Bon, je sais que ce n'est pas comme dans le cartoon puisque logiquement toute la ville connaît l'identité de Mysterion mais bon... C'est tout de même plus intéressant si personne ne le sait, non ? Il y a également d'autres choses qui pourraient ne pas concorder avec le cartoon, mais je n'ai pas encore eu le temps de voir tous les South Park alors des éléments peuvent m'échapper... Soyez indulgents !

Anonymous T : Tes commentaires me font vraiment plaisir, j'espère que le chapitre 5 (oui, parce que avec le prologue ça m'a tout décalé xD) t'a plu car voici le chapitre 6 ! En espérant que ma fic t'accroche toujours ^^ Pour le fait que Kenny et Len se ressemblent, j'ai eu l'idée après avoir vu une fic en anglais où ils étaient censés être jumeaux. J'ai trouvé l'idée sympa ! Je suis également fan du Stenny, mais il y a aussi pas mal d'autres couples yaoi mignons dans SP (du genre le Dip ou le Creek) mais ne nous attardons pas là-dessus sinon je vais me faire tuer... Merci beaucoup pour l'intérêt que tu portes à ma fic, tu es pour l'instant le seul à commenter !
J'ai adoré écrire cet OS, je l'ai écris d'une seule traite même si à la base il était pour un concours Skyrock mais je l'ai tellement aimé que je l'ai publié ici aussi :)

South Park appartient à Matt Stone et Trey Parker. Vocaloid appartient à Crypton Vocal.

Bonne lecture !


~VI~

Il était assez tard ce soir-là, mais ça n'empêchait pas la fenêtre d'une certaine maison d'être encore allumée. Celle de la maison des Broflovski, à l'étage où travaillait encore un certain petit roux. Un roux qui avait malheureusement encore pas mal de choses à faire avant d'aller au lit. Il avait prit sur son temps libre pour aller voir Len à l'hôpital car il s'inquiétait, mais le jeune blond l'avait rejeté comme une chaussette sale. Tout ça pour ça, Kyle se sentait pitoyable d'être allé jusqu'à la chambre d'hôpital de son ami pour récolter ce genre de réaction de sa part. Enfin, il devait bien s'en douter, vu que le médecin leur avait dit que c'était une mauvaise idée, qu'il risquait de faire une rechute. Ça n'avait pas tardé...

Kyle devait bien l'avouer, s'il était venu à la base c'était pour Rin. Cette dernière l'avait traîné jusqu'à l'hôpital avant de lui dire, bouleversée, qu'elle ne viendrait pas réviser avec lui ce soir. Il se sentait con. Pour une fois qu'il avait fait preuve de gentillesse envers quelqu'un dont il n'était pas sûr de l'amitié, il se retrouvait le bec dans l'eau. Et ce aussi bien pour son rendez-vous qui avait été invalidé que par le comportement que le blond avait eut à son égard. Ça l'agaçait à un point qu'il ne pouvait lui-même pas imaginer. Dire qu'il avait décidé de ne pas faire ses devoirs tout de suite pour les faire en même temps que la blonde. Il s'était fait avoir en beauté !

Eh voilà, il sentait la colère remonter et il n'allait pas pouvoir la contenir longtemps. Encore, s'il avait le gros lard en face de lui ça serait vite réglé. Mais il n'y avait personne à part lui dans sa chambre, alors difficile de se calmer tout seul. Il regarda de nouveau son exercice de philosophie. Sa prof lui avait conseillé de faire une pause dès qu'il n'arrivait plus à se concentrer et, lui qui d'habitude avait une concentration à toute épreuve, cette frustration l'empêchait de travailler correctement. Il ne voyait plus les présupposés du texte de HUME qu'il était en train de lire. Il avait besoin de se calmer. En regardant par la fenêtre, il vit qu'il neigeait encore. Bonne idée, la neige lui rafraîchirait le cerveau. Il se leva lentement de son bureau, vérifiant l'heure du coin de l'œil. 23h30. Il n'avait pas l'habitude de se coucher aussi tard, d'habitude il se couchait avant 22h pour être sûr d'être opérationnel le lendemain. Il se rappela que le brun lui avait proposé de dormir chez lui ce soir et cela le désola de ne pas y être allé. Or, là, avec la tonne de devoirs qu'il avait à faire, c'était juste pas possible. Il savait que Stan ne dormait pas à cette heure-ci, ce pourquoi il lui envoya un message significatif :

