CHAPITRE 21 : On-dits et Non-dits– JAMES
JAMES RESTA BOUCHE BÉE pendant plusieurs secondes, et la confusion qui se lisait sur son visage se mua en une expression profondément outrée dès que son cerveau eut fini d'analyser la traîtrise que sa fiancée venait d'admettre.
– Tu as fait QUOI ? tempêta-t-il, les yeux lançant des éclairs.
Remus, qui était plongé dans la lecture d'un roman épais comme une brique, et Heidi, qui tentait d'attirer l'attention de ce dernier en faisant des étirements qui mettaient particulièrement en valeur son incroyable souplesse, se tournèrent vers le couple avec étonnement.
Elinor s'efforça d'afficher plus de courage qu'elle n'en ressentait réellement.
– C'était pour ton bien, marmonna-t-elle en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille.
Son ton était froid et légèrement condescendant, mais intérieurement, elle se sentait comme une petite fille ayant avoué une grande bêtise.
James plissa les yeux.
– Tu plaisantes, j'espère ?
– Absolument pas.
– Tu oses dire que c'était pour mon bien ?
Elle haussa des épaules d'un air faussement indifférent et s'efforça de se replonger dans la rédaction de son courrier.
– Tu comprendras et me remerciera plus tard, assura-t-elle, de nouveau avec une certaine hauteur.
Le regard à présent mal-à-l'aise d'Heidi passa de James à Elinor, qui se faisaient face dans une ambiance électrique dont l'intensité était inédite entre eux, avant de se poser sur Remus, qui fixait la scène avec une colère évidente.
– On devrait les laisser seuls, murmura-t-elle nerveusement.
Remus l'ignora.
– Ne me prends pas de haut, siffla James avec fureur.
– Je ne te prends pas de haut, j'assure tes arrières, s'agaça Elinor sans le regarder.
– Tu m'as menti ! Tu m'as putain de menti !
– Et j'en suis désolée, rétorqua-t-elle sur un ton absolument pas désolé.
– Lupin, insista Heidi entre les dents.
Comme il ne réagissait pas, tout occupé qu'il était à fusillé la blonde du regard, elle le saisit par le bras et l'entraina plus loin dans le jardin. Remus la suivit sans protester – moitié parce qu'elle squattait la maison de James si souvent qu'il tolérait à présent son existence, et moitié parce qu'elle avait innocemment calé son bras entre ses seins très confortables–, non sans jeter un regard à son ami qui signifiait clairement « je t'avais prévenu. »
Le manque de remords affiché Elinor augmenta le mélange de déception et de colère que ressentait James, qui avait, pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, clairement envie de l'étrangler. Et bien qu'elle savait qu'il ne lui ferait jamais de mal, la jeune femme, dont on avait serré le cou plus de fois que de coutume, ne pouvait s'empêcher de surveiller du coin de l'œil son poing dans lequel était coincé le dernier Marry Merrily.
Elle n'osait pas le regarder dans les yeux cependant, mais n'avait pas besoin de croiser son regard pour comprendre qu'en lui mentant, elle avait dépassé une ligne à ne pas franchir. James elle ne l'avait vu aussi furieux contre elle, et pourtant elle lui en avait fait subir des choses. Entre autres, elle l'avait fait chanter, manipulé, lui avait extorqué de l'argent et s'était servie de lui de multiples manières sans que le jeune homme ne lui en veuille le moins du monde. Mais mentir effrontément était une première pour elle, et il ne semblait pas disposé à lui pardonner aussi facilement.
Il ouvrit la bouche, la referma sans rien dire, se passa les mains dans les cheveux, s'éloigna, fit demi-tour après quelques pas, se passa de nouveau les mains dans les cheveux, avant de poser les mains sur le haut du dossier du fauteuil qu'il occupait jusque-là.
– Tu n'es pas désolée, dit-il froidement.
– Non, c'est vrai, admit-elle sur un ton placide.
– Est-ce que je peux au moins savoir ce qui t'as pris ?
Elle resta obstinément silencieuse.
– Tu sais quoi ? s'irrita-t-il devant son mutisme. Tant que tu ne m'auras pas présenté d'excuses, je ne veux pas te parler.
Elle ouvrit de grands yeux, vit qu'il avait l'air très sérieux, mais ne parvint à réagir que lorsqu'il se dirigea vers la maison à grand pas. Son visage devint blême, et elle l'interpella d'une voix mal assurée.
– James, attends !
Il l'ignora. Elle se leva, et se mit à courir à sa suite aussi vite que lui permettait son gros ventre. James se retourna.
– Qu'est-ce qui te prends ? s'indigna-t-il. T'es folle ou quoi ? Tu pourrais tomber !
Elle ne répondit pas, mais lui prit la main une fois arrivée à sa hauteur. Il se dégagea sèchement. Elle se pinça les lèvres, l'air blessé.
– Vas te rasseoir, intima-t-il.
– Seulement si tu acceptes de me laisser m'expliquer, exigea-t-elle.
Il lui jeta un regard mauvais, mais l'aida à se réinstaller sur sa chaise longue avant de prendre place sur le siège d'à côté. Elinor posa une main sur son bras, et cette fois il ne la repoussa pas.
– Ne sois pas fâché, s'il te plait, demanda-t-elle d'une voix bien plus douce que tout à l'heure.
– Excuse-moi ? siffla-t-il en plissant des yeux. Je crois au contraire que j'ai toutes les raisons d'être fâché.
Elle croisa les bras, l'air défiant.
– Je l'ai fait pour ton bien.
Il eut un petit rire sans joie.
– Tu m'as menti au sujet d'Evans pour mon bien ? répéta-t-il.
– Oui ! insista-t-elle avec aplomb. Je ne voulais pas que tu voies l'interview.
– Ça je l'ai bien compris, rétorqua-t-il sur un ton acide.
Il se passa une nouvelle fois les mains dans les cheveux avant de pousser un grognement de frustration.
– Putain, Ellie ! J'ai pas envie de me demander si tu mens ou non quand tu me parles ! Je n'ai pas envie de me poser de questions quand je suis avec toi !
Elinor lâcha un profond soupir.
– Je l'ai fait pour ton bien, répéta-t-elle d'une voix tremblante. Je voulais que tu te concentres sur ce qui est vraiment important : le concours, le mariage, l'enquête, la famille qu'on construit... » Elle posa les mains sur son ventre. « … moi, et surtout sur toi-même. Je ne voulais pas que tu sois distrait par les romances de Miss Evans et les rumeurs qui courent sur elle et Nathan, et je savais que tu serais contrarié en lisant tout ce qui se dit sur eux en ce moment
– Je croyais qu'elles n'avaient aucun fondement, fit remarquer James avec froideur.
Elle haussa les épaules.
– Je ne sais pas.
– Tu ne sais pas quoi ?
– Si elles n'ont réellement aucun fondement. Je sais ce que je t'ai dit, et je le croyais aussi… mais dernièrement, il y a des preuves que les deux se voient assez régulièrement. L'article d'Hestia a été le point de départ.
Le visage de James s'assombrit. Il saisit l'exemplaire de Marry Merrily dont Hestia lui avait renvoyé une copie avec une note s'étonnant qu'il n'ait pas reçu le premier tirage qu'elle lui avait adressé (et qu'Elinor avait vraisemblablement intercepté), ce qui avait résulté en la dispute entre les deux fiancés lorsque James l'avait confronté, et s'arrêta sur la couverture qu'il n'avait pas encore lue.
En couverture de notre magazine ce mois-ci, la wedding-planner Lily Evans fait partie des filles à suivre. Interview exclusive de celle en charge du mariage de la décennie.
Et Lily était certes rayonnante sur la une du magazine. Elle semblait défier les lecteurs de ses beaux yeux verts, un sourire rieur sur les lèvres, une assurance dans sa posture que James n'avait vu que très rarement, généralement celle qu'elle adoptait quand elle lui criait dessus. Ses cheveux cascadaient ses épaules en une masse auburn épaisse et soyeuse, et le soleil estival lui avait conféré un teint légèrement halé faisant ressortir ses tâches de rousseurs. Elle était si jolie, si belle que James la fixa un long moment en silence, brusquement submergé par un mélange d'admiration, de nostalgie, et de ce sentiment poignant que lui inspirait la jeune femme et sur laquelle il refusait toujours catégoriquement de mettre une étiquette.
Et il se demanda, outre l'intervention d'Elinor, comment il avait pu passer tant de temps éloigné d'une aussi belle créature, comment il avait pu survivre une journée sans la regarder. Outre sa beauté, sa bonne humeur, son optimisme à toute épreuve et son humour taquin lui manquaient aussi. Le mois dernier, ils avaient développé une véritable entente, et seraient devenus amis s'ils n'étaient pas tant attirés l'un par l'autre. Comment avait-il pu la reléguer à un coin de son esprit, quand ils avaient manqué de s'embrasser lors de leur dernier dîner ?
La réponse n'était pas difficile bien entendu, avec Elinor, ses absences et ses silences, et Brenitte et ses théories, et Brutus et sa violence, et Marion et ses soupçons, et Jacob et ses désirs, et Al et son secret, et Dom et son passé, et Arthur et sa disparition, et Tom et ses révélations, et ces bébés à naitre à la mystérieuse paternité, et Lee et sa mort tragique, et Tina et son aide secourable, et l'avancée inespérée dans l'enquête, et les concours qui devaient avoir lieu la semaine suivante, mais semblait insuffisante devant le souvenir de ce qu'il partageait avec Lily.
Elle était parfaite. Et quand son cœur se réchauffa à la vue des photos suivantes, parsemées dans le magazine, James n'arriva pas à croire qu'il avait pu oublier à quel point.
