Voilà le chapitre 5 ! Je sais qu'il a mit du temps à paraître, mais à cause du bac qui se rapproche à grands pas, je n'ai plus beaucoup de temps pour moi... En espérant tout de même que vous êtes toujours là, j'espère que la suite vous plaira !
Anonymous T, je te remercie pour ton commentaire ! Grâce à toi je me sens moins seule :) Je suis heureuse que ma fanfic t'ai plu d'ailleurs ! J'espère que la suite ne te décevra pas~
~V~
Stan était encore une fois en apnée dans ses songes. Il se réveilla rapidement quand il sentit un poids se poser à côté de lui sur le lit. Il sursauta en reconnaissant sa soeur Shelley. Mais qu'est-ce qu'elle venait faire ici en plein milieu de la nuit ? Il la fixa d'un air incompréhensible, le regard encore grandement embué par le sommeil. Il se redressa rapidement quand il comprit vraiment que Shelley n'était pas la seule visiteuse nocturne présente dans sa chambre. Sans en avoir vraiment conscience, il s'entendit crier.
« Sortez de ma chambre !
- Tu comprends pas Stan, le sollicita son père, il se passe un truc pas normal en bas et il y a que ta fenêtre qui donne sur l'endroit d'où vient le bruit.
- Quoi ?!
- Fait pas l'idiot, railla Shelley avec impatience, je veux savoir ce qu'il se passe en bas autant que toi. »
En réalité, le jeune homme se foutait éperdument de ce qu'il pouvait se passer en bas de chez eux. Il avait juste conscience que dans un peu moins de trois heures, il devrait s'habiller, petit-déjeuner et aller en cours. Ses yeux le piquait horriblement et se fermaient d'eux-mêmes. Pourtant, il était parfaitement conscient de ce qu'il se passait autour de lui. Shelley était en train de s'agiter comme une folle alors que Sharon ouvrait les rideaux, déversant la lumière de la rue dans la chambre sombre du jeune Marsh.
Pour pioncer, ça avait l'air d'être mort. Mais, comme s'il voulait faire chier Shelley, il se retourna dans son lit en grommelant. Ça ne plut pas à la châtain qui décida de s'acharner contre lui, comme à chaque fois quoi. Elle l'attrapa par le col et le secoua comme un prunier, ses parents semblant ignorer l'état du plus jeune. Stan n'avait pas la moindre petite idée de pourquoi ses parents ne réagissaient pas à cet excès de violence. Il ne comprit pas non plus pourquoi, après lui avoir sifflé une ribambelle d'insultes à la figure, elle le traînait à présent vers le rideau ouvert, sans avoir le moindre état d'âme. Quand elle le colla contre la vitre, il se força à regarder ce qu'il se passait dehors. C'était une belle cohue, entre les flics qui passaient les menottes à tours de bras et les victimes de leurs coups qui essayaient de s'échapper tant bien que mal...
C'est alors que, dans le lot, il reconnut la silhouette devenue fine et élancée d'Henrietta. Sa présence était aussi inexpliquée que celle de ses parents dans sa chambre. S'ils voulaient des infos, pourquoi ne pas aller eux-même leur demander dehors ? Shelley remarqua également la jeune fille marcher au milieu des policiers et elle ne se gêna pas pour en faire la remarque.
« C'est pas une de tes petites-amies par hasard Stan ?
- Si... Putain, si je m'imaginais la voir là je... Eh, c'est pas ma petite-amie !
- Pas la officielle, mais on sait tous que tu aimes bien lui faire des infidélités.
- N'importe quoi ! Il n'y a que Wendy qui compte pour moi !
- Un peu de silence, s'impatienta Randy Marsh. J'aimerais comprendre ce qu'il se passe.
- Dans ce cas, s'énerva l'adolescent, ça serait mieux que tu descendes leur en parler en face, non ? »
Un silence lourd de reproches se fit dans la salle et Stan se pinça l'arrête du nez, exaspéré. Il fallait vraiment tout faire soi-même ici, ses parents ressemblaient à des gosses scotchés à leur fenêtre de peur de louper une seule petite miette du spectacle, à se demander qui était réellement l'adulte dans cette maison. L'adolescent se dégagea des bras de sa soeur pour sortir de la pièce. Après un énième soupir, il enfila son manteau par-dessus son pyjama et sortit dehors. Cependant, il s'arrêta à bonne distance du groupe de policiers, hésitant à approcher. Peut-être qu'il pouvait encore faire demi-tour, ça ne le concernait pas et puis, aux dernières nouvelles, le brun dormait sans avoir conscience de ce qu'il se passait. Il commençait déjà à faire demi-tour quand une voix l'appela, le prenant au dépourvu. Il ne s'attendait pas le moins du monde à croiser cette personne, même si avec la présence des flics ça n'était pas vraiment une grande surprise.
« Stan ?!
