Merci à ceux qui ne me lisent pas encore, sinon je souhaite la bienvenue à ceux qui ont eut le courage de lire le prologue.
D'habitude je fais des histoires assez humoristiques, mais cette fois j'ai essayé de rendre l'atmosphère sombre. Comme c'est un premier essai, c'est probable que ça ne soit pas fameux... Mais qui ne tente rien n'a rien comme on dit, n'est-ce pas ?
Je tiens à préciser que je débute dans South Park et que je n'en suis pas très loin alors il est probable que je fasse des erreurs... J'espère qu'elles ne seront pas trop graves, sinon je compte su vous pour me le faire remarquer.
Sur ce, bonne lecture de ce chapitre 1, en espérant qu'il vous plaira !
~I~
« Eh ! Regardez qui vient par ici les mecs, alpaga la voix forte de Cartman. »
Stan sursauta alors qu'il s'était assoupi sur la table. Il savait qu'il ne fallait pas vraiment placer sa confiance dans le gros lard qui lui servait d'ami, mais là il n'avait pas vraiment le choix. Il avait eut besoin de lui pour lui demander de le réveiller si Wendy passait devant lui, elle n'aurait pas supporté de voir que son petit-ami dormait au lycée, d'autant plus qu'à Denver comme dans les rues, ce n'était plus tellement sûr de somnoler de la sorte. La dernière fois, elle ne s'était d'ailleurs pas gênée pour lui remonter les bretelles en le réveillant de la même façon que venait de le faire Cartman, en dix fois pire. Le jeune brun se souvint de quand elle avait plaqué son encyclopédie dont elle était si fière sur ses pauvres doigts. Il esquissa d'ailleurs une grimace en y repensant et releva les yeux pour voir ce que Cartman désignait avec sa voix toute excitée de gamin qui a trouvé un nouveau jouet. Une chose était sûre, ce n'était pas Wendy sinon il se serait tenu à carreau. Stan croisa le regard de Kenny en relevant la tête et lui offrit un sourire encore à moitié endormi. Quand le blondinet se mit à rire, ça le vexa un peu mais il remarqua bien vite qu'il ne se moquait pas de lui, mais de la lueur amusée dans le regard du gros lard. En effet, il avait l'air intéressé par le nouvel élève qui venait d'entrer dans la cour. Stan porta également son regard sur l'être qui semblait maintenant amuser ses deux amis et resta bouche-bée. Il allait ouvrir la bouche pour exprimer ce qu'il pensait quand une autre voix venant de derrière son dos le fit sursauter.
« Bordel... Pendant une seconde j'ai cru que Kenny était à deux endroits à la fois.
- Oh putain, constata Stan, j'ai pensé la même chose...
- Ça vous dis, ajouta Cartman, on va lui demander s'il est pauvre et si ses parents sont toxicos ?
- Mes parents sont pas toxicos !
- Ment pas Kenny, on les a tous vus défoncés tes vieux.
- Nah, reprit la personne installée derrière Stan, pas moi. »
Les trois amis se tournèrent vers la personne qui venait de parler. Ce fut sans surprise qu'ils virent de jolies boucles rousses onduler au gré du vent et le regard brillant du jeune Kyle Broflovski. D'habitude, on ne le voyait jamais séparé de son meilleur ami Stan, mais là il y avait une raison toute particulière au fait que Kyle ne soit pas avec ses amis depuis le début de la récréation : une fille lui avait demandé de le rejoindre et c'était la première fois que cela arrivait après Bébé. D'après Stan, c'était l'occasion de changer d'air puisque vu le regard que la blonde Barbara portait encore sur lui malgré toutes ces années, elle ne semblait pas avoir abandonné son "joli petit cul". D'après Kenny, il ne fallait pas qu'il manque son coup car la fille qui lui avait demandé avait une telle paire de seins qu'il en aurait fait son quatre heures s'il n'avait aucun respect pour son ami. Or, Kyle n'avait pas su refuser l'invitation et, malgré le fait qu'il avait promis d'aider Stan à ne pas s'endormir sur son bureau, il était allé au rendez-vous. Le juif semblait d'ailleurs assez nerveux, comme s'il redoutait les futures questions que pourraient lui poser ses amis, aussi se dépêcha-t-il de changer de sujet ou, plutôt, reprendre la discussion qu'ils avaient commencée avant que les pensées des ses amis ne dévient.
« Quoi ? Ok, les parents de Kenny sont accros à l'alcool, mais j'irais pas jusqu'à dire qu'ils sont toxicos.