« Demain, il faudra que je te parle. J'ai quelque chose d'important à te dire. »

Il fut surpris de ne pas avoir de réponse à son message. Peut-être que, finalement, Stan dormait à poing fermés. C'est vrai qu'en ce moment il avait tendance à s'assoupir pour un rien et n'importe où. Ça faisait peur et il comprenait Wendy quand elle disait que c'était imprudent de sa part. Mais bon, Stan restait Stan, il n'était pas le quarterback de l'équipe de football pour rien et Kyle le savait. Il pourrait se défendre face à un sale type même s'il est à moitié réveillé. Stan n'était pas totalement con non plus, il ne tomberait pas dans le piège de psychopathes tels que l'égorgeur. Kyle jeta un dernier regard à son bureau avant de quitter sa chambre. Ses parents devaient être en train de dormir, ils ne l'entendraient pas... Rectification, ils ne dormaient pas, ils faisaient autre chose de bien pire. S'ils comptaient lui faire un autre petit frère dans la nuit, il y avait peu de chances qu'ils entendent le rouquin descendre les marches de l'escalier. Il fit cependant attention quand il passa devant la chambre de Ike, il pourrait demander à le suivre. Il aimait bien son frère adoptif, là n'était pas le problème, mais là il avait envie d'être seul.

Le moment de vérité sonna quand il ouvrit la porte d'entrée après avoir enfilé son manteau, quand la porte en bois si semblable à celle des autres maisons de South Park se mit à grincer. Kyle serra les dents, se demandant s'il était repéré mais, après quelques minutes de silence, il dut se rendre à l'évidence : personne ne l'avait entendu. Ou alors, ils faisaient semblant de ne pas l'avoir entendu pour... continuer ce qu'ils étaient en train de faire. Kyle grimaça de dégoût, se forçant à penser à autre chose. Ses pensées revinrent à Rin, ce qui eut vite fait de faire remonter sa colère. Il était temps qu'il sorte. Il referma lentement la porte derrière lui et partit en courant à travers les ruelles éclairées de South Park. Il ne voulait pas se risquer à aller dans les ruelles sombres, à cause de l'égorgeur. Il se sentait plus en sécurité à la lumière. Pourtant, il avait envie de gueuler toute sa frustration de la veille mais à la lumière il avait trop peur de se faire repérer. Il continua donc sa marche d'un pas tranquille en espérant que ça le calmerait. D'habitude il ne s'emportait pas aussi facilement au sujet d'une fille, il trouvait ça étrange. C'était d'ailleurs pour ça qu'il voulait parler à son meilleur ami demain. Peut-être avait-il des réponses pour lui, puisqu'il en savait plus que tout le reste de la bande sur les filles. Cartman n'avait sûrement jamais eut de petite-amie vu sa bedaine, Kenny ne connaissait pas les sentiments des filles mais leur anatomie et lui, Kyle, il n'avait jamais eut de copine de sa vie non plus. Donc, niveau sentimental, Stan semblait le plus à même à pouvoir le conseiller. Il l'avait par ailleurs déjà aidé plus d'une fois.

Kyle porta la main à son cœur qui lui faisait toujours aussi mal. Stan avait promis de lui expliquer, mais il n'avait toujours pas la réponse étant donné qu'il n'avait pas pu dormir chez lui. Il se rendit compte que ses pas l'avait mené devant la maison des jumeaux et il se maudit intérieurement. La maison aurait pu être vide, mais il y avait de la lumière. Il hésita à aller sonner, mais ses pas ne suivirent pas ses idées. Il serra la main qu'il avait sur le cœur et fit demi-tour, trop perturbé pour se rendre compte qu'il passait dans une voie plus étroite et moins éclairée que les autres. Il ne s'en rendit compte que lorsqu'il entendit le bruit d'une tronçonneuse. Une tronçonneuse ? Ici, en pleine nuit ? Intrigué plus qu'effrayé, Kyle se mit à marcher en direction du bruit. Il prit néanmoins son portable entre ses mains, préparant un numéro pour le cas où il se retrouverait face à quelques personnes indésirables.