- Je ne m'attendais pas à te voir ici Mysterion. Il y a un pro..? »
Stan ne termina pas sa phrase quand il remarqua qu'un jeune homme blond était soutenu par le héros et qu'il semblait fort mal en point. Rien que de voir une personne dans cet état retourna l'estomac du brun mais il se força à observer plus attentivement la victime. Kenny ? Non, cette personne ne possédait pas sa parka orange et, malgré la ressemblance, vu la distance à laquelle il se tenait, il vit bien que certains traits de son visage différaient de ceux du pauvre. Si ce n'était pas Kenny, alors ça ne pouvait être que Len. Mais qu'est-ce que le jeune blond pouvait faire dehors à une heure pareille ? Surtout pour revenir amoché de la sorte...
Stan, dans sa bonté d'âme malgré le fait qu'il soit encore en pleine latence intellectuelle, déchargea le héros de la moitié du poids qu'il portait sur le dos. L'homme masqué allait protester mais c'était déjà trop tard puisque le brun avait bien l'intention de ne pas lâcher prise. Mysterion se gifla mentalement, ça ne se faisait pas de se décharger sur les autres comme cela, en faisant ce genre de geste il ne valait pas mieux que cette lâcheuse de Gaïa.
« Tu n'es pas obligé de faire ça, se sentit obligé de préciser le héros. C'est le devoir de la police et non pas celui des citoyens de secourir les blessés.
- A deux on ira plus vite et, plus vite il sera à l'hôpital, mieux ça sera pour Len. Qui te dit que ce n'est pas une question de minutes avant qu'il ne crève la bouche ouverte ? »
Malgré la gravité des paroles prononcées par son ami brun, le héros ne put retenir un micro-sourire en comprenant que Stan n'avait pas confondu Kenny et Len. D'une certaine façon ça prouvait que le brun faisait attention aux différences qu'il existait entre les deux garçons malgré leurs points communs. Cela fit plaisir à Kenny au-delà de ce qu'il espérait. Pourtant, le brun était ami avec les deux blonds alors ça ne devrait pas l'affecter tant que ça. Encore, s'il les confondaient alors qu'ils étaient ennemis, le problème se poserait, mais ce n'était pas le cas.
Se rendant compte que Stan le dévisageait étrangement, Mysterion se força à regagner un visage impassible et froid. Celui qu'il prenait d'habitude quand il revêtait son costume. Il ne pouvait pas risquer de se faire démasquer aussi facilement pour un erreur aussi conne de sa part. Si son ami remarquait la moindre once de sympathie dans son regard, il pourrait formuler pas mal d'hypothèses quant à son identité. Mysterion se racla la gorge avant de détourner le regard du brun, comme s'il était juste obligé de coopérer avec lui et que, s'il avait pu, il n'aurait pas hésité à l'éviter. Mais la vérité était toute autre, puisque Kenny était heureux que Stan soit là, avec lui. Les paroles du Sergent le sortirent de ses pensées juste à temps.
« Mysterion, soupira-t-il d'un air mécontent, décidément vous faites tout de travers... Que fait ce jeune homme ici ?
- Il est venu aider à secourir son ami Sergent Del.
- Et comment pouvez-vous être sûr qu'il ne s'agit pas d'un des fanatiques de la secte de tout à l'heure ?
- Il habite la maison juste au-dessus de votre tête, continua Mysterion avant d'ajouter rapidement, en voyant les deux regards interrogateurs posés sur lui : Je l'ai vu sortir de chez lui.
- Comprenez que je ne vous fais pas du tout confiance Mysterion, ce jeune homme va nous suivre au commissariat avant de pouvoir rentrer chez lui. Vous allez nous suivre je suppose, au cas où votre ami cracherais un quelconque secret vous concernant ? »
Le héros lui lança le regard le plus froid dont il était capable, si bien que Stan se demanda un instant si son "ami" était humain tellement le masque soulignait sa froideur. Mais ses traits reprirent bien vite un air normal, quoique encore un peu blasés, et il tendit les mains vers le flic pour que ce dernier lui passe les menottes. Stan suivit son exemple, après qu'un infirmier ai enfin eut le courage d'interrompre la discussion pour s'occuper de Len. Mysterion ne lui avait pas menti, le flic ne lui accordait pas la moindre confiance. S'ils arrivaient à sortir du commissariat sans être accusés de quoique ce soit, Stan allait faire en sorte que le policier revoit son jugement, d'une manière ou d'une autre.
Rin attendait encore son frère sur le canapé du salon. Elle avait allumé la télé et regardait une émission quelconque qui passait. C'était une série qui se voulait drôle, mais du point de vue de la jeune blonde c'était juste nul. Enfin, ce n'était pas comme si elle avait le choix de regarder autre chose, c'était le seul truc à peu près potable qui passait à cette heure avancée de la nuit. Oui, parce que, mine de rien, il était déjà une heure du matin. Elle ne savait pas ce que faisait son frère avec la gothique, mais ça n'avait pas l'air d'être que du soft. Elle qui le pensait timide et réservé, il semblait bien plus entreprenant qu'il ne le laissait paraître. La jeune fille entendit la porte s'ouvrir et elle sauta sur ses pieds pour aller l'accueillir. Elle fut déçue quand elle remarqua qu'il ne s'agissait que de son père. Ce dernier avait pourtant l'air grave.