Mary Merrily avait comme convenu consacré un dossier spécial à l'agence de Mrs Casino, comportant une interview de cette dernière, et un second entretien à l'enthousiasme débordant présentant Lily qu'il parcourut en diagonale.
Voyez-vous cette frimousse de jolie nana pétillante ? Cette petite tête au regard malicieux ? Et bien je peux vous assurer que cette tête-là, elle est bien faîte !
Futurs mariés soyez bien attentifs, cette jeune femme dynamique va être votre atout majeur pour l'organisation de votre mariage… Un carré d'As, ni plus ni moins !
Il s'agit de Lily Evans, wedding-planner de l'agence La Bonne Fée dirigée par Mrs Casino. Aussi jolie, qu'intelligente et efficace, elle avait déjà su attirer notre attention au printemps dernier en organisant en partie la réception remarquée des Brown…
– Miss Jones a plus ou moins suggéré qu'ils étaient probablement plus que des collègues, sans préciser si cela voulait dire qu'ils étaient amants ou amis, précisa Elinor. Et depuis, tout est devenu assez incontrôlable et tout le monde y va de sa théorie. Sorcière Hebdo en particulier participe énormément à la diffusion de ces rumeurs.
James ne lui répondit pas, mais saisit l'exemplaire du tabloïd traînant sur la table, et finit par tomber sur la page consacrée aux deux wedding-planner, titré : « Nathaniel Smith et Lily Evans : le jeune couple qui nous a fait fondre tout l'été plus complices que jamais. » Plusieurs photos du duo se tenant par le bras à une exposition d'art, radieux et indéniablement complices.
James plissa les lèvres, et resta silencieux plusieurs minutes à fixer les photos illustrant l'article.
Il n'était pas très content.
– Si tu veux mon avis, dit Elinor, touchée malgré elle par son air torturé, ça reste tout de même improbable. Elle t'a embrassée, et Nathaniel ne pardonne jamais. A moins qu'il ait changé depuis le temps où l'on sortait ensemble…
Elle s'interrompit. James fronça les sourcils. Il n'avait jamais cherché à savoir ce qui s'était passé entre les deux, mais au vu de la manière dont il s'en était pris à Lily, il se demanda si Smith avait fait du mal à sa fiancée. Il lui posa donc la question, oubliant un instant qu'il était furieux contre elle.
– Bien sûr que non, répliqua-t-elle en roulant des yeux. Je sais juste de quoi il est capable.
Elle hésita, avant de poursuivre :
– Il n'y a pas de fumée sans feu, mais ne crois pas tout ce que dit Sorcière Hebdo. Certaines des photos publiées sont récentes, mais la plupart datent d'il y a plusieurs mois, à l'époque où ils sortaient effectivement ensemble. Je pense que ces clichés ne ressortent que maintenant parce qu'au mois d'août, les couples phares comme toi et moi sont en vacances, et qu'ils n'avaient rien de mieux à se mettre sous la dent. Les retours de vacances ont commencé, et crois moi, lui et Miss Evans vont bientôt être relégués au dernier plan.
– T'en es certaine ? demanda James avec une lueur d'espoir.
Elle ne put s'empêcher de chercher à le rassurer.
– Ils sont sortis deux mois ensemble sans que quiconque ne s'intéresse à leur histoire, fit-elle remarquer. C'est Lina Smith, sa mère, qui est célèbre, pas lui. Et si Nathaniel reste un bon parti, ce ne sont pas ses histoires de cœur qui font couler le plus d'encre. C'est d'ailleurs pour cela que je l'ai fréquenté l'année dernière : il était assez bien pour mes parents, assez généreux avec moi, et assez plat pour que les journalistes ne s'intéressent pas à lui et que personne ne s'insurge sur le fait que je voie quelqu'un avant la prononciation définitive de mon divorce. La vraie question c'est comment ils s'approprient ces photos, si tu veux mon avis, ajouta-t-elle d'un air pensif en lui tendant un Papotin ouvert à une page spéculant également sur la relation entre les deux collègues.
La photo illustrant l'article était un cliché de Lily et Smith déjeunant à la terrasse d'un café qui semblait moldu, et James se renfrogna de nouveau.
Même s'ils n'ont toujours pas confirmé être à nouveau ensemble, il est difficile de croire qu'ils sont simplement amis quand on voit leur évidente complicité. Si les deux jeunes gens semblent vouloir rester discrets, ils ne peuvent malgré tout s'empêcher d'apparaître ensemble…
A quand l'officialisation ? se demande-t-on impatiemment. Lily Evans et Nathaniel Smith doivent se rendre à l'évidence : leur histoire est un secret de polichinelle ! Ils ont été vus ensemble plusieurs fois, dont à la London Fashion Week pas plus tard que la semaine dernière, et une source a confirmé qu'ils étaient très proches et qu'ils envisageaient d'emménager ensemble prochainement…
James interrompit sa lecture pour reporter son attention sur la photo animée où les deux jeunes gens semblaient engagés dans une grande discussion.
Il devait admettre qu'ils étaient complices. La Lily de la photo tendit une fourchette à Smith, qui ouvrit la bouche.
James plissa les yeux.
– Et cette photo ? grommela-t-il en rendant le magazine à Elinor. Récente ou recyclée ?
Elinor se pinça les lèvres.
– Je dirais recyclée, dit-elle finalement.
James soupira, ferma les yeux et se passa les mains dans les cheveux. Déjà un mois qu'il n'avait pas vu Lily. Le temps était passé vite, et il avait été idiot de penser qu'il s'était figé en dehors de Shortbourne en son absence. Il ne savait pas s'ils s'étaient effectivement remis ensemble, s'était visiblement passé beaucoup de choses si Lily et Smith passaient de nouveau du temps ensemble.
Et il n'aimait pas cela.
Il était inquiet.
Les rares fois où Lily avait accepté de lui parler de sa relation avec Smith, il en avait déduit qu'il n'y avait jamais réellement eu d'étincelles entre eux et qu'elle était sortie avec lui afin de lécher des blessures datant de sa relation précédente. Mais un petit doute avait toujours subsisté, un petit doute que le côté sadique de son esprit faisait grossir : et si elle avait eu pour Smith plus de sentiments que ne voulait l'admettre ? Ils étaient restés deux mois ensemble, pendant lesquelles James ne se souvenait pas l'avoir vue malheureuse une seule fois. Excepté bien entendu le jour où il l'avait trouvé en larmes au bal de l'Equinoxe…
Quitte-le.
Je ne peux pas.
Pourquoi ?
C'est compliqué.
Lily avait dit plus tard ce soir-là qu'elle n'aimait pas Smith, et qu'il n'était pas vraiment son type, mais James s'était toujours demandé si elle ne lui avait pas confié ça sous l'effet de la colère (et de l'alcool). Lily n'avait jamais été claire sur le fait que son couple ait été en or ou simplement doré sur la surface, mais le fait qu'il n'y ait eu aucune accroche avant cette fameuse soirée semblaient pointer vers la première proposition.
Même si James n'aimait pas se l'admettre, Lily et Smith formaient… avaient indéniablement formé un joli couple.
Tellement joli que Marlène lui avait dit et répété de ne pas s'approcher de Lily car cette dernière semblait comblée pour la première fois depuis longtemps.
Tellement joli que même Dorcas, qui lui pourtant avait avoué penser qu'il correspondrait bien mieux à son amie que Smith, lui avait également conseillé de ne pas se faire trop d'espoirs tant ils semblaient solides…
Ils étaient si mignon ensemble.
James avait pensé que Lily avait tourné la page définitivement sur Smith et s'était énamourée de lui. Il avait éjecté Smith du tableau, mais pas pour de bon. A peine avait-il eu le dos tourné que Lily s'en était retourné vers son ex. Et James comprenait à présent qu'il avait été stupide, alors qu'il la savait si irrésistible, de croire qu'il n'avait pas de réelle concurrence.
– Je suis désolée de t'avoir menti, lança Elinor, le tirant de ses pensées. C'était stupide. J'aurais dû… Désolée.
Elle paraissait sincère. James lui jeta un regard froid, rendant évident qu'il la tenait coupable du rapprochement de Smith et Lily.
– Je ne veux pas que tu me donnes une raison de ne pas pouvoir te faire confiance entièrement.
– Je ne le veux pas non plus, assura Elinor d'une petite voix pleine d'appréhension.
Il la jaugea du regard pendant une interminable minute.
– Je pensais qu'on avait passé le stade des manipulations.
Elle eut le bon goût de paraître terriblement gênée.
– Je crois que je t'ai prouvé à plusieurs reprises que j'étais capable de tout accepter venant de toi, dit-il après un silence. Parce que tu es ma partenaire numéro un. Tu vas être ma femme, et je veux te faire une confiance aveugle. Je ne veux pas avoir à surveiller mes arrières quand je suis avec toi.
– Tu ne m'écoutes jamais quand on en vient à Evans, rétorqua-t-elle d'une voix blessée.
– Je ne t'écoutes pas quand tu me demandes de me débarrasser d'elle.
– Et c'est pourtant ce que tu devrais faire, insista-t-elle. On est plus heureux sans elle. On a passé un mois sans elle, et on n'a jamais été aussi proches. Tu ne m'as jamais montré autant d'intérêt, ne t'es jamais montré aussi attentionné. C'est ce que j'essayais de protéger.
James ne put s'empêcher de se sentir coupable. S'il s'était autant intéressé à la vie d'Elinor, c'était parce qu'il enquêtait sur elle. Parce qu'elle s'était révélé d'une nouvelle manière utile pour son enquête.
