Note del auteur : Emily est là avec ses grands décolletés et son appétit de succube, ce qui aura forcément des conséquences (in-)attendues. Donc n'oubliez pas que l'histoire est passé en rating M /!\. Si des passages vous gênent, sautez jusque-la fin.
CHAPITRE 27 : Toutes les femmes de sa vie (2/2) – LILY
SIRIUS FRONÇA le nez.
– Tu devrais peut-être y aller mollo avec le café.
– Pas le choix, dit Lily tandis que le serveur s'éloigner lui en chercher une troisième tasse. Je suis à deux doigts de m'écrouler. Il n'y a que ça qui me fait tenir encore debout.
Comme pour appuyer ses propos, elle ne put réprimer un long bâillement. Quand elle y repensait, sa semaine avait été longue et difficile.
Lundi… lundi, James lui avait rendu visite et ils s'étaient disputés, embrassés, puis disputés à nouveau. Puis elle avait eu un stressant entretien avec Herbert, travaillé avec Alex, pris l'apéro avec Dorcas, passé la soirée à travailler, discuté longtemps avec Marlène, et passé la nuit à travailler encore.
Mardi… mardi, elle avait travaillé avec Herbert, puis Ellie (en se faisant agresser au passage), puis avec Oscar de la Naranja, puis toute seule chez elle, puis cette excursion nocturne à La Bonne Fée.
Elle avait passé mercredi à l'hôpital à se faire interroger par la police magique, à dormir, à refouler les souvenirs douloureux qu'elle associait aux hôpitaux. Puis Nathan lui avait fait croire que tout était de sa faute, et ils avaient fini par se prendre une cuite monumentale.
Jeudi… jeudi, elle s'était réveillée dans un lit avec Nathan, avait fricotté avec James, séparé une bagarre, survécu à une déclaration d'amour, encaissé les confidences de Nick, confronté Nathan pour finalement découvrir que c'était Alex, agressé Katie, tenté de s'habituer à la nouvelle personnalité d'Ellie, fouillé Verveine, appris plus sur les Bell, diné avec les Maraudeurs… Et puis Emily était revenue, ce qui avait engendré une deuxième nuit sans sommeil.
Et aujourd'hui vendredi, elle n'arrivait pas à croire qu'il n'était même pas encore midi et que sa journée était déjà aussi pourrie.
Un seul mot. Emily.
Lily se passa les mains sur le visage. Elle se sentait à cran, à deux doigts de la crise de nerfs, et tellement, tellement fatiguée. Mentalement, physiquement. Seule l'idée d'une soirée tranquille à faire sa valise en regardant la télé, d'un weekend avec tous ses amis, l'empêchait de partir en courant élever des poneys en Laponie.
Elle laissa échapper un long bâillement malgré la grosse dose de caféine déjà ingurgitée – approximativement un baril et demie, et Sirius la regarda avec inquiétude.
– T'as déjà essayé genre de, euh, dormir ?
– Ce n'est pas l'envie qui me manque, répondit-elle d'une voix plaintive, mais je souffre de crises d'insomnies en ce moment… C'est clair que j'ai besoin de repos.
– Mais la caféine, ça excite.
– Je sais… Mais je suis obligée de tout boucler aujourd'hui. Marlène me tuerait si j'apportais du travail à son anniversaire. Et puis j'ai pratiquement terminé, une fois ces essayages terminés je suis libre.
Comme promis, Lily était passée chez Sirius pour jeter un œil à la moto, pour découvrir que cette dernière était bien moins mal en point qu'il ne l'avait affirmée. En fait, elle le soupçonnait même d'avoir légèrement saboté le moteur afin de justifier l'appel à l'aide. Pourquoi ? Lily avait compris qu'il souhaitait discuter quand il l'avait accompagnée par la suite faire ses courses sur le Chemin de Traverse et invitée à déjeuner.
Elle commençait à se demander quand est-ce qu'il entrerait dans le vif du sujet, quand il rebondit étrangement sur sa dernière phrase :
– Quelque chose me dit que ce n'est pas que le travail, qui te tient éveillée toute la nuit.
Elle se tourna vers lui, et lui jeta un regard étrange.
– Et d'après toi, qu'est-ce que c'est ?
Il but une gorgée de sa canette avant de répondre.
– Mon meilleur ami.
Lily se raidit immédiatement.
– T'en as trois, fit-elle remarquer en allumant une cigarette
– Tu sais très bien de qui je parle.
– Je n'ai pas très envie de parler de lui, répliqua-t-elle froidement.
– Mais tu ne démens pas que c'est à cause de lui que tu n'arrives pas à dormir correctement ?
– Non, admit-elle.
Elle se mit à tirer frénétiquement sur sa cigarette avec l'air boudeur qui rappelait son attitude de quelques mois auparavant, quand elle n'avait pas encore fait la paix avec James. Le front de Sirius se rida.
– T'as l'air remontée contre lui.
– Parce que c'est un gros con.
Sirius soupira.
– C'est vrai.
– T'es pas censé le défendre ?
– C'est ce que j'essaie de faire, au contraire. Défendre ses intérêts. Assurer ses arrières.
Lily fronça les sourcils.
– Et qu'est-ce que ça a à faire avec moi ?
– Tout. Parce qu'il est complètement amoureux de toi, et que je suis certain que tu es la nana qu'il lui faut.
Lily resta interdite.
– Je ne pense pas que lui pense comme toi.
– J'ai discuté avec lui. Crois-moi, ton nom est tatoué sur son cœur.
Lily se mit à observer les passants.
– S'il m'aimait vraiment, il n'aurait pas couché avec Emily, déclara-t-elle finalement.
– Il a couché avec Emily ?
– Au moins deux fois cette semaine.
Sirius eut l'air dubitatif.
– T'es sûre de cette info ?
– Je la tiens de Miss Pétasse en personne.
– Elinor ?
– Non, je te parle de la Reine-Mère des Pétasses. Emily.
Sirius afficha un air perplexe. Lily ne sut jamais pourquoi elle s'ouvrit à lui. Peut-être parce qu'elle avait besoin de lui parler, ou parce qu'il savait déjà tout ce qui se passait entre James et elle, ou parce que James lui avait un jour dit que Sirius était de bon conseil, ou parce qu'elle sentait d'elle-même qu'il pourrait lui faire confiance. C'était peut-être un mélange de tout cela qui l'amena à lui raconta la scène s'étant déroulée devant elle. Il se gratta la tête.
– Peut-être qu'elle cherchait juste à titiller Elinor ?
– Non, car elle a dit des trucs du genre « je suis déjà au courant, James ne me cache rien, faudra chercher autre chose pour me rendre jalouse. »
– Elle a peut-être répondu ça pour faire comme si ça ne la touchait pas.
– Peut-être, admit Lily avec une pause.
Peut-être pas.
– Je sais que tu vas croire que je ne fais que protéger mon meilleur ami, mais j'ai tendance à ne pas croire un mot de ce qui sort de la bouche de ces deux femmes. Toi et moi, nous avons besoin d'air pour exister. Elles, elles ont besoin de se conduire comme des Harpies. Donc, j'ai mes doutes, sur cette histoire.
Lily sentit un poids quitter ses épaules. Le fait qu'il y ait ce moindre espoir pour que ce soit faux la rendait déjà moins triste.
– Le mieux serait de demander à James, ajouta Sirius.
– J'ai plus envie de lui parler.
Il restait tout de même assez probable pour que James ait réellement passé deux « nuits torrides » avec Emily.
– Accorde-lui le bénéfice du doute, Evans. Il t'aime vraiment. Ça m'étonnerait énormément qu'il ait couché avec Emily juste après t'avoir dit ce qu'il t'a dit. Ce n'est pas parce que vous avez décidé d'être amis que vos sentiments sont anesthésiés.
Lily baissa les yeux.
– A ce propos, j'admire ta décision de ne pas commencer une relation secrète avec James. C'est censé et compréhensible. Mais Evans… ne baisse pas les bras, s'il te plait. Ne renonces pas à lui.
Elle lui jeta un regard étonné.
– Je n'ai pas l'impression d'avoir le choix. Il est fiancé à une femme enceinte.
– Je peux t'assurer que c'est très compliqué avec Ellie, mais que s'il avait le choix, il serait avec toi. Sans l'ombre d'un doute.
Elle sentit une boule d'émotion se coincer dans sa gorge. C'était ce qu'elle voulait entendre, mais qu'elle redoutait en même temps, ce qui réveillait ce fol espoir en elle, qui ravivait les braises mourantes.
– Qu'est-ce que je devrais faire, d'après toi ? demanda-t-elle d'une voix faible.
– L'attendre.
– Combien de temps ? Un mois ? Un an ? Trois ?
Sirius esquissa une grimace.
– Je ne sais pas, admit-il finalement.
Lily sentit ses yeux picoter, et son cœur se resserrer, mais elle resta miraculeusement calme. Elle commençait à avoir un sacré contrôle sur ses larmes, se dit-elle avec fierté.
– Qu'est-ce qu'il fait avec Ellie ?
– Je ne peux pas te le dire.
Lily se pinça les lèvres.
– Sirius, je ne peux pas rester là à attendre qu'il se décide à tenter quelque chose avec moi.
– Ce n'est pas de son ressort.
– Alors de qui est-ce ?
Sirius soupira.
– Tu ne vois que trente pourcent du tableau, Evans. Ce mariage n'est que la partie émergée d'un iceberg. James… il a quelque chose à accomplir avant de pouvoir se libérer de toutes ses obligations. Et je pense qu'il a enfin compris qu'il ne peut pas y arriver tout seul. Mais il a encore besoin d'un peu de temps. Et tu as raison : je ne saurais te dire combien de temps, et je sais que j'abuse en te demandant ça. Mais je sais que vous pourriez avoir quelque chose d'incroyable.
Lily baissa les yeux, et se mit à fixer ses mains.
– C'est injuste, de me demander de l'attendre.
– Je le sais.
– Et je ne suis pas certaine d'en être capable.
– Essaie.
Elle releva la tête.
– Notre… histoire est un vrai ascenseur émotionnel, et c'est très épuisant. Je suis fatiguée de cette situation, Sirius.
– Tu sais quoi ? Oublie ce que j'ai dit au sujet du café. Bois-en. Des tonnes s'il le faut. Chasse cette fatigue. Mais ne laisse pas tomber.
Elle ne put s'empêcher de sourire.
– Il était triste, lorsqu'il me racontait ce qui s'est passé entre vous, poursuivit-il. Et il est terrifié que tu mettes ta menace à exécution, et que tu t'en ailles. Il est paniqué à l'idée de faire quoi que ce soit pour te faire fuir.
– Est-ce que c'est pour ça qu'il n'avait pas l'air dans son assiette hier soir ? demanda Lily après une courte pause. Quand on dinait… il était clairement absent, parlait à peine. J'ai le pressentiment que ça n'a pas entièrement à voir avec notre discussion de la matinée.
Sirius sembla hésiter quelques secondes.
– Tu sais garder un secret ?
– Hm-mm.
Sirius inspira profondément.
– En fait, c'en est pas vraiment un, de secret. C'est juste qu'il ne veut pas en parler. Euphémia et Fleamont… Ses parents souffrent de dragoncelle chronique depuis quelques années.
– Oui, mais ça se soigne plutôt bien, maintenant, non ? fit remarquer Lily. Il y a eu énormément de progrès, ces dernières années.
– Ça reste tout de même une maladie inquiétante pour les personnes âgées, expliqua Sirius. Hier, James et moi nous sommes rendus à Bath pour essayer d'obtenir l'aide d'Euphémia par rapport au concours, et McKinnon a laissé échapper qu'ils se remettaient d'une rechute.
– Oh…
– C'est d'ailleurs pour ça qu'elle est restée tout l'été avec eux. Ce n'étaient pas eux qui veillaient sur elle, c'était elle qui s'occupait d'eux. Elle leur tient compagnie. Elle a fait du bon boulot.
– Je ne savais pas, commenta Lily, stupéfaite. Marlène ne m'a jamais rien dit…
Mais elle se sentait tellement, tellement fière de son amie.
– Euphémia et Fleamont lui ont fait promettre de garder le secret.