« Rin ? Qu'est-ce que tu fais encore debout ?
- J'attend Len, il n'est pas rentré.
- C'est une perte de temps, va plutôt te coucher.
- Pourquoi ?
- Ton frère est hospitalisé, il va passer sa nuit à l'hôpital. »
La blondinette resta en place le temps que l'idée se fraye un chemin dans son cerveau. Son frère ne rentrerait pas ce soir. Il était à l'hôpital. Et elle, elle n'avait rien senti venir... D'habitude, dès qu'il arrivait quelque chose à son jumeau, elle le ressentait comme s'il s'agissait d'elle-même. Mais là, rien. Elle n'avait rien senti alors que son frère était hospitalisé. Pourtant la dernière fois, quand il s'était cassé une jambe et qu'il ne pouvait pas aller prévenir quelqu'un, c'était Rin qui l'avait fait puisqu'elle était à côté des parents et avait eut un vertige. C'était encore elle qui avait senti que son frère avait eut un accident de la route, quand elle s'était effondrée au milieu du salon. Cette fois-là d'ailleurs, elle avait cru mourir. Alors pourquoi, cette fois seulement, elle n'avait pas senti à quel point son jumeau allait mal ? Il n'était pas du genre à jouer la comédie, surtout s'il était devant la gothique. Ça ne pouvait pas être ça, mais alors pourquoi... Elle regarda ses mains avant de lever son regard bleuté vers son père.
« TU MENS ! Se mit-elle à hurler. »
Le père préféra ne pas répondre, pourtant il savait que son fils passait la nuit à l'hôpital. Il avait été aux premières loges d'ailleurs. Fort malheureusement il savait que ce n'était pas qu'une simple petite éraflure. Il décida néanmoins de ne pas le raconter à sa fille, qu'il trouvait déjà beaucoup trop secouée par la nouvelle. Il était arrivé souvent à Len de faire des séjours à l'hôpital et jamais sa jumelle n'avait réagit comme ça. Il ne comprenait pas et il n'avait pas envie de tenter la moindre chose, de peur de faire une erreur et de la briser encore plus. La blondinette de protesta cependant pas plus et, sans un mot, elle quitta la pièce pour se rendre dans la salle de bain.
Après des heures et des heures d'interrogatoire incessants, le policiers durent se rendre à l'évidence : ni Stan, ni Mysterion ne savaient la moindre chose sur l'incident. Stan avait simplement avoué qu'il connaissait Henrietta car il fréquentait le même lycée qu'elle et Mysterion était resté muet pendant tout l'interrogatoire. S'il livrait une quelconque information à la police sur sa vie, il compromettrait sûrement son identité secrète. Ça, c'était hors de question pour le héros. Après que Del lui eut expliqué qu'il devrait tout de même essayé d'en faire un minimum s'il ne voulait pas se retrouver derrière les barreaux, Mysterion se contentait de répondre par monosyllabes. C'était mieux que rien avait pensé le policier, autant ne pas essayer d'avoir plus, on n'obtiendrait rien.
A présent le flic était parti, se rendant sûrement à l'hôpital pour voir si la victime était réveillée et prête pour un interrogatoire. Le sergent n'avait jamais l'air d'en avoir assez. Mysterion se prit à plaindre Len alors qu'il prenait la route du retour en compagnie d'un Stan songeur. Il le remarqua rapidement mais, avant qu'il n'ai le temps de poser la moindre question, le brun le devança.
« Il faudrait trouver un truc pour que ce flic te fasse confiance.
- Ce qui m'étonne le plus, c'est que toi tu me fasses confiance aussi facilement.
- D'après toi je devrais me méfier ?
- Je suis un inconnu pour toi.
- Un inconnu ? Je ne crois pas, moi je suis sûr que je te connais bien plus que tu ne veux bien me l'avouer.
- Peut-être qu'un jour tu auras le droit de savoir, mais ça ne sera pas pour aujourd'hui.
- Je me doute. »
Mysterion coula un regard intrigué vers le brun. Décidément, il allait de surprises en surprises avec son ami. Il ne le pensait pas aussi tolérant et ouvert. Enfin, ça ne faisait que rajouter à l'admiration que Kenny lui portait d'ordinaire, mais ça Stan ne le saurait sûrement jamais. Le héros hésita un court instant à lui confier ses interrogations à propos de tout ce qui se bousculait dans sa tête, mais il se reprit bien vite en songeant que cela pourrait mettre son ami sur la voie de son identité. Bon sang, ce que c'était dur de travailler avec un masque alors qu'une connaissance de longue date était auprès de vous ! Un seul mot de travers suffirait à griller sa couverture. Il décida donc de rester silencieux. De son côté Stan en fit autant, plongé dans ses pensées. C'est à peine s'ils se rendirent compte qu'ils étaient déjà arrivés devant chez les Marsh.
« Je vais essayer de trouver ce qui pourrait leur donner foi en toi pendant la nuit.
