Chapitre III

« Une fois, pas deux »


3018- C.C (T.Â.)- Mines de la Moria -


Harry rêvait. Cependant, les méandres de son subconscient était la seule réalité à laquelle il pouvait se raccrocher.

Il sommeillait en effet depuis si longtemps que son esprit était le seul lieu qu'il fréquentait quotidiennement.

Parfois, il se voyait marcher auprès de Salasar dans les plaines d'Irlande. Son maître continuait inlassablement de lui inculquer les savoirs du serpent originel.

Ensuite, plus souvent qu'il ne l'aurait souhaité, sa mémoire rejouait des scènes que son cœur ne parvenait toujours pas à supporter.

Il se sentait en permanence lutter pour ne pas sombrer dans la folie, ne pas perdre pied et rester dans l'entre deux mondes.

Souvenirs. Cauchemars. Les deux entités se mariaient tant et si bien qu'ils n'en faisait plus la distinction.

Ne comptait plus pour lui que ses visites...

Au début, il l'avait sentit, tout prêt. Cette âme si belle qui chantait la même hymne que la sienne.

D'une infime et cruelle rapidité, il avait à peine le temps de saisir sa présence que déjà, elle s'était évanouie dans l'abîme.

Et pourtant, il tint bon. Il resta là ,couché sur la pierre froide si longtemps que même la terre ne sut concurrencer sa patience.

Il avait promit d'être là à son retour et, fidèle à sa parole, il attendait.

Les murs s'effritèrent, le sol trembla. Mais lui, demeurait inébranlable.

Belle ironie du sort, c'est cet état d'hibernation qui faillit le condamner à une somnolence éternelle.

Comment en effet faire la différence entre rêve et réalité ? Comment comprendre que ce n'était pas un fantôme du passé qui se tenait face à lui ? Mais bel et bien la personne qui lui avait demandé d'attendre tout ce temps ?

Il était là, comme promis, sur cette tombe qui n'était désormais plus la sienne.

Le cœur de Harry bondissait dans sa poitrine et ironiquement, il ne su que faire en cet instant.

Comment expliquer qui il était ? D'où est-ce qu'il venait et pourquoi il était là aujourd'hui ?

Harry sentait pulser en lui une vie qui de nouveau circulait dans ses veines. Il s'avança et l'homme fit quelque chose qui lui serra le cœur : il recula.

« Non amour...C'est moi...n'aie craintes ! » Ronronna-t-il en soufflant sur sa chevelure dorée.

Puis les doigts de l'homme osèrent une caresse, son âme ressentant certainement ce que Harry représentait pour elle.

Mais ce moment d'intimité fut de courte durée. Harry sentit d'autres présences autour d'eux. Certaines semblaient familières, d'autre étaient tout à fait nouvelles .

- "Je suis Legolas, Fils de Thranduil, prince des Elfes de la Forêt de Mirkwood." Se présenta son compagnon d'un ton solennel.

Harry ne put s'empêcher de pouffer intérieurement. Ce nom sonnait encore plus snob que le précédent !

Cependant, un tiraillement vint soudain se loger dans sa poitrine, comme un avertissement.

Ses yeux se tournèrent vers l'origine du mal et c'est un regard bleu azuré qu'ils rencontrèrent.

"Un enfant ?" Se demanda Harry, désirant s'approcher plus du garçon pour en avoir le cœur net.

La réponse des autres fut immédiate. Tous se placèrent devant l'enfant dans une position protectrice.

-"Ils sont mes compagnons", intervint Legolas en s'interposant à son tour.

« Ainsi », pensa Harry avec peine, « certaines histoires ne sont bonnes qu'à être répétées inlassablement... »

-"Par le dieu à longue barde !" S'écria un petit homme rond. "Moi qui pensait que tout les dragons étaient terribles et cruels !"

« Terrible et cruel ? » S'indigna Harry. « Les opinions ne changeront-ils donc jamais à l'égard de ma race ? »

Cela n'empêcha toutefois pas les jeunes âmes d'approcher.

Harry fut soudain assaillit de caresses qui, il devait l'avouer, étaient les bienvenues après tant de temps seul à attendre le retour de son compagnon.

-"Il semble encore jeune..." Nota un vieil homme se tenant à un bâton. "Smaug était pourtant le dernier..."

« Il n'y a donc plus aucun dragon sur terre ? » Se peina Harry en regardant de plus près le vieillard.

