
« Le médecin » songea Reese.
-« M Wren, je dois vous avertir » ajouta Maureen avec hésitation « Moralement je crois que M Riley ne va pas très bien »
- …
-« Plusieurs détails en fait. Il s'inquiète de votre absence »
- …
- « Je vois. Je dois vous dire aussi que … heu »
Reese sourit « la suite à du mal à être dites » jugea t-il
-« Eh bien il ne s'alimente plus depuis hier »
- …
-« Non, c'est délicat. Nous ne pouvons pas le contraindre »
- …
-« Bien entendu, je vous tiendrais au courant M Wren. Oui demain matin et avant si c'est nécessaire »
« Tiens, besoin de plus de nouvelles ? » songea Reese
Il s'éloigna silencieusement en direction du jardin, un mince sourire sur les lèvres. Rester à attendre la réaction de Finch.
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Finch raccrocha, perplexe et vaguement inquiet. Les nouvelles avaient beau être rassurantes, le fait que Reese ait cessé de s'alimenter l'intriguait. Pourquoi agissait-il ainsi ? Etait-ce sa façon de protester contre son absence ? Il n'avait pas appelé la veille. Evidemment il se doutait que son agent finirait par réagir mais il n'avait pas songé qu'il le ferait de cette façon.
Peut être devrait-il se résoudre à lui rendre visite. Au moins pour tenter de le ramener à la raison.
OoooooooooO
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Reese perçu clairement la nervosité dans le regard de Maureen lorsqu'elle lui apporta ses médicaments et constata qu'il n'avait pas touché à son déjeuner.
-« Vous n'êtes vraiment pas raisonnable M Riley. Je ne comprend pas votre attitude »
L'ex agent ne lui répondit pas et demanda :
-« J'aimerais parler au Professeur Yablonski…..Pensez-vous que je puisse le voir ?
-« Je peux lui demander de passer vous voir si vous voulez ? »
-« Son bureau est bien au second étage ? Je peux bien aller jusque là » affirma t-il.
-« D'accord. Passez vers 16H. Je sais qu'il a eu un désistement pour cet horaire »
-« J'y serais merci »
Maureen sortit contrariée et Reese eut pitié d'elle, mais il suivrait son plan jusqu'au bout.
A 16H il se rendit dans le bureau du Professeur Yablonski et en ressortit satisfait. Il avait du batailler ferme mais il avait finalement obtenu gain de cause.
Il regagna sa chambre et attendit patiemment l'heure du dîner.
Il remarqua que Maureen lui apportait ses médicaments plus tôt que d'habitude, sans doute pour surveiller son repas. Il avala docilement les comprimés puis se leva et se dirigea tranquillement vers la salle de bains.
-« Quelque chose ne va pas M Riley ? »
-« Tout va bien. Je vais me préparer »
-« Vous préparez ? »
-« J'ai trouvé un arrangement avec le Professeur Yablonski. Tant que je reviens passer la matinée ici pour les soins et que je reste tranquille il me laisse sortir l'après midi et la nuit »
-« Il vous laisse rentrer chez vous ? » demanda Maureen stupéfaite.
-« Oui. En dehors des soins je peux me débrouiller avec les médicaments. Il pense que cela me sera favorable moralement »
-« Bien, si le professeur est d'accord » jugea la jeune femme perturbée.
-« A demain Maureen » lança Reese en refermant la porte de la salle de bains, dissimulant un sourire devant l'air contrarié de la jeune femme dont il devinait assez bien la cause.
Dix minutes plus tard il quittait la clinique en taxi et se fit conduire dans un hôtel. Il avait prit soin de laisser son portable dans sa chambre, ainsi Finch ne pourrait pas l'utiliser pour le localiser.
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Finch sursauta en entendant la sonnerie de son portable, tiré de ses recherches sur le numéro qui venait de lui parvenir. Il s'efforçait de rassembler le plus d'éléments possible, l'inspecteur Fusco n'étant pas aussi souple que son agent pour s'adapter aux circonstances.
