Note de l'auteur: rating M toujours, cette fois également pour le langage et les situations.
Je suis en retard, car il y avait deux ou trois scènes que j'avais initialement fait passer sous ellipse, mais bon vu que je n'ai plus à m'inquiéter de la longueur du chapitre, je les ai rédigées.
Enjoy!
CHAPITRE 30: Juste le rock'n'roll si tu veux bien (3/4)
l e
deuxième
jour
(fin)
MARLÈNE ET DORCAS se stoppèrent en réalisant que Lily, restée au niveau du feu tricolore auquel elles avaient patienté avant de traverser, ne les suivait plus, et firent demi-tour avec curiosité. Lily fixait une affiche de fête foraine placardée sur le panneau qui annonçait :
FOIRE ANNUELLE DE BATH
****.D. .E. .R. .N. .I. .E. .R. .S.*** .J. .O. .U. .R. .S.***
PROLONGATION EXCEPTIONNELLE JUSQU'AU
LUNDI 2 SEPTEMBRE
***.V. .E. .N. .E. .Z. ***.N. .O. .M. .B. .R. .E. .U. .X. !***
– Oh, j'y ai été au début de l'été, dit Marlène en lisant l'affiche. C'était assez bof, même leur maison hantée ne faisait pas peur.
– Si même toi tu dis ça, c'est que ça devait être vraiment nul, fit remarquer Dorcas.
– C'est pas vrai, protesta Marlène. Je peux être brave.
– Tu as pleuré de peur devant Amytiville.
– Et toi, tu as éclaté de rire tout le film. C'est pas mieux.
– Parce que c'était drôle.
– C'était pas drôle, c'était un film d'horreur.
– J'aime bien les films d'horreurs, y'a rien de mieux pour se relaxer.
– T'es bizarre, conclut Marlène. Ça me rappelle qu'il y a une maison abandonnée pas loin d'ici, super bizarre. On dit qu'elle est hantée par un nain de jardin.
Dorcas éclata de rire.
– Rigole pas, ça fait peur ! insista Marlène. Benjy et moi on y est restés pas plus de deux minutes, parce qu'on entendait pleins de bruits flippants. Mais comme mademoiselle n'a peur de rien, on a qu'à y faire une petite excursion ?
Dorcas avait légèrement pâli à l'évocation du nom de Ben, et au souvenir de ce qui avait bien failli se passer. Elle avait été très surprise de voir Lily et Dorcas la rejoindre avec ses affaires au lieu de Doc ou Remus, mais était finalement contente de se retrouver entre filles. La blonde et la rousse n'avaient pas posé de questions en la voyant bouleversée, mais avaient ravivé sa bonne humeur en un claquement de doigts.
Marlène détestait tout ce qui faisait peur, et Dorcas savait qu'elle ne cherchait qu'à lui faire plaisir en lui proposant de visiter une maison hantée. Si c'était pas ça, l'amitié, elle n'y connaissait rien.
– Avec plaisir, répliqua-t-elle avec un sourire chaleureux. On n'en partira pas avant d'avoir découvert l'origine de ces bruits.
– Super, mentit Marlène avec un sourire clairement forcé. Est-ce que tu as peur de quoi que ce soit, au fait, mis à part les clowns ?
– C'est plus une phobie que j'ai pour eux, expliqua la brune. Je les déteste, ils me stressent avec leur maquillage à la con. On ne peut pas savoir ce qu'ils pensent.
– Qui aime les clowns, franchement ? renchérit Marlène, qui était toujours amusée de voir à quelle vitesse son amie pouvait s'enflammer sur le sujet.
– Je suis sûre qu'ils se détestent entre eux.
– Je suis sûre que même leurs parents les détestent.
– Même leurs grands-parents les détestent, approuva Dorcas.
Puis, remarquant que Lily n'avait pas pipé mot depuis tout à l'heure, elle dit :
– Tout va bien ?
– Oui, assura-t-elle en s'efforçant d'esquisser un sourire rassurant. C'est juste la date qui m'a rappelé quel jour on était….
– Ah oui! s'écria Marlène avec excitation. C'est déjà mon anniversaire, minuit est passé, j'ai officiellement vingt-deux ans! Je...
– Mars, intervint Dorcas, je crois qu'elle fait surtout référence au fait qu'on est le premier dimanche du mois.
Le sourire de cette dernière s'effaça aussitôt.
– Oh. Désolée, j'avais oublié.
– Moi aussi, fit remarquer Lily avec un sourire triste.
Dorcas et Marlène échangèrent un regard.
– Ça ne veut pas dire que tu commences à les oublier, rassure la première en la prenant par le bras. Et ce n'est pas étonnant que tu aies oublié, il t'en est arrivé des choses récemment.
– Oui, c'est sûr.
– Tu veux qu'on y aille maintenant ? proposa la blonde. Je suis sure qu'en pleine nuit ça doit être encore plus effrayant que la maison abandonnée.
Lily hésita un petit moment.
– Non, dit-elle finalement. J'irai tranquillement demain matin. J'ai pleins de chose à leur raconter.
Puis elle enlaça Marlène avant de l'embrasser sur la joue.
– Bon anniversaire, ma poulette.
Dorcas passa les bras autour de ses deux amies, et elle se serrèrent toutes les trois un long moment en silence, jusqu'à ce que ce dernier soit brisé par un groupe de jeunes hommes légèrement éméchés, dont l'un d'eux eut le mauvais goût de les siffler afin de manifester son admiration. Marlène redressa aussitôt la tête.
– C'est qui que tu siffles, là ? aboya-t-elle d'un air si menaçant que l'homme sursauta puis pâlit.
– N'y prêtes pas attention, dit Lily.
– Non, mais il est fou ! Appelle ta mêre comme ça, on va voir si elle va te répondre !
Le jeune homme détala dans demander son reste. Marlène laissa échapper ensuite un long tchip méprisant qui fit éclater de rire ses deux amies.
La maison abandonnée se situait à quelques rues seulement. Les filles déplacèrent les planches qui en condamnaient l'accès puis, après avoir allumé leurs baguettes, s'engouffrèrent a l'inté trois amies explorèrent les différentes pièces en masquant leur peur par des plaisanteries, mais la seule véritablement à l'aise était Dorcas. La bâtisse était en effet effrayante, et y régnait une ambiance glauque et surnaturelle qui ravit Dorcas, mit Lily mal à l'aise, et fit trembler les jambes de Marlène et s'entrechoquer ses dents.
Le bois des planchers craquait, les portes grinçaient, le vent s'engouffrait à travers les vitres brisées, les lustres pendaient de travers, la rampe de l'escalier était en partie arrachée, et le mobilier était entièrement saccagé.
On aurait dit qu'un monstre enragé s'y était déchaîné.
Une seule chambre, à l'étage, semblait avoir échappé au carnage général, mais elle n'était pas moins glauque que le reste de la maison pour autant. La fenêtre était condamnée par des planches, et le mobilier consistait en un lit et une table en métal fixés au sol.
Alors qu'elles se promenaient à l'étage, Marlène sentit soudain froide une main se poser sur l'épaule. Elle sursauta, se retourna, ne vit rien devant elle.
Son instinct lui suggéra d'abaisser sa baguette. Elle baissa les yeux.
Échangea un regard avec un petit nain de jardin en porcelaine, qui la fixait avec un air malfaisant, et qui était armé d'une faucheuse grandeur nature. Blêmit quand le nain lui fit un clin d'œil.
Poussa un hurlement de damnée. Et détala sans demander son reste.
Lily se retourna, croisa le regard du nain de jardin qui lui fit également signe, pâlit, poussa à son tour un cri de terreur avant de s'enfuir en courant.
Dans l'obscurité, Dorcas, décidément dans son élément, ne put s'empêcher de rire de manière machiavélique. Elles étaient si faciles à effrayer.
Elle cessa cependant de rire quand elle sentit à son tour une main froide se poser sur son épaule.
LA TÊTE DÉCAPITÉE du nain échappa des mains de Dorcas, chez qui l'anecdote de Marlène provoqué un fou rire, puis roula sous une voiture garée sur le trottoir.
– Mince, dit-elle se s'accroupissant pour tenter de l'atteindre.
– Olala, quel dommage, commenta Marlène sur un ton sarcastique.
Les bras de Dorcas étaient cependant trop courts, et son entreprise se conclut vaine.
– Laisse-moi faire, proposa Lily.
Elle vérifia que personne ne la regardait, puis agita discrètement sa baguette, et la tête sauta dans les mains de son propriétaire. Marlène esquissa une grimace.
– Tu comptes garder ton trophée jusque quand ?
– Halloween. Ça fera sensation.
– Super, j'ai h... Putain Dorcas, arrête!
Dorcas s'était mise à agiter la tête de l'effrayant nain sous le nez de Marlène, qui poussa un cri de frayeur et se réfugia derrière Lily.
– Je t'ai dit d'arrêter de faire ça ! sermonna cette dernière, qui se retenait d'aller se cacher derrière Marlène.
Mais Dorcas, d'humeur taquine se mit à les poursuivre en les menaçant avec l'objet, et c'est en courant, en riant, et en se cachant qu'elles rejoignirent l'allée habitée exhaustivement par les familles sorcières. Elles cessèrent cependant leur chahut enfantin en arrivant devant la maison des Potter.
Le sourire de Lily s'évanouit.
Emily Love était tranquillement installée sur les escaliers qui précédaient la porte d'entrée de la maison, et avait levé les yeux du livre qu'elle lisait en les entendant approcher. La wedding-planner fut immédiatement frappée par la sobriété de sa tenue et de son maquillage, qui contrastaient avec ses tenues aguicheuses habituelles. Emily portait une longue robe de sorcière qui lui recouvrait les bras et le cou sans effacer sa silhouette aguicheuse, et ses longs cheveux étaient noués en une haute queue de cheval qui se balançait au rythme de ses mouvements. Elle restait jolie, mais avait sans aucun doute gagné un peu d'élégance en habillant sa large poitrine.
Emily se leva quand elles franchirent la clôture, et les détailla du regard avec attention.
– Bonsoir, minauda-t-elle d'une voix amicale.
Marlène et Dorcas répondirent sur un ton incertain, mais Lily refusa net de lui rendre son salut. Elle dévisagea Emily avec une inimité palpable, avant de passer devant elle et de franchir la porte. Marlène et Dorcas échangèrent un regard indéchiffrable.
Si l'une reconnut immédiatement la joueuse de Bavboules et ex de James, la seconde ignorait totalement qui se trouvait devant elle, mais l'hostilité ambiante l'amena à se montrer instinctivement sur la défensive.
– Est-ce qu'on peut t'aider? proposa-t-elle d'une voix plus froide que d'ordinaire.
Emily la sonda de bas en haut.
– J'attends Jamie, répondit-elle enfin avec hauteur.
– A cette heure-ci?
– James et moi nous connaissons depuis toujours. Je suis certaine qu'il n'y verra aucun inconvénient.
– Si tu le dis... et t'es qui?
Emily soupira, comme si leurs questions l'agaçaient profondément.
– Une de ses amies. Vous avez une idée de quand est-ce qu'il sera de retour ?
– Non. Peut-être que tu devrais revenir une autre fois, et quand il fera jour.
– Ça ne me dérange pas de l'attendre.
La lumière de la cuisine s'alluma, et attira leur attention sur Lily, qui s'y affairait.
– Comme tu veux, céda Dorcas.
– T'es en train d'écraser les bégonias d'Euphemia, fit remarquer Marlène.
Emily s'était en effet écartée sur le parterre de fleur bordant le chemin menant à la maison afin de laisser passer Lily.
– Je sais, répondit-t-elle tranquillement sans bouger d'un pouce.
Marlène leva un sourcil, mais Dorcas lui fit signe de laisser tomber, et elles rejoignirent leur amie à l'intérieur. Cette dernière préparait du thé, et bien que son expression était calme, l'absence de douceur dans ses gestes trahissait son émoi.
– C'est qui, cette totale bitch? demanda Marlène.
– L'ex de « Jamie. » Emily love.
– Woaw.
Marlène se pencha à la fenêtre, et observa l'intéressée pendant quelques instants. Emily leur faisait dos, et s'était réinstallée sur les marches en prenant soin d'écraser le plus de fleurs au passage.
– Canon, je dois l'admettre, commenta-t-elle.
Le visage de Lily s'assombrit. Marlène fit apparaître un pistolet à eau, et s'appuya sur l'évier afin de mieux cadrer son tir.
– Qu'est-ce que tu fais ?
– Elle le sera un peu moins, quand je me serai occupée de son brushing, chantonna-t-elle avec un sourire machiavélique.
– Marlène! protesta Lily.
– Quoi? se défendit-elle. Tu ne l'aimes pas, je ne l'aime pas, Dorcas ne l'aime pas.
– Du tout, confirma la brune.
– Tu vois? Arrête de te comporter comme une personne raisonnable de temps en temps. Même sans la connaître personnellement, c'est évident que c'est le genre de connasse à qui on souhaite de se faire doigter par Wolverine.
Lily éclata de rire, et Marlène l'interpréta comme un aval afin d'arroser Emily. Cette dernière poussa un cri quand elle reçut les premières gouttes, puis s'éloigna en pestant afin de se mettre hors de leur portée. Dorcas roula des yeux, bien que sa consternation soit contredite par son sourire amusé.
– A votre avis, qu'est-ce qu'elle fait là? demanda-t-elle avec curiosité.
– D'après Heidi, elle cherche à récupérer James, répondit Lily.
– Je ne peux pas dire que je suis surprise, dit Dorcas avant de pousser un soupir.
– Le mariage approche, c'est pas comme si elle avait beaucoup de temps devant elle.
– C'est de la sacré compétition, quand même, dit Marlène. T'as pas peur?
– Non. James est un idiot, il ne peut pas s'empêcher d'apprécier une jolie fille, et elle, elle sait jouer de ses charmes – vous auriez dû le voir comment elle l'a retourné comme une crêpe vendredi, on aurait dit qu'il était ensorcelé. Mais elle ne représente pas de réel danger. J'ai rien à craindre d'elle.
Et elle n'avait pas l'air de feindre son expression totalement sereine.
– Comment peux-tu en être sûre?
Lily esquissa un sourire des plus béat.
– Parce qu'il m'aime.
EMILY AVAIT TOUT JUSTE terminé de remettre de l'ordre dans sa tenue et sa coiffure quand James, suivi par le reste des vacanciers, apparurent enfin dans l'allée. Le jeune homme se stoppa net en la voyant, et son visage se décomposa. Sirius devint également blême, mais de colère. Les yeux de Heidi et Remus flamboyèrent. Katie et Doc ne comprenaient pas ce qui se passaient, mais gardèrent le silence et observèrent la scène avec intérêt.
– Hey, salua James d'une voix tendue.
– Hey, répondit Emily de sa voix suave.
Elle lui adressa un sourire qu'il ne lui rendit pas.
– Qu'est-ce que tu fais là ? grommela Heidi avec humeur.
Emily détacha enfin son regard de James.
– Salut, Dee Dee, lança-t-elle d'une voix enjouée. Remus.
– Va te faire foutre, aboya immédiatement ce dernier.
– Arrête, c'est précisément ce qu'elle espère, répliqua Heidi.
Emily poussa un soupir exaspéré.
– Je suis venue en paix. On pourrait pas se croiser au moins une fois comme les adultes que nous sommes, sans échanger d'insul..?
– Connasse, coupa Remus.
– Je vois. Je ne vous retiens pas, hein, même si c'est toujours un plaisir de vous voir.
– Ouais, ben pas réciproque. Rien que ta vue me donne des nausées.
Emily roula les yeux, et regarda la bande d'amis rentrer à la villa à l'exception de Sirius, qui prit place sur un banc et ne la quitta pas des yeux ne serait-ce le temps de battre des paupières, et de James, qui paraissait toujours extrêmement tendu.
– Qu'est-ce que tu fais là? demanda-t-il avec méfiance.
Emily parut décontenancée par sa froideur.
– Woaw. Sympa l'accueil. T'as pas l'air content de me voir.
– T'es comme le lundi, personne ne veut te voir, fit remarquer Sirius.
– On a pas sonné ta cloche, Black. Ferme-là.
– Tu peux pas rester là, Ems, intervint James.
Elle se mordit la lèvre inférieure.
– Tu es encore fâché, par rapport à ce matin?
– A ton avis?
– Je t'avoue que je ne comprends pas pourquoi.
– Tu m'as embrassée, en sachant que je suis fiancé et que... enfin, que je ne suis pas libre.
– J'ai pas eu l'impression de te forcer la main. Tu m'as prise dans tes bras de toi même, tu t'es pas fait prier pour m'embrasser, et c'est pas moi qui t'ait obligé à me toucher le cul. Je reconnais avoir initié le geste, ajouta la jeune femme avec irritation, mais c'est trop facile de rejeter toute la responsabilité sur moi.
Sirius haussa un sourcil, l'air mécontent, et James rougit.
– En effet, concéda-t-il, je suis tout autant coupable.
– « Coupable » ? On a pas couché ensemble, non plus – malheureusement, soit dit en passant– , c'était simplement un baiser.
– Qui peut me coûter cher.
– Oh, donc... ta petite copine n'est pas encore au courant ? déduit Emily avec un sourire en coin. Intéressant.
James blêmit.
– Donc t'es venue lui faire du chantage ? siffla Sirius avec colère.
– Bien sûr que non, ne sois pas ridicule, maugréa-t-elle avec froideur. Je ne le mettrai jamais dans l'embarras. Je le taquinais, c'est tout.
Mais James ne semblait pas avoir envie de rire.
– T'es jolie, commenta-t-il tout à coup.
– Euh, merci, dit Emily sur un ton incertain, décontenancée par son changement de sujet.