- T'as jamais remarqué le nombre de pétards qui traînent le cul à l'air sur sa "jolie" moquette ? Railla gaiement Cartman, fier de lui. »
Kenny baissa la tête en repensant à qui pourrait avoir eut l'idée débile de faire traîner ce genre de saloperies dans le salon et ses pensées désignèrent de façon presque arbitraire son frère Kevin. Ce connard.. il était persuadé que c'était un de ces matins où le plus grand avait encore fourré sa marchandise dans les poches de son fût pour être sûr que personne ne la lui volerait. Cartman avait sûrement vu un de ceux qui était tombé de sa poche quand il s'était levé. Mais Kevin avait été assez con pour le laisser traîner, il n'avait même pas imaginé une seule seconde que Karen aurait pu le trouver et... Une tornade de cheveux blonds interrompit les sombres pensées du garçon et arriva juste devant le groupe d'amis qui ouvrirent des yeux ronds en remarquant qu'il s'agissait d'une fille. Kyle eut même un petit mouvement de recul en se rappelant que Bébé avait également les cheveux blonds. Il déglutit péniblement avant de se réfugier derrière Stan qui ne semblait pas plus rassuré que lui. La nouvelle arrivante se trouva pourtant ne rien avoir en commun avec « l'ex petite-amie » du rouquin. Pourtant, son air souriant semblait presque trop beau pour être vrai, il devait sûrement s'agir d'un masque. Du moins, c'est la remarque que se fit Kenny avant de détourner le regard. Il avait toujours détesté les masques de circonstances, ça lui rappelait beaucoup trop lui-même.
« Salut ! Commença-t-elle d'un air qui donna presque envie de vomir à Kenny. »
Il y eut un gros blanc pendant lequel les quatre garçons la regardèrent sans rien dire. Puis, ce fut Kyle qui se décida à prendre la parole, même s'il ne se sentait pas trop à l'aise face au regard tellement bleu de la jeune fille.
« Salut... On ne t'a jamais vue ici, tu es nouvelle ?
- Euh, en quelque sorte oui ! Je m'appelle Rin et lui c'est mon frère jumeau, Len. Enchantée ! »
Elle désigna son dos d'un signe de tête et les garçons ouvrirent des yeux ronds. C'était le même gars que tout à l'heure, celui qui ressemblait beaucoup à Kenny. Stan fronça les sourcils, alors comme ça il s'appelait Len ? Cartman fut soudain prit d'un rire incontrôlable qui n'étonna pas que lui puisque même Rin semblait inquiète. Kenny lâcha un petit rictus, visiblement cette fille avait quelque chose à cacher, il en avait la certitude à présent. Par contre, le comportement du garçon lui semblait bizarre. Il pensa d'ailleurs judicieux de ne pas s'y attarder pour l'instant pour se concentrer sur la réaction de l'obèse. Kyle fut plus rapide que lui et le devança alors qu'il allait parler. Le rouquin carburait aujourd'hui, ça faisait deux fois en moins de dix minutes... Ça frustra un peu Kenny, mais il avait l'habitude après tout. Il savait que Kyle adorait se lancer dans de longues joutes verbales le gros, malgré le fait qu'elles se finissaient souvent par l'abandon pur et simple de Cartman, même si ce dernier n'aurait jamais osé avouer qu'il avait perdu.
« Pourquoi tu rigoles gros lard ?
- J'suis pas gros, j'ai une ossature lourde !
- Et ça veut dire quoi, ça, sinon que t'es gros ?
- J'suis pas gros !
- Si !
- Bah je vous emmerde et je rentre à ma maison.
- Putain Cartman... Soupira Stan. On a plus 8 ans, ça va rentrer dans ton crâne ?
- Va te faire Stan !
- Et comment tu comptes « rentrer à ta maison » gros lard ? T'es au courant que dans à peine quelques minutes on va rentrer en cours ?
- Je vous emmerde. »
Les deux jumeaux suivirent l'échange sans essayer de s'en mêler. Comme l'avait pensé Len, la mentalité des américains était vraiment très différente de celle dont ils avaient l'habitude au Japon. Finie la belle époque de la politesse et de la timidité, dans ce monde de brutes il allait falloir s'imposer. Len réprima péniblement un malheureux haut-le-cœur et sa jumelle soupira d'exaspération. Ça ne lui plaisait pas d'avoir été ignorée de la sorte alors qu'elle semblait si fière de son entrée. Len voulut presque se mettre à glousser pour lui prouver que malgré toute sa bonne volonté, elle n'arriverait pas à le faire accepter par le groupe de garçons mais l'état d'agacement dans lequel elle se trouvait l'en empêcha. Elle n'avait pas envie d'insister, après tout c'était elle qui était venue à leur rencontre et pas l'inverse. D'ailleurs, sa façon d'aborder la conversation avec les autres n'était pas des meilleures. Ça marchait peut-être avec les filles, mais cette méthode presque robotique de se présenter ne ferait pas bouger les choses comme elle le souhaitait. Len se serait volontiers moqué lui aussi moqué, mais il se sentait observé par une paire d'yeux bleus curieux qui le glaçait d'effroi. Il n'aimait pas vraiment être observé de la sorte... Il n'osa même pas tourner la tête vers la personne qui l'observait, il se sentait tellement mal à l'aise. Pourtant, il n'y avait pas de quoi, Kenny était incapable de faire le moindre mal à une mouche, mais ça le jeune garçon l'ignorait puisque c'est à peine s'ils avaient échangé un regard. Soudain, sa jumelle lui serra le bras, un regard assassin se peignant sur son visage d'ordinaire si lisse. La façade semblait être tombée l'espace d'une minute, mais la jeune fille reprit vite un air exaspéré sans pour autant cesser d'enfoncer ses ongles dans la chair de son jumeau.
