Lorsque Jessamine ouvrit les yeux elle fut aveuglée par la lumière dans laquelle baignait la pièce, elle mit d'ailleurs quelques instants avant de s'y habituer. Une vive douleur au niveau de ses poignets attira son attention sur ceux-ci, elle avait les mains liées à la tête de lit et ses liens en cuir lui mangeaient la chaire tant ils étaient serrés. Son esprit qui était encore embrumé par le sommeil cherchait déjà à comprendre la situation dans laquelle elle se trouvait. Mais, il n'apporta aucune réponse concrète à ses questions seulement quatre évidences :

Un : elle essayait de faire appel à ses souvenirs pour comprendre comment elle avait atterri là. Mais, elle se souvenait à peine de la fête d'Halloween. Elle avait donc soit reçu un coup violent à la tête qui lui avait causé une perte de mémoire, soit quelqu'un avait effacé ses souvenirs. Mais pourquoi est-ce qu'on ferait une chose pareille ? Et surtout qui ferait une chose pareille ?

Deux : elle ne sentait plus sa magie crépiter en elle, comme elle en avait l'habitude. Elle se trouvait donc presque sans défense.

Trois : elle ne savait pas comment elle était arrivée ici et elle ne savait pas non plus où se trouvait ce « ici ».

Quatre : quelqu'un s'apprêtait à lui faire du mal ou lui en avait déjà fait puisqu'elle se était attachée à ce lit, presque nue et donc à la merci de quiconque

Les seuls endroits qui auraient pu lui permettre de s'enfuir étaient la porte d'entrée de cette chambre immense et la fenêtre qui filtrait la lumière du jour. Mais avant de les atteindre elle devait se défaire de ses liens et elle n'avait aucune idée de comment s'y prendre. Elle pencha la tête sur le coté pour étudier la pièce avec plus d'attention, juste à côté d'elle se trouvait une table de chevet où reposait une lampe et un verre d'eau dans lequel flottait des mouches mortes. Si elle pouvait briser le verre peut-être qu'elle pourrait s'en servir pour défaire ses liens. Mais alors qu'elle s'apprêtait à agir, elle entendit le parquet pousser une plainte sous les pieds de quelqu'un, elle ferma donc les yeux pour paraître endormie. À mesure que les pas se rapprochèrent les battements de son coeur furent de plus en plus désordonnés, elle prit une grande goulée d'air pour tenter de calmer ses angoisses.

La personne entra alors dans la pièce , seule de toute évidence, et rejoignit le lit en quelques enjambées. Elle sentit soudainement un poids peser sur son bassin et dut se mordre la langue pour ne pas réagir quand elle sentit des lèvres froides sur sa peau brûlante. Elle sentit les lèvres descendre progressivement le long de son corps, cajolant sa peau au passage, faisant naître des frissons de dégoûts chez Jessamine.

- Il pensait qu'il était le seul à pouvoir te prendre, soupira l'homme en cajolant sa peau.

Elle tentait de se contrôler pour que l'agresseur la pense complètement endormie, mais quand elle sentit ses lèvres à l'intérieur de ses cuisses, elle ne put s'empêcher de réagir. Avec une rapidité impressionnante ses cuisses vinrent enserrer la nuque de son agresseur, puis alors qu'elle prenait appuie sur ses liens son bassin prit le dessus sur son agresseur ce qui lui permit de lui briser la nuque. Le corps retomba alors lourdement sur le matelas, tandis que la jeune fille tentait de reprendre son calme. Elle cligna plusieurs fois des paupières pour tenter de calmer les battements de son coeur, selon une méthode que lui avait enseigné Dianne. Elle devait à tout prix rester maître de ses émotions et surtout ne pas laisser la panique la paralyser pour garder le contrôle de la situation. À mesure qu'elle sentait les battements de son coeur ralentir sa respiration se fut plus mesurée, elle avait déjà repris le contrôle d'elle-même. Elle prit le temps de tâtonner les poches du cadavre de ses orteils, mais malheureusement il n'avait aucune arme sur lui. Elle devait donc tenter de briser le verre d'eau, ce qui ne fut pas des plus simple, elle avait dû se contorsionner pour arriver à le coincer entre ses pieds, prendre une position encore plus douloureuse afin de pouvoir briser le verre contre la table de nuit et finalement récupérer l'un des morceaux de verre fut un vrai défi. Mais, elle avait réussi. Elle était maintenant libre de ses liens, elle ne prit pas la peine de chercher sa baguette, elle savait qu'elle ne pourrait pas s'en servir. Elle fit attention à ne pas faire de bruit lorsqu'elle se déplaçait de peur qu'il y ait quelqu'un susceptible de l'entendre, car elle en était certaine, l'homme n'était pas seul. Son coeur tapait si fort contre sa cage thoracique que ça en fut douloureux tandis qu'elle ouvrait la porte, elle faillit pousser un soupire de soulagement quand elle constata que la porte ne grinçait pas. Elle s'engouffra rapidement dans le couloir, ne voulant perdre aucune seconde de son temps. Elle fut toutefois surprise en se rendant compte que sa chambre se trouvait face à des escaliers, qu'elle dévala en quelques secondes, courant ensuite tout droit vers la porte. Une fois la porte franchit elle dut perdre quelques secondes, le temps de s'habituer à la lumière aveuglante du soleil. La maison dans laquelle elle se trouvait était entourée d'un vaste champ aride, qui menait vers une foret beaucoup plus vaste. Elle se mit à courir vers cette forêt, elle était très sportive grâce aux entraînements, ainsi elle n'eut pas de mal à parcourir un maximum de distance. Mais, alors qu'elle devait avoir parcourut la moitié du champ une idée vint se glisser dans les rouages de son esprit, sa fuite avait été beaucoup trop facile. Et à la seconde où elle le réalisa, elle avait déjà plongée la tête première dans leur mise en scène, elle était devenue leur pantin sans s'en rendre compte. Soudain, une force la fit basculer et elle se retrouva la tête enfoncée dans la boue, une voix familière riant à ses oreilles :

- Tu nous quittes déjà?

Personne ne savait par quel moyen le professeur Rogue avait convaincu la directrice de ne pas renvoyer tous les élèves impliqués dans la fête d'halloween. Le fait est que leur seule punition avait été d'aider à rechercher Jessamine, là encore et avec l'aide de Drago, il l'avait persuadé de ne pas ébruiter l'affaire. Tous, sauf ceux qui avaient été témoin de la scène, pensaient qu'elle se reposait dans les quartiers du professeur. Elle n'avait disparue que depuis deux jours, mais déjà l'état de Rogue empirait. Si bien que les cours quand ils étaient assurés, ne consistaient qu'à des contrôles de connaissances, ce qui arrangeait le professeur qui pouvait rester assis et réfléchir à un antidote pour le mal qui le rongeait.