Ce n'était pourtant pas un compliment: c'était un fait Elle était très jolie, il la trouverait toujours jolie, serait probablement toujours attiré par elle. Elle était son fantasme de la tête au pied, elle était réelle, et quand elle se jetait sur lui il avait du mal à lui résister. Pas parce qu'il l'aimait, mais parce qu'elle était jolie. Entre eux, grondait encore une passion qui ne s'éteindrait peut être jamais, bien que les sentiments eux soient bels et bien morts. Ce que James ressentait pour elle n'était pas une question d'amour, mais un mélange de désir brut, d'affection et de nostalgie.
Il ne pouvait contrôler ce qu'il ressentait pour Lily. Il l'aimait, et même quand il en avait pas eu envie, son cœur, ses yeux et ses lèvres avaient continué à l'aimer, jusqu'à ce qu'il accepte son sort. Il l'aimait, et elle lui était indispensable.
Ce n'était pas le cas d'Emily.
Ce ne serait plus jamais le cas d'Emily.
– Je vais toujours te trouver jolie, confessa-t-il d'un air fataliste. Je serai toujours attiré par toi.
– Moi aussi, répondit-elle d'une voix plus suave encore que d'habitude.
– Je sais. Et c'est quelque chose que Lily n'a envie ni de voir, ni de savoir. C'est pour ça que je veux que tu t'en ailles.
Le sourire d'Emily s'effaça presque au ralenti, à mesure que son cerveau enregistrait la finalité du rejet.
– Tu plaisantes?
Sa voix n'était qu'un souffle.
– Non, répondit James.
– Ce n'était qu'un simple baiser.
– Il n'y a rien de simple, dans ce baiser.
Elle croisa les bras, l'air défiant.
– C'est ridicule.
– S'il te plait, ne complique pas les choses...
– Ça, c'est ma réplique. C'est toi qui en fait tout un fromage.
La colère la gagnait à grande vitesse, rendant sa voix plus aiguë.
– Tu vas attirer l'attention des voisins, sermonna James en regardant nerveusement autour de lui.
– J'en ai rien à foutre.
– Si tu ne t'en vas pas, je m'en irai.
Il tourna les talons pour rejoindre Sirius, qui paraissait heureux de le voir couper court à la conversation, mais elle le retint par le bras et reprit sur un ton nettement adouci:
– Attends... James, s'il te plaît.
Il lui refit face. Elle afficha un air extrêmement malheureux.
– Écoutes, tu regrettes notre baiser, OK. Je ne vais pas te mentir, ça me fait mal, mais je l'accepte. je t'assures que je ne suis pas venue pour te jeter ça à la figure, ni raconter ce qui s'est passé entre nous à qui que ce soit, ni essayer d'en tirer avantage d'une quelconque manière. Si tu veux qu'on fasse comme si rien ne s'était passé, alors il ne s'est rien passé. Je ne suis même pas là pour ça, à la base.
– Dans ce cas, que fais-tu là?
Elle baissa le regard.
– J'ai... besoin de ton aide. J'ai vraiment besoin de ton aide.
James ne put s'empêcher d'être inquiet.
– Pour?
Elle eut l'air gênée, puis jeta un coup d'œil à Sirius.
– Je ne veux pas en parler en public.
– Dommage pour toi, je ne vais nulle part, répliqua froidement ce dernier.
Emily l'ignora.
– Est-ce qu'on pourrait parler seul à seul quelques minutes?
– James non plus va nulle part avec toi, on la connaît ta technique de merde, intervint Sirius d'une voix forte. En fait, la seule à aller quelque part, c'est toi. Tu dégages.
Emily ferma les yeux, respira profondément, puis rétorqua d'une voix calme.
– Black, je pense que James est doué de raison et capable de prendre ses propres décision. S'il voulait vraiment que je m'en aille, il me l'aurait dit. N'est-ce pas, James?
– Mais il t'a déjà dit de te casser. Il ne veut ni t'aider, ni te voir, ni rien à voir à faire avec toi. N'est-ce pas, James?
Ils se tournèrent tous deux vers l'intéressé, qui finit par lâcher à mi- voix:
– Je pense qu'on devrait arrêter de se voir.
La jeune femme eut l'impression de recevoir un violent coup dans le ventre. Son visage perdit la totalité de ses couleurs, et ses yeux reflétèrent quelque chose qui ressemblait à de la peur, et qui causèrent de la peine à James. Elle mit plusieurs secondes à retrouver l'usage de sa voix.
– Sérieusement?
– Oui.
Elle le fixa avec un air totalement perdu, le visage pâle et décomposé, les yeux soudain brillants, comme si elle n'avait pas imaginé une seule seconde qu'un tel tournant puisse arriver, qu'elle ne savait pas comment réagir.
– Je suis désolé, Ems, répéta doucement James. C'est mieux comme ça.
– Mais... J'ai simplement besoin de ton aide, bredouilla-t-elle sur un ton confus. Et c'est important. Je n'insisterai pas, si ça ne l'était pas, surtout qu'il est très clair que ma présence n'est pas désirée.
James jeta un coup d'œil à Sirius, qui secoua fermement la tête.
– Je suis désolé, répéta-t-il, la mort dans l'âme. Je ne peux pas t'aider.
– T'es le seul qui puisse, au contraire. T'es le seul en qui j'ai confiance.
– Désolé, répéta-t-il.
Les lèvres d'Emily se mirent à trembler, comme si elle était sur le point de pleurer. James en avait le cœur serré, mais il s'accrochait au sourire de Lily, omniprésent tout au long de la journée, qu'il avait gravé dans sa mémoire, pour se montrer ferme. Il l'attira contre lui, lui baisa le front avec tendresse, puis murmura:
– Au revoir…
Mais elle le retint par le bras.
– Je t'en prie, supplia-t-elle d'une voix tremblante, ne me tourne pas le dos toi aussi. S'il te plait.
– C'est pas ce que je suis en train de faire, protesta-t-il.
Il ne savait pas très bien qui il cherchait à convaincre paraissait si fragile, si vulnérable, si apeurée, qu'il faillit craquer. Elle souffrait énormément d'abandon, et il était désolé de rouvrir cette vieille plaie.
– Tu sais très bien que si, l'accusa Emily. Et pour un stupide baiser.
– Je dois prendre les mesures qu'il faut pour éviter que ça se reproduise.
– Mais ça ne se reproduira plus, assura-t-elle avec un désespoir palpable. J'ai dépassé une limite, j'en suis désolée. Ça n'arrivera plus.
– Comment je peux en être sûr?
– Tu peux me faire confiance, je te donne ma parole.
Sirius éclata d'un rire peu charitable que la jeune femme, dans sa panique, ne sembla pas entendre.
– C'est pas juste ça, le problème, dit James. Tu m'as dit avoir encore des sentiments, vouloir qu'on se remette ensemble.
– Oui, parce que c'est vrai.
– Et qu'est-ce que je suis censé faire avec ça, moi ? Je suis à un autre stade de ma vie. Toi et moi, c'est du passé. Je pensais qu'on pourrait être amis, maintenant que l'eau a coulé sous les ponts, mais... Ems, c'est trop compliqué. Tu me mets dans une position impossible.
Emily plongea ses superbes yeux dans les siens.
– C'est pas compliqué. Je suis amoureuse de toi, ce n'est pas réciproque. Et c'est mon problème. C'est à moi de le gérer.
– Tu sais que ça n'a jamais été simple entre nous deux.
– Qu'est-ce que tu aurais préféré? Que je fasse semblant de ne pas espérer plus de notre relation? D'être ton amie afin que tu baisses la garde? Qu'on se rapproche avant de te sauter dessus à la première occasion? Non, j'ai préféré jouer cartes sur table, à mes risques et périls. Parait que je suis sournoise, et pourtant, j'ai décidé d'être sincère avec toi.
– Et je te remercie pour ça, assura James. Vraiment, merci.
– J'ai changé.
– Je sais.
– Alors pourquoi est-ce que tu me punis pour mon honnêteté et ma transparence?
Elle posa une main sur son bras. James fit un pas en arrière pour se dégager.
– Je ne suis pas en train de te punir, mais de faire ce qui est mieux pour moi. Je suis désolé, si ce n'est pas également ce qui est le mieux pour toi.
– Et qu'est-ce que tu crois que je vais faire, exactement? Monter un plan diabolique pour te récupérer, alors que tu m'as clairement fait comprendre que tu ne voulais pas de moi?
– Oui, répondit Sirius.
– Oh, silence, toi, s'impatienta Emily.
Pendant un instant, son masque de petite fille esseulée et abandonnée sur un bord de route laissa place à l'expression la plus haineuse qu'il soit. James, comme à son habitude, ne vit rien, mais l'aversion de Sirius s'en retrouva décuplée.
– Patmol, s'irrita James. C'est déjà assez difficile, comme ça.
– Tu sais qu'elle en est capable, s'obstina ce dernier, et que c'est exactement ce qu'elle est en train de faire.
– Je ne vais pas courir après quelqu'un qui ne veut pas de moi, déclara Emily avec hauteur. Je respecte le choix de James. J'ai un minimum de dignité.
– Depuis quand? railla Sirius.
– Et si tu nous laissais finir de discuter seuls? lui proposa James.
– Non, répondit ce dernier sur un ton sans réplique.
– Oh, mais il peut rester, comme ça il verra de lui-même que je ne cherche pas à te manipuler, répliqua Emily.
– Tu cherches toujours à le manipuler, éructa Sirius avec répulsion. Tu cherches à manipuler tout le monde. Tu te manipulerais toi-même, si c'était possible.
– J'ai changé, répéta-t-elle avec force.
Sirius la regarda de haut en bas.
– Mouais. Tu t'habilles plus comme une pétasse, c'est un bon début. Ce qui m'étonne, je dois l'avouer. Étant donné que t'es dépourvue de beauté intérieure, je suis curieux de voir avec quoi tu comptes le charmer vu que tu as remballé tes seuls arguments.
– Je ne suis pas là pour le charmer, affirma Emily. Je ne suis pas là pour prendre avantage sur lui.
– Mais oui, on te croit.
– Je me fiche de ce que tu crois. Je m'intéresse à ce que James croit.
Emily se tourna vers l'intéressé, puis lui jeta un regard de chien battu.
– Je suis désolée, si j'ai dépassé les bornes. J'ai vu une ouverture, je t'aime, j'ai tenté ma chance, tu as dit non, fin de l'histoire. Je suis sincèrement désolée, si ça t'a mis mal à l'aise. Je n'ai pas d'arrières-pensées, je ne suis même pas là pour ça. Je ne veux pas te causer d'ennuis non plus. Je suis uniquement ici car tu es mon ami, et que j'ai juste besoin que tu sois là pour moi, comme tu me l'as promis pas plus tard que ce matin. J'ai juste besoin d'un ami, de l'aide d'un ami, et je ne sais pas qui d'autre aller voir...
– A une heure du matin, c'est clair que les gens ont autre chose à foutre que de t'écouter pleurnicher, intervint Sirius.
Emily ferma les yeux,le temps de contenir la rage qui menaçait d'exploser, inspira profondément, expira longuement, et ne reprit la parole qu'une fois certaine de mesurer ses propos et le timbre de sa voix.
– OK, capitula-t-elle. J'admets qu'il fait tard.
– Alors barres-toi.
Emily l'ignora, et resserra sa poigne sur le bras de James.
– Dis-moi juste quand, on pourrait se parler.
Il sentit son estomac se nouer, conscient de l'impact que ses mots auraient sur sa fragile, dépendante ex. Il lui fallut un moment pour rassembler le courage, mais quand il prit la parole, sa voix ne tremblait pas:
– Je pense qu'on devrait cesser de se parler, justement. Définitivement.
Emily le regarda pendant ce qui semblait être une éternité, la surprise laissant place à un mélange de douleur et d'incompréhension. Il dégagea son bras, et lui jeta un regard des plus désolé.
– On aurait jamais dû reprendre contact, ajouta-t-il. Ta présence ne bouleverse pas uniquement Sirius. Elle bouleverse ma nana, aussi.
Elle eut un petit rire nerveux.
– Laquelle?
– Je pensais à Lily, mais... tu sais... Ellie ne t'aime pas non plus. En fait, personne de mon entourage ne t'aime, ajouta-t-il sur un ton d'excuse. Il faut que je fasse un choix.
– Je m'en fiche, je suis habituée à leur mépris. T'as pas besoin de prendre une mesure aussi drastique. Ce qu'on a n'a rien à voir avec eux.
Tout compartimenter comme à son habitude serait tentant, mais James savait au fond de lui qu'Emily ne resterait jamais dans la case à laquelle il la confinerait.
– Ça va au-delà de ça. Passer du temps avec toi m'attire systématiquement des ennuis. Je sais, que tu n'es pas le monstre qu'ils t'accusent d'être, mais eux ne le savent pas, et le fait que je te défende est mal interprété. Je... je ne suis pas certain de continuer à vouloir me battre pour toi. Je ne peux pas me permettre de t'avoir dans ma vie.
Emily, dont les larmes ruisselaient librement le long de ses joues à présent, fit un pas vers lui.
– Ne me rejette pas, James, sanglota-t-elle. Je sais pas ce que je ferai sans toi. T'es la seule chose positive dans ma vie, t'es le seul qui me comprend. Ne m'abandonne pas.
Mais il recula, et déglutit difficilement.
– Je suis désolé, Emily. On a survécu presque deux ans sans se voir. Tu t'en sortiras parfaitement sans moi.
Elle baissa les yeux.
– Je vois...
Elle avait l'air dévastée, mais aucun signe de violence ne semblait vouloir se manifester. Elle se contentait de fixer le seule, plus fragile que jamais, vide de l'énergie et de la combativité qui l'animaient en temps normal. James eut le cœur fendu de la voir ainsi, mais se força à penser à Lily pour ne pas capituler. Il la prit cependant dans ses bras, afin de lui dire au-revoir. Les sanglots d'Emily s'intensifièrent.
Sirius laissa échapper un bâillement audible, imperméable à la scène qui se déroulait devant lui.
James soupira, puis mit fin à l'étreinte.
– Je continuerai à t'aider pour Sasha, mais plus en personne, assura-t-il avec douceur.
Elle hocha la tête.
– Au revoir, Emily.
– Au revoir, Jamie.
Puis, après un dernier regard, elle transplana enfin et disparut.
– Ah, j'ai cru qu'elle n'allait jamais partir, celle-là, dit Sirius.
– Je me sens horrible, admit James avec tristesse. J'ai même pas écouté ce qu'elle avait à me dire.
– T'as fait le bon choix.
– Mais imagine que ce soit quelque chose de grave?
Sirius leva un sourcil.
– T'es pas responsable d'elle. Elle est majeure et vaccinée, elle peut prendre soin d'elle-même. Et comme tu l'as dit, vous avez passé deux ans sans vous voir et elle s'en est très bien sortie. Vous avez renoué i peine une semaine, sérieux.
– T'as raison...
– Elle a certainement l'air moins tarée.
James haussa les épaules.
– Je t'ai dit qu'elle a changé.
– Je dois t'avouer être étonné qu'elle n'ait pas fait une scène. Elle a accepté ta décision plutôt calmement...
LILY, MARLÈNE ET DORCAS étaient affalées autour d'un feu crépitant, où elles discutaient des derniers épisodes des Feux de la Passion en se faisant d'affreuses tresses qui firent pâlir d'horreur Katie. Ce fut en revanche par l'étrange odeur qui s'élevait du baril enflammé que Heidi fut dégoûtée:
– C'est quoi, cette drôle d'odeur?
Lily renifla.
– Hmm... ça doit être le caleçon de James. Je vous l'avais dit, qu'on aurait dû en prendre un propre.
– Ou c'est peut-être le nain de jardin, dit Marlène sur un ton pensif.
Elle avait profité d'un moment d'inattention de Dorcas pour se débarrasser de la tête. Cette dernière lui jeta d'ailleurs un regard courroucé.
– Qu'est-ce que vous faites ? demanda Heidi, à présent amusée.
– On est en plein rituel de démaraboutatisation, expliqua Marlène.
– Je ne suis pas sûre que ce mot existe, intervint Lily.
– Ta gueule.
– Connasse.
– Salope.
– Pourquoi vous faîtes ça? s'enquit Heidi.
– Longue histoire, répondit Lily.
– Ça schlingue, en tout cas.
– Ouais, mais ça à l'air d'en valoir la peine, dit Katie, qui consultait le grimoire qu'elles avaient utilisé avec intérêt. Apparemment, ça peut non seulement chasser les esprits frappeurs, mais également débarrasser de malchance en amour et au travail, et faire pousser les ongles. Moi je dis, autant essayer. Apparemment, il faut simplement jeter un poil ou un cheveux de la personne atteinte de malchance.
Heidi se pencha sur le baril.
– C'est trop tard pour moi, à ce stade ?
– Oh, d'après ce que j'ai vu, tu en as pas vraiment besoin avec Remus, dit Marlène avec un sourire complice.
Mais Heidi laissa tout de même tomber l'une de ses boucles brunes dans le feu, qui gronda pendant quelques secondes.
– C'est quand tu te crois à l'abri de quelque chose que tu en es le plus en danger, déclara-t-elle sur un ton étonnamment sérieux.
Dorcas devint écarlate, et cela échappa à tout le monde excepté Marlène, car au même moment James apparut sur le seuil de la maison avec un petit gâteau au chocolat orné d'une bougie, et le reste de la maisonnée le suivit en chantant un joyeux anniversaire.
PETER ET BART regardèrent nerveusement autour d'eux afin de vérifier qu'ils n'avaient pas été suivis, puis frappèrent à la porte le code qu'on leur avait appris. Trois coups très rapides. Une pause de dix secondes. Deux coups. Pause. Six coups lents. Pause. Un coup.
Silence.
Les deux hommes échangèrent un regard sous leurs masques, le cœur battant, puis patientèrent pendant quelques minutes qui leur semblaient être une éternité.
Étaient-ils au bon endroit? Avaient-ils bien composé le code?
Faisaient-ils le bon choix?
Ce n'était qu'une réunion d'information anonyme, mais il sentait qu'une fois qu'il franchirait la porte, il lui sera difficile de ne pas s'engager dans leur rang.