– Evans n'est pas une menace pour nous deux.
Elle secoua la tête.
– Oh, si. Elle en est une. Pour nous quatre.
LE COLONEL FITZ regarda avec approbation, l'orchidée que James avait subtilisée dans le jardin de ses parents en priant pour qu'ils ne s'en rendent pas compte à leur retour prochain. Lily lui ayant à une ou deux reprises fait part de son admiration pour ces fleurs, James avait décidé de lui en offrir une et lui avait apporté la plus belle et la plus imposante d'entre elles.
Malheureusement pour lui, elle s'était de toute évidence absentée pour la soirée.
Le vieux voisin de Lily et Marlène était monté lui tenir compagnie avec une bouteille de cognac après que le jeune homme ait passé deux heures à l'attendre en vain devant sa porte close, déterminé à retourner dans le jeu dès ce soir. Tous deux maintenant fixaient la porte en buvant tout à tour de la bouteille. James n'aimait pas particulièrement le cognac, mais il s'ennuyait et venait de passer deux heures à ruminer des pensées noires, et à tenter de se convaincre que les rumeurs n'étaient que des rumeurs.
– Comment qu'ça s'appelle déjà ? demanda le vieil homme.
– Une orchidée, répondit James.
Il but une gorgée de la bouteille, avant de tendre au Colonel, qui retira sa pipe de sa bouche pour en boire à son tour.
– Ah ouais… Ce sont ses fleurs préférées pour sûr, à la petite poulette, mais vous pensez vraiment que ce sera assez pour qu'elle vous reprenne ? Z'auriez peut-être dû ajouter du chocolat, des ballons en forme de girafe, une peluche.
Le jeune homme fronça les sourcils.
– Comment ça ?
– Et bien, elle avait été très contrariée lorsque vous vous êtes séparés le mois dernier, insista le Colonel. Je l'ai croisée le soir où c'est arrivé, et ce n'était pas un beau spectacle. Je l'ai rarement vu sourire depuis, maintenant que j'y pense, ajouta-t-il sur un ton pensif
– De quoi vous parlez ? demanda James, plus confus que jamais.
– Bah ! De votre séparation d'avec la petite poulette.
– Quoi ? Mais… Lily et moi ne sortions pas ensemble, s'exclama James en le regardant comme si un sein poilu lui avait poussé au milieu du front.
Le Colonel lui donna une tape sur l'épaule et éclata d'un rire bourru.
– Brave gus. Je sais que la petite poulette et vous ne cherchez qu'à ménager mes sentiments, mais j'suis pas né de la dernière pluie. Vous formiez un beau couple, vraiment. Quel gâchis que ce soit fini, si vous voulez mon avis. Elle était tellement rayonnante lorsque vous étiez ensemble que j'ai renoncé à elle, c'est pas peu dire. C'est pile poil mon genre de nénette, et elle me rappelle la petite Martha.
– Qui ?
– Mon ex-femme. M'a quitté pour l'amiral Benson après quarante ans de vie commune et de fidélité. M'en suis jamais remis, que voulez-vous ! Certaines personnes ne tombent amoureuses qu'une fois. Heureusement que c'est pas le cas de la petite poulette, elle semble encore plus entichée de vous qu'elle ne l'était de l'autre vaurien de son ex. Celui avec la grosse tête. P'tit con.
– Lily vous a dit qu'elle était amoureuse de moi ? demanda James qui, s'il ne saisissait pas tout ce que disait le Colonel, avait très bien compris sa dernière phrase.
– Oh non, mais je la connais comme ma poche, ça fait bien quatre ans qu'on s'raconte nos vies, mon brave garçon. Ses yeux brillent quand elle parle de vous. Je sais quand elle est heureuse, elle passe son temps à chanter. Pas très bien, mais ça reste mignon. Mais bon ! C'est vrai que ça n'a pas trop été le cas ces derniers temps.
– Comment ça ?
Le Colonel continua ses commérages d'un air tranquille en tirant sur sa pipe.
– On peut pas dire qu'elle est malheureuse – c'est le genre de personne qui est toujours de bonne humeur–, mais… c'est plus le rayon de soleil qu'elle était au début de l'été. En plus elle s'est remise à fumer ! Dommage que l'autre petite pomme ne soit pas revenue de vacances, elle l'aurait débarrassée de cette mauvaise habitude à renfort de coups de pied dans le derrière comme l'année dernière.
James supposa qu'il parlait de Marlène, et sourit tendrement en pensant que cette dernière lui avait dit que Lily était bien plus forte qu'elle.
– D'ailleurs… si vous voulez mon avis, mon p'tit gus, vous êtes revenu à temps.
– Pourquoi ?
Le Colonel le regarda avec sérieux.
– Je l'ai croisée tout à l'heure, et… bah elle chantait.
Le sourire de James s'effaça.
JAMES PATIENTA ENCORE une heure avant de se résigner à rentrer chez lui. Les commérages du vieil homme avaient à la fois conforté ses doutes au sujet de Smith et rassuré sur l'authenticité de son lien avec la jeune femme. Restait à savoir lequel des deux liens étaient le plus fort, et il aurait aimé s'entretenir avec elle afin d'en avoir le cœur net.
Avant de partir, il plaça la belle orchidée qu'il avait choisi pour elle bien en évidence, et passa quelques minutes à choisir avec soin des mots pour la carte. Finalement, il opta pour un ton décontracté afin de prendre la température :
Super ton interview ! Et t'es canon sur les photos. Je ne savais pas que ta couleur préférée était le bleu. La mienne, c'est le rouge. Je pense que c'est un signe, qu'on a une connexion (haha).
Il hésita, puis ajouta :
Sinon, j'espère que tu vas bien. Tu m'as énormément manqué.
Il hésita, puis effaça la dernière phrase d'un coup de baguette.
Bises, James.
Il était assez insatisfait de la carte, dont le ton était si évidemment forcé, mais fut incapable de l'améliorer et décida de la laisser telle qu'elle.
N'ayant pas très envie de retourner auprès d'Elinor dans l'immédiat, et ne souhaitant partager ce qui le tracassait avec aucun de ses amis, il transplana à Shortbourne, dont il avait appris à aimer les paysages au cours du mois passé. Il se promena le long des berges jusqu'au coucher du soleil, et finit sa marche en arpentant le petit village, saluant au passage d'un air absent les habitants qui lui faisaient signe en le voyant.
Son attention fut détournée de ses pensées en remarquant que le rideau de fer du garage d'Arthur était levé, et que les pieds de ce dernier dépassaient d'ailleurs de sous une voiture surélevée par un clic.
James n'avait jamais su si Arthur s'était reclus chez lui ou s'il était parti en vacances, mais le jeune homme avait disparu le jour où le secret d'Elinor avait éclaté. Après une courte hésitation, il décida d'aller satisfaire sa curiosité, mais fut devancé par la jolie pharmacienne du village qui s'avança vers la maison d'un air déterminé.
Arthur roula de sous la voiture, lui jeta un sale regard, retourna sous la voiture.
Daisy plissa les yeux, contourna la voiture, et abaissa brusquement le clic, coinçant Arthur sous le véhicule.
Ce dernier se mit à hurler, mais Daisy s'en alla sans un regard. Un passant vint heureusement à sa rescousse.
En voyant Arthur s'élancer à la poursuite de la pharmacienne, armée d'une bouteille remplie d'un liquide noir, James comprit que ce n'était pas le moment d'importuner le jeune homme.
LORSQU'IL RENTRA enfin au manoir, il trouva la maison plongée dans un calme apaisant. Remus était de sortie, probablement chez Dorcas une fois de plus, et Elinor s'était probablement déjà endormie car il ne la trouva pas installée dans son fauteuil préféré comme tous les soirs.
La revue de presse qu'ils avaient parcouru quelques heures plus tôt était encore étalée sur la table basse, et James résista à la tentation de se torturer en lisant de nouveau ces articles au sujet de Smith et de Lily.
Il s'installa dans la bibliothèque, où il s'entraîna pendant plusieurs heures aux épreuves pratiques de son concours, dont la date était imminente. Il avait au préalable prévu de passer la soirée à réviser, et savait que son escapade n'avait pas été un choix judicieux et qu'il devait rattraper son retard. C'est donc longtemps après minuit qu'il monta se coucher.
Sa chambre était vide, et il craignit un instant qu'Elinor ne soit retournée vivre à Shortbourne sur un coup de tête, comme elle l'avait fait quelques mois plus tôt, mais il fut soulagé de la retrouver en train de peindre dans l'atelier sous les combles ? où elle peignait à l'aquarelle un champ de myosotis. Ses coups de pinceau étaient précis et fluides, et elle semblait très détendue bien que plongée dans une concentration extrême que l'arrivée de James vint perturber.
Elle se leva en le voyant, mais attendit patiemment qu'il prenne la parole en premier.
Ce qu'il ne fit pas.
Il était encore furieux contre elle.
Aussi, il tourna les talons sans un mot, et décida d'aller se coucher dans l'une des chambres libres.
LE LENDEMAIN, James petit-déjeuna avec Remus qui, au vu de sa tête cadavérique, n'avait pas tenu sa résolution de ne plus jamais boire. Son ami semblait avoir passé une excellente soirée chez Dorcas, et si James fut soulagé d'apprendre que Lily s'y était également rendu sans Smith, il eut un pincement au cœur en apprenant que même Peter avait été invité à l'anniversaire d'Andréa quand lui en avait été exclu.