Son intuition était bonne, il se trouva effectivement devant quelque chose qui le terrorisa. Ça lui fit d'ailleurs tellement froid dans le dos qu'il en lâcha son téléphone. Ce dernier atterrit dans la neige, alors même que Kyle venait de recevoir un message. Mais pour l'instant, ce n'était pas ça qui attirait l'attention du jeune roux, mais plutôt la scène qu'il avait sous les yeux. L'égorgeur se tenait face à lui, achevant de décapiter sa victime. La pénombre empêchait le juif de voir l'identité du meurtrier et Kyle ne voulait sans aucune façon la connaître, sans quoi il deviendrait sa prochaine cible. Pas sûr, d'ailleurs, que l'assassin ne l'ai pas déjà remarqué, vu le boucan qu'avait fait son GSM. Le regard du tueur se fixa sur lui et Kyle se rendit compte qu'il était tétanisé. Il ne pouvait plus faire le moindre mouvement mais ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait. Si ça lui avait été donné, il aurait prit les jambes à son cou et se serait enfui. Malheureusement, ses jambes refusaient d'abdiquer. Il vit un sourire illuminer le visage encore dans l'obscurité du tueur. Enfin, disons plutôt qu'il l'imaginait lui sourire, ce qui fit remonter un frisson le long de son échine. Pourtant, il ne pouvait toujours pas bouger. Le meurtrier se détourna du roux pour se concentrer de nouveau sur sa victime qui reposait dans une flaque de sang. Intérieurement, Kyle luttait pour ne pas vomir devant l'horreur de la scène, mais il savait bien qu'il n'en aurait plus pour longtemps.

Quand l'éclat du réverbère se trouvant plus loin se refléta sur le couteau à crans d'arrêt que l'assassin venait de sortir de sa poche, le juif déglutit bruyamment. Il pourrait s'en prendre à lui uniquement parce qu'il était juif, ce genre de choses arrivait souvent en ce moment. Et puis, il supposait que les tarés comme Cartman n'étaient pas uniques et que pas mal de gens souhaiteraient voir les juifs morts. Il tomba les genoux dans la neige, ne pouvant plus tenir sur ses jambes tremblantes, quand il vit que le tueur coupait un des doigts de sa victime avec le couteau. Kyle ne put se retenir plus longtemps, il se mit à vomir tripes et boyaux. Si on voulait voir le point positif, on pouvait dire que maintenant, le rouquin pouvait de nouveau bouger. Quand le flot de liquides se tarit enfin, Kyle tenta de se relever, mais ce qu'il vit l'en empêcha. La pointe du couteau était devant son nez et, au grand malheur de Kyle, la lame avait l'air bien coupante. Il devint aussi blanc que la neige et les paroles du tueur lui firent froid dans le dos.

« Tu en as trop vu, maintenant tu dois mourir. »

Kyle observa le visage de son futur assassin, des larmes plein les yeux et il se rendit compte qu'il le connaissait. Il allait mourir des mains de cette personne, ça serait le dernier visage qu'il verrait avant de quitter ce monde pourri ? Il ferma les yeux, se crispant en sachant qu'il allait bientôt mourir. Il était incapable de voir la mort en face, surtout si elle lui était donnée par cette personne. Adieu monde cruel furent les dernières pensées qui traversèrent l'esprit du rouquin.


Kenny s'était finalement enfui sans oser ouvrir la porte. Il avait trop peur de passer pour quelqu'un de ridicule aux yeux de son ami. Non, en fait ce n'était pas ça le problème. Il avait poussé la porte rapidement et le regard que Len avait posé sur lui lui avait clairement retiré toute envie de discuter de sa malédiction avec lui. A cet instant, Kenny ne le reconnaissait plus. C'était comme si quelque chose avait changé en lui, le rendant assez effrayant. Il avait le même regard que sa sœur avait quand elle l'avait poignardé dans les chiottes du bahut, un regard de taré psychopathe qui ne pense qu'à faire de toi son quatre heures. Bon, Kenny exagérait sûrement beaucoup, mais il n'avait jamais eut aussi peur de sa vie face à quelqu'un. Même pas Cartman quand il avait fait bouffer ses parents en chili à Scott. En même temps, ce n'était pas comme si on pouvait réellement avoir peur du gros lard. Il était certes intelligent, mais pour lui échapper c'était assez facile puisqu'il ne pouvait pas suivre quand il courait après quelqu'un. Il était trop gros pour ça.

