Chapitre VIII
"Il était notre ami"
3018- C.C (T.Â.)- Plaines rocheuses -
Après avoir offert à leur compagnon des funérailles digne d'un prince du Gondor, la fraternité se retrouva comme tétanisée.
-Jamais je n'aurais cru que cette bête soit capable d'une telle atrocité...Murmura Sam en tremblant d'effrois.
- Une telle arme de guerre...Soupira Gandalf, la mine déconfite. Je m'étonne de ne pas avoir lu en ce monstre plus tôt...Tant de ténèbres dissimulées en un dragon...Il y avait de quoi faire trembler le seigneur des ténèbres en personne...
-Peut-être attendait-il le bon moment pour s'en prendre à Frodon ! Supposa Gimli, tentant de se distraire en limant la lame de sa hache.
- Il s'est transformé sous nos yeux en démon...Cracha Legolas, les larmes aux yeux. Une créature de Sauron en plein pays elfique ! Même la Dame Galadriel n'a pu lire en lui...
-Et il a faillit transperçer Fredon sans l'ombre d'une hésitation...Pleura Merry. Si Boromir ne s'était pas sacrifié...
- Vous vous entendez ? Murmura Fredon, les yeux tournés vers un point invisible à l'horizon.
- Que se passe-t-il Fredon ? S'enquit Pipin en posant une main réconfortante sur l'épaule du porteur.
- Vous vous entendez ?! S'écria alors Fredon, incapable de retenir plus longtemps sa fureur. « Bête », « démon », « monstre », « arme » ! Je vous rappel que nous avons baptisé cette incroyable créature Sáro ! Hurla-t-il avec haine. Et jusqu'à aujourd'hui, il nous a aidé sans rien demander en retour !
- Puis il est devenu incontrôlable, murmura Legolas, son regard sombre de déception.
- N'as-tu donc rien remarqué ? Répliqua le semi-homme d'un ton dégoutté. Il a perdu la raison lorsque tu as été bléssé !
Aragorn sembla soudain se rappeler d'un détail important. L'homme sortit de sa sacoche la pointe de lance qu'il avait retiré du cou de Sáro .
- Il a été empoisonné tout comme Fredon ! S'écria-t-il.
- Ce n'est pas une simple lance empoisonnée qui à pu transformer ce dragon en ombre ! Contrat avec colère Legolas. Depuis le début, nous sommes en présence d'un démon, le comprends tu ? Un fantôme, un spectre, tout comme ces Nagzuls !
- Dragon ou démon, cela ne change en rien ce qu'il est ! Contrat à son tour le hobbit. Il nous a sauvé du Balrog. Depuis qu'il est à nos côtés, je ne souffre plus en portant l'anneau à mon cou ! Mais qu'as-tu fait lorsqu'il a user de sa magie? Tu l'as rejetés ! Pourquoi à ton avis, une créature comme lui se cachait en Moria ? Surement pour fuir la folie sourde de ce monde ! Il n'a jamais voulu ma mort ou celle de Boromir, mais nous l'avons poussé à user des ténèbres dissimulées en lui. Et tout cela pour vaincre les forces armées de Sauron !
-Fredon...
Le hobbit dédaigna cependant écouter l'elfe plus longtemps.
-Je m'en vais vers le Mordor ! Proclama le semi-homme. Et il n'est pas question que l'un d'entre vous m'accompagne. Sáro aurait pu nous aider à détruire l'anneau et à présent que vous avez trahit sa confiance, je préfère accomplir ma mission seul. Je ne pourrais supporter d'être entouré par des gens me jugeant juste parce que ma part de ténèbres est aussi visible qu'une plaie ouverte...
Sur ces mots et les yeux en larmes, Fredon disparu.
Tandis que le dragon volait en aveugle, guidé par la douleur et le regret, ce qui restait de la fraternité prit le chemin du Gondor.
Sam disparu à son tour et personne ne le chercha vraiment, convaincu que le hobbit était allé retrouver Fredon.
Beaucoup de choses se passèrent durant les jours qui suivirent. Gandalf et ses compagnons parvinrent à vaincre Saruman avec l'aide des Ents.
Cependant, lorsque tous prirent la route vers le Gondor, le moral de chacun était au plus bas.
Legolas ne cessait de se répéter intérieurement les paroles qu'il avait eut envers Sàro.
Les dragons avaient toujours été des créatures complexes. Mais lui, un elfe, aurait du comprendre que son ami n'était pas dans son état naturel lorsqu'il s'en était pris à Boromir. Il avait l'impression qu'en rejetant Sàro, c'était une part de lui même qu'il avait rejeté.
C'était bel et bien Fredon et Sam qui marchaient dans ce pays de pierre. Harry ne pouvait décemment pas les laisser airer ainsi à travers le désert.
Connaissant les hobbits, ils se perdraient bientôt et demanderaient de l'aide au premier venu...
Son ombre affola d'abord ses compagnons qui crurent surement au retour des Nazgûls. Cependant, en reconnaissant Harry et sa forme reptilienne, ils se précipitèrent comme un seul homme à sa rencontre.
- Sáro ! Hurla de bonheur Fredon en venant enserrer de son petit corps la tête du dragon. Oh Sáro, comme je suis heureux de te revoir ! J'ai cru que jamais tu ne reviendrais à nous...
De son côté, Sam pleurait comme un enfant.
-Je te promet de cuisiner tout les poissons que je trouverais en chemin ! Par pitié ne nous laisse plus jamais seuls !
Harry se sentit terriblement honteux d'avoir laisser les hobbits à leurs sorts.
Comment avait-il pu se montrer si égoïste alors qu'il savait à quel point sa présence amoindrissait la douleur du porteur ?
