Bonne lecture à tous.
ONZIÈME CHAPITRE
VISITEURS
Les quelques heures de sommeil qu'ils réussirent à grappiller étaient agitées et pas aussi reposantes que Drago aurait aimé pour son compagnon. Il s'était plusieurs fois fait réveiller par le bras d'Harry qui le serrait trop fort, comme pour s'assurer qu'il était toujours avec lui. Et quand ils se réveillèrent tous les deux une heure avant le lever du soleil, ils savaient qu'ils ne dormiraient pas plus ce matin-là, et restèrent au lit. Ils étaient incapables de sortir du lit et ne le voulaient pas, n'arrivant pas à se quitter. Drago était toujours énervé contre la terre entière alors qu'Harry se cachait sous la couette et sous le blond, et regardait autour de lui depuis sa cachette d'où il ne voulait plus jamais bouger. Il ne voulait pas se lever et sortir. Il avait peur que quelque chose leur arrive. Et s'ils se faisaient attaquer ? S'il arrivait quelque chose à Drago quand il ne serait pas là pour le protéger ? Et si tout cela n'était qu'un rêve et que Drago était toujours mort ? Et si-
Arrêtes de penser autant. L'esprit de Drago caressa ses pensées troublées, et le blond l'entoura de ses bras, le serrant avec force contre lui. Il ne va rien t'arriver.
Ce n'est pas ma personne qui m'inquiète.
Drago se tourna sur le côté, soutenant sa tête d'une main, et sourit avec adoration à Harry. « Écoutes, idiot de griffondor. Il y a un sujet que je souhaite discuter avec toi. L'un des nombreux, très nombreux, avantages à être ton compagnon est que je suis responsable de ta protection – attends que j'aie fini avant de parler, » se précipita-t-il de dire quand les yeux d'Harry se plissèrent. « J'aime pouvoir te protéger. Depuis que je suis tombé sous ton charme, c'est quelque chose que j'ai toujours souhaité accomplir. Tu étais occupé à protéger tout le monde autour de toi, et moi je voulais juste te garder en sécurité. Je vais te garder en sécurité. Te protéger est mon rêve devenu réalité, Harry, et j'apprécierai que tu ne te mettes pas en colère contre moi pour ça. »
Les yeux d'Harry étaient encore légèrement plissés et il continuait de faire la grimace en regardant le visage sincère de Drago, mais Drago savait que le brun réfléchissait à ses propos. « De plus, » continua-t-il en balayant les cheveux du brun de ses yeux, « Tu sais que tu aimes ça quand je passe en mode protecteur Ukatae. Tu adores ça, même. »
Harry sourit un peu. « C'est vrai. » Il se tourna jusqu'à ce que sa tête repose dans le creux du bras de Drago, « Mais je ne veux pas que tu combattes mes batailles à ma place.
- Et je ne le ferai pas. Mais quand ce sera nécessaire, je veux que tu m'écoutes. Quand je te le demande, laisses-moi m'interposer et te protéger. Harry, depuis que nous sommes devenus des Ukataes, c'est un instinct que je dois réfréner en permanence. Mais tu es mon compagnon…
- Drago, je suis désolé. Je n'avais pas réalisé... » Il s'assit et lança un regard noir au blond. « Pourquoi tu ne m'en as pas parlé auparavant ? » lui demanda-t-il.
« Je savais que ça allait nous mener à une vilaine dispute. Tu es tellement têtu parfois. Mais après la nuit dernière… Même si je ne t'ai pas très bien protégé de celle-ci.
- Ça n'a rien à voir. Nous avons tous les deux été attaqués dans notre sommeil.
- Tu as sans doute raison... » Mais Drago pensait malgré tout qu'il aurait dû pouvoir sentir quelque chose quand cette personne avait eu l'audace de foutre le bordel dans la tête de son amant. Il aurait dû savoir qu'il arrivait quelque chose à Harry et aurait dû être en mesure de lutter contre le sommeil enchanté dans lequel il avait été plongé pour faire fonctionner le sort.
Une main toucha son visage. « S'il te plaît, arrête, » le supplia Harry.
Drago se racla la gorge. « Peu importe, je vais te protéger, que tu le veuilles ou non, » déclara-t-il vivement, soulagé qu'Harry lui retourne un sourire.
« C'est comme ça, alors?
- Oui.
- Bien. Mais si je te dis de reculer, tu as intérêt à m'écouter.
- Harry-
- On va devoir faire des compromis, mon amour. Je jure de ne pas te demander de reculer à chaque fois. Peut-être que je ne le ferais jamais. Je veux juste avoir la possibilité de te le demander. »
Le sourire que lui adressa Drago en réponse chassa les ténèbres persistantes dans le cœur d'Harry et il décida qu'il avait passé suffisamment de temps dans le lit. Harry attrapa la main de Drago et le tira derrière lui.
« Allons voler. »
Un coup à la porte précipita Drago de la salle de bain vers l'entrée de la chambre. Harry s'arrêta au seuil de la porte et regarda son amant à moitié nu s'approcher de la porte.
« Ozemir ? »
L'érudit sourit et tendit sa main. Lovely était enroulée autour de son poignet et s'étirait vers Drago. « J'ai pensé que vous aimeriez le savoir… Lovely a sauvé vos vies. Elle est allée directement voir votre frère après s'être rendue compte que votre sommeil n'était pas naturel et ça nous a permis de trouver Harry à temps... » Il se tut et leva son bras pour que Drago s'empare du serpent.
Drago n'hésita pas. Il tendit sa main vers Lovely, qui en profita pour serpenter sur sa main. « Merci, Ozemir. On arrive bientôt. »
Pendant un instant, Ozemir sembla étonné. Mais son stupide sourire prit le relai et il eut l'air excessivement ravi du jeune elfe. Il hocha la tête une fois avant de reculer de la porte pour reprendre son poste à l'entrée de celle-ci.
Harry le regarda avec émerveillement alors qu'il refermait la porte et chuchota des félicitations à Lovely pendant tout ce temps. « Lovely, tu es un trésor. Je retire toutes les méchantes choses que j'ai dites sur toi. Tu vas me pardonner, n'est-ce pas ? Mais oui, bien sûr que tu vas le faire. On t'installera avec nous pour la vie. Je vais m'en assurer. »
Drago continua de lui dire les projets qu'il envisageait pour elle dans leur future famille tout en la complimentant encore, et il dépassa son amant choqué pour rentrer dans la salle de bain avec le serpent toujours enroulé autour de son poignet. Lovely se grandit de fierté et siffla de plaisir face au changement brusque du comportement de Drago. Apparemment, il n'était plus effrayé des serpents.
… … …
Lucius était soulagé de voir que la salle où il prenait le petit-déjeuner était vide quand il arriva pour son brunch. Il n'avait pas envie de faire du social avec qui que ce soit, en ce moment. Il n'avait pas voulu sortir du lit non plus, mais sa faim et son inquiétude incessante pour son fils l'avait empêché de se rendormir. Ça avait fini par le faire quitter son nid douillet et les bras chauds de son mari.
Il essaya de ne pas repenser aux événements de la nuit passée. Harry et Drago allaient bien maintenant. Mais il lui était dur de tenir éloignés les souvenirs de leurs cris torturés… Si Molly n'avait pas pris le contrôle hier soir, il aurait craqué. Drago avait failli se tuer avec sa baguette.
« Merde ! » siffla-t-il quand il s'aperçut qu'il recommençait. Ça lui prit un certain temps pour se concentrer uniquement sur son petit-déjeuner et s'empêcher de penser à autre chose que la nourriture en face de lui.
Il leva un sourcil quand une copie de la Gazette du matin fut abattue devant lui, manquant de peu son assiette. Il n'avait entendu personne entrer dans la pièce mais il était ravi de l'interruption. Ça lui changeait les idées.
Lucius leva les yeux pour voir Tom se tenir à côté de la table, la rage flamboyant dans ses yeux.
« Qu'est-ce que tout ça veut dire ? » siffla Tom. « Je ne crois pas avoir donné l'autorisation à quiconque de révéler quoi que ce soit de cette ampleur ! »
Lucius repoussa son assiette et s'empara du journal, les sourcils se levant au fur et à mesure qu'il lisait les gros titres.
Le bruit court que Vous-savez-qui est mort… Vaincu par le Garçon-qui-a-survécu et l'héritier Malefoy ?
Skeeter avait écrit le reste de l'article sous forme de réponse à cette question. Elle avait écrit comme si elle croyait fermement que Lord Voldemort avait finalement était vaincu et que le Monde Sorcier était sauvé une fois de plus par Harry, cette fois-ci assisté de son fils. Elle avait aussi écrit un petit paragraphe sur le rétablissement des Londubas. Non seulement Skeeter avait écrit sur les Londubas, mais elle y avait aussi glissé le nom de Tom Jédusor et Lucius avait l'impression qu'elle indiquait par-là que Tom Jédusor avait une grande responsabilité dans leur guérison.
Lucius se demanda si Rockwood avait réussi à mettre un enchantement sur l'article. Skeeter n'avait pas stipulé noir sur blanc que Tom était responsable de ça, mais alors qu'il lisait l'article, Lucius avait le sentiment incontestable que c'était de son fait si les Londubas avait retrouvé leur tête. Lucius ne pouvait s'empêcher de se demander ce que le public penserait après avoir lu cet article remarquable.
Skeeter établissait aussi qu'il n'y aurait plus de raids de mangemorts. Liant ses propos avec la mort de Vous-savez-qui. Toutefois, elle ne disait pas qu'il n'y avait plus de mangemorts. Elle mentionnait aussi Drago et Harry, entre autres, et leur intention de s'impliquer dans l'amélioration du futur du monde sorcier.
Lucius camoufla judicieusement son exaltation. Avec la présence de Tom et son air de démon Ukatae enragé, privé de sommeil, Lucius savait qu'il avait intérêt d'effacer toutes émotions de son visage s'il voulait ne pas se faire attaquer.
« Qui a cru avoir le droit de permettre l'impression de tels mensonges ? » grinça Tom.
« Molly, » mentit aussitôt Lucius. Il se rendit compte que l'intrusion impromptue de Tom lui faisait du bien. Lucius se sentait beaucoup mieux et dut contenir un sourire quand la mâchoire de Tom lui tomba et que ses yeux s'agrandirent sous la surprise. « As-tu lu l'article dans sa totalité ? Il y a bien plus. Ce ne sont pas que des mensonges, je peux te l'assurer. »
Tom sembla reprendre contenance et se leva de toute sa hauteur. « Je répète, je n'ai jamais donné d'autorisations ! Je ne suis certainement pas mort et définitivement pas vaincu par mes frères ! »
Lucius ne put retenir un petit sourire moqueur. « Techniquement, tu es mort la nuit où tu es allé dans ce chaudron et tu né dans ce nouveau corps. Personne n'a besoin de connaître les détails.
- Lucius ! » Le mage noir abattit une main contre la table.
« C'est pour notre bien, Tom. Tu dois t'en rendre compte, » dit-il de sa voix traînante, comme s'il parlait à son propre fils. « Tu ne croyais tout de même pas pouvoir faire ton apparition devant le monde sorcier en t'annonçant comme Voldemort, le Nouveau Dirigeant, si ? Pas alors que les gens te craignent et te détestent.
- Tom Jédusor provoquera les mêmes réactions.
- Non, je ne crois pas. »
Tom se laissa tomber sur un siège et lança un regard noir vers la table. « Tu es devenu taré.
- Je t'ai dit que c'était Molly.
- Elle a sans doute aidé, oui, » annonça Tom en récupérant vivement le journal. Lucius s'autorisa un léger sourire tandis que Tom disparaissait derrière la gazette. « Arrêtes de sourire, Malefoy. Si, en ayant fini de lire ce torchon, je suis toujours autant insatisfait, je te jetterais un sort. »
Le sourire se dissout, « Et Molly ? »
La voix de Tom était étouffée par le journal devant lui. Il semblait comme accroupi derrière. « Elle n'est pas celle qui a donné l'interview, n'est-ce pas ?
- Elle a glissé deux trois pièces.
- La faute à qui ?
- Molly. »
Tom secoua sa tête d'agacement et laissa la Gazette retomber sur la table. « Tu dois arrêter de mentir. Ça ruine ton image. »
Lucius estima que ça ne nécessitait pas de réponse, aussi retourna-t-il à son petit-déjeuner. Il avait cru que Tom continuerait à lire le journal, mais le jeune mage noir l'avait laissé de côté pour continuer à fixer la table.
Tom finit par briser le silence et lança un regard à Lucius du coin de l'œil. « Je ne repars pas à Poudlard.
- Si c'est ton souhait. Puis-je demander pour quelle raison ?
- J'ai l'impression que je peux faire plus de choses ici. »
Lucius savait que ce n'était qu'une partie de la vérité et la moins importante. « Quand est-ce que tu vas le leur dire ? Et avant que tu ne le dises, tu sais qu'ils vont revenir te chercher par la peau du cou s'ils s'aperçoivent que tu n'as nullement l'intention de les rejoindre et ne te lâcheront pas tant qu'ils n'en auront pas la raison. »
Tom adressa une grimace à Lucius et se demanda s'il avait toujours été aussi prévisible. « Ils n'auront d'autre choix que d'accepter ce que je décide. »
Lucius grignota un peu avant de dire. « Tu devrais reconsidérer ta décision.
- J'ai passé toute la nuit à y réfléchir, Lucius. J'ai fait mon choix. »
Lucius soupira et repoussa son assiette encore une fois, avant de se lever. « Eh bien je suppose que je dois respecter ton choix. Bien entendu, tu es le bienvenu ici. Comme toujours. »
Tom regarda Lucius sortir de la pièce, s'apercevant de la raideur du blond. Il se demanda pourquoi ça n'ennuyait pas Lucius qu'il ne retourne pas à l'école. Il s'avait que ça n'avait rien à voir avec son séjour au manoir Malefoy. Lucius n'était pas dérangé par sa présence, il le savait sans aucun doute.
« J'avais espéré que tu retournes à l'école et que tu continues à garder un œil sur tes deux frères et ta sœur. Ça m'aurait fait moins d'inquiétudes, » dit Molly en entrant dans la pièce. Un sourire un coin orna ses lèvres quand Tom grogna et se couvrit le visage de ses deux mains.
« Je croyais que vous étiez retournée chez vous, Mme Weasley.
- J'étais sur le point d'y retourner... » Molly s'assit à sa droite et tourna son siège pour lui faire face. « Dis-moi pourquoi tu ne veux pas retourner là-bas et ne me sers pas la même excuse qu'à Lucius.
- Mme Weasley, » dit Tom sur le ton de l'avertissement, pas du tout d'humeur à se mettre à nu.
Les yeux de Molly se plissèrent. « Maintenant, tu vas m'écouter, » dit-elle à voix basse, « Cesses de bouder et me dire ce qu'il y a ! Ça ne va pas à un seigneur des ténèbres Ukatae de faire du boudin !
- Et me confier à des gens comme vous non plus ! » répliqua-t-il en sifflant, se dressant de toute sa hauteur. Il gémit de douleur et de surprise quand Molly lui tira l'oreille sans pitié.
« Les gens comme moi ? Est-ce vraiment ce que tu viens de dire, Tom ?
- Heu… » Tom réalisa qu'il avait fait une erreur à l'instant qu'il l'avait dit mais il ne pouvait pas vraiment s'excuser de ses paroles. « Et bien… Aouch ! » Molly continuait de tordre son oreille pointue. « Merlin, femme. Ça suffit !
- Dépêches-toi de parler ou je te l'arrache ! »
Tom n'eut pas d'autre choix que de se rasseoir. Elle lâcha son oreille et sa vola droit vers l'appendice rougi pour le frotter, la regardant méchamment en même temps. « Je ne veux pas en parler.
- Si tu veux.
- Non, je ne veux vraiment pas.
- Tu es tellement têtu ! Tu as besoin d'en parler ! Garder pour toi ce qui t'ennuie ne va pas arranger les choses.
- Si vous êtes si intelligente, dans ce cas, pourquoi n'essayez-vous pas de deviner ? » dit-il d'un ton cassant. « Et je ne vois pas pourquoi vous vous en souciez autant. Vous devriez n'en avoir rien à faire ! Je ne suis ni Harry ni Drago. Je ne suis pas l'un de vos enfants. Je n'ai pas besoin de ça ! Je m'en sors très bien tout seul. Pourquoi ne pouvez-vous pas me ficher la paix ? Je ne veux pas de tous ces… Ces sentiments. Je déteste ça ! » Il finit dans un cri étranglé et couvrit son visage de ses mains.
Molly en fut choquée pendant une bonne minute, regardant les épaules du garçon trembler. Elle reprit rapidement contenance et verrouilla la pièce, lançant un sort de Silence autour d'eux. Quand elle se concentra de nouveau sur Tom, elle le vit avec la tête cachée dans ses bras sur la table, et le prit dans ses bras. Elle ignora sa protestation agacée, qui sonna plus comme une désapprobation bancale, et le força à poser sa tête contre son épaule. Après un moment, il se détendit et l'entoura de ses bras, la serrant avec force.
Molly resta silencieuse le temps qu'il fallut à Tom pour reprendre le contrôle de ses émotions. Elle fit courir ses doigts dans ses cheveux et se balança d'avant en arrière. Il était facile d'oublier que maintenant, Tom était un jeune homme. Un garçon qui expérimentait certaines émotions pour la première fois. Voir ses frères dans cet état avait dû briser quelque chose en lui et elle ne le laisserait sombrer dans les ténèbres, elle le forcerait à redevenir le jeune homme presque insouciant qu'il était avant d'avoir ses 18 ans. Avant qu'il ne commence à se soucier des gens.