- Ce n'est pas une bonne idée, tu devrais plutôt songer à dormir.
- Avec le peu de temps qu'il me reste, je pense que j'aurais tout juste le temps d'enfiler mes vêtements et d'aller en cours pour ne pas être en retard ! Tu devrais en faire autant, ajouta Stan après avoir observé plus attentivement le héros. »
L'adolescent ne doutait plus de l'âge de la personne face à lui. Malgré une carrure assez développée, il ne pouvait s'agir que d'une personne de son âge. Donc, quelqu'un qui devait aller à l'école dans peu de temps, étant donné que Stan pensait connaître les yeux clairs qui le jaugeaient de haut en bas comme pour se venger de sa récente expertise. Il se sentait en sécurité avec cette personne, alors il n'avait pas à en avoir peur. C'était en partie pour ça qu'il lui avait accordé sa confiance, parce qu'il était sûr de le connaître dans "la vraie vie". Pour Stan, tout cela avait une dimension irréelle. Il s'attendait à tout moment à se réveiller dans son lit et que tout cela n'était que le pur fruit de son invention. Après tout, il n'en serait que très peu étonné vu l'esprit tordu qu'il possédait...Il salua le héros qui finit par le quitter et il le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse de son champ de vision. Se tournant enfin vers la porte, il fit face au visage éberlué de sa sœur Shelley.
« T'as vraiment des amis chelous toi... »
« Bonjour Kyle ! »
Le rouquin se retourna tellement vite qu'il faillit en faire tomber tous les bouquins qu'il portait. La voix qu'il venait d'entendre dans son dos était pour le moins inhabituelle. Quand il se retrouva nez à nez avec la nouvelle, il essaya cependant de lui sourire et, surtout, garder l'air le plus naturel dont il était capable.
« Qu'est-ce que tu me veux ? Demanda-t-il d'une voix qu'il trouvait trop sèche à son goût.
- Oh, rien de bien méchant ! Je voulais juste savoir si tu accepterais de m'aider dans certaines matières... On m'a laissé entendre que tu étais le meilleur de la classe ici. »
Le pommettes du juif se mirent à crépiter doucement sous le compliment. Il était content que la jeune fille reconnaisse son intelligence alors que, elle-même, elle était assez forte dans la plupart des matières. Rin fit de son mieux pour s'empêcher de rire. Décidément, c'était bien trop facile. A voir sa tête, il n'allait pas tarder à accepter. On pouvait dire que ça arrangeait grandement ses affaires que le roux réagisse ainsi. Baissant les yeux, Kyle prit une grande inspiration avant de répondre.
« Eh bien je... merci et... c'est d'accord ! Dis-moi juste où tu as des lacunes et je... je t'aiderais.
- J'en ai tellement ! Je ne pourrais pas plutôt venir chez toi ? Tu sais, je-
- Salut, juif ! Salua le gros lard en fouillant dans son casier qui se trouvait être le voisin de celui de sa victime. Oh, mais on dirait que je dérange. Alors comme ça on drague la nouvelle Kahl ?
- Ta gueule gros lard !
- Fait pas l'innocent, t'es tout rouge.
- Et... Et puis d'abord c'est elle qui est venue me voir, et pas pour ça !
- Pourtant vous parliez bien d'aller chez toi, je me trompe ? »
Le juif s'empourpra encore plus et un sourire satisfait pointa sur les lèvres du gros. Il ne passa pas inaperçu aux yeux de Rin qui trouva cela fort intéressant. La prochaine fois, avant d'aller voir Kyle, elle irait d'abord parler à l'obèse. Un rire moqueur traversa soudain tout le couloir et ses trois occupants se retournèrent de concert. Une tignasse blonde leur fit prendre conscience que, en effet, ils n'étaient pas les seuls à occuper les lieux.
« Cartman, ta jalousie est pathétique !
- Viens me le dire en face Kenny, je crois que j'ai pas bien entendu.
- Ta jalousie est pathétique.
- C'est toi qui dit ça ? Arrête Kenny, on sait tous que tu penses qu'avec ta queue ! Ah c'est sûr que toi la jalousie tu connais pas, t'as jamais été amoureux. »
Cette réplique froissa bien plus le pauvre qu'il n'aurait pu le croire. Bien sûr que si, il avait déjà été amoureux ! C'était une fois, alors qu'il était encore en primaire et que... Il se souvint alors que cette fois-là, il était mort foudroyé et que pourtant, en l'embrassant, Kelly l'avait ramené à la vie. Ce souvenir resterait à jamais gravé dans sa mémoire, pourtant il était incapable de se rappeler de toutes les sensations qu'il avait vécues en sa présence, notamment celles qui le grisait comme ce qu'il appelait « l'amour ». Ça faisait bien trop longtemps pour qu'il se souvienne de ce que cela faisait, de ce côté-là le gros avait raison. Mais d'un autre côté, il ne pouvait pas laisser Kyle se faire chambrer de cette manière, le roux semblait bien trop gêné pour réussir à lui répondre convenablement.