« Apparemment c'était une erreur de venir à votre rencontre. Tu viens Len ? On s'en va. »
Son ton glacial étonna Kenny, dire que tout à l'heure elle semblait si joyeuse et souriante.. Il avait vu juste, cette fille n'avait rien d'aimable et derrière la façade qu'elle érigeait devant elle, il semblait que quelque chose ne tournait pas rond dans sa petite tête blonde. Peut-être qu'elle était juste conne ? Ou alors elle était frustrée qu'on ne lui accorde pas l'attention qu'elle désirait ? Eh ben elle allait se mordre les doigts souvent, c'était pas tendre par ici. Kenny laissa de nouveau son regard se porter sur le jeune blond qui n'avait pas prononcé un mot depuis le début de l'échange. Il ne semblait pas avoir envie de partir, et ce même si sa jumelle le tirait obstinément par la manche pour le ramener vers elle. Kenny avait horreur de l'injustice et il ne lui en fallut pas plus pour qu'il se lève en soupirant.
« Je crois qu'il n'a pas très envie de te suivre.
- Et comment tu le sais ?
- Ça se lit sur son visage, continua-t-il en la défiant du regard, c'est comme s'il avait peur de toi. »
Len le regarda d'un air apeuré, essayant de faire signe à Kenny de se taire avant de ne vraiment l'énerver. Ce n'était pas une bonne idée, et il était un des plus qualifiés pour le savoir. Sa soeur savait se montrer gentille, naïve et innocente, mais en réalité il n'en était rien et quand elle perdait son calme... Le pire risquait de se produire alors il hocha vivement la tête de droite à gauche, espérant qu'il lâcherait l'affaire rapidement. Kenny remarqua son petit manège, ce qui ne fit que l'amuser d'avantage.
« Je confirme, ajouta le pauvre, il a peur de toi.
- J-Je vais très bien, répliqua enfin Len en devenant aussi blanc qu'un linge, merci mais Rin a raison on va vous fausser compagnie.
- Quel dommage ! Protesta Cartman, lassé de se disputer avec Kyle.
- Pourquoi vous partez ? Demanda le rouquin, perdu. »
Rin ne prit même pas le temps de répondre et partit en soupirant, traînant son jumeau derrière elle comme s'il était un poids qui la ralentissait, ou alors un sac qu'elle était obligée de se trimbaler partout. Kenny ne la connaissait presque pas, mais il la détestait déjà. Elle avait un comportement tellement étrange, autant avec son frère qu'avec les autres. Bon, on ne pouvait pas non plus dire que ça intéressait Kenny outre-mesure, il y avait tellement de gens bizarres qui traînaient à South Park que cette jeune fille n'était pas une nouveauté. Quoique... En fait, ce qui préoccupait le plus Kenny ce n'était pas la soeur, mais plus la réaction du frère. Dès qu'ils furent hors de vision des quatre garçons, Cartman ne put retenir un léger sifflement qui prit toute l'attention de Kenny et Kyle, vu que Stan avait replongé dans un sommeil des plus profond.
« Ouah la bonasse !
- Pour une fois, avoua Kyle, on est d'accord.
- Vous êtes sérieux ? Râla Kenny. Mais elle a rien de charmant cette meuf, elle a même pas de poitrine !
- C'est bizarre qu'elle t'intéresse pas Kenny, ironisa le gros, toi qui d'habitude saute sur tout ce qui bouge...
- Tu nous cacherais pas quelque chose ? Lâcha le juif.
- Qu'est-ce que je pourrais bien vous cacher ? C'est juste que les planches à pain ça m'intéresse pas, je préfère les gros bonnets c'est tout.
- T'énerves pas Kenny, c'était pas méchant.
- Non, Soupira le blond, légèrement irrité. Juste un peu... »
Le silence gagna lentement le groupe d'amis avant qu'un son familier vienne leur chatouiller les oreilles. Le juif et le gros se levèrent en soupirant, plus qu'agacés que cela soit déjà l'heure d'aller en cours. Ils n'attendirent même pas Kenny, mais le blondinet n'avait pas l"intention de bouger, du moins pas tout de suite. Il profita de cet instant pour observer son ami que la sonnerie n'avait pas réussi à réveiller et cela le fit rire. Le voir aussi insouciant, il devait vraiment avoir passé une soirée de merde pour être aussi crevé, ou alors au contraire il s'était amusé très tard dans la nuit. Kenny n'avait pas réellement envie de savoir, le simple fait de penser que Stan pouvait baiser Wendy lui donnait une sensation bizarre. Il ne comprenait pas ce que c'était pourtant, vu qu'il n'avait pas vraiment de dent contre Wendy à la base. Posant son coude sur la table, le blondinet s'appuya dessus pour venir toucher de manière taquine la joue de Stan. S'il dormait assez profondément pour ne pas avoir entendu la sonnerie, Kenny se doutait bien que ce petit geste d'affection de sa part ne le ferait pas plus bouger. Pourtant, il eut l'impression de percevoir un bref mouvement de sa part. Non, il avait dut halluciner, Stan dormait comme un bébé.