Remus avait dit que Dorcas le boudait par rapport à Evans… Il avait beau se torturer l'esprit, il ne voyait pas ce qu'il avait bien pu faire à cette dernière pour que leur amie commune le traite en paria. James appréhendait de voir Dorcas sans avoir une idée de ce qu'elle lui reprochait, et décida que la meilleure solution était probablement de parler à Evans directement.
Il n'avait d'ailleurs reçu aucun retour du cadeau de la veille...Or, Evans était très matinale.
Peut-être qu'elle avait découché.
Ou trouvé son message un peu léger. Il était vrai qu'après un mois de silence, il pouvait peut-être se montrer plus loquace.
Hey Evans,
Il s'arrêta pour réfléchir à ce qu'il pouvait bien dire…
Je viens de me rendre compte que je t'ai pas tenu au courant de ce qui se passe, en ce moment.
Ellie a eu un malaise qui a assez inquiété sa famille pour qu'on l'oblige à rester à Shortbourne. Elle va bien, ne t'inquiète pas, même si ça la rend folle de ne plus pouvoir faire de shopping et d'être auscultée tous les jours par un Guérisseur.
Mrs Robin avait l'amabilité de venir jusque chez James afin de continuer à suivre Elinor/
Et en parlant de Guérisseur… je ne t'ai pas dit non plus que je prépare le concours de Médicomagie depuis quelques temps et avec l'aide de Tina. Elle me fait bosser comme un Elfe de Maison, et encore, j'empêche pas Betsy de dormir et je ne le chronomètre pas quand il va aux toilettes…
Et je ne lui donne pas de gros coups dans la tête quand il oublie l'une des satanée propriétés du sang de dragon, pensa-t-il.
Tina est déjà Guérisseur, du coup elle m'aide à me remettre à niveau. J'ai pas oublié grand-chose mais les épreuves sont début septembre pour cette année. Tina pense que je peux y arriver, elle ne veut pas que je perde une année de plus.
Tina lui avait promis de le tuer s'il échouait.
Bref, tu me manques. J'espère qu'on se verra bientôt. Elinor m'écrase aux échecs tous les jours et j'ai besoin que tu m'entraines.
Amitiés, James.
Le ton était encore un peu forcé, le texte superficiel, mais il espérait qu'elle ne le ressentirait pas trop.
CARLA CROISA LES BRAS, l'air défiant.
– Vous ne pouvez pas être sérieux, siffla-t-elle rageusement.
– J'ai bien peur que si, dit Elinor d'une voix tranquille.
– Je ne peux pas l'accepter.
Elinor soupira d'un ton las, avant de plonger la pointe de sa plume dans la bouteille d'encre.
– J'ai bien peur que ça n'ait aucune importance.
– Oh, je t'en prie, Ellie, soyons sérieux deux secondes ! La Bonne Fée est en faillite, ils sont nazes ! Tu ne peux pas vouloir que ton mariage soit organisé par eux ! Tu vas être la risée de tout le monde !
– Je t'ai déjà dit que ce n'était pas ma décision, répliqua la blonde d'une voix calme. J'aurais été ravie de te garder, mais c'est James qui a le dernier mot.
James et elles étaient toujours en froid, mais masquaient bien évidemment leurs différences en public. Cela ne demandait pas trop d'efforts car peu de personnes savaient leur retour.
Carla se tourna vers James, qui, plongé dans lecture d'un Papotin datant de la semaine précédente dans lequel Evans et Smith avaient été pris en photo en train d'arpenter les rues de Pré-au-Lard, ne prêtait aucune attention à leur discussion. Elle s'avança à grand pas vers lui et lui arracha le magazine des mains.
– Hé ! protesta James. J'avais pas fini de lire !
– Comment ça, tu es « très déçu » de mon travail jusque-là ? Tu n'assistais jamais à mes comptes rendus, et quand tu étais là par chance, tu passais ton temps à dormir !
– J'ai jamais dit que je suis déçu, c'est Casino qui m'a prêté des paroles que je n'ai pas prononcées ! Bien sûr que tu faisais un bon travail ! Euh… enfin, je crois.
Il jeta un regard interrogateur à sa fiancée, qui acquiesça.
– Alors pourquoi me remplacer par une boîte aussi miteuse ?! s'exclama Carla.
James la regarda froidement.
– Parce que je peux.
Il arracha l'exemplaire de Papotin des mains d'une Carla mi indignée mi désespérée, et reprit sa lecture.
– Ce n'est pas plutôt parce que tu m'en veux encore de t'avoir balancé en septième année ? dit-elle soudain.
– Non, j'avais oublié cette histoire. Mais raison de plus pour dire non. A cause de toi, j'avais été suspendu pour le dernier match de la saison.
– Tu avais jeté un maléfice à mon frère!
– Il n'avait qu'à pas me piquer ma copine.
Carla se pinça les lèvres.
– Peut-être. Mais c'était il y a des siècles.
– J'ai une excellente mémoire, malheureusement pour toi.
– Oh, je t'en prie, Potter! Agis comme un adulte! Tu sais très bien que professionnellement parlant, je suis irréprochable !
– Je suppose. Comme tu l'as si bien fait remarqué, j'ai rarement prêté attention à ton travail avant.
– Tu n'as donc aucune raison de me faire ça.
Il se gratta insolemment le nez.
– Le truc, Lukas, c'est que je n'ai besoin d'aucune raison. J'apprécie Lily, toi, je ne t'aime pas. Elle a le contrat, toi non.
Elle le fusilla du regard, puis lui ôta sèchement le Papotin des mains.
– Rend moi mon magazine, intima James sur un ton las.
Carla leva les bras pour le mettre hors d'atteinte.
– Rends-moi mon projet, exigea-t-elle.
James se leva et lui reprit le magazine.
– Nope.
Elle le lui arracha.
Il le reprit de nouveau.
Elle le récupéra avec force.
Il le reconquit sans ménagement.
Elle tira dessus, mais il ne se laissa pas faire cette fois, et tous les deux se mirent à tirer l'extrémité du magazine.
Elinor roula des yeux, sans même prendre la peine de lever les yeux de sa missive.
James tira un coup sec, et Carla tomba à la renverse.
Elinor roula de nouveau des yeux.
James regagna son fauteuil, et se remit à éplucher le Papotin.
Carla poussa un cri de frustration.
– S'il te plait ! pleurnicha-t-elle.
– J'ai pas envie.
– Potter, ma mère va littéralement m'assassiner si je ne récupère pas le contrat ! J'ai déjà reçu trois beuglantes rien que ce matin, elle m'en envoie tous les jours depuis que vous m'avez préférée Miss Evans. J'ai cru qu'elle allait faire une crise cardiaque lorsque je lui ai avoué que vous m'aviez viré du projet, elle rentre d'Inde aujourd'hui et je suis morte si je n'ai pas récupéré ton mariage.
– Tu vas me manquer, dit platement James, pourtant l'air parfaitement indifférent.
– Je ferai tout ce que tu veux ! insista la jeune femme en tombant théâtralement à genoux. Je t'en supplie.
– Désolé, mais c'est non. Et puis, j'ai généreusement dédommagé l'agence de ta mère, elle ne peut pas se plaindre.
– Ce n'est pas l'argent le problème ! s'impatienta Carla en lui arrachant de nouveau le magazine pour le forcer à la regarder. L'agence de ma mère est super cotée, c'est la honte de s'être fait retirer le mariage ! Elle en avait déjà parlé à tout le monde. Toutes ses copines sont en train de se foutre de sa gueule ! C'est trop la honte !
– C'est franchement pas mon problème, répliqua James, l'air ennuyé.
– S'il te plait, Potter !
James l'observa quelques secondes.
– Y'a peut-être un moyen, dit-il finalement.
Le visage de Carla s'éclaira. Il en profita pour lui reprendre le Papotin.
– Tout ce que tu veux.
Il bailla, puis retourna à sa lecture.
– Je veux garder Evans en wedding-planner.
– Quoi ? Mais… et moi, alors ? s'alarma-t-elle.
James lui jeta un coup d'œil froid.
– Toi, tu te démerdes. C'est pas mon problème, et je m'en fous. Celle qui m'intéresse, c'est Evans. Ce contrat représente un véritable tremplin pour sa carrière. Si vous voulez vraiment récupérer l'organisation du mariage, vous n'avez qu'à faire débaucher Evans de sa boîte miteuse, c'est la seule solution. Les deux vont de pair. C'est une condition pas négociable.
Carla réfléchit quelques secondes, en le sondant de ses perçants yeux gris.
– D'où elle sort, cette Evans ? demanda-t-elle finalement. Ils disent dans l'interview que c'est une gamine de vingt ans sans expérience.
– Evans est une amie d'enfance que je veux aider.
Elinor roula des yeux.
– Elle n'a jamais organisé de mariage avant.
– Débauche-là ou laisse moi tranquille, s'irrita James.
– Ma mère a déjà essayé de la débaucher, mais elle ne veut pas, admit-elle. Elle veut rester loyale à cette truie de Casino.
James et Elinor échangèrent un regard surpris.
– Elle m'étonnera toujours, cette femme, commenta cette dernière avec un petit sourire.
Carla se tourna de nouveau vers Elinor.
– Et toi, aboya-t-elle, ça ne te dérange pas, que ton mariage soit organisé par une amatrice ?
La jeune femme haussa les épaules, l'air indifférent.
– Elle m'a l'air plutôt douée. Elle m'a présentée des idées assez intéressantes et originales. Et elle n'a jamais dit non à aucune de mes demandes.
– Elle t'a « l'air » douée ? Moi, je suis douée, et tu le sais ! S'il te plait, Ellie, en souvenir du bon vieux temps ! On est amies, oui ou non ?