« Là, ça va mieux, n'est-ce pas ? » murmura-t-elle avec douceur quand elle sentit les larmes se tarir et sa respiration revenir à la normale. « C'est normal de pleurer, tu sais. Pleurer un bon coup ne fait de mal à personne.
- Ne comprenez-vous donc pas ? C'est inacceptable. C'est à peine supportable. Je ne peux pas rester comme ça... » chuchota-t-il. Au lieu de s'écarter, Tom s'accrocha encore plus à Molly.
« Tom... » Il commença à s'éloigner d'elle.
« Arrêtez, s'il vous plaît. Ne commencez pas à rationaliser mes sentiments.
- Quelqu'un doit bien le faire, mon cher. » Molly toucha son bras. « Ça t'a tout de même fait du bien, non ? De laisser tout ça sortir. » Tom acquiesça à contrecœur. « Ce n'est pas une faiblesse que de se soucier deux ceux qui t'entourent et d'aimer ceux qui te sont proches. De ressentir ce que tu ressens quand ces personnes sont menacées ou blessées comme l'ont été Harry et Drago. Tu as le droit de te sentir perdu et inutile, surtout quand tu dois rester en arrière et regarder les personnes que tu aimes souffrir. Honnêtement, j'aurais été inquiètes si tu n'étais pas confronté à tout ça. Tom, nous avons tous dû rester en arrière et laisser tout ça se passer. Aucun d'entre nous n'a pu l'empêcher. Et tu sais que nous aurions tous tenté quelque chose si nous l'avions pu. »
Tom hocha la tête et se laissa retomber sur son siège, laissant Molly garder un bras dans son dos alors qu'elle reprenait place à côté de lui. « Ce n'est pas seulement à cause de la nuit dernière, » finit-il par marmonner.
« S'il te plaît, Tom... »
Mais cette fois-ci, sa tête se secoua plus fermement. « Non. J-je n'ai pas encore trouvé pourquoi. Et je ne veux pas en parler tant que je ne sais pas ce qui me rend comme ça. » Tom fit une pause et passa une main dans ses cheveux désordonnés. Molly eut du mal à ne pas le cajoler. Il était tellement adorable quand il ressemblait comme en ce moment à un petit chiot égaré. Il avait dû lire son esprit ou quelque chose dans ce genre car son attention revint rapidement sur elle et il lui fit une grimace. « Je déteste les chiots. »
Molly gloussa doucement pendant un instant, espérant que Tom continue de lui parler, mais il était clair qu'il était sacrément têtu et il garda la bouche fermée. Soupirant, elle comprit qu'elle devrait lui tirer les vers du nez. « Tom, je veux que tu m'écoutes attentivement. C'est possible ? »
Tom attrapa le journal et commença à triturer les coins, nerveux. Finalement, il acquiesça et attendit qu'elle parle.
« Tu te souviens comment tu étais avant que tu ne reviennes à tes 18 ans ?
- Je me souviens de certaines choses. Mais cette vie semble tellement lointaine. Les connaissances que j'ai acquises durant toute ma vie sont encore présentes, mais d'autres choses ont disparu…
- Et ça te fait peur, n'est-ce pas ? »
Tom plissa ses yeux au mot peur, mais comme c'était la vérité, et que Molly lui souriait de compréhension, il acquiesça à peine.
« Tom, si tu pouvais revenir en arrière et empêcher ton alliance avec Harry et Drago, le ferais-tu ? Voudrais-tu revenir à ce… Euh…
- Cette chose que j'étais ?
- Oui. Tu le ferais ?
- Non.
- Et si tu pouvais revenir en arrière, refuserais-tu de devenir leur frère ? »
Tom prit son temps avant de lui répondre. Ce n'était pas qu'il regrettait de faire désormais partie de leur famille, c'était qu'il se complaisait totalement dans cette nouvelle vie. De partager un lien qu'il n'avait jamais cru possible. Aimer Harry, Drago et Hermione était devenu naturel. « Non, je ne refuserais pas. Mais je me sens stupide de ressentir toutes ces émotions. »
Molly hocha la tête pour lui signifier qu'elle comprenait. « Tu as peur de te perdre. Ton essence même.
- Je ne veux pas changer. J'aime être sombre, Mme Weasley. Je n'aime pas devoir retenir mon tempérament. Je ne veux pas devenir quelqu'un que je déteste.
- Ce n'est pas ce qu'on veut non plus. Parce que si tu deviens ce Que tu exècres, tu ne feras que redevenir ton ancien toi et pire encore. » Molly attrapa sa main et l'obligea à la regarder. « Je veux que tu fasses ce que tu veux, Tom. Parce que je veux que tu grandisses normalement et que tu sois heureux.
- Certains n'aimerons pas si je fais ce que je veux, Mme Weasley. Vous serez l'une de ceux qui n'approuveraient pas.
- Ça ne doit pas t'en empêcher pour autant, mon cher. Tu ne peux pas plaire à tout le monde. Et c'est ça qui est important. Tu ne devrais pas essayer de vouloir plaire aux autres, sauf si c'est ce que tu souhaites. Tu crois qu'on attend beaucoup de toi… Et c'est une pression énorme qui te pèse dessus, hein ? » Tom acquiesça. « Mais ce que tu ne sembles pas comprendre, c'est que nous comprenons qui tu es, Tom. Oui, nous nous attendons à ce que tu nous diriges dans un futur proche. Mais saches que c'est la seule chose qu'on attend de toi et pour laquelle tu dois t'inquiéter. Chose qui n'a pas l'air de tant te préoccuper en ce moment. Tu sais que tu n'échoueras pas dans cette tâche. Et maintenant, avec ton nouveau toi, tu penses que tu dois changer qui tu es profondément, que c'est ce que nous exigeons de toi, mais c'est faux. Nous voulons que tu sois qui tu veux être.
« Je dis ça, tout en sachant que je sais très bien que je ne vais pas aimer certaines de tes actions. Mais je ne peux pas non plus m'attendre à ce que tu brides ton caractère. Et je ne voudrais pas que tu le fasses. Ça ne ferait que tu faire revenir en arrière. Ça t'éloignerait de nous. On ne peut que donner et recevoir. Offrir et rendre. Je crois que tu dois juste comprendre par toi-même ce que tu peux nous offrir et ce que tu veux nous prendre en échange. Nous nous en accommoderons parce que nous voulons te soutenir à tout niveau.
« Souviens-toi seulement que ces nouvelles émotions et ces nouvelles expériences sont bonnes pour toi, mon cher. Ne les fuis pas. Sur le long terme, ça sera un avantage en plus. Après tout, c'est ça, être humain.
- Mme Weasley… Je ne suis plus humain, » lui rappela-t-il.
« Tu sais très bien ce que je veux dire. On t'a offert une chance incroyable te faisant redécouvrir ta vie une seconde fois. Ne gâche pas ça. Savoure-le.
- Je ne suis pas très sûr de savoir comment en profiter.
- Tu n'as pas à te précipiter, Tom. Prends le temps de te découvrir, parles à quelqu'un avec qui tu te sens à l'aise, c'est bien aussi. Ce que tu ne devrais pas faire, c'est d'éviter ces sentiments ou de tenir à l'écart les gens qui les provoquent. »
Il lui fit face, fouillant les yeux de la matriarche. Par le passé, il aurait grimacé et serait rebuté par la chaleur et la compréhension qu'il voyait en eux. Mais maintenant… « Je vais essayer. »
Molly hocha la tête et se redressa. « Maintenant, je vais te dire quelque chose, et je le dis avec amour. En refusant de retourner à l'école, tu agis comme un lâche.
- Pardon ?
- Un lâche. » Molly le surprit quand elle ricana, ce qui eut l'effet de lui faire oublier sa colère de se faire appeler 'lâche'. D'où est-ce qu'elle sortait ce sourire moqueur ? « Le terme utilisé pour un froussard, un peureux, un fainéant, une poule mouillée, un déserteur…
- Oui, merci ! J'ai compris !
- Tu fuis. Tout simplement. Et c'est comme ça qu'agissent les lâches. » Elle sourit et avança vers la porte. « Et tu n'en es pas un, n'est-ce pas Tom ?
- Grâce à vous, j'ai l'impression d'en être un, maintenant ! » répliqua-t-il.
Molly gloussa en ouvrant la porte. « Retourne à Poudlard, Tom. Sois un bon garçon. »
Elle le laissa assis et faisant la tête en dévisageant la table, une fois de plus. « Je ne suis pas un gentil garçon. » Mais elle avait réussi à le faire changer d'avis. Il retournerait à Poudlard. Il irait pour protéger sa famille. Harry et Drago avaient besoin de son soutien. Après la nuit dernière, ce serait dur pour eux de se séparer pour assister aux cours et aux repas. Ce serait compliqué pour les âmes-sœurs de faire quoi que ce soit sans l'autre. Au moins, Harry aurait Hermione pendant les cours et les repas, et Drago l'aurait lui. En dehors de ces moments, Tom comptait prendre du temps pour lui. Il devait faire le point avec lui-même.
« Talyn. »
L'Ukatae apparut rapidement à ses côtés. « Tu as appelé ?
- Emmènes-moi à Poudlard tout de suite. »
… … …
Dudley avait sérieusement pensé à courir jusqu'à chez sa mère et s'enfermer à double tour dans sa chambre à jamais. Qu'est-ce qui n'allait pas avec les gens pour qu'ils torturent quelqu'un de la façon dont l'ont été Drago et Harry la nuit passée ? C'était la pire chose à laquelle il avait assisté. C'était ce qui arrivait aux âmes-sœurs quand l'un d'entre eux mourait ? Totalement tarés ! Il ne voulait jamais trouver son âme-sœur. Hors de question ! Il pourrait vivre joyeusement sans compagnon, merci, mais on merci !
Il n'avait pas couru chez lui, finalement. Il finit plutôt bourré avec George, Fred et Neville, laissant l'alcool atténuer ses sens et l'inquiétude qu'il ressentait pour son cousin. Et franchement, il avait eu besoin de s'éloigner de la souffrance qu'affichaient les personnes qu'il croisait.
Sauf que maintenant, il était sobre grâce à la potion dégoûtante que Rogue lui avait passée. Il était sorti et s'était allongé sur le terrain de Quidditch, son nouveau balai pressé contre sa poitrine. Il était censé s'entraîner, mais jusqu'à présent, il n'avait pas fait du bon travail. Ses réflexions l'empêchaient de se concentrer et de rester dans les airs car elles le distrayaient sans cesse.
Une ombre le surplomba soudainement, le faisant sursauter de surprise. Drago se tenait au-dessus de lui, Harry perché sur son dos, et tous les deux le fixaient avec intensité. Eh bien, c'en était une surprise. Personne ne s'était attendu à les voir pendant un certain temps. C'aurait dû être bizarre de voir Harry perché sur le dos de Malefoy comme ça, mais c'était le contraire. Harry semblait être plutôt à l'aise avec ses bras enlacés autour des épaules de son fiancés et ses mains mollement entrelacées au-dessus de son torse. La chose la plus surprenante était l'image que rendait Malefoy. Il était là, les bras soulevant son compagnon sous les cuisses, mais aussi stoïque que d'habitude.
« Hum… Bonjour ? » dit-il en se redressant de son mieux, ne sachant pas quoi dire d'autre. Pendant une seconde, il voulut leur demander comment ils se sentaient mais c'était stupide. Harry lui fit un demi-sourire qui n'atteignit pas ses yeux et Malefoy continua à le dévisager, ses yeux froids et condescendants.
« Dis-moi, Dursley, c'est comme ça que tu comptes nous aider ? En restant allongé les bras croisés toute la journée ? »
Dudley réussit de peu à garder pour lui qu'en cet instant précis, Malefoy sonnait exactement comme son père. « J'étais en train de m'entraîner mais je me suis perdu dans mes pensées et je ne suis pas très on.
- Est-ce que tu essayais d'apprendre à voler tout seul ? » lui demanda Harry doucement. « Dudley, tu devrais avoir quelqu'un avec toi pour t'apprendre jusqu'à ce que tu acquières les bases. »
Dudley haussa les épaules. « Je ne voulais pas embêter quelqu'un et personne n'était dans les parages quand je me suis décidé. En plus, je peux me débrouiller tout seul. Je suis encore capable d'apprendre par moi-même. »
La bouche de Malefoy s'étira en un sourire moqueur, indiquant par là à Dudley qu'il n'allait pas être gentil dans ses propos. Mais Harry tourna son visage et posa sa bouche contre le cou du blond. Dudley n'arrivait pas à entendre ce qu'ils se disaient mais il était clair par l'expression qui traversait le visage de son cousin qu'ils utilisaient la télépathie. Enfin, Malefoy sembla se détendre.
« Tu en es à quel stade ? Tu n'as pas encore décollé du sol, je dirais. » Drago prit le balai des mains de Dudley pour l'étudier. « Quand est-ce que tu l'as eu ? Je ne me rappelle pas t'avoir donné le droit d'utiliser l'un de mes bons balais.
- Ce n'est pas le tien. » Dudley reprit son bien. « C'est à moi. »
Drago le reprit à son propriétaire. « C'est ça oui ! Tu ne pourrais jamais te permettre un balai comme celui-là. »
Harry leva les yeux au ciel et glissa du dos du blond. Il prit le balai des mains de Drago et le tendit à Dudley. « C'est le sien, Drago. Je le lui ai acheté. »
Le blond fit la tête à son amant. « Bien sûr que ça vient de toi. Tu ne pouvais pas t'en empêcher, hein ? C'est typique ! Typiquement Griffondor. »
Harry ricana, pas le moins du monde insulté. « Je lui ai aussi offert la propriété Potter du Wiltshire. »
Ce fut la première fois que Dudley vit Malefoy vraiment surpris. Sa bouche était béante, ses yeux écarquillés d'incrédulité. Harry continua avant que Drago ne s'en prenne à lui aussi pour ça. « Je vais enseigner les bases à Dudley.
- Je suppose que quelqu'un doit s'en charger. Au moins, tu es meilleur sur un balai qu'avec tes ailes... » Drago adressa un sourire moqueur à son compagnon tout en caressant les plumes noires et vertes.
« Qui t'a parlé de ça ? » exigea de savoir Harry en éloignant la main de Drago d'une tape. « De toute façon, ce n'est pas vrai !
- Oui, c'est ça. » gloussa sombrement Drago quand le brun rougit furieusement.
Dudley se tint à l'écart, les regardant avec amusement et un peu de choc. Ils se comportaient comme à leur habitude. Comme si rien de mauvais ne leur était arrivé la nuit précédente. C'est alors que Drago se mit à rentrer, faisant un signe de main par-dessus son épaule tout en marmonnant, « je m'en fiche autant que si cet enfoiré tombait de son nouveau balai, » et les yeux d'Harry étaient emplis de panique. Dudley se rendit compte qu'Harry ne faisait que faire semblant pour les autres. Il ne voulait clairement pas perdre Drago de vue ni qu'il soit hors de sa portée.
« Hé, Malefoy ! Tu ne vas pas rester ? » s'exclama-t-il. Drago se retourna et lui lança un regard noir, mas Dudley jeta un coup d'œil à Harry qui était toujours figé.
Drago retourna aux côtés de son compagnon. « Je serai juste là, mon amour. » il indiqua une tribune près du terrain. « Je ne vais nulle part, c'est promis. Et Brumek et Ozemir sont là-bas. » Harry acquiesça. « En plus, je ne voudrais pas manquer cet imbécile tomber de son balai à 15m de haut.
- Drago ! Ne peux-tu pas être sympa ? »
Tandis que le serpentard passait à côté de Dudley, il le cloua de ses yeux glaciaux. « Ça n'arrivera jamais. »
Dudley se retourna vers Harry quand Drago eut atteint les tribunes. « Il me déteste.
- J'en ai bien peur. Mais hé, tu n'as pas à t'en inquiéter. Tant que tu ne fais rien pour l'agacer réellement, tu seras tranquille. »
Harry invoqua rapidement un autre balai parmi les nombreux que Drago avait stocké dans la grande remise à équipements, et réussi rapidement à faire voler Dudley sans soucis. Harry lança à Drago un regard victorieux. « Tu me dois 20 gallions ! »
Drago tira la tête et regarda Dudley de façon mauvaise. Ce trou de balle lui coûtait de l'argent ! Pourquoi ne pouvait-il pas tomber de son balai comme il était censé le faire ? Il accaparait beaucoup trop l'attention d'Harry. Au moins, son amant était occupé à voler et s'était détendu. Il appréciait de se retrouver à nouveau sur son balai... Et oui, Drago était un peu jaloux. Foutu Dursley ! Et qu'est-ce qu'il prenait à Harry d'offrir à cet être insignifiant l'un des biens Potter ? Est-ce que son compagnon avait perdu la tête ? Drago était en train de réfléchir aux conséquences qu'il provoquerait s'il causait une tempête quand Neville l'interrompit.
« Drago, hé ! » l'interpella ce dernier joyeusement en trottant jusqu'à lui.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » dit-il de sa voix traînante quand Neville se laissa tomber à côté de lui.
« J'ai vu Harry et Dudley voler. Je me suis dit que je pouvais venir les regarder un peu. »
Drago le regarda, sans expression. « Qu'est-ce que tu es vraiment venu voir ici ? Ou plutôt, qui es-tu venu voir ?
- Et bien, euh... Tu sais, tout le monde adore regarder Harry...