– Et… comment vont-ils, maintenant ? Est-ce qu'il y a une amélioration ?
– Ils vont beaucoup, beaucoup mieux. Mais James ne les avait auparavant jamais vu aussi faibles, ça lui a foutu un coup. Il est encore en état de choc. Ses parents sont sa seule famille.
– Oh…
Elle sentit son cœur se serrer de tristesse. James lui avait un jour confié être terrifié de perdre ses parents. Ça expliquait son attitude de la veille. Ça excuserait presque le fait qu'il se soit tapé son ex.
– Je suis tellement désolée, murmura-t-elle, sincèrement peinée. C'est tellement triste. Il n'y a rien qu'on puisse faire ?
– Juste… être là pour lui. Lui rappeler que les amis, c'est la famille qu'on choisit.
Elle acquiesça. Sirius se mit à l'observer avec un petit sourire.
– Euphémia va t'adorer, déclara-t-il.
Lily fronça les sourcils.
– Qu'est-ce que tu racontes ? s'étonna-t-elle.
– Va savoir comment, mais elle connait ton existence et te porte un intérêt tout particulier. Elle m'a dit avoir hâte de te rencontrer.
– Pourquoi est-ce qu'elle aurait hâte de me rencontrer ?
– Disons que McKinnon est décidément très maladroite avec les secrets.
Silence.
– Dis-moi que c'est une blague, supplia Lily, mortifiée.
– Elle n'était pas très discrète, quand elle enguelait James pour t'avoir mis le grappin dessus alors qu'elle lui avait spécifiquement interdit de t'approcher.
Elle devint rouge écrevisse.
– Oh, mais je vais la tuer ! siffla-t-elle.
Sirius éclata d'un rire tonitruant.
– Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle ! Ça va être super gênant, demain ! Et toi, arrête de ricaner !
– Elle va t'adorer, assura Sirius, toujours très amusé.
Elle soupira.
– Evans ?
– Hmm ? grommela-t-elle.
– Je le pense vraiment, quand je dis que tu es la bonne. La femme de sa vie.
Silence.
– Je sais que ce serait très dur, d'attendre James dans ces conditions.
– Alors pourquoi est-ce que tu me le demandes ?
– Parce qu'il en vaut la peine.
Lily inspira profondément.
– Quand je suis avec lui, je me sens tellement bien, et tellement heureuse. Et c'est une évidence que ce qu'on pourrait avoir serait magique. Et… et je le veux en entier, mais je ne peux pas, alors je me dis que ce serait beaucoup plus facile de ne rien à voir du tout. J'en deviendrais folle, si je devais attendre indéfiniment qu'il accomplisse je ne sais quoi. Ce serait trop dur, et je sais que je craquerai jusqu'à devenir sa maîtresse, et je veux continuer à pouvoir me regarder dans les yeux. Je ne suis pas intéressée pour être le second choix de personne…
Puis elle se souvint d'Emily.
– …et encore moins le troisième.
LORSQU'ELLE ARRIVA au manoir Potter pour les essayages, Lily eut la mauvaise surprise de constater que James était revenu de Dieu sait où il avait disparu avec son ex-petite-amie et discutait allègrement avec Herbert et Ellie. Son visage se décomposa, ce qui ne passa inaperçu aux yeux de personne.
– Tout va bien, Miss Lily ? s'enquit Herbert en levant un sourcil.
– Oui, je… hum, je ne savais pas que James serait présent, expliqua-t-elle sur son ton professionnel le plus neutre.
– Je dois essayer mes costumes. Ils seront assortis aux tenues d'Elinor.
– Oh. OK
Le front de James se rida.
– Ma présence te pose un problème ?
– Pas du tout, mentit-elle avec un sourire forcé. C'est juste que… heu, je pensais que ça portait malheur au mariés qu'ils se voient en tenue avant la cérémonie. Mais ce n'est peut-être qu'une superstition Moldue.
Elinor eut un petit rictus.
– Je ne suis pas superstitieuse, assura-t-elle simplement. Je suis le genre de personne qui irait casser un miroir sous une échelle avec un chat noir sur la tête si ça pouvait m'assurer d'être la plus belle à mon mariage.
James roula des yeux.
– Même enroulée dans de la cellophane, tu serais la plus belle.
– Je ne sais pas ce que c'est que de la cellophane, mais je suis certaine que tu as raison, approuva la blonde.
Elle fit apparaître un miroir, et se mit à vérifier son image avec satisfaction.
Le salon était encombré de robes, chaussures, costumes et chapeaux dont Michelle, l'assistante du couturier, testait l'assemblage. Lily s'approcha du portant où étaient suspendues une douzaine de robes aux couleurs crémeuses.
– Il y en a bien plus que prévu, constata-t-elle en découvrant les nouveaux modèles avec émerveillement.
– J'ai été très inspiré ces derniers jours, expliqua Herbert. J'ai travaillé jour et nuit, mais c'était très excitant de travailler sur des robes de mariage. Et Elinor est une excellente muse.
– Je ne peux pas dire le contraire, approuva cette dernière sans quitter son reflet des yeux.
En fait, elle ne sortit de sa crise de narcissisme que lorsque Lily revint dans la pièce vêtue de la première robe. Cette dernière ne voyait pas comment Ellie comptait regagner sa ligne de guêpe en quelques semaines, mais la fiancée était parfaitement sereine à ce sujet. Sa seule inquiétude résidait en la taille de la poitrine, mais Herbert la rassura quant au fait qu'elle ne redeviendrait pas « plate comme une planche à repasser » immédiatement après son accouchement, et Ellie le visa avec l'énorme chevalière qu'elle faisait essayer à James jusque-là.
Ellie eut un véritable coup de cœur dès la deuxième robe, s'enflamma pour la sixième, et avait les larmes aux yeux quand Lily réapparut avec la dernière, et bientôt, il ne resta plus qu'à trouver la tenue de James, qui n'avait prêté aucune attention aux essayages et s'était vite endormi.
Les essayages se révélèrent bien moins longs et difficile que prévus, fort heureusement car tout le monde commençait à fatiguer et qu'Elinor, de plus en plus irritable, arpentait la pièce de long en large pour soulager les fausses contractions qui la torturaient. Lorsque James réapparut avec le septième costume qui était d'un joli bleu ciel, elle poussa un cri de victoire qui fut tout d'abord confondu avec un hurlement de douleur car elle se tenait le ventre.
– Celui-là… c'est le bon, haleta-t-elle en repoussant Tom qui, alerté par le cri, tentait de l'emmener se reposer.
– Miss Elinor, peut-être qu'on devrait appeler Mrs Robin…
– Surement pas, protesta-t-elle. J'ai pas mal… et ce costume… il est… OH PUTAIN ÇA FAIT MAL ! » hurla-t-elle brusquement, et tout le monde sursauta. « ... parfait, continua-t-elle d'une voix plus maitrisée. Ça ira…. parfaitement… OH, SA MERE !... avec… ma deuxième robe… super…
– Ellie, tenta d'intervenir James. Tu…
– JE VAIS BIEN !
Il déglutit et se cacha derrière Michelle, qui elle-même s'était réfugiée derrière Herbert, qui lui se terrait derrière Lily.
– Peut-être que vous devriez vous allonger un petit peu, ou prendre un bain, proposa Tom qui semblait également un peu terrifié par sa maîtresse.
– On peut très bien finir d'accessoiriser sans vous, ajouta Lily d'une voix douce.
– JE VAIS BIEN, QUE JE TE DIS !
Cependant, lorsqu'elle laissa échapper une petite larme de douleur, le factotum renonça à respecter son avis, la souleva dans ses bras et l'entraîna hors de la pièce.
Herbert et Michelle passèrent ensuite la demi-heure suivante à sélectionner les autres tenues de James, puis les accessoires, et ce fut un moment très gênant pour Lily et James, qui durent se tenir dans les tenues de cérémonies très près l'un de l'autre. Elle, dans une belle robe de mariée, et lui, dans un impeccable costume.
Ils n'osèrent croiser le regard de l'autre que lorsque les deux couturiers s'éclipsèrent quelques instants afin d'aller demander l'avis d'Elinor sur une collection de sublimes tiares.
Et Lily aima tout dans son apparence. La couleur, la coupe, la cravate, le fait qu'il ait fait l'effort de dompter ses cheveux dans les limites du possible, qu'il ne porte pas de lunettes, qu'il soit tout simplement si beau. Si beau, qu'elle se sentit remplie d'une étrange concoction de diverses émotions qui réveillèrent sa fatigue émotionnelle. Impressionnée, fébrile, émue, qu'il paraisse se élégant dans cet habit, et en même temps triste, triste, triste que ce ne soit pas pour elle qu'il se soit fait aussi beau.
James, quant à lui, devint écarlate et visiblement à bout de souffle en la regardant pour la première fois dans cette robe. Ses yeux semblaient trahir ce que ses lèvres n'osaient dire.
(Tu es magnifique)
Incapable de soutenir son regard plus longtemps, incapable de gérer ce sentiment qui la ravageait intérieurement, incapable de respirer correctement en se trouvant si près de lui, Lily se dirigea sans un mot vers le jardin.
Et James la suivit.
Il trébucha dans un ou deux bosquets en chemin, mais finit par la rattraper alors qu'elle passait près des serres et la prit par la main. Lily se tourna vers lui. Et ils restèrent debout l'un en face de l'autre sans rien dire pendant plusieurs minutes. Ils ne s'embrassèrent pas. Il ne se regardèrent pas. Mais leurs mains restèrent liées. Leurs mains, si parfaites lorsqu'elles étaient enlacées.
Dommage, vraiment, que la bague de fiançailles à son doigt reflétait de mille feu la lumière du soleil.
Elle tenta de récupérer sa main, mais il la serra fermement dans la sienne.
Elle n'insista pas, mais posa plutôt la question qui la travaillait.
– Qu'est-ce que tu faisais avec ton ex, ce matin ?
Il fronça légèrement les sourcils, décontenancé.
– Pourquoi est-ce que tu veux savoir ça ?
Elle haussa les épaules, sans répondre. Il soupira.
– Lily… j'ai bien peur que ça ne te regarde pas. C'est entre Emily et moi.
Elle le sonda du regard quelques instants.
– Je vois, conclut-elle platement.
Elle récupéra sa main, et se mit à fixer le grand arbre blanc au loin.
– Qu'est-ce que tu veux dire ?
– Je suis tellement stupide, soupira-t-elle.
– De quoi tu parles ?
Il paraissait de plus en plus confus. Lily garda un silence boudeur.
– Lily, je ne suis pas sûr de comprendre.
Elle s'obstina dans son mutisme. Le jeune homme resta interdit de longues secondes avant que la lumière n'atteigne son cerveau.
– T'es jalouse ? murmura-t-il avec étonnement.
– Non.
Silence.
– Emily et moi ne sommes qu'amis, tu sais ?
– Hmm.
Silence.
– Elle a juste énormément de problèmes en ce moment, et je tente de l'aider comme je peux.
– Hm.
Sa magie subconsciente avait dû attirer son briquet et ses cigarettes, car les deux objets se matérialisèrent devant elle.
– Ellie va te tuer, si tu fumes avec sa robe.
Elle l'ignora.
– J'aime pas vraiment les nanas qui fument.
– Oh, on sait tous le genre de nanas que t'aime bien, aboya-t-elle froidement.
Silence.
– T'as l'air sacrément jalouse, quand même, pour une nana pas jalouse, fit-il remarquer.
– Bien sûr que je suis jalouse, sombre idiot ! siffla rageusement Lily.
– OK, dit tranquillement James. Et de quoi t'es jalouse, exactement. ?
Elle plissa les paupières.
– Si tu poses la question, c'est que tu es vraiment un idiot.
– Je croyais que tu avais atteint cette conclusion depuis longtemps, répliqua-t-il froidement.
Elle plissa les yeux, et James soupira.
– Je disais ça dans le sens ou toi, tu n'as pas à être jalouse d'aucune femme. Je pensais qu'il était clair que tu es spéciale, pour moi.
Lily resta partagée entre la pincée de bonheur qu'elle ressentit face à une telle flatterie, et son côté rationnel qui se repassait la scène de la matinée. Emily, James, enlacés.