Len fut presque soulagé d'entendre la sonnerie quand cette dernière daigna enfin sonner. Comme toutes les sonneries, elle était désagréable aux oreilles, mais c'était à peu près la même où qu'il aille. Au moins ça lui permettait de garder un petit point de repère dans ce monde qui lui semblait si étranger. Rin avait retrouvé son air épanoui de jeune fille innocente, ce qui n'était pas pour déplaire à son jumeau qui commençait vraiment à avoir peur pour lui quelque minutes plus tôt. Pas que pour lui d'ailleurs, mais aussi pour ce blond qui avait été assez fou pour oser la provoquer. Quand Rin était en colère, le mieux était vraiment de courir loin sans se retourner, sa soeur pouvait être une vraie furie quand elle le voulait, et le blond savait parfaitement ce que ça faisait de se retrouver face à une Rin vraiment très énervée. Bon, c'est vrai que la blondinette était susceptible, mais elle avait aussi la capacité de se calmer d'un seul coup, enfin quand elle contrôlait encore sa rage bien sûr...
Ils allaient entrer en cours quand Rin lui ordonna de faire un détour à cause de ses ongles s'enfonçant dans sa chair un peu plus. Len avait parlé trop vite, il sentait déjà la douleur remontrer le long de son poignet. Mais il ne fit rien pour se dégager, ça ne lui servirait à rien après tout... Enfin, presque rien, parce qu'elle finirait bien par le rattraper et la sentence serait plus terrible encore. A sa grande joie, elle ne fit que s'arrêter devant un professeur. Mr McCartney s'était désigné comme leur professeur principal dès le premier pas qu'ils avaient fait dans l'école. Rin lui adressa un sourire innocent dès que le professeur les aperçus. Pour autant, la blonde ne diminua pas la pression qu'elle exerçait sur le poignet de son frère, bien au contraire. Ça ressemblait fort à un avertissement de sa part, comme si s'enfuir maintenant lui porterait vraiment préjudice.
« Salut les jeunes, sourit l'homme. Alors, ça va, vous n'êtes pas trop perdus ?
- Oh, lâcha la blonde, non ne vous en faites pas ! Je voulais juste vous demander quelque chose en fait...
- Je vous écoute.
- Est-ce que vous pourriez éviter de dire à nos petits camarades que nous sommes d'origine japonaise ? »
L'homme les regarda tous les deux à tour de rôle, ne pouvant s'empêcher de remarquer la pâleur du jeune garçon. Mais il attribua ça au stress et comprit qu'il lui faudrait se taire. De toute façon, qu'est-ce que ça lui coûtait ? Il savait bien que ces enfants, bien qu'encore très jeunes, n'était pas si innocents que ça et qu'ils se feraient une joie de se moquer pour la moindre différence révélée au grand jour. Ils pourraient d'ailleurs même faire pire, comme les isoler du groupe ou les martyriser. Ils l'avaient bien fait pour Pip, alors pourquoi en serait-il autrement pour les deux jumeaux ? Il hocha la tête d'un air entendu avant de se diriger vers la classe. Il n'en fallut pas plus que ça à Rin pour le suivre, tenant toujours le poignet de Len avec fermeté comme si elle refusait de le lâcher. D'un côté c'était un peu vrai, mais c'était car elle ne pouvait s'empêcher d'être nerveuse et que la présence de son frère à ses côtés la rassurait. Len, quant à lui, fit son possible pour se détendre, même s'il savait que la douleur qui irradiait de son poignet ne cesserait pas tout de suite. Il avait finit par comprendre que sa jumelle stressait, mais impossible pour lui de garder une attitude normale quand il savait qu'à tout moment, elle risquait de planter ses ongles bien trop longs à son goût dans la chair fragile de son poignet. Il ne pensait pourtant pas avoir le choix, alors il la suivit sans rien ajouter. De toute façon, il faudrait bien qu'ils rentrent dans le bâtiment un jour où l'autre.
Le sergent Delaun, plus communément appelé « Del » par ses collègues, était perdu sous une pile de dossiers quand un autre vint s'ajouter à la pile de son bureau. Il y répondit d'un ton agressif mais il n'en fit rien de plus. S'il avait accepté ce travail, c'était avant tout car il avait un profond altruisme et qu'il ne supportait pas les gens qui se faisaient du mal à eux-mêmes, ou aux autres. Oui, la coqueluche de Delaun était ces petits salopards de drogués qui traînaient maintenant presque à tous les coins de rues une fois la nuit tombée. Des salauds qui ne pensaient qu'à s'enrichir sur la dépendance des autres, voilà ce qu'ils étaient. Ils ne se rendaient pas compte de toutes les catastrophes que cela pouvait provoquer, ni la panique que cela instaurait chez les citoyens quand ils voyaient un des ces énergumènes drogués à l'héroïne ou autre merde du genre se comporter de façon dangereuse. Ils avaient peur pour leur vie, et c'était tout à fait compréhensible de leur part, Del le savait.