Pour en revenir à Len, Kenny avait préféré ne pas s'attarder de peur que l'autre blond ne le poursuive. Il avait l'air d'aller beaucoup mieux et le pauvre ne doutait plus du tout de sa capacité à se lever malgré le fait qu'il l'ai vu avec des clous plantés dans les pieds quelques jours plus tôt. Non, il ne pensait pas que sa capacité de régénération ait quelque chose à voir avec lui et sa prétendue immortalité. Len semblait pouvoir mourir, même s'il disait ne pas avoir peur de la mort. Beaucoup de gens disaient ça avant de se retrouver devant elle et de pisser dans leur froc. Cette remarque fit sourire Kenny, alors qu'il se dirigeait vers son sac de cours qu'il avait laissé pour aller manger. Lui il n'avait pas à craindre la mort, vu qu'elle le ramenait à chaque fois ici, comme si rien ne s'était passé. Il ne comprenait pas cette peur qu'avaient les gens de mourir. Lui, la seule chose qu'il redoutait, c'était la douleur qu'il ressentait avant de mourir. Il mourait toujours dans d'atroces souffrances et personne ne se souvenait de ce qu'il lui était arrivé le lendemain, quand il se pointait à l'école. Enfin, ce n'était pas le cas de Rin visiblement, puisqu'elle s'en rappelait. En était-il de même pour son jumeau ? Il verrait quand il aurait le courage de retourner le voir, pour l'instant il s'en sentait incapable. Enfin, si, il en était capable, mais il refusait d'être tout seul en tête à tête avec lui. Cette simple pensée le terrifiait à présent.

Son ventre grondait encore famine, mais il n'avait pas le choix. Il avait laissé sa part à Karen qui en avait bien plus besoin que lui, vu qu'elle était encore en pleine croissance. Il referma la porte de la salle de bain derrière lui, le sac toujours sur l'épaule. Personne ne l'avait vu entrer, sinon ils se seraient vraiment demandé si le blond ne débloquait pas complètement pour aller se doucher avec son sac de cours. En soupirant, Kenny se débarrassa de sa parka avant de fouiller frénétiquement dans son sac. Il fit la grimace en remarquant que ses fringues de super-héros étaient totalement froissées. Pourtant, ça ne l'empêcha pas de les enfiler sans la moindre difficulté. En même temps, il l'utilisait tous les soirs alors il avait prit la main pour l'enfiler rapidement. Déverrouillant la porte de l'intérieur, le héros s'enfuit par la fenêtre. Il avait quelques petites questions à poser à Stan et, pourquoi pas, en profiter pour essayer de sauver les malheureuses victimes de l'égorgeur ? Il espérait juste ne pas croiser Gaïa, préférant faire cavalier seul de son côté. Les flics ne lui faisait pas confiance, mais ça ne voulait pas non plus dire qu'ils allaient essayer de l'empêcher de faire respecter la justice.

Il passa par la rue de Mogan Street. Ça le rallongeait, mais ce n'était pas très grave puisque Stan pouvait attendre, il n'allait pas s'envoler pendant la nuit. Ce qui n'était malheureusement pas le cas de l'égorgeur. Tout d'abord, quand il traversa la rue, il ne remarqua rien d'anormal. Il alla même jusqu'à se dire qu'il n'arriverait pas à choper le meurtrier ce soir car il n'était pas de sortie. Mais il entendit bien vite un son. Un son peu agréable à l'oreille, comme si quelqu'un était en train de vomir. Il ne savait pas pourquoi, mais en ce moment tout le monde vomissait, alors même que Stan ne l'avait pas fait une seule fois (quoique peut-être que pendant qu'il baisait avec Wendy... bref, n'abordons pas le sujet !). Et puis, ce n'était jamais bon signe quand on entendait quelqu'un vomir, même pour le cas du brun. Kenny ne put s'empêcher de rire un peu en imaginant Wendy mettre ses nibards à l'air et Stan vomir sur ces derniers. Eh ben putain, ça devait vraiment être quelque chose ! Peut-être que s'il demandait à Cartman, il pourrait lui faire une petite vidéo, en les filmant à leur insu..?