- Mais oui, je suis sûr que c'était pour Harry. » Neville rougit et Drago leva les yeux au ciel. « Pourquoi est-ce que vous ne tirez pas votre coup, tous les deux. Vous voir rougir en permanence commence à vraiment être pénible. »
Neville ouvrit et ferma la bouche comme un poisson. « Qu'est-ce... Qu'est-ce que tu dis ? Ce n'est pas comme ça entre nous ! »
Drago retourna son attention sur Harry. « Qu'est-ce qu'il y avait dans cette lettre pour te rendre fou contre Weaslaid quand il te l'a prise ?
- R-rien ! C'était juste une lettre.
- Juste une lettre ? Je ne te crois pas.
- Je te le jure ! C'était seulement une lettre. Il voulait savoir si nous pouvions devenir amis et m'a demandé si nous pouvions correspondre et apprendre à nous connaître à travers nos échanges. C'est purement platonique. »
Les yeux surpris de Drago revinrent sur Dursley. Platonique ? C'est ça oui. Mais il devait admettre que c'était un joli coup. « Est-ce que tu veux apprendre à voler ? Correctement ? On peut t'apprendre aussi. »
Une fois encore, il se retrouva face à des yeux de merlan. Il leva une main pour donner un coup derrière la tête du griffondor. « Arrêtes de faire cette tête. Oui ou non.
- Non. Je ne veux pas. Tu sais très bien que je ne suis pas bon sur un balai. » Et je ne te fais pas assez confiance pour ne pas me faire tomber de celui-ci.
Drago se leva et le regarda de haut. « Le truc, c'est que... Je me fiche que tu ne veuilles pas. Quiconque ayant la marque réussira dans tout ce qu'il fera. Et tu seras capable de faire n'importe quoi. Compris ? » Avant que Neville n'ait la chance de dire quelque chose, comme 'c'est ridicule !', Drago se dirigea vers la réserve à balais.
Harry remarqua son amant et s'arrêta de voler. Il flotta dans les airs et regarda Drago diriger Neville vers l'abri, se demandant ce qu'il avait en tête. Dudley s'approcha et flotta à sa droite, et Harry fut impressionné de voir qu'il n'avait que peu de problème à maintenir son balai en place.
« Qu'est-ce qu'ils font ? » demanda Dudley.
« Sais pas. » Mais Harry ne ferait rien tant que Drago ne serait pas revenu de la réserve. Il pouvait toujours ressentir son amant le rassurer par la pensée et en envoyant des vagues calmantes, mais quand même... C'est seulement quand il revit la tête blonde qu'il se détendit de nouveau. Et quand Drago fourra un balai dans les mains de Neville, il se mit à rire. Qu'est-ce que tu fais avec Neville ? Tu essayes de le faire tomber d'un balai ?
Non. Je vais apprendre à cet ingrat comment voler. Je ne permettrais à personne de nous ridiculiser... Neville m'a dit ce que Dursley lui avait écrit.
Harry jeta un coup d'œil à Dudley, qui avait les yeux rivés sur le griffondor clairement nerveux en dessous d'eux. Quoi ? Tu joues les entremetteurs maintenant ? Ce n'est pas du tout dans tes habitudes. Tu n'aimes même pas Neville et tu détestes Dudley.
Tu fais beaucoup trop de suppositions, mon amour. Qui te dit que je veux les mettre ensemble ?
Harry renifla. Mentionner cette lettre était un sacré indice quand même.
Quelqu'un devait vraiment apprendre à Neville comment voler correctement, et je n'ai jamais dit que je ne l'appréciais pas.
Quoi ?! Tu l'as toujours dit et depuis quand tu l'appelles Neville ?
Eh bien, j'ai changé d'avis sur lui depuis qu'il s'est battu avec Weaslaid.
Harry fronça des sourcils en se demandant pourquoi Drago faisait ça. Mais il finit par se dire que ça n'était pas important. Mais tu sais, si Neville est vraiment attiré par Dudley, l'entraîner pendant que Dudley regarde ne sera que catastrophique. Il va être tellement stressé qu'il n'arrivera même pas à décoller du sol.
N'importe quoi. Observes et apprends, mon amour.
Harry continua de rire doucement et s'étendit sur son balai comme le ferait un chat sur une branche pour observer le binôme sur le sol. « Ça va être marrant. »
Neville fixa le balai dans sa main pendant une bonne minute avant de regarder Drago. « Je n'ai jamais vu autant de bons balais dans un même endroit auparavant... Tu es sûr de vouloir faire ça ? Je ne suis pas doué pour ça.
- Il faut juste de l'entraînement.
- Ouais... Heu... Pourquoi tu m'aides ? »
Drago arrêta de marcher et souffla d'agacement. « Je crois que je t'ai déjà expliqué cette partie, mais si tu as besoin de plus de motivation... Tu ne crois pas que tes parents seraient fier de te voir tenir un balai proprement ? Tu n'as jamais essayé de maîtriser le vol après la première leçon en première année, n'est-ce pas ?
- Et bien, non. Mais seulement parce que je savais que je ne pourrais jamais devenir meilleur.
- C'est idiot de penser ça. » Harry, emmènes ton enfoiré de cousin de l'autre côté du terrain.
J'aimerais que tu arrêtes de l'insulter.
Et moi j'aimerais que tu cesses de croire que je vais l'apprécier un jour. « Ok, montes sur ton balai et allons-y. Nous n'avons pas toute la journée. »
Neville fit ce que le serpentard lui ordonna. De toute façon, il n'avait pas vraiment l'air d'avoir le choix. Drago avait l'air déterminé à lui apprendre comment voler correctement.
Une heure plus tard, il arrivait à faire des allers-retours en travers du terrain sans trembler et se secouer comme un idiot, et Harry se dit que c'était une bonne chose qu'il ait enfin comprit parce que Drago avait l'air d'avoir atteint les limites de sa patience. Harry était quasiment sûr que le blond allait pousser Neville à bout juste pour pouvoir en finir avec lui sans qu'on remette en cause son enseignement.
Drago et Neville accélérèrent et le blond sortit un vif d'or de sa robe. « Qu'en dis-tu, mon amour ?
- Oui ! »
Le Vif d'or fut libéré et tous les quatre le regardèrent s'éloigner à toute vitesse. Neville et Dudley perdirent la petite boule des yeux bien vite, mais Drago et Harry restèrent immobiles, flottant sur leurs balais, les yeux zigzagants de gauche à droite... Une minute plus tard, Les épaules d'Harry s'affaissèrent.
« Ça ne va pas le faire.
- Pourquoi ? Qu'est-ce qui ne va pas ? » s'enquit Neville.
- Nous n'avons pas joué une partie d'attrapeurs depuis que nous nous sommes transformés en Ukataes, » expliqua Drago, « et maintenant, nous pouvons voir le vif où qu'il aille. Même si on essaye de détourner le regard pour lui permettre de se déplacer ailleurs sans qu'on le suive, une fois qu'on se concentre de nouveau, il est facile à trouver.
- Il est trop lent, » se renfrogna Harry. « C'est pour cela que nous ne pouvons pas jouer au quidditch cette année. Les matchs seraient terminés en quelques secondes. »
Dans le silence qui s'éternisa, les deux attrapeurs affichèrent leur mécontentement et Neville partagea un regard amusé avec Dudley. Tous deux faillirent tomber de leur balais quand Drago s'exclama soudainement : « Nous allons jouer ! » Il s'élança après le vif, l'attrapa et se dirigea vers le sol, là où se trouvaient Ozemir et Brumek.
« Peux-tu corriger ça ? » demanda Drago en tendant le vif vers l'érudit.
Les yeux d'Ozemir s'agrandirent d'excitation. « Oh ! Qu'est-ce que c'est ? » Il s'empara du vif et l'apporta à hauteur d'yeux, le tournant dans tous les sens pendant qu'il l'étudiait.
« Un Vif d'or. On l'utilise dans les parties de Quidditch. C'est censé voler n'importe où dans la surface du terrain, et être incroyablement dur à trouver et voir... Harry et moi sommes des attrapeurs. Les joueurs dont c'est le rôle de le trouver et l'attraper en vue de terminer le match. Mais maintenant que nous ne sommes plus humains...
- Ça n'est plus un défi pour vous, » répondit Ozemir à sa place, et Drago acquiesça.
« Peux-tu l'améliorer ? Le rendre plus rapide et dur à voir ?
- Hum... » Ozemir tripota le vif, ses sourcils se fronçant sous la contemplation. « Oui, je peux le faire. Mais je suppose que tu le veux rapidement... » Drago hocha la tête. « Dans ce cas, les modifications ne seront que temporaires. Si jamais tu veux des changements spécifiques et permanents, je te suggère d'en faire un nouveau toi-même quand tu auras le temps. »
Drago hocha encore une fois la tête. Ozemir serra le vif avec force dans ses mains et murmura quelques mots en Ukatae. Les seuls mots que Drago comprit furent vitesse et vue. Ozemir tendit ses bras et plaça le vif dans les mains de Drago. « Sers-le fort jusqu'à ce que tu sois prêt à le relâcher.
- Darvu taemie, Ozemir. »
Drago reprit son envol et Brumek se rapprocha de son compagnon. « Tu as rendu ça très difficile ? »
Ozemir sourit. « Ouaip ! Ils devront utiliser plus que leurs yeux pour pouvoir le trouver. Ce sera un bon exercice pour eux. » Brumek émit un petit bruit approbateur et le sourire d'Ozemir s'agrandit. « Ils ont l'air d'aller bien, tu ne trouves pas ? »
Brumek acquiesça et se pencha suffisamment pour leurs bras se touchent. « Ils sont fort et ils sont ensembles. Ils vont bien aller.
- J'en suis heureux. J'étais tellement inquiet, Brumek. Et nous étions partis...
- Ne ressasse pas tout ça de trop. C'est fini maintenant et ça n'arrivera plus. »
Les deux gardes restèrent silencieux pendant qu'ils observèrent les jeunes lancer leur match. Quasi instantanément, les deux perdirent le vif de vue, comme s'il était presque invisible et ça leur prit un bon moment pour le repérer.
« Ozemir, je pensais à quelque chose...
- Hirsha sauve-moi ! Je meurs de surprise ! »
Brumek soupira et secoua la tête. « Un jour, tu vas atteindre mes limites. »
L'érudit eut un sourire malicieux. « N'importe quoi ! Tes limites sont au-delà du ciel, mon chéri.
- J'étais en train de me demander... » enchaîna rapidement Brumek en détournant le regard de son compagnon, se demandant comment Ozemir pouvait dire une telle chose si facilement tout en le comblant de joie. « Que va-t-il se passer quand le petit va porter un enfant ? Comment va-t-il s'entraîner ?
- Brumek, s'il te plaît... Il existe des sortilèges qui permettent d'assurer la sécurité du bébé pendant qu'Harry s'entraîne. Ce dont nous devons nous inquiéter, c'est son compagnon. Drago ne l'autorisera pas à se battre avec trop de force et son côté protecteur va s'interposer dans notre façon de faire.
- Laisses Falde et moi nous occuper de Drago. Pas besoin d'appeler Dagon à la rescousse. Je pense que nous pouvons commencer à nous entraîner avec des armes demain, si ce que tu dis est vrai. A propos des sorts permettant de protéger le futur héritier. »
Ozemir sourit et hocha la tête. « Harry va être fâché que son entraînement soit restreint. »
Brumek ricana. « Très fâché. Il est têtu, non ? Il va se battre avec son compagnon bec et ongles sur ça. » Les deux gardes recentrèrent leur attention vers le ciel quand ils entendirent Drago crier après le cousin d'Harry de dégages de son chemin, ou alors il l'aplatirait.
Ozemir rit. « Il est tellement méchant. »
Dudley se renfrogna face au dos d'un Drago qui s'éloignait et atterrit pour aller rejoindre Neville qui s'était posé dans les tribunes.
« Dangereux de rester là-haut avec ces deux-là. En général, ils finissent par faire des figures de malades, » expliqua Neville. « Ils sont vraiment bons. Particulièrement quand ils volent l'un contre l'autre. Dommage qu'ils ne puissent plus être dans les équipes de Quidditch.
- Au moins, ils peuvent toujours s'amuser comme ça. Après ce qu'il s'est passé hier soir...
- Hum... ouais, à propos d'hier soir... » Neville s'éclaircit la gorge et détourna le regard. « De quoi est-ce que tu te souviens exactement ? Tu sais... Après qu'on ait commencé à boire avec Fred et George. »
Dudley cligna des yeux plusieurs fois et tenta de se remémorer ce dont Neville parlait. Malheureusement, c'était le trou noir.
En voyant le regard vide de Dudley, Neville précisa. « Je demande seulement parce que je crois que j'ai perdu le contrôle assez rapidement et ne me suis pas réveillé là où je pensais m'être endormi. » Sans mentionner ce rêve alcoolisé totalement fou qui ne ressemblait pas du tout à un rêve.
« Les deux, Fred et George... » Dudley posa sa main sur le banc derrière lui et se pencha en arrière. « Ils sont fous. Ils ont mélangé toutes sortes d'alcool ensemble. Ce n'est pas étonnant que nous ne nous souvenions de pas grand-chose. Ils t'ont peut-être déplacé.
- Donc tu ne te rappelles de rien non plus? » Dudley secoua la tête et Neville ne sut pas pourquoi, mais il en fut déçu. Il avait le sentiment que ce rêve était réel. « A propos de ta lettre... C'est ok pour moi. De continuer à s'écrire. Ça me ferait plaisir de te répondre.
- Ouais ? »
Le griffondor hocha la tête et copia Dudley en se penchant en arrière pour avoir une meilleure vue des deux joueurs. « Carrément. »
Harry et Drago volaient à toute vitesse, regardant dans tous les sens, mais il était clair qu'ils n'arrivaient pas à trouver le vif. Harry s'arrêta de voler pour flotter dans les airs, et il regarda dans leur direction. Drago s'arrêta peu de temps après à ses côtés, l'air énervé.
« Ozemir, » cria-t-il, « Je ne t'ai pas dit de rendre ça impossible !
- Vous allez devoir utiliser plus que vos yeux si vous voulez le voir et vous en emparer. » Drago se mit alors à protester que le jeu était censé être drôle, tandis que Harry resta figé et silencieux, les yeux parcourant tout le terrain.
Neville ne put se retenir de rire. « Ces derniers mois ont été révélateurs.
- Comment ça ?
- Drago. D'habitude, il arrive à garder ses émotions sous contrôle. Il a toujours été un connard froid en apparence, sauf quand il se battait avec Harry. Il s'est beaucoup ouvert aux autres. Je pense qu'on peut remercier Harry pour ça... » Neville se rapprocha de lui pour pouvoir parler plus doucement, sachant à quel point les Ukataes avaient une bonne ouïe. « Hier soir... C'était terrifiant. » Dudley acquiesça, mais Neville secouait sa tête sachant que Dudley ne comprenait pas ce dont il voulait parler. « En dehors de ce qu'il se passait, c'était plutôt de la réaction de Drago à laquelle je faisais allusion. Personne ne l'a jamais entendu de cette façon auparavant. Harry, il est plutôt du genre à perdre rapidement le contrôle, de ne plus maîtriser ses émotions par moments, mais pas Drago. C'est pour ça qu'à l'école, il est connu comme le Prince de Glace de Serpentard. Sérieusement, avant cette année, je jure que personne ne pensait que quelque chose ou quelqu'un lui importerait. » Neville s'interrompit quand il se rendit compte qu'il se mettait à babiller. « Ah, désolé...
- Eh, ne sois pas désolé. » Dudley était toujours intéressé par ce que Neville pouvait dire, même si le garçon disait n'importe quoi. « Et je peux comprendre. C'était effrayant de les voir tous les deux comme ça. Et tu les connais mieux que moi. »
Neville haussa les épaules. « Ce n'est pas comme si je connaissais Drago aussi bien. Il m'a tourmenté chaque année jusqu'à ce qu'Harry et lui se mettent ensemble. C'est juste bizarre de voir une autre facette de lui... » Neville sourit, « mais je suis content d'être de son côté maintenant. J'ai entendu pendant l'été qu'il avait failli battre Ron et Seamus à mort pour avoir insulté Harry et Hermione.
- On répand des rumeurs, Londubas ? Vous avez sûrement des meilleures choses à faire. »
Neville ferma ses yeux, mortifié. Le professeur Rogue était la dernière personne qu'il voulait voir en cet instant. Et pour ça plus grande horreur, le bâtard sarcastique grimpa les tribunes et s'assit juste à sa gauche. « Ce- ce ne sont pas des rumeurs, Professeur. C'est vraiment arrivé.
- Et vous pensez que ça concerne quelqu'un d'autre que Drago ? »
Neville baissa sa tête. « Désolé, Professeur.
- Severus, arrêtes ça, » le corrigea Hermione en les rejoignant, les yeux rivés au ciel. Harry avait enfin repéré le vi sournois et plongeait vers lui.
Le brun regarda par-dessus son épaule pour voir si Drago l'avait repéré aussi, et quand il vit que son amant était toujours occupé à crier après leurs gardiens, Harry l'interpella en soupirant. « Drago, la parie ! Allez ! »
Drago s'arrêta en pleine réplique pour voir pourquoi son amant criait et Harry pointait quelque chose à l'autre bout du terrain. « Tu l'as vu ? » lui demanda-t-il quand il fut à ses côtés.
« Je l'ai senti. Et ensuite, je l'ai entendu. Et alors, ça a été facile de le voir. Mais maintenant je dois tout recommencer parce que tu étais trop occupé à rouspéter après Ozemir. »
Offensé n'était pas un terme assez fort pour décrire ce que dégageait Drago. « Je ne rouspète pas, Potter. J'exprimais seulement mon mécontentement d'avoir à fournir trop d'effort quand nous sommes censés jouer.