– Je t'ai déjà dit que je n'ai pas eu mon mot à dire, et James t'a exposé ses conditions. Tu sais ce qui te reste à faire.
Carla se pinça de nouveau les lèvres.
JAMES REÇUT UNE réponse brève de la part d'Evans en fin de journée.
Oh. OK, je comprends mieux. Souhaites un bon rétablissement à Miss Bell. Merci pour l'article.
La brièveté de la réponse l'étonna quelque peu. Avait-elle eu une mauvaise journée ? Elle n'avait même pas commenté le fait qu'il reprenait ses études…
Il passa le lendemain aux aurores chez elle, mais se heurta une fois de plus à une porte close. L'appartement était ensorcelé, si bien que de l'intérieur on pouvait entendre ce qui se passait sur le palier, mais pas le contraire. James n'avait donc aucun moyen de savoir si elle se trouvait chez elle.
Pensant qu'elle faisait son jogging matinal, il patienta une demi-heure sans la voir venir. Lorsqu'il ne lui resta plus que vingt minutes avant l'arrivée de Tina, il lui vint à l'esprit qu'elle était peut-être déjà au bureau, et qu'il l'attendait pour rien.
Il se rendit donc à La Bonne Fée, mais fut déçu de n'y trouver que l'une des collègues de Lily dont il ne retenait jamais le prénom.
– Je suis désolée, Mr Potter, dit-elle en essayant de ne pas paraître trop impressionnée par le jeune homme. L'emploi du temps de Lily est assez irrégulier en ce moment, même s'il est vrai qu'elle arrive souvent la première. Voulez-vous lui laisser un message ? ajouta-t-elle en le voyant surveiller sa montre.
James hésita.
– Non. Dites-lui simplement que je suis passé.
LILY NE LUI DONNA PAS signe de vie de la journée, et il n'eut pas plus de chance le lendemain, lorsqu'il retourna la voir tôt le matin. A La Bonne Fée, la même collègue que la veille l'informa que Lily avait une réunion et ne serait pas de retour avant un bon moment, si bien que James ne s'attarda pas à l'agence.
Décidément, il n'avait pas de chance...
Il tenta de convenir d'un rendez-vous.
Hey, Lily, t'es libre ce soir j'espère ? On comptait faire un grand barbecue avec Remus et les autres.
De nouveau, la réponse fut inhabituellement concise et tardive.
Désolée. Je suis super occupée en ce moment. Une prochaine fois.
OK. Bonne nuit.
James fronça les sourcils, et décida de ne pas se formaliser de ce refus. Il était tard, elle était peut-être fatiguée ou occupée…
Lorsque celui-ci se répéta tout le long de la semaine et tout aussi sèchement, il commença enfin à suspecter que Lily l'évitait pour une raison qui lui échappait.
Désolée, je suis surchargée de travail.
Désolée, je déjeune avec un client.
Désolée, j'ai une réunion.
Désolée. Peux pas.
Il tenta de l'appâter en l'impliquant dans l'organisation de l'anniversaire de Marlène, mais elle se désista avec la même obstination.
Désolée, je pourrais pas. Overbookée. Demande à Doc ou Dorcas.
Est-ce que tu m'en veux pour quelque chose ?
Pourquoi je t'en voudrais ?
J'ai l'impression que tu m'évites.
Elle mit deux jours entiers et interminables à répondre à ce dernier message, et James resta longuement partagé entre le soulagement d'avoir reçu une réponse et la déception quant à son contenu :
Ne sois pas stupide. J'ai juste beaucoup de travail.
– Toi aussi, tu as beaucoup de travail, grogna Tina. Je te rappelle que le concours est dans huit jours.
James sursauta de surprise. Il n'avait pas remarqué que la jeune femme était revenue dans la bibliothèque, où il travaillait, et elle avait eu le temps de lire la réponse de Lily par-dessus son épaule.
– Je croyais qu'on avait dit pas de distraction pendant les révisions. Sauf en cas d'urgence.
– C'est une urgence.
Tina plissa les yeux.
– Prends-moi pour un jambon, Potter. De toute manière, si tu te réfères à l'emploi du temps au lieu de simplement t'en servir comme marque page, tu verrais que tu ne peux répondre à tes courriers qu'entre... » Elle jeta un coup d'œil au planning. « ... 11h43 et 11h51.
James grommela quelque chose d'inintelligible, et Tina leva les yeux au ciel.
– Qu'est-ce qui t'arrive, depuis quelques jours ? Tu es complètement distrait, tu as du mal à te concentrer. On ne peut pas travailler efficacement si ton esprit est ailleurs.
Elle avait raison. Il fallait mettre fin à cette étrange situation. Si James avait appris quelque chose au sujet de Lily, c'était qu'il suffisait de s'excuser pour qu'elle cesse de se braquer.
Mais s'excuser de quoi, au juste ?
Tout allait bien entre eux la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Tout était parfait. Ils avaient ri et flirté, comme à leur habitude. Et il ne comprenait pas ce qui avait pu mal tourner depuis ce moment-là. Il était vrai qu'il l'avait complètement ignorée ces derniers jours, mais elle n'avait pas cherché à le contacter non plus, et Evans n'était pas du genre à reprocher ce qu'elle ne faisait pas elle-même.
Il était vrai qu'elle n'était pas du genre non plus à faire ouvertement le premier pas vers lui – elle ne le contactait que sous couvert des préparatifs du mariage. Le fait qu'Elinor supervise à présent seule avait probablement contribué à son silence, elle qui tenait à conserver des apparences professionnelles malgré leur rapprochement, mais cela n'expliquait certainement pas pourquoi elle le fuyait.
Il avait l'impression d'être retourné des mois en arrière, quand le fiasco de la soirée de Barnaby la travaillait encore et qu'elle ne supportait plus sa vue... Qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir fait cette fois?
Aussi, le lendemain, il saisit en effet la fenêtre entre 11h43 et 11h51 pour lui renvoyer un message :
Je suis désolé, Lily. Quoi que j'ai fait. Me fais pas la tête.
Elle répondit rapidement cette fois, mais le retour était tout aussi décevant :
Potter, tu m'ennuies là. Pour la dernière fois, je ne t'évite pas. Je te fais signe dès que j'ai du temps libre.
– C'est ça, oui, grommela-t-il pour lui-même, en fixant d'un œil mauvais son patronyme, qu'il détestait lorsque Lily l'utilisait pour s'adresser à lui. Prends-moi pour du jambon.
SI LILY ÉTAIT TROP OCCUPÉE pour aller à lui, il irait à elle. Aussi, James fit un détour par l'appartement de Lily avec l'idée de la surprendre avec des petites douceurs. Il pensait s'être levé assez tôt pour la surprendre chez elle, mais il eut beau frapper à la porte, personne ne lui ouvrit.
Il passa la journée à se demander si elle avait délibérément refusé de lui ouvrir la porte, où s'il devenait paranoïaque et qu'elle était déjà sortie… maintenant qu'il y pensait, elle courrait tous les matins. Peut-être qu'il était arrivé pendant qu'elle faisait son jogging…
Il tenta de nouveau de la voir le lendemain, puis le surlendemain soir, mais se heurta à chaque fois à une porte close. Il n'avait pas plus de chance à l'agence, où il n'eut jamais la chance de la trouver toutes les fois où il s'y rendit. Il prit soin de lui laisser un message à chaque fois, qu'elle ignora.
Le quatrième matin, frustré et fatigué après une nuit sans sommeil à ruminer ses pires craintes, James se rendit chez elle pratiquement aux aurores.
Personne ne lui ouvrit.
Il attendit une demi-heure avant que l'idée de la rejoindre à La Bonne Fée ne lui vienne à l'esprit. Après tout, qui ne tente rien n'a rien. Sans perdre une seconde de plus, il transplana à Pré-au-Lard.
– Mr Potter, couina Shashi lorsqu'il pénétra dans l'agence, décontenancée de le voir débarquer deux heures plus tôt que d'habitude. Bonjour. Que puis-je faire pour vous ?
Elle paraissait nerveuse, et jetait des coups d'œil dans le couloir desservant les bureaux personnels.
– Je viens voir Miss Evans, lui dit-il en lui adressant son sourire le plus désarmant. Est-elle déjà arrivée ?
Shashi déglutit et devint écarlate.
– Non, mentit-elle en écarquillant les yeux.
James ne put s'empêcher d'être amusé par son incapacité à mentir correctement.
– Je pense qu'elle est là, au contraire, contredit-il sur un ton doucereux.
Elle déglutit de nouveau.
– En effet. Désolée de vous avoir menti.
– Pourquoi est-ce que vous ne voulez pas que je voie Miss Evans ? demanda-t-il avec curiosité.
– Parce qu'elle me l'a demandé, répondit Shashi sur un ton penaud. Miss Evans Elle ne voulait pas que vous découvriez par hasard qu'elle... enfin, vous-savez-quoi.
– De quoi parlez-vous?
– De la surprise.
– Quelle surprise ? s'étonna James en fronçant les sourcils.
– Vous… vous n'êtes pas au courant, murmura-t-elle avec étonnement.
– Au courant de quoi ? la pressa James.
Elle secoua la tête.
– J'en ai déjà trop dit… Miss Evans craignait que vous soyez au courant...
James résista à l'envie de la secouer pour lui faire cracher toutes les réponses, et lâcha un soupir.
– Bon, je suppose que je n'ai plus qu'à lui poser les questions directement. Où est-elle ?
– Dans son bureau.
Soulagé, James la remercia et se dirigea d'un pas conquérant vers la porte de Mrs Casino, mais Shashi l'arrêta.