– Elle a l'air très spéciale aussi, pour toi, rétorqua-t-elle.
– Bien sûr qu'elle l'est, répondit James. On est sortis ensemble pendant quatre ans, je suis probablement la personne qui la connait le mieux. Elle aura toujours une place dans mon cœur.
Le visage de Lily se durcit, et son cœur se serra. James était vraiment un idiot, parfois. C'était vraiment la dernière chose dont elle voulait entendre parler, et toute le réconfort précédemment acquis disparut. Au moins, se dit Lily, elle avait la réponse à ses questions, et savait à quoi s'y attendre.
Bien sûr qu'elle l'est, spéciale pour lui. Bien sûr qu'elle aurait toujours une place dans son cœur. Suis-je bête.
– Je vois, dit-elle froidement.
– Evans, commença James, qui sentait l'avoir contrariée, je…
– Tu sais quoi ? coupa-t-elle. On n'est même pas censés avoir cette conversation. Restons-en là.
Elle fit disparaitre sa cigarette, et s'apprêtait à rentrer, quand James la retint par le bras.
– Qu'est-ce que tu me reproches, exactement ?
– Oh, mais rien du tout. Quelle question.
– Tu m'en veux parce que je n'ai rien fait ? OK, super logique.
– Je t'en veux car tu as beaucoup trop de femmes spéciales dans ta vie à mon goût, rétorqua-t-elle avec colère.
James fronça les sourcils.
– Mais vous n'êtes pas du tout spéciales pareilles.
– Désolée, je dois être trop stupide pour comprendre.
– Oui, tu es stupide si tu penses qu'elles t'arrivent à la cheville dans mon cœur. T'es la seule que je veux.
Lily se dégagea sèchement.
– Ouais, tant que ton ex n'est pas dans les parages.
– Non, ce n'est pas vrai, nia-t-il avec colère. Pourquoi est-ce que tu ne me crois pas ?
– Pourquoi est-ce que je te croirais, quand tu es si évidemment passé à autre chose ?
– Quoi... ? Mais… ? J'essayais de respecter ta décision en ne me battant pas pour toi ! s'écria-t-il avec frustration. Je ne renoncerai jamais à toi si je savais qu'il y avait la moindre chance pour nous deux !
– Rhôô, je t'en prie, arrête de faire semblant d'être amoureux de moi !
– Mais je ne fais pas semblant ! Je me sens comme une grosse merde dépressive depuis hier parce que je ne peux pas être avec toi !
Lily croisa les bras, l'air défiante.
– Si tu m'aimais autant, tu n'aurais pas couché avec elle après m'avoir dit m'aimer quelques heures plus tôt.
James fronça les sourcils, l'air totalement confus.
– Mais de quoi est-ce que tu parles ? s'exaspéra-t-il.
Il avait l'air si perdu, que Lily fut prise d'un doute. Peut-être que Sirius avait raison, après tout…
– C'est ce qu'elle prétend, dit-elle sur la défensive.
– Ellie ? Je n'ai jamais couché avec elle ! Je n'ai même vu son nombril !
– Par « elle », je voulais dire Emily.
Une lueur de compréhension traversa aussitôt les yeux de James, qui poussa un long soupir, se passa les mains sur le visage, avant de reprendre sur un ton exaspéré :
– Emily, bien sûr... Et qu'est-ce qu'elle a dit, exactement ?
– Que vous avez passé la nuit ensemble, hier.
Il se gratta l'arrière de la tête.
– Euh… techniquement, c'est vrai, étant donné que je ne suis rentré qu'à l'aube. Mais il ne n'est rien passé entre nous, ajouta-t-il précipitamment car Lily esquissait un geste pour s'en aller. On a simplement discuté, toute la nuit. Elle avait besoin de conseil, et moi de compagnie je suppose. Mais ce n'est pas allé plus rien.
Lily lui jeta un regard mauvais.
– Quoi, tu ne me crois pas ? s'offusqua-t-il.
– Pourquoi est-ce qu'elle inventerait ça, quand ce serait si facile pour Elinor de vérifier ?
– Parce qu'elle sait qu'Ellie est élevée à l'ancienne, et qu'elle ne m'interrogera jamais sur mes écarts, même si je me faisais son Elfe de maison juste à côté d'elle sur le lit conjugal.
Lily était très, très tentée de le croire, mais la voix très assurée d'Emily résonnait encore dans son esprit.
On a passé la nuit ensemble, hier, James et moi. Oh, il y a deux jours aussi. Et c'était plus torride que jamais.
James, qui perçut clairement son hésitation, lui prit le visage entre les mains.
– Lily, il ne s'est absolument rien passé entre Emily et moi. Il ne se passera plus jamais rien.
Elle baissa les yeux.
– L'un de vous deux est visiblement en train de mentir.
– Et tu penses que c'est moi ?
Elle soupira.
– Je ne sais plus quoi penser…
– Mais tu sais que je ne suis pas un menteur.
– Dit celui qui n'a pas jugé utile de me dire que sa fiancée était enceinte.
– Je vois que tu ne me lâcheras jamais avec cette histoire, s'irrita-t-il avant de pousser un soupir las. Lily… je te promets que c'est la seule fois où je t'ai sciemment menti. Je te promets de ne plus jamais recommencé. Je te promets qu'il ne s'est rien passé avec Emily, ni hier ni mardi. Et même si je ne peux pas satisfaire ta curiosité au sujet d'Emily, ou même d'Ellie, je te promets que mes sentiments pour toi sont réels.
Elle leva les yeux vers lui, pleins d'un espoir qu'elle aurait souhaité mieux masquer. Mais James aimait cette transparence chez elle. Tout était bien plus simple, plus carré. Lily jalouse, il pouvait gérer. Lily boudeuse et renfermée, il était désemparé.
– Si je voulais Emily, je pourrais l'avoir, ajouta-il. Elle me l'a fait comprendre. Mais c'est toi que je veux, Lily. Pas elle. Personne d'autre. Juste toi.
Lily sentit son cœur se détendre, ses poumons se remplir d'oxygène.
Il n'avait pas couché avec Emily.
Quel soulagement.
Il la prit dans ses bras.
Elle ne s'y opposa pas.
Elle savait qu'après leur engagement de la veille, ils ne devraient pas être là, à parler de sentiments qui ne devraient pas exister, mais c'était comme si elle avait autant de mal à voiler ce qu'elle ressentait pour lui qu'il avait de liberté à lui dire ce qu'il ressentait pour elle.
– Donc… avec Emily…
Il secoua la tête.
– Jamais.
– Et... tu ne m'as pas dit que tu m'aimais simplement pour coucher avec moi, hein ?
James resta stupéfait quelques secondes.
– Bien sûr que non, aboya-t-il sévèrement. Je t'ai dit que je t'aimais simplement parce que je t'aime.
Et elle le crut. Immédiatement. Elle quitta ses bras, et lui adressa un sourire timide.
– J'ai jamais compris que tu puisses avoir des sentiments pour moi.
– Sirius est convaincu que c'est parce que tu as de gros seins, en prime d'être rousse, plaisanta James.
Le sourire de la jeune femme s'affaissa. La description correspondait parfaitement à Emily aussi…
James se méprit sur la raison pour laquelle elle se renfrogna.
– Lily, je pourrais te dire toutes les choses que j'aime chez toi dans un flot de paroles discontinues de trois heures trente, parler de ton humour, de ta bonne humeur, de ta gentillesse, de ton intelligence, mais la vérité est que je t'aime parce que je t'aime. Je n'ai pas vraiment d'explication quant à pourquoi c'est toi. Et j'en ai pas besoin.
Son sourire renaquit tel un phœnix de ses cendres.
– Quand est-ce que tu t'es rendu compte que tu m'aimais ? demanda-t-elle avec curiosité
Il médita quelques secondes, avant de déclarer :
– « Impossible de préciser l'heure, le lieu, le regard ou les mots qui ont ouvert la voie. C'est trop loin maintenant. Je ne me savais pas engagé que déjà j'étais en plein milieu. »
Elle rougit légèrement, le cœur battant. Il savait qu'Orgueil et Préjugés était l'un de ses livres préférés.
James n'avait pas couché avec Emily.
James l'aimait.
La vie était belle.
– J'étais… j'étais vraiment triste à l'idée qu'il puisse s'être passé quelque chose avec la légendaire Emily. Ou avec une autre, d'ailleurs, je ne fais pas spécialement une fixation sur Emily.
James leva un sourcil, et elle tira la langue avant de poursuivre :
– Mais je suppose que le fait que tu aies renoncé à elle, et à toutes les autres. Parce que je te plais bien prouve quelque chose. Si… si tes sentiments pour moi n'étaient pas réels, tu aurais continué à avoir des aventures.
James cligna des yeux, et parut soudain mal à l'aise.
Lily fronça les sourcils. Qu'avait-elle dit de mal... ?
Il y eut un court silence, pendant lequel il fut incapable de soutenir son regard.
Puis elle comprit. Elle sentit sa respiration se bloquer dans sa gorge, et une colère froide l'envahir de nouveau.
– Quand ? murmura-t-elle.
– Lily…
– Récemment ?
– Ça n'a aucune importance.
Elle sentit ses yeux s'embuer, et effaça les larmes d'un geste de manche rageur.
– Qui ?
– Ça ne remet pas en question ce que je ressens pour toi, se défendit-il. Je t'aime, Lily. C'est tout ce qui compte.
Elle eut un rire froid.
– De quoi est-ce qu'on parle exactement ? D'un baiser, d'une gâterie, ou de sexe ?
– Evans…
Il se passa les mains dans les cheveux, elle sur le visage.
– Purée, j'y crois pas. Mais quelle idiote ! s'écria-t-elle avec colère.
– C'est du passé… même si… je t'aime, et tout ça n'a rien à voir avec nous deux, avec ce que je ressens pour toi ! insista James en lui prenant le bras.
Elle lui jeta un regard si furieux, si empli de colère et de déception, qu'il la relâcha presque aussitôt.
– La manière dont tu parviens à compartimenter ta vie est fascinante.
Il y avait un mélange d'émerveillement et d'incompréhension dans sa voix. James paraissait réellement désolé, mais cela n'avait aucune valeur aux yeux de la jeune femme, qui se sentait profondément trahie.
– C'était quand, la dernière fois ?
– Evans…
– Réponds. A moins qu'il y en ait tellement, que tu ne t'en souviennes pas ?
– J'essayais simplement de t'oublier, en fréquentant ces filles. J'essayais d'oublier ce que je ressentais pour toi. Ça ne veut certainement pas dire que…
– C'était quand, la dernière fois ? répéta-t-elle en détachant chaque syllabe.
Il baissa les yeux.
– Il y a quelques jours.
Lily resta immobile, comme figée, puis éclata d'un rire nerveux.
– Woaw…
– Ce n'est pas allé plus loin que des baisers, se défendit-il. J'essayais simplement de t'oublier…
– C'est ça, ton excuse en béton ? Parce que ça craint.
– Je n'ai couché avec aucune d'elles.
– « Aucune d'elles » ? s'exclama Lily d'une voix stridente. Il y en a combien, exactement ?
James se passa à nouveau les mains dans les cheveux. Pour la deuxième fois de la journée, elle le regarda avec une déception sans fond.
– Woaw, James Potter. Classe.
Elle s'humecta les lèvres.
– Et la dernière fois, c'était avant, ou après que tu me rendes visite au bureau ?
– Tu n'as pas besoin de…
– Avant ou après que tu m'aies dit m'aimer ?
Il refusa de répondre. Il paraissait torturé, mais elle ne fit preuve d'aucune compassion.
– Classe, James Potter, répéta-t-elle.
Au même moment, Michelle et Herbert, qui étaient enfin redescendus, leur firent signe depuis le seuil du salon, où ils venaient d'apparaître.
Lily jeta un dernier regard rempli de déception à James.
– Reste loin de moi, intima-t-elle avant de passer devant lui.
LA FIN DES ESSAYAGES se passa dans une ambiance plus silencieuse qu'au début. Lily évitait James plus que jamais, mais ce dernier tenta à plusieurs reprises d'attirer son attention. Elle quitta le manoir dès que Michelle et Herbert eurent fini d'estimer les modifications à refaire, et ne regagna son calme qu'une fois revenue chez elle.