C'était pour ça que depuis quelques jours il ne faisait que ça, éplucher des dossiers en rapport avec des trafics plus ou moins fréquents de drogues. Mais là, il se sentait totalement lassé. Lassé et fatigué, impossible pour lui de se concentrer et de mettre toute la réflexion dont il disposait d'ordinaire à son service. La raison était simple : ça faisait deux jours qu'il n'avait pas dormi, tout ça pour essayer d'arrêter un dealer très influent qui se faisait appeler « Doodle ». Il ne savait pas d'où pouvait provenir un nom aussi étrange et il avait cherché durant plusieurs longues journées, sentant la fatigue peu à peu s'insinuer par les moindres pores de sa peau. C'était d'ailleurs un miracle s'il tenait encore debout, mais il s'était dit que ses nombreux efforts allaient payer, qu'il allait finir par le coincer. Après tout, Doodle était tellement connu dans le milieu qu'il suffirait de mettre la main sur l'un des ses clients quotidiens pour remontrer jusqu'à lui. Restait juste le léger détail suivant : comment trouver un drogué qui lui avouerait qu'il était un des clients de Doodle ? Les drogués avaient beau être des loques humaines, ils n'étaient pas cons au point de se dénoncer d'eux-mêmes.
Alors qu'il commençait à somnoler, la tonalité de son portable le fit se redresser d'un seul coup. Il avait presque eu la peur de sa vie, mais jamais il ne l'aurait admit. Il se dépêcha de porter le téléphone à son oreille et n'attendit même pas que la personne lui réponde. Il se doutait déjà de qui cela pouvait être, à cette heure aussi avancée de la nuit.
« Alors, vous avez réussis à trouver des pistes ? Est-ce que vous..?
- De quoi ? David, ne me dit pas que tu es encore à ton boulot ! On s'inquiète nous.
- Je... chérie ? D'habitude tu ne m'appelles jamais au bureau... Il y a un problème ?
- Tout de suite les grands mots ! Non, je viens juste t'annoncer que Tees vient de perdre sa première dent de lait. »
Le père ne put s'empêcher de se sentir ému, mais en même temps une part de lui regrettait de ne pas être présent chez lui en cet instant, au moins pour serrer sa petite fille dans les bras pour la féliciter de son courage. Malheureusement, ce n'était pas possible, et ça même sa femme s'en rendait compte. C'était d'ailleurs ça qui avait le don de profondément l'agacer chez son mari, c'est qu'il se dévouait un peu trop à son travail plutôt qu'à sa famille. Bien sûr, le boulot lui plaisait et ça ramenait du fric à la maison, mais était-ce mieux que d'avoir un revenu plus modeste et passer plus de temps à voir sa fille grandir ? Pour sa femme, le choix aurait été vite fait, mais pas pour lui. Il aimait son job, et il se faisait d'autant plus un devoir d'éradiquer les dealers de South Park pour que sa fille ne soit jamais confrontée à ce genre de produits quand elle serait plus grande. Après tout, les enfants grandissent tellement vite que des fois, quand on s'en aperçoit ils ont déjà quitté la maison.
« Tu es sûr que tu ne veux pas aller la voir, soupira son aimée, avant qu'elle n'aille se coucher ?
- Je la verrais demain, dis-lui que je vais négocier avec la fée des dents pour qu'elle ait une belle surprise. »
Le rire de sa femme acheva de lui redonner courage, après ce dossier il rentrerait chez lui, quitte à terminer son travail bien au chaud dans son lit. Il était conscient que son épouse n'apprécierait pas trop, vu qu'ils avaient promis à Tees de lui faire un petit frère ou une petite soeur, mais ça pouvait bien attendre encore un peu. Ou du moins, il l'espérait... Après un message d'adieu passionné, Del finit par raccrocher et souffla en se rendant compte que le dossier qu'il avait sorti était réellement épais. S'il l'attaquait maintenant, il était quasiment persuadé d'y passer la nuit. Le sergent décida donc de se lever et de partir en quête d'un dossier moins gros. De tous ceux qu'il avait eut le temps de voir traîner des mois durant, il devait bien admettre qu'aucun ne semblait au goût de son esprit malade. Ah, si seulement il avait un nouveau... Là, ce fut le déclic. En tournant la tête il remarqua le dossier qu'on lui avait posé là en début de soirée, il l'avait presque oublié celui-là. Pourtant, il n'y avait pas tellement de quoi, il était loin d'être vraiment épais et pour cause : il contenait juste une photo de fille égorgée, le rapport d'autopsie et deux témoignages. Pas grand chose en perspective, mais ça ne découragea pas le flic bien au contraire. Après avoir lu ces quelques photocopies, il pourrait enfin rentrer chez lui et glisser de l'argent sous l'oreiller de Tees. D'ailleurs, il pourrait même aller jusqu'à lui mettre deux ou trois bonbons en compensation, histoire de lui faire comprendre qu'elle n'avait pas souffert pour rien.