Kenny se ressaisit rapidement. Pour l'instant, il n'était pas Kenny, mais le froid et imperturbable Mysterion, le héros de la ville. Pas un putain de pervers voyeur comme il était d'ordinaire. Se raclant la gorge pour se rappeler qu'il devait prendre une voix grave, il s'approcha de la source du vomissement. Bon, c'était pas très agréable de suivre un son comme celui-ci, on ne dirait pas le contraire, mais bon tout ça le rendait curieux. Qui pouvait bien vomir ses tripes dans une ruelle alors qu'il était minuit passé ? Il ne tarda pas à avoir la réponse quand il vit un Kyle totalement effondré face à une scène de meurtre. Le genre de meurtres que faisait tous les soirs l'égorgeur. Pendant un instant, il se demanda ce que son ami rouquin foutait là. Puis, il en vint à se demander si le juif n'avait pas fait ça et qu'il jouait la comédie. Mais devant le fait évident qu'il avait recraché tous ses repas de la journée et qu'il était en larmes, Mysterion dut se rendre à l'évidence : le coupable était déjà parti. Restait à savoir si Kyle était complice où si, en se pointant, le héros avait empêché un nouveau meurtre. Il hésita donc à s'approcher du juif, préférant l'appeler de là où il était pour qu'il ouvre les yeux.

« Kyle ? »

Avec autant de tremblements que plus tôt, le rouquin rouvrit les yeux. Il avait pas rêvé, il avait entendu la voix de Kenny ? Il vit une autre forme dans la pénombre, mais cette fois il n'avait plus peur, persuadé qu'il s'agissait de son ami. Il constata qu'il arrivait à se mettre sur ses jambes et il traversa les quelques mètres qui le séparait du héros, soulagé de le voir ici. Il lui sauta même dans les bras, le surprenant beaucoup au passage. Et s'il en profitait pour le poignarder discrètement ? Saisit de la peur subite que cela arrive, Mysterion écarta le jeune homme de lui, gardant un ton froid et distant. Ce fut au tour du juif de constater que la personne en face de lui n'était pas Kenny et qu'elle ne lui ressemblait d'aucune manière. Il s'éloigna donc lentement du héros, à reculons, avant de trébucher sur le corps et de finir sa course sur le sol, une seconde fois. Mysterion on profita pour ramasser le téléphone qui était tombé dans la neige. Il allait le rendre à son propriétaire quand son regard fut attiré par le nom sur l'écran. Un message de Stan ?

« Q-Qui êtes-vous, demanda péniblement le rouquin.

- Un ami, répondit le héros de sa voix exagérément grave en rendant à contre-cœur le portable à son propriétaire. Je ne te veux pas le moindre mal. »

Kyle récupéra son portable, remarquant au passage un éclat bizarre dans le regard du héros. Après avoir observé quelques minutes la personne qui se tenait face à lui, Kyle reconnut en lui le héros que Stan avait décrit à Len un peu pus tôt dans la journée. Il en resta sans voix.

« Vous êtes Mysterion ?! »

Un imperceptible petit sourire pointa sur les lèvres du héros. Enfin quelqu'un qui le reconnaissait à sa juste valeur ! Il ne répondit pourtant pas tout de suite, savourant son petit effet. Enfin, il réfléchissait également à ce qu'il pouvait bien se passer pour que Stan envoie un message à Kyle aussi tard dans la soirée. Il espérait que ce n'était pas trop grave, mais il n'avait pas le droit de demander à la personne devant lui. De un, ça risquait de pas trop passer, de deux, il passerait pour un voyeur et de trois, l'intelligence que possédait Kyle aurait vite fait de reconstituer tous les morceaux du puzzle, si ce n'était pas déjà fait d'ailleurs. Après tout, il s'était laissé gagner par la panique tout à l'heure et il en avait perdu sa voix grave. Il ne perdit pourtant pas espoir, faisant comme si de rien n'était.