Mais l'envie de tout briser était si forte, qu'elle jugea plus sage d'aller courir pour se calmer.
Connard.
Connard connard connard connard connard.
Il ne pouvait pas l'aimer sincèrement, s'il ne pouvait pas garder son matériel dans son pantalon plus de trois minutes ! Et avec plusieurs femmes ! Combien ? La dernière fois remontait à quelques putains de jours ! Des jours ! Il avait embrassé des nanas alors qu'il était censé être amoureux d'elle (comment avait-il osé ?!) ! Et s'il n'avait pas baisé celles-là, il s'en était certainement tapé d'autres !
L'idée de James couchant avec d'autres femmes juste après qu'ils aient partagé l'un de leurs moments spéciaux ravivait sa colère autant qu'elle la blessait. Elle voulait crier. Elle voulait pleurer. Elle se retint de faire les deux, concentra toutes ses émotions en une boule qu'elle contint tant bien que mal, se laissa tomber sur un banc, alluma une cigarette, puis deux, et rendit les regards condescendants des autres joggeurs qui croisaient sa route.
Elle se sentait si épuisée. Physiquement. Mentalement. Émotionnellement.
Elle se sentait si déçue, par James.
C'était vraiment trop cruel de lui laisser croire qu'il ressentait des choses pour elle simplement pour la mettre dans son lit, même s'il fallait avouer qu'il méritait un oscar pour sa performance de la veille. La façon dont il l'avait serrée dans ses bras, embrassée, touchée, caressée, la façon dont il avait semblé se briser quand elle l'avait repoussé, la façon dont il l'avait serrée si fort dans ses bras avant de partir…
Tout avait paru si authentique.
Mais deux secondes plus tôt, il butinait avec d'autres femmes. Au pluriel. Et deux secondes après, il badinait avec Emily. Elle ne savait même pas ce qu'était le pire.
Ce n'était pas un secret que James était un coureur de jupons, et elle avait naïve et bien orgueilleuse de croire qu'il cesserait ses mauvaises habitudes pour elle. Elle avait été crédule, voire stupide, de croire que James Potter pourrait trouver tout ce qu'il voulait en elle.
Elle avait stupidement naïvement cru être spéciale aux yeux de James Potter. Elle. Lily Evans.
C'en était presque risible.
Il avait beau être un connard, c'était un connard hors de sa ligue. Beau, grand, riche, intelligent, habitué aux femmes les plus belles. Il n'y avait qu'à voir Emily, ou Ellie, ou même Marlène. Son historique était éloquent. Il aimait les belles femmes de caractère, de haute lignée (que ce critère soit conscient ou non) et Lily… Lily ne correspondait pas à cette description. Elle était née-moldue. Elle manquait souvent de caractère. Et s'il lui arrivait de plaire aux hommes (et sa liste d'hommes lui ayant démontré de l'intérêt s'élevait à cinq, et la plupart s'étaient révélés être des psychopathes), on ne pouvait décemment pas la considérer comme une beauté universelle – elle se sentait même carrément fade face à elles. James s'était joué d'elle. Elle ne correspondait en rien à son style de femmes.
Bien sûr, qu'il n'était pas sérieux avec toi, lui murmurèrent cruellement ses incertitudes, qui s'efforçaient de bâillonner son bon sens.
Combien de fois avait-il répété être simplement « attiré » par elle ? Il avait voulu coucher avec elle pour pouvoir se défaire de cette attraction. Il avait prétendu avoir des sentiments pour fissurer sa carapace, et lui avait dit l'aimer en désespoir de cause. Il ne l'aimait pas. Il voulait simplement coucher avec elle. La théorie de Marlène lui paraissait moins absurde, tout à coup. Si elle avait couché dès la première fois où il avait paru sincère, elle aurait vite su si ce n'était qu'une histoire de fesses.
Il n'était pas amoureux d'elle. Leur relation était un fantasme, et elle était naïve.
Lily ferma les yeux. Et cette fois, craqua. Des larmes silencieuses coulèrent le long de ses joues, qu'elle effaça, mais elles furent vite remplacées par d'autres. De plus en plus grosses, de plus en plus chargées de tristesse.
Et elle pleura. Longtemps.
Avait-il vraiment feint tout ça ? Avait-il menti quand il lui avait dit l'aimer ?
Etait-il vraiment possible de feindre la façon dont il avait tremblé quand il avait senti sa peau contre la sienne ?
Elle ne pouvait s'être imaginé tout ça… non ? Il ne pouvait avoir feint toutes ces émotions…
Non, c'était réel.
Quand elle repensait aux moments qu'ils avaient passés tous les deux à apprendre à se connaitre, à flirter, aux regards qu'ils avaient échangés, aux frissons quand ils se frôlaient, ce ne pouvait être le fruit de son imagination. Et ce magnétisme impérieux entre eux, qui s'était encore manifesté cet après-midi. Et puis tous les risques qu'il prenait pour garder Lily près de lui, alors qu'il avait de toute évidence quelque chose de très important en jeu sous les apparences de ce mariage. Sirius, et Dorcas, lui avaient dit que quelque chose de dangereux se tramait, et James ne pouvait s'empêcher de la garder près de lui malgré tout.
C'était réel, se répéta-t-elle plus fermement.
Mais pourquoi toutes ces femmes, alors, si vraiment il ne voulait qu'elle ? C'était tellement contradictoire. S'il la voulait vraiment, il n'aurait eu envie de toucher personne d'autre.
Ce n'est pas allé plus loin que des baisers... J'essayais simplement de t'oublier…
Quelle excuse de merde, vraiment !
Oui… mais n'avait-elle pas essayé d'oublier James de la même manière, en sortant avec Felix ? Et ça avait presque fonctionné. Si Felix n'avait pas été si gentleman, s'il avait insisté ne serait-ce qu'un petit peu, elle aurait peut-être couché avec lui. En y repensant, elle se rendit compte ne pas l'avoir repoussé une seule fois quand il l'avait embrassée… Pas une seule fois.
Elle avait dit non à Felix car elle ne voulait pas prendre le risque de l'utiliser rien que pour se sentir mieux. Elle avait ce genre de recul, mais James avait maintes fois prouvé que sa capacité d'empathie était limitée…
C'était très moche, qu'il ait fréquenté toutes ces femmes pour se remettre de sa peine de cœur, mais il avait semblé sincèrement désolé. Comme s'il n'aurait jamais touché ne serait-ce qu'une d'elle s'il avait su que cela bouleverserait tant Lily. Et de toute manière, ils ne sortaient pas ensemble, ce n'était pas parce qu'elle se sentait trahie qu'il l'avait trahie, se raisonna-t-elle.
Puis elle soupira encore. Cette dernière pensée était définitivement un relent de sa relation avec l'Autre… et elle ne voulait pas penser à lui.
Elle reprit une énième cigarette de son paquet, et constata avec surprise qu'il ne lui en restait plus que deux, alors que son paquet était neuf. Cette situation avec James la stressait tellement qu'elle s'était remise à fumer comme un pompier. Elle songea pour la première fois depuis la reprise à arrêter, et non, ça n'avait rien à voir avec le fait qu'il lui ait dit ne pas aimer les fumeuses.
Pas du tout.
Elle jeta la cigarette. Puis le paquet. A la poubelle. Sans hésitation.
Puis soupira. De qui se moquait-elle ? Elle était complètement fichue, en ce qui concernait James…
Elle se passa les mains sur le visage.
Qu'allait-elle faire, maintenant ? Quelles étaient ses alternatives ? Marlène avait raison sur un point : si Lily ne voulait pas le détourner d'Ellie, elle n'avait plus qu'à renoncer à lui.
Lily voulait être avec lui, c'était clair, mais ne voulait ni ne pouvait être sa maîtresse. Ainsi, soit ils étaient amis, soit ils n'étaient plus rien… il fallait choisir. Et elle aimait tant de choses chez lui, que le fait de se sevrer totalement de sa présence lui paraissait très difficile. Elle le voulait dans sa vie. Elle le voulait, en ami si c'était tout ce qu'il y avait à prendre.
C'était mieux que rien.
Bien que les chances que cette solution perdure étaient faibles. Parce que, soyons honnête, cette pseudo-amitié était déjà mouvementée un jour seulement après son décret, et ne tiendrait pas long feu : ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre était trop fort.
Si elle voulait vraiment mettre un terme à cette situation malsaine, Lily savait qu'elle devait mettre un terme à toute relation avec lui. Amicale, professionnelle, romantique. Cesser de le voir aussi régulièrement. Ce qui, même si elle en avait envie, serait bien compliqué, avec l'organisation du mariage sur laquelle elle ne pouvait faire l'impasse. Si elle renonçait à ce projet, elle s'en voudrait toute sa vie d'avoir gâché cette occasion en or pour un garçon.
Allons, elle pouvait bien tenir deux semaines sans sauter sur James puis se trucider les méninges à s'en rendre folle ? Elle était une adulte responsable capable de garder ses hormones et ses sentiments sous clef. Elle n'était pas une girafe en rut à la saison des amours, non plus.
Dix-huit jours. C'était tout ce qu'il lui restait à tenir.
Elle pourrait faire la part des choses, avec du temps et de la motivation. Elle finirait par s'y habituer, à ce grondement dans sa poitrine quand elle pensait à lui (c'est-à-dire tout le temps). Elle pouvait le faire – la soirée de la veille n'en était-elle pas la preuve ? Ils s'étaient trouvés en présence l'un de l'autre, et ça s'était très bien passé. Ouaip, non seulement elle pouvait arrêter de se comporter comme une lapine en rut, mais en plus elle pourrait bien faire fonctionner cette histoire d'amitié.
Elle avait trouvé cette solution en désespoir de cause, mais la vérité est qu'elle appréciait réellement l'amitié de James. C'était l'une des multiples, spéciales connections qu'ils avaient tissé au cours de l'été. S'il y avait un espoir pour qu'elle ne soit pas contrainte d'y renoncer, à ça aussi.
Elle pouvait le faire.
N'est-ce pas ?
LORSQUE LILY RENTRA DE SA SÉANCE de course à pied, James l'attendait le palier de son appartement, assis à côté de l'orchidée qu'elle ne s'était jamais décidée à faire entrer. Elle hésita en le voyant – elle n'avait pas prévu de mettre ses résolutions à l'épreuve si vite, mais il était trop tard pour fuir, alors elle vint s'asseoir en face de lui.
– On n'aurait jamais dû avoir la conversation qu'on a eue, dit-elle au bout d'un silence.
– Non, on n'aurait jamais dû.
Elle se décida enfin à croiser son regard.
– Je suis désolée, de m'être emportée contre toi.
– Je suis désolé de t'avoir déçu.
Elle haussa les épaules.
– Je suis censée être indifférente, s'exaspéra-t-elle. On est censés être amis.
– On est amis.
– Non. James… y'a clairement quelque chose qu'on a pas compris dans le mot platonique.
Il sourit faiblement.
– Clairement.
Elle lui rendit timidement son sourire.
– Ce qui s'est passé cet après-midi, ça ne peut pas se reproduire, sinon on arrivera jamais à aller de l'avant.
James acquiesça.
– Ce que tu ressens pour moi, et ce que je ressens pour toi… ça ne va pas partir en un claquement de doigts, tu sais ? Il faudra plus qu'une journée pour qu'on passe à autre chose.
– Certes, mais si on veut que ce truc marche, il faut qu'on fasse plus d'efforts. Qu'on enterre ces sentiments pour de bon.
Il se mordit la lèvre, clairement mécontent.
– Tu veux toujours être mon ami ? demanda-t-elle avec anxiété.
– Je veux toujours faire partie de ta vie, et toi de la mienne. Donc je suppose que oui.
Lily retint un soupir de soulagement.
Elle pouvait le faire. Ce truc d'amitié. Il suffisait qu'elle fasse plus d'efforts. C'était là la seule solution. Elle pouvait le faire.
Tout, sauf se sevrer de sa présence.
– Alors, my friend, reprit James d'une voix enjouée. Tu as vu hier ce que je fais quand je suis avec mes potes.