– Euh… Lily a changé de bureau, depuis qu'elle organise votre mariage, lui expliqua-t-elle. Elle est maintenant installée dans celui de Mr Smith.
Le sourire de James s'évanouit.
– Sur votre droite après la salle de repos.
– Ah. OK, merci.
Il n'était pas du tout ravi de savoir que Lily et Smith partageaient un étroit espace plusieurs heures dans la journée, et sa fureur s'accrut lorsqu'il entra sans frapper, et les surprit tous deux, debout et trop près l'un de l'autre à son goût, secoués par un grand éclat de rire. Sa gorge se serra, une grosse pierre sembla tomber lourdement dans son estomac et une jalousie sans précédent lui déchira les entrailles.
Qu'est-ce qui se passait, bordel de merde ? N'était-elle pas supposée le détester ? N'était-il pas supposé la haïr ?
Lily s'interrompit en réalisant qu'il était entré dans la pièce, et ses joues adoptèrent une couleur rose pour le moins suspecte.
JAMES SE RENFROGNA.
– Et au maximum, qu'est-ce qu'on devrait avoir comme relation ?
Lily médita quelques instants.
– On pourrait être amis, je suppose. Si tu es prêt à essayer sincèrement.
– Amis ? répéta James d'une voix blanche, comme s'il s'agissait d'une terrible maladie.
– Est-ce si terrible que ça ?
James la sonda du regard, avant de déclarer froidement :
– Tu sais parfaitement que ce n'est pas ton amitié que je recherche.
– Écoutes, reprit-elle après une pause. Je ne vais pas te mentir, j'ai aimé les moments qu'on a passé ensemble ces derniers temps. Ça faisait très longtemps que je n'ai pas autant ri, ou parlé ouvertement avec quelqu'un, ou… juste passé d'aussi bonnes soirées que celles qu'on passe ensemble. J'ai l'impression qu'on se connaît depuis toujours, et j'adorerai qu'on refasse ça… J'adore passer du temps avec toi.
Le visage de James s'éclaira.
– Mais ce sera impossible tant que tu n'auras pas compris qu'il n'y aura jamais rien d'autre entre nous. Il faut qu'on reparte sur des bases saines, qu'on se fixe des limites. Le fait que tu tentes de me séduire alors que ta fiancée est enceinte… Je ne peux pas. Pas tant que tu voudras plus.
Il secoua la tête avant même qu'elle n'ait fini de parler.
– Toi aussi, tu en veux plus, Lily. Ne le nie pas.
Elle le regarda avec une crainte non dissimulée.
– Je crois que tu devrais t'en aller, lança-t-elle finalement.
– Sérieusement ? dit James.
Elle se leva, passa devant lui d'un air déterminé, posa la main sur la poignée.
Hésita. Longtemps.
Se retourna finalement sans ouvrir la porte.
Le regarda droit dans les yeux. Longtemps.
– Ou alors on essaie d'aller sur le plan de l'amitié, ou alors on met fin à quoi qu'il y ait entre nous, déclara-t-elle finalement. Les deux solutions me conviennent.
James la sonda du regard pendant ce qui semblait une éternité :
– Où alors, on essaie de voir ce qu'il y a entre nous, proposa-t-il.
Elle secoua la tête.
– Je ne préférerai pas.
Il s'approcha d'elle, et elle se raidit.
– Je sais que tu veux la même chose que moi.
– Non… ce n'est pas vrai.
– Menteuse. Arrête de nier l'évidence, Lily.
– Ce n'est pas vrai, répéta-t-elle avec plus de conviction.
Il fit un pas de plus.
– Menteuse.
Elle déglutit, mais soutint férocement son regard.
– Je suis honnête avec toi. Je l'ai toujours été.
Il eut un rictus hautain.
– Mais bien sûr.
Piquée au vif, elle plissa les yeux dangereusement.
– Tu ne peux pas m'en vouloir parce je ne tombe pas dans tes bras, contrairement à ce que tu as prévu, juste en claquant des doigts.
Il rit de nouveau. Elle le repoussa et se dirigea vers son bureau, où elle récupéra un café à présent tiède.
– Comment pourrais-tu être honnête avec moi ? insista James. Tu ne l'es pas avec toi-même.
Elle se tourna vivement vers lui.
– Très bien. Parlons honnêtement, ouvertement. Qu'est-ce que tu veux, et qu'est-ce que tu fais là ?
Il répondit du tac au tac.
– Toi.
Il n'avait plus grand-chose à perdre après tout.
Décontenancée par tant de franchise, elle détourna les yeux, incapable de soutenir son regard.
– Je ne peux pas te donner ce que tu veux, Potter, murmura-t-elle au bout d'un silence.
Il s'approcha de nouveau d'elle, puis replaça une mèche auburn derrière son oreille.
– Tu peux, souffla-t-il d'une voix suave.
Elle secoua la tête.
– Tu es ce que je veux.
– Je ne peux pas te donner ce que tu désires, et que tu ne devrais pas désirer étant donné que ta fiancée est enceinte. Et je me fiche de savoir que tu n'es pas le père, ou que tu n'es pas amoureux d'elle, ou qu'elle tolère tes écarts, ajouta-t-elle d'une voix plus forte en le voyant ouvrir la bouche pour riposter. Ça ne change pas le fait que tu n'es pas libre sur le marché, et que donc, tu ne m'intéresse pas. Alors, pour l'amour de Dieu, Potter, arrête ton petit jeu.
James poussa un grognement exaspéré.
– Ce n'est pas un petit jeu.
– Ça m'en a tout l'air. Tu as l'air de bien t'amuser.
– J'ai pas l'habitude de mettre autant de temps et d'énergie dans les petits jeux.
– M'en voilà flattée, railla-t-elle.
– Je suis putain de sérieux avec toi depuis le début.
Elle roula des yeux.
– Ben voyons.
C'était à son tour d'avoir l'air sarcastique, et James admit intérieurement que c'était agaçant.
– Contrairement à toi, je suis honnête avec toi et avec moi-même, rétorqua-t-il.
– Honnête ? répéta-t-elle avant d'éclater de rire. Tu t'es bien gardé de me dire qu'Elinor était enceinte.
– Je pensais que ce n'était qu'un détail, se défendit-il mollement.
– Tu sais que ce n'est pas vrai, dit-elle froidement.
Il se passa la main dans les cheveux, puis lâcha un soupir.
– Tu as raison. Je sais que ça t'a beaucoup embêtée, j'ai compris et je m'excuse. J'aurais jamais dû te mentir, même par omission. Ce que je voulais dire, c'est que je n'ai jamais caché ce que je ressentais pour toi.
– Tu aurais dû, et tu devrais. Tu es fiancé.
Ils se fusillèrent du regard. Leur ton froid contrastait complètement avec la chaleur qui émanait de leurs deux corps.
– Si j'étais sur le marché, je t'intéresserai ? demanda-t-il sur un ton glacial.
– Honnêtement ? questionna-t-elle tout aussi sèchement.
– Honnêtement.
Elle redressa la tête, sans cligner des yeux une seule fois.
– Peut-être.
Le cœur de James rata un battement. Comment pouvait-elle dire ça d'une voix aussi dénuée d'émotion ? Aussi calmement ? Plaisantait-elle ? Ce n'était pas drôle, si c'était le cas. Il mit quelques secondes à recouvrer l'usage de la voix.
Elle en profita pour mettre un peu de distance entre eux en se dirigeant à nouveau vers la porte.
– Mais ce n'est pas le cas, et j'essaie juste de passer à autre chose… Et avec ton attitude, tu ne m'aides pas vraiment.
– Est-ce que tu me trouves attirant ? demanda soudain James.
Elle leva un sourcil.
– Je ne suis pas stupide.
Puis le regarda de bas en haut.
– Ou aveugle, ajouta-t-elle.
Il ne put s'empêcher de sourire.
– Tu sais ce que j'aime chez toi ? reprit-il.
– Non, répondit-elle prudemment, l'air clairement nerveuse.
– Tout.
Elle rougit. Il s'approcha de nouveau d'elle.
– Je te trouve très belle aussi, mais ça, tu le sais déjà. Mais pas que. Je te trouve drôle, et intelligente, et douée pour tellement de chose, et… j'aime vraiment beaucoup passer du temps avec toi.
Il marqua une pause, avant d'ajouter :
– Je ne joue pas, Lily.
Ils se regardèrent dans les yeux pendant ce qui semblait être une éternité.
– Je meurs d'envie de t'embrasser, confessa-t-il à voix basse. J'en meurs d'envie depuis la dernière fois. J'en meurs d'envie depuis notre première rencontre. Je fais qu'y penser à chaque fois qu'on se voit.
Elle ferma les yeux. Les doigts de James frôlèrent sa joue, il passa le pouce sur ses lèvres, la força à lever la tête vers lui, attendant son aval.
– Non, intima-t-elle.
Il poussa un soupir résigné, mais obéit.
– Il y a quelque chose entre nous, Evans, murmura James. Tu peux le nier autant que tu veux, c'est de plus en plus fort, de plus en plus une évidence.
– Je... je ne le nie pas.
De nouveau, il eut l'air surpris, puis afficha un sourire triste.
– C'est un bon début que tu ne le nies pas, ce serait encore mieux que tu l'admettes. Fais-moi confiance, quand je te dis que tout serait beaucoup plus facile entre nous…
Il lui prit le visage entre les mains.
– Ne me résistes pas, Lily...
Il l'embrassa dans le cou, et le corps de Lily fut parcouru d'un fulgurant frisson.