- Mais c'est plus drôle comme ça. Ça nous permet de travailler plus dur. Bon, tu es prêt à jouer maintenant ? J'ai dû le perdre de vue une fois déjà. Je ne compte pas le laisser disparaître encore une fois. » Harry lui adressa un sourire rayonnant et partit, son balai prenant rapidement de la hauteur, comme s'il voulait atteindre le soleil.
« Je ne ressens rien, » marmonna Drago tout en suivant les traces d'Harry malgré tout. Finalement, ça ne leur prit pas longtemps d'apercevoir le vif translucide qui plongeait vers le sol.
Harry et Drago perdirent de vue le reste du monde et se mirent à jouer comme à leur habitude. Avec rien d'autre que leur adversité accrue.
« Et la partie commence, » rit Hermione, heureuse de voir les deux jouer normalement après qu'Harry ait presque été projeté de son balai, et Drago volant à côté de lui, un air moqueur sur le visage.
« Enfoiré ! » cria Harry.
« De quoi tu te plains? Chute et tes ailes te sauveront... Oh, c'est vrai. Tu es carrément nul pour te servir de tes ailes ! »
La bouche de Dudley béat en grand pendant tout le temps qu'il regarda Harry et Drago voler. Ils étaient impitoyables dans les airs, essayant de faire tomber l'autre à chaque occasion, s'envoyant de vicieuses insultes à chaque instant. La partie était devenue tellement intense qu'il n'y avait plus une discussion et tout le monde les regardait attentivement.
Drago était devant Harry, sa main tendue. Il pouvait sentir les ailes du vif caresser le bout de ses doigts. « Un petit peu plus... »
Harry étonna tout le monde quand il accéléra d'un coup, et tourna son balai pour faire un 360, cognant l'arrière du balai de Drago. Le blond fit des tours sur lui-même, ne contrôlant plus son balai et le vif lui échappa. Et tandis que Drago reprenait le contrôle de son balai, Harry profita de cet instant pour saisir le vif avec un sourire victorieux et moqueur.
Dès qu'ils posèrent les pieds au sol, Drago se précipita vers Harry. « Tu as triché. C'était un mouvement illégal ! »
Harry sourit et frotta le vif contre son t-shirt. « Je t'ai déjà vu faire la même chose par le passé.
- C'était mon vif, Potter. Tu n'étais pas sensé tricher ! Tu es un satané Griffondor, bordel !
- Et tu es un foutu mauvais perdant. Acceptes la défaite et passes à autre chose. Nous jouerons une autre partie plus tard et peut-être que je te laisserais gagner. » Harry envoya un baiser à son amant irrité avant de se tourner pour se diriger vers les tribunes où se trouvaient leurs amis.
Drago n'aima pas du tout son commentaire. Qu'Harry lui dise qu'il gagnerait selon son bon vouloir... C'était inacceptable !
Harry se tenait face à Neville et Dudley, plaisantant avec eux depuis une minute quand Neville aperçut Drago s'approcher rapidement du dos de son compagnon. « Hum, Harry, mon pote, tu ferais bien de te retourner. »
Harry se retrouva soudainement dans les airs, retourné, et jeté sur l'épaule de son compagnon. Son menton cogna le dos de Drago et ses jambes pendaient de l'autre côté, un bras du blond le saisissant fermement l'arrière de ses jambes pour l'empêcher de donner des coups contre sa poitrine.
« Ne bouge pas, mon amour.
- Drago, » siffla-t-il d'une voix tremblante. « Poses-moi à terre. Tout de suite ! » Il ne le dirait jamais à voix haute, mais que Drago le soulève comme s'il ne pesait rien l'excitait énormément. Mais bien sûr, Drago pouvait lire son esprit et l'enfoiré de blondinet se mit à rire.
Severus leva les yeux au ciel. Au moins, un semblant de normalité faisait le jour. C'était un soulagement, bien entendu. Mais parfois, ils agissaient comme des enfants. Des enfants pleins très excités, pensa-t-il avec une grimace quand la main de Drago se déplaça vers les fesses d'Harry et y resta. Le serpentard fit demi-tour et se dirigea avec la réserve à balais pour y faire dieu sait quoi. Severus ne voulait pas le savoir.
Ses réflexions sur le sujet furent interrompues par une chouette qui posa une lettre sur ses jambes. Il reconnut l'emblème de Poudlard immédiatement et se demanda ce que pouvait bien vouloir le vieil homme maintenant. Comme il faisait partie de la famille de Drago, il avait le droit de prendre un congé de courte durée pour l'Héritage qui n'était jamais arrivé. Cette lettre ne pouvait donc pas être une réprimande pour être absent.
Mais la lettre ne venait pas de Dumbledore. Elle venait de Minerva. Il lut la lettre et fronça les sourcils à cause de son contenu. « Qu'ils aillent tous en enfer... » murmura-t-il furieusement.
« Severus ? Qu'est-ce qui ne va pas ? »
Il tendit la lettre à Hermione et se leva. « Drago ! Arrêtes tes pitreries. On doit retourner à Poudlard ! »
Drago pivota sur ses talons. « Mais Oncle Sev... J'étais sur le point d'apprendre une leçon à Potter.
- C'est moi qui vais t'apprendre une leçon quand je serais à terre, imbécile ! Pourquoi est-ce que tu dois être aussi grand, hein ? » la protestation d'Harry se transforma en ricanement quand l'une de ses ailes frappa Drago en plein visage.
- Maintenant, Drago ! » ordonna Severus.
Harry se figea sous la dureté du ton de Severus et échangea avec Drago un regard inquiet. Quelque chose ne tournait pas rond.
… … …
Le hall d'entrée du manoir Malefoy était rempli de monde, dont la plupart étaient des élèves, et Severus se prépara à repartir à l'école. Lucius avait l'air plus que content de les voir tous de retour. Tandis qu'ils se rassemblaient tous, c'était la première fois qu'il revoyait son fils depuis la nuit dernière. Depuis que Drago avait tenté de se tuer.
« Drago, ton père voudrait te parler, » dit Severus en faisant un signe derrière lui.
Drago se tourna et trouva son père plongé dans l'un des coins sombres du hall. « Bien sûr. »
Il était clair que Drago n'avait pas très envie de reprendre le bras qu'il avait placé autour de son compagnon pour le rassurer et Lucius était navré d'avoir demandé à lui parler en privé, surtout quand il vit la terreur qui s'empara d'Harry quand le bras qui l'entourait le lâcha. Son fils indiqua un endroit du doigt, montrant où il se tiendrait à Harry, ce qui apaisa la tension des épaules du griffondor. Sirius emmêla les cheveux de son filleul et pressa ses épaules de façon rassurante tandis que Dursley s'approcha et engagea une discussion avec le filleul et le parrain dès le départ du blond.
Il finit par se tenir en face de lui et ils se fixèrent simplement pendant quelques secondes. Drago se demanda pourquoi son père le regardait étrangement, et Lucius n'était pas sûr de savoir comment dire ce dont il voulait parler. Lucius ne se sentait pas comme un Malefoy était censé être. Extrêmement sentimental.
« Père ? » s'inquiéta Drago après avoir vu de nombreuses émotions traverser le visage de son père. « Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu es pâle. Je vais chercher Amortia. »
Cela sembla ouvrir les vannes d'autres émotions et Drago se retrouva soudainement fermement enlacé, ce qui l'inquiéta. « Drago, s'il te plaît, fais-nous une grande faveur et prends soin d'Harry et de toi. Je ne veux pas que vous disparaissiez de la surface de la terre. Je ne veux pas que... Rien ne peut t'arriver. C'est compris ? »
Drago rendit l'embrassade, légèrement choqué, et ne put qu'acquiescer. Il se sentait submergé par ses émotions en voyant celles de son père si clairement.
Tandis que Drago discutait avec son père, Harry étudia Dudley jusqu'à ce que son cousin s'agite nerveusement. Ses yeux verts finirent par s'attendrir un petit peu. « Tu as l'air mieux que jamais, Dudley. Rien d'autre que du muscle, maintenant.
- Ouais, euh... Je crois que je peux te remercier pour ça.
- Non. Tu dois remercier Ozemir, et toi-même pour ça. Je n'ai rien fait.
- Ça va aller, Harry ?
- Oh, oui. » Harry balaya son inquiétude de la main. « Le temps guérit tout, n'est-ce pas ? » Il secoua la tête, espérant que ce qu'il disait était vrai. « Peu importe, je voulais te parler de la propriété Potter. Déménages dès que possible, Dudley.
- Harry, je t'ai dit dans la réponse que... »
Le griffondor leva sa main et Dudley se retrouva avec sa langue collée au palais. « Je me fiche de ce que tu veux. C'est ce que moi je veux. Je veux que vous soyez tous les deux en sécurité. Moins de temps je passerais à m'inquiéter pour vous, plus de temps j'aurais à me soucier de choses plus importantes. Et il y a de sérieux problèmes dont je dois me soucier... Toi et Tante Pétunia n'êtes pas en sécurité dans cet appartement. Déménagez rapidement.
- Et si tu y réfléchis, » intervint Sirius, « Tu seras plus proche du manoir Malefoy. Tu pourrais voler directement jusqu'ici ou alors prendre la cheminette et tu serais ici plus souvent. Savoir que ta mère est proche devrait apaiser ton esprit. Pas vrai ? »
Ils avaient tous les deux raison et Dudley le savait. « Je ne sais pas, » il sourit. « Ça m'amusait plutôt de tomber sur Mme Weasley à chaque fois que je devais utiliser la cheminette.
- Le sujet est clos, alors.
- Mais... nous ne pouvons pas accepter ta propriété, Harry. C'est un bien beaucoup trop important pour que tu nous le cède. »
Harry adopta un sourire qui envoya des frissons le long du dos de Dudley. « Qui a dit que je te la laissais gratuitement ? »
Neville arriva à ce moment. Il s'éclaircit la gorge dès qu'il entra dans le hall, venant tout droit de la chambre de ses parents après des au-revoir s'éternisant. L'étrangeté d'avoir ses parents en bonne santé et cohérents ne l'avait pas encore quittée, le laissant étourdi, mais sincèrement ravi. Maintenant il était prêt à retourner à l'école. Il y avait encore une personne à qui il voulait dire au-revoir, mais il était très nerveux et ne savait pas quoi dire.
Est-ce que c'était une mauvaise chose de souhaiter que Dudley soit aussi un élève de Poudlard ? Était-ce étrange qu'il le désire plus que ce qu'il ne le devrait ? Heureusement, sa nervosité n'était pas sous surveillance et le sujet de ses pensées était en train de discuter avec Harry de quelque chose.
« Salut Neville. »
Le griffondor se tourna et sourit. « 'Lut, Luna. Prête à reprendre les cours.
- Oh, oui. » Elle entortilla une mèche de cheveux autour de son doigt en gloussant. « J'ai tellement hâte. »
Le sourire de Neville disparut un peu. « Euh… A propos de quoi ? »
Luna rit et tourna sur elle-même. « On verra bien !
- Oh non. » Luna était de nouveau égale à elle-même, rigolant et observant le monde avec des yeux vitreux, parlant de tout et de rien à la fois.
« Neville ! Luna ! » Harry agitait le bras à leur intention. « Prêts ?
- On arrive ! » Luna trottina jusqu'au Griffondor, glissa un bras autour d'Harry et frotta sa joue contre son épaule. « Tu vas mieux ?
- Ouais, je vais bien.
- Luna dit qu'on va avoir des surprises.
- Il y a toujours des surprises, » répondit Harry avec joie tandis que ses yeux dérivaient vers le coin sombre dans lequel se tenait Drago et son père. Le pauvre Lucius semblait sur le point de pleurer.
« Sirius ? Est-ce que la grossesse joue avec les hormones de Lucius ou pas encore ? » demanda-t-il silencieusement.
L'Animagus hocha la tête et regarda son mari. « Ah, je ferais bien de le sauver avant qu'il ne se mette à pleurer en public. Il ne me pardonnera jamais si je laisse ça arriver. » Il de tourna vers son filleul et lui fit un énorme câlin.
« Fais attention aux ailes ! » hoqueta Harry.
« ABÎMES UNE SEULE PLUME ET JE TE TUE ! » Drago apparut soudainement à leurs côtés et arracha Harry des bras de Sirius. Il lança un regard meurtrier à l'Animagus, qui regardait Drago avec horreur. Chaque parole du blond était accompagnée de grognements menaçants. « Je jure sur tout ce qui est saint que je vais te réduire en charpie…
- DRAGO MALEFOY ! »
Tout le monde excepté Sirius se tourna vers Hermione, qui arrivait en trombe. Sirius quant à lui pensait qu'il avait tout intérêt à garder un œil sur la menace que présentait l'Ukatae furieux, et ne fit aucun geste brusque.
Hermione l'approcha et secoua son frère. « Qu'est-ce qu'il te prend ? Tu étais en train de menacer Sirius, pour l'amour de Merlin ! Harry ne craint rien avec lui.
- Instincts, instincts, instincts... » chantonna Luna. « Les instincts Ukatae sont durs à étouffer, tu sais ? Plus dur encore le temps passant. Drago va exploser s'il ne fait pas ce qu'il veut. »
Drago venait de reprendre ses esprits et était maintenant mortifié. « Sirius, je… Je suis désolé. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris… Je suis vraiment navré. Je n'arrive pas à croire que je t'ai menacé comme ça. »
Le silence qui suivit fut brisé par un rire soudain. Tous les yeux se tournèrent vers Harry qui était plié en deux, les mains crispées sur son ventre et son rire s'échappant par tous ses pores. « Merlin ! C'était génial ! J'avais besoin de ça. Je me sens cent fois mieux maintenant. »
Sirius avait l'air à côté de la plaque et s'éloigna. « Heureux que quelqu'un trouve ça marrant. » Il attrapa la main de Lucius et l'entraîna derrière lui en sortant de la pièce, tout en marmonnant : « Pour ma part, j'ai vraiment cru que j'allais y passer. Juste pour avoir fait un câlin à son filleul…
- C'est sorti sans que je puisse y faire quelque chose, » chuchota Drago en regardant Sirius et son père parti. « J'ai perdu le contrôle... »
Harry réussit à se calmer et réfléchit à la situation. « C'est sûrement parce que je t'ai donné la permission et promis de ne pas m'énerver. Je t'ai dit de ne pas étouffer tes envies et tes instincts si ça devait te rendre fou.
- Tu as atténué tes instincts ? » hurla Ozemir, tout à coup à leurs côtés. « Non ! Non, tu ne dois pas faire ça ! La seule chose que tu peux faire, c'est atténuer ta puissance magique. Mais jamais tes instincts ! Hirsha ! » L'érudit se tourna pour jeter un regard incrédule à Falde.
« Calmes-toi, Ozemir ! » aboya Brumek. « On peut parler de ça à l'école.
- Mais ils suppriment leurs instincts ! » Il fit de nouveau face aux jeunes elfes. « Pourquoi ? Pourquoi est-ce que vous avez fait ça ? »
Drago eut un sourire sans joie, « Est-ce que tu élèves la voix sur nous ?
- Euh… Non ?
- Bien. » Le regard de Drago parcourut la pièce alors qu'Ozemir tirait la tête en repartant vers son compagnon amusé, marmonnant à propos de la stupidité des jeunes elfes. « Où est Tom ?
- Il est déjà à l'école, » lui répondit Hermione qui ne loupa pas son regard. « Blaise, Pansy et Ginny ont aussi été emmenés un peu plus tôt.
- Dans ce cas, allons-y. » Intervint Severus. « Tous ceux qui ont besoin de retourner là-bas sont présents. »
Falde s'occupa de Drago et Harry, tandis que Severus et Hermione rentrèrent avec Brumek. Neville se précipita vers l'Ombre d'Ozemir avec Luna avant qu'il ne puisse dire quelque chose. Il ne manqua pas le regard déçu de Dudley quand il réalisa qu'il ne lui dirait pas au-revoir. Mais il ne pouvait rien dire. Il avait l'impression d'être redevenu un imbécile maladroit et il ne voulait pas que Dudley le voit comme ça. Jamais.
… … …
Severus ordonna aux gardes Ukatae d'emmener les élèves directement dans la chambre de Drago, et une fois qu'ils furent tous rassemblés, il expliqua pourquoi ils avaient dû rentrer rapidement.
« Des Aurors ? Là pour nous ? Pourquoi ? » demanda Harry.
« Apparemment, tu n'as pas vu l'édition de la Gazette d'aujourd'hui. Lucius et Molly ont offert à Skeeter une montagne d'informations qu'elle peut travailler, » répondit Severus en s'avançant vers la porte. « Vous deux restez là. Je vais aller prendre la température d'abord. Je vous suggère de trouver une copie du journal et de lire l'article. Vous n'aimeriez pas être surpris par certaines de leurs questions.
- Je savais que parler à cette sorcière nous attirerait des ennuis ! » siffla Harry quand la porte se referma derrière son oncle.
Neville s'éclaircit la gorge. « Est-ce que je peux être Évaporé jusqu'à mon dortoir ?
- Oh, bien sûr, » dit Brumek avec sarcasme, « parce que nous sommes votre service de transport personnel. C'est la raison de notre présence ici. De transporter des gamins comme vous partout…
- Je vais marcher. »
Drago s'approcha de Brumek sans se presser et jaugea le guerrier. « Déjà, descends d'un ton, » demanda-t-il. « Ensuite, amène Neville jusqu'à la tour de Griffondor. Et une fois que tu seras revenu, emmènes Ozemir quelque part et passez un moment de qualité ensembles, parce que j'ai l'impression que c'est ce qui te rend grognon. »
Brumek fit la tête quand Drago lui fit ses deux premières demandes, mais sa grimace disparut à la troisième, remplacée par un petit sourire moqueur. « Je vis pour vous servir. » Il attira Neville dans l'Ombre et disparut rapidement. Drago fit face à Ozemir et lui fit un sourire avant de renifler quand ce dernier rougissait furieusement, regardant le plafond. Ça ne prit que quelques secondes à Brumek pour revenir, prendre Ozemir contre son torse et disparaître encore une fois.