Il se lança donc dans la lecture du dossier. Il s'agissait apparemment d'une jeune fille qui n'avait pas beaucoup de choses à se reprocher et, d'après ses amies, elle jouissait d'une certaine réputation dans sa classe. Ça ne pouvait donc pas non plus être une plaisanterie de mauvais goût qui serait allée trop loin. La théorie du suicide était elle aussi peu probable puisque on ne pouvait s'égorger de la sorte tout seul comme l'avait si bien décrit le rapport d'autopsie. Donc, il s'agissait forcément d'un meurtre, mais visiblement même ses amies avaient été déboussolées quand elles avaient appris la mort de la jeune fille : de un elle allait très bien avant l'agression et de deux elle était assez respectée pour ne pas se faire buter comme un chien dans une ruelle sombre. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien foutre dans une ruelle sombre à une heure aussi avancée de la nuit d'ailleurs ? Elle savait que ce n'était pas un endroit très fréquentable pour les jeunes filles, surtout de nuit, alors pourquoi y être allé ?
Le policier soupira avant de regarder l'heure sur la grosse pendule fichée au-dessus de la porte par laquelle on quittait le bâtiment. Il était déjà trois heures du matin, et le malheureux flic ne se sentait pas de continuer. Il était décidément bien trop fatigué pour s'y remettre. Après un bref instant de réflexion, il referma le dossier qui traînait toujours devant lui, pensant qu'il aurait l'occasion de s'y remettre demain dès la première heure. Il le fourra dans son sac avant d'enfiler son manteau, ses yeux commençant à se fermer malgré lui. Oui, il était temps pour lui de rentrer, les choses seraient plus claires dans sa tête demain. En attendant, il aurait tout le loisir de ce demander pourquoi cette jeune fille s'était retrouvée dans une ruelle sombre à une heure aussi tardive. La nuit porte conseil, comme on dit.
Son manteau désormais boutonné, il se dirigea vers la porte d'un pas lent et fatigué. Il éteignit la lumière et s'interrompit, sentant soudain un courant d'air. Il se retourna vers la porte, ayant juste le temps de percevoir qu'il n'était pas seul. Del sursauta. Ses réflexes de flic lui firent porter les mains à sa ceinture. Or, il avait retiré ses armes tout à l'heure. Il lâcha un nom d'oiseau quand il s'en rendit compte. L'individu à la fenêtre le jaugeait d'un air presque amusé, ce qui fit encore plus peur au flic qui se recula jusqu'à la porte, près à partir chercher de l'aide dès le moindre mouvement suspect de l'individu. Mais il ne fit rien, à part le regarder. Ils se fixèrent longtemps sans échanger un mot, et le policier regretta de ne pas avoir garder son arme pour le faire parler. Ce silence ne lui plaisait pas le moins du monde. Soudain, l'inconnu se mit à parler d'une voix exagérément grave.
« Bonsoir sergent Delaun.
- Qui... Qui êtes-vous ? Demanda le policier en essayant de ne pas laisser transparaître sa nervosité.
- Je ne vous veux aucun mal si c'est ce dont vous avez peur, je veux seulement rallier votre cause.
- Rallier notre cause ?
- Oui.
- Je n'en ai pas l'impression, avoua le flic en sentant le contact de arme dans son manteau ce qui lui fit reprendre confiance, vous venez tout de même de faire irruption dans un bureau de police en pleine nuit. Qui me dit que vous ne comptiez pas attendre que je sois sorti pour dérober quelque chose ? »
La personne qui se trouvait face à lui avait tout l'air d'un cambrioleur avec son masque dissimulant ses yeux dont on pouvait à peine percevoir la couleur, mais également à sa longue cape qui... Une cape ? Pourquoi un individu se baladerait-t-il avec une cape ? Même pour un cambrioleur, ça paraissait louche. Le sergent observa le nouveau venu de haut en bas quand se dernier sauta de la fenêtre pour atterrir avec agilité sur le sol du bureau. De plus en plus bizarre, ce type portait un slip au-dessus de ses vêtements sombres, des collants à n'en pas douter. Plus les secondes passaient, moins le flic se sentait à l'aise face à cet individu louche. Après un bref moment de doute pendant lequel l'homme masqué ne répondit pas, le sergent se décida de nouveau à parler.
« Qui êtes-vous ? Répéta-t-il avec insistance.
- Mon nom est Mysterion, je veux me mettre au service de la justice.
- Au service de la justice ? Vous vous foutez de ma gueule, c'est ça ? Ironisa Del.
- Je vois que vous ne me prenez pas au sérieux.
- Comment je pourrais, vous avez vu comme vous êtes fringué ? On ne voit même pas votre visage !
- Ça ne serait plus pareil si on voyait mon visage. Et puis, mes proches pourraient bien être en danger.
- Je ne sais pas quel âge tu as, mais flic ce n'est pas un métier où on se déguise pour le fun. Si on veut avoir confiance en quelqu'un il nous faut voir son visage. Nombre de criminels pourraient utiliser ce genre de ruses pour avoir la justice à leur botte. Et puis, ce n'est pas un endroit pour les gosses. »
Mysterion semblait frustré, mais il essaya de ne pas le montrer au flic. Pourtant, il était aussi nerveux que lui, si ce n'est plus. Il se doutait que le sergent Del devait avoir une arme quelque part et qu'à une seule parole dite de travers il n'hésiterait pas à tirer. Pour tout dire, ce n'était pas la perspective de sa mort prochaine qu'il redoutait, mais plutôt le fait que le sergent refuse de lui accorder sa confiance. Il avait été naïf de penser que ce flic allait le croire sur parole quand il lui demanderait de participer à l'arrestation de criminels. Il devait faire ses preuves, il aurait du le savoir. Pourtant, il n'avait pas écouté son bon sens, pensant que le flic croirait à de la concurrence de sa part pour instaurer la justice à South Park. C'était d'ailleurs une des raisons qui l'avait décidé à aller voir le flic, même s'il était affreusement tard. L'homme masqué sauta de nouveau sur l'encadrement de la fenêtre et le flic esquissa un geste incertain vers lui.
