Fin de l'histoire !
.
Je dédie ce chapitre à Lulu-le-magnifique
(Tellement beau qu'il me fait poster plus tôt )
.
Merci à Nourann et à Jade 181184 pour leur fidélité et leurs commentaires toujours appréciés.
.
Merci à Paige0703, auteure géniale de fics de hautes qualités, pour son soutien inconditionnel (et indispensable !)
.
Bonne lecture !
.
.
Finch dormit à peine cette nuit là. Il attendit avec nervosité l'appel de Maureen et décrocha dès la première sonnerie en voyant son nom affiché sur l'écran.
-« Oui ? »
-« Bonjour M Wren. M Riley s'est présenté à l'heure ce matin. La séance s'est bien passée. »
Finch émit un soupir de soulagement. Il avait tellement redouté qu'il ne se présente pas.
-« Bien. Est –il toujours à la clinique ? »
-« Non il est reparti après les soins. Il n'a pas voulu me donner d'adresse où le joindre »
-« Et …. Est ce qu'il vous semblait aller bien ? » Questionna prudemment l'informaticien.
-« A priori oui. Physiquement il va bien, le Professeur Yablonski vous le confirmera »
-« Et moralement ? »
-« Il avait l'air mieux. Peut être un peu éteint, mais ce n'est pas quelqu'un de très expansif non plus je crois »
-« Non en effet » confirma Finch « Pourtant il sait aussi se montrer sociable » songea t-il « enfin quand il est heureux »
-« C'est dommage qu'il n'ait pas de famille ou quelqu'un sur qui il puisse compter pour le soutenir » jugea Maureen « Oh pardon M Wren, je ne voulais pas être désagréable ! » se reprit la jeune femme en réalisant ses paroles « Vous faites beaucoup pour lui bien sur, mais je voulais dire que ce n'est pas la même chose, vous êtes son employeur alors c'est différent »
-« Ne vous inquiétez pas Maureen, je comprends ce que vous voulez dire, merci pour ces informations »
-« De rien M Wren, je vous rappelle demain après la dernière séance»
« C'est dommage qu'il n'ait pas quelqu'un sur qui il puisse compter pour le soutenir »
Se répéta Finch, sauf que cette personne existait en réalité, enfin jusqu'à ce qu'elle laisse ses sentiments obscurcirent son jugement au point de lui faire oublier l'essentiel !
-« Et maintenant ? » soupira t-il
Demain il subira sa dernière séance de soins puis son traitement sera terminé. « Que fera t-il alors ? Va-t-il quitter la clinique et disparaître à nouveau ? Ou reviendra t-il vers moi ?» songea t-il inquiet.
OoooooooooO
.
En arrivant à la clinique, le premier geste de John avait été de consulter son portable. Pas d'appel, pas de message. Il fut déçu. Il savait que Finch était têtu, autant que lui sans doute, mais il avait espéré que son attitude provoquerait une réaction de sa part et qu'il essaierait de renouer le contact.
Après les soins il quitta de nouveau l'établissement comme si de rien n'était, laissant à nouveau le portable sur place. Demain il aviserait.
A l'instant où il sortait une secrétaire l'interpella.
-« M Riley attendez ! »
-« Oui ? »
-« Oh je vous rattrape à temps » émit-elle toute essoufflée
-« Je vous écoute. Reprenez votre souffle » l'invita Reese amusé
-« Merci. Le Professeur Yablonski a un empêchement pour demain. Il doit se rendre à une réunion importante à midi. Je dois avancer toute les séances de soins. Pourriez-vous être là pour 8 H au lieu de 10 H ? »
-« Bien sur, cela ne me pose pas de problème » répondit l'ex agent.
-« Parfait merci M Riley. Je vais appeler les autre patients maintenant » et elle repartit d'un pas pressé vers son bureau.
Il profita de sa journée de repos forcée, regrettant l'absence de Bear et s'efforçant d'oublier celle de Finch.
Il ne pouvait se défendre d'un sentiment de culpabilité de ne pouvoir accomplir son travail mais jusqu'au lendemain cela lui était interdit de toute façon.
.
Comme Reese avait attendu vainement une visite de son associé, Finch attendit vainement son passage à la bibliothèque. Il réfléchit. Devait-il se rendre à la clinique le lendemain ou lui laisser un message ?
Il décida finalement qu'il se rendrait à la clinique pour 11H. Ils devaient s'expliquer de vive voix. Il était temps.