– Et j'essaie toujours de me remettre de l'expérience.
Il roula des yeux.
– Qu'est-ce que toi tu fais, quand tu es avec tes amis ?
– Eh bien, comme je manque cruellement de personnalité, j'aime faire ce qu'ils aiment faire. Donc… qu'est-ce que tu aimes faire, amigo ?
– Jouer au scrabble.
Elle leva un sourcil.
– T'étais sérieux, quand tu disais adorer jouer à ça ?
– Très sérieux. Faudra que je pense à te montrer la médaille que j'ai gagné. J'aime vraiment jouer au scrabble. Et comme tu as l'esprit mal tourné, ajouta-t-il sévèrement, je précise que je veux dire par là littéralement jouer au scrabble…
Elle roula des yeux avec insolence.
Il sourit.
Elle le lui rendit.
Elle était capable de le faire sourire. Il se sentait bien en sa compagnie, ou ne se plierait pas à ses conditions aussi docilement. Elle ne voulait pas le laisser à Emily, elle voulait qu'il trouve le réconfort chez elle. Après tout, les amis étaient là l'un pour l'autre.
– T'as quelque chose de prévu, ce soir ?
– Je suis censé aller assister au match de Bavboules d'Heidi.
Il y eut un silence.
– J'ai un plateau de scrabble chez moi.
– Depuis quand ?
– Je l'ai volé chez Doc.
– T'as pas honte ? s'offusqua-t-il.
– Non.
LILY OBSERVA la table de billard avec satisfaction.
– Potter, je crois que ta dernière heure a sonné.
James leva un sourcil.
– Evans, il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.
Elle sourit.
– Prépares-toi seulement à allonger la monnaie.
Il croisa les bras.
– Rira bien celui qui a ri qui va rire le dernier.
Lily fronça les sourcils.
– Hein ?
James lui fit signe impatient de la tête.
– Contente-toi de jouer.
Elle fut secouée d'un petit rire, avant de polir sa queue avec une craie et de se positionner pour tirer.
James était excellent au scrabble, et avait gagné trois fois de suite, en se ventant à chaque fois longuement de sa victoire, si bien qu'une Lily irritée l'avait défiée sur d'autres jeux de sociétés où il l'avait également battu à plate couture. Lasse de le voir la poursuivre dans tout l'appartement en vantant sons propre talent, censé se vérifier dans n'importe quel jeu moldu, Lily avait déclaré qu'elle était imbattable au billard, et c'est ainsi qu'ils s'étaient retrouvés au fond du pub du coin de la rue à se lancer des quolibets de gangster de seconde zone entre chaque tir.
Elle se pencha ensuite sur la table, tapa la boule blanche, qui ricocha sur les trois boules restantes et les envoya toutes dans les trous. Elle se redressa, et souffla sur la pointe de la queue comme si c'était un canon de revolver.
– Je crois que j'ai gagné, chantonna-t-elle en tendant la main.
– Mouais, grommela-t-il avec humeur. Bof.
– Comment ça, bof ? Y'a plus aucune boule !
– Il reste la blanche.
Lily leva un sourcil.
– Potter, allonge la monnaie, ou je t'éclate.
– Essaie, ce sera l'occasion parfaite pour tester ma nouvelle technique de combat.
Ils avaient en effet croisé le Colonel Fitz en descendant les escaliers, qui les avait kidnappés pour l'apéritif. Lily et James avait passé la majeure partie du temps à lui expliquer qu'ils n'étaient pas ensemble, et avaient capitulé lorsqu'il s'était exclamé qu'il « n'était pas né de la dernière pluie » avec un clin d'œil complice. Avant de les laisser poursuivre leur chemin, il avait insisté pour apprendre à un James mortifié comment « arrêter de se battre comme une fillette unijambiste aveugle » en lui montrant la manière de décrocher le fameux coup de coude des Forces Spéciales. Lorsque le Colonel lui avait ensuite proposé de compléter sa formation en allant s'entraîner au camp militaire avec ses petits-enfants afin de « muscler ce corps de lâche », Lily avait tant ri que James avait boudé tout le trajet.
Lily fit craquer les jointures de ses doigts d'un air menaçant, et James lui tendit précipitamment son dû.
– Mais j'ai pas perdu, je t'ai laissé gagner, se sentit-il obligé d'ajouter avec mauvaise foi.
– Tu veux prendre te revanche ? le défia-t-elle aussitôt.
– En fait, j'vais surtout envie de danser.
Le pub de Jennifer était très animé en ce vendredi soir. Ils se trouvaient au sous-sol, où se trouvaient les tables de jeu, mais la musique du niveau supérieur filtrait à travers le plafond en pierre.
Lily afficha un air taquin.
– Tu sais danser ?
– Chérie, à part me lécher le coude, il n'y a rien que ce corps incroyable ne puisse faire, répliqua-t-il avec condescendance.
Il esquissa quelques mouvements fluides sur la musique énergique qui émanait de l'étage supérieur. Lily roula des yeux.
– Pas mal, admit-elle.
– Pas mal seulement ?
Il fit un moonwalk, et plusieurs femmes, qui le déshabillaient du regard depuis son arrivée, applaudirent
– Pas mal, répéta Lily.
Il se renfrogna, et désigna les escaliers.
– Je crois qu'il est temps de t'impressionner avec l'étendue de mes talents.
– Après toi.
Ils se mirent à danser, mais se rendirent vite compte que venir était une mauvaise idée. Le pub était plein à craquer, ce qui impliquait qu'ils dansent très près l'uns de l'autres et se touchent régulièrement. La situation gênera du stress, qui eut pour seule bonne conséquence une hilarante maladresse chez Lily, et tous deux finirent par se détendre et profiter de la soirée.
Puis une fille derrière eux remua son popotin très énergiquement, projetant Lily tout contre James, et elle se retrouva pendant une fraction de seconde dans ses bras, que James avait instinctivement levés pour amortir sa chute. Leurs yeux accrochèrent. Leurs cœurs s'emballèrent. Il y eut une microseconde, la seule depuis le début de la soirée, où ils redevinrent cette fille et ce garçon incroyablement attirés l'un par l'autre...
– Oups, désolé chérie, s'écria la danseuse dynamique, rompant le charme.
James lâcha sa taille, Lily recula.
– Il... Il fait chaud, commenta-t-elle en se passant les mains dans les cheveux.
– Oui...
Ça va marcher, Lily, se répéta-t-elle. C'est normal d'avoir du mal au début. Ça va marcher...
Par chance, une table se libéra au même moment tout près d'eux.
– Je vais commander directement au bar, proposa-t-elle. Qu'est-ce que tu veux boire ?
– Du Firewhisky.
– On est dans un pub moldu, rappela-t-elle.
– Du Fire.
– Ça n'existe pas.
– Du Whisky.
Elle roula des yeux.
– Contentes-toi de m'attendre là, soupira-t-elle.
Lily se retourna…. et buta presque immédiatement dans la personne qui se tenait juste derrière elle.
– Oups, désolée, s'exclama une voix familière.
Lily leva les yeux.
Heidi lui sourit largement, ses grands yeux bleus pleins de malice.
– Heidi ? s'exclama James, stupéfait. Qu'est-ce que tu fais là ?
– Oh, quelle coïncidence ! s'exclama la brune en papillonnant des yeux. Lily-Flower et Jim-Jim, encore ! C'est incroyable !
– Oui, incroyable qu'on se rencontre par hasard dans un petit pub moldu, dit James en fronçant les sourcils.
– Décidément, le monde est petit ! Quel hasard, en effet !
– Heidi, qu'est-ce que tu…
– Jamie ?
Ils tournèrent tous trois la tête, et Lily sentit ses entrailles se renverser tandis qu'Emily affichait son sourire le plus aguicheur.
– Quelle charmante surprise, dit-elle d'une voix de velours.
– Ems, dit James en fronçant légèrement les sourcils. Qu'est-il arrivé à ton bras ?
Emily avait en effet le bras en écharpe, et esquissa une grimace.
– Oh, accident pendant le match. Un mauvais lancer de Blanche Sevendwarves. Mais ça va, ne t'inquiète pas.
– Tu es certaine ?
Elle battit des yeux.
– Je veux bien que tu y jettes un coup d'œil demain, quand même, pour être certaine que ça cicatrise bien, si ça ne te dérange pas.
– Demain, on sera à Bath, intervint froidement Heidi. Débrouilles-toi sans lui. Et le Soigneur du CAB est parfaitement compétent. Il a dit que c'était trois fois rien, de toute manière.
– On n'est jamais trop prudent, dit Emily d'une voix glaciale. Je me sentirais plus rassurée si c'était quelqu'un de rassurant comme Jamie qui examinait ma blessure. Je ressens encore des élancements très vif malgré les potions qu'il m'a prescrites.
– Dans ce cas, va à Sainte-Mangouste. Avec un peu de chance, ils se rendront compte que tu es tellement cinglée qu'ils ne te laisseront jamais repartir.
Emily se retenait visiblement de répliquer quelque chose de cinglant en la présence de James, qui se décida à intervenir.
– Euh... OK, les filles, temps mort. Ems... je ne pars qu'à neuf heures, demain matin. Si ça te fait encore mal cette nuit, passes me voir avant mon départ, OK? proposa-t-il.
– Avec plaisir, minauda Emily qui retrouva le sourire. C'est trop gentil, Jamie.
« Jamie » sourit benoîtement, et Lily se retint de rouler des yeux.
– Qu'est-ce que vous faites ici, d'ailleurs ? interrogea-t-il.
– Heidi a insisté pour qu'on vienne fêter notre victoire dans ce bar. Comme elle a dit qu'elle offrait les tournées, tout le monde a accepté, même si c'était loin du club et que c'était un truc Moldu.
Lily et James se tournèrent tous deux vers Heidi et la foudroyèrent du regard.
– Le monde est petit, se défendit-elle.
– J'aurais jamais pensé tomber sur toi, poursuivit Emily en se plaçant entre James et Lily, dont elle ne semblait de toute manière pas avoir remarqué la présence. Quelle coïncidence.
– Oui, décidément, quelle coïncidence, répéta Heidi.
Comme James semblait toujours hésiter à lui enfoncer sa baguette dans le nez, elle décida de ne pas tenter le diable.
– Okaaaaaaay, dit-elle en roulant des yeux. Il est visiblement temps pour moi d'aller voir ailleurs si j'y suis.
Elle tourna les talons et disparut dans la foule.
Emily rejeta ses sublimes cheveux en arrière, qui fouettèrent au passage la wedding-planner, qui ressentit le désir d'y cracher un chewing-gum frais.
– Qu'est-ce que tu fais, dans ce trou perdu ? susurra Emily.
– Je bois un verre avec une... amie. Tu as déjà rencontré Lily, non ? Elle était là, ce matin.
Emily regarda Lily de bas en haut.
– Mouais. C'est la bonne à tout faire de ta chérie, non ?
Lily plissa les yeux. Dafuq c'est son problème à cette pétasse ?
– Je suis leur wedding-planner, corrigea-t-elle froidement.
Elle jeta un regard hautain à Lily, l'air de dire qu'elle ne voyait absolument pas la différence.
– Enchantée, mentit-elle platement. Je crois que tu étais également sur le point de partir, donc on ne va pas te retenir.
– Seulement chercher des verres, répliqua froidement la jeune femme.
– Certes, mais cela nécessite quand même que tu partes, dit Emily d'un ton méprisant. Alors pars. On te fera signe quand on aura terminé.
Elle prit place sur la chaise en face de James, qui paraissait exaspéré. Lily ne sut pas très bien combien le « on » était passé de James + elle, à James + Emily, mais elle n'aimait ni ce changement, ni le fait que ce dernier ne proteste que mollement contre le fait que son ex choisisse les personnes avec qui il pouvait parler.
– Ems… Sois gentille.
– Oh, allez, je veux juste te raconter comment j'ai brillé ce soir, contrairement à la dernière fois, dit-elle avec un sourire éclatant. C'était un truc de dingue ! D'abord…
Elle paraissait si heureuse, à l'opposé de sa détresse du matin, que James ne put s'empêcher de capituler.