« Attendez ! Clama-t-il.
- C'était une erreur de venir vous voir d'abord, j'aurais du vous prouver que je disais la vérité avant toutes choses.
- Comment ? Quelle vérité ?
- Au revoir sergent Delaun, vous entendrez bientôt reparler de moi. »
Sans plus attendre, Mysterion sauta de la fenêtre et le flic se précipita vers cette dernière encore grande ouverte. Il se pencha vivement, manquant de tomber. Del chercha l'homme masqué des yeux mais il lui fut impossible de le retrouver. Il s'était évaporé dans la nuit, au point que le sergent crut tout d'abord avoir rêvé. Mais pourtant, il avait tout faux, et Mysterion comptait bien lui prouver.
M. McCartney avait prit en considération la demande de Rin, ce qui avait détendu un peu plus Len face à son appréhension. Les autres n'avaient pas posé de questions sur leurs origines, même quand sa jumelle avait tenu le couteau à l'envers pour couper son morceau de steak. Non, là ils s'étaient contentés de rire, et un poids avait quitté les épaules de Len. Ce n'était peut-être pas si terrible après tout et puis, qu'est-ce qu'il risquait au juste si ce n'est de s'attirer un éclat de rire, comme pour Rin ? Le jeune blond esquissa un maigre sourire devant sa télévision. Cette journée promettait d'être meilleure que celle d'hier, il commençait à prendre confiance en lui et ça risquait de s'améliorer au fur et à mesure qu'il oublierait le Japon. Mais il ne pouvait pourtant oublier ses anciens amis Kaito et Gakupo. Quoique... Ça ne lui ferait pas de mal de changer un peu d'air. Ses yeux délavés se fixèrent sur l'écran de télévision quand arriva le moment des informations. Même si ça mère trouvait cela inutile, il n'allait pas s'en priver pour autant. S'informer sur le monde qui l'entourait paraissait être le meilleur moyen pour lui de communiquer avec les autres. Ils parleraient de sujets d'actualité, surtout si cela se passait dans leur petit patelin.
- « ...un nouveau meurtre cette nuit. Cette fois il s'agit d'un homme assez âgé, mais il a été retrouvé égorgé dans une ruelle sombre, comme la jeune fille d'hier. Tout porte à croire que ceci est l'oeuvre du même tueur, même si les preuves se font encore rare malheureusement. Pourtant, la police avance et... »
« Encore en train de regarder cette merde ? Railla la voix cassante de la mère de Len.
- Je fais ce que je veux que je sache.
- Pas tant que tu es sous mon toit morveux, éteint ça.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est un ramassis de conneries et ils disent que des horreurs. »
A regrets, Len appuya sur le bouton de la télécommande et l'écran vira au noir. Sa mère arrivait toujours au mauvais moment. C'était lassant et Len ne put s'empêcher de soupirer, ce que sa génitrice eut vite fait de remarquer. Elle lui donna un coup à la nuque. Il porta ensuite les deux mains à sa tête en retenant un gémissement de douleur. Elle lui avait fait mal ! Pourtant il se retint de protester et se leva sans faire plus d'histoires. Ça ne lui aurait pas servi à grand-chose sinon d'énerver encore plus sa mère. En signe de vengeance, il laissa tout de même son bol traîner sur la petite table avant de partir toquer à la porte de la salle de bain où Rin était toujours. En entendant un bruit à la porte, la blonde sursauta. Elle ne s'y attendait pas le moins du monde et ce qu'elle était en train de faire... Elle ne voulait pas que sa famille soit au courant. Elle aurait trop honte de leur montrer cette facette de sa personnalité. Elle se colla à la porte pour comprendre ce que disait son frère.
« Rin ? Tu as bientôt fini ?
- Pourquoi ?
- Ça serait con d'arriver en retard.
- J'arrive ! »
La petite blonde ajouta un peu de mascara sur son œil gauche pour cacher le coquard qu'elle avait récolté bien contre sa volonté. Si son frère voyait ça, il se poserait des questions. Les mauvaises questions. Mais il ne fallait pas que ça arrive, elle se l'était juré. Alors, après être sûre que le coquard soit caché par le maquillage, elle sortit de la salle de bain avec son sourire de façade, comme d'habitude. Il ne devait pas savoir, et il saurait sans doute jamais. Du moins, c'est ce que Rin espérait du plus profond de son être. S'il se retrouvait impliqué, ça pourrait être gênant.