Il était encore temps de faire demi-tour...
Mais au moment où il s'apprêtait à suggérer l'idée, la porte s'ouvrit enfin, et un homme également encagoulé leur fit signe d'entrer dans le passage sombre.
Bart entra le premier, sans hésitation.
Peter marqua un temps d'hésitation, avant de le suivre.
KATIE AFFICHA un air dubitatif, et regarda le fouet que maniait son amie avec méfiance.
– Et... t'es certaine qu'il va aimer ça, que tu le frappes ?
Heidi soupira.
– Kit Kat, la frontière entre le plaisir et la douleur est très mince, et peut être très satisfaisante quand on sait doser.
– Oui, j'en sais plus que je ne le voudrais grâce au roman de Marlène. Je ne sais toujours pas ce qui m'a pris de continuer à lire. Mais... je sais pas, j'imagine juste pas Remus te dire « oui, maîtresse. »
– Et le hurler, tu l'imagines ?
– Non.
– Et le hurler à quatre pattes pendant que le le fouette, tu l'imagines ?
– Non.
– Tu sais, Remus est beaucoup moins coincé sexuellement qu'on pourrait le croire en le voyant.
– Je ne veux pas savoir.
– Un jour, on l'a fait dans une ruelle, à deux pas d'une avenue très passante, et c'était son idée. Qu'est-ce que c'était bien. Un peu pervers, mais bien.
– Je ne veux pas savoir.
– Et je ne te raconte pas tout ce qu'il peut faire avec des boules de...
– MAIS TA GUEULE !
Heidi rit.
– Je rigole, t'inquiètes pas. Lui non plus ne sait pas ce que c'est. Enfin… pas encore.
Elle rejeta la tête en arrière, donna un coup de fouet sur le lit, et éclata d'un long rire machiavélique qui ne présageait rien de bon. Katie soupira, puis la regarda avec désespoir.
– Pourquoi tu me fais ça? Pourquoi tu m'apprends des choses que je ne veux pas savoir ?
– Parce que t'es mignonne. J'aime te traumatiser.
– T'es en train de ruiner mon innocence...
Heidi roula des yeux. Katie secoua la tête, puis entreprit de rassembler les objets coquins ayant échappé à la sélection de son amie.
– Bon, je ferai mieux de ranger tout ça avant que Doc n'arrive.
– Peur que ça lui donne des envies? la taquina la brune.
– Oui, répondit simplement Katie.
Elle s'interrompit, puis ajouta:
– J'ai vraiment de la chance, d'être tombée sur quelqu'un lui, hein?
Heidi acquiesça d'un air grave.
– Toi aussi, tu as l'air avec Remus.
– Je sais.
Katie sourit, commença à plier un corset avant de s'interrompre:
– Est-ce que je peux te poser une question?
– Sur les boules de...?
– Non! Purée, t'es pas possible!
Heidi éclata de rire.
– OK, j'arrête. Qu'est-ce que tu voulais me demande?
– Est-ce qu'ils sont vrais? demanda Katie en désignant sa poitrine, compressée dans une brassière en cuir.
– Quoi, mes seins?
Katie acquiesça.
– Tout ceci est un produit na-tu-rel, Kit Kat, dit fièrement Heidi en se désignant de haut en bas.
– Excepté la couleur de cheveux.
– Chut! dit sévèrement Heidi. C'est un secret.
– C'est pas une honte d'être blonde, protesta Katie.
– C'est pas une honte d'être brune non plus.
– Chut! C'est un secret!
DORCAS AFFICHA UNE SÉRÉNITÉ qu'elle était loin de ressentir afin que Caradoc ne se sente pas coupable de la laisser seule pour une nuit, mais son masque se fissura à peine la porte refermée derrière son ami.
Elle pensa à Ben, puis à Andréa, puis à ce qui avait bien failli se passer, tentant de comprendre ce qui lui avait pris.
Il fallait absolument qu'elle se reprenne, avant de commettre une bêtise.
Il fallait qu'elle se remémore l'essentiel.
Andréa. Leur mariage.
C'est anxieuse, mais de meilleure disposition que les jours précédents qu'elle jeta de la poudre de cheminette dans l'âtre de sa chambre, avant de s'agenouiller et de plonger la tête dans les flammes vertes.
– Andy ? appela-t-elle.
Mais il semblait être absent de son bureau.
Dorcas soupira, mais décida toutefois d'attendre son retour dans cette position inconfortable. Elle avait besoin de le voir, de l'entendre, de se souvenir à quel point leur mariage était important, à quel point Andy comptait pour elle.
Sa patience fut récompensée dix minutes plus tard, par le retour d'Andréa, accompagnée par la forte voix de Maugrey qui retentissait dans le couloir :
– VIGILANCE CONSTANTE ! COMBIEN DE FOIS FAUT-IL QUE JE LE RÉPÈTE?!
– Andy ! s'écria Dorcas.
– Cassie ! s'étonna-t-il en s'approchant d'elle.
– Hey, Cassie ! s'exclama Felix qui le suivait. Tes vacances se passent bien ?
– Impeccable.
– Heureux de l'entendre.
– MAIS OU EST PASSE FOWL ? FOWL ! REVENEZ ICI !
Felix soupira, avant de s'éclipser. Andréa referma la porte, avant de s'agenouiller devant sa femme.
– Est-ce qu'il y a une urgence ? demanda Andréa d'une voix anxieuse.
– Non, assura aussitôt Dorcas. Tout se passe très bien.
– Ah.
Il y eut un petit silence.
Maintenant qu'ils se trouvaient seuls, un malaise s'installait entre eux.
– Alors… pourquoi est-ce que tu m'appelles ? demanda-t-il finalement avec curiosité.
Dorcas eut l'impression qu'on lui broyait les entrailles.
– Si j'ai besoin d'une raison maintenant pour parler à mon mari, c'est qu'on est encore plus mal barrés que je ne le pensais, répliqua-t-elle d'une voix blessée.
– Ce n'est pas ce que je voulais dire, se défendit Andy.
– Qu'est-ce que tu voulais dire ?
– Je suis très content que tu m'appelles, mais aussi très surpris.
Elle voulait lui répondre qu'elle le contactait parce qu'il lui manquait tout simplement, mais sa langue sembla soudain très lourde dans sa bouche, et elle se contenta finalement de hausser les épaules.
– C'est juste que ça fait longtemps qu'on en s'est pas parlé.
– Oui... malheureusement, le moment est mal choisi.
– Ah.
Elle ne prit même pas la peine de masquer sa déception.
– J'espérais qu'on pourrait discuter, même si ce n'est pas très longtemps. Au moins voir là où on en est tous les deux. Ou juste… je sais pas, discuter d'autres choses. Se parler.
Elle avait juste besoin de passer du temps avec lui. Il y avait un fossé entre eux, et elle comprenait à présent l'urgence de bâtir un pont.
– J'ai pas vraiment eu le temps de réfléchir à tout ça, pour tout te dire. Je n'aurais pas grand chose à dire.
– Oh. Et qu'est-ce que tu faisais, tout ce temps ?
– Je travaillais. On a été très débordés, tu sais.
– Pas tout seul, je suppose ?
– J'ai pas vraiment le choix.
Elle masqua une pause, puis reprit d'une voix glaciale.
– Donc demain, quand – ou plutôt si tu nous rejoins, on est supposés faire comme si de rien n'était ?
– Est-ce qu'on est en train de se disputer ?
Elle médita quelques secondes.
– Oui.
Andy se passa les mains dans les cheveux.
– Chérie... le moment est vraiment mal choisi.
– Le moment est toujours mal choisi, ces derniers temps, rétorqua-t-elle froidement. Il faut qu'on en parle à un moment où un autre.
– Et on trouvera le temps. Demain, peut-être. Ou a notre retour. Juste… pas maintenant. Pas au bureau. Pas quand je suis fatigué.
Elle croisa les bras en signe de défi.
– Tu fuis. Encore. Toujours.
– Je ne suis pas en train de fuir, se défendit Andréa. Je pense simplement que c'est une mauvaise idée qu'on se lance dans une grande discussion alors que j'ai à peine dormi depuis trois jours, et que je n'ai pas franchement assez réfléchi à la question.
Dorcas lui décocha un regard froid.
– Je vois.
– De toute manière, on se voit demain. On se parlera à ce moment là. Ce sera mieux qu'on en discute en face à face.
Dorcas soupira.
– OK. A demain, alors.
– Cassie ?
Elle leva la tête, les yeux remplis d'espoirs. Qu'Andréa ruina une fois encore.
– Je… Rien, laisse tomber. A demain. Bonne nuit.
Elle se retira de la cheminée, se sentant encore plus mal que lorsqu'elle avait appelé. C'était lui qui était en tort, et c'était elle qui se démenait pour rétablir la communication entre eux. Il paraissait si détaché, à croire que cela ne le touchait pas plus que ça, qu'elle était la seule à souffrir de la situation.
C'était quelque chose de terrible, de se sentir si éloignée d'une partie de soi. De ne plus se sentir liée. Cela devait ressembler à ça, d'être amputée d'un membre. Elle se sentait abandonnée sur le rivage et regardait impuissante le bateau qu'était son mariage chavirer vers de nouveaux horizons sans elle. Elle voulait le sauver, mais ne savait pas comment, avait oublié comment nager. Et cela faisait mal. Elle se sentait au plus bas.
Par miracle, elle ne pleura pas, mais ce n'était pas l'envie qui lui fit défaut.
Elle voulait que tout redevienne comme avant. Elle ne savait pas comment. Elle avait envie qu'ils redeviennent proches, mais avait peur d'être à nouveau blessée. Elle voulait passer à autre chose, mais la cicatrice était encore fraîche. Andy était le mal dont elle souffrait et son antidote.
Elle fut tirée de ses pensées par un bruit à la fenêtre. Elle tira les rideaux, et fit un bond en arrière en voyant la tête de Ben.
– Qu'est-ce que tu fais là ? siffla-t-elle en entrouvrant la fenêtre.
– Je suis venu te voir. Tu me laisses entrer ? Fait frisquet, dehors.
Il avait toutefois pris la peine d'enfiler un T shirt pour une fois, bien que le pauvre tissu soit impuissant à le protéger du froid nocturne.
– Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, répondit-elle d'une voix tendue.
– J'ai juste envie de parler.
– Peut-être demain.
Il fronça les sourcils en remarquant enfin ses yeux humides.
– Hey… qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta-t-il.
– Rien.
Elle ferma les yeux pour empêcher les larmes de couler.
– Tu pleures.
– Non, je suis juste contrariée.
– Tu veux en parler ?
– Non.
– Je peux mettre deux solides épaules musclées à ta disposition. Pour te consoler, ou aller refaire le portrait de la personne qui t'a causé de la peine.
Elle ne se dérida pas un instant.
– Ben, je suis en colère et j'ai pas envie que tu t'en prennes plein la gueule alors que tu n'y es pour rien. S'il te plaît, reviens demain.
– Je ne vais pas te laisser comme ça, déclara-t-il sur un ton catégorique.
Mais elle secoua la tête.
– S'il te plaît, va-t-en…
Il l'ignora et s'engouffra par la fenêtre.
– C'est ton mec, qui te met dans cet état, hein?
Elle releva vivement la tête.
– Qu'est-ce qui te fait dire ça?
– Tu as eu l'air triste toute la journée, quand tu parlais de lui.
Elle ne tenta même pas de nier. Ben la prit dans ses bras. Dorcas tenta de se débattre dans un premier temps, avant de cesser de se débattre. Les larmes coulèrent silencieusement.
– Il t'a trompé ? s'enquit Ben.
– Non!
Si? Elle ne savait plus...
– Enfin... il a trahi ma confiance. Et ça me fait mal, car je n'ai rien vu venir...
Enfin, elle l'avait sentit s'éloigner depuis quelques temps, mais avait mis cette distance sur le compte du travail pour lequel il s'absentait de plus en plus. Ben l'enlaça encore plus fort contre lui.
Benjy devait avoir pris une douche avant de venir car il sentait bon.
Au bout d'une minute ou deux, cependant, Dorcas le repoussa et s'essuya les yeux d'un revers de manche.
– Merci.
– Hey… laisse moi être là pour toi, dit-il avec sérieux. Je te promets de ne pas essayer de prendre l'avantage du fait que tu as l'air super malheureuse. A la base, je ne suis même pas là pour flirter. 'Fin, si, un petit peu mais... je voulais surtout te parler, vérifier que tout allait bien entre nous. Parce que je t'aime bien, et que je serai déçu que tu sois fâché contre moi. J'ai même mis un T-shirt, pour te prouver mes bonnes intentions et surtout ne pas te donner envie de me sauter dessus. Parce que moi je peux me retenir, mais toi...
Dorcas regarda le T-shirt, sur lequel était imprimé une photo de Ben torse nu, et fut secouée malgré elle par un petit rire.
– T'es con.
Benjy haussa les épaules.
– Je sais.
TEANA S'ÉTIRA LONGUEMENT pour manifester sa fatigue, et ses parents l'enjoignirent à retrouver son lit. Elle les embrassa pour leur souhaiter bonne nuit, puis monta les escaliers en baillant ostensiblement, pour bien faire comprendre à qui voulait l'entendre qu'elle étai épuisée et allait se coucher.
Une fois dans sa chambre, cependant, toute trace de fatigue disparut. Elle jeta un coup d'œil à sa montre. Trois heures moins vingt. Elle avait encore le temps de se raffraîchir avant de rejoindre Sirius.
Elle fut interrompue par des coups frappés à la porte, et se hâta de se glisser sous sa couette afin qu'on ne remarque pas qu'elle était encore habillée, voire prête à sortir. Alors qu'elle s'attendait à voir son père ou sa mère, ce fut Selene qui poussa la porte.
– Hey, tu es déjà couchée? s'étonna-t-elle.
– Oui, je suis fatiguée, mentit Tea. Tu as besoin de quelque chose?
– Je voulais savoir si je pouvais t'emprunter une robe.
Teana leva un sourcil. C'était bien la première fois que sa sœur montrait de l'intérêt pour sa garde-robe, qu'elle avait toujours jugé trop sage et conservatrice.
– Bah... fais toi plaisir. Mais tu comptes sortir à cette heure? Il fait tard.
– Ouais, j'ai un rencard.
– Et il est utile que tu changes de personnalité pour plaire à ce garçon?
– Non, pourquoi?
Tea la désigna du menton.
– Ben... tu te maquilles moins discrètement, d'habitude. Et tu n'es pas fan du noir, ajouta-t-elle avec surprise, en voyant la robe que Selene avait sélectionnée.
– Je suis moi, quelle que soit l'apparence que j'aie, assura cette dernière. Mais... je sais pas, j'essaie d'avoir l'air plus adulte, plus mature. C'est pour ça que je m'inspire de toi. J'ai envie de renvoyer une image douce et posée, comme toi.
Teana parut surprise mais flattée, et sourit sincèrement.
– Alors, dis-moi tout. Avec qui t'as rendez-vous ?
– Sirius.
Teana cligna des yeux, certaine d'avoir mal entendu.
– Qui?
– Sirius, répéta Selene.
– Black?
– Oui. T'en connais d'autres, toi, des Sirius? Et tu crois qu'il aimera cette robe?
Teana resta littéralement bouche bée quand elle comprit que Selene ne plaisantait pas.
– Comment ça, tu as rendez-vous avec Sirius? demanda-t-elle d'une voix confuse. Quand? Où?
– Ah, j'en sais rien, pour tout te dire, déclara tranquillement sa cadette. Je veux bien que tu me le marques sur un papier, si ça ne te dérange pas.
– Je ne comprends pas...
Selene lui adressa un sourire froid.
– Ce sont des détails que tu vas me faire le plaisir de me dire, exigea-t-elle calmement. Je sais que tu es censée voir Sirius ce soir. Et comme tu as dû... oublier un léger-tout-petit-détail, à savoir que tu es fiancée, je vais y aller à ta place.
Selene enfila la robe de Teana, se regarda sous toutes les coutures, puis se tourna vers sa sœur, qui semblait avoir tout le mal du monde à se remettre de ce qu'elle venait d'entendre.
– Tu es en train de me faire du chantage? murmura-t-elle, l'air incrédule.
Elles avaient des relations compliquées, mais c'était la première fois que sa sœur se montrait si impitoyable dans leur guerre pour l'affection de son ex.
– Non, assura Selene, l'air faussement choquée, une lueur de folie douce dans le regard. Je m'inquiète pour toi, sœurette. Christian ne serait pas ravi de savoir que sa chère fiancée voit en secret son ex-petit ami en plein cœur de la nuit. Et nos parents non plus, ne seraient pas ravis de savoir que tu as eu une liaison avec Sirius. Ils seraient dévastés, de savoir que tu n'es plus vierge. Ils fondent tellement d'espoirs en toi...
HEIDI ÉTAIT OCCUPÉE à se maquiller dans la salle de bain quand Marlène l'y rejoignit, après avoir frappé à la porte et été invitée à entrer
– Hey, Marlymars ! s'écria-t-elle sans quitter son reflet des yeux.
– Woaw! s'exclama cette dernière en voyant la tenue en cuir que portait la brune. Je suppose que Remus est déjà ligoté dans un cachot?
– Depuis une demi-heure.
– Il a été un vilain garçon?
– Non, mais ton roman m'a inspiré pour ce soir. Ne venez pas à son secours, si vous l'entendez crier. Sauf s'il prononce le mot « ragondin ». C'est notre code, au cas où ça deviendrait trop intense.
– Tu ne l'as pas encore bâillonné?
– Nan, je veux l'entendre hurler, sinon c'est pas marrant.
Marlene sourit tendrement.
– Je suis désolée, reprit Heidi, j'occupe la salle de bain depuis tout à l'heure… Mais j'ai presque fini.
– Ne t'inquiètes pas, ma chambre est équipée d'une salle de bain, je ne suis pas là pour ça. A vrai dire, j'avais besoin de te parler, si tu as quelques minutes.
– Bien sûr. Que puis-je faire pour toi ?