Falde avait l'air très mécontent quand il s'adressa à Drago. « Nous devons obéir à tes demandes, jeune elfe, mais ne soit pas imprudent. Vous avez besoin d'être protégés et tu ne peux pas nous renvoyer selon ton bon vouloir. Je ne peux pas vous protéger tous les deux et ta sœur en même temps quand vous êtes séparés.
- Je vais protéger Harry, » répondit Drago froidement. « Tu peux aller avec Hermione.
- Ça n'a pas de sens.
- Protéger mon compagnon n'a pas de sens ? » demanda Drago à voix basse en avançant vers le guerrier. « Est-ce que tu sous-entends que je suis incapable de protéger Harry ? »
Hermione se faufila derrière Harry et s'assit à sa gauche. « Qu'est-ce qui ne va pas avec Drago ? Je comprends qu'après ce qui est arrivé, il ressent le besoin d'être encore plus protecteur. Mais il semble hors de contrôle. »
Harry sourit, se pencha en arrière, et croisa les mains derrière sa tête. « Sais pas. Mais j'aime ça. J'étais pas sûr que ça me plaise mais pour le moment, ça me rend chaud et confus. C'est comme lorsque le lien s'est fait ressentir pour la première fois.
- Tu viens vraiment de dire chaud et confus ? »
Il renifla quand il vit le regard incrédule qu'elle lui lança. « C'est très réconfortant.
- Parfois, tu es plus une fille que je ne le suis, » chuchota-t-elle.
« Eh bien, il est vrai que j'aime bien la prendre dans les fesses… Aussi souvent que Drago le peut. » Il eut un sourire victorieux quand elle s'éloigna de lui avec un froncement de sourcil désapprobateur.
« Bien sûr que ce n'est pas ce que je sous-entends ! » dit Falde d'un ton cassant.
« Chacun à son rôle, Drago. Ce serait horriblement injuste de ta part de prendre celui de Falde. »
Drago ignora Falde et fit face à la Serdaigle. « Qu'est-ce que c'est selon toi, Loufoca ?
- Tu peux toujours protéger Harry, mais avoir un Garde est essentiel. Personne ne te demande de rester à l'écart mais nous devons faire attention. N'est-ce pas ? »
Drago se renfrogna mais ne la contredit pas. « J'ai juste pensé que Brumek et Ozemir avaient besoin de passer du temps ensembles. Après tout ce qu'ils ont traversé pour en arriver là…
- Encore une fois, il montre son vrai caractère, » rit tendrement Luna. « Tu es tellement un amour, Drago. Comment avons-nous pu manquer ça pendant tout ce temps ?
- Fermes. La. » Drago se retourna vers Falde. « Je suis désolé. Je ne vais pas vous envoyer les autres et toi ailleurs sans demander d'abord.
- C'est bien.
- Et pour résoudre ce petit problème, » intervint Harry. « Falde peut transporter Hermione dans l'Ombre quand nous aurons l'interrogatoire avec les Aurors. Ça ne devrait pas prendre trop longtemps.
- C'est aussi acceptable. »
… … …
Harry et Drago entrèrent dans la salle de classe vide derrière Severus, et s'installèrent immédiatement sur les sièges que Kingsley leur désigna. Falde et Hermione entrèrent à leur tour et restèrent contre le mur en restant silencieux, tous deux gardant leurs yeux rivés sur Dumbledore qui était lui aussi là.
Drago pressa l'épaule d'Harry. Essayes de ne rien laisser paraître.
Drago, ne m'insultes pas.
Je dis juste que… Parfois, ton visage laisse transparaître tous tes sentiments et tu ne le réalises même pas… Pendant qu'Harry s'asseyait, Drago se pencha et tira sur le col du brun, jetant un coup d'œil aux ailes qui cachées en dessous par un Glamour. Son soupir déçu fut couvert par le sifflement agacé d'Harry.
« Qu'est-ce que tu fais ? Tu as fait ça toute la journée. Arrêtes.
- Ce n'est rien. Ton étiquette ressort tout le temps, » grommela Drago en s'asseyant à son tour. Le regard en coin d'Harry lui indiqua qu'il ne le croyait pas.
Kingsley attendit qu'ils aient prit place et soient immobiles avant de s'installer en face d'eux. « Rogue. Tu peux t'en aller maintenant.
- Je ne préférerais pas, » répondit Severus avec un regard appuyé vers Dumbledore, qui se tenait assis dans un coin, les sourcils légèrement froncés. « S'ils sont interrogés, j'ai le droit, en tant que leur Gardien, d'être présent pendant celui-ci. »
Le froncement mécontent de Dumbledore s'effaça pour un sourire plus amiable. « Tu n'es pas le Gardien de monsieur Malefoy, Severus.
- Selon les faits, Dumbledore, si, je le suis. En l'absence de Lucius, je suis le gardien de Drago.
- Ça ne fait aucune différence,' dit Kingsley. « M. Malefoy et M. Potter ne sont plus mineurs. S'il me prenait l'envie de les interroger seul, je pourrais le faire. »
Le visage de Severus se crispa quand il s'aperçut de la véracité des propos tenus. « Dans ce cas… Toutefois, je me dois de demander pourquoi le Directeur est présent. Est-ce que ça le concerne ?
- Non. J'étais sur le point de lui demander de partir lui aussi. »
Dumbledore leva les yeux sous la surprise quelques secondes, avant de sourire gentiment à Kingsley. « Ça me concerne sûrement. J'ai passé de nombreuses, nombreuses années à essayer de débarrasser le monde de Voldemort... »
Severus se moqua de lui. « Je ne me rappelle pas avoir vu votre nom mentionné quelque part dans la Gazette de ce matin. Ça ne vous concerne pas. »
Harry glissa sa main dans celle de Drago et il rit mentalement. Oncle Sev ne garde pas son calme, mon amour.
Hmmm. « Est-ce qu'on peut commencer ? J'aimerais pouvoir profiter du reste de mon anniversaire en meilleure compagnie. »
Kingsley fit signe aux deux sorciers plus âgés de partir. « Je vais parler à Harry et Drago tout seul. »
Une fois que Severus et Dumbledore furent partis, et après que Kingsley fasse sortir les deux autres Aurors, il les fixa avec un froncement de sourcil. « Est-ce que vous avez quelque chose à dire avant que nous commencions ? »
Ce à quoi Drago répondit immédiatement. « Oui. Je ne suis pas du tout content d'avoir été entraîné ici pour être interrogé. Skeeter a rédigé l'article et nous savons tous qu'elle imprime rarement la vérité. Et elle dit qu'elle a reçu ses informations d'une source anonyme. Je peux vous assurer que nous ne sommes pas cette source.
- Ce n'est pas faux…
- Posez vos questions, » dit Harry. « Nous ne pouvons pas parler si nous ne connaissons pas les questions.
- Est-ce que la Gazette dit la vérité ? Avez-vous vaincu Voldemort ?
- Sans commentaire.
- Sans commentaire. »
Si cela agaça Kingsley, il ne le montra pas. Harry se dit que l'Auror devait s'attendre à une telle réponse. « Et les Londubas ? Est-ce qu'ils sont totalement guéris ? »
Le visage d'Harry resta de marbre. « Selon les rumeurs.
- Et qui les a soignés ? » demanda Kingsley comme si ce que disait Harry était vrai. « Ce n'étaient pas les guérisseurs de Sainte Mangouste. Je le sais. Et pourquoi le nom de Tom Jédusor apparaît partout dans le dossier des Londubas ? »
Un sourcil blond s'éleva. « Peut-être que c'est ce Tom Jédusor qui les a soignés. Peut-être que c'est Jédusor qui a vaincu le seigneur des ténèbres. Peut-être que c'est Tom Jédusor qui a réussi à garder les mangemorts sous contrôle et fait cesser les attaques sur les moldus. Peut-être.
- Vous espérez que je vais y croire ?
- Croyez ce que vous voulez, Kingsley. Les faits sont que Voldemort n'a pas été vu depuis des mois. Les mangemorts ont arrêté de tuer des moldus, les Londubas ont été ramené parmi nous… Avez-vous essayé de parler aux Londubas ? » demanda Drago.
« J'aimerais leur parler, mais on doit d'abord les trouver. Ils semblent avoir disparu de Ste Mangouste. »
Harry ricana. « Bonne chance, dans ce cas. »
Kingsley s'adossa à son siège et fit tomber son masque d'Auror sévère pour fixer Harry d'un sourire amusé. « Vous n'allez rien me dire de concret, tous les deux, hein ? Je ne pensais pas que vous le feriez de toute façon, » continua-t-il quand ils restèrent silencieux. « Mais on doit suivre cette histoire, vous comprenez. Vous réalisez que je ne veux que le meilleur pour le monde sorcier ? Je veux qu'il reste protégé. »
Harry sentit ses lèvres se retrousser et dévoiler ses dents. « C'est marrant. On croirait entendre Dumbledore.
- Mais je ne suis pas lui, et vous le savez.
- Est-ce que vous essayez une autre de vos tactiques d'auror ? » demanda Drago en laissant sa main s'attarder sur la nuque de son compagnon, voulant effacer la tension qui venait d'apparaître. « En essayant d'être amical avec nous ? Est-ce que vous pensez que vous obtiendrez plus de résultats de cette façon ? »
Kingsley prit son temps avant de répondre. Il détourna le regard des deux, pour regarder par la fenêtre. Quand il revint à eux, il avait l'air sincère. « Je devine que notre monde est en train de changer. Et je comprends que vous et les vôtres sont impliqués dans les changements qui ont eu lieu, même s'ils sont relativement invisibles… Mais je dois savoir, et je pense que vous le devez aux autres, si vous et Voldemort êtes un danger pour nous. »
Harry rit aussitôt. « Culotté, Kingsley.
- Oui, Harry. Je sais qu'être droit avec vous est la seule façon de faire.
- Vous aurez probablement de meilleurs résultats en vous penchant, » intervint Drago après avoir adressé un sourire moqueur à Harry, qui lui donna un coup de coude le faisant grogner.
« Sois sérieux ! » siffla le brun.
« J'aimerais vous demander quelque chose, Kingsley, » continua Drago, amusé. « Vu que nous sommes si aimables.
- Très bien. Je vous écoute ?
- Harry et moi allons nous marier le mois prochain. »
Kingsley observa Harry rayonner et un sourire naquit sur son visage. 'Oui, je suis au courant.
- Je me demandais si je pouvais faire appel aux aurors pour notre protection ?
- Bien sûr. »
Drago fronça les sourcils de surprise. « Quoi ? Juste comme ça ?
- Oui. Et je vais vous surprendre encore plus en acceptant de ne pas enquêter sur vos invités sauf si leur identité est évidente.
- Vous plaisantez !
- On ne vous en dira toujours pas plus, » dit Drago d'une voix traînante. « Si c'est une façon de…
- Oui. C'est un stratagème. Ce mariage à l'air très important pour vous deux, apparemment. Mais ne comprenez-vous donc pas ce que ça représente pour les sorciers d'Angleterre ? Le message que vous véhiculez. Il est dans l'intérêt de tous de voir se mariage se dérouler sans encombres. »
Le fait que Kingsley ait ses propres raisons apaisa Drago. Il n'aurait pas eu confiance en l'auror s'il avait dit qu'il le faisait pour leur faire une fleur. Donnons-lui quelque chose, pensa-t-il.
Donnes lui trop d'informations, et Tom va faire des bonds.
Tom n'est pas là, si? Et je veux lui en dire plus. Plus on en dit et plus vite les choses vont avancer.
Harry regarda le sol quelques secondes, mordillant sa lèvre inférieure. Finalement, il se décida et acquiesça. Que veux-tu lui dire ?
… … …
« Notre frère va vouloir vous tuer dès qu'il saura ce que vous avez dit à Kingsley ! » siffla Hermione dès qu'ils furent loin des oreilles et des yeux indiscrets, dans le bureau de Severus.
« Tout ce que nous avons dit était que Tu-Sais-Qui était mort.
- Mais il ne l'est pas ! » grinça-t-elle. « Il n'est pas mort ! Vous ne l'avez pas tué !
- Tom est né une nouvelle fois, » contra Harry. « C'est en quelque sorte un nouveau Tom qui est né cette nuit-là. Est-ce que ça ne veut pas dire qu'il est d'abord mort ? Et ce n'est pas comme si nous avions dit que le Seigneur des Ténèbres était mort. Nous avons juste dit Tu-Sais-Qui. Et Kingsley sait très bien que je ne l'ai jamais appelé de cette façon. Je n'ai jamais eu peur de l'appeler Voldemort. Il va comprendre qu'on ne lui a dit qu'une demi-vérité et il va probablement le deviner tout seul. »
Severus rigola. « Dans ce cas, pourquoi ne vas-tu pas voir Kingsley pour tout lui dire ? Tu ne gardes aucuns secrets ! »
Drago jeta un coup d'œil à son parrain. « Même si tout se savait, tu crois qu'on en aurait quelque chose à faire ? Ça ne va pas nous faire du mal. Ça va donner un coup à Dumbledore. Et c'est exactement ce que nous voulons. Le faire descendre de ses grands chevaux.
- Je crois quand même que vous êtes insouciants, » répondit Severus.
« Je suis d'accord, » Hermione hocha la tête.
« Que croyez-vous que Kingsley va faire de l'information ? » demanda Harry. « Il ne va pas la donner à quelqu'un parce qu'il n'est pas sûr que nous lui ayons dit la vérité. Malheureusement pour lui, nous n'avons rien fait de mal et il ne peut donc pas utiliser le Véritaserum contre nous.
- Tout l'interrogatoire a été une perte de temps, » gronda Drago. « Vraiment. Est-ce que le département des Aurors n'a pas de choses plus importantes à faire que de venir à Poudlard harceler des élèves innocents ?
- Tu n'as rien d'innocent, » répliqua son parrain en ricanant.
« Bien sûr, mais Kingsley ne le sait pas.
-Oh, Harry. Je suis certaine qu'il le sait, » rit Hermione en glissant sur les cuisses de Severus et en ignorant son regard noir. « Nous avons déjà déterminé qu'il n'était pas bête.
- Vous pouvez y aller, tous les deux, » ordonna Severus aux deux elfes mâles. « C'est bientôt l'heure du couvre-feu.
- Bien sûr. Le couvre-feu. » Drago secoua la tête en tirant Harry vers la porte. « Pourquoi est-ce qu'il ne dit pas la vérité ? Il veut se faire Hermione sur la table. »
Ils ne savaient pas qui l'avait lancé. Ça pouvait être Severus comme Hermione. Mais l'un d'entre eux lança un presse-papier dans leur direction et loupa de peu la tête de Drago.
… … …
Lundi commença comme d'habitude, avec les quatre jeunes elfes guidés vers la forêt avant que le soleil de ne lève pour leurs exercices matinaux. Ce matin, alors que l'exercice se déroulait, il devenait clair que Tom s'isolait des autres. Il ne parlait pas, sauf quand l'un des entraîneurs lui posait une question directe, il se tenait toujours un peu sur le côté, à l'écart des autres, et son visage restait de marbre en permanence. Hermione fut la première à se rendre compte de ce qu'il se passait et ordonna à ses frères de le laisser tranquille.
Il y avait autre chose aussi, et ce fut après l'entraînement qu'Harry se rendit compte qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas avec Ozemir et Brumek. L'érudit semblait à la fois triste et en colère, et il restait aussi loin de Brumek que possible. Quand il regardait son compagnon (pas si souvent), c'était toujours avec de la déception furieuse. C'était si peu le caractère de l'érudit que cela inquiéta Harry. Et Brumek… Il n'avait jamais eu l'air autant irrité. Harry n'arrivait pas à deviner ce qui avait pu se passer.
« Ozemir et Brumek ? » demanda-t-il à Drago quand le blond sortit enfin de la salle de bain.
« Oui. » Drago s'arrêta en face de son miroir, faisant courir ses doigts dans ses cheveux une dernière fois. « Quand je parlais de bon temps, je ne voulais pas parler de bagarre.
- As-tu vu les regards qu'Ozemir jetait à Brumek ? Il est clair que Brumek l'a blessé d'une façon ou d'une autre. »
Le regard acéré de Drago se focalisa sur le brun. « J'ai dû louper ces regards. »
Harry se mit devant le miroir pour pouvoir attacher sa cravate de griffondor. « Est-ce qu'on doit faire quelque chose ? »
Drago l'enveloppa dans ses bras par derrière. « Même si je disais non, tu irais fourrer ton nez dans cette affaire. »
Harry lança un regard de travers au reflet de son compagnon. « Je n'aime pas voir Ozemir dans cet état. Ce n'est pas normal et ça me tend. »
Soupirant, Drago laissa son menton tomber sur l'épaule de son amant. « Attends au moins une journée et de voir ce qu'il va se passer. Ils vont probablement régler leurs différends d'eux-mêmes.
-Ok. »
Drago resta silencieux jusqu'à ce que son amant finisse d'attacher sa cravate. « Harry.
- Hum ?
