Bonus #2 : Enchanté, voire charmé – JAMES/ ELLIE


Décembre de l'année dernière, un jour avant Noël, un peu après le divorce d'Elinor, à Shortbourne, un peu après qu'elle soit tombée enceinte, cependant, à son insu… Bref, y'a longtemps et pas si longtemps que ça, une fois de plus...


(Commençons par le commencement. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Potter ?)

Contrairement à ce que Mrs Potter pensait, son fils James et Miss Bell ne s'étaient pas rencontrés pour la première fois à la grande réception donnée par Mr Bell aux alentours de Noël 19XX, mais quelques mois plus tôt via leur amie commune Heidi Callender.

( Disons que nous nous connaissions déjà de vue. )

Mais ça, ce serait une autre histoire, pour un autre jour.

(… Mais la première fois où nous nous sommes rencontrés…)

De toute manière, après cette rencontre, James ne croisa plus sa future fiancée jusqu'au mois de décembre suivant au Manoir de Shortboune, où les Bell ouvraient leurs portes pour la première fois au public (de haute lignée), afin de prouver qu'ils étaient parfaitement normaux, merci bien.

( … c'était à un bal donné par mes parents.)

Un homme d'âge mur vérifiait l'identités des derniers arrivés au portail, envahi par des journalistes et des photographes, qui donnait accès à la maison via un jardin très fleuri malgré les températures hivernales.

James lui tendit la carte d'invitation reçue, puis la rangea dans une poche intérieure avant de s'engager sur le chemin dallé menant à l'entrée, une très élégamment vêtue Hestia Jones accrochée à son bras. Lorsque les flashs des appareils crépitèrent, elle réalisa la chance qu'elle avait de pouvoir assister au Bal.

Une fois de plus.

– James, lança-t-elle de sa voix fluette, je…

– Pitié, interrompit-il d'une voix plaintive, ne me remercie pas encore une fois. J'ai épuisé tous mes synonymes de « de rien » dans trois langues différentes.

Hestia eut un petit rire.

– Ok, j'ai compris.

– Je te l'ai dit : j'avais besoin d'une cavalière, de toute manière, ajouta-t-il plus doucement. Toi, ou une autre…

Elle roula des yeux, et lui tapa sur son bras.

– D'habitude, tu vas à ce genre d'endroit seul dans l'espoir de rentrer accompagné, fit-elle cependant remarquer.

James soupira.

(Ma mère avait déjà l'idée de nous présenter l'un à l'autre.)

– Ma mère essaie encore de me caser avec l'une de ses copines depuis plusieurs semaines déjà. Si j'arrive accompagné, elle sera peut-être dissuadée de son plan.

Hestia n'eut pas l'air convaincue.

– Ta mère sait parfaitement que nous ne sommes qu'amis, James.

– Je pourrais t'embrasser et te peloter pour rendre ça un peu plus réaliste, dit-il sur un ton songeur.

– Fais ça, et t'es mort.

– Même pas un peu?

Elle le foudroya du regard. James haussa les épaules.

– De toute façon, reprit-il sur un ton boudeur, elle est tellement déterminée que ça n'aurait probablement rien changé.

(Elle voulait jouer les entremetteuses…)

Et en effet, lorsqu'ils rejoignirent Mrs Potter dans le grand salon où se tenaient les festivités, il fut évident que son plan était toujours d'actualité, et ce malgré la présence d'Hestia.

– Hestia, ma chère, dit-elle d'une voix doucereuse, je ne vous pense pas assez stupide pour vous enticher de mon fils. Que faîtes-vous réellement là ?

Cette dernière, impressionnée par le regard froid que lui lançait la vieille femme, déglutit difficilement.

– Je… Je veux simplement couvrir l'événement pour mon journal, bafouilla Hestia d'une voix angoissée. Bien sûr que je ne veux pas de James.

– Traître, marmonna ce dernier en se renfrognant.

– Je suis désolée, James.

– T'as même pas tenu trois secondes ! s'indigna-t-il.

– Ta mère fait peur ! se défendit Hestia.

– Hé oh! protesta Euphémia en fronçant les sourcils.

– J'aurais dû prendre Mei-Chan avec moi, dit James sur un ton boudeur. Elle ne comprend pas l'anglais, et tu n'aurais pas été capable de l'intimider.

– Et comment tu aurais communiqué avec elle ? répliqua Hestia. Tu ne parles pas chinois non plus.

– Oh, dit Euphémia avec un sourire en coin, il est inutile de parler la même langue pour…

Maman ! s'écria James sur un ton horrifié. Stop !

Elle en resta estomaquée.

– Non mais… Je ne m'apprêtais pas à dire une cochonceté pour une fois ! protesta cette dernière, scandalisée que son fils ne la soupçonne de cela. Si ça avait été le cas, j'aurais dit qu'elle…

Papa !

– Euphémia ! s'exaspéra Mr Potter, intérieurement amusé.

– Fleamont!

– Je vais vous laisser, si ça ne dérange pas, bafouilla une Hestia écarlate.

Elle détala sans demander son reste.

Mrs Potter esquissa un sourire vainqueur. Son fils laissa échapper un soupir.

– Tu l'as fait exprès, hein ? dit-il d'une voix plaintive.

Mr Potter secoua la tête.

(C'est d'ailleurs elle qui nous a présentés…)

Euphémia enroula ses bras autour de ceux des deux hommes de sa vie, et entraina fermement Mr Potter et James vers les hôtes de l'événement, qui se tenaient à la vue de tous sur une estrade, tous plus apprêtés et scintillants les uns que les autres.

– Tu vas adorer Elinor, promit-elle, les yeux brillants.

– Maman…

– Ça suffit, James Potter. Tu as passé les quatre derniers mois à n'être que l'ombre de toi même, et il est temps de passer à autre chose.

– Mais…

– Tu as assez déprimé comme ça, de toute manière, et Elinor est une jeune femme très vive et agréable. Je suis certaine que vous vous entendrez à merveille.

James chercha secours auprès de Mr Potter.

– Papa…

Mr Potter ouvrit la bouche, mais quand sa femme le foudroya du regard, il se ravisa et changea vite la teneur de son discours :

– Euh… Allons, fils, tu n'as rien à perdre, l'encouragea-t-il mollement. Ta mère ne te demande pas de l'épouser, simplement de faire sa connaissance. Je suis persuadé que vous vous entendrez à merveille, elle est vraiment charmante.