Marlène vérifia que la porte était bien fermée.
– Qu'est-ce qui se passe, avec Dorcas ? Elle est très bouleversée.
Heidi afficha un air innocent.
– J'en sais rien.
– Je pense que tu as fait allusion quelque chose qui a mis Dorcas mal à l'aise tout à l'heure. Qu'est-ce qui se passe?
– J'en sais rien, s'obstina Heidi. Pourquoi tu ne lui demande pas directement?
– Parce qu'elle nie qu'il y ait quoi que ce soit qui l'embête.
La brune lui jeta un coup d'œil à travers le miroir.
– Et pourquoi elle m'en aurait parlé à moi ? On s'est rencontrées hier.
Marlène leva un sourcil en signe de défi.
– J'ai entendu dire que tu avais un certain don pour découvrir les secrets des autres. Et aussi pour t'en servir contre eux. C'est le cas, avec ma copine ? Je t'aime beaucoup, j'ai pas envie de le croire, mais Dorcas s'est renfermée à partir du moment où tu nous as rejoint dans le jardin.
Le sourire de Heidi devint froid.
– Je n'étais pas en train de menacer Cascas, mais de l'avertir.
– A quel sujet ?
– Ça la regarde.
Marlène se mordit la lèvre.
– S'il te plaît, Heidi, je suis simplement inquiète. Et je m'excuse pour mes insinuations. Je n'ai juste jamais vu Dorcas dans cet état.
Heidi la scruta quelques secondes, avant de se radoucir.
– Cascas m'a demandé de me taire, et c'est ce que je fais. Si elle ne vous en a pas parlé, c'est qu'elle a des raisons qui la regardent et c'est pas mon problème. Je n'ai rien « découvert », je suis juste passée au mauvais endroit au mauvais moment, et quoi que je sache, je ne m'en servirai pas contre elle. Déjà parce que ça me desservirait, mais aussi parce que je l'aime bien.
Confuse, Marlène fronça les sourcils.
– Est-ce que tu peux au moins me dire si je dois m'inquiéter ou non ?
– Non. Mais ça n'a aucune importance. Tu n'as pas besoin de savoir ce qui l'a met dans cet état pour être la pour elle. je comprends que dalle à la vie d'Ellie, et pourtant, je suis là pour elle tout temps. Mais…
– Mais ?
Heidi soupira.
– Je t'aime aussi beaucoup, Marlène, et c'est pour ça que je vais te donner un bon conseil: paie Benjymon un peu plus que vingt balles pour qu'il reste loin de Cascas...
LILY EN RESTA bouche bée pendant plusieurs secondes.
– Dis moi que tu plaisantes, supplia-t-elle.
– J'aimerai bien, dit Marlène avec tristesse.
Elle avança la main afin de fermer le robinet de la baignoire, que Lily avait laissé ouverte dans son choc. Elle se passa nerveusement les mains dans ses cheveux mouillés, les plaquant en arrière pour dégager son visage qui arborait une expression stupéfaite.
– Qu'est-ce qu'on devrait faire, à ton avis ?
Marlène lui jeta un regard surpris.
– Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? C'est pas notre problème.
– Tu penses qu'on devrait lui faire savoir qu'on sait ?
– On a passé la soirée ensemble. Si Do ne nous en a pas parlé, c'est qu'elle ne se sentait pas prête. De toute manière, elle doit être déjà en train de dormir. Je suis allée toquer à sa porte et personne n'a répondu.
Lily poussa un soupir las.
– Et par rapport à Benjy ?
– J'irai lui parler demain, à ce petit con, grogna Marlène. J'adore ce type, c'est un bon ami, mais c'est aussi un véritable porc avec les femmes. J'ai vu ses groupies faire la queue sous sa fenêtre pour qu'il les reprenne, en vain. Il les fait sentir comme si elles étaient spéciales, mais une fois qu'il a couché avec une fille, elle ne l'intéresse plus.
– Il est doué, pour faire tourner les tête, dit Lily en repensant à la facilité avec laquelle elle avait occulté James de son esprit quand Benjy l'avait faite danser. C'est cruel.
– C'est Benjy. Et Dorcas devrait se montrer plus intelligente que ça. Elle est mariée, en plus.
Lily s'enfonça dans l'eau de la grande baignoire jusqu'au menton, et resta silencieuse un moment à observer la mousse odorante, avant de reprendre d'une voix peinée:
– Pourquoi est-ce qu'elle ferait ça a Andy ? C'est le type le plus cool du monde.
– Je sais pas… Ils paraissent si heureux ensemble. Tu n'as rien remarqué de spécial, pendant mon absence ?
– Non... Peut-être qu'il voyage beaucoup plus souvent, et plus longtemps, mais ce n'est pas étonnant vu qu'il a été promu récemment. Mais maintenant que j'y pense, je ne lui ai jamais demandé si tout allait bien…
La jeune femme se demandait si Dorcas avait adopté le même comportement de déni qu'elle, lorsqu'elle fréquentait Nathan. Se taire, souffrir, sourire et espérer au fond de soi que quelqu'un comprenne que tout ceci n'est qu'une mascarade.
– Hey, ça va aller, la réconforta Marlene. Si ça n'allait vraiment pas, elle serait venue te voir.
– Tu crois ?
– Mais oui…
Lily se sentit un petit peu mieux.
– En attendant, ça me met mal à l'aise d'être au courant de ce qui se passe ou non avec Ben. T'imagines si je croise Andréa? J'aurais préféré ne rien savoir...
Avant que Marlène ne puisse répondre, on frappa à la porte de la salle de bain, et James entra lorsqu'elles l'invitèrent à les rejoindre. Lily devint écarlate et vérifia pudiquement qu'elle était entièrement cachée par les bulles de savon, ce qui fit sourire son amie.
– Il t'a déjà vue nue plusieurs fois, arrête de faire ta prude.
Lily lui jeta sa savonnette.
– Ouch! Ça fait mal, connasse !
– Salope.
– Désolé de déranger, les filles, dit James. Je peux revenir plus tard.
– Pas du tout, James, assura Marlène. T'es le bienvenu. Que pouvons-nous pour toi ?
– J'aurais souhaité parler à Lily, si ça ne te dérange pas.
Marlène s'installa confortablement sur le bord de la baignoire et croisa ses longues jambes.
– Bien sûr. Faites.
– J'aimerai parler à Lily seul, précisa James.
– Oh, arrête, c'est juste moi, râla Marlène en faisant un geste impatient de la main. Je serai discrète.
– C'est une conversation privée.
– Mais je sais déjà de quoi vous allez parler. Je vous ai vu vous embrasser pendant le concert, et Bon Dieu que c'était chaud, les enfants! C'était chaud les marrons! Surtout quand...
– La ferme, aboya Lily.
– Et sors, ajouta James.
Marlène afficha un air boudeur.
– Vous êtes charmants, tous les deux.
– Et toi, tu me rappelles étrangement Sirius, parfois, dit James.
Marlène rejeta fièrement ses cheveux en arrière.
– Pas étonnant, on a plein de points en communs. On est beaux, on a une personnalité charmante…
– J'aurais plutôt dit ennuyante.
– Ou intrusive.
– Voire les deux.
– Vous êtes chiants, en fait.
Marlène croisa les bras, l'air faussement ennuyé.
– Je suis très vexée. Et comme ma présence est si peu appréciée ici, je vais aller rendre visite à mon jumeau, tiens. Je vous accorde dix minutes.
– Vingt.
– Oho, vingt minutes ! taquina Marlène. Tu te surestimerai pas un peu, James ?
Il roula des yeux.
– Va-t-en, McKinnon.
– Oh, non, maintenant que j'y pense : ta mère a dit pas de sexe. Si tu veux que je la boucle, va falloir me corrompre.
– Marlène ! protesta Lily.
– Hey ! Je te rappelle qu'on a besoin de thune !
– Va t-en !
– Rhoo, ça va !
Elle s'en alla en pestant et en maugréant, et il leva les yeux au ciel.
Une fois seuls, James prit place à son tour sur le rebord de la baignoire, et Lily et lui se dévisagèrent sans un mot avec un sourire content. Puis elle l'aspergea avec un peu d'eau pour le forcer à se détourner.
– Arrête de me fixer comme ça, grogna-t-elle sur un ton faussement ennuyé.
– Je ne peux pas m'en empêcher. T'es belle.
Elle l'aspergea de nouveau, et il dut ôter ses lunettes cette fois afin de les essuyer.
– Tu peux me voir à cette distance? demanda-t-elle.
– Oui, même si c'est un peu flou.
– Cool. Reste comme ça.
Il roula des yeux, mais posa sa paire de lunettes sur l'évier.
– Comme si ça allait m'empêcher de te regarder.
– C'est pas pour ça, c'est juste que j'aime bien tes yeux, précisa-t-elle. Ils sont beau.
– Merci. Tu vois, c'est simple d'accepter un compliment.
– Mouais...
Il lui prit la main, et la caressa avec le pouce.
– Tu sais que je suis là, pour toi, continua-t-il d'une voix gênée.
– Bien sûr.
Il hésita, puis demanda.
– Qu'est-ce qu'elle voulait dire, McKinnon, par le fait que vous aviez besoin d'argent ?
– Rien, mentit Lily avec un sourire qui ne dupa pas James une seconde. Elle raconte juste des conneries. Tout vas bien, je te rappelle que tu te ruines pour t'assurer mes services.
– C'est pas faux. Mais tu es sûre que tout va bien ? Tu as l'air un peu contrariée...
– Oui, je le suis peut être un peu, admit-elle. Pas par toi, pour une fois.
– Ouf !
Il essuya une goutte de sueur imaginaire. Lily eut un petit rire, puis son expression redevint sérieuse.
– J'étais juste en train de me dire qu'un simple baiser peut gâcher une belle relation. L'amour est vraiment quelque chose de très fort et très fragile à la fois. Pourquoi c'est si difficile pour certaines personnes, de rester fidèle à la personne qu'elles aiment?
James pâlit.
– Hey, ça va? s'inquiéta Lily en fronçant les sourcils.
– Oui, oui, assura-t-il précipitamment. Je... hum, tu pensais quelque chose en particulier?
– Oui, malheureusement.
Elle semblait trop calme pour faire référence à son baiser avec Emily, alors il se détendit, et serra sa petite main pour la rassurer.
– Tu veux en parler?
– Non, ça me déprime. Je me sens déjà mieux depuis que tu es près de moi, de toute manière.
James se pencha, l'embrassa tendrement, puis se remit à la fixer intensément, comme s'il cherchait à immortaliser le moment dans son cœur.
– Arrête de me regarder !
– Arrête d'être superbe, rétorqua-t-il du tac au tac.
Lily grommela quelque chose d'inintelligible. James lui tendit la main. Elle l'accepta avec un air interrogateur. Il la fit se lever, puis l'observa avec admiration tandis qu'eau et savon ruisselaient sur son corps. Elle devint écarlate, mais soutint bravement son regard, qui la détaillait avec émerveillement.
– Je t'ai déjà dit que t'étais magnifique? murmura-t-il.
Elle fit semblant de réfléchir.
– Je suis pas sûre... peut être une ou deux fois.
– Honte à moi, alors. T'es magnifique. C'est quoi ton secret?
Elle se tapota le menton avec l'index.
– Toi.
Il l'attira contre lui d'un geste soudain, et elle tomba assise sur ses genoux.
– Hey! s'alarma-t-elle. Tu vas être mouillé.
– M'en fous.
Elle cessa de protester quand leurs lèvres se rencontrèrent avec douceur.
MARLÈNE S'ENNUYAIT FERME. Elle avait trouvé la chambre de James et Sirius déserte, et avait tenté de faire passer le temps en lisant les magazines pornos que ce premier conservait sous son lit, afin d'y chercher l'inspiration pour ses prochaines scènes d'amour.
Une demi-heure était passé sans qu'elle ne voie revenir aucun des deux garçons, et elle avait fini par se lasser de ses lectures.
Elle enfila donc un gilet à capuche par dessus son pyjama, et descendit dans la cuisine afin de se faire un thé.
Elle aimait beaucoup cette maison, qu'elle avait appris a appeler « chez moi. »
Cela lui faisait bizarre, d'ailleurs, de se dire que ce ne serait plus le cas dans deux jours. Elle s'y sentait en sécurité, et redoutait au fond de retourner vivre à Londres. Le changement de scène lui avait fait un grand bien, et elle n'était pas certaine d'être capable de continuer sur sa bonne lancée une fois de retour chez elle. Elle ne savait pas si elle redoutait plus de se remettre avec Finn, ou de se remettre à boire un peu trop, ou encore de se sentir extrêmement seule... Ici, c'était facile, elle était constamment entourée – Euphémia venait même parfois engager la conversation quand elle était aux toilettes. Mais à Londres, tout le monde était pressé, avait un travail, et était en couple. Lily était plus ou moins avec James, Dorcas était mariée à Andréa...
En parlant de Dorcas, tiens.
Marlène frappa doucement à la porte de la chambre qu'elle partageait avec Doc, mais personne ne lui répondit et la lumière était de plus éteinte. Elle décida alors de se rendre chez Benjy, qui était réputé pour être insomniaque, afin d'en découdre avec lui. Ses finances étaient trop serrées pour qu'elle suive le conseil d'Heidi, mais elle savait encore comment remonter des bretelles.
Mais Benjy était absent. La maison était éteinte, et visiblement vide de ses occupants, car elle eut beau insister pendant dix minutes personne ne vint lui ouvrir.
Finalement, alors qu'elle retournait à la villa, elle fut interpellée par une voix douce et angélique.
– Marlene McKinnon?
Marlène se retourna. Teana Leoh se dirigeait vers elle d'un pas décidé. Marlène leva un sourcil. Leoh ne lui avait jamais adressé le moindre mot depuis son arrivée, malgré le fait qu'elles habitaient en face.
– Ouais?
– Je suis Teana Leoh. J'habite la maison juste derrière.
– Ouais.
Teana ressemblait beaucoup à sa sœur, tout en réussissant l'exploit d'être totalement différente. Son look était beaucoup plus classique et sage, et sa voix d'une douceur incroyable. Elle avait également l'air plus timide et plus sympathique, bien que son expression était actuellement des plus contrariées.
– T'es une bonne amie de Sirius, n'est-ce pas? reprit-t-elle.
– Ouais.
– Donc tu sais qu'on sortait ensemble ?
Non, elle ne le savait pas...
– Ouais.
Teana eut soudain l'air grave.
– J'ai besoin de ton aide.
INSTALLÉE CONTRE LE TORSE de James, dont les genoux dépassaient de l'eau tant il était grand, Lily avait l'impression pour la première fois de sa vie d'avoir tout ce dont elle pourrait jamais rêver. Tout était si parfait que c'était peut être justement un rêve. James, qui l'enlaçait et parsemait ses épaules, son cou, ses oreilles et ses cheveux de baisers. James qui riait à ses blagues, qui lui racontait des anecdotes d'enfance, qui l'embrassait tendrement, et qui parfois s'enfermait dans un silence qui l'inquiétait, jusqu'à ce qu'elle se rende compte en se retournant qu'il souriait car il était tout simplement en train de savourer le moment qu'ils partageaient.
Avant de la rejoindre dans l'eau, il lui avait demandé de fermer les yeux quelques temps. Quand elle les avait rouverts, elle avait eu la surprise de voir qu'il avait apporté de romantiques modifications à la pièce: de jolies bougies rouges de tailles différentes flottaient au-dessus de leur tête, le sol était recouvert d'un parterre de pétales rouges et roses, et une boite de chocolat accompagnée d'une bouteille de vin trônait sur le large rebord. Une très belle rose rouge tournoyait lentement dans les airs à portée de main. Lily la saisit avec ravissement.
– Ça te plait? avait-il demandé.
– Oui... mais je croyais que t'étais pas du genre à offrir des fleurs et du chocolat, avait ajouté Lily avec étonnement.
– Non, je ne le suis pas. Si je n'étais pas crevé, je t'aurais emmené prendre un bain de minuit au milieu des dauphins.
– Sérieux ? J'aurais adoré.
Il avait paru soudain déçu.
– Mais j'aime beaucoup ça aussi, avait-elle assuré précipitamment. Manque plus qu'un peu de musique, et toi.
Il avait donc mis un peu de musique, et l'avait rejointe dans la baignoire, et le reste du monde avait cessé d'exister à leurs yeux.
Une heure s'était peut être écoulée, car si l'eau restait chaude grâce à un procédé magique, les bulles de savon avaient quasiment totalement disparues. Mais ni l'un ni l'autre ni voyait d'inconvénient. Ils étaient simplement heureux d'être en présence l'un de l'autre, d'être dans leur dimension parallèle.
– A quoi tu penses? murmura James contre sa peau, au bout de l'un de leurs moments de silence complice.
Elle sourit.
– Que je suis heureuse.
– Bien, commenta-t-il d'une voix satisfaite.
Il se mit à lui caresser la peau du ventre d'un air absent.
– De quoi t'étais venu me parler, à la base ? demanda-t-elle.
– De ça, en fait.
Elle tourna la tête vers lui leva un sourcil, l'air interrogateur.
– Toi, et moi, précisa James. Il s'est passé énormément de choses ce week end, aujourd'hui, et… tu as démontré un calme et une sérénité impressionnantes. J'aimerai croire que tu m'embrasses simplement parce que t'as envie de m'embrasser, mais je sais que t'es pas le genre de personne à agir sans te poser dix milles questions ensuite. Et si c'est le cas, je veux que tu saches que tu peux en parler.
Elle se retourna complètement pour lui faire face.
– Tu préfères quand je panique, et que j'essaie de trouver une solution à notre attraction ?
– Non, dit-il sur un ton horrifié.
Elle sourit, puis s'adossa au bord opposé.
– Alors, quel est le problème?