- Je ne veux pas te quitter. »
Harry se retourna dans l'étreinte et planta un léger baiser sur ses lèvres. « Moi non plus. Mais nous n'avons pas le choix. »
Drago commençait à en avoir ras le bol des règles de Poudlard qui le maintenaient à l'écart de son compagnon. Aucune des règles ne lui convenait. Si ce n'était pour Hermione et son besoin d'avoir un corps étudiant unifié, il aurait déjà quitté l'école. Ce n'était pas comme s'il prévoyait d'avoir un travail dans le monde sorcier dans un futur proche.
Arrêtes de penser à ça tout de suite. Si nous ne finissons pas l'école, Hermione nous tuerait. Harry rit doucement quand Drago fit la grimace, et l'embrassa une nouvelle fois. Cette fois-ci, il s'attarda et approfondit le baiser, faisant glisser sa langue paresseusement dans et autour de la bouche du blond, dansant avec celle du serpentard jusqu'à ce qu'il sente la faim grandir et se répandre dans son corps.
Avec regret, il s'écarta en riant quand il vit que Drago essayait de le suivre avec un grognement ennuyé.
« - Ne t'emballes pas, Drago. Nous avons classe.
- Dans ce cas, ne m'embrasses pas comme ça avant qu'on doive se rendre quelque part ! Franchement, Harry. Tu demandes des choses impossibles parfois. »
Ce ne fut pas une surprise totale quand ils quittèrent la chambre et virent Brumek avec Falde les attendant. C'était la confirmation qu'Ozemir ne voulait être nulle part à proximité de son compagnon, et ça resta comme ça toute la journée, et les jours suivants. Brumek et Ozemir n'avaient plus besoin d'être ensembles pendant les cours car l'Appel du Lien ne leur faisait plus effet.
Ce fut pendant sa dernière classe le lundi qu'Harry se rendit compte que Brumek était devenu beaucoup plus pâle que la normale et que ses yeux étaient tourmentés. Harry ne fut d'ailleurs pas le seul à le remarquer.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé, tu crois ? » chuchota Hermione une fois le cours terminé, tout en rangeant ses affaires dans son sac. « Je croyais qu'ils avaient résolus leurs problèmes.
- On dirait bien qu'ils en ont d'autres. Et un vilain cette fois.
- On devrait faire quelque chose. »
Harry secoua sa tête. « Drago dit que nous ne devrions pas nous mêler de ça pendant un certain temps. J'aurais plutôt tendance à être d'accord avec lui. Pour être honnête, je ne suis pas sûr de vouloir être impliqué dans cette histoire. »
… … …
C'était mercredi soir, il était presque l'heure de dîner, et la première fois que Tom faisait une apparition en dehors des cours et de l'entraînement depuis leur retour du manoir Malefoy. Il partait se retirer dans la Chambre à chaque fois qu'il n'avait pas cours ou d'entraînement, toujours énervé d'avoir changé d'avis sur son retour à Poudlard. Toujours en train de digérer ses… émotions. Tout était de la faute de Molly. L'appeler un lâche. Étonnant qu'elle soit encore en vie. Il se sentait mal d'ignorer ses frères et sa sœur, mais ils avaient l'air de comprendre, ou du moins Hermione, et le laissait tranquille la plupart du temps.
Tom n'avait aucune destination spécifique en tête en marchant, il ne faisait que roder. Marchant près des murs frais, promenant ses doigts contre la pierre du lieu qu'il avait toujours considéré comme sa maison. Il s'enfonça plus profondément dans l'école et se trouva finalement en territoire inconnu. Bizarre. Il avait toujours cru connaître chaque recoin de Poudlard il y a des années de ça, quand il était encore élève. Mais voici qu'il se trouvait là, se tenant dans un couloir faiblement éclairé qui avait l'air de n'avoir vu personne depuis des années.
Continuant sa progression, ses doigts effleurant toujours les murs, il tourna à l'angle et s'arrêta. Ce couloir était presque totalement noir, mais il y avait assez de lumière pour distinguer l'ombre de quelque chose se tenant à mi-chemin. Il dirigea sa baguette vers l'ombre, « Lumos. »
C'était une fille. Elle était de dos mais il était évident que c'était une fille. Quelque peu petite, avec de longs cheveux. Même de dos, elle avait de belles formes. Elle était accoudée au mur avec l'oreille pressée contre la pierre et acquiesçait comme si le château lui parlait. Tom s'éclaircit la gorge et la fille s'éloigna pour le regarder avec de grands yeux écarquillés.
« Luna. Pourquoi suis-je étonné ? »
Alors qu'il s'approchait d'elle, elle lui sourit. « Bonsoir, Tom. Je ne m'attendais pas à voir quelqu'un ici-bas.
- Qu'est-ce que tu faisais ? » lui demanda-t-il alors qu'elle venait se positionner à ses côtés, pressant ses doigts contre la partie du mur où elle avait posé son oreille plus tôt.
« Je parlais avec le château. Elle a tellement de chose à raconter. Personne ne lui prête plus aucune attention, de nos jours. » Luna se tourna et caressa amoureusement le mur. Tom ne savait s'il devait se moquer ou sourire avec indulgence. « Elle est heureuse que tu sois revenu avec un meilleur but. Je suis d'accord. » Elle regarda autour d'eux, comme pour s'assurer qu'ils étaient seuls. Ce qui était le cas. Il n'y avait même pas un portrait curieux dans les parages.
« Vraiment ? » Les yeux de Tom s'adoucirent d'amusement et il se pencha contre le mur avant de croiser les bras sur sa poitrine. Elle confirma d'un son de gorge. « Luna ? Est-ce que je peux te demander quelque chose ?
- Oui, s'il te plaît.
- Tu n'as jamais eu peur de moi. Pas même un peu. Pourquoi ? »
Luna rit et il se demanda pourquoi on aurait dit les tintements de douces cloches. « Pourquoi devrais-je avoir peur ? Tu n'es pas là pour me faire du mal. Tu n'es plus le même que quand tu étais Lord Voldemort. »
Tom se raidit instantanément. La douceur dans ses yeux disparut. « Mais je suis le même. Tu ne devrais pas l'oublier. » Sa voix était devenue froide mais ça n'empêcha pas Luna de rire encore. D'un mouvement surprenant, elle lui toucha la joue du bout des doigts.
« Tu attises certes toujours le respect, mais plus en infligeant la peur comme tu avais pu le faire par le passé. » Elle fit une pause et pencha la tête sur le côté comme si elle entendait quelque chose. « C'était très chouette de parler avec toi, mais je dois y aller. Le dîner ne va pas tarder et je veux trouver de la poudre de Démon Bulbeux avant que les couloirs ne se remplissent et qu'il attaque un autre élève. » Elle lui fit un signe de la main aérien et repartit dans les ombres. Tom regarda jusqu'à ce qu'il ne puisse plus la voir.
… … …
Sur son trajet pour arriver à la grande salle, Tom rencontra sa sœur. Il pouvait sentir à quel point elle était heureuse de le voir et il se sentit coupable d'être resté à l'écart d'elle. Elle était, après tout, la première qu'il avait laissé entrer dans son cœur une fois qu'il avait commencé à lui enseigner la magie noire. La façon dont ils en étaient arrivés à s'apprécier le surprendrait toujours. Son ouverture et sa franchise directe avant qu'il ne se transforme, son dévouement dans l'apprentissage de tout ce qu'il pouvait lui apprendre, et elle avait rapidement pu avoir avec lui des conversations autres que sur la Magie Noire.
Tom sentit du soulagement en la voyant, souriante et lui faisant des signes. Il s'approcha d'elle rapidement, et s'arrêta en voyant l'affection qu'elle ressentait pour lui briller dans ses yeux. Autant, il comprenait l'affection qu'il pouvait ressentir pour elle, mais il ne comprenait pas la sienne. Comment pouvait-elle lui pardonner si facilement ses pêchers passés ?
« Et ou sont nos frères ? » demanda-t-il avec aisance, comme si son esprit n'était pas saturé de pensées compliquées. Elle lui lança un regard, comme pour dire 'tu dois vraiment poser la question ?'.
« Drago veut un héritier, » dit-il à voix basse comme ils reprenaient leur progression.
« Ce n'est pas dans le but de continuer sa lignée. Bizarre, vu qu'on parle d'un Malefoy.
- Ses idéaux ont changé ces dernières années. Il veut profiter un maximum de ce qu'il a avec Harry. Il s'imagine qu'avoir un enfant approfondira le lien qu'ils partagent. » Une ombre de dégoût traversa son visage. « Beaucoup trop sentimental. »
Hermione soupira rêveusement. « Je sais que tu te fiches d'entendre ce genre de choses, mais Drago est si romantique. Qui aurait pu le croire ?
- Il est aussi très dominateur.
- Harry aime qu'on s'occupe de lui. Il le mérite. Et c'est la raison pour laquelle il a laissé Drago devenir fou contre Sirius l'autre jour. »
Ils arrivèrent aux portes de la grande salle et s'arrêtèrent devant. Tom sentait l'hésitation d'Hermione à entrer. « Je suis désolé d'avoir manqué ça, » dit-il en lui prenant le bras et en la guidant dans la pièce.
« Quel gentleman, Tom. On se demande pourquoi tu n'as toujours pas de copine. »
Tom renifla. « Ne sois pas ridicule. » Il scanna la salle en vue d'une certaine Serdaigle, mais elle n'était pas là. Était-ce du regret qu'il ressentait ?
Ignorant avec aisance les regards curieux tournés dans leur direction, Il laissa Hermione à la table des griffondors, ce qui lui valut un baiser sur la joue de sa part. Il siffla pour protester quand il sentit son visage se réchauffer. « Arrêtes.
- Mais pourquoi ? J'aime bien. Maintenant, vas manger. » Hermione s'assit sur le banc et fut immédiatement flanquée de Neville et Dean une fois que Tom leur lança un regard acéré. Weasley n'était pas très loin et lançait des regards perçants pleins de rancœur à son ancienne petite-amie. Une fois arrivé à sa table, Tom se rendit compte qu'il n'avait pas très faim et picora sa nourriture. Il supposa que ça devrait suffire, étant donné que l'entraînement d'après promettait d'être vigoureux. Entraînement au combat. Il commençait à détester ses protecteurs Ukataes. Surtout Ozemir. Il était le pire pendant les combats armés. En fait, il était le pire dans n'importe quel type d'entraînement, ces derniers temps. Il ne se transformait pas en Dagon, mais il n'en avait pas besoin.
Ozemir l'érudit en savait plus sur la maîtrise des armes que les guerriers. Et il était sans pitié quand il enseignait la bonne gestuelle et la bonne posture. Plus d'une fois, Tom avait aperçu la pitié dans les yeux des guerriers quand ils se tenaient à l'écart et observaient Ozemir les critiquer sur quelque chose. Il se demanda ce qui avait pu causer un changement aussi drastique avec l'elfe qui était auparavant si docile.
Ses frères n'arrivèrent pas avant la moitié du dîner et, comme à leur habitude, réussirent à faire vibrer la pièce de discussion avec leur simple présence. Ça n'aidait pas qu'à chaque fois, ils mettaient un point d'honneur à montrer leur union solide en s'embrassant avant de se quitter. Il était clair pour ceux qui les connaissaient que le couple avait du mal à se séparer. Mais il fallait bien s'y attendre après les récents événements.
Drago faisait la tête quand il prit place à côté de Tom. Après que son assiette soit remplie, il poignarda sa nourriture avec sa fourchette. « Suis étonné que tu sois là, » marmonna-t-il. « T'as décidé que nous étions suffisamment de bonne compagnie ? »
Tom ignora le comportement de son frère. Il savait très bien quelle bête le piquait. « Toujours aucun changement avec les marques ? » Drago se tourna lentement vers lui avec un regard étonné. « Ce n'est pas parce que j'ai arrêté de socialiser avec les gens que j'ai arrêté de m'intéresser à toi. Imbécile.
- Ouais, tu as raison. Désolé. Et non, aucun changement. Je ne comprends pas... » Il se rapprocha pour que Tom soit le seul à entendre. « Est-ce que tu crois qu'il y a quelque chose qui cloche avec moi ?
- Comment est-ce que je pourrais le savoir ? » Ça en disait beaucoup sur les changements opérés avec Drago si celui-ci pensait qu'il y avait un problème avec lui et non pas avec Harry. Le regard déçu du blond commençait à l'agacer. « Peut-être que ça prend du temps pour que les marques changent de couleur. C'est une information que je n'ai pas. Peut-être que tu devrais demander à Ozemir. Ça va sans doute prendre quelques jours avant que ça ne change.
- Je ne veux pas parler à ce sadique, » protesta Drago. Il se détourna pour regarder par-dessus son épaule en direction de l'érudit. Son regard noir s'atténua un peu quand il vit à quel point ce dernier était pâle, ainsi que la taille de ses cernes. Merde. Ils allaient probablement devoir intervenir. Ça avait suffisamment duré comme ça, selon lui.
Le dessert était presque terminé, de nombreux élèves avaient déjà quitté les lieux et Tom attendait encore que Luna pointe le bout de son nez. « Je suis tombé sur Luna il y a un moment déjà. Elle prétend qu'elle était en train de parler au château. »
Drago renifla. « Loufoca. » Mais contrairement aux autres fois, il disait ça comme un terme affectif.
« Pourquoi est-ce que tu l'appelles comme ça ?
- On en a déjà parlé. C'est parce qu'elle l'est. Elle part à l'aventure chercher des créatures imaginaires, est souvent égarée dans son petit monde intérieur. Elle fait des choses que personne ne peut réaliser. Et sait des choses qu'elle ne devrait pas savoir…
- Certaines personnes disent que nous, les Ukataes, sommes des créatures imaginaires... » Tom perdit le fil de ce qu'il disait quand il vit Finnegan traverser la grande salle à toute vitesse pour s'arrêter au niveau de Weasley. Le garçon chuchota quelque chose à l'oreille du roux, et Weasley avait l'air clairement ravi de ce qu'on venait de lui rapporter car il ignora le reste de son repas et suivit le sorcier irlandais hors de la pièce.
« As-tu réussi à avoir des informations de sa part cette fois ? » demanda Drago.
« Non. » Il surprit Drago et se surprit aussi en souriant. « J'ai arrêté d'essayer de la comprendre, je crois. Peut-être que ça ne m'intéresse plus.
- Mais tu as fait d'elle l'un de tes préférés. Tu n'aimes pas ne rien savoir sur tes proches. »
Tom siffla un avertissement. « Prends garde à moduler le niveau de tes propos, Drago. Surtout sur ce sujet. Et je ne le disais pas de cette façon… Il vaut peut-être mieux qu'elle ne soit pas comprise. Peut-être que j'apprécie de ne pas être capable de comprendre ce qui se passe dans sa tête.
- Comme ? » Les yeux de Drago s'étaient écarquillés. Est-ce que Tom était en train d'avouer… « Par ce que tu la veux ? »
Les yeux de Tom s'agrandirent de façon théâtrale. « Je n'ai rien dit de la sorte.
- Si, c'est vrai.
- Non. C'est faux.
- Tu l'as avoué, Luther. A l'instant. »
Tom grogna. « Non, Drago. Arrêtes de me faire dire ce que je n'ai pas dit. Je vais être obligé de... »
Les portes de la grande salle claquèrent soudainement en s'ouvrant en grand, et un groupe de première année entrèrent en courant directement à la table des griffondors de la même façon que Finnegan, s'arrêtant au niveau d'Harry. Drago et Tom s'inquiétèrent quand ils virent qu'avec les têtes qu'ils faisaient, il se passait quelque chose qui les troublait.
Harry, Hermione, Dean et Neville sautèrent du banc et suivirent les premières années. En passant, Harry jeta un regard à Drago. Problèmes.
« Allons-y, » dit le blond à Tom, et ils rattrapèrent rapidement les griffondors qui se précipitaient derrière le groupe de jeunes.
Ils furent entraînés vers le Lac. Une première année pointait du doigt un petit groupe d'étudiants rassemblés près de l'arbre où les Ukataes prenaient souvent leur repas. Ils criaient après quelqu'un qu'ils ne pouvaient pas voir.
« Merci de me l'avoir dit, » s'exclama Harry aux première année. Il avait l'air calme, mais ceux qui le connaissaient pouvaient sentir et reconnaître la différence de sa magie qui résonnait furieusement. « Rentrez maintenant. » Les premières années hochèrent la tête et obéirent.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Neville.
« Luna. »
Ron Weasley était au premier rang, agrippant un carnet de dessins en lambeaux, arrachant des pages et laissant le vent les emporter. Tom s'accroupit pour récupérer un des morceaux sur lequel il avait marché par accident. Il prit le temps de faire ça pour garder le contrôle de lui-même. Quelque chose en lui était en train de beugler de rage, essayant d'anéantir les murs de son contrôle. C'était nouveau, ça l'inquiétait, et il savait que s'il laissait tomber les murs, ce serait un désastre. Alors il étudia l'image dans ses mains intentionnellement et avec surprise. C'était un croquis de lui. Son visage juvénile précisément détaillé, même si l'expression qu'il arborait ne lui ressemblait pas. Il tint fermement le dessin tout en s'avançant plus près du brouhaha.
Luna regardait avec désinvolture Weasley continuer à déchirer ses dessins.
« J'arrêterais, tu sais, si tu nous dis ce que prévois de faire Harry, » put-on entendre Weasley dire.
« Ronald, » répondit-elle calmement, « qu'est-ce qui te fait croire que je vais te le dire ? Tu n'es plus son ami. Ce ne sont plus tes affaires.