Il était appuyé contre son lavabo, il ne se souvenait même pas s'être rendu dans sa salle de bain. Il avait fait agrandir ses appartements pour préparer la venue de l'étudiante, mais n'avait jamais visité ces nouvelles pièces. La salle de bain de la jeune fille ressemblait à la sienne, avec le peu de produit qu'elle y avait laissé on aurait pu croire qu'elle était inhabitée. L'image que lui renvoyait le miroir lui faisait froid dans le dos, il avait une mine effroyable avec ses cernes et son teint encore plus cireux. Soudain, il n'était plus seul. Le visage de Jessamine se reflétait à coté du sien, mais lorsqu'il se retourna elle n'était pas là. Il avait les sourcils froncés lorsqu'il dévisagea à nouveau son visage, signe de son incompréhension. En y regardant de plus près, il nota quelques différences chez elle, elle avait les cheveux aussi noirs que les siens et ses yeux étaient rouges. Elle avait la tête penché sur le côté, comme si elle recevait des baisers sur la nuque, et son visage se déformait d'une façon qui laissait à croire que c'était le cas. Elle avait les paumes appuyées contre le miroir et sans réfléchir Rogue pressa les siennes contre celles-ci. Il fut si surpris quand il sentit son sang crépiter sous sa peau au contact de ses paumes, lui qui s'attendait à sentir la surface froide de la glace contre sa peau, qu'il eut un mouvement de recul. Le visage de la jeune fille se tordait, mais les grimaces qu'elle faisait n'avaient rien d'effrayantes. Ses lèvres roses s'ouvrirent enfin, pour laisser échapper un unique gémissement :

- Severus, avait-elle gémit.

Le professeur écarquilla les yeux quand son regard carmin croisa le sien, il ne comprenait pas ce qui était en train de lui arriver et cela l'agaçait. Mais, une chose était certaine, il n'arrivait pas à se détacher de cette vue. Son regard glissa vers sa nuque, il remarqua deux incisions, comme si elle avait été mordu par un vampire. Ce qui était probable puisque du sang coulait encore sur sa nuque. Cette vision le choqua tellement qu'il en tomba à la renverse. Quand il releva son regard vers le miroir, elle avait de nouveau disparue, laissant le professeur désemparé. Qu'est-ce qu'il venait de voir ? Était-ce réel ? Il se passa de l'eau froide sur le visage quand une idée lui traversa l'esprit. Venait-il d'avoir une sorte d'hallucination érotique sur son élève ? Était-il en train de perdre la tête ?


Jamais de toute son existence elle ne s'était sentie impuissante comme à cet instant. Comment avait-il osé la touché ? Lui prendre de force ce qu'elle avait refusé de lui donner ? Comment osait-il la torturer, elle ?! Plus que jamais elle avait envie de tuer quelqu'un. Elle ne comprenait pas comment elle avait fait pour se retrouver dans une telle situation, mais comme ils le lui répétaient si souvent tout était de sa faute. Ce n'était que les conséquences de ses propres actions. Ils l'avaient enfermé dans une pièce différente, sans aucune fenêtre, si bien qu'elle avait perdu tout repère temporel. Ils devaient avoir réfléchit pendant des années étant donné que tout était très bien organisé, ils lui faisaient avaler une potion qui lui faisait perdre ses pouvoirs, il ne la nourrissait que de façon à la garder en vie, si bien qu'elle n'avait plus aucune force. Mais comme tout, leur plan avait une faille. Cela faisait quelques jours déjà qu'elle avait fait semblant d'avaler la potion pour la recracher quelques secondes plus tard de sorte à ce que l'on pense qu'elle se soit uriné dessus, ce qui ne suffisait cependant pas à repousser les avances de ce vampire, qui avait pour mission divine de venger la mort de son frère. Elle sentit sa présence avant même de le voir, à chaque fois qu'il était dans la même pièce qu'elle son corps se crispait, ses muscles se tendaient sous l'appréhension, ses poils se dressaient face au dégout et enfin son coeur cherchait à s'enfuir de sa cage thoracique.

- C'est l'heure du bain, dit-il d'un ton narquois.

Il était toujours de bonne humeur quand il fallait lui donner son bain, non seulement parce que c'était à ce moment là qu'elle recevait la potion qui la faisait cicatriser mais aussi surtout parce que cela voulait dire qu'il allait pouvoir lui infliger sa torture personnelle jusqu'à ce qu'elle s'en évanouisse.

- Enfin! Tu sens encore plus mauvais qu'un chien galeux, soupira-t-elle.

Il afficha un sourire cruel avant de glisser sa langue râpeuse contre la joue de la jeune fille, ce qui lui donna la nausée.

- Tu vas bientôt pouvoir me sentir, à nouveau, rit-il en pressant son entrejambe contre la cuisse de la jeune fille.

Elle eut des frissons de dégoût et en sentant sa vigueur son estomac eut un sursaut de répulsion. Elle aurait volontiers rendu son déjeuner sur lui si son estomac n'était pas aussi vide. En voyant qu'elle était résignée à ne plus rien dire, l'écœurant jeune homme se mit à ricaner. Il l'avait trainé de force jusqu'à la salle de bain, là elle devait se jouer à leur petit rituel. Elle devait se dévêtir sous ses yeux inquisiteur, mais en prenant une posture lascive, puis une fois dans le bain, elle le laissait faire ce qu'il avait à faire. Cette fois-ci, il ne s'amusa pas à lui maintenir la tête sous l'eau jusqu'à ce qu'elle cède et qu'elle laisse ses horribles mains parcourir son corps. Au contraire, il se contentait simplement de la laver, sachant pertinemment qu'il pourrait la toucher comme bon lui semblait plus tard. Mais, il ne savait pas quelque chose qui avait pourtant son importance. Depuis qu'elle avait arrêté de boire leur potion, elle sentait sa magie vibrer à nouveau en elle, cette force destructive qui était prête à tout anéantir. Mais, elle n'était pas tout à fait prête. Elle n'avait plus qu'à patienter encore un peu pour pouvoir leur échapper.

- Comment tu l'as fait ? Demanda-t-il en s'attardant plus que nécessaire sur sa poitrine.

Elle ne répondit pas, d'abord parce qu'elle était bien décidée à ne plus lui parler mais aussi parce qu'elle ne comprenait pas de quoi il parlait. Pour toute réponse, il se contenta de tordre son bras dans un angle qui n'avait rien de naturel. Elle se mordit la langue pour ne pas laisser échapper un cri de douleur, ça lui ferait bien trop plaisir et elle connaissait la règle.

- Je répète ma question, comment tu l'as fait ?