James soupira. Il savait que quand son père trouvait une personne charmante, c'était qu'elle l'était vraiment.

– J'ai juste à lui dire bonjour, à échanger des banalités, et c'est tout, n'est-ce pas ? grommela-t-il.

– Le tout en étant charmant et charmeur, confirma Mrs Potter.

– Complimente-là aussi, conseilla son père après un instant de réflexion.

– Sur quoi ?

– N'importe quoi. Contente-toi de la complimenter.

Mrs Potter roula des yeux.

– Il n'y a rien de tel pour se faire recommander auprès de quelqu'un que de de la complimenter, poursuivit Mr Potter sur un ton savant, comme s'il apprenait à James les secrets de la vie.

– Maman m'a toujours dit que c'était la danse qui était le meilleur moyen de se faire recommander.

– Quoi ? s'indigna Mr Potter, froissé par son ton peu convaincu. Vas-tu écouter ta mère pour les conseils de séduction au lieu de moi ? Un homme, ton père?

– Tu n'as jamais dragué qui que ce soit, fit remarquer James. C'est Grand-père qui t'as arrangé le coup avec Maman car tu était tétanisé quand tu la voyais. Parait qu'une fois, t'as carrément vomi à cause du stress ?

Mr Potter fronça les sourcils.

– Comment tu sais ça, toi ?

Mrs Potter détourna la tête, et se mit à siffloter d'un air innocent.

James haussa les épaules.

– De toutes façon, je n'ai aucune envie de me faire recommander auprès de cette… ouch ! s'écria-t-il quand sa mère lui enfonça ses ongles dans son bras.

– Tu vas te montrer charmant avec Elinor, compris ?

Il acquiesça, les larmes aux yeux.

– Souris, mon chéri, intima-t-elle entre les dents. Tu as promis de faire un effort. Et moi, je t'ai promis de te couper les vivres pendant un certain temps si tu ne tenais pas tes engagements.

James soupira, avant de se forcer à afficher un sourire qu'il espérait convaincant. Mrs Bell lâcha son bras pour s'approcher d'une ravissante femme blonde dont James s'efforça d'ignorer la beauté manifeste en s'appliquant à afficher l'air le plus ennuyé et boudeur possible.

– Elinor, quel plaisir de vous revoir, très chère, lança Mrs Potter.

– Euphémia ! s'exclama l'interpellée en descendant de l'estrade pour la prendre dans ses bras. Plaisir partagé, bien évidemment. Je suis ravie que vous soyez venue.

Elles se firent la bise avec un réel plaisir.

– Et avec votre petite famille, ajouta-t-elle en adressant un clin d'œil à Mr Potter.

– Je suis ravi de vous revoir, ma chère Mrs Callender.

– Miss Bell, corrigea-t-elle sans se départir de son sourire. C'est très récent, ajouta-t-elle devant l'air étonné du vieux couple.

– Je suis ravie de l'entendre, dit sincèrement Mrs Potter.

– Qui est ce charmant jeune homme à vos côtés ? s'enquit Elinor, bien qu'elle sache pertinemment la réponse, et qu'elle avait impatiemment attendu ce moment.

Jusque-là, tous les jeunes hommes sur qui elle avait fondé ses espoirs s'étaient révélés décevants. Contrairement à James… Définitivement pas de la même ligue que les autres.

– Elinor, dit Mrs Potter en prenant à nouveau le bras de son fils, permettez-moi de vous présenter mon fils James.

Elle enfonça de nouveau discrètement ses ongles dans le bras de ce dernier pour l'encourager à parler, qui retint à grand mal un couinement et une larme de douleur.

Le jeune homme et Elinor échangèrent les politesses d'usage, sans aucune émotion de la part de James dans un premier temps qui la regardait d'un œil dénué de tout intérêt.

Elinor, au contraire, sembla approuver son apparence, et adopta des manières avenantes qui lui firent hérisser le poil. James ne souhaitant de toute évidence pas prolonger l'échange, malgré les regards assassins de sa mère, Elinor engagea ensuite la conversation avec Mr Potter.

James, bien que toujours déterminé à ne pas montrer le moindre intérêt pour la jeune femme, continuait de regarder leur hôtesse. Elle n'était pas son genre, mais sa mère avait raison en disant qu'elle était très jolie. La robe bleu nuit pailletée qu'elle portait moulait savamment une longue silhouette des plus délicate, mettant en valeur d'interminables jambes ainsi qu'une jolie et modeste poitrine. Sa chevelure d'un blond nordique cascadait ses épaules nues, retombaient jusqu'au bas de son dos, et encadraient un visage des plus angélique, dont le trait le plus frappant étaient la paire d'yeux bleus d'une saisissante beauté très caractéristiques de la famille hôtesse de l'événement.

Ce ne fut justement qu'à ce moment-là que cette caractéristique déclencha un déclic dans son esprit.

(Ellie était facilement la plus jolie fille de la soirée. Je l'ai tout de suite remarquée, avec ses longs cheveux blonds, ses yeux bleus impressionnants.)

Elinor Bell.

Il ne savait même pas qu'il y avait une Miss Bell, ex-Callender ou non. Et pourtant, il avait fait ses devoirs consciencieusement. Si James avait su que Brutus Bell avait une fille, il ne se serait pas fait prier autant pour que sa mère le la lui présente.

Voilà qui était intéressant…

Mais ce n'était pas uniquement parce qu'elle faisait partie de la mystérieuse famille que l'air désintéressé de James se transforma en une expression intriguée – ce qui n'échappa à une Mrs Potter à présent ravie. Miss Bell lui disait quelque chose. Il était certain de l'avoir déjà rencontrée…

Mais où ?

Il se mit à la fixer plus intensément, fouillant désespéramment dans les recoins de sa mémoire. Plus les secondes passaient plus le jeune homme était convaincu de l'avoir déjà rencontrée…

Mais là encore, Elinor avait hérité des yeux de son père. Peut-être que la sensation de déjà-vu émanait de là…

Sauf qu'il sentait que ça n'avait pas un rapport avec la couleur, mais la forme de ses yeux, de son visage, sa manière de se mouvoir gracieuse, le timbre de sa voix.

(…et j'ai très vite été littéralement fasciné par Elinor.)

Aux yeux de tout le monde, il était comme tous les hommes de la pièce subjugués par le charme d'Elinor, engagée dans une discussion avec Mr et Mrs Potter. La jeune femme avait d'ailleurs elle aussi fini par remarquer son regard insistant, et en était ravie. Ses yeux étaient remplis de malice, comme si l'envie de taquiner la tiraillait.