- Je parie que Loufoca ne le sait même pas, » se moqua Finnegan en la regardant de haut. « Pourquoi est-ce que quelqu'un voudrait lui confier des choses ? »
Drago fut le premier à atteindre Weasley et il le poussa loin de la Serdaigle. « J'aurais dû savoir que tu étais derrière tout ça, Weaslaid. »
Neville et Dean se précipitèrent pour aider à redresser Luna, qui se tenait assise, ses genoux écorchés contre sa poitrine.
« Qu'est-ce que tu lui as fait ? » hurla Hermione en voyant que le nez de la blonde saignait et qu'elle avait une bosse au front.
Ron ricana. « Nous n'avons rien fait. Elle est rentrée dans l'arbre. N'est-ce pas, Loufoca ? » le petit rassemblement d'élève commença à rigoler, mais ils s'arrêtèrent bien vite quand Tom s'avança et rentra dans Ron.
Les murs avaient cédé et il était assoiffé de sang. Ceux autour se figèrent sous le choc en le regardant taillader le devant de Weasley avec ses griffes pour lui arracher les tripes. Quand Ron tomba sur le dos, Tom se pencha de façon à ce que son nez le touche celui du roux, ignorant les cris étranglés de douleur du griffondor, et siffla. « Si ce n'était pour ta mère, je t'arracherais la tête. »
Il s'empara du carnet de croquis qui était tombé et le rendit à sa propriétaire. Luna lui fit un sourire humide quand il prit un mouchoir dans sa poche et essuya le sang de son nez. Après quelques secondes de ce traitement sans y penser, Tom se figea soudain quand il sentit quelque chose d'incroyablement agréable. Ses yeux s'agrandirent en comprenant que c'était le sang de Luna.
« Est-ce que vous allez tous rester ici sans rien faire ? » demanda Drago aux imbéciles d'élèves qui se tenaient figés sous la vision d'horreur. « Je vous suggère de l'emmener à l'infirmerie avant qu'il meure. »
Quelqu'un eut la présence d'esprit de faire léviter le Weasley inconscient sur un brancard invoqué, et de se précipiter dans le château. Mais pas avant que Drago n'ait pu envoyer à tous un puissant Oubliettes. Ils ne seraient pas capables de dire qui avait blessé le rouquin.
Harry en profita pour lever une main et tordre son poignet. Le vent se leva autour d'eux, tournoyant comme une mini-tornade et attrapant chaque feuille de dessin éparpillée sur le sol. Une fois que chaque morceau fut récupéré, Harry redirigea le vent vers les pieds de Luna.
« Je suis désolé que tu aies été blessé par ma faute, Luna.
- Ce n'était pas de ta faute.
- Allons à l'infirmerie, » suggéra Hermione. « C'est une sacrée bosse.
- Non, je vais bien. » Luna sourit et cala son carnet de dessin sous le bras. « Merci de m'avoir aidé. »
Elle s'en alla, laissant les autres la regarder avec confusion, et Tom resta figé, fixant son mouchoir ensanglanté. L'odeur était intoxicante et pourtant, ça ne venait que de son nez ! Il devrait être dégoûté, non ? Outré au-delà de toute mesure. Sauf que ce n'était pas le cas.
« Pourquoi est-ce qu'elle vient de partir ? » se demanda Harry.
« Peut-être qu'elle avait besoin d'être seule.
- On doit s'occuper de Weasley, » annonça Tom.
Hermione le regarda droit dans les yeux. « Est-ce que tu es intéressé par Luna ?
- Qu'est-ce qu'il vous arrive, tous ? Bien sûr que non ! Je suis trois fois plus vieux qu'elle !
- Cette excuse ne fonctionne pas. Tu as 18 ans, alors il n'y a que deux ans d'écart maintenant. Ta réaction face à son état était phénoménale. Tu as étripé Ron, mon frère. Ouvert son ventre en deux... »
Tom se renfrogna. Il savait qu'elle avait raison. Mais il ne savait pas comment lui répondre. Il n'était même pas certain de vouloir lui répondre. Et toute cette histoire de sang le rendait confus.
« Je vais à la bibliothèque. » Il tourna les talons et se dirigea vers le château, croisant Severus en chemin.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? » demanda Severus en arrivant. Harry ouvrit la bouche pour tout cracher, mais Drago le coupa.
« Rien. »
Severus ricana son incrédulité et se tourna vers Harry. Le griffondor sourit innocemment et le pouvoir de l'Ukatae fit se noyer tout le monde dans celui-ci. Pendant quelques secondes, ils en oublièrent même ce qu'il s'était passé, ce qui était l'objectif d'Harry. Personne ne pouvait résister au 'sourire'.
« Tu peux y aller maintenant, oncle Sev. »
Severus cligna plusieurs fois des yeux avant de repartir vers le château.
Drago attrapa Harry par les cheveux et colla sa bouche à la sienne. « Tu es tellement beau, » murmura-t-il contre la courbe de ses lèvres. Harry était très réceptif aux mots doux de son cher et tendre, ainsi qu'à ses caresses, et laissa son compagnon l'entraîner sur l'herbe humide.
« Au nom d'Hirsha, qu'est-ce que vous croyez faire ? » gronda Brumek aux amoureux. « Entraînement, tout de suite ! »
Drago grommela contra la gorge chaude et appétissante d'Harry. « Je les déteste ! »
… … …
Tom retourna à son dortoir cette nuit, fatigué et épuisé de l'exercice, et toujours furieux de ce qu'il s'était passé après le dîner avec Luna et Weasley. Quand il entra dans le dortoir, il ordonna à tout le monde de partir avant de verrouiller la porte. Crabbe, Goyle et Nott étaient les seuls présents, ils ne protestèrent donc pas quand en se faisant virer. Zabini était sans doute dehors avec Ginny.
Il s'assit sur son lit et sortit un bout de papier, le dépliant avec précaution.
C'était le dessin de Luna. Les détails avec lesquels elle l'avait dessiné le surprenait. Son visage n'avait pas sa froideur habituelle et elle avait réussi à capturer… Il semblait en paix. Quelque chose qu'il n'avait jamais ressenti, une émotion qu'il aurait aimé voir sur lui, réalisa-t-il. Jamais il n'avait ressenti une paix comme elle l'avait dessiné.
« Au nom de Salazar, comment a-t-elle pu me voir comme ça ? »
Il y avait tellement de détails important capturés sur ce dessin. Il avait l'impression qu'il avait été réalisé avec affection. Pas pour la première fois, Tom ne sut quoi faire ou penser. Tout ce qui lui était arrivé ces derniers mois était complètement nouveau pour lui. Autant qu'il écoute les conseils de Mme Weasley et aille parler à quelqu'un. Il avait passé trop de temps éloigné de tous pour y penser et maintenant était le bon moment. Autrement, il n'aurait plus une minute pour dormir et cette étrangeté avec Luna le rendrait fou.
Tom partit de la salle commune vers le bureau de Severus, où il savait trouver le maître des potions toujours éveillé et notant des parchemins.
« Comment puis-je vous aider, M. Bailey ? » siffla d'ennui Severus après avoir ouvert la porte.
« Vous pouvez vous écarter pour me laisser entrer, je ne prendrais que quelques secondes de votre temps. »
Severus le laissa passer et retourna à son bureau. « Qu'est-ce qu'il y a ? »
Tom se dirigea jusqu'à la cheminée. « J'ai besoin d'utiliser la cheminette. Est-elle connectée au Terrier ?
- Tu ne peux qu'appeler. Pas voyager.
- Ça me va. Je peux voyager par Ombre au besoin. Je suppose que l'appel ne va pas être enregistré, » dit Tom. Severus lui répondit qu'elle n'était pas tracée. Il attrapa une poignée de poudre, la lança dans l'âtre et regarda les flammes faire éruption et devenir vertes.
De l'autre côté de l'appel par cheminette, Molly pivota en entendant son nom être annoncé depuis le salon. Elle n'attendait aucun appel aussi tardivement dans la soirée. « Mon dieu, Tom ! Tu m'as fait une frayeur.
- Je m'excuse, Mme Weasley. Il y a quelque chose dont j'aimerais parler avec vous. Puis-je vous rendre visite pendant un court instant ?
- Bien sûr ! »
Tom sortit de l'âtre et se tourna vers un Severus qui l'étudiait. « Quoi ?
- Rien du tout. Mais essayes de ne pas y rester toute la nuit. » Severus eut un sourire moqueur quand Tom grogna sourdement.
Quand il arriva par l'Ombre, Molly avait déjà préparé un assortiment de sandwichs et de pain à la viande sur la table, ainsi qu'un pichet de jus de citrouille. Elle lui dit de s'asseoir et de se servir.
« J'ai déjà mangé, » lui dit-il après l'avoir embrassé sur la joue.
« N'importe quoi. Tu es un garçon en pleine croissance. Assieds-toi, manges, et dis-moi ce qui est si important pour que tu brises les règles de l'école. Encore. »
Tom décida de rester debout jusqu'à ce qu'elle ait entendu la raison de sa présence. « Votre plus jeune fils a été impliqué dans un accident, aujourd'hui. Je ne sais pas si on vous en a tenu informé. »
Molly se renfrogna. « Oui. Je suis au courant. Ron guérit à Ste Mangouste. Peux-tu me dire ce qu'il a fait ?
- Il a attaqué Luna. Je suis désolé, Mme Weasley. J'ai perdu le contrôle… Il l'a fait saigner ! Je suis celui qui l'a blessé. J4ai tenté de me contrôler, je vous le promets. »
Le visage de Molly perdit de sa sévérité et elle agita une main pour balayer ce qu'il allait dire ensuite. « Ça me suffit que tu sois venu pour m'en parler et t'excuser. Il n'y a rien d'autre que je puisse faire pour Ronald. Il a été prévenu de ne pas vous embêter... » Molly fit un geste d'exaspération. « Peut-être que ça lui aura appris une dernière leçon. Je ne peux qu'espérer… C'est donc la seule raison de ta présence ici ? » Tom secoua la tête. « Dans ce cas, assieds-toi. Je ne vais pas te virer de chez moi. »
Tom s'assit et soupira, résolu, quand Molly poussa l'assiette sous son nez. « Vous avez raison. Je devrais parler à quelqu'un de ce qu'il se passe. Je ne sais pas vraiment comment gérer les choses. Il se peut que je devienne fou encore une fois… »
Les yeux de Molly s'agrandirent en entendant ça et elle posa une main contre sa poitrine. « Oh ! Et tu es venu à moi ? » sa voix tremblait. Tom, avec son insécurité naissante, lut mal ses émotions.
« Je suis désolé. Il est vraiment tard. Je n'aurais pas dû venir... » Il commença à se redresser, se flagellant d'avoir été aussi bête.
« Assis. Tout de suite ! » Tom obéit immédiatement en faisant la tête.
Comprenant ce qui inquiétait Tom, Molly lui offrit un sourire rassurant. « Je ne renverrais jamais un enfant qui a besoin d'aide et de réconfort. Ma porte t'est ouverte tout le temps.
- Je ne suis pas un enfant. »
La réponse de Tom la fit sourire « Si tu en es un. Tu n'as jamais bénéficié de conseils d'un parent aimant. Même si je pense que tu l'as désormais. Alors parle. »
Tom hocha la tête après un moment et prit une grande inspiration. Elle venait juste de répondre à une partie de ses questions sur les raisons de son pardon, il ferait donc mieux de lui dire ce qui le préoccupait le plus ces derniers temps. « D'abord… Hum… Je- euh... » Il fit courir une main dans ses cheveux et détourna le regard, embarrassé.
« Une fille ! C'est à propos d'une fille !
- Comment avez-vous pu le deviner ? C'aurait pu être n'importe quoi !
- J'ai élevé six garçons, sept, si je compte Harry. Je sais quand un garçon à un coup de cœur. »
Les yeux de Tom s'étrécirent. « Je n'ai pas un coup de cœur. C'est ridicule. Je suis le seigneur des Ténèbres, par Merlin.
- Qui est-ce ? »
Il soupira. C'était la raison pour laquelle il était venu, après tout. « Luna. Personne n'a réussi à attirer mon attention comme elle a su le faire, et en si peu de temps. »
Molly sourit avec suffisance. « Je le savais ! Pas étonnant que tu aies attaqué Ronald. Et Luna est une fille adorable, quoi qu'un peu étrange. Est-ce qu'elle t'apprécie ?
- Elle sait qui je suis vraiment et ça ne l'ennuie pas d'être en ma compagnie. J'ai l'impression qu'elle me considère comme un ami.
- Et toi ?
- Oui. J'aimerais continuer à m'associer avec elle. » Sa réponse rapide et aisée surprit Molly mais il ne sembla pas le remarquer. « J'aime qu'elle soit étrange. Et malgré ce que tout le monde pense, elle est intelligente et peut être très puissante.
- Ah, oui. Peu importe ce qu'il peut se passer, tu seras toujours attiré par le pouvoir. Tu en auras besoin. »
Tom acquiesça, heureux qu'elle le comprenne. « Et puis, ça... » Il lui tendit le dessin de Luna.
Molly le prit et le déplia avec douceur. Elle l'étudia un instant et ses sourcils se haussèrent vers le ciel. « Oui, elle t'aime beaucoup.
- Comment le savez-vous ?
- C'est la façon dont elle te dessine. Avec ses sentiments. Elle m'a donné nombreux de ses dessins de ma famille ses deux dernières années. Tous merveilleux. Consciemment ou inconsciemment, sa magie imprègne ce qu'elle dessine. Même si ses images ne bougent pas magiquement, ils chamboulent les cœurs, n'est-ce pas ?
- Oui, » répondit Tom doucement quand elle lui rendit l'image.
« Tom, si jamais tu te retrouves encore confronté à ce genre de chose et que tu te trouves face à une situation à laquelle tu n'as jamais fait face, je te suggère de te laisser aller, comme disent les jeunes de nos jours. » Tom se rassit et fixa la table fissurée. « Est-ce que je peux te faire une autre suggestion ? » demanda-t-elle avec précaution.
« C'est ce pour quoi je suis là.
- Avec qui tu étais il y a quelques mois et qui tu es maintenant, je te suggère aussi de prendre un bon moment pour chercher cette âme et cette conscience que tu as retrouvées.
- Pour quelle raison ?
- Tu risques de ne pas être prêt pour le genre de sentiments et de socialisation qui vont avec courtiser un amour. »
Les yeux de Tom se plissèrent. « Je n'ai jamais dit que je souhaitais la courtiser. »
Molly haussa un sourcil et lui sourit d'un air entendu. « La Mère de sept, tu te rappelles ? »
Tom secoua la tête et se leva. « Merci pour votre temps mais je crois que c'est tout ce que je peux supporter pour le moment. Je devrais y aller. »
Il faillit rentrer dans Talyn qui s'était mise à l'écart pour leur laisser un peu d'intimité. Dès que Tom s'évapora, Molly pouffa de rire.
« C'était bizarre, » dit Arthur en sortant de l'endroit où il écoutait la conversation.
« Oui, mon chéri. Mais bizarre d'une bonne façon. Et le fait qu'il soit venu s'excuser pour avoir blessé notre fils…
- Hummm. On peut dire ça. S'il est en train de ressentir le genre de sentiments que ressent un adolescent, je suppose qu'il a vraiment changé en bien. J'avais entendu que Tom Jédusor ne sociabilisait avec personne à l'école. Il n'avait aucun ami, aucune petite-amie… Il n'en voulait pas… Luna Lovegood parmi tout le monde ! Incroyable ! »
… … …
Il était bientôt l'heure du coucher de soleil, deux jours plus tard, quand les choses excitantes dont Luna avait parlé arrivèrent. Les jeunes Ukataes et leurs gardes étaient dans la Chambre des Secrets, où ils avaient leur entraînement avec les armes, et cette fois-ci, Luna avait réussi à les accompagner. Elle était la bienvenue pour rester, et elle resta silencieusement assise avec son carnet à dessins et un crayon, regardant avec un sourire joyeux Drago et Brumek se chamailler à propos d'une chose insignifiante. Du moins, c'était ce qu'Harry et Hermione pensaient en levant les yeux au ciel quand un autre argument commença. Mais Tom savait que l'humeur massacrante de Drago avait à voir avec les marques des ailes d'Harry et le tempérament de Brumek venait des problèmes que son compagnon et lui avaient.
« Silence ! »
Tout le monde tourna des yeux surpris vers Ozemir. Il se tenait près de l'entrée de la grande caverne. Son menton était collé à sa poitrine et ses yeux fermés.
« Ozemir ? » son compagnon se déplaça jusqu'à lui.
« Des Ukatae arrivent, » répondit-il d'une voix plate, en secouant une épaule pour se débarrasser de la main que Brumek avait posé sur son épaule. « Ils sont près des frontières de l'école.
- Sont-ils dangereux ? » demanda Hermione.
« Ça n'est pas important. Aucun Ukatae n'est autorisé à être près d'ici, » répondit Falde.
« Laisse-les venir, » dit Luna sans lever les yeux de son carnet. « Ils ne feront pas de mal aux autres élèves. Ce n'est pas la raison pour laquelle ils sont venus. Et s'ils voulaient blesser l'un d'entre nous, vous pourriez les tuer facilement. »
Tom s'avança jusqu'à la Serdaigle et s'accroupit. Il posa un doigt sur la marque des ténèbres couverte par sa manche. « Après ça, toi et moi allons avoir une conversation, Luna. Tu as compris ?
- Bien sûr, bêta. Je suppose qu'il est temps… Même si je ne peux pas te promettre que tu comprennes tout. Moi-même j'ai du mal à tout comprendre.
- Dois-tu m'appeler bêta à chaque fois ? » grommela-t-il. « Ce n'est pas très digne.