Elle eut un haut le coeur en découvrant les dégâts qu'il avait causé. Son bras avait pris un angle qui n'avait rien de naturel, permettant à son os de transpercer sa chair, elle dut prendre sur elle pour ne pas laisser transparaître sa douleur.

- Comment j'ai fais quoi ?

- Comment tu l'as tué ?

Elle leva son regard à présent rouge vers le vampire, elle ne comprenait pas pourquoi il tenait à le savoir. Et puis, soudain tout devint plus clair. C'était certainement la dernière chance qu'il avait de le savoir. Ils allaient en finir ce soir, elle en était sûre. Les battements de son coeur furent de plus en plus désordonnés à mesure qu'elle réalisa qu'elle devait absolument s'enfuir ce soir là.

- Vous manquez d'inspiration ?

Il fronça les sourcils, comme prit au dépourvu par sa réponse. Peut-être qu'il ne s'attendait pas à ce qu'elle comprenne si vite.

- J'en ai beaucoup à revendre.

Elle contempla l'eau de son bain qui avait pris la même teinte que son sang, pendant des années elle avait essayé de chasser ce souvenir de sa mémoire. Mais, comment oublier la mort d'un être cher ? Elle était certaine de l'avoir aimé, mais ça ne l'avait pas empêcher d'obéir à Dianne.

- J'ai arraché la seule chose qu'il a consenti à me donner, répondit-elle d'une voix froide.

- Sa tête ?

- Son coeur, souffla-t-elle en haussant les sourcils face à la stupidité du vampire.

Ce n'était de toute évidence pas la réponse qu'il attendait puisqu'il agrippa furieusement le bras blessé de la jeune fille pour l'entraîner hors de la pièce. Elle laissa échapper un couinement, seule preuve de sa douleur. Il agrippa sa main pour l'enchaîner mais elle l'arrêta subitement en le suppliant du regard.

- S'il te plaît, je ne tenterai rien de toute façon.

Il la regarda avec méfiance puis jeta un coup d'oeil à son bras blessé, elle n'était de toute évidence pas en mesure de se défendre. Du moins, pas encore. Il la repoussa contre le matelas avec une telle force qu'elle en eut le souffle coupé. Cette fois, elle ne résista pas, elle resta passive pour que cela soit moins douloureux. Elle le laissa s'infiltrer sous sa peau, sans émettre le moindre son. Une fois qu'il planta ses crocs dans sa nuque pour la gouter de toutes les façons possible elle décida de passer à l'action. Elle savait comment épuiser un homme et c'est ce qu'elle comptait faire. Elle imagina qu'il s'agissait du vampire qu'elle avait aimé et tout devint plus naturel. Après tout, ils l'avaient fait tant de fois. Elle glissa ses doigts sur sa nuque, il se raidit en sentant son contact, jamais elle n'avait agit de la sorte. Elle prit une voix douce et suave, celle qu'elle utilisait avec son frère :

- Laisse moi profiter de ma dernière nuit.

Il lâcha sa gorge pour plonger un regard perplexe dans le sien, il ne savait pas s'il pouvait lui faire confiance. Il n'était même pas sûr d'aimer qu'elle lui donne son consentement, était-ce ce qu'elle faisait ?

- Plus fort, murmura-t-elle à son oreille.

Elle pouvait voir les rouages de son esprit tourner à toute allure. À quoi jouait-elle ?! Voilà, ce qu'il devait se demander. Ses muscles se raidirent sous ses doigts, non accoutumé à ce contact, mais des frissons délicieux lui parcoururent le corps et alors il accepta.

- Je t'avais dit qu'un jour tu me supplierais de le faire, rit il avant de lui obéir.

Il était tant concentré sur sa nouvelle tâche qu'il ne se rendit pas compte que Jessamine avait planté ses dents dans sa chair. Grâce à lui, elle s'était souvenue de ce que Devon lui avait confié un jour. Le sang d'un vampire avait un pouvoir cicatrisant que leurs potions n'avaient pas, elle était persuadé que ça lui redonnerait des forces , soignerait son bras et que le vampire entrerait dans une forme de léthargie. Elle fut surprise par le goût, il n'était ni métallique ni amer, mais doux, sucré et envoutant. Elle en but quelques gouttes avant que son estomac ne se retourne. Le vampire la repoussa, agrippant fermement sa gorge avec rage, complétement éveillé. La jeune fille fut profondément déçue de que ça n'ai pas eut plus d'effets.

- Qu'est-ce que tu fais ?!

- Alors, il y a que toi qui a le droit de me gouter ici ? Gémit la jeune fille.

Elle se força à glisser ses doigts sur sa peau pour y inscrire de douces caresses, réprimant le dégoût que cela lui inspirait. Elle avait besoin qu'il la croit, sinon elle n'arriverait jamais à ses fins.

- Laisse moi faire, murmurât-elle.

- Et pourquoi je ferais ça ? Rit-il.

Elle glissa ses doigts sur son avant bras, qu'elle agrippa plus fermement, un air de débauche dans le regard.

- Tu sais ce dont je suis capable, tu n'es pas un peu curieux de savoir ce que je peux faire quand tu ne me forces pas ?

Elle vit sa résolution flancher tandis que le vampire hésita, mais c'est lorsqu'elle sentit ses muscles se détendre sous ses doigts qu'elle prit réellement le dessus. Elle gardait son bras blessé plaqué contre son flanc, tandis qu'elle prenait place sur ses cuisses, le chevauchant comme elle l'aurait fait avec son frère. Elle voyait son reflet dans ses yeux verts, elle avait l'air féroce avec ses cheveux en batailles et son sourire vicieux. À mesure que ses hanches ondulaient elle le sentait se détendre sous elle, c'était exactement ce qu'elle voulait. Elle voulait que tous ses sens ne se focalisent que vers le plaisir qu'elle lui procurait. Elle se pencha alors au dessus de sa gorge et le mordit à nouveau , maintenant qu'il était à sa merci elle pourrait le vider de son sang sans qu'il ne s'en rende compte. Elle fut étonnée de constater que de boire le sang d'un vampire avait quelque chose de jouissif à la façon dont le liquide lui procurait un profond sentiment de bien-être et de puissance. Elle ne se sentait plus faible du tout, au contraire, elle se sentait invincible à mesure que son sang gommait les effets de leur potions. À présent, elle sentait non seulement parfaitement sa magie, prête à mettre le monde à genoux et son bras commençait tout juste à cicatriser. Elle aurait pu le vider de son sang afin de pouvoir retrouver celle qu'elle était, mais elle ne supportait plus de le sentir en elle. Elle se mit alors à rire à gorge déployée, sa séance de torture était devenue son salut. Avant que le vampire ne puisse esquisser un mouvement elle l'immobilisa grâce à un sort, elle mit son bras, qui restait tout de même douloureux, en écharpe pour qu'il ne nuise pas à sa fuite. Sans même regarder en arrière elle prit la fuite, elle ne voulait pas rater encore une fois sa tentative d'évasion. Elle avait atteint le champ quand le feu se propagea dans le maison, piégeant tous ses habitants. Elle ne perdit pas de temps à admirer son oeuvre, elle courut, toujours plus vite, toujours plus loin.