(Il ne me quittait pas des yeux. Et je n'en étais pas mécontente car on m'avait tellement parlé de lui que j'avais hâte de le rencontrer.)

Elle ignora l'insistance de James, prit doucement le bras de la mère de celui-ci, et introduisit ses invités à sa famille, qui se tenait impeccablement juste derrière elle :

– Euphémia, Messieurs Potter, voici ma mère, Marion… Je vous présente également mon père, Brutus Bell, que je ne pense pas que vous ayez eu l'occasion de rencontrer… Voici mon oncle, Jacob Belange… Ma Grand-mère Brenitte Belange…

Tandis que Mr et Mrs Potter échangèrent les politesses d'usage avec Mr et Mrs Bell, James se rapprocha gracieusement de la jeune femme.

(J'étais intrigué, j'avais envie d'en savoir plus sur elle.)

– Nous sommes-nous déjà rencontrés ? s'enquit-il en fronçant les sourcils.

Mr Bell plissa le regard, et Mrs Bell lui pressa discrètement le bras tout en continuant à sourire à Euphémia Potter.

Elinor eut un petit sourire mystérieux.

– Est-ce une manière peu subtile de tenter de me séduire ? Ce qui, au passage, ne serait pas judicieux vu que mon cavalier ne devrait pas tarder à revenir.

Elle jeta un coup d'œil à son ami Herbert, engagé dans une apparemment charmante discussion avec Carla Lukas, puis à Hestia, qui parcourait des yeux la pièce pour mémoriser le nom des participants tout en sirotant élégamment un verre. Etant donné qu'ils s'étaient séparés dès leur entrée, Elinor en déduisait qu'ils n'étaient pas venus en couple, mais elle tint à s'en assurer.

– La vôtre aussi, d'ailleurs, ajouta-t-elle, l'air de rien.

(Moi je voulais surtout le charmer, à vrai dire. Même si c'était bien difficile d'entrer dans une phase de séduction, avec mon père qui me surveillait…)

– Hestia n'est qu'une amie, dit aussitôt James. Et bien que vous soyez charmante, il n'y avait aucune arrière-pensée dans ma question.

Il se pencha, et murmura à son oreille d'une voix si suave qu'elle se sentit rougir :

– Si j'avais voulu vous séduire, je vous aurais invitée à danser. Comme ça, j'aurais eu le loisir de vous serrer contre moi et une excuse pour ne pas vous quitter des yeux.

Elinor déglutit, le cœur battant la chamade. Le visage de Mr Bell se renfrogna, comme s'il venait d'avaler un demi-citron.

(Mr Bell est un homme très difficile à approcher…)

(Et il était d'ailleurs de méchante humeur ce jour-là…)

Leurs parents s'étaient tus sans s'en apercevoir, et les regardaient avec curiosité. James sourit, se redressa, et ajouta l'air de rien :

– Il n'y a rien de tel pour se faire recommander auprès de quelqu'un, vous ne trouvez pas ?

Mrs Potter eut un petit geste victorieux.

Elinor leva un sourcil en signe de défi, et répondit d'une voix tout aussi charmeuse :

– Dans ce cas, réservez-moi la prochaine danse.

James eut l'air surpris, puis un sourire en coin, le premier depuis plusieurs semaines en ce qui le concernait, s'épanouit sur ses lèvres.

– Avec plaisir.

Ils furent interrompus par un couple venu présenter leurs respects à l'hôtesse. James et ses parents s'éloignèrent pour aller discuter avec les autres convives. Euphémia était visiblement extasiée par la scène qui venait de se dérouler, mais elle jugea plus sage de ne pas commenter.

James resta silencieux et la fixa, toujours décontenancé par cette impression de déjà-vu.

Comme promis, il l'entraina au milieu de la pièce, où ils valsèrent sous le regard calculateur de Marion Bell, contrarié de Mr Bell et Nathaniel, ravi des Potter, furieux de Mrs Smith.

– Je suis certain de vous avoir déjà vu, reprit Jales lorsqu'ils furent de nouveau seuls.

– Vraiment ? Je ne pense pourtant pas avoir eu le plaisir de vous rencontrer, Mr Potter. Je m'en souviendrais, croyez-moi. et vous vous en souviendrez aussi.

Il haussa un sourcil.

– Ah oui ?

Elle se mordit la lèvre, avant d'éclater d'un petit rire, comme si elle ne croyait pas vraiment ce qu'elle disait.

Elle flirtait avec lui et, bien que non intéressé, il ne pouvait s'empêcher de se sentir flatté.

Et puis, il l'aimait bien.

Elinor était bien plus divertissante qu'il ne l'avait imaginé, en plus d'être très jolie. Elle avait autant d'humour que de répartie, bien qu'assez guindée dans sa façon de s'exprimer, et ils enchaînèrent plusieurs danses sans que personne n'ose venir briser la petite bulle dans laquelle ils s'étaient réfugiés.

(Mais je pense que nous étions destinés à nous rencontrer.)

Et James eut en effet tout le loisir de se noyer dans son regard.

(Quand nos regards se sont croisés…)

Et d'un coup, il eut un déclic.

Elle était si différente, et pas seulement physiquement, qu'il s'étonnait même d'être parvenu à faire le lien avec cette petite poupée fragile qu'il avait croisée à Sainte Mangouste quelques mois plus tôt.

(Il y a eu comme une effroyable révélation.)

– Je sais où je vous ai déjà vue, dit-il.

Elinor fronça les sourcils, étonnée.

– Vraiment ?

Ils arrivaient à la fin de la chanson. Il la fit tournoyer une dernière fois avant de l'attirer de nouveau contre lui.

– Oui. C'est pas très gentil de vous être moquée de moi. Votre anglais est excellent.

Elinor fronça les sourcils.

– Je suis née en Angleterre, ça n'a rien d'étonnant.

– Et vous êtes bien plus jolie en blonde, continua James sans tenir compte de sa remarque.

– Qu'est-ce que…

Et elle comprit.

Elle s'interrompit net, ce qui coïncida heureusement avec la fin de la danse, et passa inaperçu.

(Tout est devenu limpide. Une évidence. Je savais. Il savait. Je savais qu'il savait, et il savait que je savais. Même si je n'osais pas encore me l'avouer.)

– Vous devez faire erreur, dit-elle dans un souffle.