.
Reese pénétra dan la chambre à 7H30.
Comme la veille il consulta son portable et comme la veille il n'y trouva ni appel ni message.
Quelque chose se serra dans sa poitrine mais il s'efforça de ne pas y penser.
Il suivit sa séance puis rencontra le Professeur Yablonski.
-« Je vous rends votre liberté M Riley. Vous devez être satisfait ? »
-« En effet professeur »
-« A l'avenir, tenez-vous à l'écart des fioles de gaz toxiques »
-« J'y veillerai professeur » commenta l'ex agent amusé.
-« Vous informerez votre employeur que… »
Reese l'interrompit.
-« Professeur, si cela ne vous ennuie pas, pourriez vous le contacter vous-même pour lui transmettre vos consignes ? »
-« Non bien sur. Vous pensez qu'il m'écoutera davantage que vous ? C'est souvent le cas avec les patrons » ironisa le jeune médecin.
« Je pense qu'il vous écoutera tout court, ce qui n'est plus mon cas » songea douloureusement John.
.
Reese quitta la clinique et regagna la voiture qu'il avait loué. Il conduisit jusqu'à la bibliothèque et se gara un peu en retrait. Puis il attendit patiemment. Finch finirait bien par sortir, ne serait ce que pour Bear.
Il le vit quitter les lieux à 10H15 et se diriger plus bas dans la rue vers le parking. Il sentit son cœur accélérer en le voyant et dut se faire violence pour ne pas courir le rejoindre.
Il attendit quelques minutes puis se dirigea vers leur repère. Il hésita avant d'entrer dans ce lieu tellement chargé de symboles. Il entra enfin. Bear l'accueillit joyeusement et une multitude de souvenirs l'assaillit. Les moments du début lorsque leur relation se construisait difficilement, les moments de crises lorsqu'une mission se révélait plus compliquée que prévue, les instants de détente puis de partage, à mesure qu'ils se connaissaient mieux et que grandissait leur amitié et leur complicité. « Et mes sentiments pour lui » songea t-il.
Il câlina longuement le chien puis s'approcha du bureau. Il caressa le dossier du fauteuil, frôla le clavier. Il n'y avait pas de photo sur le panneau remarqua t-il. Son regard glissa sur les livres, sur le mur où s'affichaient les numéros qu'ils n'avaient pas pu sauver. Puis revint vers le bureau. Pas de gobelet dans la corbeille ce matin là.
Il soupira puis sorti les objets de sa poche et les posa près du clavier. Son portable. La clé de son loft. Il joua un instant avec le petit morceau de métal. C'était un cadeau. Il aurait pu le garder, mais comment continuer à vivre dans un endroit imprégné de SA présence ? Enfin il sortit la lettre de sa poche intérieure et la posa sous le portable.
Il fixa quelques instants ce petit morceau de papier, conscient de jouer sa vie sur une simple feuille blanche. « Quitte ou double » songea t-il.
.
Finch pénétra dans le hall de la clinique à 10H30. Il décida d'aller attendre directement dans la chambre.
Celle-ci était vide et il en déduisit que Reese devait encore être en soin.
Maureen entra à ce moment là.
-« M Wren, il me semblait vous avoir aperçu ».
-« Bonjour Maureen, comment va-t-il ? »
-« Bien. Le Professeur Yablonski l'a déclaré guérit et il a décidé l'arrêt du traitement »
-« Il a déjà vu le médecin ? » questionna Finch inquiet.
-« Oui, en fait les soins ont eu lieu plus tôt ce matin. Je l'ai constaté en prenant mon service à 10H » plaida t-elle.
-« Donc il a déjà quitté la clinique ? »
-« Je l'ai croisé comme il partait » répondit la jeune femme embarrassée.
-« Il n'a pas dit où il comptait se rendre ? »
-« Non désolée. Il avait sa valise. Vous pourriez peut être l'appeler ? »
-« C'est ce que je vais faire. Merci pour tout Maureen »
La jeune femme hocha la tête, un peu mal à l'aise, avec la sensation d'avoir failli à sa mission.
Finch regagna sa voiture, perturbé. Il devait le retrouver. A tout prix.
Il saisit son ordinateur portable et lança la recherche pour localiser son portable « En espérant que cette fois il l'a emmené » pria t-il.
Il fut soulagé en localisant l'appareil à l'adresse de la bibliothèque. John avait rejoint leur repère, tout n'était donc pas perdu.