Son sang ne fit qu'un tour. Il fut bouleversé d'apercevoir ces yeux à la lueurs malicieuse qui l'avaient accompagnés durant toute son enfance.

«Toi aussi tu es revenu ? » Lui sourit Harry en acceptant que la main du magicien vienne effleurer son front.

Ce ne fut cependant que lorsqu'il reconnu la dernière présence si familière à son cœur qu'il se sentit chaviré de bonheur.

Il était à la fois similaire et différent. Plus royal, plus calme aussi mais son visage demeurait le même.

C'était comme si toutes ses attentes avaient finalement étaient récompensées.

Il ne put s'empêcher de ronronner de plaisir en reconnaissant son parrain disparu dans les yeux de l'homme brun.

-"Que fais-tu en de tels lieux mon ami ?" Demanda Legolas.

Et Harry s'évertua à répondre comme il pouvait aux questions de l'elfe.

Pour l'instant, il demeurait dans sa forme originelle. Il lui faudrait renouer un pacte avec la terre pour retrouver sa forme humaine.

Il sentit alors enfin de quel objet raisonnait la lourde atmosphère de ces lieux.

Un enfant avait en sa possession un Horcrux, ou du moins c'est ce qui lui sembla.

L'anneau portait en lui tant de souffrances qu'Harry frissonna en imaginant toutes les vies gâchés pour qu'une telle âme sombre puisse y résider.

Il tenta de le détruire grâce à la magie que Salasar lui avait inculqué, mais celle-ci demeura inefficace.

Ce n'est qu'en apercevant le visage pâle de l'enfant qu'il comprit ce qu'il venait de faire.

« Quel idiot » S'énerva-t-il. « La magie de cet anneau doit avoir en sa possession une partie de l'âme du petit-homme...Ils sont liés à présent et j'aurais pu tuer le garçon en m'attaquant de front à une telle magie ! ».

En attendant de trouver une solution au problème, Harry se promis de prendre soin du dénommé "Fredon".

Au fond, ce n'était peut-être pas un hasard si leurs chemins s'étaient croisés. Fredon et la lourde charge qui pesait sur ses épaules étaient bien trop similaire avec sa propre histoire pour qu'il ne l'ignore.

L'étrange compagnie montât un camp et Harry sentit son cœur se réchauffer d'être ainsi entouré.

Il se sentit si apaisé qu'il s'abandonna à un chant emplit de mélancolie mais aussi de joie

Et c'est accompagné du chant mélodieux de Legolas qu'il murmura dans la langue des valars, une hymne à la gloire de ses retrouvailles tant attendues :

"Dans le puis aux étoiles, épopée enjouée

Brûlent ses cheveux aux mèches dorées

C'est au berceau du monde que je l'ai attendu

De ses yeux océan, toutes ses larmes j'ai bu

Perdu aux royaumes des morts, Prince de la mémoire

Un si vaillant compagnon, en son règne je veux croire..."

Legolas s'était endormi depuis longtemps quand un affreux tapage se fit attendre à l'entrée du mausolée.

D'étranges petites créatures armées de lances débouchèrent alors dans la pièce et Harry comprit qu'ils étaient dangereux.

Il alerta la fraternité d'un grognement roque mais bon nombre des membres étaient déjà sur leur deux pieds, armés jusqu'aux dents eux aussi.

D'un mouvement de queue, Harry tenta de renverser les créatures mais la pièce était bien trop exiguë pour qu'il puisse se mouvoir convenablement.

Lorsqu'il vit Fredon à deux doigts de se faire transpercer par une lame, sa fureurs se déchaîna aussitôt.

Se redressant sur ses pattes arrières, Harry poussa un rugissement terrible à donner la chaire de poule.

Puis ce que devait arriver arriva. Les gobelins rôtirent tous sous des flammes chargées de magie .

Les orques furent propulsés d'un coup de griffe, finissant par tomber tel des pantins désarticulé au sol.

Harry tendit l'une de ses cornes frontale à l'elfe afin que ce dernier puisse s'y appuyer pour se relever.

D'instinct, le prince de Mirkwood fit alors ce qu'aucun être vivant n'avait osé avant lui : il grimpa sur le dos du dragon.

Bientôt, se fut Gandalf et les autres qui le rejoignirent, s'accrochant du mieux qu'ils pouvaient à ses pics dorsales.

Puis battant frénétiquement l'air de ses gigantesques ailes, Harry perça la parois de pierre au plafond.