« Bien sûr que si j'ai déjà été amoureux, y'a pas longtemps d'ailleurs. »
Cartman était tellement surpris qu'il chercha un allié du regard dans toute la pièce. Il le trouva dans la personne de Rin dont le regard crépitait. Il n'y a pas si longtemps que ça ? Tout cela pourrait bien coller avec l'arriver des deux jumeaux en ville et, comme il passait la plupart de son temps avec Len, il était fort probable que...
« Ne me dit pas que tu es amoureux de mon frère quand même ! Le nargua la blondinette.
- Qui sait ? Répondit Kenny d'un air taquin.
- T'es chiant, râla Cartman, on peut jamais rien savoir avec toi !
- On finira bien par savoir Kenny, continua Rin, et gare à toi parce que le jour où ça arrivera on ne te fera pas de cadeaux.
- Ah vraiment ? J'ai hâte de voir ça !
- Tu ne seras pas déçu. »
Kyle observait la scène depuis tout à l'heure sans mot dire mais il pouvait voir que l'ambiance entre ces deux-là était électrique. En quelque sorte, ça lui fit un peu de peine, mais il n'y prêta pas beaucoup d'attention. Le gros lard, lui, avait l'air de vachement s'amuser à provoquer Kenny de la sorte et il ne comprenait pas l'intérêt qu'il pouvait y trouver. Il ne comprendrait jamais ce qu'il se passait dans la tête du gros lard, ça c'était certain. Se rappelant soudain de pourquoi il était venu ici à la base, Kyle attrapa rapidement ses livres et il se mit en tête de partir discrètement, avant que Cartman ou Rin n'ait la brillante idée de rappeler aux autres qu'il était là. Malheureusement, ce ne fut pas chose facile car, dès qu'il partit en courant, il se cogna à son meilleur ami, faisant tomber tous ses livres. Stan ouvrit de grands yeux avant de se décider à l'aider à réparer sa bêtise. Ce n'était pas dans les habitudes du roux de courir dans les couloirs et ça Stan était bien placé pour le savoir.
« Qu'est-ce que tu fous Kyle ?
- Je t'en poses moi des questions ?
- Tu viens de le faire, oui.
- Je fuis des tarés qui se sont mit en tête de me pourrir la journée.
- Tu peux pas être plus clair ?
- La nouvelle, elle va de paire avec Cartman, c'est dingue comme ils s'entendent bien.
- Je vois pas ce qu'il te fait chier, si Cartman a une copine il te foutra la paix !
- Je comprend pas non plus, mais ça fait mal là... »
Le jeune juif porta la main à son coeur et serra le haut de sa veste comme si ça pouvait atténuer la douleur qu'il ressentait. Malheureusement, ça ne se passait pas comme ça, et Stan le savait bien pour l'avoir vécu des milliards de fois avec Wendy. Pouvait-il lui dire que c'était de la jalousie ? Quoi qu'il en pense, Kyle ne le croirait sûrement pas. Il faut dire que c'était déjà assez difficile à croire qu'il soit amoureux, mais alors si en plus Stan lui avouait que ce qui serrait le coeur du juif était de la jalousie, il risquait de bondir au plafond. Peut-être même qu'il refuserait d'entendre ce que le brun voulait lui expliquer. Autant rester simple.
« Ça te dit que ce soir tu dormes chez moi ? Comme ça je prend bien le temps de t'expliquer.
- Ce soir ? Désolé ça ne va pas être possible, je donne des cours particuliers à la nouvelle !
- Elle est perdue dans les leçons ? Pourtant elle se débrouille pas mal...
- Stan...
- Oui ?
- Quand j'aurais le temps et qu'on sera seuls, il faudra que je t'avoue un truc.
- Comme tu veux ! »
Kenny avait couru pour essayer de rattraper Kyle dès qu'il avait remarqué sa disparition. Il avait seulement entendu les deux dernières phrases de la conversation mais ça lui convenait largement, pour ne pas dire un peu trop. Il serra lui aussi un bout de sa veste en fixant le sol d'un air absent. Stan avait l'air de savoir ce que ça voulait dire. Pour le blond, ça ne ressemblait à aucune des douleurs qu'il connaissait et auxquelles il commençait tout juste à s'habituer. Enfin, dans la limite où il était possible de s'habituer à la douleur bien sûr. Peut-être que, lui aussi, il pourrait demander conseil à Stan là-dessus ? Il faut dire en effet que le brun était celui de la petite bande qui connaissait le mieux tout ce qui touchait de près ou de loin aux sentiments alors il était le meilleur conseiller qu'ils avaient sous la main. Avec un peu de chance, Kenny pourrait même faire d'une pierre deux coups, surtout s'il décidait d'utiliser le masque de Mysterion...