- Mais tu es sot, parfois. »
Tom soupira et se leva. « J'abandonne. »
Luna gloussa quand il repartit vers ses frères. « Quel bêta…
- On ne peut pas croire ce qu'elle dit, » dit Brumek à Falde. « Ce n'est qu'une fille. Je me fiche des autres prédictions qu'elle a faites.
- Brumek…
- Ozemir, il a raison. On ne peut pas prendre de risque.
- Vous êtes tous des idiots ! » cria Ozemir. « N'avez-vous pas compris qui elle est ? » Il pointait la Serdaigle d'un doigt tremblant. Un peu plus tard, sa main tomba et il murmura, « peu importe. Je m'en fiche.
- Si Luna dit de les laisser entrer, alors vous aller les laisser entrer, » ordonna Drago hautainement. « Je lui fais confiance. »
En entendant ça, Luna lui offrit un sourire chaleureux. « Drago, tu es un Serpentard si gentil.
- Chut. Ne le dit pas à tout le monde... » répondit Drago. Harry rit en voyant ses joues se colorer. C'était tellement rare de voir celui-ci comme ça. Être pudique n'était pas dans les habitudes de Drago.
« Tu mérites une récompense pour avoir été si gentil, » continua Luna, les yeux brillants.
« Eh bien, oui... » Drago fit face à Harry. « La seule chose que je veux, c'est... »
Tom regarda son frère rendu silencieux et figé, fixant les ailes d'Harry. Les marques, qui avaient ordinairement une couleur vert foncé, étaient d'un vert pâle.
« Un grand merci aux Royaumes Élevés, » soupira Tom. « Plus de bouderies de la part de Drago. »
De son côté, Harry n'était pas sûr de ce qu'il se passait. Il était particulièrement confus de voir le visage de son compagnon s'éclaircir d'une joie pure. Drago semblait sur le point de sauter partout comme un gosse, mais ses pieds étaient encore fixés au sol.
Hermione se précipita et serra son frère dans une étreinte. « Je n'arrive pas à y croire ! Je vais être tata ! JE suis si heureuse ! Tom ! On va avoir un neveu ou une nièce !
- Hein ? » Harry s'éloigna d'elle un peu, clignant des yeux, perdu.
Drago secouait sa tête. « Hermione, je ne lui ai pas encore expliqué… Il n'a aucune idée…
- Mais de quoi est-ce que vous êtes en train de parler ? »
Pendant qu'ils étaient préoccupés avec ça, Falde fit signe aux autres gardes. Talyn, Ozemir et Brumek se tinrent devant lui. « Ozemir. Ériges un bouclier autour de la chambre. Ne laissons pas entrer nos visiteurs tant que nous ne sommes pas prêts à nous occuper d'eux. »
L'érudit acquiesça et se positionna au milieu de la pièce avant de construire un bouclier. Il appela Tom pour avoir un coup de main.
« C'est une mauvaise idée, » dit Brumek.
« Au moins, nous sommes préparés, » raisonna Talyn. « Et nous pouvons toujours demander à Ozemir de se faufiler dehors pour savoir combien ils seront à nous tomber dessus. »
Falde, hocha la tête, « c'est vrai. »
Les yeux de Brumek se plissèrent. « On ne va pas lui mettre ça sur le dos !
- Ozemir a été un assassin beaucoup plus longtemps qu'il n'a été ton compagnon. Il a été entraîné pour des situations comme celle-ci. »
Pendant que leurs gardes parlaient de leurs visiteurs en approche, Drago s'éclaircit la gorge, « Harry, viens ici. » Quand le griffondor fut à ses côtés, il mit un bras autour de ses épaules et l'entraîna dans un coin éloigné pour qu'ils puissent avoir une conversation relativement privée.
« C'est le moment où Drago va recevoir sa raclée, » dit Hermione en s'asseyant à côté de Luna. La Serdaigle avait commencé à dessiner Harry et Drago là où ils se tenaient actuellement, avec l'exact air qu'ils avaient sur leur visage. Drago avait l'air fier tandis qu'Harry avait l'air impatient.
Harry l'était, et commençait à vraiment être agacé. Drago lui souriait comme un imbécile et ses yeux étaient étrangement brillants. Toute la semaine, il était conscient des changements d'humeur de Drago, et se demandait la raison de ceux-ci. Drago avait insisté qu'il allait bien et ne donnait aucune raison valable de son caractère de cochon. Et il avait souvent utilisé 'le sourire' sur Harry pour le faire changer de sujet. Et maintenant, tout le monde disait n'importe quoi et il en avait ras le bol.
« Merde à la fin, qu'est-ce qu'il se passe Drago ? Tu me caches quelque chose. » Harry avait l'air blessé que son compagnon ait des secrets. « C'est depuis ton anniversaire… Je veux savoir ce qu'il se passe ! »
Drago hésita à parler en prenant conscience qu'il avait été égoïste de garder ses espoirs pour lui. « Talyn te l'as expliqué pendant la leçon de vol, mon amour. Tu comprends ce que ça veut dire, quand les marques changent de couleur, hein ?
- Quel est le rapport avec le reste ? » voulut savoir Harry.
« Tes marques ont changé de couleur. »
Ça prit un moment. Harry absorba les mots et rit à Drago comme s'il appréciait la blague. Mais il vit que tout le monde le regardait, avec un visage sérieux, et inspira brusquement en agitant sa tête de gauche à droite, essayant de regarder ses ailes par-dessus ses épaules. Il ne pouvait rien voir et commença donc à tourner en rond, paniqué.
« Harry, stop ! » Drago l'attrapa par les épaules pour le maintenir. « Arrêtes, et déploies tes ailes. »
Harry s'apaisa un peu et fit ce qui lui dit son compagnon. Ses ailes se déployèrent sur les côtés et le regard de Drago devint satisfait en voyant les marques claires. Harry lui, n'avait pas l'air content. C'était même plutôt l'inverse. Surtout en voyant le regard satisfait de Drago.
« Tu savais que ça allait arriver, » dit-il doucement, comprenant que c'était la vérité. Il relâcha le contrôle de ses ailes qui commencèrent à s'agiter dans son dos. Ses mains se mirent à trembler. « Tu t'y attendais. »
Une fois que Tom eut fini d'aider Ozemir à dresser le bouclier, il rejoignit Hermione et Luna. Il n'avait nullement l'intention de faire comprendre à Harry qu'ils savaient tous qu'il pouvait se faire féconder. Si Drago savait ce qui était bon pour lui, il ne révélerait pas cette information non plus.
« Ce n'est pas de ma faute si tu ne prêtes pas attention aux cours, » murmura Drago sans y penser, avant de déglutir devant le regard noir apparaissant sur les traits de son compagnon. Les griffes tremblantes d'Harry apparurent entre eux et se fermèrent comme s'il souhaitait l'étrangler.
Tom secoua la tête en s'adossant au mur près de Luna. « Ce n'était pas la bonne chose à dire. »
Le poing d'Harry devint flou et Drago fut envoyé dans les airs. Avant qu'il ne touche le sol, Harry était sur lui et lui colla une raclée. « … gardé ça secret… foutu enfoiré… Branleur !
- Peut-être que nous devrions intervenir... » Pensa Falde à voix haute en se concentrant sur les deux jeunes roulant au sol, avec les grondements vicieux remplissant la caverne. Ses lèvres remontèrent un en demi-sourire. « Vu que maintenant, il y a un héritier en plus à protéger.
- Drago va faire attention à ne pas blesser Harry. » Ozemir sautillait sur ses pieds pour la première fois depuis longtemps, un sourire aveuglant sur le visage. « Et un nouveau bébé ! Un bébé ! » roucoula-t-il.
« Calmes-toi, » grogna Brumek.
Le sourire disparut et il se tourna vers son compagnon avec un grondement. « Toi, sois un peu plus excité ! Un héritier, Brumek… Dans le temps, c'était cause de festivités dans le royaume pouvant durer des mois ! » Ses yeux s'étrécirent en deux fentes. « Et ne m'adresse pas la parole, espèce de traître d'enfoiré !
- Ce n'est pas l'heure d'avoir des disputes internes, » aboya Falde, impatient. « Concentrons-nous sur le problème actuel. Ozemir, Va voir combien ils sont. » Ozemir hocha la tête et partit en un instant.
Pendant ce temps, Harry avait cloué Drago sous lui. Son genou était pressé avec force contre l'entrejambe du blond pour lui faire du mal. Et ce dernier savait que s'il bougeait, ce genou lui retirerait la possibilité d'avoir d'autres enfants.
Harry respirait profondément, regardant de haut le Serpentard avec la bouche retroussée sur ses crocs, et un grognement sortant de sa gorge, et un regard de feu. Mais le feu trembla et mourut, et il hoqueta. « Je… J'attends un enfant ? » Drago acquiesça. « On va avoir un bébé ? »
Drago hocha encore la tête et lutta désespérément contre le sourire qu'il sentait arriver. Essentiellement pour empêcher ses lèvres de se fendre encore plus et pour garder la colère d'Harry à l'écart. Il pensa qu'Harry commençait à se calmer et il ne voulait surtout pas le rendre furieux encore une fois.
Et… Et tu en es content ? Tu- tu veux un bébé avec moi ?
Drago libéra ses poignets de la prise de son compagnon et enroula ses bras fermement autour du dos tendu de son amant. Stupide Griffondor incertain. J'ai- Je l'ai attendu avec impatience en fait. S'il te plaît, ne t'énerves pas !
Est-ce que c'est ce qui a provoqué cette discussion sur ton désir de protection ?
Non. Pas vraiment. Tu es à moi et j'ai le droit de te protéger. J'ai le besoin de te protéger par-dessus tout. Drago lâcha un souffle soulagé quand Harry éloigna son genou de son service trois pièces.
« Je n'arrive pas à croire que tu aies gardé ça secret ! » siffla-t-il. Drago se prépara à répondre, mais garda la bouche fermée face à l'avertissement silencieux de son compagnon. « Toi et moi allons en reparler. Dès que nous nous serons occupés des intrus. »
Il descendit de Drago sans attendre de réponse, et repoussa l'information qu'il portait un enfant dans un coin de son esprit. S'ils devaient affronter des ennemies, il ne pouvait pas laisser son esprit avoir ce genre de pensées à portée de main. Il attrapa son épée là où il l'avait lâchée et rejoignit leurs gardes. « Vous pouvez les laisser entrer.
- On va attendre qu'Ozemir revienne, » lui signala Falde.
Drago se redressa et balaya la poussière de ses habits, geste futile pour paraître immaculé quand ils étaient tous coulants de sueur et sale de leur entraînement. Il toucha légèrement son œil et sa bouche, en se demandant à quel point il était horrible. Mais au moins, c'était toute l'étendue des dégâts. Harry aurait pu lui faire pire. Il méritait sans doute pire.
Hermione s'éloigna de Luna et saisit elle-aussi son épée, tandis que Tom traîna près de la Serdaigle. « Restes ici contre le mur, Luna. Restes silencieuse et s'il devait se passer quelque chose, ce coin à l'autre bout s'ouvre sur un tunnel qui mène droit vers la forêt.
- Ça ne me viendrait pas à l'esprit de partir, Tom. Je louperais le meilleur. A moins que tu me donnais un ordre direct ? »
Tom la dévisagea un instant, fronçant les sourcils. « Fais comme il te plaît, » finit-il par dire en s'éloignant. Le fun ? Pas sûr.
Ozemir revint et rapporta qu'une quinzaine d'Ukataes armés leur serait bientôt dessus. Il n'était pas resté assez longtemps pour voir qui ils étaient précisément. Il n'y avait plus le temps pour spéculer sur leur identité et la raison de leur présence quand ils abaissèrent la barrière. Il ne fallut que quelques secondes pour que les quinze Ukataes lourdement armés les entourent, tous pointant leur lance vers ceux du centre. Falde et les autres gardes entouraient les jeunes elfes et n'étaient pas prêts de bouger, mais les jeunes poussèrent leurs gardes hors de leur chemin.
« Vous êtes tous chanceux que j'ai reçu de très bonnes nouvelles à l'instant, sinon je vous aurais tous tué pour être venus sans avoir été invités, » dit Drago de sa voix traînante. Pendant qu'il parlait, il tourna lentement en cercle pour regarder chaque Ukatae fraîchement arrivé dans les yeux. Aucun d'entre eux ne fit un geste ou indiqua qu'il l'avait entendu. Drago n'appréciait pas d'être ignoré.
Attends. Voyons-voir ce qu'ils veulent, dit Harry en remarquant la colère grandissante de Drago.
Au début, personne ne parla. Pas pendant une minute. Chaque groupe se scrutait. Harry observa l'uniforme que portaient ces Ukataes. Chacun des quinze portait exactement la même tenue, de solides casques couvrant tout leur visage sauf les joues et les oreilles. Des lances et de longues épées courbées attachées à chaque hanche. Ils portaient du cuir vert sombre comme armure pectorale, ainsi que sur les épaules et les bras. L'armure ressemblait à de la peau, vu la façon dont était façonné le cuir pour ressembler à des muscles puissants.
Sur leurs mains, ils avaient des gants en cuir tanné, et les bottes qu'ils portaient étaient fait du même matériau. Dans leur dos, de longues capes noires tombaient au sol et étaient attachées à chaque épaule avec une pièce métallique portant la Marque Ukatae. Ces elfes étaient sans conteste des soldats, la façon dont ils se tenaient et les vêtements qu'ils portaient ne trompant pas. Mais Harry savait sans avoir besoin de deviner qu'ils étaient différents des guerriers.
« Ce sont les Saen, » répondit doucement Ozemir à sa question muette. « Les gardes royaux. Si on peut toujours les appeler comme ça maintenant.
- Tiens ta langue, » lui siffla Falde.
L'un des Sean se sépara des autres en avançant. En faisant cela, il relâcha sa prise sur la garde de son épée et leva les mains pour enlever son casque. « Falde, » le Saen le salua sans émotion en calant le casque sous un bras. Seul Harry entendit le hoquet de surprise d'Ozemir quand le soldat révéla son visage.
Le doute était clairement présent sur le visage de Falde, qui répondit d'une voix neutre, « Vendyl. »
Harry échangea un regard bref avec Drago. Une tension particulière était présente entre Falde et ce Vendyl. C'était très passionné, familier, et à la limite de la haine. Harry avait ressenti l'explosion d'émotions provenir de Falde le moment où Vendyl avait révélé son visage, et il était surpris que Falde ait réussi à les garder quand il avait dit le nom de l'autre.
« De quel droit tu es ici ? » dit Falde sur le même ton. « Menacer ces jeunes elfes de cette façon…
Par ordre du conseil, tu as été relevé de ton commandement, Falde. Vous êtes tous en état d'arrestation et serez retenus captifs à Bosteria jusqu'à ce que le Conseil ait pris une décision concernant votre sort.
- Vous ne pouvez-pas nous arrêter ! » cria Ozemir. « Nous n'avons rien fait de mal !
- Au contraire. Vous aviez comme mission d'emmener ces jeunes au Conseil, ce que vous n'avez pas fait. Vous avez commencé à leur enseigner, à l'inverse de l'ordre donné par Conseil. Vous vous êtes aussi révélés à des humains… De nombreux autres preuves de votre trahison envers le royaume seront prises en compte lors de votre sentence.
- C'est ridicule ! » protesta Harry en s'avança pour se tenir à côté de Falde. « Vous devriez repartir d'où vous venez. Les seuls ordres auxquels Falde et les autres obéissent sont les nôtres. Ils n'ont pas trahi le royaume. Nous sommes le royaume.
- Des paroles courageuses pour une jeune elfe.
- Je suis votre dirigeant. Vous allez faire ce que je vous dis. »
Vendyl aboya de rire, ce qui fit crisper la mâchoire de Falde. « Quel bien y a-t-il à farcir sa tête d'idioties ? » demanda-t-il à Falde.
« Le conseil farcit vos crânes d'absurdités, Vendyl. Ces jeunes elfes sont la nouvelle lignée. Tu as sûrement dû te demander pourquoi le Conseil faisait tout un pataquès pour deux jeunes elfes nouveau-nés ? Pourquoi s'intéresseraient-ils autant de deux Ukataes qu'ils n'avaient jamais vu auparavant ? »
A la mention du nouveau sang royal, plusieurs des Saen perdirent leur posture figée, se demandant lequel des deux jeunes ils parlaient. Ils furent nombreux à apercevoir les ailes d'Harry qui battaient d'agitation. Ils remarquèrent leur ampleur et les marques. Il ne fallut pas longtemps au cercle de Saen de se pencher pour avoir une meilleure vue.
« Fiet ! » aboya Vendyl. Tout geste s'interrompit instantanément.
Falde s'autorisa un petit sourire, même s'il n'atteignit pas ses yeux. « Tu es le seul parmi vous à savoir à quoi les marques de la nouvelle lignée ressemblent. N'est-ce pas, Vendyl ?
- Assez, Falde ! Nous ne sommes pas venus pour discuter. Toi et les autres allez venir de votre plein gré avec nous ou…
- Ou quoi ?
- Nous avons pour instruction de vous tuer si vous refusez. »
Le sourire de Falde atteignit enfin ses yeux et il enleva lentement l'épée de son fourreau. « Très bien, dans ce cas. Essayes de me tuer. Mais je ne te laisserais pas permettre au Conseil de mettre la main sur la nouvelle lignée, ni à toi. Je préférerais mourir. »
Vendyl laissa tomber son casque au sol. Le tintement métallique fit sursauter Hermione et elle vit avec une inquiétude grandissante le leader de ces soldats tirer son épée et la pointer sur Falde. « Tu choisis la mort, mon frère ? Qu'il en soit ainsi. »