Il ne savait pas si c'était encore l'un de ses plans tordus de disparaître ainsi, mais une chose était sûr, elle allait le payer. Comment osait-elle lui faire ça ? Non seulement, il s'inquiétait, pas pour elle mais pour son avenir, mais en plus de cela il passait ses soirées avec Potter et sa bande à la chercher, ce qui était tant épuisant qu'agaçant. Il était à présent dans la forêt interdite, en pleine nuit, cherchant désespérément sa cousine. Il essayait d'être le plus discret possible, pour ne pas attirer de créatures dangereuses à lui. Il essayait de suivre des empreintes qui lui semblaient humaines quand il sentit quelque chose passer entre ses pieds, il faillit prendre la fuite avant de reconnaitre Styx.

- Espèce d'idiote, tu m'as fait peur !

Le serpent siffla en sa direction et en agitant nerveusement sa queue, signe qu'il était en colère.

- Tu parles tout seul Malfoy ?

Il se retourna pour faire face à Harry, il grogna de mécontentement. Il avait de plus en plus de mal à se contrôler face à ce garçon, c'était comme si son corps avait besoin d'exprimer son dégout pour survivre.

- Tu vois quelqu'un d'autre, Potter ?

Harry leva les yeux au ciel avec exaspération, lui aussi avait l'air de mal vivre cette punition. Il avait des cernes sous les yeux, ses cheveux était encore plus en batailles que d'usage et il était presque aussi pâle que Drago.

- J'étais simplement venu te prévenir qu'on rentrait, dit-il en faisant mine de repartir.

- Allez y, je vous rejoins.

- Ou pas, ajouta-t-il quand son ennemi se tourna.

Il attendit que le garçon soit parti pour se tourner à nouveau vers Styx, les yeux du serpent brillaient d'intelligence, ce qui avait intrigué le blondinet.

- Tu as trouvé quelque chose ?

Le serpent lui fit signe que non, Drago poussa un long soupire quand un bruit attira son attention. Il aurait juré entendre un gros PLOUF, il avait repéré depuis des heures les signes qu'il se trouvait près d'un point d'eau. Son instinct le poussa à vérifier, alors il utilisa ses sens pour le guider jusqu'à l'eau, humant l'air frais et humide. À mesure qu'il avançait, il avait l'impression que de l'électricité pulsait dans ses veines, c'était comme reprendre son souffle après l'avoir retenue beaucoup trop longtemps. Son coeur c'était remis à battre à vive allure et il se sentait à nouveau en vie, depuis quand est-ce qu'il avait l'impression d'être mort ? L'atmosphère était soudainement devenu plus léger, une douce brise caressait sa joue comme pour le réconforter. La nature toute entière avait essayé de soigner son trouble. S'il ne s'était pas mis à courir vers l'eau il aurait probablement profité de toutes ces sensations, mais son corps lui savait. Il l'avait senti bien avant que le garçon ne l'ai compris, elle était là. Il arriva juste devant un court d'eau, son coeur battait à toute allure après sa course, à moins que ce ne soit à cause de l'excitation. Elle était ici, il pouvait le sentir. Il avait le souffle court, mais ça ne l'empêchait pas de crier à plein poumon.

- Jessamine !

Il levait sa baguette devant lui pour s'éclairer, il essayait de se concentrer sur les sons qu'il percevait. Il était certain de pouvoir entendre le son de sa respiration, mais il ne la voyait nulle part.

- Jessamine !

Soudain, il vit un reflet blond et accourut vers sa cousine. Elle était affalée contre la terre, qui était devenue boueuse à cause d'elle. Il s'agenouilla près d'elle et le faible halo de sa marque éclairait son visage d'une teinte rouge. Il fit attention à ne pas lui faire mal en l'aidant à s'allonger sur le dos, il eut un choc en remarquant que son corps nu était couvert de sang. Il ne perdit pas une minute de plus à compter ses hématomes, ses cicatrices ou ce qui avait changé chez elle, il devait d'abord la mettre en sécurité. Il retira alors sa robe de sorcier pour lui enfiler, il n'avait pas envie que tous le monde la voit nue. Par chance, il avait mis son pyjama en dessous. Avec la plus grande attention possible il la souleva entre ses bras puis se mit en route vers le château, il était concentré sur le chemin, il n'avait pas envie de tomber. Il ne remarqua donc pas qu'elle avait ouvert les yeux et qu'elle l'étudiait.

Elle n'avait jamais été aussi heureuse de le voir, ni si heureuse de sentir son corps aussi proche du sien. Elle en oubliait presque le sentiment de dégout et de répulsion qui lui était à présent si familier. Elle était heureuse de sentir ces étincelles sous ses doigts, mais par dessus tout, elle était heureuse de ne plus se sentir faible. C'était étrange, mais à la seconde où Drago l'avait touché c'était comme si sa magie avait retrouvé sa grandeur. Elle appuya sa tête contre son torse pour se concentrer sur les battements désordonnés de son coeur plutôt que sur les bruits qui lui rappelaient ses malheureuses aventures.

- Jessamine, tu m'entends ?

Elle tenta de répondre mais elle avait la gorge si sèche que son gémissement se transforma en couinement. Du moins, ce fut suffisant pour Drago qui baissa rapidement les yeux sur elle.

- Je vais devoir t'emmener à l'infirmerie et peut-être même qu'ils t'emmèneront à l'hôpital, donc si tu connais un sort pour cacher ta marque, il me le faut.

Il marchait lentement pour lui laisser le temps de répondre, mais en lui jetant un coup d'oeil il se rendit compte qu'elle s'était évanouie, surement à cause de la douleur. S'en était finis pour eux, dès qu'ils la soigneront ils découvriront la vérité. À moins qu'ils pensent que ceux qui lui on fait ce qu'elle a aux bras en soit aussi responsable. Mais, elle était une Malfoy, ils sauront que ce n'est pas nouveau. Ils sauront dès qu'ils la verront.

- Jessamine, s'il te plaît !

- Tu crois qu'elle est morte ? S'amusa une voix qui semblait ancienne, si une momie pouvait parler, elle aurait probablement cette voix.

Il faillit trébuché tant il fut pris au dépourvu lorsqu'il découvrit à qui appartenait cette voix. Elle lui ressemblait en tout point sauf que ses cheveux étaient noirs, comme ils étaient censé l'être, et que ses yeux étaient rouges.