Lily jeta un coup d'œil à James, mais celui-ci ne quittait pas Emily des yeux. Furieuse, elle tourna les talons, et rejoignit le bar. Tandis qu'elle passait commande, l'homme à côté d'elle lui proposa de l'inviter, mais Lily déclina poliment. Avant qu'elle n'ait pu sortir son argent, Heidi apparut à ses côtés et s'adressa à Jennifer.
– C'est moi qui offre.
– Non, merci, répliqua automatiquement Lily.
Mais Heidi avait déjà placé un généreux billet sur le comptoir.
– J'insiste. Un mojito pour moi. Et gardez la monnaie.
Jennifer ramassa précipitamment l'argent et détala avant que Lily ne put protester.
– De rien, Lily-Flower.
– Pour toi, c'est « Lily », répliqua-t-elle froidement.
Heidi afficha un air coupable.
– OK… je suis désolée de l'avoir amenée.
– Comment as-tu su qu'on serait ici ?
– C'est un secret. J'ai mes moyens de savoir qui est où, à quel moment. Ce qui est très pratique, pour ne pas rater des occasions en or comme celle-ci.
– C'est-à-dire ? ne put s'empêcher de demander la rouquine.
Heidi haussa les épaules.
– James m'a dit que vous aviez décidé de rester simplement amis, et je trouvais cela dommage.
Lily, qui ne voyait pas le rapport, fronça les sourcils.
– Ce n'est en rien ton problème.
– C'est vrai, admit Heidi. Mais je souhaitais donner un coup de main à James.
– En le jetant dans les bras de son ex manipulatrice ?
– Non, en te forçant à revenir sur ta décision d'hier et de mardi. Je me suis permis d'intervenir, comme une fée bienveillante.
Les yeux de Lily flamboyèrent.
– Ce qui se passe entre James et moi ne te concerne pas. T'as vraiment un problème avec les limites et la vie privée. Je ne veux pas que tu me pistes, je ne veux pas que tu nous manipules. Je déteste les personnes qui agissent comme toi.
– Je veux que James soit heureux, pour être heureux il doit être avec toi.
– Et pour être avec moi, il ne doit plus être fiancé.
– Chaque chose en son temps. Je veux qu'Ellie soit heureuse aussi, et pour cela, et je travaille dessus. Mais il faudra te montrer patiente. J'ai encore deux ou trois détails à régler avec mon frère…
– Ton frère ?
– L'ex-mari d'Ellie est mon frère, Jonathan Callender.
Lily s'étonnait elle-même de ne jamais avoir fait le lien, alors qu'ils portaient le même nom de famille. Jonathan Callender... il ne devait pas avoir le même tempérament que sa sœur, pour avoir réussi à épouser Ellie, non ?
– Je vois que tu n'hésites pas à utiliser ta propre famille pour arriver à tes fins.
– Ne sois pas aussi furieuse. Après tout, nous voulons les mêmes choses.
– T'en sais rien, de ce que je veux.
– Je sais que tu veux James, et que tu es incapable de combattre ce désir, mais que tu n'es pas capable de faire n'importe quoi. Et si toi tu as de l'honneur en amour, ce n'est pas le cas de tout le monde. L'amour est une guerre, et les guerres ne sont pas jolies. Mais je suis prête à te doter d'un joli arsenal.
– Je ne veux pas me battre.
– Mais ton ennemie est déjà là. Tu n'as pas trop le choix.
Avec l'artillerie lourde, pensa Lily en voyant le décolleté indécent d'Emily, dans lequel James jetait des coups d'yeux fréquents.
– Parce que tu l'as amenée.
– Elle serait revenue à un moment où un autre dans la vie de James, de toutes manières. Tu l'as bien entendue parler, non ? Dès qu'elle a obtenu ce qu'elle voulait du Coach, elle l'a jeté. J'ai préféré choisir quand, et comment. Et je compte aussi choisir la manière dont elle en sortira. Elinor peut intervenir, bien sûr, mais je trouve que ce serait plus amusant si c'était toi qui t'en chargeait.
– Qu'est-ce que tu veux, exactement ?
– Tu étais là, ce matin. Tu sais ce que je veux.
Lily médita quelques secondes. Elle n'avait pas compris grand-chose à leur échange houleux, excepté qu'Emily lui avait fait énormément de mal, et qu'un enfant du nom de Sasha était impliqué.
– Qu'est-ce qu'elle t'a fait exactement, cette Emily ? demanda-t-elle.
– C'est une longue histoire que je serai ravie de te raconter, mais tu as un problème pressant sur les bras, dit Heidi. Tu peux bien sûr l'ignorer, mais ce serait idiot de ta part.
– Je n'aime pas être manipulée.
– Ce qui est fait, est fait.
Elle fixait toujours intensément James et Emily, comme si elle espérait lire leur (apparemment hilarante) conversation sur leurs lèvres, ce qui n'échappa pas à Heidi.
– Il a pitié d'elle, expliqua-t-elle simplement. Il est convaincu qu'elle n'est pas vraiment responsable de ses actes.
– Qu'est-ce qu'elle est censée avoir comme maladie ? grommela Lily. De la pétasserie aigue ?
– Cliniquement, on appelle ça de la sociopathie, mais autant appeler un chat un chat. Sans compter qu'elle lui raconte sans cesses les malheurs de son existence pour l'amadouer quand James commence à se défaire d'elle. Elle sait qu'il ne peut pas s'empêcher de l'aider.
Lily se tourna la table occupée par les deux ex.
– James n'a pas l'air très à l'aise.
– Ah ? Ce n'est pas l'impression que j'en ai.
En effet, il venait d'éclater de rire à une chose visiblement désopilante qu'Emily racontait, et cette dernière posa familièrement la main sur son épaule.
Heidi marqua une pause.
– Tu veux un conseil ?
Lily garda le silence.
– Un homme, ça se dresse, Lily-Flower. Et le mec qui t'a abordé tout à l'heure me semble parfait pour une petite leçon.
Puis, brusquement, elle se désintéressa complètement de Lily, et se tourna vers le pilier de comptoir le plus proche, qui s'empressa de lui offrir un verre sans même qu'elle n'eut à dire quoi que ce soit.
Lily observa Heidi se faire courtiser sans même lever le petit doigt. Ellie, Emily, Heidi… elles avaient toutes une confiance en elle insolente, le genre de confiance en elle qui manquait à Lily. Et c'est pour ça qu'elle se faisait piétiner. Parce qu'elle tâtonnait et hésitait, au lieu de foncer. Elle se trouvait dans la cour des grandes, maintenant, et se prendrait encore maintes claques si elle ne commençait pas à se défendre plus fermement.
Mais comment se défendre contre Emily ? Elle était juste tellement belle…
Oh, Lily voyait très bien où Heidi voulait en venir, mais n'était pas disposée à assurer le spectacle.
Jennifer lui apporta ses boissons. Lily la remercia, saisit son verre, et se retourna pour s'adosser au comptoir. Son regard tomba sur James et Emily, toujours engagés dans une grande discussion. Elle but une gorgée. Emily posa la main sur le bras de James, qui riait. Elle but une seconde gorgée. Les doigts d'Emily remontèrent doucement le long du biceps de James. Elle but une troisième gorgée. Emily cligna lentement ses paupières lourdement bordées de cils.
Elle finit son verre d'une traite. Enchaîna cul sec celui qu'elle avait commandé pour James. Se leva. Traversa la foule de danseurs sans jeter un coup d'œil à la table occupée par James et Emily. Et quitta l'établissement.
La soirée était finie, pour elle.
Elle en avait fini avec James, également.
En sortant, dans le reflet des baies vitrées, elle vit James se lever, et Emily l'intercepter vivement par le bras.
Un vent frais bienvenu l'attendait à l'extérieur, et l'accompagna sur son court trajet. Lily eut un petit rire sans joie. Définitivement fini. Elle ne se battrait certainement pas avec un homme incapable de constance, toujours tiraillé entre plusieurs femmes. Elle méritait mieux que ça, et le savait.
Sa sérénité n'était pas feinte. Toute sa fatigue de la journée l'avait rattrapée, et elle ne souhaitait qu'une chose à présent : dormir. Elle avait perdu toute combativité, toute capacité à s'énerver, à jalouser, à paniquer, à être triste. Elle était vidée, épuisée. Elle se sentait incapable de supporter une seconde nuit blanche à penser à James et Emily, ensemble ou séparément. Elle se sentait incapable de supporter la moindre contrariété. Elle voulait simplement dormir.
Une fois dans son immeuble, elle s'engouffra dans la cabine d'ascenseur et appuya sur le dernier étage qu'il desservait, à savoir le cinquième. Au moment où les portes se refermaient, celle de l'immeuble s'ouvrit à la volée. Sur James.
– Evans, s'écria-t-il. Attends-moi !
Lily ne fit pas le moindre geste. Elle était partagée. Ravie qu'il ait préféré sa compagnie à celle d'Emily. Irritée qu'il n'ait pas fait ce choix d'office. Ravie qu'il se soit lancé à ses trousses. Irritée qu'il l'ait fallu qu'elle s'en aille pour qu'il se souvienne de son existence. Ravie... non, extatique qu'il ait refusé les avances probables de l'autre charognarde. Irritée qu'il l'ait planté vingt longues minutes.
James était un idiot. Elle était amoureuse d'un véritable idiot. Elle ne savait même pas pourquoi, d'ailleurs. Il était égoïste, capricieux, égocentrique, maladroit, charmeur, mais elle l'aimait, et elle comprenait ce qu'il voulait dire par le fait qu'il n'avait pas vraiment besoin de raison pour cela. C'était illogiquement logique.
C'était juste lui, pour elle.
C'était juste elle, pour lui.
James s'élança, mais les portes se refermèrent sur son nez. Il poussa un long juron, et se mit à gravir les marches quatre par quatre dans l'espoir de la rattraper. Lily le voyait tourner autour d'elle tandis que l'ascenseur montait, et il avait atteint le quatrième étage quand elle arriva à destination.
Elle gravit tranquillement le dernier étage, James toujours sur les talons.
Il la rattrapa alors qu'elle ouvrait la porte de son appartement.
– Lily, attends ! s'exclama-t-il, à bout de souffle. Ce n'est pas du tout ce que tu crois.
Elle hésita, puis décida de lui donner une chance de lui donner une excuse foireuse à son comportement. Autant en finir avec cette situation ce soir.
– Je t'écoutes.
Elle croisa les bras en signe de défi.
Intérieurement, elle lui avait déjà en quelque sorte pardonné – il l'avait choisie elle, après tout. Mais elle ne voulait pas le laisser s'en sortir aussi facilement.
Il se redressa, haletant, légèrement surpris par son calme olympien.
Elle leva un sourcil.
Ils se défièrent du regard.
Lily ouvrit la bouche pour dire quelque chose….
James la plaqua soudainement contre le mur, et se mit à l'embrasser comme s'il n'y avait pas de lendemain.
Et Lily ne se fit pas prier longtemps pour y répondre.
Bouche. Feu d'artifice. Lèvres. Cœur qui bat la chamade. Langue. Bonheur. Dents. Fièvre.
Merde, embrasser James était magique. Littéralement magique. Elle adorait comment il lui caressait le dos en la serrant contre lui. Elle adorait la douceur de ses cheveux. Elle adorait que leurs bouches aient instinctivement trouvés la partition parfaite pour le ballet de leurs langues.
Son cerveau tentait de lui rappeler la situation compliquée dans laquelle ils se trouvaient, mais sa raison était comme une onde radio perturbée par des grésillements. James, son parfum, ses mains, sa langue, tout son être piratait sa conscience. Elle ne réfléchissait plus. Elle n'arrivait plus à réfléchir. Elle ne se forçait plus à se raisonner, à vrai dire. Elle se sentait enfin complète, et ne souhait que cesser de réfléchir afin de s'épanouir dans ses bras. Un bonheur interdit, mais combattu très longtemps, et ce soir, ce soir, elle voulait s'accorder un entracte. Elle n'avait plus la force de le repousser. Elle n'avait plus l'envie de le repousser.
Sa dignité ? Qu'elle aille se faire foutre, au moins le temps de la soirée.