Quelques minutes plus tard il entra dans le bâtiment, anxieux à l'idée de l'explication à venir mais déterminé. Seul Bear vint à sa rencontre.
-« Tu es seul ? » lui demanda t-il déçu.
Il aperçut alors les objets posés près du clavier. Il reconnut sans peine le téléphone et la clé du loft. Quelque chose se brisa en lui devant ce geste qui résonnait comme la fin de leur histoire. Il continua de fixer la clé sans oser y toucher comme pour ignorer la réalité.
Il finit par apercevoir le papier blanc glissé sous le téléphone. Alors il décida de s'approcher et s'empara de la lettre. Il la déplia, les mains tremblantes, redoutant son contenu.
.
« Harold
Votre silence, plus éloquent que des mots, m'a fait comprendre que ma présence vous est indésirable.
Je regrette que mon attitude vous ait blessé à ce point.
Je n'ai jamais voulu vous faire du mal.
Ce que j'éprouve pour vous me rend votre déception insupportable.
Je ne voulais pas abandonner notre travail, mais il sera difficile de poursuivre nos missions dans ces conditions.
Puisque vous avez décidé la fin de notre collaboration, je pense être libre désormais de m'exprimer et si je dois disparaître de votre vie, je ne le ferais pas sans d'abord vous avouer que je vous aime.
Peut être auriez vous pu pardonner mon attitude. Je devine que mes aveux me condamnent.
Je vous laisse Bear. Il veillera sur vous mieux que je n'aie su le faire.
John »
.
Finch se laissa tomber dans son fauteuil et resta un long moment prostré sans réaction.
Assommé en découvrant que ses sentiments étaient partagés mais que son attitude avait fini par éloigner John. Il réalisa que son rêve se brisait au moment précis où il devenait possible.
Ce fut Bear qui le tira de ses sinistres réflexions en lui donnant de grands coups de museau pour attirer son attention.
-« Il est parti Bear. Il ne reviendra pas » murmura t-il.
Le chien eut un reniflement mécontent et posa ses pattes avant sur les genoux de son second maître.
-« Que veux-tu ? Tu as faim ? » Demanda Finch faisant un effort pour réagir. Il se leva et se dirigea vers la cachette des croquettes. Mais Bear ne le suivit pas, se dirigeant vers une pièce à l'opposé, il revint avec un morceau de tissu qu'il déposa aux pieds de l'informaticien.
Finch se baissa pour le ramasser. Il reconnu la chemise que John avait abandonné lors de sa dernière séance de soins après avoir été blessé lors de l'arrestation de Danilov.
-« Il est parti Bear » répéta t-il et ses mots lui faisaient mal.
Le chien le fixa avec attention.
-« Tu veux…. » Commença Finch hésitant « tu veux que je le cherche ? »
Cette fois le chien eu un jappement comme pour approuver.
-« Je n'ai aucune idée de l'endroit où il se trouve et il n'a sans doute aucune envie que je le retrouve tu sais »
Un instant il songea à l'incongruité de la situation, il faisait la conversation à un chien qui semblait lui dicter sa conduite comme s'il comprenait la situation !
-« Mais tu n'es pas un chien comme les autres toi n'est ce pas ? »
Une petite voix dans sa tête lui répétait sans cesse que cela ne pouvait pas se terminer ainsi sans une explication. Pas maintenant que leurs sentiments se rejoignaient…
-« C'est bon je vais essayer » soupira t-il en prenant place devant son ordinateur. Il réalisa quelques manipulations, ne sachant trop par où commencer. Il essaya plusieurs pistes qui ne donnèrent rien. Bear resta assis près de lui un moment puis se leva et trotta jusqu'à son panier. Finch l'entendit gratter le panier puis le son de ses pattes sur le parquet lui indiqua qu'il était de retour près de lui. Il se tourna vers le chien.
-« Bear, je ne sais pas si… » Commença t-il. Il se rendit compte alors que le chien le fixait assis très droit, un autre tissu dans la gueule.
-« Qu'es ce cette fois ? » demanda t-il en saisissant le tissu. Il reconnut le bandana dont Reese avait équipé le chien lors de leur dernière journée de vacances. L'idée fit son chemin dans l'esprit de l'informaticien.
-« Tu as peut être raison » murmura t-il.
.
OoooooooooO
.
Assis sur un rocher Reese observait les vagues, se laissant bercer par leur mouvement apaisant, lorsqu'une boule de poils roux fondit brusquement sur lui.