- Jessamine ?

La seconde Jessamine afficha un sourire à la fois cruel et à la fois amusé, elle était douloureusement belle à cet instant. Est-ce que je deviens fou ? Se demanda Drago en regardant la deuxième Jessamine l'approcher.

- Non tu ne perds pas la tête, dit-elle en découvrant l'épaule de Jessamine pour atteindre sa marque.

Elle caressa affectueusement la marque en murmurant des mots dans un langage qu'il ne connaissait pas. Une panache de fumée rouge s'échappa de la blessure qui scintillait comme mille diamants avant de disparaître. Drago fronça les sourcils en contempla la peau de sa cousine, elle était si lisse qu'il se mit à douter de l'existence de cette marque.

- Tu es charmant pour un mortel, dit la deuxième Jessamine en glissant ses doigts sous le menton de Drago.

Elle fit une moue qui provoqua un véritable feu de forêt au creux de son ventre, ses lèvres étaient si proches des siennes qu'il pouvait presque les gouter et d'un côté il en avait terriblement envie.

- Appelles moi, si tu as besoin de mes services, murmura-t-elle d'une voix suave, avant de disparaitre.

Elle avait disparue aussi vite qu'elle était apparue, laissant le jeune garçon pantelant. La véritable Jessamine gigota dans ses bras, rappelant Drago à la réalité. Il se remit en route, chassant le souvenir de cette deuxième version de Jessamine.


Elle était agenouillé face à lui, il se tenait victorieux devant elle, comme s'il avait déjà gagné. Elle ne portait rien d'autre que ses sous-vêtements, si bien que le fouet lui mangeait la chair sans encombre. Fush, elle sentit à nouveau le cuir du fouet mordre son dos déjà meurtri. Elle avait été entraîné à subir ce genre de torture, pourtant, elle qui avait appris à souffrir en silence devait se mordre la langue pour ne pas crier. Ils devaient avoir mis quelque chose sur le fouet parce que chaque coups lui mettaient les nerfs à vif et lui brulait la peau. Est-ce qu'ils avaient mis de l'acide dessus ? Flush, peut-être que c'était du poison ? Non, surement pas du poison, ça l'achèverait bien trop rapidement. Elle laissa échapper un grognement malgré elle et à ce moment elle se dit qu'elle avait mérité le prochain coup. Elle connaissait la règle du jeu pourtant. L'homme face à elle déboutonna son pantalon qui pendit tristement sur ses hanches. Il riait d'un rire cruel et sadique, heureux de la voir souffrir.

- Je crois avoir entendu un bruit sortir de ta bouche, tu connais les règles.

Il se pencha pour agripper son visage entre ses doigts, elle se mordit la langue pour ne pas émettre le moindre bruit. Elle essaya de se concentrer sur autre chose, comme le bruit du fouet. Est-ce qu'il faisait Flush ? Ou plutôt Fush ? Ou quelque chose d'autre peut-être ?

- Encore un son et je te fais ce que je t'ai fais hier, mais à ces belles lèvres, cette fois.

En prononçant ces mots il avait glissé ses doigts sur ses lèvres, qu'il caressait avec envie. Jessamine réprima chaque attaque de son corps, qui lui balançait des frissons de dégout et des nausées.

- Mon frère m'en a beaucoup parlé tu sais, de ces fameuses lèvres et de ce qu'elles savaient faire.

Jessamine ne put résister à l'envie de le mordre, peu importe les conséquences. Il retira si vite son doigt qu'elle n'eut même pas le plaisir de le mordre à sang, elle en était déçue.

- La salope, s'écria-t-il en lui donnant un coup si violent au visage qu'elle fut projetée au sol.

Et malheureusement elle avait atterrit sur le dos, ce qui lui avait arraché un gémissement.

- On va voir si t'es à la hauteur, rit il en glissant la fermeture de son pantalon qui s'échoua au sol.

Jessamine qui avait eu le temps de s'asseoir lui cracha dessus avec dégout.

- Essais donc et cette fois t'auras pas le temps de t'enfuir avant que je ne te coupe un membre, dit-elle avec assurance.

Il agrippa sa chevelure pour la trainer jusqu'à la chambre où il lui réservait les pires tortures, celles que Dianne ne lui avait jamais fait subir. Il l'enchaina au lit comme il en avait l'habitude, ses mouvements étaient lents et méthodiques, signe qu'il était furieux. Elle avait conscience de son erreur, elle était allée trop loin cette fois. Il se positionna au dessus d'elle, grand et menaçant, et la torture commença. Elle sentit ses mains sales lui agripper la gorge si fort qu'elle fut obligé d'ouvrir les lèvres pour trouver l'air qui lui manquait. Bien sur, c'est ce qu'il cherchait à faire. L'étouffer pour qu'elle soit incapable de mordre ce qu'il lui faisait gober. Elle sentait le manque d'oxygène lui paralyser les membres, elle essayait de se débattre, mais l'air refusait d'entrer en elle. Elle ne pouvait même pas respirer par le nez puisqu'il lui avait pincé. Des tâches lumineuses dansaient dans son champ de vision, si bien qu'elle ne voyait plus que son regard. Il était noir et une lueur de cruauté et d'amusement y brillait.

C'était une sensation horrible que de s'étouffer et de manquer d'air, à une minute de sombrer sans jamais complètement atteindre les ténèbres. Le néant ne venait jamais.

Elle prit une grande goulée d'air comme si elle respirait pour la toute première fois. Était-ce parce qu'il avait fini sa petite affaire ? Ou est-ce que c'était le moment où il la laissait reprendre son souffle avant de l'en priver de nouveau ? Elle sentait sa présence près de lui et par réflexe elle serrât les cuisses, même si elle savait que ça ne l'arrêterait pas. Quelque chose n'allait pas, ou du moins, quelque chose avait changé. Elle ne sentait plus d'entrave à ses poignets, ni à ses chevilles. Il y eut un mouvement furtif de son côté droit et rapidement son corps avait repris ses vieux réflexe, elle avait brisé le verre sur la table de chevet, avait agrippé le vampire et l'avait plaqué contre le lit. Elle se tenait au dessus de lui, le morceau de verre appuyé contre sa gorge, à un endroit où au moindre mouvement elle pouvait le tuer. Il suffisait d'une coupure pour qu'il se vide de son sang sous ses yeux.

- Jessamine, qu'est-ce que tu fais ?!

Elle fronça les sourcils, son lit avait changé, pourquoi est-ce qu'il était plus petit ? Et sa voix, elle aussi, elle avait changé, pourquoi est-ce que tout était différent ? Elle plongea son regard dans le sien, dans la pénombre elle réussit tout juste à se rendre compte qu'il était devenu gris. Il n'y avait plus aucune lueur de cruauté dans ce regard, il était parfaitement indéchiffrable.