Platonique ? Connait pas. Qu'il aille se faire foutre, ce mot. Et puis, c'était Marlène la littéraire du groupe. Lily, c'était la chimiste, et il y en avait, de la chimie entre James et elle.
Emily ?
James lui mordit la lèvre, et elle ne put retenir un grognement.
Qui ?
James. Il n'y avait que James qui comptait…
Brusquement, aussi brusquement qu'il s'était mis à l'embrasser, il rompit leur baiser, comme s'il venait de se rendre compte de ce qu'il faisait. Lily rouvrit les yeux, décontenancée et légèrement scandalisée par cette interruption.
– Evans… désolé… je ne sais pas ce qui m'a pris de…
Il était à bout de souffle, mais complètement catastrophé, et se tenait la tête des deux mains en faisant les cent pas.
– Tu veux pas de moi ? s'inquiéta-t-elle, les yeux grands ouverts.
James la regarda comme s'il lui était poussé une troisième tête.
– Bien sûr que si ! Mais je ne veux…
C'était tout ce qu'elle avait besoin de savoir, ce soir.
Elle se jeta sur lui à son tour.
Il n'y résista pas non plus.
Elle se retrouva très vite coincée à nouveau entre le mur et ce corps qu'elle ne se gênait pas d'explorer. Ses mains parcouraient ce corps qu'il avait convoité toute la soirée, sa langue explorait cette bouche qui l'avait obsédé toute la nuit. Elle passa une jambe autour de son bassin, le collant contre lui d'un coup sec, ce qui lui arracha un grognement rauque.
– Putain, murmura-t-il en la soulevant complètement.
Elle se retrouva coincée plus étroitement encore contre le mur, dont il se servait pour soutenir son poids, mais elle ne parvint pas à trouver quoi que ce soit à redire au fait d'être complètement collée contre lui. Elle enroula son autre jambe autour de lui, sans cesser de l'embrasser aussi follement qu'il l'embrassait, et ne put retenir un gémissement lorsque les mains de James, d'abord hésitantes, puis franchement gourmandes, lui caressèrent les fesses. Elle se sentait gênée. Non, excitée. Non, gênée. Non... elle ne savait plus, mais elle ne voulait pas qu'il arrête quoi qu'il en était. Même par dessus son jean, c'était... elle adorait comment il la touchait. Il la voulait tellement, elle le sentait, et cela ne faisait qu'accentuer son propre désir. Ses réactions se multiplièrent quand il se mit à bouger doucement du bassin avec une sensualité pleine de promesses…
Qu'il décida finalement de ne pas tenir.
Il voulut se détacher d'elle, mais elle le retint par la cordelette du collier qui ornait son cou, puis souleva son menton avec son index pour capter son regard à présent fuyant.
– Qu'est-ce que tu fais ?
– Je crois que je devrais y aller, haleta-t-il.
Elle l'ignora. Ses mains se mirent à parcourir la nuque de James tandis que ses lèvres s'attaquaient à son oreille.
– Genre… maintenant.
Elle se mit à lécher l'autre oreille. Elle devait être assez douée, ou lui assez sensible, car il lui fallut bien, bien plus de temps pour se détacher d'elle cette fois.
– Sérieux, Evans ! Tu ne m'aides pas du tout à me montrer raisonnable ! s'indigna-t-il.
Elle ne put s'empêcher de sourire, et il ne put s'empêcher de l'imiter, et elle ne put s'empêcher de l'embrasser.
– Désolée, murmura-t-elle sur un ton pas du tout désolé contre ses lèvres. Qu'est-ce que tu disais ?
James cligna des yeux. Elle était trop proche, trop sexy, trop entreprenante.
– Euh… Je parlais de notre amitié…
Enfin, il croyait. Il n'était plus très sûr…
Elle l'embrassa une fois encore du bout des lèvres, tout en se cambrant contre lui.
– … à laquelle on est vachement nuls, au passage… mais nuls de chez nuls...
Puis se pencha vers son cou.
– … je sais que c'est notre dernière chance, insista-t-il.
Dont elle mordilla la peau.
– …je n'ai pas envie de tout gâcher…
Avant de suçoter la zone endolorie.
– … en te faisant l'amour…
Il ferma les yeux. Sa conscience était en route pour l'aéroport, et lui promettait de lui envoyer une carte des Bahamas.
– … toute la nuit, termina James avec difficulté.
Elle redressa la tête.
– Je croyais que tu n'étais pas intéressé par mon amitié ? le taquina-t-elle.
– Je ne le suis pas, admit-il. Mais je ne veux pas te perdre. Je ne veux pas que tu t'en ailles. Et je sais que tu vas regretter ça demain matin, et… je ne sais pas si je pourrais le supporter, que tu me rejettes encore. Aujourd'hui, hier, lundi... à chaque fois, c'était vraiment trop dur.
Contre toute attente, Lily cessa son assaut et le regarda. James rouvrit les yeux avec prudence, mais le visage de la jeune femme était inexpressif. Elle resta silencieuse quelques secondes, perdue dans ses méditations.
– OK, dit-elle finalement.
– OK ? répéta-t-il.
– OK. Fais-moi descendre.
Elle démêla ses jambes, et James la déposa doucement par terre. Ils restèrent quelques secondes collés l'un à l'autre à se dévisager. Elle lui caressa la joue.
– Je crois que tu as raison, murmura-t-elle.
Son ton était neutre, son visage inexpressif, mais son regard s'attarda avec envie quelques secondes sur les lèvres de James, avant de remonter vers ses yeux et de le piéger dans sa beauté. James se révéla incapable de s'éloigner d'elle malgré ses paroles pleines de bon sens, et ils étaient donc toujours très proches l'un de l'autre. Lily hésita à lui dire de reculer, parce que c'était vachement difficile de lui résister quand leur nez se touchaient, mais ses lèvres refusèrent de donner l'injonction.
Elle se sentait... bizarre. Frustrée. Sexuellement, en grande majorité, mais sa sensation n'était pas due qu'à cela. Oh, elle savait que ni l'un ni l'autre ne pourrait se retenir, que ce qui allait arriver était inévitable, inopposable, et il y avait un côté effrayant dans le fait que leur envie avait pris le dessus sur tout le reste. Ils se trouvaient dans une voiture lancée à pleine allure et dépourvue de freins, le long d'une route de montagne sinueuse. L'issue serait désastreuse, fatalement, mais ni l'un ni l'autre ne parvenait plus à raisonner sagement – ou en avaient-ils seulement l'envie ?
Lily n'en était pas sûre.
Elle pivota sur elle-même afin d'ouvrir la porte.
Elle avait à peine fini de donner le second tour de clef qu'elle sentit les mains de James de part et d'autre de sa taille, et il réduisit une fois encore l'espace entre leurs deux corps, la plaquant contre la porte.
– Qu'est-ce que tu fais ? murmura-t-elle.
James hésita. Il ne savait pas vraiment.
Ses mains, elles, le savaient. Et n'hésitèrent pas.
Elles passèrent sous le T-shirt de Lily, touchant cette peau si fine et douce, caressèrent son ventre, remontèrent sur sa poitrine.
– James…
– Arrête-moi, murmura-t-il dans son oreille. Parce que je n'y arrive pas.
Mais Lily était dans le même état. Le même état d'abrutissante impatience. Elle avait l'impression qu'elle mourrait, s'il cessait de la toucher. Elle tourna la tête vers lui, sans savoir ce qu'elle allait lui dire, croisa son regard rempli de désir, de désir pour elle, et finit par l'embrasser. Son corps était en feu, son sang en ébullition, ses principes réduits en cendres par la nécessité qu'elle ressentait d'être touchée par lui.
Elle ignorait comment il parvenait à la stimuler à tant d'endroits en même temps, mais c'était vraiment très, très bon. Et elle n'était pas habituée au fait qu'un homme la fasse se sentir très, très bien. Elle n'avait pas l'habitude qu'on la touche de manière aussi sexy, ni qu'on la caresse de manière aussi érotique, ni qu'on l'embrasse de manière aussi sensuelle.
L'une des mains de James redescendit vers son nombril, puis se faufila très lentement dans son jean, lentement comme s'il espérait à moitié être interceptée. Il ne voulait que l'embrasser, peut-être la peloter un petit peu, rien que ça le rendrait heureux. Il savait que coucher ensemble serait un trop grand pas pour Lily – elle était déjà bouleversée par de simples baisers. Mais il n'arrivait pas à réfléchir, pas à se retenir, et les gémissements de Lily, les réactions de son parfaits petits corps, et ses regards, ne l'aidaient pas à se maîtriser. Bien au contraire. Il avait déjà été très excité, mais jamais de cette manière-là, et il se rendit compte que ce qui le rendait le plus fou dans cette situation était d'être avec une femme, et pas n'importe laquelle, une femme qui le voulait autant qu'il la voulait, et pas n'importe qu'elle femme qui le voulait autant qu'il le voulait, Lily. Et il la voulait tellement qu'il commençait à en avoir mal.
– Arrête-moi, répéta-t-il toutefois, d'une voix presque suppliante, quand ses mains atteignirent sa délicieuse moiteur.
Mais il sentit qu'elle ne le ferait pas, et il savait au fond qu'il en était incapable également.
Lily ferma les yeux, et posa la tête sur son épaule, et se crispa, et laissa échapper un petit cri quand les doigts de James commencèrent à bouger à l'intérieur du jean étroit. Sa main gauche quitta sa poitrine pour venir soutenir son cou, tandis qu'il étouffait dans un baiser ses râles de plaisir, qui s'intensifiaient car leurs bassins bougeaient à nouveau à l'unisson.
La chaleur qui montait en elle était à la fois enivrante et effrayante, tant elle n'avait pas l'habitude de se laisser aller autant, de perdre contrôle. Pourtant, elle savait qu'elle aimerait – elle avait aimé, la première fois qu'il l'avait touchée ainsi, la première fois qu'il l'avait touchée. Mais cette fois, c'était tellement plus intense qu'elle avait l'impression que quelque chose allait se rompre en elle. Les sensations qu'il provoquait en elle étaient si fortes, qu'elle ne put s'empêcher de poser la main sur la sienne, par-dessus le jean, et de l'interpeller.
– James…
Sa voix était rendue rauque par l'excitation.
Arrête ? Continue ? Elle ne savait plus. Il interpréta le ton de voix et le geste comme un encouragement, et se mit à accélérer le mouvement de ses doigts, jusqu'à ce que Lily se cambre contre lui en étouffant de mieux qu'elle put l'étourdissant cri de soulagement qui vint avec la délivrance.
Hors d'haleine, ils restèrent debout l'un contre l'autre.
– Bien sûr que j'ai envie de toi, répéta James.
Elle se tourna lentement vers lui, rouge comme une écrevisse. Elle n'arrivait pas à croire ce qu'ils faisaient. Et espérait que personne dans l'immeuble ne les avait entendus.
– Je suis désolé, répéta James, je n'aurais pas dû… Je vais y aller.
Mais il croisa son beau regard, et tomba amoureux une millième fois, l'embrassa, ne put se retenir de l'embrasser, et elle le lui rendit. La tension sexuelle entre eux était trop forte. Beaucoup trop forte, pour s'arrêter. La voiture était déjà hors piste, chutait de la falaise, et au lieu de comprendre qu'ils tombaient, qu'ils allaient s'écraser et exploser, ils avaient l'impression de voler.
La fausse impression d'être libres, d'être seuls, et de voler.
– Juste pour ce soir, chuchota-t-elle.
– T'es sûre ? demanda-t-il.
Elle ouvrit la porte sans le quitter des yeux. Il n'hésita pas bien longtemps, et la suivit à l'intérieur.
Le jean de Lily disparut dès l'entrée – avec difficulté et maladresse, et James maudit la personne ayant osé créer un vêtement aussi étroit même si cela lui faisait de belles fesses, et Lily rit, et James tomba encore plus amoureux d'elle parce qu'elle était tellement belle quand elle riait –, puis elle lui sauta dans les bras, captura ses lèvres, et il la transporta jusque dans sa chambre, et la déposa sur son lit.