-« Bear ? » s'exclama t-il surprit mais heureux de voir son chien. Il le caressa tandis que Bear lui faisait la fête
-« Que fais tu ici ? » demanda t-il. Puis il réalisa « Tu n'es pas seul n'es ce pas ? »
Il se retourna et leva les yeux vers la jetée. Son regard croisa celui de Finch qui l'observait depuis le bord.
-« C'est toi qui lui a dit où me trouver ? » chuchota t-il au chien « C'était une belle journée. J'espère que cela va durer » soupira t-il.
Il se leva et se dirigea vers les marches donnant accès à la promenade mais le temps d'y arriver Finch avait disparu. Il parcourut l'horizon du regard mais ne le vit nulle part.
-« Je n'ai pourtant pas rêvé » commenta t-il.
Bear se tenait près de lui et l'observait fixement.
-« Il a toujours été doué pour se cacher » constata l'ex agent. « Peut être voulait t-il juste que je te récupère ? Allez viens allons faire un tour»
Il fit une promenade avec Bear. Cherchant à bloquer les pensées qui envahissaient son esprit. Il savait que son partenaire le chercherait. Mais ensuite il avait espéré une autre réaction. Si Finch ne voulait même plus de Bear près de lui alors tout était bien fini entre eux.
Il retourna à l'hôtel plus déprimé que jamais. Il entra dans sa chambre, Bear sur les talons et se dirigea vers le mini bar pour prendre une bouteille d'eau. Ce fut lorsqu'il se retourna qu'il aperçu la lettre posée en évidence sur son oreiller. Il s'avança et s'en empara le cœur battant.
.
«John
Le silence n'est souvent que dissimulation. Pour des paroles que l'on ose pas prononcer, des gestes que l'on ose pas tenter ou des sentiments que l'on ose pas exprimer.
C'est une erreur de s'y complaire et l'on en mesure les conséquences lorsqu'elle vous fait perdre ce qui vous est le plus précieux, ce qui vous est indispensable, ce qui vous donne envie de continuer à vivre.
Moi non plus je ne voulais pas vous blesser.
Je n'ai jamais voulu que tout se termine.
Je vous aime.
Et aujourd'hui je voudrais que tout recommence…
Harold »
.
John sourit franchement pour la première fois depuis des jours.
-« Viens Bear, dépêche toi. Nous devons rentrer » lança t-il en se dirigeant vers la porte.
OoooooooooO
.
Finch était occupé à ranger des livres dans les rayonnages lorsqu'un bruit de pas lui parvint. Ce ne pouvait être que John. Il se raidit, le cœur battant à toute vitesse, tout à la fois heureux qu'il soit revenu et effrayé de ce qu'ils allaient se dire.
John observa la salle puis se laissa guider par Bear jusqu'à son partenaire.
Finch vit le chien en premier puis leva les yeux et son regard s'ancra dans celui de son agent. John s'avança doucement et prit son visage entre ses mains.
-« Je suis venu tout recommencer » murmura t-il « plus jamais de silences »
-« Plus jamais » répondit Finch juste avant que John ne l'embrasse passionnément lui coupant la parole.
Il sentit les mains de John glisser dans son cou, descendre le long de sa poitrine et se poser sur ses hanches pour l'attirer contre lui. Alors il glissa la sienne dans ses cheveux, accomplissant un geste dont il avait mille fois rêvé. Il le sentit frissonner sous la caresse. John s'écarta un instant et le fixa comme pour se rassurer. Finch lui sourit.
-« Plus jamais » lui répéta t-il.
John lui rendit son sourire et l'embrassa tendrement.
Le silence s'imposa à nouveau mais cette fois ils n'avaient pas besoin de mots, ils deviennent superflus lorsque deux cœurs se comprennent…
OoooooooooO
.
Devant lui la mer s'étendait jusqu'à l'horizon. Autour de lui la plage était déserte malgré le soleil encore chaud de cette journée de septembre. Bear courait vers les vagues comme s'il voulait les attraper. A quelques mètres, son compagnon examinait le dessin d'un coquillage. John ferma les yeux pour mieux s'imprégner de la plénitude de ces instants. A nouveau il sentait la caresse du soleil sur sa peau, la fraicheur de l'eau, la brise jouant dans ses cheveux. Mais désormais il n'était plus seul. Il se retourna, observant les traces jumelles de leurs pas, dessinées sur le sable humide et il sourit…