- Arrêtez la !

À ces mots, Jessamine sentit tous ses muscles se tendre, prêts à lancer l'attaque.

- Non, répondit celui qui avait les yeux gris.

- Jessamine, tu es en sécurité, dit une voix douce comme une caresse.

Mais, elle ne se sentait pas en sécurité, tous ses sens étaient en alerte. Pour la première fois dans sa vie, elle pouvait reconnaître qu'elle avait peur. Elle avait peur du petit jeu auquel la faisait jouer le vampire, peur que son corps ne la trahisse encore.

- Jessamine, ma douce, lâche Drago, s'il te plaît.

Jessamine était confuse, depuis quand Drago avait-il rejoins l'équipe de Nathaniel ? Elle baissa les yeux sur le visage du garçon, pas de doute, il s'agissait bien de Drago. Elle voulut lui demander ce qu'il faisait là, mais quand elle essaya de parler un son étrange lui échappa. On aurait cru entendre un animal hisser.

- Jessamine, réprimanda la voix douce.

Soudain, les évènements lui revinrent en mémoire. Elle avait réussi, elle s 'était échappée. Ils étaient morts, il était mort. Son corps se détendit quand elle en prit conscience, s'affaissant encore plus sur celui de Drago. Elle laissa retomber son bras et le morceau de verre glissa au sol, mais elle garda la même position. Elle étudiait le visage de Drago comme si c'était la chose la plus merveilleuse qu'elle ait vu au monde, ses traits familiers la rassurait un peu.

- Drago ? Réussit-elle à murmurer.

Si Drago était soulagé il n'en montra rien, il se contenta de poser sur elle un regard inquisiteur.

- Oui ? Demanda-t-il après ce qui semblait être des heures, mais dernièrement sa perception du temps avait été faussé.

- J'ai gagné, chuchota-t-elle si bas qu'il fut le seul à l'entendre.


Elle avait les yeux rivés sur ses chaussures, elle était contente de pouvoir en porter à nouveau. C'était non seulement très agréable à porter mais elle pouvait aussi se concentrer dessus quand elle avait envie d'ignorer le monde qui l'entourait. Et c'était exactement ce qu'elle voulait, oublier le monde qui l'entourait. Ils étaient tous réunit à l'infirmerie, autour de son lit, elle seule était assise dessus. On lui avait posé des questions sur la nuit de sa disparition, mais elle n'y avait aucune réponse. On lui avait posé des questions sur ce qui lui était arrivé, mais elle avait refusé d'y répondre. Elle ne voulait plus y penser, elle voulait oublier les coups, les tortures, lui et son corps. Mais, ils ne voulaient pas simplement en rester là, se contenter de son silence, alors puisqu'elle refusait de parler ils feraient parler ses souvenirs pour elle. Elle avait donc passé les dernières minutes à étudier ses chaussures, tandis qu'ils découvraient la scène de sa première tentative de fuite.

- Je pense qu'on a tous comprit qu'elle a subi des choses terribles, pas besoin d'y assister, on sait ce qui c'est passé, interrompis l'infirmière.

Jessamine lui en était reconnaissante, elle ne supportait pas une telle humiliation. Quel bon y avait-il à assister à tout cela ? Elle ne voulait pas qu'ils voient ce qu'il lui faisait, elle n'avait pas envie de devoir revivre tout cela à nouveau.

- Ça a son importance puisqu'on peut trouver des indices sur la localisation de cette maison et sur les responsables.

- Ils sont morts, dit Jessamine d'une voix faible, pleine de remords.

Elle avait gardé la tête baissée pour être plus crédible, ils n'avaient pas à voir la rage qui irradiait dans ses yeux. Elle aurait voulu leur faire subir un sort pire que la mort, bien que brûler vif soit douloureux. Elle leur expliqua plus ou moins le déroulement des évènements, à contrecœur bien sûr, elle parla de la potion qui lui faisait perdre ses pouvoirs, de la façon dont elle avait repris des forces, et quand elle eut finis son cours récit, personne ne dit rien.

Elle se leva lentement, essuyant ses joues humides, elle n'avait pas pris conscience qu'elle s'était mise à pleurer.

- Je veux voir ma famille une dernière fois, avant , dit-elle d'une voix tremblante.

- Avant quoi ? Demanda le professeur Rogue qui avait reprit des forces depuis qu'elle était de retour.

- Avant que vous ne m'envoyiez à Azkaban, s'exclama-t-elle en foudroyant Rogue du regard, comme si tout cela était de sa faute.

- Personne ne t'enverra à Azkaban, lui assura la directrice.

- Oui, enfin quand ils sauront que je suis de retour et qu'ils apprendront que je les ai tué, ils me jetteront en prison. J'ai... j'ai commis le pire des crimes qui soit , je dois être punie! Se mit-elle à pleurer.

- Personne, qui n'est pas déjà dans cette pièce, ou derrière cette porte, n'est au courant de ta disparition, dit le professeur Fenlow en frictionnant le bras valide de la jeune fille pour la réconforter.

Mais, dès que quelqu'un tentait de la toucher elle se défilait, comme apeurée par tout contact. C'est quelque chose qu'elle ne simulait pas, contrairement à ses pleurs, son corps ne supportait plus aucun contact.

- Quoi ? J'ai disparue pendant des mois et personne ne s'en ai rendu compte ?

- Non, tu n'as pas disparue pendant des mois, mais seulement quelques jours.

- Quelques jours ? S'étonna Jessamine.

- Est-ce que vous allez me punir ? Ajouta-t-elle en retirant ses chaussures, prête à plonger sous les couvertures dès que tout cela serait fini.

- Je pense que tu as déjà reçu ta punition, déclara tristement le professeur Mcgomachin.

- Bon, je pense qu'il est temps de la laisser se reposer, suggéra l'infirmière.

Très vite, il ne restait plus qu'elles dans la pièce. Jessamine contempla la dame avec reconnaissance, elle lui avait été très serviable. Elle déposa une fiole entre ses mains, l'air d'être désolée.

- C'est pour une nuit sans rêve, je pense que tu en auras besoin.

Elle avait bu la fiole avec appréhension, elle avait eu peur qu'elle ne lui fasse perdre ses pouvoirs. Mais elle sentait toujours sa magie nichée au creux de son ventre, ce qui la réconforta. Quand l'infirmière l'avait quitté, elle avait sentie Styx se glisser près d'elle, sans jamais la toucher.

Elle eut du mal à trouver le sommeil ce soir là, mais ce fut, comme prévu, un sommeil sans rêve.