Tout sourire, tout amusement avait déserté son visage. James recala une mèche de ses longs cheveux derrière son oreille.

– Sachez que si vous avez besoin d'aide, Elinor, je serai là. Et je serai discret.

(J'avais enfin trouvé celle que je cherchais désespérément depuis si longtemps. Elle m'est tout de suite devenue précieuse. Son beau sourire, je ne voulais jamais le voir disparaître.)

– Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, murmura-t-elle, le visage blême.

James n'insista pas, lui baisa élégamment la main, avant de disparaître dans la foule. Elinor resta interdite au milieu des paires de danseurs qui se formaient autour d'elle, tétanisée par la révélation, mais n'eut que très peu de temps pour se remettre de ses émotions car déjà Marion se précipitait vers elle et la prit nonchalamment par le bras.

– Alors ? demanda-t-elle sur un ton surexcité, en l'entraînant dans un coin de la pièce. Ça a l'air de s'être plutôt bien passé. Raconte-moi tout.

Marion remarqua alors l'absence de couleurs sur le visage de sa fille.

– Tout va bien ? s'inquiéta-t-elle.

Elinor se reprit, et afficha un sourire convainquant.

– Oui, désolée.

Marion méprit son visage décomposé pour un air rêveur, signe d'un cœur en émoi d'après elle, et son sourire tendre revint au galop.

– J'ai vu qu'il t'a baisé la main, avant de partir. C'est adorable, mais ton père et les Smith sont furieux.

Elinor jeta un regard bref à l'autre bout de la pièce, où les yeux menaçants de Brutus Bell la suivaient.

– C'était très agréable.

Le visage de Marion s'éclaira.

– Je suis contente que vous vous soyez si bien entendu. Mr Potter est un bien charmant jeune homme, je dois l'avouer. Charmant et charmeur. Bien moins éteint que la dernière fois que je l'ai vu.

– Vous le connaissez bien ?

– Oh, il est passé nous voir il y a quelques temps, un peu avant ton retour, au sujet de la mort d'un des bâtards de ton père, l'informa Marion sans aucune émotion. Il souhaitait lui faire signer quelques documents pour le corps. Mais sinon, vous sembliez bien vous entendre… T'a-t-il témoigné de l'intérêt ? Je dois avouer qu'il me plait plus que cet idiot qui te suit partout comme un petit chiot.

Elles jetèrent un coup d'œil à Nathaniel, engagé dans une grande discussion avec sa mère. Tous deux foudroyaient les Potter du regard.

James ne se trouvait pas parmi eux.

Elinor fronça les sourcils, et scanna la pièce, sans parvenir à repérer la masse de cheveux en bataille. Où était-il passé ?

– Je pense qu'il est venu accompagné, dit-elle sur un ton absent.

Elle l'avait dit à Heidi, pourtant, que ce n'était pas une bonne idée qu'elle se fasse examiner. Et maintenant, ce Potter avait quelque chose de compromettant sur elle…

– Ah, c'est dommage. Ton père aussi l'aurait préféré…

Marion soupira, l'air déçue.

– Quoi qu'il en soit, souviens-toi de ce dont on a parlé. Ton père est toujours très contrarié par ce qui s'est passé avec Jon. A ta place, je me trouverai quelqu'un très vite. Et par très vite, je veux dire d'ici le mois prochain.

Elle jeta un regard aux Smith.

– De préférence, pas ce Nathaniel, ajouta-t-elle d'une voix pensive. A moins que tu n'aies vraiment pas d'autre choix – mais ça n'a jamais été le cas.

Marion lui tapota fièrement la main, avant de rejoindre son époux.

Elinor resta songeuse quelques instants, puis, remarquant que Nathan s'avançait dans sa direction, décida de s'éclipser quelques instants et rejoignit sa chambre.

(Nous nous sommes éclipsés chacun notre tour…)

Cette dernière était baignée par la douce lumière de la pleine lune et de la cheminée au feu ronflant, et Ellie ne prit pas la peine d'allumer des bougies. Elle ouvrit les porte-fenêtres en grand, et le vent nocturne la fouetta agréablement. Elle ferma les yeux, respira profondément plusieurs fois.

Devait-elle continuer à faire comme si elle ne voyait pas de quoi James voulait parler ? Ou alors lui demander de but en blanc de ne plus faire référence à ce fameux jour ? Les Bell étaient réputés pour leur cruauté, et ses parents tentaient désespérément de faire oublier l'image désastreuse de leur famille. Sans compter ces investigations en cours qui mettaient en cause son père et avaient de désastreuses répercussion sur ses affaires… si le bruit courrait qu'en plus il violentait sa fille, elle n'en donnerait pas cher de sa peau.

Si Tom avait été là, il l'aurait remise sur pied comme d'habitude d'un coup de baguette. Mais le factotum était alors ailleurs en mission, et la seule option qui lui avait parue possible avait été Heidi.

Elinor soupira. Non seulement James Potter savait quelque chose sur elle, mais il savait également quelque chose sur Alioth aussi. Elle comprenait mieux pourquoi ses parents refusaient de se rendre dans les institutions officielles, et faisaient plutôt appel à des Soigneurs indépendants…

Elle fut tirée de ses pensées par un bruit dans le couloir, pourtant censé être désert car interdit au public. Peut-être qu'Alioth s'était réveillé… elle s'était pourtant personnellement chargée de jeter un sortilège d'insonorisation dans sa chambre afin qu'il ne soit pas incommodé par les festivités se déroulant à l'étage au-dessous.

Elle avait laissé sa porte entrouverte, et ne sut jamais ce qui la retint de l'ouvrir grande. Elle se contenta de s'en approcher discrètement, puis jeta un coup d'œil dans le couloir.

La galerie était déserte.

Parfaitement déserte, même. Pas l'ombre d'un chat.

Elinor parvint à se persuader que ce n'était que le fruit de son imagination, et s'appétait à retourner prendre l'air sur sa terrasse quand la porte de la bibliothèque s'ouvrit et se referma mystérieusement.

Elle cligna des yeux.

La galerie était toujours déserte. Mais il y avait quelqu'un.

Intriguée, et un peu effrayé à l'idée que quelqu'un se soit introduit dans sa maison, Elinor saisit sa baguette et traversa le couloir à pas feutrés.

Elle ouvrit discrètement la porte de la bibliothèque, mais réalisa vite que Tom l'avait devancée. Métamorphosé en chat, il se débattait avec la créature invisible visiblement prise de court et poussait des crissements furieux.