Elle insista pour le déshabiller. Elle ne savait pas vraiment d'où provenait cet aplomb chez elle, où avait disparu sa timidité et sa maladresse. C'était comme s'il réveillait le réel potentiel de sa féminité. Elle resta même quelques secondes à le contempler, lorsqu'il fut totalement nu devant elle, et éclata de rire quand il banda ses muscles finement tracés et contractant le ventre pour faire ressortir ses abdos parfaits.
Elle lui caressa la joue, puis ils s'allongèrent sur le lit en continuant à se toucher, à s'embrasser, à se serrer l'un contre l'autre, à se goûter. Lily découvrit que James était tout aussi sensible à ses caresses qu'elle l'était aux siens. Quand elle partit bravement à la découverte de son corps, qu'elle recouvrit de baisers humides, il sembla sur le point de perdre contrôle. Tandis qu'il se remémorait son manuel de révision de Médicomagie pour ne pas se laisser aller, il se cacha les yeux d'une main (bien qu'il ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'yeux fréquents à travers ses doigts, parce que Lily nue était une vision des plus érotiques), et posa l'autre sur la tête de la jeune femme. Pour la retenir, ou pour la guider, ce n'était pas vraiment clair, mais elle trouvait diablement sexy quand, parcouru par un spasme qui envoyait des éclairs dans tout son corps, il ne pouvait s'empêcher de tirer de temps à autre sur ses cheveux.
Finalement, elle remonta vers lui, et se nicha dans ses bras. Ils s'embrassèrent de nouveau pendant de longues minutes tendres. Puis James se redressa sur ses bras, et la regarda :
– T'es sûre ?
Lui, pour être honnête, ne l'était pas. Oh, il en avait envie. Très envie. Mais il avait également toujours le pressentiment qu'une fois soulagés de cette frustration qui les empêchait de réfléchir correctement, cette magnifique soirée se résumerait en un mot : erreur. Il espérait presque qu'elle lui dise non...
– Seulement si toi tu l'es, le taquina-t-elle.
Presque.
Lily avait eu des hommes qui avaient plus couché avec elle qu'ils ne lui avaient fait l'amour.
James n'était pas l'un d'eux.
Il ne se passa pas un instant sans qu'elle ne se sente spéciale dans ses bras. Même lorsqu'il entra en elle, les yeux fermés tant il semblait sur le point d'exploser, tant les sensations étaient intenses, il finit par les rouvrir pour vérifier qu'elle allait bien, qu'elle se sentait bien.
Et elle se sentait bien. Elle allait bien.
Elle était heureuse d'être avec lui.
James ressentit le besoin de l'embrasser pour lui faire comprendre à quel point elle était importante pour lui, puis il commença à bouger. Au début, son désir était si impérieux, si urgent, qu'il ne pouvait s'empêcher de la posséder avec une vigueur telle qu'elle enfonçait ses ongles dans son dos, sans cesser de veiller à ce qu'elle prenne autant de plaisir que lui – et au vu de son manque de discrétion, c'était le cas. Puis, par crainte que l'expérience ne soit aussi brève qu'intense, il marqua une pause à cadence réduite, et enfouit son visage dans le creux du cou de Lily.
– James, murmura-t-elle alors qu'il lui mordillait l'oreille.
Elle le sentit vibrer comme une corde de guitare en elle.
– Amour, j'essaie de regagner un peu de contrôle, là, grogna-t-il en lui baisant gentiment la joue.
Amour ? Oh, pas mal. Elle aimait bien... Elle lui caressa le dos en souriant béatement.
– Et ?
– Tu ne m'aides pas vraiment, en prononçant mon nom.
– Pourquoi ? demanda-t-elle avec curiosité.
Il lui baisa les paupières.
– Parce que c'est sexy…
Elle fronça les sourcils, perplexe.
– Tu penses que ton propre nom est sexy ?
Il eut un petit rire, et se remit à bouger graduellement.
– C'est quand toi tu le prononces, que c'est sexy, expliqua-t-il d'une voix saccadée.
Elle se mit à bouger également, allant à la rencontre de ses mouvements de reins en arquant les siens, et il ferma les paupières quand elle se mit à lui mordiller le cou.
– J'aime bien comme tu m'appelles Amour, murmura-t-elle à son oreille.
Il accéléra la cadence.
– Est-ce que tu parles… toujours autant… tout le temps ?
Sa voix était plus grave, et entrecoupée par l'effort.
– Je croyais… que ma voix était sexy, le taquina Lily, également à bout de souffle.
– Seulement… quand tu dis… mon nom, expliqua James.
– T'es tellement narcissique.
Mais il la sentait sourire contre sa peau. Il aimait ça. Malgré son affreux tableau de chasse, c'était une première pour lui de ressentir une telle complicité avec quelqu'un, de rire, de se taquiner. Cela ne rendait l'expérience que d'autant plus spéciale.
– Donc… tu penses qu'on fait l'amour ? reprit Lily.
Elle sentait que ce qu'ils faisaient était spécial, mais ressentait le besoin de confirmer qu'il ressentait la même chose.
– A ton avis ?
– A mon avis…
Elle n'avait pas vraiment besoin de réfléchir. C'était diamétralement différent de tout ce qu'elle avait connu jusque-là. James écoutait son corps, lisait ses réactions, comprenait ses envies. Il en prenait de toute évidence, mais il tâchait en premier lieu de lui faire plaisir à elle d'abord. Avec succès.
– Oui ?
Son ton était à moitié interrogatif. Elle le regarda avec inquiétude, comme si elle craignait qu'il ne la contredise. Il l'embrassa, longtemps, puis se redressa soudain sur ses genoux en l'entraînant avec elle, et elle se retrouva assise à califourchon sur lui.
– Evans, si tu es capable de parler autant, pour poser des questions aussi évidentes en plus, c'est qu'il te reste pas mal d'énergie, murmura-t-il contre ses lèvres. Et si tu mettais ça a contribution ici ? Je suis narcissique. Je veux que tu ne penses qu'à moi. Je veux que tu te concentres sur moi.
Elle posa les mains sur ses épaules comme appui, et ils remirent à bouger à l'unisson.
– Je suis concentrée sur toi, murmura-t-elle très sérieusement.
Il sourit, et l'aida dans ses mouvements en la stabilisant par la taille, en faisant écho à ses gémissements par des grognements, à ses soupirs par des râles, en répondant à ses sourires par des sourires, et à ses baisers par des baisers.
– Lily, dit-elle soudain.
– Hm-mm ?
– Lily. Arrête de m'appeler Evans.
Il lui prit le visage entre les mains.
– Lily ?
Elle mit quelques secondes à rouvrir les yeux. C'était lui à présent, qui affichait un air très sérieux.
– Je t'aime.
QUAND IL REVINT A LUI, il se rendit compte qu'elle pleurait. Et tremblait. Et se cachait le visage dans le creux de son cou pour ne pas avoir à lui faire face. Et n'avait pas mal. Et n'avait pas envie d'en parler. Il voyait bien qu'elle en était terriblement gênée, tentait d'y mettre un terme, mais, comme il l'avait redouté, coucher avec lui représentait un trop grand pas.
Elle pleurait. Et pleurait. Et ne cessait de pleurer.
Elle pleurait tellement fort qu'il regretta le plus beau moment de sa vie. Et rien de ce qu'il put dire ne parvint à la consoler, et il savait qu'il ne pouvait dire ce qui aurait pu faire tarir ses larmes.
Il la garda longtemps serrée contre lui, après qu'elle fut tombée endormie.
Lui ne dormit pas.
QUAND ELLE se réveilla le lendemain, elle se trouvait dans son lit, et il était parti.
Bla Bla del auteur (encore en train de faire les RARs des reviews signées, donc si vous n'avez pas encore eu de réponse, c'est nowmal)
Bon, je vous avoue que j'ai un peu les chocottes en publiant ce chapitre... J'avais flouté leur première session oulala !, et j'avais envie de tenter quelque chose d'autre. J'ai tellement retravaillé cette partie que j'ai du mal à savoir si le rendu final est sexy et romantique…
D'ailleurs, à l'avenir, vous préférez que ce soit oulala ! comme dans ce chapitre, ou plus flouté comme la dernière fois ? Pas de préférence ?
Je reviens rapidement sur le piercing de Lily, qui a autant interpellé (haha): c'est un pari perdu, et Marlène a quelque chose à voir dedans bien sûr héhéhé! J'ai coupé l'explication pour je ne sais plus quelle raison, mais comme ça intrigue tant je détaillerai l'anecdote au prochain chapitre.
Sinon, je publie en avance parce je vais disparaitre au moins jusque septembre. Oui, je suis désolée… J'aurais pas assez de temps à consacrer à WP, tout juste assez de connexion pour continuer à lire mes chapitres de One Piece haha ^^ car je voyage et aurait énormément de choses à faire. J'espère publier avant, mais je préfère vous donner une date large pour que vous ne soyez pas déçus en ne voyant pas de MAJ. Ce qui est certain, c'est que je serai là avec un nouveau début septembre, avant, je ne peux pas vous le promettre. Mais je l'espère, même si ce n'est qu'un petit bonus à l'attention de ceux qui essaie de percer le mystère de 10 ans plus tôt.
Cette pause me permet aussi de prendre un peu d'avance au niveau de l'écriture. On se trouve à environ 75%, voire 80% de l'histoire, et la difficulté est de répartir les évènements entre James et Lily pour que ça avance sans se répéter, mais aussi de déterminer comment disséminer les indices, comment lancer les révélations et découvertes.
En attendant, merci à tous du fond du cœur. Ceux qui mettent en favori et followent (je vous ai jamais dit, mais je vais toujours consulter les profils quand j'ai une notif de ce genre et certaines bios sont hilarantes), mais plus encore ceux et celles qui reviewent. Je le répéterai jamais assez à quel point c'est encourageant, gratifiant, flatteur, de recevoir une belle review. Ce n'est ni le contenu, ni la longueur qui me touche le plus, c'est le fait que vous ayez pris du temps pour me dire ce que vous en pensez.
Euh, voilà. Merci. Du fond du cœur. Je vous aime.
Merci au reviewers du chapitre précédent, malilite, Sheshe13, lyrass zaaabooozaaaa, betouni, Antig0ne, ptitcoeurfragile & Chevalier du cat !
RAR anonyme :
Merci à Chevalier du cat !: tiens, y'a une question que j'oublie toujours de te poser : t'as un compte, oui, ou non ? Car de mémoire, tu signais tes reviews au début… Toi, ou quelqu'un qui s'appelle aussi Chevalier du Catogan ? Du coup, je me demande si c'est la même personne… Sinon, j'étais vraiment émue, touchée par tes gentils mots, en plus que j'avais passé une sale journée, j'étais vraiment happy ensuite ! T'es vraiment trop gentille, merci ! /
Autant les avis divergent sur Ellie, autant tout le monde est unanime sur le fait qu'Emily est une grosse bitch. Le plus triste, est que ce genre de personnes existe réellement. Ellie quant à elle, je pense qu'elle aurait moins fait la maligne deux jours plus tôt, quand elle pensait que James allait la quitter pour Lily…./
Bravo, il me semble que tu aies la seule à avoir compris (du moins, à m'avoir dit), que c'était Arthur à Verveine qui regardait Lily. Disons qu'il est comme Lily je pense, il veut tellement Elinor qu'il commence aussi à se meler de ce qui ne le regarde pas. Et puis, il a une histoire aussi, pertinente pour l'enquête que Lily a commencé./
Voldemort est là, car BB travaille pour lui en ce moment, mais il restera toujours en trame de fond. Je ne compte pas le faire intervenir directement. /
Une fois de plus, la relation entre James et Emily est compliquée. Il est conscient qu'elle lui a fait beaucoup de mal, mais est incapable de la haïr. Ce qu'il peut faire au plus, c'est lui en vouloir. Je pense qu'à leur retour de Bath, vous comprendrez mieux leur lien au détour d'une conversation./
Je pense qu'Ems a commencé à comprendre que Lily est un peu plus qu'une WP car James l'a plantée au pub, c'est une première…/
Voili, voilà, je crois que j'ai répondu à tout ! Merci ma belle !
Ah, et of course, je veux savoir ce que vous avez pensé de ce chapitre ! Reviewez canailloux !