Il sentit une vague inquiétude l'envahir en voyant affiché le numéro de Maureen. Elle ne devait rappeler que le lendemain matin sauf en cas de problème…S'était-il passé quelque chose ?
-« Oui ? »
-« M Wren j'ai des informations à vous communiquer »
-« Rien de grave ? « questionna t-il anxieux.
-« Non. Rassurez-vous » Il l'entendit prendre une profonde inspiration avant d'annoncer :
-« M Riley a quitté la clinique »
« Quoi ? » s'exclama Finch.
-« Le Professeur Yablonski l'a autorisé à sortir » Maureen avait pris soin de vérifier l'information avant de la transmettre.
-« Mais le traitement n'est pas terminée « protesta l'informaticien.
-« Non mais il a convaincu le Professeur Yablonski de le laisser rentrer chez lui en dehors des soins. Il s'est engagé à revenir passer la matinée à la clinique, en échange il est libre de rentrer chez lui l'après midi et la nuit. Son état de santé ne s'y oppose pas et le Professeur Yablonski a jugé que….» elle hésita
-« Oui ? » Insista Finch
-« Il a jugé que c'était préférable pour la santé morale de M Riley. Il refusait toujours de s'alimenter ».
-« Je vois » émit Finch « Vous savez où il est allé ? »
-« Chez lui je suppose »
-« Bien merci Maureen »
-« Je vous rappelle demain matin après les soins » répondit la jeune femme.
« S'il les suit » songea Finch.
-« Merci » répondit-il simplement.
Il raccrocha, profondément perturbé. Evidemment il aurait du s'attendre à une action de ce genre. La patience n'était pas la qualité première de John et son silence n'avait pas dû l'aider. Ses paroles lui revinrent : « J'ai tellement besoin de vous » Ses mots le tourmentaient depuis qu'ils les avaient entendu cherchant leur véritable signification. Il doutait que ses motivations soient semblables aux siennes.
Il réalisa brusquement que Reese allait vouloir une explication sur son attitude et que par conséquent la bibliothèque risquait d'être sa première destination. Sauf qu'il ne se sentait pas prêt à le voir. Pas encore. Il se leva, décidé à partir, mais son regard se posa sur l'écran et la photo du nouveau numéro. Il hésita, puis reprit sa place. Il ne pouvait pas abandonner la mission.
Une heure s'écoula, interminable, puis Finch se rendit à l'évidence : Reese n'avait pas pris le chemin de la bibliothèque. Où était-il alors ?
Il lança la localisation de son portable, sachant que Fusco le lui avait rendu. Il se rendit compte que l'appareil était toujours à la clinique.
-« Evidemment il n'a pas voulu que je puisse le suivre »
Il déclencha alors les détecteurs de présence qu'il avait laissé dans le loft. Jamais il n'aurait installé une caméra au domicile de son associé désireux de respecter le peu de vie privée qu'il lui restait, et parce que John les auraient infailliblement découverts et n'aurait sans doute pas apprécié l'initiative. Il avait tout de même laissé de discrets détecteurs de présence qui pourrait au moins lui signaler si quelqu'un se trouvait sur place. La recherche ne donna rien. Le loft était vide.
-« Où est-il ? » Répéta Finch perturbé. Un malaise grandissait en lui, une sourde inquiétude, s'il partait pour de bon ? S'il décidait de tout quitter parce qu'il se sentait rejeté par lui ?
La pensée qu'il avait été un peu trop dur lui traversa l'esprit à nouveau. Maintenant que les rôles s'inversaient il se rendait compte de ce que son attitude avait pu avoir de blessant pour son partenaire. Une bonne explication aurait été nettement préférable. Sauf qu'il n'avait pas voulu la provoquer lorsque l'incident s'était produit pour préserver son partenaire, et surtout, il devait se l'avouer, parce que sous le coup de la déception qu'il ressentait alors il était certain qu'il aurait trahi ses sentiments. Cette perspective lui avait fait repousser l'explication à plus tard, lorsque Reese irait mieux et lorsqu'il se sentirait plus fort pour lui faire face. Mais il avait trop tardé et maintenant Reese était introuvable…