– J'ai jamais dit qu'il y en avait. Quand tu doutes de moi, de notre relation, de ce qu'on partage, ce n'est jamais agréable. Mais je pourrais jamais t'en vouloir, ni m'impatienter. Je sais que c'est bien plus facile pour moi que pour toi, malgré les apparences. Je sais ce que ça te coûte, émotionnellement, d'être là avec moi. Tes pleurs m'ont touché plus que tu ne pourras jamais le savoir.
Lily resta méditative quelques instants.
– J'ai simplement compris qu'il n'y avait pas de solution, car le fait qu'on soit attirés par l'autre n'est pas un mal. Ce qu'on ressent, c'est beau. Ce sont juste les circonstances qui sont désolantes. J'ai envie que tu sois à moi seule, et je ne vais jamais cesser de souhaiter que ce soit le cas, mais j'ai décidé, au moins aujourd'hui, de profiter des moments où tu l'es. Parce que notre temps est compté. Les choses ne seront jamais faciles, mais il y a des choses très simples entre nous, comme le fait que ce qu'on ressent l'un pour l'autre soit une évidence, et j'essaie juste d'apprécier ça, de profiter de ça.
James sourit. Alors Lily sourit. Et James sourit encore plus largement.
– J'adore quand t'es comme ça avec moi, déclara-t-il en lui prenant la main. Quand tu m'aimes. Quand tout semble facile entre nous, que tu me touches, que tu me je sais que ce n'est pas évident pour toi, que ce n'est pas une situation idéale. Et au risque d'éclater notre bulle, j'ai besoin de savoir que tu vas bien.
Elle resta pensive un long moment.
– Ce n'est pas plus facile, admit-elle. J'ai simplement arrêté de me battre contre nous. Contre le fait que j'ai des sentiments pour toi. On est incontrôlables. Inévitables. Imprévisibles. J'ai essayé de mettre de l'ordre dans tout ça. De partir. De rester. De faire ce qu'il y avait de mieux, et de pire. Et au final, à la fin de la journée, je n'ai qu'une envie : que tu me prennes dans tes bras, et que tu me regardes comme si j'étais la seule qui importe.
– C'est le cas, affirma James sur un ton catégorique.
Il s'approcha d'elle, et plaça ses bras autour d'elle. Lily appuya sa nuque sur l'un deux, puis perdit son regard dans le sien.
– J'en doute pas, murmura-t-elle.
Elle l'encercla de ses jambes, et l'attira contre elle.
– J'ai envie de toi, confessa-t-elle sans le quitter des yeux.
Cette simple phrase sembla enfiévrer James, qui fondit sur Lily, qui lui rendit son baiser avec autant de passion.
L'une des larges mains de James se posa sur un sein, dont il en pinça le téton. Lily laissa échapper un gémissement étouffé par leur baiser, et se cambra instinctivement contre lui. Et James la toucha partout. Avec les mains, parfois les lèvres, d'autre fois les deux. Les seins, pour qui il avait une certaine passion, parfois avec douceur, d'autre fois plus cruellement. Le ventre. Les flancs. Les lèvres. Les fesses. Les jambes. Les cuisses. Lèvres. Les cheveux. Les lèvres. Les lèvres. L'amour.
Ils avaient si soif l'un de l'autre que le niveau de l'eau en devenait instable, et déborda même plusieurs fois de la baignoire sans qu'il n'y prêtent attention. Il était enflammé, elle était en feu ; ils étaient du feu, et se consumaient.
Il mordillait son oreille, puis léchait son cou, puis embrassait sa poitrine en pressant leurs bassins l'un contre l'autre, attisant efficacement le désir de Lily tout en ignorant délibérément la zone la plus érogène de son corps. Elle anticipait tant sa caresse que lorsqu'elle sentit enfin l'une des mains de James se glisser entre ses jambes, elle ne put se concentrer sur autre chose. Un premier spasme la parcourut dès qu'il se mit à l'effleurer du bout des doigts, rapidement suivi par d'autres quand il la caressa plus franchement, massant sensuellement son entrecuisse. La bouche entrouverte, le souffle court, la tête toujours reposée sur le bras de James, elle gardait cependant les paupières fermées, incapable de soutenir le regard attentif de son amant, qui observait attentivement la moindre réaction que ses doigts provoquaient chez elle.
James ressentit rapidement une petite frustration en constatant qu'elle tentait de les réprimer. Elle se mordait la lèvre pour ne pas gémir, mais le reste de son corps, qui se tortillait au rythme des mouvements des doigts de James, la trahissait. Son visage était écarlate, sa peau chaude, sa bouche entrouverte laissait passer un souffle de plus en plus erratique, et quand elle découvrait les paupières, surprise par une pointe de plaisir plus intense que les autres, et que leurs yeux se croisaient, ses iris reflétaient quelque chose proche de la dévotion.
– Laisse-moi t'entendre, intima-t-il en lui mordillant l'oreille.
Mais elle secoua la tête, et sa réponse le rendit confus.
– Pourquoi? On est que tous les deux. Te retiens pas… je me fiche, que tout le monde t'entende.
– T'es un véritable pervers.
Il décida subitement d'explorer son intimité en y insérant ses doigts maîtres de torture, et elle laissa échapper un cri de surprise et de volupté.
– Peux pas être sage quand t'es toute nue, admit James avec un petit sourire.
Elle eut un petit rire, puis son doux tintement de sa voix se mua rapidement en gémissements orchestrés par le pianotage charnel et précis des doigts de James. Il nota avec plaisir qu'elle s'exprimait avec un peu plus de liberté, et la manifestation débridée de son excitation augmentait la sienne.
– Tu aimes? questionna-t-il d'une voix rauque.
– Tu sais très bien la réponse, haleta-t-elle sévèrement.
– Alors dis moi combien.
Elle ouvrit un œil.
– Ou sinon?
– J'arrête.
Elle referma la paupière, jaugeant intérieurement si l'effort en valait la peine, et comprit que oui quand il osa immobiliser sa main.
– Tu vas me le payer, James Potter, tu le sais? grogna-t-elle.
– Comment?
– Je sais pas encore. Je suis trop excitée pour réfléchir.
Il sourit malicieusement.
– Excitée?
– La ferme, glapit-elle, plus rouge que jamais.
Il se remit à bouger.
– Par quoi?
– Par toi... J'adore quand tu me touches comme ça.
– Comment ?
– Je vais vraiment te tuer.
Son sourire s'élargit, et il l'embrassa.
– Je t'aime, Lily Evans.
Elle rouvrit les paupières.
– Moi aussi, James Potter.
Les doigts de ce dernier s'immobilisèrent à nouveau.
Il y eut un court silence.
– T-Toi aussi quoi? demanda-t-il, l'air interdit, comme s'il n'osait croire ce qu'il avait entendu.
Elle avait l'air grandement amusée par son étonnement, et l'embrassa.
– Moi aussi, répéta-t-elle simplement.
Mais au lieu d'être heureux qu'elle le lui retourne verbalement, même à demi mot, James parut soudain très las. Son visage se referma, son sourire disparut et ses épaules s'affaissèrent.
– Qu'est-ce qu'il y a? s'inquiéta Lily.
Il retira ses doigts, et se passa les mains dans les cheveux avant de lâcher un soupir.
– Il faut qu'on parle.
– Non mais je rêve… Maintenant?
Son indignation, clairement teintée de frustration, le dérida un instant. L'envie de protester semblait la tirailler, mais elle se retint en le voyant arborer un air inhabituellement sérieux.
– OK… qu'est-ce qu'il y a ?
– Emily était là, tout à l'heure.
Elle se retint de le frapper pour oser évoquer son ex à cet instant.
– Je sais, dit-elle froidement. Et alors?
– Je lui ai dit qu'il valait mieux qu'on ne se revoie plus.
– Oh.
Elle ne prit même pas la peine de cacher son ravissement.
– Elle l'a pris comment ?
– Plus calmement que je le pensais.
– Je suis contente que tu aies pris cette décision.
Il baissa les yeux.
– J'aurais dû la prendre bien plus tôt.
– Oui, c'est sûr… Mais mieux vaut tard que jamais, non ?
Il ne répondit pas. Lily lui frotta le front avec le pouce, comme si elle espérait lui dérider la peau, puis lui caressa tendrement le visage.
– T'as le même air contrarié que ce matin, remarqua-t-elle tristement. Et je sais que tu ne veux pas en parler. C'est pas grave. Mais dis moi ce que je pourrais faire, pour te rendre le sourire?
– Embrasse-moi.
Désireuse de lui rendre sa bonne humeur, elle obtempéra avec une passion qui le laissa pantelant.
– Woaw, commenta-t-il en la prenant dans ses bras. Un baiser pareil, ça peut guérir la peste.
Elle sourit. Il l'observa quelques instants, avant de demander :
– Jure de ne jamais me quitter.
Décontenancée par sa requête, mais décelant un besoin dans sa voix, Lily ravala ses interrogation et se blottit contre lui.
– J'ai envie d'être nulle part ailleurs que dans tes bras, James.
Il ferma les yeux.
– Parles-moi, supplia-t-elle. Dis moi ce qui te tracasse...
– J'ai juste pas envie de te perdre.
– J'ai pas envie de te perdre non plus.
Il hésita, puis confessa :
– La différence, c'est que moi, je t'ai caché quelque chose d'important.
Lily resta songeuse un moment, se demandant ce qui pouvait bien le mettre dans cet état. Ce devait être quelque chose de gros, non ? Peut-être qu'il allait enfin lui parler du secret entourant Elinor… ? Il redoutait qu'elle prenne peur et qu'elle le quitte, ça devait être ça…
Et si c'était le cas ? Et si c'était vraiment trop dangereux pour qu'ils restent ensemble ?
Non, elle savait se défendre comme une grande fille. Elle n'irait nulle part.
Et si ce n'était pas ça, dont il voulait lui parler ?
Oui, mais elle ne voyait pas ce qu'il pourrait avoir fait pour qu'elle lui en veuille.
Non, ce devait certainement être le secret entourant Elinor, qui l'effrayait. Ça avait l'air gros et dangereux.
– A quoi tu penses ? s'enquit-il.
– Je me demandais si ça avait un rapport direct avec nous deux.
– Oui, confirma James après une pause.
– Est-ce que c'est grave ?
– Ça... pourrait nous remettre en question.
– Et tu penses que je ne voudrais plus rester, quand je saurais ce que c'est ?
Il acquiesça.
Lily médita à nouveau. Cette fois, elle en était sûre, c'était en rapport avec Elinor.
– Donc... ça risque de gâcher notre soirée?
– Oui.
Elle se redressa pour lui faire face. Au vu du stress démontré par James, ce ne serait sûrement pas une courte et légère confession. La jeune femme était tiraillée un moment entre la curiosité, et l'envie de ne pas faire éclater leur bulle de bonheur. Cela faisait des mois qu'elle ne s'était pas sentie aussi heureuse, et qui sait quand est-ce qu'elle aurait encore l'occasion d'avoir James pour elle ?
– Est-ce que ça peut attendre demain, alors? Cette journée est parfaite, et j'aimerai qu'elle se termine comme telle. Parfaite.
– Lily…
– Je me fiche de ce que c'est. Je veux juste profiter de toi.
Ses grands yeux verts étaient suppliants.
– S'il te plaît… Juste toi, et moi, contre le reste du monde.
Alors James capitula.
C'ÉTAIT RICHE DE DIX gallions, cinq mornilles et vingt-cinq noises de plus que lorsqu'elle avait quitté la maison que Marlène se précipita le long du chemin que lui avait indiqué Tea, où Sirius et elle avaient initialement prévu de se retrouver. Marlène avait accepté de l'aider moitié pour obtenir l'argent, et moitié parce qu'elle mourrait d'envie de savoir ce qui se passait entre les sœurs Leoh et Sirius (et un petit peu parce que Sirius était son ami).
Elle n'avait pas compris grand chose des explications de Tea, seulement que son « idiote de sœur » ne devait pas savoir qu'elle avait quoi que ce soit à voir avec l'interruption du rendez-vous où Sel lui avait usurpé sa place, auquel cas elle ne recevrait pas l'autre partie de la récompense.
Sa motivation se trouva cependant sérieusement ébranlée quand elle se retrouva devant la maison abandonnée, visitée plus tôt dans la soirée avec ses amies. Ce n'était pas qu'elle était une chochotte mais… Bon, OK, elle en était une, et faire demi-tour la tentait grandement.
Mais...
Elle fit tinter sa poche, où elle gardait sa nouvelle fortune, et le son des pièces s'entrechoquant la remplit de détermination.
Et puis, Dorcas avait massacré le nain et expulsé l'esprit frappeur qui leur avait joué un tour. Elle ne risquait plus rien.
Elle fit de nouveau tinter l'argent pour se donner courage.
La maison était moins effrayante que la première fois, probablement car elle n'était plongée ni dans le silence, ni dans l'obscurité. Des voix se faisaient entendre assez distinctement, en provenance de la seule pièce intacte, dont la porte trop petite laissait filtrer de la lumière dans le couloir par ses interstices.
– Mais ça va pas, non? s'écriait la voix de Sirius.
– Pourquoi as-tu demandé à me voir, si tu ne veux plus de moi? répondit une voix féminine aussi douce que celle de Tea, ce qui déstabilisa grandement Marlène.
– Pour discuter.
La voix féminine devint séductrice.
– On peut discuter après avoir fait l'amour...
– Pourquoi est-ce que tu tiens tant à ce qu'on couche ensemble?
Marlène leva les yeux au ciel. Quelle question idiote. Même elle, n'hésiterait pas deux secondes avant de coucher avec lui.
– Parce que j'ai envie de toi…
– Ne commence pas à te… Oh, Seigneur.
– Tu aimes ?
– Ne t'approches pas...
Curieuse, Marlène entrouvrit la porte. Et resta bouche bée quelques secondes.
Car à première vue, Teana l'avait payée... pour venir interrompre son propre clone qui, vêtue de lingerie fine, s'avançait avec détermination vers un Sirius acculé dans un coin.
Teana avait-elle une jumelle? Non, elle l'aurait vue, quand même... a moins que… Bordel de merde, à moins qu'il s'agisse de Selene ? Tea avait grogné quelque chose à propos d'une usurpation d'identité, était-ce cela dont il était question? Selene, qui se faisait passer pour Tea pour atteindre Sirius? Marlène se souvint de la manière dont ce dernière avait évité la cadette toute la journée, était-ce là un acte de désespoir de Selene?
C'était dingue. Et croustillant. Et pourrait constituer une bonne base pour son prochain roman. et...
– M'oblige pas à t'assommer! avertit la voix de Sirius, l'arrachant de ses pensées.
Marlène se décida à intervenir... mais s'arrêta juste avant d'ouvrir la porte, soudain prise d'un doute. Et si celle avec qui Sirius discutait était la véritable Teana, et que c'était Selene qui avait eu recours à ses services ? Non pas que c'était son problème, mais elle comptait justifier son interruption en posant comme la copine de Sirius, et ne souhaitait pas lui causer de problème.
Mais bon, le soucis, c'est qu'il semblait impossible de faire la distinction entre les deux, si même Sirius s'était fait avoir. Qu'est-ce qu'il leur prenait d'avoir la même tête, dans cette famille ?!
Que faire ?
Elle fit tinter sa monnaie.
Tant pis. Elle avait été payée par l'une où par l'autre afin d'interrompre le rencard, et cela n'avait pas vraiment d'importance. Elle ne partirait pas avant d'avoir accompli sa tâche. Puis, dans tout les cas, cela lui donnerait matière à s'inspirer pour ses romans.
Elle repoussa donc la porte d'un grand coup de pied, croisa les bras, puis lança d'une voix doucereuse:
– Salut, Selene.
LES YEUX CLOS, Lily savourait la pression des doigts de James, qui lui massait le dos avec délicatesse et fermeté.
– A quoi tu penses ? demanda-t-elle sans ouvrir les yeux.
Il fit semblant de réfléchir.
– Voyons voir… tu es presque nue sous mes doigts, à quoi pourrais-je bien penser ?
Elle eut un petit rire.
– Je vois. Si je suis satisfaite de tes services, je m'occuperai de toi, déclara-t-elle d'une voix séductrice.
– Pas la peine de me le dire deux fois, répliqua James.
Elle rit de nouveau.
– Obsédé.
– Je suis pas un obsédé. Je suis un gros obsédé.
Dix minutes plus tard, James réalisa qu'elle ne pensait pas la même chose que lui quand elle lui proposa qu'ils échangent les rôles. Elle masqua son amusement du mieux qu'elle put en voyant son air déconfit, mais il cessa de se plaindre en réalisant qu'elle n'avait visiblement aucune intention de remettre son T-shirt, ni son soutien-gorge.
– Tu te débrouilles pas mal, commenta-t-il en laissant échapper un râle.
Ses manipulations manquaient de force, mais rien que sentir ses mains courir sur sa peau était une sensation divine qui palliait largement à son inexpérience.
– Sur le dos, intima-t-elle au bout d'un quart d'heure.
Elle se redressa sur les genoux, et James put rouler sur lui même afin de lui faire face. Il laissa échapper un gémissement quand elle se rassit sur lui, et dût même fermer les yeux un instant afin de se concentrer. Lorsqu'il rouvrit les paupières, ses yeux glissèrent de ses cuisses, à son nombril, s'attardèrent sur ses seins libres, et il ne sut jamais vraiment comment il trouva la force de s'en détacher pour la regarder dans les yeux. Il la saisit doucement par les hanches, et déclara avec une fausse note de regret dans la voix:
– Tu sais que je vais encore devoir te faire l'amour, mon ange ? Parce que tu peux pas être aussi sexy sans subir les conséquences...
Elle fit semblant de rouspéter, ce qui le fit rire.
Elle continua son massage sensuel, de plus en plus bas, jusqu'à ce que ses mains glissent sous l'élastique de son pyjama. Il ferma les yeux quand elle le prit en main et se mit à le caresser d'une main experte. Elle le regardait attentivement, adaptait sa cadence à l'emballement de James, le piégeait dans une voluptueuse torture, attentive au moindre changement dans sa respiration, réactive au moindre spasme.