« Effectivement, je reconnais bien là ton intelligence de premier de la classe. Tu devrais te dépêcher de rentrer chez toi, tu as un ami qui t'attend il me semble. »

Ce fut sur ces mots que Mysterion disparut dans l'obscurité, laissant Kyle face à lui-même dans l'obscurité. Mais le rouquin se sentait rassuré puisqu'il savait que le héros n'était pas encore parti. Il le surveillait de loin, prêt à intervenir s'il lui arrivait le moindre mal. Il en profita pour regarder son portable où trônait un message de Stan. Le héros lui avait bien dit que quelqu'un l'attendait, non ? Pourquoi le nom de Stan avait-il attiré son regard ? Ils se connaissaient ? Il faudrait qu'il lui demande, mais ça semblait déjà être le cas vu comment il l'avait décrit à Len. Enfin, c'était bizarre que Stan soit autant dévoué à une personne dont il ne connaissait ni le vrai nom, ni le visage... Peut-être qu'il savait de qui il s'agissait..? Déverrouillant son portable, Kyle regarda son message.

« Désolé Kyle, je pourrais pas venir demain. »


Stan était malade et il en profitait pour flemmarder au lit. Bon, il était réveillé depuis un certain moment, mais il était encore sous sa couverture, en train de naviguer sur les réseaux sociaux. Depuis que son portable captait internet, il en profitait. Cette fois, l'info qui faisait la une était une affaire de terroristes. Il n'avait pas tout compris, pour tout dire il s'en foutait tellement ils en avaient parlé à l'école. Son crâne allait même exploser, puisqu'ils n'en avaient pas fait autant pour l'explosion de World Trade Center et puis, quand c'était trop c'était trop. Il zappa donc rapidement et tomba sur l'affaire de l'égorgeur. Il avait fait une nouvelle victime et une photo avait été prise sur le lieu du crime.

Évidement, il s'agissait d'un article-photo et on pouvait y voir la ruelle sombre dans laquelle la victime avait finit sa vie. Et, bien que le corps soit encore présent sur la photo amateur, ce n'était pas ce qui attira le regard du brun, mais plutôt ce qui était écrit en rouge sur le mur, sûrement avec le sang de la victime. "L'encre dégoulinante" formait des lettres, des mots. Des mots qui aux yeux de Stan, était jute un effet de zèle plus que n'importe quoi d'autre. C'était pour lui un mauvais calcul de la part du tueur car s'il avait utilisé ses empreintes digitales ils allaient vite le retrouver. Et ce I am Chainsaw tagué sur le mur, n'était rien d'autre qu'une façon d'imposer son nom trop peu original. Chainsaw voulait dire tronçonneuse, pourtant à en juger par le fait que le tueur décapitait toutes ses victimes, ça ne lui allait pas du tout. Il hésita à arrêter de lire avant qu'il ne tombe sur quelque chose de trop horrible, mais ses yeux tombèrent sur le mot doigt. Sa curiosité le poussa à lire la phrase et il comprit sans mal qu'ils ne retrouveraient pas Chainsaw comme ça. L'empreinte digitale étant celle de la victime...

Un bruissement venant de la fenêtre le fit sursauter et il se releva rapidement, trop vite même puisqu'un petit vertige le saisit et qu'il faillit bien retomber le cul sur le lit. Dès qu'il reconnut Mysterion, il ne se pria pas pour le faire, cherchant le portable qu'il avait perdu dans le lit. Peut-être que ce genre d'infos intéresserait le héros, s'il n'était pas déjà au courant des événements de la nuit. L'homme masqué sauta de la fenêtre et atterrit sur la moquette de la chambre de Stan. Maintenant il était habitué aux entrées fracassantes du héros et plus rien ne l'étonnait venant de lui. Enfin, c'était ce qu'il croyait car ses paroles lui arrachèrent une petite exclamation de surprise.