Au bout de quelques jours, les blessures avaient presque toutes cicatrisés et son bras était comme neuf. Pour le reste, elle devait passer voir l'infirmière tous les soirs pour qu'elle soigne ses blessures et vérifie que tout aille bien. Étant donné qu'on était Dimanche, ou peut-être Samedi, elle n'en avait aucune idée, elle ne portait pas sa robe de sorcière. À la place, elle avait enfilé un pull bien trop grand pour elle, au moins elle était sûre que personne ne verrait ses cicatrices. Elle portait un jogging et des baskets, si elle devait fuir, cette fois elle aurait la tenue adéquate. En sortant de sa chambre, elle croisa le professeur Rogue, qui dégustait déjà son petit déjeuner. Depuis son retour elle refusait de rester trop longtemps seule dans la même pièce que lui, alors elle n'allait certainement pas déjeuner avec lui.

- Où vas-tu ?

- Me pendre dans la forêt interdite, vous voulez venir ?

Le professeur écarquilla les yeux suite à ses mots, la regardant comme si elle avait perdue la tête. Elle haussa les sourcils face à son incrédulité puis quitta la pièce sans ajouter un mot. Depuis qu'elle avait réapparut il lui semblait que tous le monde avait oublié ce qu'était le sarcasme. Drago l'attendait devant la porte, lui aussi avait revêtu une tenue plutôt simple.

- Tu m'attendais ?

- Oui, balbutia-t-il en la suivant vers la grande salle.

- Pourquoi ? S'intéressa-t-elle.

Elle marchait lentement, elle appréhendait le moment où elle passerait le pas de la porte. Elle se préparait à supporter tous les regards, à devoir sourire comme si tout allait bien, alors qu'elle avait envie gratter sa peau à sang jusqu'à ce qu'elle disparaisse.

- Eh bien, après tout ça, je...

Il semblait chercher ses mots, se faisant il ne remarqua pas la distance grandissante qui les séparait. Elle ne supportait plus que les gens soient trop proches d'elle, elle supportait à peine qu'on respire trop près d'elle .

- Tu quoi, Drago ?

- Je me demandais comment tu allais.

- Je vais bien, dit-elle d'un ton froid.

Il ne parut pas véritablement surpris par sa réponse, mais plutôt agacé. Elle se tourna vers lui, quelques mètres à peine devant la grande savaient tous les deux que ce n'était pas vrai, mais Drago accepta le mensonge. Elle essayait de calmer les battements de son coeur en se concentrant sur la chevelure blonde du garçon, elle redoutait tellement son grand retour.

- C'est tout ce que tu voulais ?

- Non, je ...

Il était de plus en plus furieux, pourquoi est-ce qu'il n'arrivait pas à trouver ses mots ? Pourquoi est-ce qu'il était tant déstabilisé ?

- Bien, salut, Drago, trancha-t-elle avant d'entrer dans la grande salle.

Elle se concentra sur ses « amis » pour ignorer les regards surpris qui se tournaient en sa direction, heureusement qu'il n'y avait pas grand monde aujourd'hui. Harry et ses amis furent les derniers à se rendre compte de sa présence et alors qu'elle s'assit à quelques mètres d'eux, laissant une distance raisonnable entre elle et ceux qui l'entouraient, la conservation mourut. Elle aurait pu s'en soucier si elle n'était pas déjà en train de s'empiffrer plusieurs crêpes, quelques muffins et un peu de pudding. Elle aurait bien aimé manger de la glace, peut-être qu'il y en aurait ce soir, elle pria pour. Après avoir englouti sa troisième crêpe elle tourna un regard inquisiteur vers ses amis, qui la regardaient sans rien dire.

- Bonjour tous le monde, dit-elle en affichant un sourire radieux.

- Tu n'as pas perdu ton appétit, s'exclama Joshua en la regardant dévorer un muffin au chocolat.

- J'ai envie de glace, vous croyez qu'il y en aura ce soir ?

Harry et ses amis échangèrent un regard perplexe, de toute évidence ils ne savaient pas quelle attitude adopter face à la jeune fille. Quel rôle jouait-elle ? Elle-même n'en avait aucune idée. Elle aurait eu envie de rire, une meurtrière accomplie comme elle traumatisée par une série de viols, qui y aurait cru ? Une actrice comme elle perdue dans un rôle, beaucoup trop difficile à endosser.

- J'irai t'en acheter, dit une voix trainante derrière son dos.

Sans quelle ne s'en rende compte, son corps s'était mis en alerte dès qu'il avait approché. Elle ne put cacher aux yeux des autres la façon dont son dos s'était raidi lorsqu'il avait approché, ni celle dont ses muscles roulaient sous sa peau à cause de la tension naissante qui envahissait son corps.

- Je peux m'en acheter toute seule, s'agaça-t-elle.

Elle ne voulait pas de ce rôle, elle ne voulait pas être la fille traumatisée et faible. Mais peut-être que ça pourrait l'aider à arriver à ses fins ? Peut-être qu'elle n'avait pas vraiment le choix, au fond ? Elle observa Harry attentivement, est-ce qu'il serait plus facile à atteindre de cette façon ?

- J'ai l'argent des Malfoy, toi tu n'as rien, fit remarquer le blond.

Elle avala son jus d'orange d'une traite avant de lancer un regard à ses amis, qui affichaient des sourires contrits.

- Vous voulez venir ?

- On ne peut pas, on a entraînement de quidditch, s'excusa Joshua.

Elle était la seule de tous, sans compter Hermione, qui ne faisait pas partie de l'équipe. Non pas que ça la dérange, le quidditch la laissait plutôt indifférente. Combien de fois s'était elle forcée à aborder le sujet avec Harry pour créer un lien factice entre eux ? Elle ne le savait pas, mais elle était heureuse de ne plus avoir à le faire.

- Faites attention sur vos balais, souffla-t-elle avant de quitter la pièce, Drago sur les talons.

Il était bien trop proche d'elle à son goût, si elle faisait un faux mouvement leurs épaules se frôleraient. Mais, à chaque fois qu'elle essayait de mettre de la distance entre eux, le garçon se rapprochait, ce qui la rendait furieuse.

- Depuis quand est-ce que tu t'inquiètes pour eux ? S'amusa Drago alors qu'ils marchaient en direction de Pré-au-lard.

Elle ne répondit pas, à vrai dire elle n'écoutait même pas ce qu'il racontait. Elle réfléchissait sur son rôle à jouer, elle avait l'impression d'être une actrice prise au piège, qui ne saurait plus faire la différence entre son personnage et sa réalité. Qui était-elle ? Cette question l'obsédait. Était-elle véritablement la fille traumatisée ? Ou est-ce qu'elle était celle qui faisait comme si rien ne lui était arrivée ? Elle était furieuse, comment un soldat comme elle pouvait être traumatisée après tout cela ? Elle c'était entrainée à subir les pires tortures avec Dianne et pourtant ils avaient visés juste, ils avaient trouvés ce qui la briserait. Comment le savaient-ils ? Drago posa sa main sur son bras et la fille ne put s'empêcher de le repousser si brusquement qu'il tomba à la renverse.