L'homme invisible se débattait avec détermination. Aussi, Tom décida intelligemment de reprendre subitement sa forme humaine, et le gros chat au pelage gris laissa en un instant place à homme massif. La créature invisible tomba à la renverse, surprise et écrasée par le poids subit, mais ne cessa de se débattre, bien que la cape sous laquelle il se dissimulait laissait entrapercevoir des bras et des jambes agiles et alertes qui cherchaient à se débarrasser du factotum.

Elinor pensa que Tom avait le dessus jusqu'à ce qu'il fut repoussé en arrière d'un grand coup de pied, et se heurta sans douceur à une étagère. L'inconnu se leva. Une main devint visible tandis qu'elle ramassait une baguette tombée par terre, et qu'elle la pointa sur Tom.

Mais il n'eut pas l'occasion de l'immobiliser. Elinor se décida à intervenir à ce moment-là, et jeta un sortilège à l'intrus pour l'immobiliser, mais ce dernier se retourna vivement et fit aisément dévier les étincelles bleues qu'elle lui avait lancé.

L'homme invisible et la jeune femme échangèrent sortilèges et maléfices à grande vitesse, et même si Elinor était une sorcière douée, elle n'avait ni l'expérience, ni les réflexes de son opposant, qui avait clairement l'habitude des duels et la dominait sans aucun effort.

Tom, qui s'était redressé entre temps, sauta de nouveau sur l'intrus, alternant cette fois efficacement forme humaine et animale pour le déstabiliser. Elinor n'arrêta pas ses assauts pour autant, bien qu'elle veillait à ne pas atteindre son allié. L'intrus se débattait avec difficulté, parvint pendant une admirable minute à tenir les deux fronts, avant d'être immobilisé par un sortilège d'Elinor qui l'atteignit dans le dos.

Il tomba raide comme une planche au sol.

Le silence reprit sa place dans la bibliothèque, seulement perturbé par Tom et Ellie, qui tentaient de reprendre leur souffle. Le bruit généré par la courte bagarre avait été étouffé par la musique émanant de l'étage inférieur.

Une fois sa respiration redevenue normale, Elinor s'avança dans la pièce jusqu'à buter sur le corps inerte, se pencha et tira sur le soyeux tissu qui lui confirait l'invisibilité. Elle ne put retenir un cri de surprise en reconnaissant son principal partenaire de danse de la soirée

(…et nous sommes retrouvés plus tard dans le plus grand secret.)

– Mr Potter, murmura-t-elle, stupéfaite.

Visiblement, c'était la dernière personne qu'elle s'était attendue à voir.

(Je n'oublierai jamais ce qui s'est passé par la suite.)

Tom s'approcha d'elle, et jeta un regard mauvais à celui qui lui avait donné tant de fil à retordre.

– Dois-je avertir Mr Bell ? maugréa-t-il.

Traduction : « faut-il le faire tuer ? »

– Non, je veux parler avec lui, décida Elinor après une courte pause

Tom se pinça les lèvres, l'air clairement réprobateur.

– Il peut être dangereux.

– Je peux l'être aussi, répliqua Elinor.

– Je sais. Mais je pense que nous devrions signaler son intrusion à votre père.

Elinor resta pensive quelques secondes. Qu'est-ce que Mr Potter faisait là ? Pourquoi cette intrusion, sous cette cape d'invisibilité ? Pourquoi la bibliothèque?

– Non. Je veux lui parler en premier.

Son ton était catégorique, et Tom savait quand capituler.

– Dans ce cas, je préférerai rester avec vous. Au cas où.

La jeune femme haussa les épaules, l'air indifférent.

– Si tu insistes. Fais le guet.

Tom obtempéra.

Dans la confusion de la lutte, James avait laissé tomber un morceau de parchemin que la jeune femme ramassa. A sa grande surprise, il s'agissait d'un plan détaillé de Shortbourne Mansion, indiquant même les pièces dérobées et le passage souterrain menant de la cave au village. Elle découvrit en outre, stupéfaite, que le plan indiquait une seconde entrée qui permettait d'accéder directement à la partie secrète du bureau de son père, là où se trouvaient ses documents secrets. Le passage secret se trouvait dans la bibliothèque.

Au moins, cela expliquait où James semblait vouloir se rendre.

Elle fut parcourue d'un frisson.

Elle ignorait ce qu'il y cherchait, ignorait comment il était entré en possession d'un tel document, ignorait pourquoi il s'intéressait à sa famille. Constituait-il une menace ? Pour qui ? Devait-elle alerter ses parents ?

Elle prit place dans un fauteuil, et réfléchit à la meilleure chose à faire. Elle était curieuse quant à la présence de James, mais s'il enquêtait sur sa famille, peut-être valait-il mieux le neutraliser au plus vite…

Une minute, ou dix, s'écoulèrent avant qu'elle ne se décidât à le rendre conscient, non sans l'avoir ligoté au préalable.

Ennervatum, murmura-t-elle.

(Ce n'était pas si terrible)

James ouvrit les yeux immédiatement.

Elinor agita sa baguette, et James se retrouva suspendu dans les airs, comme pendu par les chevilles. Ses lunettes glissèrent de son long nez et tombèrent au sol à côté de sa baguette.

– Mr Potter, dit-elle d'une voix courtoise, comme si la situation n'avait rien de spectaculaire, quelle plaisante surprise.

– Miss Bell, répondit aimablement James, nous nous rencontrons de nouveau.

– Dans d'étranges circonstances, je dois dire, fit remarquer Elinor.

Elle se leva, lui remit ses lunettes, puis regagna son siège.

– Puis-je savoir ce qui vous amène si loin de la salle de bal ?

– Je me suis perdu en allant aux toilettes, mentit-il sans sourciller.

Elle plissa les yeux.

– Cela fait tout de même une sacrée trotte. Elles se trouvent tous près de la grande salle, directement à droite de la porte.

– Vous êtes bien aimable de me renseigner, dit James sur un ton reconnaissant. D'ailleurs, l'envie est toujours pressante, si vous vouliez bien me faire redescendre.

Elle ouvrit la paume, et la baguette de James vint s'y loger sans qu'elle ne prononce le moindre mot.

– Non, je ne crois pas.

Il haussa les épaules, l'air parfaitement indifférent, tandis qu'elle examinait attentivement la baguette.