A moitié aveuglé par la lumière émanant du lieu où il avait débouché, le dragon n'aurait su où se diriger si Legolas ne l'avait pas guider.

-"Vole mon ami !" Le supplia Legolas. "Fait nous sortir de ce lieu maudis par les Valars !"

Même si sa charge le contraignait dans son vole, Harry tint bon et se retrouva bientôt aux abords d'un pond gigantesque.

Il sentait une présence magique qui n'avait rien à voir avec celle de Gandalf ou de Legolas.

Non, quelques chose de bien plus sombre se tapissait dans l'ombre.

-"Il nous a trouvé..." Murmura Gandalf en jetant des regards inquiets derrière eux.

-"Qui nous a trouvé ?" Cria Sam, complètement paniqué.

-"Le Balrog..." Murmura Gimli.

Harry pu percevoir les battements affolés des cœurs de ses compagnons.

Quoi que puisse être un « Balrog », cela ne présageait rien de bon...

Bon sang, ne pouvait-il pas échapper au danger au moins une fois dans sa vie ? C'était lui le dragon ! Comment était-il sensé exister quelque chose de plus effrayant ?

Avec son prince blondinet, merlin l'enchanteur et ses sept nains sur le dos, il avait l'impression d'être le héros principal d'une fanfiction complètement délurée...

Et pourtant, lorsqu'il aperçu une sorte de minotaure cracheur de flammes, il se demanda si il n'avait pas tout simplement été maudis à la naissance.

Peut-être qu'une vilaine marraine la bonne fée s'était en effet foutu de sa gueule en se penchant au dessus son berceau...Pourquoi cette histoire avait un air de déjà vu d'ailleurs ?

L'image d'un type chauve arrivant dans sa chambre pour tuer sa mère répondit à sa question.

Harry n'eut toutefois pas plus de temps pour déplorer sa malchance.

Une boule de feu venait de le rater de justesse...

-Tout droit ! S'écria Legolas en lui désignant un point lumineux au loin.

-Je me charge d'occuper le fléau de la Moria ! Annonça Gandalf en sautant du dos du dragon. Vous tous, continuez vers la sortie.

Il n'était toutefois pas question que Harry, ni même les autres membres de la compagnie ne reparte sans le magicien.

Une fois qu'ils franchirent le pond, tous sautèrent par dessus bord pour voir Gandalf se battre contre la créature.

De son bâton, le mage brisa le passage, entraînant dans sa chute le Balrog.

Comment aurait-il pu cependant s'attendre à ce que le fouet du monstre ne s'empare de sa cheville pour le précipiter vers l'abîme ?

Pour d'Harry, cette scène s'était déjà jouée une fois dans un passé lointain .

Chaque âme est-elle prédestinée à suivre le même chemin pour rejoindre la mort ? Même si c'était le cas, Harry ne regarderait pas de nouveau ces yeux si sages et lucides perdre de leurs intensité en chutant dans le vide.

Harry plongea vers le gouffre sans fond pour affronter le monstre. Il saisit Gandalf dans ses griffes et tout en se laissant tomber, engagea le combat contre le Balrog.

D'un coup de mâchoire, il tenta d'égorger la créature.

Mais son contact était d'une brûlure si insupportable qu'il relâcha sa prise. Le monstre émit un cris guttural et lui asséna un violent coup de fouet dans l'aile droite.

Gémissant, le dragon n'en démordis par pour autant.

Il se contorsionna pour saisir de ses pattes arrières la créature et l'envoya valser sur la roche.

Incapable à présent de voler, Harry s'agrippa du mieux qu'il pu à la parois rocheuse opposée.

Le Balrog continua quand à lui de tomber sans que rien ne fasse plus obstacle à sa chute.

Harry ne tenait bon que grâce à l' adrénaline qui pulsait dans son cœur de dragon.

Petit à petit, il escalada la parois pour rejoindre la fraternité, Gandalf l'encourageant dans son dos.

Il ne vint à bout de la falaise qu'avec grande peine. Par ailleurs, il pouvait déjà sentir au loin l'odeur nauséeuse des orques qui les attendaient à la sortie.

Invitant la compagnie à grimper sur son dos, il fondit comme un chat vers la lumière, bousculant et tuant au passage leurs ennemis. Harry prit alors un bain de soleil hautement mérité.

Ils venaient de passer les mines de la Moria et tous était bel et bien vivant !