Len se trouvait dans un endroit sombre. Il ne savait pas tout ce qu'il se passait autour de lui, mais il entendait un drôle de fourmillement. Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale encore douloureuse. L'évidence le frappa de plein fouet, il avait seulement rêvé de cette fille masquée venue le sauver et il était toujours prisonnier des adeptes de Cthulhu... Par conséquent, il avait aussi rêvé le baiser qu'il avait échangé avec elle.. A moins qu'elle ne symbolise la Mort venue l'arracher à sa souffrance ? Plus rien ne l'étonnait maintenant qu'il s'était retrouvé face à un espèce de super-héros. Toute son enfance, il avait vénéré ce genres de choses alors il n'y avait rien d'anormal à ce que, dans ses derniers délires, il imagine la Mort telle une magnifique jeune fille masquée. Il avait trop abusé des comics américains alors pourquoi se priver de cette vision agréable si elle devait être la dernière ?
« Tu veux la revoir ? »
Len sursauta, se demandant d'où venait cette voix qui résonnait jusque dans sa tête. Il ne tarda pas à jeter des coups d'œil nerveux autour de lui, ce qui lui permit de se rendre compte qu'il n'était plus attaché, mais surtout qu'il tenait debout sans aucune difficulté malgré le clous qui y avaient été enfoncés précédemment. Ce n'était malheureusement pas le cas de ses mains qui lui étaient toujours aussi douloureuses. Se rappelant qu'il avait la voix sèche, il hésita à essayer de parler. Mais, au final, il parla de lui-même, un peu trop effrayé pour rester muet plus longtemps.
« Qui êtes-vous ?
- Je suis tout et rien à la fois.
- Ça ne me dit pas qui vous êtes.
- Si tu veux une réponse claire, on peut dire que maintenant je suis toi.
- Pardon ?!
- Je suis Len Kagamine, je suis lié à toi pour la vie et ça la mort ne pourra rien y changer. Tu as peur de la mort ?
- Comme n'importe quel être humain.
- Ahaha, bonne réponse !
- Est-ce que vous savez où l'on est ici ?
- Dans une partie de ton cerveau. Je ne crois pas me tromper si je dis qu'il s'agit du lobe occipital...
- Ça ne m'aide pas tout ça...
- Est-ce que ça te dirait de te venger ?
- De qui ? De ceux qui m'ont fait ça ? Je ne peux rien faire, je suis sûr que je suis encore blessé et qu'ils ne vont pas tarder à venir me donner d'autres coups de fouet quand je reprendrais conscience. »
Len se raidit. La personne dissimulée par l'obscurité avait cessé de parler, mais pourtant le blondinet pouvait sentir son effrayant sourire s'étirer sur ce qui semblait être des lèvres. Il ne comprenait d'ailleurs pas ce qui pouvait le faire sourire comme ça. La situation n'avait rien de drôle ! Le fait que Len ne pouvait rien voir l'handicapait encore plus, il n'aimait pas ça. Privé de la vue, il se sentait impuissant, surtout quand une voix aussi effrayante se glissait dans son cerveau et lui jouait de mauvais tours. La voix arrêta de rire et le silence se fit, à la grande horreur de l'adolescent.
« Si c'est le fait que tu sois blessé qui te pose problème, je peux régler ça rapidement. »
Un amas de lumières se forma sur les mains douloureuses de Len. Il vit le sang qui les traversait, il vit aussi le trou béant qu'elles avaient en leur centre, mais il vit aussi les douces lumières baignant devant ses yeux reconstituer peu à peu ses tissus nerveux. Lentement mais sûrement, la douleur diminua jusqu'à refluer complètement. Len ne sentit bientôt plus rien et, émerveillé, il hésita à toucher la peau reconstituée de ses mains. Quelques minutes auparavant, se disait-il, un trou se trouvait ici, à la place de cette chaire qui me paraît pourtant si réelle à présent.
« Tu n'es plus prisonnier de mes adeptes, tu es dans une chambre d'hôpital. Je vais te laisser plus de temps pour réfléchir à ma proposition, on dirait bien que je suis allé trop vite.
- V-Vous êtes Cthulhu ? Demanda enfin Len dès qu'il eut enfin relevé le pronom possessif. »
Mais il était trop tard car déjà les paupières du blond s'entrouvrirent et il se retrouva face à plusieurs personnes qu'il ne connaissait que trop bien, à savoir sa famille et ses camarades de classe. Il battit plusieurs fois des paupières pour s'habituer à la lumière blanche que lui renvoyait les murs de sa chambre d'hôpital. Il finit par observer tour à tour le occupants de la pièce. En scrutant la salle du regard, il remarqua que son père était absent. Comme toujours, il n'était jamais là quand son fils avait besoin de lui ! Celle qui avait l'air le plus peinée par son état semblait être Rin. Avec ses yeux rouges et gonflés, on aurait dit qu'elle n'avait pas dormi, mais surtout qu'elle avait passé son temps à pleurer. Pour lui ? Non, il y avait sûrement autre chose... Mais quoi ? Ce n'était tout de même pas comme si elle pouvait s'inquiéter pour lui, elle qui n'arrêtait pas de le martyriser à longueur de temps.