– Votre maison est très belle, reprit-il sur le ton de la conversation. J'ai particulièrement aimé votre chambre.

– Vous être entrés dans la chambre d'une jeune femme sans autorisation ? Vilain.

– J'étais curieux, mais je vous promets que je n'ai rien touché.

– J'espère bien, répondit aimablement Elinor en reportant son attention sur lui.

Ils échangèrent un sourire.

– J'aime beaucoup cette bibliothèque, continua sereinement James.

– Vous êtes un fervent lecteur ?

– Un vrai rat de bibliothèque. J'ai entendu dire que vous teniez un club de littérature.

– L'une de mes dernières lubies incompréhensibles. Je déteste la lecture. J'aurais préféré un club de peinture, mais peu de femmes accepteraient de se salir au nom de l'art.

– Ah. Vous auriez dû choisir la décoration comme thème. Ma mère et leurs amies passent leurs temps à rénover leurs salons.

– Bonne idée. Que pensez-vous de la décoration de cette pièce ?

Les yeux de James parcoururent la sombre pièce.

– Sans doute un peu classique à mon goût, mais après tout, ça reste une bibliothèque.

– La pièce secrète où vous sembliez vous rendre est encore plus glauque, si vous voulez mon avis.

– Je connais deux ou trois personnes dont le travail vous ravirait, j'en suis certain.

– Le problème, c'est que comme je vous l'ai dit, cette pièce est censée être secrète.

– Ah. Oui, c'est vrai. J'avais oublié.

– Tout comme vous avez dû oublier qu'un cordon rouge – comme celui tendu en bas des escaliers – est censé représenter une limite à ne pas franchir.

– Suis-je bête. Mais il faut dire que ma vue est mauvaise.

– Songez peut-être à changer de lunettes. Lorsqu'un endroit est interdit, généralement, c'est pour assurer votre propre sécurité.

– Que devrais-je craindre ?

– Mon père, par exemple. Il a une fâcheuse tendance à étrangler les personnes qui se mêlent de ses affaires, et à les entasser dans notre crypte familiale.

James cligna les yeux.

– Ah.

Le sourire d'Elinor devint lugubre.

– Que faites-vous ici, Mr Potter ? Et je vous déconseille de me mentir.

Il suivit son conseil, et le lui dit.

Elle en resta bouche bée.

Même Tom ne put masquer sa surprise. Il se retourna un instant, regarda James avec suspicion, puis reporta son attention sur le couloir.

– Pourquoi devrais-je vous croire ? demanda-t-elle d'une voix peinée. Mon père est peut-être une brute, mais il ne ferait jamais une chose pareille.

– Vous venez de me dire qu'il entassait des gens dans votre crypte familiale, fit remarquer James.

– Pas des enfants. Vous mentez.

Ses yeux étaient brillants, comme si elle retenait des larmes, sa voix tremblait, et elle semblait à deux doigts de pleurer.

Il haussa les épaules.

– Pourquoi vous mentirais-je ?

– Parce que vous êtes à ma merci.

– Justement Elinor, dit James sur un ton grave. Je n'ai aucune raison de vous mentir. Comme vous l'avez dit, je suis à votre merci. La seule raison pour laquelle je me suis lancé dans cette opération risquée seul, c'est pour découvrir la vérité.

Ils se défièrent du regard.

– Je ne mens pas, répéta-t-il, toujours sans cligner des yeux. J'aimerai être en train de mentir, mais ce n'est pas le cas.

Tom s'éclaircit la gorge.

– Miss Elinor, Mrs Bell approche, annonça-t-il.

Elinor continua à regarder James pendant quelques secondes, comme en proie à un dilemme interne, avant de brusquement brandir sa baguette et le stupéfixer.

(Moi, j'avais les jambes en coton. J'étais très intimidé, déjà sous son emprise…)

D'un geste vif, elle ramassa la cape d'invisibilité de James et en recouvrit d'un geste fluide le jeune homme toujours suspendu, dont les yeux renvoyaient un mélange d'indignation et de soulagement.

(Il avait beaucoup de mal à parler, c'est vrai, dit Elinor avec un sourire tendre.)

Tom se métamorphosa de nouveau en chat et disparut derrière le fauteuil qu'elle remettait en place.

(C'était la première fois que je me retrouvais dans une situation aussi… embarrassante. Je ne pouvais ni parler, ni bouger, ni me défendre. À proprement dire pétrifié.)

Lorsque Marion ouvrit la porte, Elinor avait tout juste eu le temps de saisir un livre par lequel elle fit semblant d'être absorbée.

– Ah, tu es là, dit Mrs Bell. Je te cherchais.

– Je suis montée chercher un exemplaire de mon almanach, dit Elinor d'une voix égale. Mrs Van de Pol m'en a demandé un exemplaire dédicacé pour ses nièces.

– Quelle horrible bonne femme, commenta sa mère. J'espère que tu le lui factureras.

– Bien évidemment, dit Elinor.

Mrs Bell lui adressa un clin d'œil.

– Ne tarde pas à descendre, les enchères vont bientôt commencer, et il y a beaucoup de jeunes gens qui veulent te remporter.

L'un des lots étaient en effet un rendez-vous en compagnie de la jeune femme.

– Bien, Mère, dit Elinor.

Marion tourna les talons, s'apprêta à sortir, avant de se raviser et se retourner.

– Tout va bien ? s'enquit-elle avec inquiétude. Tu me sembles un peu pâle…

– Je suis juste un peu fatiguée, bégaya Elinor. Je ne me suis toujours pas remise du voyage en bateau. Je vais m'asseoir quelques minutes avant de descendre.

– Très bien.

Pas totalement convaincue, Mrs Bell quitta néanmoins la bibliothèque.

Elinor fixa la porte en silence quelques minutes. Le plan, le bureau, les révélations de James… tout se bousculait dans sa tête.

– Tom ? appela-t-elle.

Un instant plus tard, l'homme à tout faire se trouvait de nouveau à ses côtés.

– J'aimerai que vous vérifiiez qu'Arthur va bien, murmura-t-elle afin que James ne l'entende pas. Si ce que Mr Potter est vrai, cela pourrait expliquer pourquoi il se sent aussi faible, ces derniers temps.

Elle marqua une pause, avant de lui demander avec un brin de désespoir dans la voix :

– Qu'est-ce que vous en pensez ?

Tom jeta un bref coup d'œil à James.