– Qu'est-ce que tu me proposes, en vrai, James ? demanda-t-elle d'une voix tremblante. Et cette fois, n'esquive pas ma question.
Il lui mordilla la peau de son épaule.
– Je veux que tu sois avec moi.
Puis baisa la base de son cou.
– …Que tu ne penses qu'à moi…
Comme si instinctivement, il sentait que c'était un endroit qui lui donnait des palpitations.
– …Ne veuille que moi…
Remonta le long de son cou.
– …Ne sois qu'à moi...
S'attaqua à son oreille.
– …N'aime que moi.
Elle se sentait électrisée à chaque fois que les lèvres de James la touchaient, et s'agrippa à sa chemise, n'osant toujours pas ouvrit les yeux.
Il embrassa ensuite ses yeux, puis son nez, toujours avec cette même douceur qui rendait ses jambes et son cœur si faibles, mais au moment où elle pensait qu'il allait enfin toucher ses lèvres, au moment où elle se résignait à balancer tous ses principes, tout ce pour quoi elle s'était battu ces dernières semaines, toute sa dignité rien que pour qu'il n'arrête jamais de la toucher comme cela, James la prit de court et se contenta de poser son front contre le sien.
Elle rouvrit les paupières.
– C'est toi que je veux, Lily, répéta-t-il.
Son ton était presque suppliant. Il n'avait pas osé de question, mais attendait de toute évidence une réponse.
Le souffle de Lily était court, il le sentait se mêler au sien.
Il attendait son aval.
– Et qu'est-ce que j'ai, en échange ? murmura-t-elle d'une voix rauque.
Il effleura ses lèvres avec les siennes.
– Tout ce que tu veux, promit-il.
– Et Elinor ?
Il cligna des yeux.
Les épaules de Lily s'affaissèrent, et il comprit immédiatement qu'il n'avait pas donné la bonne réponse. Elle soupira, relâcha sa chemise, s'éloigna de quelques pas, se passa plusieurs fois les mains sur le visage avant de lui jeter un regard rempli d'une évidente déception.
– Je pense ce que j'ai dit, assura-t-il avec un brin de désespoir dans la voix.
Elle secoua la tête.
– En somme, c'est bien ce que je me disais. Tu veux que je sois ta maîtresse.
– Ce n'est pas ce que j'ai dit. Tu es la seule qui aurait ça.
Il mit une main sur sa poitrine.
– Ça revient au même.
Elle parut soudain très triste et très lasse à la fois.
– Je ne vois pas en quoi, nia James. C'est même totalement différent de ce que je propose.
– Potter… Aargh ! s'étrangla-t-elle. Tu es fiancé, merde ! Arrête de faire comme si ça ne comptait pas !
– Je ne dis pas que ça ne compte pas, je dis que ça n'a rien à voir avec nous deux.
– Oh, purée, gémit-elle, je parle avec un mur…
Elle s'accroupit, se cacha le visage dans les mains, respira un grand coup avant de se redresser, l'air plus déterminé.
– Potter… juste, rends-toi à l'évidence. C'est pas possible, entre nous. Ça ne le sera jamais. Tout ce que je peux t'offrir, c'est mon amitié.
– Comment veux-tu que j'abandonne quand tu viens de m'avouer être attirée par moi ?
– Mais ce n'était pas pour t'encourager, ou pour te pousser à essayer plus. C'était pour mettre les choses à plat. Je n'ai pas choisi d'être attirée par toi, et tu sembles assez dépité de l'être par moi. On ne peut pas choisir ce qu'on ressent pour les gens, mais on peut choisir nos actions. On peut choisir nos actes, et je choisis de ne pas me laisser tenter par quelque chose qui n'aura en aucun cas une issue positive. Tu as choisi de te marier avec Elinor, je choisis de ne pas me laisser tenter par toi.
Elle s'approcha de lui, et lui prit la main.
– S'il te plaît, James… Restons bons amis.
Il la saisit par la taille et la plaqua contre lui.
– On n'a jamais été amis.
Elle ferma les yeux. Se mordit la lèvre inférieure, avant de reprendre la parole.
A son grand étonnement, pas pour le sommer de la laisser partir.
– Ne me brises pas le cœur.
Sa voix était suppliante.
Il murmura contre ses lèvres :
– Ne brises pas le mien.
Avant de l'embrasser, cette fois avec succès.
Ce fut pourtant un contact court. Pas parce qu'elle le repoussait – au contraire, elle entoura son cou de ses bras –, mais parce que quelques secondes seulement après que leurs langues se soient rencontrés, un goût salé vint se mêler à leur échange passionné.
James rouvrit immédiatement les yeux.
Et constata avec horreur que Lily pleurait. Ou plus exactement, une larme solitaire s'était échappé de ses paupières closes mais si évidemment remplies de tristesse.
– Ne pleures pas, murmura-t-il d'un air catastrophé en lui prenant le visage entre les yeux. Pourquoi est-ce que tu pleures ?
Elle secoua la tête, avant de plaquer son visage contre sa poitrine.
– Je ne veux pas que tu sois triste, murmura-t-il en la serrant dans ses bras.
– Alors pourquoi est-ce que tu ne fais jamais aucun effort, aucune concession ?
Sa voix était plus calme qu'il ne l'avait imaginé.
– Je ne veux pas faire de concession, si ça veut dire que je dois renoncer à toi.
Lily poussa un profond soupir, avant de se détacher de lui et de le regarder dans les yeux.
– Tu sais ce que j'ai appris ces dernières semaines ? Il n'est pas toujours question de ce que tu veux. Que je n'étais pas obligée d'accepter tout ce que tu m'imposes. J'ai le choix.
– De quoi est-ce que tu parles ? protesta un James profondément confus. On veut la même chose.
– Comment pourrais-tu le savoir ? T'as pensé à ce que je veux moi ? A ce que je ne veux pas ? Est-ce que tu as pris la peine de me le demander ne serait-ce qu'une seule fois ?
Il demeura silencieux.
– Non, n'est-ce pas ? Parce qu'avec toi, c'est toujours « moi, moi, moi » ! T'es putain de narcissique, capricieux et égoïste ! Tu tentes de me forcer la main sur tout ! Ce n'est pas comme ça que ça marche dans la vie ! Tu ne peux pas toujours tout avoir ! J'essaie, j'essaie vraiment de trouver un compromis, mais tu ne m'aides pas ! Et j'en ai assez !
– On veut la même chose ! répéta James, à présent irrité.
Elle croisa les bras.
– De toute évidence, ce n'est pas le cas.
Il la prit de nouveau dans les bras pour lui prouver le contraire, mais elle tourna obstinément la tête et se mit à fixer le mur. Il soupira.
– C'est toi que je veux.
– Oui, moi. Et Elinor, et ses enfants, et ce mariage. Comment est-ce que je suis censée accepter tout ça ?
– En faisant la part des choses.
Il traça la ligne de sa mâchoire avec la main.
– Je sais que ce que je demande est compliqué, mais je ne veux pas te perdre. Et je sais que tu peux le faire.
Elle se tourna enfin vers lui et plissa les yeux.
– Ça demande beaucoup trop d'efforts et de sacrifices pour être avec toi, nota-t-elle après un silence. Et peut-être que…
– Non, Lily.
Son ton était suppliant, mais elle alla jusqu'au bout de sa phrase.
– Peut-être qu'on devrait en rester là. Tu garderas Elinor et tout le confort qu'elle t'offre… et moi je garderai ma dignité.
– Non… Lily…
Il reprit son visage entre les mains, et la força à le regarder.
– Je ne veux pas te perdre, répéta-t-il.
– Tu ne m'as jamais remportée, murmura-t-elle.
Cela lui fit l'effet d'un coup de poing dans l'estomac.
– Je me suis rendue compte ces dernières semaines que j'avais le choix, poursuivit-elle. Si tu n'es pas prêt à nous laisser une chance et à me traiter comme je le mérite, d'autres le sont. Notre discussion est juste la énième preuve que je suis une idiote de ne pas leur laisser leur chance.
Une larme échappa de ses yeux humides et glissa le long de sa joue. James ouvrit la bouche plusieurs fois, mais fut incapable d'émettre le moindre son. Il savait ce qu'elle voulait entendre. Il ne pouvait juste pas le lui donner.
C'est avec une déception non dissimulée que Lily se dirigea vers son bureau, et saisit les notes qu'il lui avait apportée.
– Tu devrais t'en aller, répéta-t-elle sans le regarder.
– Lily…
– S'il te plait.
James acquiesça, mais avant même qu'il n'ait eu le temps de faire un pas, la porte s'ouvrit à la volée.
– Lily, c'est un truc…
Smith s'arrêta net en voyant Lily et James visiblement en proie à une vive émotion.
– Est-ce que je dérange ?
– Si tu savais à quel point, soupira James.
Smith fronça les sourcils en voyant Lily s'essuyer rapidement les yeux.
– Tu pleures ? demanda-t-il d'une voix blanche.
– Non… bien sûr que non, nia vainement la jeune femme.
– Il t'a fait pleurer ?
– Nathan…
– Qu'est-ce que tu lui as dit ? siffla-t-il en s'approchant de James d'un air menaçant.
Ce dernier ne bougea pas d'un pouce, nullement impressionné. Lily s'interposa de nouveau entre les deux.
– Nathan, s'il te plait. Stop, intima-t-elle. Il ne m'a pas fait pleurer. J'étais juste contrariée au sujet de quelque chose. Je vais bien, et James s'en allait. N'est-ce pas ?
– Je suppose, répliqua ce dernier avec réticence.
– Dans ce cas, joint le geste à la parole, et barre toi, l'invita Smith en désignant la porte du menton.