Et si c'était d'elle qu'avait parlé la drôle de voix dans sa tête ? Comment une personne lui parlant alors qu'il était dans le coma pouvait savoir ce genre d'informations personnelles sur lui ? Il n'en avait pas la moindre idée, et il n'avait pas envie de savoir. Soudain, une idée le frappa et il regarda vivement ses mains, en les sortant de sous le drap où elles étaient. Elles ne lui faisaient plus mal, mais impossible pour lui de voir si le trou s'était vraiment rebouché. Sous le regard intrigué des autres, Len défit lentement les bandages de ses mains. Rin voulut d'ailleurs l'en empêcher mais elle n'arriva à rien face à la détermination de son jumeau.
Kenny, présent lui aussi, fut le premier surpris quand il découvrit que les mains de Len étaient intactes, sans même une seule cicatrice. Il n'avait pourtant pas rêvé la nuit dernière, quand il l'avait ramené à la police il avait bien un trou dans chaque paume. C'était tout juste impossible de guérir aussi vite, aucun humain n'en avait la possibilité. Il se sentit blêmir et une main se posant sur son épaule le fit sursauter.
« Ça ne va pas Kenny, demanda Stan d'un ton qui se voulait rassurant. »
C'est alors qu'il remarqua à quel point son ami semblait pensif. Lui aussi, il avait vu les trous dans les paumes de Len, il devait comprendre ce qu'il ressentait. Il allait lui avouer ce qu'il avait sur le cœur quand il se rendit compte qu'il ne pouvait pas. S'il le faisait, Stan saurait qu'il n'était autre que Mysterion et ça, c'était hors de question ! Mysterion était un symbole, personne ne devait connaitre son vrai visage. Il baissa la tête pour regarder le sol, un peu crispé.
« Ce n'est rien, je crois que j'ai attrapé la crève. Par contre toi je te trouve bien pensif...
- Hein ?! Oh, ça, ce n'est rien. »
Stan mettait tellement peu de conviction dans ses paroles que ça se voyait qu'il mentait. Enfin, après c'était peut-être aussi parce qu'il connaissait toute l'histoire que ça lui faisait cet effet, mais il était persuadé que même Kyle avait su percer son mauvais jeu d'acteur. Ses opinions ne tardèrent pas à être justifiées quand le rouquin se joignit à la conversation.
« Ment pas Stan, si c'est grave tu peux m'en parler.
- Tu ne me croirais pas.
- Dit toujours.
- Len, dit-il en s'adressant au blessé, tu ne le croiras peut-être pas mais tu t'es fait sauver par un héros.
- Un.. Un héros ?
- Ouais, un type qui veille sur la ville dès que le soleil est couché. »
Le mauvais rictus que lui offrit Len réussit presque à décourager Stan par rapport à ce qu'il allait dire. Mais, s'il avait bien évalué son coup, le héros en question se trouvait dans la pièce, avec eux tous. C'était un moyen de savoir de qui il s'agissait, s'il vantait les mérites du héros peut-être que Mysterion se montrerait en bafouillant ou en essayant de faire des compliments maladroits au personnage qu'il avait inventé et qui sauvait chaque jour des vies. Enfin, c'était comme ça dans l'esprit de Stan évidement, pas dans celui de Kenny, et Len ne fit que confirmer ce qu'il pensait.
« Un héros ça ne sert à rien. Et, si tu tiens à tout savoir, ce "héros" est arrivé trop tard pour moi. Quand il est arrivé j'étais déjà blessé et je m'apprêtais même à dire adieu à la vie. Si c'est ça un héros, elle a bon dos la justice !
- Cette justice comme tu dis, elle a sauvé un innocent.
- J'avais pas besoin d'être sauvé. Je serais bien mieux à la morgue ! »
Kenny écarquilla de grands yeux ronds. Soit ce mec était suicidaire, soit il pensait comme lui que la mort n'avait aucune espèce d'importance à ses yeux. Ça serait bien s'il découvrait que, en réalité, il n'était pas le seul sur cette planète à qui la mort ne faisait pas peur. Il fallait à présent qu'il trouve le moyen de lui parler en seul à seul, histoire d'être sûr de ce qu'il se passait réellement dans sa petite tête blonde. Il avait tout de même été blessé aussi bien physiquement que moralement par la secte, sachant qu'il en pinçait tout de même un peu pour Henrietta. Soudain une pensée frappa Len de plein fouet. Comment il avait pu oublier ça ?
« Vous savez qui est Gaïa ? »
Tout le monde le regardait en silence et Kenny essayait tant bien que mal de ne pas montrer qu'il bouillonnait de rage. Encore elle ? Elle s'insinuait jusque dans son lycée pour lui voler la vedette ! Tout cela énervait beaucoup le pauvre, lui qui voulait répandre la justice et être un héros reconnu la tâche s'en trouvait encore plus ardue maintenant qu'il avait un adversaire de taille comme elle.
« Gaïa ? Répliqua finalement Stan. Qui est-ce ?
- Le héros qui m'a sauvé.
- Tu as tout faux, coupa Stan avec colère, le héros qui t'a sauvé s'appelle Mysterion !