Il eut encore plus de mal à se concentrer quand elle se pencha sur lui, et s'aida cette fois de sa bouche afin de l'emmener vers l'extase. Ses lèvres embrassaient lentement, sa langue explorait impudiquement, sa bouche englobait généreusement, et la vision érotique qu'elle offrait à son amant troublait totalement ce dernier.
Il ferma les yeux, les rouvrit. Les referma. Il ne savait plus que faire. Ses mains se perdirent dans les cheveux de Lily, mais il se révéla incapable de l'interrompre. Pourtant, il avait très envie de lui faire l'amour. Mais ces lèvres, bon sang, et cette bouche! Ce regard qu'elle lui jetait quand elle le taquinait cruellement avec les dents! Cette langue qui apparaissait et disparaissait et luisait et faisait luire! Ces mains expertes qui reprenaient le relais!
Comment l'arrêter? Pourquoi l'arrêter?
Finalement, ce fut Lily qui fit le choix pour lui, quand elle le sentit sur le point de se laisser aller. Elle se redressa, s'allongea sur lui, et l'embrassa avec passion, cette fois sur les lèvres, tandis que ses mains courraient sur son torse.
– Woaw, commenta simplement quand ils se séparèrent.
Lily rougit et sourit presque timidement.
– T'as aimé ?
– J'ai adoré.
– Ah bon ? s'étonna-t-elle.
Elle paraissait flattée et contente de lui avoir fait plaisir. Et James était sincère. Elle était douée.
C'était quelque chose que James commençait à remarquer chez elle: elle était vraiment douée pour l'amour, précisément pour lui faire prendre un plaisir intense, beaucoup moins pour en prendre elle-même. Comme si elle n'était pas habituée à se laisser aller, avait déjà couché mais rarement fait l'amour.
Et ça le rendait à la fois triste, et désireux de lui faire lâcher prise.
– A mon tour, annonça-t-il.
– Comment ça ? demanda-t-elle, l'air confus.
James la fit basculer sous elle, avant de capturer ses lèvres à nouveau. Pendant de longues minutes tendres leurs langues bataillèrent dans un ballet de langue passionné, et Lily lui caressait les fesses et se pressait contre lui pour lui faire comprendre l'urgence de son désir.
Mais James n'avait pas l'intention de la satisfaire immédiatement de la manière qu'elle réclamait, ce dont elle ne se plaignit pas car elle aimait ses touchers. Elle ferma les paupières quand James l'embrassa à nouveau, les maintint clos quand ses lèvres redescendirent vers sa poitrine, où il s'attarda quelques temps tandis qu'elle lui caressait distraitement les cheveux, concentrée sur les mouvements de sa langue.
Elle rouvrit cependant les yeux quand sa bouche se remit à bouger en laissant des baisers humides sur son passage.
A bouger vers le bas.
Ayant été parfois contrainte de donner son avis sur les textes de Marlène, Lily savait ce qu'il s'apprêtait à faire, bien que l'expérience lui était inédite. Elle n'avait jamais laissé personne la regarder de si près, et cela la remplissait de nervosité. A mesure qu'il s'approchait de son sexe, l'embarras de Lily se décuplait.
– Euh… James ? appela-t-elle quand il arriva au niveau de son nombril.
Il leva un regard inquisiteur vers elle.
– Je… je ne suis pas sûre que…
– T'aimes pas ? s'inquiéta-t-il.
– Non.
– Vraiment ?!
– Je… Je ne sais pas, j'ai jamais essayé, mais…
– Tu me fais confiance ? l'interrompit-il.
– Oui, répondit-elle après une courte pause. Mais tu vois, le truc...
Il décida de l'ignorer, et reprit son voyage vers le sud.
– Je suis pas épilée, compléta-t-elle d'une voix mortifiée.
– J'avais remarqué, dit-il sur un ton sarcastique. Et si tu n'as pas compris encore, j'en ai strictement rien à cirer. Tu es superbe, Amour. Détends toi. Et si tu veux qu'on arrête, on arrête. D'accord ?
Ils échangèrent un regard, et elle finit par acquiescer.
– Et je veux t'entendre, rappela-t-il.
– T'en demandes trop, protesta-t-elle.
– De toute manière, tu pourras pas te retenir.
Son assurance transpirait l'arrogance. Lily roula des yeux, puis se laissa retomber sur le lit, et se couvrit le visage avec un oreiller. James se pencha à nouveau entre ses cuisses, dont il embrassa la peau intérieure si sensible, avant de redescendre très lentement jusqu'à atteindre son but.
Puis la lécha.
Lily se cambra aussitôt, et sa bouche forma un O parfait, tandis que la langue de son amant glissait et explorait son sexe. James la saisit par les fesses et pressa son bassin contre son visage. Lily se mordit la lèvre et s'agrippa aux draps, parcourue par des vagues de plaisir, et quand l'une de ses mains se perdit à nouveau dans les cheveux de James, c'était pour l'encourager.
Elle ne pouvait plus se retenir de gémir, contractait les jambes autour de sa tête quand un spasme intense la parcourait, lui tirait parfois sur les cheveux, mais il adorait ça. Elle perdait le contrôle, devenait puis expressive, se retenait beaucoup moins, et quand leurs regards se croisaient, elle était rouge pivoine mais l'expression de son visage ne laissait pas de doute sur le fait qu'elle adorait ça, aussi.
Les coups de langues de James étaient imprévisibles, mais pas donnés au hasard. Il savait ce qu'il faisait, il savait que faire pour lui donner du plaisir, pour la faire réagir d'une certaine manière. Lily était très concentrée sur la bouche pressée contre elle, et fut pourtant prise au dépourvue par l'intense soulagement qui la saisit soudainement.
Quand elle revint à elle quelques temps plus tard, elle lui adressa un sourire stupéfait mais satisfait.
– Woaw, murmura-t-elle à bout de souffle.
James lui rendit son sourire.
MARLÈNE AVALA une grosse cuillerée de glace.
– Donc, en gros, tu t'es tapé les deux sœurs ?
Sirius fronça les sourcils.
– T'es stupide, ou quoi?
– Ta gueule, aboya-t-elle en lui donnant un coup de pied.
– Je viens de te passer un quart d'heure à t'expliquer que non.
– Ton histoire est compliquée, se défendit Marlène sur un ton boudeur.
Il poussa un long soupir.
– T'es chiante.
– Ta bouche, rétorqua la blonde. Je sais qu'au fond t'es content de m'en parler.
– Bah, je suppose que ça fait plus de bien que je ne le pensais, admit Sirius.
Marlène lui adressa un sourire chaleureux.
Ils étaient de retour à la maison, et mangeaient des sucreries, installés sur le lit de Sirius. Ce dernier avait accepté d'héberger Marlène (qui se serait imposée de toute manière), momentanément SDF car James et Lily ne donnaient pas l'impression de vouloir émerger de la chambre.
– Merci, pour ce soir, lança le jeune homme en lui rendant son sourire.
– Quand tu veux, c'était super marrant.
– Mais du coup, on est censés faire semblant de sortir ensemble, demain, rappela Sirius sur un ton d'excuse.
Elle lui jeta un regard incrédule.
– Et je suis censée m'en plaindre?
Il sourit, puis préféra changer de sujet.
– Bon, je reprend une dernière fois, mais je te fais la version courte, avertit Sirius.
– Okidoki.
– Il ne s'est jamais rien passé avec Selene, et Dieu merci car elle n'avait que quinze ans à l'époque, maintenant que j'y pense. Ç'aurait été glauque. Mais pour ma défense, elle ne les faisait pas. La plupart du temps, les gens pensent qu'elle est plus âgée que sa sœur.
– T'en avais combien ? demanda Marlène.
– Dix-huit ou dix neuf. Tea a à peu près le même âge, juste un an de plus.
– Ouais, je me souviens d'elle, à Poudlard. Elle faisait très miss Parfaite, non ?
– Ouais, elle était préfète aussi. Tea est très sage, très douce, très docile. Sel est tout le contraire. Elle n'a pas froid aux yeux.
– Tu m'étonnes, pour se lancer à tes trousses, alors que des filles plus âgées tombent en pâmoison quand tu leur demande l'heure. Ah, les gamines d'aujourd'hui ! A croire qu'elle n'ont jamais entendu parler de la règle du « la moitié de ton âge plus sept. »
– Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Sirius.
– Si tu veux savoir si un mec est trop vieux pour toi ou non, tu prends son âge, tu le divise par deux, puis tu ajoutes sept. Par exemple dans ton cas : tu avais dix neuf ans. Tu divises par dix-neuf par deux et tu obtiens…
– Neuf et demie.
– Auquel tu ajoute sept…
– Seize et demi.
– Voilà. Et bien si elle avait pris ce calcul, étant donné qu'elle avait moins de seize ans et demie, elle aurait su que tu étais bien trop vieux pour elle et se serait contentée de t'aimer en secret.
– Oh, tu sais, Sel est vraiment têtue, dit Sirius. Je me suis toujours trouvé trop vieux pour elle, et elle en a toujours eu rien à foutre. Elle avait un corps d'adulte, et pensait l'être alors qu'en fait ce n'était qu'une gamine. Je lui ai vraiment brisé le cœur, mais sans la confusion qu'elle a créée, je ne serai probablement jamais sorti avec Tea.
– Comment elle l'a pris, d'ailleurs, en apprenant que tu sortais avec sa sœur.
– Très mal. Elles ne se sont pas adressées la parole pendant un an.
– Qu'est-ce qui les a réconciliées ?
– Sel a rencontré Ben, dit simplement Sirius.
– En se baladant nue à sa fenêtre aussi ?
– Jamais demandé. Ben a beau être brouillon, il était étrangement très bon pour elle. Elle, un peu moins pour lui, mais pour être franc je m'en fichais. J'étais juste content d'être débarrassée d'elle, et que Tea lui adresse à nouveau la parole.
– Hmm, dit Marlène.
Elle griffonna quelques lignes sur le carnet qu'elle noircissait depuis le début de leur conversation, puis reprit:
– Et tu ne t'es vraiment jamais rendu compte que la nana qui t'allumait à son balcon la nuit n'avait rien à voir avec la petite toute timide avec qui tu parlais le jour ? reprit-elle. Rien ne t'a mis la puce à l'oreille ?
– J'ignorais qu'elle avait une sœur, se défendit Sirius. Je pensais juste qu'on jouait à un jeu.
– C'est vrai qu'elles se ressemblent comme deux gouttes d'eau, concéda Marlène. Et qu'est-ce que ça te faisait, de voir une superbe nana se promener à poil ?
– A ton avis ? dit-il en riant doucement. J'étais un ado en rut, et j'avais du porno en live.
– Hmm, très intéressant.
Elle marqua une petite pause, le temps de finir le long paragraphe que le récit de Sirius lui inspirait.
– Est-ce que quand tu parlais a Tea le lendemain, tu avais envie d'arracher tes vêtements, et de lui faire l'amour comme s'il n'y aurait pas de lendemain ? questionna-t-elle avec curiosité. De la claquer sur les fesses comme la mauvaise fille que tu pensais qu'elle était? De lui tirer sur les cheveux d'une main en lui titillant un téton de l'autre pendant qu'elle crie ton nom tandis que vos bassins s'entrechoquent?
Sirius leva un sourcil, l'air stupéfait.
– T'en as d'autres, des questions indiscrètes ?
– Tu te masturbais souvent, en pensant à elle ?
– Non mais, tu veux pas que je te montre comment aussi, tant que j'y suis ?! s'indigna-t-il.
– Seulement si tu me laisses prendre des notes.
Sirius lui donna un coup avec son oreiller.
– Qu'est-ce que t'écris, au fait ? demanda-t-il.
– Rien, je dessine dans la marge. Qu'est-ce que tu pensais du comportement de Tea, le lendemain, du coup ? ajouta-t-elle précipitamment.
– Que c'était une sacrée comédienne.
Elle griffonna à nouveau dans le carnet, attirant une fois encore la curiosité de son interlocuteur, qui se pencha et eut juste le temps de voir qu'elle ne dessinait pas du tout avant qu'elle ne place son coude afin qu'il ne puisse pas lire.
– Est-ce que Tea a eu peur que tu t'intéresses à sa sœur ? demanda-t-elle.
– Non, elle pensait que j'étais assez mâture pour partir d'une relation qui ne me convenait pas, dit Sirius. J'ai eu la bêtise de croire la même chose d'elle.
Il eut soudain l'air triste. Marlène le regarda quelques secondes. Elle mieux que quiconque comprenait ce qu'il avait dû traverser.
– Ça a dû être une sacrée surprise, d'apprendre qu'elle…
Il haussa les épaules.
– Ouais. C'était pas beau à voir, quand on s'est disputés. On se faisait totalement confiance, et j'avais rien vu venir.
Marlène hocha la tête. Elle comprenait totalement ce qu'il voulait dire.
– Je suis désolée, en tout cas.
– Moi aussi. C'est une conclusion hideuse à une jolie histoire.
– Oui.
Elle barra la dernière ligne d'un trait ferme.
– Sérieusement, t'écris quoi, depuis tout à l'heure ? insista Sirius.
– Rien, se défendit Marlène en refermant précipitamment son carnet.
Sur la couverture duquel était titré en gros « IDÉES POUR HISTOIRES COCHONNES (ET AUTRES) ».
Marlène se donna une claque mentale.
Incrédule, Sirius resta interdit pendant de longues secondes, le temps de comprendre ce qu'elle faisait.
– Me dis pas que tu prends des notes pour ton roman ?! s'exclama-t-il sur un ton scandalisé.
– Pas du tout, assura Marlène en faisant tout de même disparaître le petit cahier. Y'a marqué « et autres », je te signale. C'est un carnet fourre-tout. Je me faisais juste une liste des choses à faire à mon retour à Londres.
– Pendant que je te raconte ma rupture ? Avoue que c'est suspect.
– Je suis une femme, et les femmes sont multitâches, vois-tu ?
Le regard du jeune homme n'en devint pas moins suspicieux.
– Mouais. On va faire comme si je te crois. Ça explique au moins pourquoi tu n'étais pas concentrée.
– Tu m'as raconté l'histoire trois fois de suite, excuses-moi si je m'emmerde un peu.
Indigné, Sirius en resta littéralement bouche bée.
– C'est toi qui m'a dit ne pas tout avoir compris ! protesta-t-il quand il eut retrouvé l'usage de la voix.
– Ah bon ?
Sirius se frappa le front, l'air consterné. Marlène sourit intérieurement. Rendre les gens confus afin d'échapper à une situation délicate était une technique qu'elle avait développé récemment, et qui était décidément très efficace.
– Je suis désolée, que ce soit fini, surtout comme ça, reprit-elle en lui prêtant une attention plus sincère. T'avais l'air de beaucoup l'aimer.
Le jeune homme resta silencieux un long moment.
– J'aimais vraiment beaucoup Tea, dit-il d'une voix pensive. Mais quand ça s'est terminé, j'étais triste mais… soulagé.
– Soulagé ? s'étonna Marlène.
Sirius eut l'air hésitant.
– Notre relation était confortable. J'étais incapable de la rendre heureuse, et incapable de la quitter aussi. Et je n'ai pas pu m'empêcher de me sentir soulagé que son bonheur ne dépende plus de mes choix. Comme si j'étais débarrassé d'un poids. Ce qui est terrible, car Tea est une chouette fille. La meilleure copine que j'aie eue jusque-là. Elle a tout fait pour moi, et j'étais incapable de m'impliquer plus dans notre relation. Je n'ai jamais su ce qui m'a empêché chez elle de m'investir plus, d'officialiser les choses.
– Peut-être que le fait que le fait qu'elle soit une Sang-Pur a joué, non ? suggéra doucement Marlène.
– Ah … oui, probablement. Mes parents l'auraient certainement approuvée. Mais si je l'aimais vraiment, j'aurais surmonté ces détails, non ? Surtout qu'elle ne m'aurait jamais forcé à fréquenter leurs cercles.
Marlène le regarda longuement.
– Il y a plus d'une définition à l'amour, je pense, conclut-elle enfin. Je pense que le fait que tu n'aies pas réussi à la faire passer avant tout ne signifiait pas que tu ne l'aimais pas, ou que tu étais égoïste. Juste qu'elle n'était pas la bonne.
– Peut-être…
Il soupira. Marlène lui caressa tendrement le bras.
– Hey !
– Hmm ?
Elle sourit. Un sourire éclatant, plein d'espoir et de bonheur, qui lui réchauffa le cœur. Elle ressemblait à un ange échappé des peintures de Michel-Ange, avec ses cheveux blonds dorés et ses yeux bleus brillants.
– Tu vas la trouver, la bonne. Celle qui te donnera envie de faire des sacrifices pour être avec elle.
Il sourit.
MR POTTER L'AVAIT DIT, pourtant.
(Juste le rock'n'roll, si tu veux bien.)
Mais Dorcas n'avait décidément aucune envie d'être sage, ce soir. Surtout en compagnie de Ben.
Elle avait été mal à l'aise de l'accueillir dans une chambre, ne s'était pas fait confiance, alors il lui avait proposé d'aller visiter l'écurie dont il lui avait parlé au déjeuner.
Ils avaient regardé les chevaux courir sous les étoiles. Ils avaient eux-même couru sous les étoiles. Benjy avait allumé un nouveau joint. Dorcas entamé une bière (ou deux, ou six). Ils avaient régulièrement échangé les deux objets, leurs doigts se frôlant d'abord, puis se touchant de plus en plus longuement. Elle se fichait de tout, ce soir. Il se fichait de tout, tout le temps.
Ils avaient discutés, et parfois s'étaient tus, mais certains regards valent des discours.
Et ils ne faisaient que ça. Se regarder. Parler en se regardant. Se regarder en parlant.
Puis il lui annonça qu'il avait envie de l'embrasser, et, qu'à moins qu'elle ne le repousse, il allait le faire.
Mais elle se sentait seule, et triste, alors elle ne dit rien.
Alors il l'embrassa.