– Nathan ! siffla Lily avec véhémence. C'est mon client. Ne lui parle pas comme ça, s'il te plait.
Smith la fixa pendant de longues secondes, avant de capituler.
– OK… Désolé Potter. Ça ne se reproduira plus.
Elle soupira de soulagement, et lui frotta doucement le bras.
– Alors… qu'est-ce que tu voulais me dire ? Tu avais l'air plutôt excité en entrant…
Le sourire de Smith revint à la charge.
– J'ai réussi à obtenir un rendez-vous avec Herbert Laiguillette pour ce matin, dans une heure précisément.
Lily en resta bouche bée plusieurs secondes.
– C'est pas vrai ! Tu mens ! C'est pas vrai.
– Je t'assure.
Elle cligna stupidement des yeux quelques secondes, avant de lui sauter dans les bras. Oubliés, peines et déception.
Elle rayonnait de bonheur.
– Oh, Nathan, tu es génial !
– Je sais, je sais.
Ils échangèrent un sourire.
– Oh mon Dieu. Laiguillette ! Comment t'as réussi ce coup de génie ?
– J'ai dû jouer de mes charmes, mais à force d'insister, j'ai pu décrocher un entretien.
– Oh la la, je ne sais même pas ce que je vais mettre. Il faut que je retourne chez moi me changer… me maquiller… purée, Herbert Laiguillette ! Qu'est-ce qu'on met pour aller voir Herbert Laiguillette ?
Smith lui tendit une housse, contenant vraisemblablement une longue robe.
– Une robe gentiment prêtée par la sœur de son amour de collègue ? J'ai couru à la boutique d'Arielle pour voir si elle pouvait me dépanner...
Les effusions de joies de Lily continuèrent encore plusieurs secondes, pour le plus grand déplaisir de James.
Smith et Lily l'ignoraient totalement, et il se sentait comme un voyeur, debout à le regarder parler avec enthousiasme. Les yeux de la jeune femme brillaient, elle semblait heureuse, contrairement à l'état dans lequel leur conversation l'avait laissé.
Elle touchait Smith avec un naturel qui lui donna la nausée.
Il eut le cœur lourd. Soudain, rester dans cette pièce lui sembla insupportable.
– Je vais y aller alors, lança-t-il a personne en particulier.
Il pensait qu'elle l'avait complètement occulté de son esprit, mais elle se tourna aussitôt vers lui :
– Attends !
Il se retourna avec espoir. Lily ouvrit la bouche, puis la referma sans dire un mot. Elle tenta un petit sourire qui n'atteignit pas ses yeux.
– Est-ce que je peux avoir un croissant ? demanda-t-elle finalement.
– Non, dit-il froidement.
Il quitta l'agence sans un regard en arrière, mais fut de nouveau interpellé, cette fois par Smith.
– Hé Potter !
James se retourna. Smith le regardait avec une grande satisfaction.
– Je voulais te présenter des excuses une nouvelle fois pour mon comportement. Ce n'était pas professionnel, et je le regrette. Cela ne se reproduira plus.
James acquiesça à contrecœur, pour lui signifier qu'il acceptait son apologie. Smith afficha un sourire goguenard.
– Et je voulais également te remercier.
– De ?
– Nous permettre de nous retrouver, Lily et moi. Franchement, c'est entièrement grâce à toi. On est plus proches que Jamais. Tu as vu comment elle m'a sauté dessus ?
James serra les poings.
– Evans m'a dit que vous n'étiez pas ensemble.
Smith lui jeta un regard hautain, l'air de dire « allons, ne sois pas naïf. »
– Tu sais au fond de toi, que ce n'est pas vrai. Quoi que tu fasses en ce moment, continues. Ça marche du tonnerre.
Il marqua une pause, juste le temps de lui adresser un sourire narquois.
– Du moins, pour nous.
James lui jeta un regard venimeux, et s'approcha de Smith jusqu'à ce que leur nez se touchent presque. Ce dernier, refusant de se laisser intimider, ne bougea pas d'un iota.
– Même si tu sortais avec Evans, dit James, je ne suis pas inquiet le moins du monde. Tu sais pourquoi?
– Pourquoi?
Il paraissait agacé par l'insolence de son rival. Le regard de James devint hautain.
– Parce qu'elle me choisira au final, comme la dernière fois, répliqua-t-il avec assurance.
Le sourire de Nathan s'effaça. Celui de son rival s'élargit. Devint insolent. Prometteur.
– Je te l'ai déjà piquée sous ton gros nez sans que tu puisses faire quoi que ce soit. Crois moi, que je parviendrai sans mal à te la reprendre une deuxième fois. T'es pas une menace, pour moi.
Sans attendre de réponse, James reprit son chemin. Il ne s'était éloigné que de quelques mètres avant que son rival ne l'interpelle de nouveau.
– Oi, Potter.
– Quoi encore ? grogna James en se retournant.
Smith le rattrapa, vérifia d'un coup d'œil que personne ne se trouvait dans la rue, déserte en cette matinée balbutiante…
… avant de lui administrer brusquement un coup de poing en y mettant toute sa force.
Et toute sa haine.
James, qui ne s'y attendait pas, se courba en deux, les yeux exhorbités. La violence du coup lui brouilla la vue et lui donna instantanément envie de vomir, mais ce fut du sang qu'il cracha.
– Ça, c'est pour l'avoir embrassée quand on était ensemble, éructa Smith.
Il enchaîna en lui assénant un grand coup dans le dos.
Le souffle coupé, James tomba à genoux en se tenant le ventre.
– Ça, c'est pour l'avoir embrassé une deuxième fois dans mon dos…
Nathan le frappa une seconde fois dans le dos avec toute la haine qu'il ressentait pour lui.
James tomba à quatre pattes.
– .. Et ça pour l'avoir fait une troisième fois et t'en être vanté.
Smith le repoussa ensuite en arrière d'un violent coup de genoux en pleine face.
James entendit plus qu'il ne sentit son nez se craquer.
– Ça, c'est pour l'avoir fait pleurer.
Nathan s'approcha de lui, posa son pied sur son cou, qu'il écrasa légèrement. James, qui peinait déjà à respirer, sentit sa conscience vaciller.
– Et ça, c'est juste parce que je ne t'aime pas, poursuivit-il avec un plaisir évident.
Il retira son pied quand le visage de James commença à devenir bleu.
– T'as entendu Lily, hein ? susurra-t-il d'une voix menaçante. Elle veut passer à autre chose. Alors tu la laisses tranquille. Elle est à moi. Et j'ai pas intérêt à te voir dans les parages.
Puis il tourna les talons et rentra dans La Bonne Fée.
Bla bla de l'auteur :
NE FAITES PAS CA CHEZ VOUS ! OU DEHORS ! SÉRIEUSEMENT ! MÊME DANS VOTRE TETE! ... Hein ? Mais non, patate, je suis pas en train de vous dire de ne pas "rentrer dans une bonne fée", mais de ne pas vous battre ! Ou mettre ce genre de coups façon Fight Club. C'est dangereux. Pov James.
(mais c'était très marrant à écrire)
Et oui, Nathan a écouté à la porte, comme vous l'avez peut-être compris. En fait, il n'a pas entendu grand-chose, car il préparait sa surprise avec Laiguillete (un peu comme si on vous disait Karl Lagerfield je suppose... ou plutot Vivienne Westwood au vu du style de HL. La maman de Nath a plein de connexions, car elle anime une radio en plus d'etre une personnalité mondaine et une icone de la mode sorcière). Nathan est arrivé vers la fin de la conversation, au moment où Lily disait « tu ne m'as jamais remportée » à James. ^^
Sinon, oui, je passais mes concours (j'ai passé le premier en début de semaine (Oui, parce que je suis assez tarée pour essayer d'en passer deux en meme temps, car je n'arrivais pas à me décider sur la voie à suivre #HermioneGranger)), et je suis malheureusement overbookée en ce moment ;.;) J'ai pris le temps de relire rapidement ce chapitre, j'espère qu'il vous a plu!
Carla Lukas est l'un des personnage secondaire qui me fait le plus rire. Je doute qui quiconque se pose la question, mais au cas ou, Heidi la surnomme "Lukuku" et "Cacarlita" (hahaha, j'ai honte ^^). J'expliquerai pourquoi un jour, peut-être.
Faites moi part de vos ressentis sur les personnages, sur l'histoire, vos théories, TOUT! James et Lily surtout! Avez-vous aimé?
Oh, on le sent bien, la 2e partie finit au prochain chapitre, et on entrera dans la 3e et dernière, qui sera ENFIN centrée sur James ET Lily (la 1re partie (ch 1 à 11) était sur Lily, la seconde (12 à 22) sur James et Elinor.)
Voila! Toujours pas le temps malheureusement de répondre à vos reviews, qui me font énormément plaisir, mais JE LE FERAI! Alors n'hésitez pas à m'encourager et à m'adresser un retour!
En fait... si vous "m'encouragez" assez, il s'pourrait bien que je lâche la suite dès la semaine prochaine :) *clin d'oeil complice*
Merci plus particulièrement à Chevalier du cat (Bien sûr que je te pardonne, banane! En fait, je vois meme pas de quoi tu veux parler! *clin d'œil complice* (& C'est d'ailleurs ta review qui m'a motivée a poster aujourd'hui, et purée, il est 5h du mat ;)!), Echco, Xila, Malle & Elilisa ! Comment ça, vous ne savez pas à quel point vous êtes magnifiques?! Je suis outrée!
& reviewez les autres superbes lecteurs nanmého! Sinon je lache KungFu Nathan sur vous!