– Que vous devez vous montrer prudente. Il se peut que Potter mente. J'ai du mal à croire que Mr Bell puisse faire une chose pareille.

(Et James… il m'a dit des choses qui ont bouleversé ma vie. Il a su trouver les mots, réveiller quelque chose en moi. J'étais consciente de sa réputation de beau parleur, mais… je sentais que je pouvais le croire, même si ce qu'il me disait m'effrayait.)

– Mais il se peut qu'il dise la vérité.

(Je considérais n'avoir rien à perdre en lui disant ce que j'avais sur le cœur. Et j'avais besoin qu'elle croie en ma sincérité. Et je suis parvenue à la convaincre.)

– Tom… Il a établi la même liste moi, ce ne peut être une coïncidence. Et si c'est le cas... je pourrais bien être la prochaine sur la liste. Et Alioth aussi, dit-elle, soudain alarmée.

– Master Alioth…

– Est un Bell autant que je le suis, trancha-t-elle froidement.

Il y eut un silence.

– Je vous conseille de ne plus remettre en compte la parenté de mon frère, ajouta-t-elle d'une voix vibrante d'émotion.

Elle n'arrivait pas à croire que Tom accordait du crédit à ces horribles rumeurs qui couraient sur sa mère et Alioth.

– Ce n'est pas ce que je voulais dire, répliqua prudemment Tom. Je n'oserai jamais remettre en cause le fait que Master Alioth soit votre frère. Mais il n'empêche que vous n'êtes pas comme les autres. Vous êtes spéciale.

Elle sentit ses jambes se dérober sous elle. Tom la rattrapa juste à temps, et la fit se rasseoir. Elle resta quelques instants agrippée à sa chemise.

– Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ? s'enquit l'homme une fois qu'elle le relâcha.

Elle ferma les yeux.

– Juste… Arthur. Maintenant.

– Et Potter ?

Elle rouvrit les yeux, et fixa l'endroit où se trouvait ce dernier.

– Je m'en charge.

Tom n'était visiblement pas content de la laisser seule, mais le regard froid qu'elle lui jeta le dissuada de la contrarier plus qu'elle ne l'était. Même une fois seule, elle resta de longues minutes à fixer le mur opposé, à travers James toujours incapable de bouger.

(Le charme opérait entre nous.)

Il lui aurait été très aisé de se défaire de son sort, de lui jeter un sortilège de mémoire, de faire subir le même sort à son factotum, et de redescendre rejoindre ses parents à l'étage inférieur en sifflotant d'un air innocent.

Mais il voulait voir ce qu'elle allait faire d'abord.

Peut-être parce qu'elle semblait si affectée par ses révélations. Peut-être parce qu'il savait qu'elle avait subi des choses effroyables. Peut-être parce que ce n'était pas uniquement parce qu'elle ressemblait à un ange qu'il avait l'impression qu'elle était tombée du ciel. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait que cette jeune femme était spéciale.

(Et Ellie… elle m'a surprise par son intelligence, et sa réactivité.)

Elinor finit par se reprendre lorsque la cape d'invisibilité glissa et tomba au sol, lui rappelant la présence de son indésirable visiteur.

James Potter.

Marion avait remis des problèmes toutes aussi urgents sur le tapis.

Et elle avait à sa merci un jeune homme qui pourrait se révéler bien utile.

Beau, populaire, noble et riche.

Son cerveau fourmillait déjà de mille idées. Le temps pressait. En attendant de voir si elle allait ou non dénoncer James à ses parents, elle avait là le fiancé idéal.

(J'ai su immédiatement. J'ai su que j'avais trouvé l'homme que je cherchais…)

Elle agita de nouveau sa baguette. James se retrouva suspendu à l'endroit.

(Il faut dire que tu es très intimidante quand tu le veux.)

– Bien, Mr Potter, reprit-elle d'une voix forte. Reprenons. Qu'êtes-vous disposé à faire, afin que je ne rappelle pas ma mère ? Ou pire, mon père?

(Je savais que je ne pourrais vivre qu'en épousant Elinor. Que je mourrais si elle ne devenait pas ma femme.)

James la regarda droit dans les yeux et n'hésita pas une seconde.

– Tout ce que vous voudrez.

(Et c'est là que j'ai su que mon salut se trouvait elle.)

Elinor esquissa un petit sourire sinistre.

– Tout ?

(Et le mien en James.)

– Tout.

(Il m'a d'ailleurs demandé en mariage très vite après cela.)


Bla bla del auteur :

(faut que j'arrête de poster au milieu de la nuit)

Hello !

Voilà un deuxième bonus, j'espère qu'il vous a plu !

Les chapitres #22 et #23 sont prêts héhéhé, mais je n'arrive pas à me décider, au vu de leur contenu, si je mets d'abord de POV de Lily ou de James… hmmm… Bon, vous verrez prochainement ce que j'ai décidé )

Alors il faut aussi que je vous parle du planning écriture : je ne serai pas là au mois de juin, car j'ai mes oraux. Ça signifie que je ne publierai pas, et que je n'écrirai pas non plus.

Ça ne signifie pas qu'il n'y aura pas de MAJ, simplement qu'elles ne seront pas aussi régulières qu'en ce début d'année 2016, et que ça impactera également sur juillet. Je vais tenter de publier jusque l'anniv de Marlène avant la pause, car tout est pratiquement terminé jusque-là. Ça fait 3 chapitres à peu près…. J'essaierai de m'avancer en mai aussi, mais avec le concours, je doute d'avoir le temps.

Et l'histoire finira au chapitre 33 au passage, sans compter les bonus.

D'ailleurs en parlant de Bonus : je viens de réaliser que les trois que j'ai écrit nourrissent plus l'histoire côté James. Pour l'instant, je n'ai pas ressenti le besoin d'éclaircir des choses côté Lily… y'en a bien un assez marrant qui me dit bien, et qui se passerait à l'époque Poudlard…

Sinon, évidemment, MERCI pour votre soutien ! Certains s'abonnent ou mettent en favoris, d'autres reviewent, d'autres font tout ça, et y'a même des rebelles qui n'en font rien lol ! Mais hé, rien que de savoir que c'est lu ça me fait plaisir ! Merci de prendre ce temps ! Et dans tous les cas je suis tellement contente quand je vois que beaucoup de personnes veulent savoir la suite. ) Vraiment, merci merci merci vous êtes formidables :)

Et voilà ! Euh, ah oui, /!\ j'ai bêtement oublié une petite partie vers la toute fin du chapitre précédent, que j'ai ajouté et mis en gras pour que vous la repéreriez plus facilement (juste avant la bagarre James/Nathan). Je ne sais pas pourquoi j'ai publié l'autre version, surement la fatigue, et c'est clair que la bagarre n'a pas été très claire pour le coup. C'est mieux, nan?

