Chapitre IX

"Une bien étrange couvée"


3018- C.C (T.Â.)- Marécages -


Le jeune homme tenta d'ouvrir les yeux mais seule la vision brouillée d'un paysage désertique s'enregistra dans son cerveau.

« Brillant » se dit-il à lui même, « te voilà redevenu Harry Potter, le héros bigleux qui à perdu ses lunettes ! ».

Son corps était endoloris pas les millénaires passés sous la forme d'un dragon et il n'avait plus aucune maîtrise de ses membres humain. Plusieurs fois, il se retrouva le visage couché dans la poussière, tel un pantin désarticulé.

Il ne pouvait toutefois compter que sur lui même pour se sortir de ce mauvais pas. Que faire si les oiseaux de Sauron revenaient à l'assaut ? Avaient-ils compris le subterfuge et étaient parti en quête du porteur de l'anneau ? De nombreuses questions galopaient dans la tête du sorcier.

Harry était trop faible pour partir en quête des hobbits. Il fallait toutefois qu'il tente de se mettre à l'abris avant de sombrer dans l'oubli.

Il se força ainsi à ramper vers une petite cavité à peine assez grande pour accueillir un renard. Son esprit ne rechigna pourtant pas à se déconnecter de la réalité dès qu'il eut atteint son objectif.


Harry ne savait plus si il devait rire ou pleurer. En effet, il venait encore un fois de s'enfoncer jusqu'au cou dans un inextricable merdier.

Le garçon aurait pu se sentir à l'aise, cacher au milieu des roches, dans l'herbe rêche et le corps endoloris.

Néanmoins, il y avait un petit pois de taille dans sa couchette improvisée. Déjà qu'un seul avait empêché une princesse de dormir, alors deux...Harry s'était, comme qui dirait, endormis dans un nid.

Mais pas n'importe lequel, nooon. Il avait bien sur choisi de piquer un somme dans celui de la créature la plus terrifiante de la région.

Ah oui ! Autre point important : elles semblaient affamées.

Difficilement, Harry se mit à quatre pattes pour s'éloigner le plus rapidement possible du nid. Une idée manquant cruellement d'esprit sachant que le mouvement attire à lui tout prédateur digne ce nom.

Une ombre englouti brusquement les tergiversions de son esprit. Harry s'affola. Si il restait une seconde de plus ici, il allait être transformé en goûter improvisé !

Ses dernières pensées furent pour Fredon et Sam, qui rejoindraient peut-être avec un peu de chance le Mordor. Ils n'auraient alors plus besoin de son aide. Legolas, quand à lui, ne voudrait certainement plus jamais le revoir...

Etre recyclé en purée de viande fraîche pour une portée d'oiseaux putrides n'était finalement pas une aussi horrible perspective...

Il sentit alors un museau le renifler et Harry ne pu résister à la tentation d'observer la créature à qui appartenait ce nid.

Vu de près, l'oiseau sombre ressemblait plus à un dragons qu'à un volatil. Ses ailes étaient cependant ponctuées d'un duvet de plumes aussi noir que la nuit.

Harry leva lentement une main pour caresser son museau. Un ronronnement lui répondit prestement.

« Finalement... » Pensa intérieurement Harry. « Nous sommes semblables en bien des points toi et moi. Nous appartenons aux ténèbres, mais cela ne fait pas de nous des créatures sanguinaires... ».

La créature gémit à son tour et posa sa petite tête sur le torse de Harry.

« Où sont tes parents ? » Grogna Harry dans une langue qu'il espérait être compréhensible pour la créature mi reptile, mi volatil.

« Ils ont prit mère... » Pleura l'animal en frottant son museau contre la main de Harry. « Grand qui sentait la charogne ont voulu nous attaquer. Mère a défendu mais n'est jamais revenue... »

« Les Nagzuls ? » Siffla Harry avec dégoût.

« Ne connais pas ce nom... » répondit la créature. « Qui es-tu, toi qui parle la langue de la terre ? ».

« Je suis un serpent » l'informa Harry "et je protège la flamme sacrée".