- Ne me touches pas sans me demander mon accord, le mit-elle en garde.

Il se releva en bougonnant mais une lueur de compréhension brillait dans son regard. Il avait compris ce que tous ne comprenaient pas. Il regardât autour d'eux, s'assurant que personne ne les entendraient.

- Est-ce qu'ils t'ont ... ? Lui demanda-t-il d'une voix étonnement douce, comme s'il s'adressait à un chien apeuré.

Elle n'arrivait pas à soutenir son regard empli de pitié, qui était-il pour avoir pitié d'elle ? Elle fourra rageusement ses mains dans ses poches, continuant de marcher vers la ville.

- T'es pas si bête finalement, râla-t-elle.

- Pour une fille qui prétend n'avoir peur de rien, tu te laisses traumatiser bien...

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, sous ses yeux le jeune Malfoy tomba à genoux, les yeux exorbité alors que ses poumons rejetaient l'air qu'il respirait. Il avait beau inspirer, ouvrir grand les lèvres pour laisser l'air entrer en lui, rien n'y faisait. Il n'arrivait jamais à reprendre son souffle. Il grattait le sol en plein désespoir, comme s'il essayait de s'accrocher à quelque chose. Jessamine pencha la tête sur le côté pour l'observer sous un nouvel angle, pourquoi est-ce que ça ne suffisait pas à lui remonter le moral ? Elle aurait bien aimé déguster sa glace en admirant cette scène. La jeune fille lui tourna le dos pour rejoindre Pré-au-Lard, lui permettant de reprendre son souffle. Non loin d'elle, Drago toussa plusieurs fois, heureux de pouvoir enfin reprendre son souffle. Il dévisagea le dos de sa cousine, elle n'avait pas tant changé, ce qui le rendit à la fois anxieux et content.

Jessamine n'avait jamais eu le droit de manger autant de friandises, pas sans faire au moins 17 fois le tour de la maison en courant et en ajoutant des heures à ses entraînements. Elle fut si contente de pouvoir remplir ses poches de bonbons et de prendre des pots glaces pour les semaines à venir qu'elle en avait retrouvé le sourire. Elle avait généreusement offert une glace à Drago, qu'il avait payé bien sûr.

- Tu pourrais me remercier quand même, fit-elle remarquer.

Ils étaient assis sur un banc à une distance respectable l'un de l'autre et elle avait le visage levé vers le ciel, si bien qu'elle ne vit pas sa réaction. Il faisait étonnement chaud pour le mois de Novembre, elle laissait volontiers les rayons du soleil éclairer son visage, lui apportant un sentiment de réconfort. Elle profitait de chaque sensation comme si c'était la toute première fois qu'elle sortait, elle laissait le vent lui caresser les joues en toute sérénité, le soleil lui réchauffer les joues avec joie et écoutait les battements calmes de son coeur. Rien ne pouvait déranger la quiétude dans laquelle elle était alors plongée.

- Je ne connais pas ce mot, répliqua-t-il.

Sa glace avait un peu fondue à cause de la chaleur, dégoulinant sur ses doigts qui devenaient vite poisseux. Mais, elle s'en fichait, elle préférait manger la glace de cette façon, ce que Dianne avait toujours trouvé étrange. Elle sirota sa glace comme s'il s'agissait d'une boisson et vue son état de décomposition elle ne pouvait pas faire autrement.

- Tu devrais arrêter de t'empiffrer de la sorte, lui conseilla Drago en la regardant suçoter une sucette avec dégout.

- Qu'est-ce que ça peut te faire ?

- Aucun garçon ne voudra de toi, si tu deviens énorme, lui expliqua Pansy qui se tenait à présent devant eux.

Jessamine leva un regard insolent sur elle, bien sûr, elle avait des formes qui devaient en rendre beaucoup jalouses. Avec ses longues jambes mises en valeur par sa jupe en similicuir verni, sa taille fine dans son petit pull et ses cheveux soyeux. Jessamine poussa un grognement en remarquant qu'elle ne cherchait plus à cacher ses bras, elle ne pourrait plus découvrir son secret. Comme si Jessamine avait besoin de séduire un homme, surtout maintenant.

- Drago, disciplines ta petite amie avant que je ne m'en charge, prévint-elle.

- Des menaces, encore et toujours, c'est tout ce que cette bouche sait faire.

D'un point de vue extérieur on aurait pu penser que la remarque de Pansy ne l'avait pas atteint, mais elle était bel et bien furieuse. Furieuse parce que ses mots lui faisaient penser à ceux du vampire et elle ne voulait plus penser à lui. Elle restât cependant maître d'elle-même et c'est avec une lenteur exagérée qu'elle se leva pour rejoindre Pansy. Elle se trouvait à quelques centimètres seulement de la jeune fille, qui l'avait regardé faire avec appréhension. Jessamine affichait un sourire paisible, à peine séducteur quand elle lui dit de sa voix suave :

- Je vois que mes lèvres t'intrigue, tu dois te demander ce qu'elles savent faire.

Pansy écarquilla les yeux quand Jessamine glissa une mèche de ses cheveux derrière son oreille, puis lentement, pour lui faire comprendre son attention, elle attira son visage vers le sien. Pansy parut beaucoup trop sonné pour réagir quand ses lèvres se posèrent sur les siennes. Jessamine savait comment se servir de son corps comme une arme, le baiser fut chaste mais déstabilisant et électrisant. Les lèvres féminines et douces de la jeune fille ne lui rappelaient pas celles du vampire, durant le baiser, elle ne pensa pas une seule fois à ce qu'elle avait vécu. Et pour cela, elle voulut remercier Pansy. Mais très vite, bien trop vite, ce qui allait être étourdissant pour Pansy, elle le savait, Jessamine recula et s'en alla. Sans aucune forme de procès. Elle laissa une Pansy pantelante et un Drago dépassé par les évènements derrière elle. Grâce à Pansy elle avait trouvé la solution à son problème et elle savait quel rôle elle devait jouer.


Je suis contente de vous retrouver après presque un an ! J'espère que ce chapitre vous aura plu , n'hésitez pas à me donner votre avis.

Pour l'instant, les scènes de tortures ne sont pas très explicites mais elles risquent de le devenir, je vous préviens. Et il risque aussi d'y avoir du lemon ( soft ), je mettrai cet emoji ( ? ) en début de scène pour que vous puissiez le passer si vous voulez !

N'oubliez pas de commenter, ce me ferait plaisir !

On se retrouve la semaine prochaine pour le prochain chapitre !