Il n'y avait plus d'Andréa. Il n'y avait plus vraiment de Dorcas non plus, ni même de Benjy.
Il n'y avait pas de Heidi non plus, pour les interrompre, et le jeune homme venait facilement à bout de la faible volonté de Dorcas. Il n'avait même pas besoin d'essayer, en vrai. Il la voulait. Elle le voulait aussi.
C'était du désir, du pur désir, mais elle était perdue dans ce désir, empêtrée dans la passion, incapable de s'en sortir. En voulant combattre cette sensation traître, elle y avait cédé. Et comment raisonner, quand ses mains lui caressaient le dos, sa bouche goûtait à sa peau, que leurs corps étaient pressés l'un contre l'autre, qu'il sentait si bon?
Benjy l'embrassa dans le cou, lui arrachant un râle de volupté, et la distrayant presque avec succès du fait qu'il passait les mains sous la veste de la jeune femme. Mais Dorcas se redressa en sentant ses doigts toucher son soutien-gorge.
– Je peux pas, dit-elle en secouant la tête. Je peux pas...
– Tu peux, murmura-t-il contre sa peau. Tu me veux... Ne réfléchis pas... Dis oui.
– Andy...
– N'est pas là.
– Ben...
Il redressa la tête, et l'embrassa si passionnément qu'il la laissa toute tremblante.
– Dis oui, répéta-t-il contre ses lèvres. Dis moi oui…
Il plongea ses dangereux yeux bleus dans les siens, et leur beauté coupa le souffle de Dorcas une fois de plus. Sa bague de mariée renvoya un reflet de la lune, mais c'étaient les yeux du jeune homme qui l'éblouissaient comme un cerf devant des phares de voiture.
– Je ne peux pas, répéta-t-elle.
– Dorcas. Tu me veux, je te veux, c'est simple.
Elle secoua la tête.
– C'est mal...
– Comment quelque chose de mal pourrait être aussi bon?
Elle ne savait pas. Elle n'en savait rien. Elle n'arrivait pas à réfléchir correctement. Elle avait trop bu, trop fumé, et trop été triste pour résister à cet homme qui lui donnait l'affection dont elle était sevrée.
– Dis oui, dit Benjy avec une douceur infinie. Juste pour ce soir… ce n'est pas obligé d'avoir une signification, si tu ne le veux pas.
– Je ne peux pas, répéta-t-elle comme un mantra désenvoûteur. Je ne peux pas. Je ne peux pas. Andy...
– Il ne saura jamais, assura Benjy en passant ses doigts presque amoureusement dans ses cheveux. Je ne le dirai jamais.
– Mais je le saurais, murmura Dorcas d'une voix torturée. Et… je peux pas… Je ne veux pas le trahir plus que je ne l'ai déjà fait.
Et pourtant, quand il l'embrassa de nouveau, elle ne put s'empêcher d'y répondre.
UNE FOIS ASSURE que Lily dormait paisiblement, James s'extirpa délicatement du lit, et se rendit discrètement dans la bibliothèque d'où il contacta Shortbourne.
Elinor dormait déjà a poings fermés, mais Tom était toujours éveillé et donna au fiancé des nouvelles rassurantes sur la jeune femme.
– Tout est plutôt calme, depuis que les Belange ne sont plus là, assura le factotum.
– Et Mr Bell ?
– Toujours aussi étrange. Il ne me laisse pas quitter le chevet de Miss Elinor.
Tom parut soucieux.
– Qu'est ce qui se passe ? s'inquiéta James.
– Mrs Belange a raison. Mr Bell la regarde comme il avait l'habitude de regarder Tara…
Le jeune homme afficha une expression de profond dégoût.
– Quoi ? Vous pensez qu'il.. ?
– Non. Non, surtout pas.
Tom marqua une pause, le temps de chercher ses mots.
– Ce que je veux dire par là, c'est que Mr Bell a toujours été intéressé par Tara. Intéressé, pas romantiquement – je suis certain qu'il n'est pas capable d'aimer qui que ce soit. Même s'il devait quand même l'aimer d'une certaine manière, car il ne lui a jamais fait de mal, même lorsqu'elle est partie. Mais plutôt comme il est intéressé par les œuvres d'arts qu'il collecte. Je saurais pas vraiment vous l'expliquer. Un intérêt… presque scientifique. Quand Mr Bell déniche à l'objet, il l'évalue pour estimer ce qu'il pourrait lui apporter. Il a toujours regardé Tara de cette manière. Et c'est maintenant Miss Ellie qu'il regarde de cette manière. Il ne l'a pas toujours fait, mais depuis quelques temps…
– Peut-être parce qu'elles se ressemblent, hasarda James.
– Cela joue très probablement un rôle.
– Mais…
Tom hésita avant de répondre.
– Je ne sais pas comment vous expliquer mon malaise. Il y a quelque chose de bizarre.
– Vous pensez que ça a un rapport avec sa grossesse ?
– Non, enfin… pas forcément. Vous vous souvenez au début, comme il se fichait de savoir comment elle allait. L'attitude de Mr Bell n'a changé qu'aux alentours des accusations de Mrs Belange. Je pense que Miss Elinor sait ce qui intéressait tant son père chez sa mère, ce qu'il semble avoir trouvé en elle. Et je sens que ça a un rapport avec sa grossesse. Elle sait ce que veux Mr Bell, et ça n'a pas l'air de l'inquiéter.
– Comment ça ?
– Elle est étrangement calme devant l'implication inhabituelle de son père. Quand elle était coincée à Shortbourne, elle n'a jamais exprimé une seule fois le désir de partir. Comme si elle ne se sentait pas en danger. Comme si le seul danger qu'elle redoutait était que vous la quittiez, mais que l'attitude inhabituelle de son père ne l'inquiétait pas le moins du monde.
James se frotta le menton.
– Elle ne s'est jamais sentie en danger en compagnie de son père, non ? Et elle est persuadée qu'il la protège parce qu'elle est sa fille. Elle adore séjourner à Shortbourne quand Al s'y trouve. Peut être qu'il y a un secret, mais pas de danger.
– Je pense qu'elle nous cache beaucoup de choses, approuva lentement Tom d'une voix grave. James... je ne suis pas certain qu'elle nous communique toutes les informations qu'elle glane dans les documents de son père.
James fronça les sourcils. Dorcas n'avait elle pas émis les mêmes doutes la veille seulement? Et voilà que Tom, fervent défenseur d'Elinor en temps normal, qui commençait également à douter de cette dernière. Si James voulait se montrer objectif, il ne pouvait plus ignorer les suspicions dont on lui faisait part, même si elles lui semblaient absurdes.
– Vous pensez qu'elle mine volontairement l'enquête ?
– Non… je pense qu'elle veut sincèrement faire arrêter celui qui s'amuse à commettre ce génocide, même s'il s'agit de son père, mais qu'elle cache les informations compromettantes de son père qui ne sont pas en rapport avec notre enquête. Bien sûr, je n'ai pas de preuves, ce n'est qu'un pressentiment.
James resta silencieux quelques temps.
– Cet été, elle m'a noyé sous une montagne d'informations, reprit-il d'une voix pensive. Tellement, que je n'avais le temps de m'occuper de rien d'autre.
– Peut-être qu'il y a des choses qu'elle a oublié de trier, comprit Tom.
James acquiesça.
– J'ai mis de côté tout ce qui n'avait pas de rapport avec Lee, mais peut-être qu'on devrait se replonger dedans à notre retour au Manoir.
– Bonne idée.
James marqua une petite hésitation, avant de reprendre:
– Dites ?
– Hmm ?
– Je sais que vous n'aimez pas parler de Tara, et Ellie se renferme quand je pose des questions, mais j'ai l'impression qu'elle a un lien avec notre enquête. Même si elle a disparu il y a vingt ans.
Tom sembla hésiter une éternité avant de parler.
– Je ne parle pas beaucoup d'elle car je ne l'aimais pas beaucoup, dit-il finalement. Je doute de pouvoir vous brosser un portrait très objectif.
– J'aimerai tout de même beaucoup entendre ce que vous pourriez me dire sur elle…
Tom tira sur son cigare.
– Tara était une jeune femme talentueuse, dit-il finalement. Elle était belle, populaire, et très intelligente. Mais c'était aussi une très méchante personne. Tout lui était dû, à l'en croire. Je n'ai jamais aimé la façon dont elle a traité Dom, comme s'il était son larbin. Mais Miss Elinor était en revanche la prunelle de ses yeux. Elle se montrait très protectrice.
– Comment a-t-elle rencontré Mr Bell?
– Dom, Tara et moi déjeunions un jour au village, et Mr Bell nous a croisé. Quand il l'a vue, son visage s'est éclairé. Il a juste dit un mot. « Enfin. »
James fronça les sourcils.
– Enfin?
Tom haussa les épaules.
– Personne n'a jamais compris ce qu'il voulait dire par là. Mais on aurait dit qu'il avait trouvé lé Graal. Il a noyé Tara de cadeaux, elle s'est laissée charmée par ses richesses et l'a épousé de son plein gré. Elle a vécu quelques années à Shortbourne, puis un jour elle a débarqué chez Dom et moi avec Miss Elinor. Tara était très choquée par quelque chose dont elle a refusé de nous en parler. C'était très bizarre.
– Elle se cachait de Mr Bell?
– Non. Elle est tout simplement retournée vivre chez ses parents. Mr Bell le savait, mais avait comme brusquement perdu tout intérêt pour celle qu'il chérissait. Comme si elle l'avait déçue. Il n'a jamais tenté de faire revenir sa femme ni sa fille avant d'apprendre que cette dernière développait des pouvoirs magiques.
– Comment l'a-t-il appris?
Tom eut soudain l'air très coupable.
– Je le lui ai dit. C'est mon plus grand regret. Miss Elinor m'en veux encore, me tiens pour responsable d'avoir bouleversé sa vie. Et elle a raison. Sans moi, son père n'aurait jamais su qu'elle avait des pouvoirs magiques.
– Pourquoi l'avoir dit?
– J'étais... bien plus loyal à Mr Bell que maintenant. Très loyal. Il était plus que mon mentor, mon boss; il était une figure paternelle pour moi, celle que je n'ai jamais eue. Mr Bell me fait une confiance aveugle. S'il n'a jamais pris la peine d'assurer ma servitude aussi fermement que celle des autres personnes à son service, c'est parce qu'il est persuadé que je ne le trahirais jamais. Et je ne l'aurais sûrement jamais trahi si je n'avais pas une dette envers Tara, Dom, et Miss Ellie.
Tom marqua une pause, l'air très las.
– J'ai su que j'avais commis la pire bêtise de ma vie quand il a récupéré Miss Ellie de force, et que pendant des mois elle n'arrivait pas à dormir et tremblait en voyant son père. C'était vraiment triste, et je ne me le suis jamais pardonné.
– Qu'à fait Tara?
– Elle était malade. Faible. Pauvre. Elle n'avait aucun moyen de s'opposer à son mari – ils n'avaient jamais légalement divorcé, aucun moyen de récupérer sa fille. Alors elle est retournée vivre à Shortbourne. Sa maladie n'a fait que s'empirer depuis ce moment là.
– Elle est vraiment morte de mort naturelle ?
– A ma connaissance.
– De quoi souffrait-elle?
Tom haussa nouveau les épaules.
– Aucune idée. Je pense que personne n'a jamais su.
James se leva, et se mit à faire les cent pas.
– Comment vous êtes-vous retrouvé au service de Mr Bell?
– Je travaille pour lui depuis mes seize ans.
– Seize? s'étonna le jeune homme. Vous n'étiez pas étudiant ?
– Non.
– Pourquoi ?
Tom tira tranquillement sur son cigare avant de répondre.
– J'étais enfermé a Azkaban. J'ai tué un type.
James déglutit, et n'osa demander aucun détail.
– Oui, je le regrette, précisa le factotum, comme s'il lisait dans ses pensées. C'était pas très drôle. Je n'ai jamais tué personne d'autre depuis, quand je pouvais l'éviter.
– Ah.
– Les portes sont très fermées quand on sort de prison. J'avais besoin d'un travail et d'un endroit pour vivre. Mr Bell m'a pris sous son aile quand j'étais à la rue.
– Et... comment Adam s'est-il retrouvé au service de Mr Bell?
– Mr Bell l'appréciait beaucoup. Dom avait travaillé pour lui de temps en temps, quand j'avais besoin d'aide, pour arrondir ses fins de mois. Mr Bell n'avait jamais réussi à le convaincre de travailler pour lui à plein temps. Mais quand Tara a ré-emménagé à Shortbourne, Dom a enfin accepté afin de pouvoir garder un œil sur elle.
– Quel était son rôle?
– Le même que celui de Jacob aujourd'hui – logique, étant donné qu'il a pris sa place quand Dom est mort. Mena...
James leva une main pour l'interrompre, et se retourna brusquement, soudain alerte.
– Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Tom.
Mais le jeune homme resta concentré, à l'affût du moindre bruit.
– J'ai cru entendre un bruit…
Il resta aux aguets pendant quelques secondes, sans que rien ne vienne perturber le silence de la nuit.
– C'est peut être de mon côté, dit Tom. Il y a beaucoup de vent.
– Peut-être, dit James.
Peut-être.
– Je dois y aller, de toute manière.
– OK. Tenez-moi au courant, s'il se passe quoi que ce soit. Je garde le briquet d'Ellie sur moi.
Tom disparut dans l'âtre. James emprunta le balcon pour rejoindre sa chambre, où Lily dormait toujours profondément. Il se glissa sous la couette, et elle se blottit instinctivement contre lui. Il l'embrassa dans les cheveux, cherchant du réconfort dans sa présence, de la douceur dans ce monde qui lui paraissait de plus en plus brutal, et resta un long moment dans le noir à réfléchir à tout ce qu'il venait d'échanger avec Tom.
Il ne remarqua pas que Lily en faisait de même, avec la conversation qu'elle avait espionnée.
CHARLIE SOUPIRA D'AISE, puis serra Emily fort contre lui. Elle lui avait manquée.
Il n'aurait jamais pensé, quand elle l'avait soudainement appelé une heure plus tôt afin qu'ils discutent, qu'ils finiraient ainsi. Il avait à peine mis le pied dans son appartement qu'elle s'était répandue en excuses, supplié de la reprendre et de lui pardonner, dites toutes les choses qu'il désespérait d'entendre, et en moins de deux minutes ils faisaient l'amour comme si leur vie en dépendait, sans même prendre la peine de se déshabiller.
– Tu sais te faire pardonner, toi, marmonna-t-il contre sa peau.
Cela avait été une union sauvage et impatiente qui avait certainement dû réveiller les voisins, et même s'il s'était beaucoup amusé, Charlie regrettait un peu de l'avoir prise ainsi, sans aucune douceur. Elle ne lui avait certes pas beaucoup laissé le choix, redoublant d'ardeur quand il tentait de se contrôler, et le coach du CAB savait au fond qu'elle n'était pas aussi délicate qu'elle le paraissait (quand elle était en colère, elle pouvait manifester une force physique surprenante). Mais elle était si menue, si frêle, qu'il ne pouvait totalement se débarrasser d'un sentiment de culpabilité.
– Oh, mais ça ne fait que commencer, promit-elle en lui caressant tendrement le bras. Me dis pas que t'es déjà fatigué ?
– Oh, non, bébé. Tu me connais.
Il l'embrassa, puis déclara avec émotion :
– Tu m'as manqué.
Tout – il s'en rendait compte, à présent – tout lui avait manqué dans leur relation passionnelle. Il n'y avait pas si longtemps qu'il l'avait aimée de tout son cœur. Il l'aimait toujours, d'ailleurs. Toute cette croisade contre elle, c'était parce qu'il avait du mal à gérer la douleur qu'avait engendrée le fait qu'elle le quitte.
Il n'avait rien vu venir. La veille, ils étaient heureux, elle réfléchissait encore à aménager chez lui. Le lendemain, elle recevait la lettre lui confirmant que sa candidature lui avait été octroyée. Le midi, ils fêtaient ça au restaurant. Le soir, elle lui annonçait qu'elle le quittait.
Mais il l'aimait. Malgré qu'elle soit opportuniste, vénale, violente et égocentrique. Elle était aussi très belle, et douce parfois, et vraiment belle, et attentive, et belle aussi, et passionnée, et incroyablement belle. Il ne savait toujours pas comment il s'était assuré l'affection de ce petit bout de femme que tous ses amis lui enviaient, mais en remerciait le ciel chaque jour. Leur séparation avait été un coup dur, et s'il y avait une chance pour qu'ils se remettent ensemble, il abandonnerait toutes les attaques entreprises pour la punir.
Emily sourit mystérieusement.
– Tu m'as manqué aussi.
Puis elle se redressa.
– Va m'attendre dans la chambre alors, et jette un sort d'insonorisation pendant que je nous prépare à boire.
Charlie lui rendit son sourire.
Pendant près d'un quart d'heure, il l'attendit sur le grand lit de sa chambre uniquement vêtu d'un caleçon et de ses chaussettes en écoutant la musique diffusée par la radio, mais Emily ne vint jamais. Curieux, il finit par se lever pour aller voir... et tomba sur une scène absolument surréaliste.
On aurait dit que quelqu'un avait saccagé l'appartement dans un accès de folie avec une batte de Quidditch. Les vases étaient saccagées, les coussins jetés, les tables renversées, des papiers partout, des photos dispersées, des bouteilles brisées.
Une trace de sang.
– Emily?
Elle ne lui répondit pas.
Charlie eut soudain un mauvais pressentiment. Un très mauvais pressentiment. Son instinct lui hurlait de prendre ses jambes à son cou, et pas parce qu'il se sentait en danger d'être attaqué. Quelque chose était étrange. Il remonta les escaliers deux par deux jusqu'à la chambre, et s'apprêtait à enfiler son pantalon quand la voix d'Emily l'interpella dans le couloir.
– Charlie, Charlie, Charlie, chantonna-t-elle. Tu es prêt pour le spectacle ?