« Comment peux-tu garder la vie toi qui peux à peine bouger ? »

« Je suis fatigué pour le moment, mais si tu me laisses la vie sauve, je t'apprendrais à voler et à chasser ».

« Tu es mon seul espoir de devenir puissant et fort, Serpent » Acquiesça la créature. « Mon frère et moi acceptons ta proposition ».

« Mon nom est Harry. » Se présenta le magicien avec un sourire fatigué.

« Mère ne nous nommait pas... » S'attrista la créature.

« Deux oiseaux ont marqués ma vie » Réfléchi Harry. « Tu portera ainsi le nom de Fumseck. Quand à ton frère, il s'appellera Buck ».

Et c'est ainsi que Harry repris des forces aux côtés de ses nouveaux compagnons d'infortune.

Dès que le mage se sentit la force de marcher, il accompagna les oisillons dans leurs premières exploration en dehors du nid.

Trouver de la nourriture pour de tels créatures aurait pu s'avérer impossible si Harry n'avait pas connu lui même de titanesques besoins alimentaires en tant que dragon. Il trouva dans les marécages assez de poissons pour que Buck et Fumseck prennent rapidement du poids.

Un nouvel ennemi se profilait cependant à l'horizon et les chasseurs d'oiseaux repérèrent très vite les deux jeunes protégés du magicien.

Les orques tentèrent tant bien que mal d'approcher Buck et Fumseck. C'était sans compter sur l'instinct protecteur de Harry qui lui permit de reprendre sa forme reptilienne aux prix d'une grande dépense magique.

Bien que durement affaibli, il chassa les envahisseurs de leurs territoires.

Buck et Fumseck étaient à présent si attachés à leur nouveau tuteur qu'ils chassèrent pour lui pendant plusieurs jours, le temps que le dragon reprenne des forces.

On peut dire que pendant cette étrange séjour parmi les oiseaux sombres, Harry pu enfin reprendre du poil de la bête.

Si possible, sa horde se déplaçait contre le vent pour chasser.

Apercevoir la proie et la tuer étaient toutefois deux choses différentes. Les oiseaux sombres mangeaient de tout, mais des créatures aussi grandes avaient besoin de chasser plusieurs fois par nuit pour satisfaire leurs appétits.

Après la localisation visuelle ou nasale d'une proie, les oiseaux s'efforçaient de tournoyer autour d'elle afin de l'affoler pour l'épuiser.

Au fur et a mesure que l'animal se fatiguait, l'excitation s' accroissait parmi la horde.

Quand ils étaient suffisamment rapprochés pour attaquer, Buck ou Fumseck s'efforçaient de mordre les pattes ou les flancs des proies. Ensuite, c'était au tour de Harry, le chef de meute, d'attraper l'animal dans ses griffes.

Si la taille de la proie le permettait, chacun des membres du clan attendait son tour. Dans le cas d'une grande bête, les oiseaux demeuraient près de la carcasse jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien à manger.

L'instinct animal de Harry poussé à son paroxysme faisait de lui un être satisfait de son existence.

Ce n'est que lorsque la terre trembla et que la montagne cracha de la fumée que Harry se rappela de son ancienne existence.

« Harry ? » Appela Buck, sentant l'inquiétude de son tuteur. « Qu'arrive-t-il à la terre ? Pourquoi semble-t-elle en colère ? »

« Elle vient de me rappeler à l'ordre... » Murmura Harry avec tristesse. « Je ne puis rester plus longtemps à vos côtés, il me faut reprendre ma route et retrouver la flamme qui permet à ce monde de ne pas sombrer... »

« Harry... » Murmura Fumseck « Nous sommes une meute. Frères dans le cieux, nous restons à jamais liés à la terre. Où tu iras, nous irons ».

« Alors il n'y a plus de temps a perdre ! » S'écria Harry en poussant un rugissement féroce. « J'ai deux hobbits à prendre en stop ».

« Qu'est ce-qu'un hobbit ? Demanda Buck en penchant la tête sur le côté. « ça se mange ? ».