C'est en arrivant au lycée que Len fut de nouveau confronté au malaise que l'avait saisit la veille. Il ne savait comment réagir puis, la masse de monde se retrouvait trop importante pour lui et sa timidité. Alors que sa soeur l'abandonnait déjà pour aller voir des amies qu'elle s'était faite hier, Len resta au milieu de la cour sans oser bouger le moindre petit doigt. Il se sentait tellement mal à l'aise, il était tendu et ça devait se voir. Il sursauta en sentant une main rassurante se poser sur son épaule. S'il avait pu, il se serait caché dans un trou de souris seulement pour ne pas voir de qui il s'agissait mais déjà sa tête se tournait de manière automatique vers le propriétaire de la main. Des cheveux blonds, un sourire rassurant... Il avait presque l'impression d'être face à lui-même, lui-même en beaucoup plus assuré. Ça lui faisait bizarre mais d'un autre côté il savait très bien que cette personne n'était pas lui. Il s'agissait de Kenneth McCormick, son voisin de table qui avait passé son temps à l'observer comme s'il était une bête curieuse. Mais Kenneth semblait quelqu'un de fiable et de rassurant, il venait encore de le démontrer.
« Tout va bien ? Demanda le pauvre. Tu as l'air nerveux.
- Je le suis...
- Tu n'as pas à l'être, on ne va pas te bouffer ! »
Len ne répondit pas. Il ne pouvait pas lutter contre ça, il avait toujours eut du mal à aller vers les autres et ça n'allait pas changer juste parce que quelqu'un lui disait qu'il n'avait rien à craindre. Il avait peur de se planter et ça ça ne changerait pas. Il avait l'impression que s'il disait un mot de travers, le monde autour de lui s'effondrerait et il se retrouverait de nouveau seul. Ça avait finit par arriver, quand il était encore au Japon. Il s'était laissé déprimer et ne se pointait plus en cours. Le blond passait tout son temps sous sa couverture à maudire le monde qui l'entourait. Il était prêt à recommencer si cela était un passage obligé dans sa vie. Le garçon à la parka orange poussa un petit soupir avant de lâcher l'épaule de Len.
« Je crois qu'il m'en faudra plus que ça pour te décoincer. »
Len le regarda de ses grands yeux vides, de l'incompréhension plein le regard. Kenny commençait à perdre un peu espoir, Len n'était pas la première personne qu'il n'arrivait pas à convaincre et dire que ça ne l'agaçait pas un peu serait mentir. Il allait essayer de trouver autre chose pour rassurer son nouvel ami japonais quand la sonnerie retentit. Il renonça et se dirigea doucement vers l'entrée, Len sur ses talons.
Del était retourné au bureau, le même dossier que celui de la veille ouvert devant lui. Quelque chose clochait. De nouveaux documents concernant l'affaire avaient été placés sur son bureau. Ils parlaient de quelque chose d'étrange. Deux personnes avaient été tuées. Elles n'avaient aucun lien apparent. Elles ne s'étaient même jamais rencontrées. Il ne savait même pas si elles s'étaient déjà croisées. Pour l'instant, le sergent semblait bloqué. Il n'avait pas de pistes. Il se sentait incapable. Il devait attendre un nouveau meurtre, mais cela le rebutait. Il voulait sauver la prochaine victime, mais sans piste il ne pouvait pas prévoir quelle serait la cible. Pendant un instant, il pensa à Mysterion. Ce gamin encapuchonné aurait peut-être pu se balader dans les rues et en assurer leur sûreté mais comment être sûr qu'il croiserait le meurtrier ? Un semblant de piste commença à se profiler dans son esprit et il commença à comparer les endroits où on avait retrouvés les corps. Bingo, les victimes avaient toutes les deux été retrouvées dans des rues adjacentes à Mogan Street. Mais il n'y avait que deux victimes et aucune certitude ne pouvait se profiler à l'horizon. C'était encore trop tôt pour ça. Pour l'instant, il ne pouvait que demander à Mysterion de patrouiller dans le secteur pendant la nuit.
Non, il avait dit lui-même que la police n'avait pas à s'encombrer d'un gosse idéaliste. Il ne fallait pas que lui-même se mette à échafauder des plans où Mysterion aurait un rôle-clé. Ce n'était qu'un gamin qui se baladait dans une tenue ridicule pour faire son intéressant. Il ne pouvait pas risquer de se fier à un inconscient pareil, d'autant plus qu'il s'agissait peut-être d'un piège. Peut-être que Mysterion était à la solde de Doodle et qu'il cherchait juste à obtenir des informations sur la police, voir comment elle avançait. Il ne pouvait décemment prendre ce risque, pas tant qu'il aurait la preuve que Mysterion et Doodle n'avaient aucun lien. Pour l'instant, il n'en savait rien alors il préférait rester sur ses gardes.
La porte s'ouvrit en grand, laissant entrer des policiers affolés. Ils se dirigèrent en courant vers le bureau de Del. Ils haletaient, visiblement ils avaient couru. Del leva la tête vers eux. Il croisa leurs regards inquiets et les interrogea du regard. Ils ne tardèrent pas longtemps à répondre aux questions silencieuses du sergent.
« Del, on a un problème ! La morgue vient d'être cambriolée. »