Harry émit un son pitoyable en guise d'excuse et les hobbits redoublèrent de caresses à son égard.
Même si le dragon appréciait leurs marques d'attentions, il savait qu'il n'y avait plus de temps à perdre.
Il s'était laissé aller à la tristesse alors que ce monde était à l'agonie.
Legolas pouvait bien dire ce qu'il voulait, magie noir ou pas, il affronterait Sauron.
Draco aussi avait toujours été rempli de préjugés...C'était le principal défaut de son âme sœur. Elle avait tendance à se laisser berner par les opinions de ses aînées.
Le dragon se baissa pour faire comprendre aux deux hobbits de grimper sur son dos.
-Tu es certain que nous ne seront pas trop lourds? S'enquit Fredon d'un air soucieux.
D'un grognement, Harry insista et les hobbits n'hésitèrent plus. Le décollage fut cependant difficile. Porter Legolas était une chose, l'elfe pesait le poids d'une plume.
Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, les hobbits pesaient aussi lourds que deux barriques de bière.
Le dragon mit un moment à prendre l'élan suffisant pour décoller. Il rasa le sol sur plusieurs kilomètres et Harry bénit mentalement le fait d'être dans un désert de roches. Puis virent les courants d'airs chauds qui aidèrent le reptile à atteindre les hauteurs.
-C'est merveilleux ! S'écria Fredon en riant aux anges. Tu te rends compte Sam ? Nous sommes certainement les seuls Hobbits au monde à avoir un jour voyagé à dos de dragon ! Même Bilbo n'en reviendrait pas !
- Des centaines de poissons frits aux herbes ! Fredonna Sam en réponse, faisant un clin d'œil à l'intention de Harry.
Le reptile ronronna comme un moteur pour signifier contentement.
Même si le dragon volait de bon train, il lui fallut néanmoins la nuit pour récupéré de son vol. Il atterrit ainsi aux abords d'un petit ruisseau où Sam le régalât d'un délicieux dîner de truites cuisinées par ses soins.
Bien que Harry n'en aurait jamais eut assez pour satisfaire sa faim, il se sentait heureux qu'on prenne soin de lui ainsi.
La lune était haute dans le ciel lorsqu'ils sursautèrent au son familier du cris des oiseaux sombres.
-Il faut partir Monsieur Fredon! S'écria Sam en réunissant leur affaires le plus vite qu'il put.
Les deux hobbits sautèrent sans plus attendre sur le dos du dragon et tout trois s'enfuirent, éclairés seulement par la pleine lune.
Les Nazgûls les repérèrent cependant plus vite que Harry ne l'aurait cru et une course poursuite débuta.
Le dragon usait de ses forces pour garder le rythme et ne pas se faire rattraper par leurs ennemis.
Contrairement à lui, les montures des serviteurs de Sauron semblaient infatigables. Toute la nuit durant, Harry mena une course essoufflée.
Les hobbits émirent alors un cris de victoire en apercevant le Mordor à l'horizon.
- Ne lache rien mon ami ! Le supplia Fredon en lui flattant l'encolure. Il suffirait de voler encore quelques kilomètres et nous n'aurions plus qu'à jeter cet anneau infernal dans les laves du volcan !
Harry fit ainsi encore et toujours de son mieux pour atteindre leur objectif.
Lorsque le soleil arriva à son zénith, les Nazgûls prirent cependant le dessus sur la course. Leurs cris stridents étaient si insupportables qu'ils rendirent à moitié fou le dragon. Ce dernier perdit alors dangereusement de l'altitude.
De ses griffes Harry chercha désespérément un appui contre une falaise. C'était sa seule chance de protéger Sam et Fredon des oiseaux sombres.
Les créatures le charriaient de coups de têtes agressifs dans l'espoir de faire tomber sa cargaison. Harry savait qu'ils atteindraient leurs but si il ne mettait pas tout de suite les hobbits à l'abris.
Par chance, le dragon parvint à s'accrocher suffisamment à la parois et ses compagnons ne tardèrent pas à comprendre son plan.
Une fois que Harry fut bien assuré que les hobbits avaient ajusté la corde de Galadriel à la roche, il les laissa enfin quitter son dos.
Le plus dur était pourtant à venir. Il fallait encore attirer l'attention de ses ennemis sur lui. Il changea ainsi de direction et d'un mouvement d'ailes rapide, rejoignit les hauteurs.
A sa grande satisfaction, les créatures n'y virent que du feu et continuèrent à le poursuivre. Harry en profita pour les charger.
Prit de court, un des spectre se retrouva saisis par une puissante patte qui l'éjecta loin de sa monture.
Pour le second cependant, Harry eut moins de chance. Le cavalier demanda à sa bête d'attaquer par derrière, empêchant ainsi le dragon de voler. Les deux créatures se retrouvèrent à chuter toutes deux vers la terre sans que l'un puisse s'échapper de l'emprise de l'autre.
Au dernier moment, Harry envoya un puissant coup de mâchoire à l'oiseau qui finit par lâcher sa prise en hurlant de douleur.
Sa victoire fut hélas de courte durée car Harry n'eut pas le temps de refréner sa course vers la terre. Lorsqu'il percuta le sol, il sentit sa carcasse être lamentablement labourée et écorchée par la roche dure et aiguisée de la lande.
Lorsqu'il cessa enfin de rouler dans la poussière, il avait l'impression que l'ensemble de ses os avaient été broyés.
Le sang battait dans sa tête et Harry n'avait plus aucun contrôle sur son corps.
Son instinct d'animagus lui révéla alors la triste réalité de sa condition : il avait perdu le contrôle de sa magie et était redevenu humain.