Et sinon, tant que j'y pense, j'aimerai revenir sur un détail, dans le chapitre ou Lily et Katie se disputent : il y a un subplot que j'ai pas développé car je n'en voyais pas l'utilité, mais voilà : Katie n'est pas complètement paranoïaque, en fait. Comme je le dis deux fois dans le chapitre, Lily et Doc ont dormi ensemble « l'un contre l'autre. » Et en fait, quand Doc s'est réveillé ce matin, son corps avait réagi… euh, naturellement à la proximité de Lily. Vous voyez ce que je veux dire, hein ? C'est physiologique vraiment. Du coup il était vachement gêné, Dorcas est rentrée à ce moment-là, elle a compris la situation en le voyant si rouge, mais a fait comme si de rien n'était. Puis quand Doc est rentré, Katie l'attendait, il ne lui a pas raconté ça (pas fou quand même), mais il était tellement gêné qu'elle a suspecté qu'il était arrivé quelque chose quand il a dit avec qui et comment il avait passé la nuit. Voilà Voilà.

Sinon, RAR postées en anonymes (j'ai répondu aux autres en MP) :

Merci à Chevalier du Cat :

C17 : Perso, je comprends que Katie se sente pas rassurée de la proximité de Doc et Lily. Doc est adorable, et elle se rend compte qu'elle passera toujours en dernière et ça l'embête. Je pense que dans le fond, elle est en droit de faire des reproches à Lily (mais que c'est un peu facile de tout lui reprocher, je l'admet) mais dans la forme c'était trop dur./ De plus, Lily est une femme, Doc un homme, elle ne se rend pas compte qu'elle peut devenir une tentation a force de dormir a moitié a poil (on est en plein été dans l'histoire) tout contre lui, comme je le dis plus tot. Ralala..

C 21 : J'ai jubilé en lisant ta review. Tu es proche de la vérité pour certaines choses, tu t'es faite avoir par l'histoire pour d'autres… ^^ Mais ce qui est marrant, c'est que j'ai complètement envisagé à un moment l'une de tes théories avant d'opter pour autre chose... Du coup, j'ose pas trop dire quoi que ce soit de peur de lâcher une info ! Beau boulot en tout cas, tes déductions m'ont impressionnées, ça se voit que tu as prêté attention aux détails ! / Moi aussi j'aime bien mon Felix, dommage que ce soit un perso de fiction car il est tres sympathique. / Au fil des chapitres précédents, on voit que Lily a muri, mais son cœur n'en a rien a cirer de ses résolutions, donc… ^^/ Je vois que tu n'as pas oublié/pardonné le passé de Nathan hein ^^ Tu ne crois pas qu'il ait vraiment changé, au moins sur certains aspects ?

C 22: Olala, d'ici que James se remette en question, et se rende compte que ce qu'il demande à Lily est stupide... même toi qui le soutiens généralement, tu vas avoir envie de le baffer!

Bisous et merci mille fois pour tout ton soutien!

Merci à Pingouinpingouin :

C19 : merci beaucoup pour ton retour, je suis vraiment ravie que ça te plaise héhéhé :)

C20 : En fait, c'est la loi du silence qui règne à Shortbourne, sous peine d'être zigouillé, et pas forcément par BB. Bien sûr que si tout le monde s'asseyait et disait ce qu'il savait, ce serait réglé en 10 mn lol. Mais tout le monde se méfie de tout le monde, car une trahison et c'est la mort. Tom par exemple a mis du temps a s'ouvrir à James. James a gagné son respect en soutenant Ellie et en restant avec elle malgré les rumeurs. Sans cette preuve de loyauté, il n'aurait jamais parlé de ce qu'il savait. Pareil pour l'Elfe d'Ellie, et le Soigneur Mrs Robin. C'est le soutien de JP a Ellie qui les a décidés à parler. /

C22 : Même dans l'hypothèse que Nathan ait réellement changé, pour lui James c'est la plus grosse raclure du monde car il lui vole ses nanas. Pas une fois, mais deux ! Et je pense qu'il a craqué, un coup de sang qu'il n'avait pas prémédité mais qui lui a fait beaucoup de bien./ Je sais plus a qui je disais ça, mais si tu as des mecs un peu fiers dans ton entourage, tu sais que James ne laissera jamais Lily savoir que Nathan l'a ruiné. Question de fierté… et ça, Nathan le sait pertinemment. / J'ai un peu repris le chapitre là ou ça me chantait lol. C'est vrai que pour moi c'est clair… ^^/ Merci en tout cas de prendre la peine de me faire des retours, ça me fait tellement plaisir :)

Merci à Malle :

C20 : Youhou ! Enfin quelqu'un qui n'a pas vu venir le fait qu'Elinor soit la mere d'Al. / Lee est un patient de James décédé dans d'étranges circonstances, ce qui l'a marqué. J'en parle très peu et pourtant il est à l'origine de l'enquête. Je vais revenir sur tout ça dans une poignée de chapitre, donc ce n'est pas grave si tout n'est pas compris. / James est complétement dans le déni, il ne voit sincèrement pas où est le problème ^^

C21 : Eh ben, avant même qu'ils se rencontre, je vois que Felix perd complètement contre James. Pourtant, objectivement, il est meilleur pour elle, non ? Le comportement de Nathan est pitoyable, mais il a démontré par le passé qu'il se fichait un peu des sentiments de sa partenaire (positifs ou négatifs) tant qu'elle est consentante. Ralala ^^ Tu en sauras un peu plus sur Nathan/Alex au prochain chapitre de Lily./ Merci du fond du cœur d'avoir laissé ton avis ! Bisous !

& merci à Xila : Hé mais moi j'aimerai bien aussi être aussi populaire lol. Mais je me doute que le choix n'est pas facile. Déjà clairement, elle ne considere pas Nathan comme une option, elle aime James mais se mettre avec lui n'est pas une option tant qu'il est avec Ellie, et Felix est parfait mais… pas celui qu'elle veut… Merci beaucoup de m'avoir reviewé, j'apprécie énormément ! Bisous !


Prochain chapitre… ce week end !

Mais en attendant... Reviewez!