- Et comment le sais-tu au juste ?
- Eh bien je...
- Quelle importance si tu ne voulais pas être sauvé ? Commenta Butters qui n'avait pas prononcé un seul mot depuis tout à l'heure.
- Tu n'as pas besoin de savoir ça... »
Un autre mal de crâne saisit Len, si bien qu'il lui coupa la parole. De toute façon, il n'avait plus grand chose à dire et Butters aurait eut vite fait de le faire douter de ce qu'il venait de dire.
Un autre mal de crâne saisit Len, si bien qu'il lui coupa la parole. De toute façon, il n'avait plus grand chose à dire et Butters aurait eut vite fait de le faire douter de ce qu'il venait de dire. Effectivement, pourquoi demander qui était Gaïa alors qu'il savait sans aucun doute que personne n'aurait la réponse, mais aussi qu'il aurait préféré mourir plutôt que d'être sauvé ? Len se sentit partir une nouvelle fois et, bientôt, tout ce qui se trouvait autour de lui disparut dans l'obscurité. Il se sentit soupirer alors qu'il s'imaginait être de nouveau dans son « lobe occipital ».
« Qu'est-ce que vous me voulez encore ? »
Il sentit une douleur lui vriller le crâne et il tomba à genoux sur ce sol sombre, aussi froid que du verre. Il se prit la tête à deux mains avant de réaliser que la douleur avait disparut. Il releva finalement les yeux, le rire de Cthulhu emplissant toute sa boîte crânienne.
« Petit insolent, parler comme ça à un Dieu.
- Je ne comprend juste pas l'intérêt de me ramener ici aussi vite.
- Tu le verras bien assez tôt, adieu jeune humain.
- Quoi ?! Attendez ça n'a aucun sens, pourquoi vous... »
Quand Len ouvrit de nouveau les yeux, sa mère était au-dessus de lui, en pleurs. Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à venir chialer sur son lit ? D'abord Rin, maintenant sa mère ? Qui serait le prochain, son père ? Non, cet abruti n'avait d'yeux que pour Tees et c'était la même chose pour sa mère. Malheureusement, ça n'expliquait pas ce qu'elle foutait là. Il dégagea ses mains de celles de sa mère, dégoûté.
« Qu'est-ce que tu fous, là ?!
- J'ai cru que tu étais vraiment parti...
- Ouais, c'est ça, je te crois ! Tu veux quoi ?
- Vérifier ce que tu regardes à la télé.
- Je m'en doutais. C'est ça qui te fait pleurer ?
- L'état de tes fringues est déplorable.
- De mieux en mieux, t'es venue m'engueuler parce que j'ai dégueulassé mes fringues ! »
Le silence se fit dans la salle et le monde se figea quelques instants. Les yeux turquoises de Lily se plantèrent dans ceux, si semblables aux siens, de son fils, avant qu'elle ne se lève en soupirant.
« Tu as un ami qui veut te voir, il te ressemble énormément. »
Len resta sans voix. Qu'elle pointe ce genre de détails prouvait qu'elle s'intéressait un temps soit peu à lui et cela lui arracha une larme. Lily était dans le même état mais elle le cacha à son fils en lui tournant le dos, sortant rapidement. Le seul qui la vit fut Kenny, qui se trouvait assis face à la porte, attendant sagement son tour pour parler avec Len. Il aurait sûrement des réponses, s'il était vraiment comme lui. Après tout, la peau de ses mains s'était régénérée à une telle vitesse que c'était humainement impossible de faire un truc pareil. Peut-être que le simple fait d'avoir servi de sacrifice humain pour le culte de Cthulhu l'avait rendu beaucoup plus résistant... Mais pour l'instant ce n'était pas ça qui l'intéressait. Ça faisait longtemps qu'il attendait des réponses, beaucoup trop pour reculer alors qu'il se sentait si prêt du but. Pourtant, il remarqua l'état dans lequel se trouvait la mère de son ami.
« Tout va bien madame ? Pourquoi vous... »
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'elle partit en courant, le laissant seul dans ce grand couloir d'hôpital. Un grand couloir qu'il ne connaissait que trop bien malheureusement. Kenny prit une grande inspiration, tenté de partir en courant lui aussi. Il redoutait cette confrontation autant qu'il désirait en savoir plus. D'un côté, la possibilité de savoir d'où venait sa malédiction le rassurait, mais d'un autre... Oui, il devait bien avouer que, d'un autre côté, ça le terrifiait. Ses mains, déjà moites, se mirent à trembler. Il ne pensait pas son cerveau capable d'imaginer des choses aussi dingues et bizarres quant à son passé mais il devait bien se rendre à l'évidence, il l'avait sous-estimé. Il réussit enfin à se lever et aller vers la poignée de la porte. Il allait toquer, mais son geste se fit hésitant. Comme s'il l'avait entendu approcher, Len l'autorisa à entrer. Bon... Il n'avait pas passé la porte, il pouvait encore s'enfuir s'il le souhaitait... Mais voilà, le souhaitait-il ?