Un frisson désagréable parcourut le coach. Il finit d'attacher son pantalon, attrapa sa baguette, et s'engagea dans le couloir le cœur battant. Emily se tenait en haut des escaliers, l'expression tranquille, une bouteille à la main et deux verres dans l'autre, comme si elle n'avait pas encore remarqué que son foyer se trouvait dans un état de désolation totale.
– Qu'est-ce qui se passe, ici? demanda-t-il nerveusement.
– Comment ça, qu'est-ce qui se passe?
– Ta maison est en ruine. Et toi... Tu vas bien? Où est-ce que t'étais passée ?
Elle fronça les sourcils, l'air confus.
– Tu ne te souviens pas?
– Me souvenir de quoi?
– Eh bien... que c'est toi, qui a tout saccagé.
Charlie devint blême.
– Quoi ?
– Oui, oui. Et tu m'as également frappée, ajouta-t-elle.
Elle posa les rafraîchissements sur la rambarde, puis entreprit de se déshabiller lentement, mais pour une fois son effeuillage n'avait rien de sensuel. C'était au contraire une vision horrifiante. Car à mesure que les vêtements disparaissaient, sa peau couverte d'hématomes frais se dévoilait. Ses bras, ses jambes, et même son dos comportaient des traces de violence insoutenables.
Seul son magnifique visage était épargné de la moindre blessure, mais Emily rectifia le tir en s'écrasant une bouteille sur la tête après avoir fermé les yeux et serré les dents.
Sa tête se mit légèrement à tourner, tandis que le vin ruisselait sur son corps. Que ne ferait-elle pas, afin d'attirer l'attention de James.
Charlie resta littéralement bouche bée.
– T'es complètement malade, murmura-t-il.
Il avait entendu des histoires sur Emily – Heidi lui en racontait pratiquement une par semaine, mais elle s'était comportée si normalement quand ils sortaient ensemble qu'une part de lui, une grande part de lui, celle qui fondait quand cette jolie paire d'yeux verts le fixait, avait mis en doute la véracité de ces propos. Sa petite amie avait des problèmes, mais n'était pas une psychopathe.
Eh bien, Emily n'était plus sa petite amie. Et cela faisait toute la différence. Elle était déterminée à lui faire payer le fait qu'il tente de la faire tomber.
Charlie se précipita dans la chambre et rassembla ses habits, mais, au moment où il voulut transplaner, il en fut empêché.
La connasse, pensa-t-il avec un mélange de colère et de panique.
Elle avait jeté un sortilège anti-intrusion dans son appartement.
Il était piégé.
Ce fut à ce moment là qu'elles se mirent à retentir au loin. Les sirènes des voitures de police.
Charlie devint livide. Il se précipita sur les fenêtres, avec l'intention de sauter et de transplaner avant de toucher le sol – risqué, mais moins que de se faire coffrer par la police moldue puis sorcière pour quelque chose d'aussi grave que des violences domestiques, surtout qu'il avait déjà des antécédents –, mais elle avait également condamné les fenêtres et rendues incassables les vitres.
Et Charlie, contrairement à Emily, n'avait jamais été un très bon sorcier.
Lorsqu'il revint sur le palier, Emily se tenait toujours debout en haut des escaliers et en sous-vêtements, et sanglotait.
– T'as tout prévu.
Elle s'arrêta immédiatement de pleurer, et lui adressa un petit sourire innocent.
– Je t'avais dit, de ne pas me chercher.
– OK. Leçon comprise. Laisse moi partir.
– Non, je ne crois pas. J'ai encore besoin de toi. Je vais souffrir d'amnésie en me réveillant, et je veux qu'on te suspecte au plus tôt.
– T'es complètement tarée, ma pauvre fille, éructa-t-il avec dégoût en faisant un pas vers elle.
Elle se couvrit le visage de ses mains, et cria bien fort.
– Pitié, ne me frappe pas encore!
Charlie s'immobilisa, puis la regarda avec une haine meurtrière dans le regard.
– Si tu crois que je vais me laisser piéger, tu te fourres le doigt dans l'œil.
Elle secoua la tête.
– Je ne vois pas de quoi tu parles.
– C'est moi qui ne vois pas de quoi tu parles!
– Si, tu m'as touchée. Peut-être même contre mon gré, je ne sais pas encore. Mes souvenirs sont un peu confus. Mais plus tu me cries dessus et te montre méchant, plus j'ai l'impression que si.
Elle toucha sa tempe, d'où coulait un filet de sang. Furieux, Charlie la saisit par les bras et la secoua, et elle se mit à vociférer comme une démente jusqu'à ce qu'il la libère.
– Arrêtes! hurla-t-il avec colère.
Emily se tut, examina attentivement son bras, où un nouveau bleu était apparu sur sa délicate peau qui marquait facilement, puis dit de cette voix douce et menaçante:
– C'est ce que je n'ai pas arrêté de te répéter. « Arrête, Charlie. » Et pourtant tu m'as frappée, et frappée, et frappée encore. Inlassablement.
– C'est pas vrai.
– Certains diront que je t'ai provoquée. Je n'aurais jamais du te dire ce que je t'ai dit, à savoir que je ne t'ai jamais aimé, que je me suis servie de toi pour accéder au Comité, qu'à chaque fois qu'on baisait je pensais à James, que je n'ai jamais fait de fausse couche: j'ai avorté le gosse, quand je suis tombée enceinte. Et tu es devenu rouge de rage. Tiens, exactement comme maintenant.
Charlie tenta une nouvelle fois de transplaner. En vain.
– Emily... s'il te plaît. Ne fais pas ça.
Sa voix tremblait de peur.
– C'est aussi ce que je n'ai pas arrêté de faire. Je t'ai supplié d'arrêter, de ne plus me frapper. Mais tu ne m'écoutais pas.
– Je ferai ce que tu veux. Tout ce que tu veux.
– Tu ne semblais même plus conscient de ce que tu faisais.
– Emily... Si c'est par rapport au Comité et à Heidi, on peut en discuter calmement, tenta-t-il de la raisonner. Je suis venu pour ça, à la base. Tu n'as pas besoin d'aller dans de telles extrémités. Si c'est par rapport à autre chose, je peux t'aider. On a pas besoin d'en arriver là.
– Tu m'as prise par les cheveux, tu m'as cognée partout, et pour finir...
Emily esquissa un sourire doucereux.
Les sirènes des voitures de police se firent de plus en plus fortes.
Charlie ouvrit de grands yeux, quand il comprit ce qu'elle s'apprêtait à faire.
Mais c'était trop tard.
Elle écarta les bras, ferma les yeux...
– ... Tu m'as jetée dans les escaliers.
... et se laissa tomber en arrière.
BLA BLA de l'auteur:
Purée, c'était un poil plus long que prévu, mais le deuxième jour est enfiiiiin terminé!
YOUHOU!
Je suis toujours pas au max de mes capacités, donc pardonnez coquilles et erreurs que je reprendrai au plus vite, à tête reposée.
A vous maintenant de me dire ce que vous en avez pensé ^^
Et sinon... OUI, je me suis lancée dans les RARs, motivée comme... Rocky dans le film... Rocky! J'ai pris la flemme, et je lui ai cassé le dos, aaaaaa comme dirait Booba! Qui peut m'stopper, comme dirait La Fouine!
OK, je me calme.
Merci beaucoup au reviewer anonyme du chapitre 29 (9/8/16) ! N'oublie pas de signer, si tu repasses un jour ! Et quel honneur, quel bonheur d'avoir réussi à te replonger dans un Jily ! J'espère que tu as passé un bon moment ! A bientôt, bisous !
RAR anonyme du chapitre "Juste le R'n'R (1/4)" (30):
Merci à Chevalier du Cat !:
Merci encore pour tes relances, qui m'ont en effet aidé à ne pas me décourager ^^ Des fois, je peux lire et relire un texte sans rien toucher, parce que je suis bloquée par quelque chose sur laquelle je n'arrive pas à mettre le doigt. Et c'est en relisant les reviews que le déclic me vient ! Donc merci, faut continuer à me harceler quand je disparais, ma poulette ! Et NON, je ne vous oublierai JAMAIS ! Je vous aime trop !
Tiens, en relisant ta review, me suis rendue compte que t'a bien aimé un subplot, celui de Heidi ! Victoire, haha ^^ Je suis contente qu'elle soit plus appréciée, mieux comprise !
Ah mais James était furieux que Lily flirte avec Benjy devant lui, quel manque de respect ! Ça a eu un sacré impact sur elle, d'ailleurs, d'où le fait qu'elle soit plus cool avec James par la suite. Elle se sent coupable de lui avoir sciemment fait du mal.
J'ai fait une ellipse concernant la répartition des chambres : Katie et Doc devaient en partager une, mais Katie a finalement eu peur que Doc soit plus tenté que d'habitude en passant trois jours et trois nuits en sa compagnie matin et soir. Doc n'a pas nié que ça pourrait être le cas, et comme Andréa s'est désisté il a décidé de tenir compagnie à Dorcas. Katie a moins peur de Dorcas car elle est mariée, et généralement fiable. Donc, voilà
Merciiii !
Réponses aux reviews anonymes "Emily"(31):
Merci à Chevalier du cat !
Olala, merci pour tous tes encouragements, c'était vraiment une période d'écriture compliquée. ^^
Oh, tu n'es pas la seule à détester Emily, je cherche encore une personne qui dira des choses cools d'elle ^^
Merci à Xila !
Hello poulette!
Comme l'a dit Sirius, Emily est comme le lundi. Personne ne l'aime ^^
James est trèèèèès léthargique devant Emily tout simplement parce qu'il sait qu'il est inutile de débattre. Ems est juste le genre de fille a rabaisser les autres nanas pour se rassurer, et il sait qu'elle sait pertinemment que Lily est loin d'être moche.
Merci pour ta review !
Merci à Sheshe :
Bah ouais que ch'fais toujours les reviews, j'ai juste 10 ans de retard ! Le pire c'est que tu m'as dit qu'il faut que je réponde direct pour ne pas accumuler mais… pfff, je suis juste la reine de la procrastination ^^ Bordel ! Et SI, c'est une obligation, le moins que je puisse faire !
Merci à Sundae Vanille !
J'ai déjà répondu normalement, car je faisais tes RARs à ce moment là, mais bon, tu m'épateras toujours. Du coup, j'ai relu mes notes et ma fic, et je reviens sur ma réponse : Heidi dit que son frère a des difficultés à concevoir, pas qu'il est stérile. Elle, elle l'est en revanche malheureusement.
Voili voilou !
Réponses aux reviews anonymes chap "Juste le RnR (2/4)" (32) :
Merci à Anonyme #1 (Guest du 26/10/16) (siouplait, laissez un pseudo la prochaine fois, que je mette un nom dans ma tête)
D'abord, merci, et bienvenue ! Je suis super contente que mon histoire te plaise, très contente également que tu aies passé un bon moment ! Et bien sûr, merci pour ces fabuleux compliments ! C'est un gros travail, mais il est étalé sur deux ans, trois bientôt, j'avance à mon rythme (désynchronisé) et c'est vrai que ça a pris une ampleur que je n'avais pas prévue au début. Fin bon:)
Meuuuh oui que James et Lily vont être ensemble. La vraie question est comment, et va falloir continuer à lire pour le découvrir:) fais moi part de tes théories la prochaine fois, si tu as le temps ^^
Concernant le mariage, olala, y'en aura des rebondissements, tu t'en doutes ! Mais je dis rien pour ne pas spoiler:)
La naissance des bébés d'Ellie va en effet accélerer l'enquête et les découvertes :)
Merci beaucoup pour ta review !
Merci à Anonyme #2 (Guest du 25/10/16)! (maiiiis, faut vraiment que vous me donniez quelque chose la prochaine fois)
Merci énormément pour ta review:) ça m'a fait drôlement plaisir de savoir que tu suis le cours de cette histoire depuis des mois déjà, et merci d'avoir pris le temps de me laisser un encouragement !
J'espère à bientôt, et merci pour ta review ^^
Merci à tim !
Non mais merci à toi pour ta review d'abord ! Non mais ! Ecrire est un plaisir, écrire pour d'autres personnes rend la chose meilleure, écrire pour d'autres personnes qui apprécient est la cerise sur le gateau.
Je t'avoue que ta review m'a fait beaucoup de bien, car je culpabilisais à mort et me traitais de crapule à chaque fois que je recevais une review ! Et bien sûr que j'ai une vie à côté, mais je pense vraiment qu'en étant mieux organisée je n'accumulerai pas autant de retard !
Donc, non, finalement Emily n'est pas allée se vanter auprès de Lily, car elle ne pensait pas que James allait le lui cacher, et ne voyait aucune raison pour qu'il le fasse, d'ailleurs. En croisant Lily devant la maison, elle a cru que cette dernière s'était justement faite larguer et lui en voulait à mort.
Lily passe en effet un cap. Elle ne l'admet pas ouvertement, mais elle est en train d'accepter de passer derrière James et Ellie, en second plan, malgré ce qu'elle dit haut et fort. C'est pas facile pour elle, mais elle fait ce que James lui a conseillé un jour (« dépose ton cerveau a côté de toi, et cesse de réfléchir »). l'amour, ça rend con ^^
Je suis persuadée qu'elle aurait moins mal réagi qu'il ne le pense, mais James n'a pas voulu prendre le risque (« Elle ne passerait probablement pas l'éponge une nouvelle fois, et il n'avait soudain plus le courage de lui donner ce choix en se montrant honnête. »). Donc, on verra comment ça se passe par la suite, car il a l'air déterminé à lui dire la vérité.
Merci pour ta review !
Merci à Chevalier du Cat !
Toujours un plaisir de te retrouver !
Je savais que ce chapitre te laisserai mitigée, car tu aimes bien quand tout va bien entre eux ^^ Mais bon ! C'était pas très drôle en effet de le voir mentir, mais il compte apparemment plutôt bien se rattrapper. En fait, à la base, je ne voulais pas que James trompe Emily, mais j'arrivais pas a être satisfaite avec un James super sage devant une Ems qui passe à l'attaque. Donc le compromis a été qu'il n'initie pas le geste. Je pense que si ça avait été le cas, l'histoire aurait pris un tout autre tournant.
Et oui, je sais que t'es pas une grande fan des subplots, mais comme je l'ai expliqué je n'avais pas trop le choix ^^ Parce qu'après les vacances, c'est à nouveau James et Lily en majeure partie. Quelles sont les parties que tu as trouvées clichées ?
Le comportement de Dorcas a beaucoup surpris, et majoritairement déçu, mais c'est une histoire que je voulais absolument exploiter. Les gens font souvent des conneries quand ils sont en vacances, comme s'il y avait une sensation d'impunité dans l'air, et c'est aussi un thème que je voulais traiter.
j'essaie justement d'ancrer un peu de réalisme dans l'histoire, donc l'utopique est exactement ce que j'essaie d'éviter à tout prix ! Je suis pas sadique non plus, j'aime bien les moments mignons ou ils sont tous innocents et insouciants.
Merci pour ta review !
Merci à Guest #3 (22/10/16) (pleaaaaase, choisissez un pseudo, que je vous reconnaisse!)
Hello !
Ta review n'était pas « drôle », genre destinée à me faire rire, mais pourtant j'ai ri car je me suis dit que si tu croisais la route de James il passerait un sale quart d'heure.
C'est vrai qu'il n'est pas cool par moments, un salaud même, pas fidèle, pas intelligents, pas parfait quoi. Sa vie sentimentale est aussi désastreuse que celle de Lily, quand on y réfléchit, et tout comme elle il s'attire des ennuis tout seul comme un con. Et oui, Lily s'est entichée de quelqu'un de compliqué qui ne semble pas la mériter au premier abord, mais on choisit pas qui on aime (oui, je sais que je suis l'auteur et que c'est moi qui décide, mais des fois les personnages semblent avoir leur propre volonté). Il compte lui dire la vérité, on verra bien si elle décide de rester ou non ?
Merci pour ta review !
DONC je suis à jour pour les RARS anonymes (enfin... je crois, je suis perdue lol) , et en train de finir les signées ! Il m'en reste encore quelques unes à répondre. Désolée pour le délai!
Mais vous ne recevrez probablement rien ce soir, car là je ressemble à un chacal enrhumé en fin de vie, j'ai plus de force. (et j'avoue, j'ai des épisodes d'AGB a rattrapper! Non mais c'est trop bien en ce moment: Steffy a bien quitté Wyatt pour son frère (snif.) Et Ridge tente d'interrompre le mariage de Brooke et Bill pour la 2e fois, sauf qu'Alison l'a dit a Bill qui n'est pas très content! Et y'a Sasha qui semble vouloir piquer le copain de Nicole, encore! Et... et... comment ça, vous vous en foutez?!))
Je vais essayer de finir demain, je suis sur une bonne pente là.
Quant à la suite... Je… ne sais pas exactement quand est-ce qu'il y aura un prochain chapitre.
Il est écrit à 80 %, mais il va me falloir du temps pour tout revoir, corriger, lisser, vérifier.
Je pense que 3 semaines est un délai que je pourrais tenir, si je m'organise bien.
Voili voilou !
Merci à Sheshe13, Chevalier du cat, juliebnt & Crapette pour m'avoir relancée quand je me faisais bolosse par ce chapitre! J'exagere a peine en disant que c'était à peine moins pire qu'un bac blanc d'histoire géo.
Merci énormément à ptitcoeurfragile, Guest #1, Guest #2, Guest #3, betouni, Sasa-Horan, Sheshe13, tim, Thedes, Chevalier du cat & Lilie 147 pour avoir reviewé le chapitre précédent.
Merci a vous qui lisez et mettez en favoris! Tiens, la fic a atteint 100 follows! Merci!
Vous aime !
Et reviewez, canailloux !
EDIT DU 28/11/16: vous ai pas oubliés, hein, juste eu mille choses à faire mais le chapitre est quasiment terminé. J'espère tenir ma promesse et vous le publier avant Décembre...