« J'ai une question à te poser.

- Je t'écoute. »

Mysterion hésita en se disant que, finalement, ce genre de questions ne collait pas avec le personnage froid qu'il avait créé et, même si Stan état le plus apte à répondre à ses interrogations, il aurait vite fait de douter de sa santé mentale. Le héros déglutit péniblement et Stan ne put que s'interroger sur son curieux comportement. Derrière le masque, Kenny commençait vraiment à paniquer, ne sachant pas comment aborder le sujet. Non, il avait beau tourner le problème dans tous les sens, impossible de trouver une solution pour que ça paraisse sérieux. Ou alors pour que, au moins, ça corresponde mieux à son personnage. Il allait se résigner et partir sans ajouter mot quand un nom traversa son esprit : Dawson. Il sauta sur l'occasion, les mots retrouvés.

« Est-ce qu'il y a une Dawson dans ta classe ? »

Stan ne s'attendait pas à ce genre de questions, ça se lisait sur son visage. Il imaginait tout sauf ça, il ne voyait pas Mysterion s'interroger sur une fille de sa classe sauf si... Il en avait besoin pour une enquête ? Le héros n'était pas du genre à se confier là-dessus, ce qui paraissait étrange... Mais il ne protesta pas plus, rangeant dans son cerveau cette information supplémentaire sur le héros : il n'était pas dans sa classe.

« Dawson ? Elle s'est faite buter par l'égorgeur il y a moins d'une semaine.

- Tu as une date précise ?

- Euuh... C'est jeudi dernier que McCartney nous a bassiné avec sa minute de silence. C'est pas comme si on avait un cas de bulling qui tourne mal, un mort ça arrive tout le temps en ce moment... »

Jeudi dernier ? C'était le jour suivant celui où Rin crachait du sang dans les toilettes, ce même jour où elle avait avoué avoir été frappée par cette "Dawson". Restait juste à savoir si elle lui avait menti ou si elle avait dit la vérité. Mysterion savait bien qu'il était le seul capable de ressusciter alors ce n'était pas possible que... Non, peut-être qu'il n'était pas le seul en fin de compte. Il fallait à tout prix qu'il arrive à avoir une conversation avec cette Dawson, mais ça allait être dur si tout le monde la pensait morte. Les paroles de Stan le sortirent de ses pensées bien pessimistes.

« J'ai dit quelque chose d'étrange ?

- Effectivement... Quelqu'un m'a dit qu'il l'avait vue vendredi, avant d'aller au lycée.

- Qui ça ? »

Le héros ne répondit pas, estimant qu'il en avait déjà trop dit. S'il en disait plus, ça donnerait matière à Stan pour découvrir sa véritable identité. Le brun ne lui en tint pas rigueur, autre chose le préoccupait...

« Tu voulais me dire quoi, avant de me parler de Dawson ? »

L'homme masqué déglutit une nouvelle fois, ce dont ne manqua pas de s'apercevoir Stan. Visiblement, il avait mit le doigt là où il ne fallait pas. Le héros avait volontairement oublié la grande capacité de Stan à la réflexion. Il ne pouvait plus y échapper maintenant. Quel con il avait été de lui dire ça ! Il n'aurait même pas du y penser tellement c'était ridicule. Stan fut surpris de l'attitude du héros, il ne s'attendait pas le moins du monde à le voir rougir et éviter son regard. Ça ressemblait beaucoup à l'attitude qu'il avait face à Wendy, quand il était gêné par l'une de ses questions embarrassantes. Un doute le saisit soudain, faisant remonter une angoisse qu'il gardait enfouie tout au fond de lui. Sans réfléchir, il lança ces mots, les regrettant tout de suite après :

« J'suis pas gay. »

Mysterion était abasourdi, il n'avait pas compris la réflexion du brun et n'était pas sûr de vouloir savoir. Lui non plus il n'était pas gay ! Bon, certes, en matière de cul il avait déjà testé la sodomie mais ça ne voulait pas dire qu'il était... Et puis, même s'il l'était, il n'allait quand même pas avouer ses sentiments pour Stan ! Il tenait à sa vie quand même, il ne voulait pas se mettre cette psychopathe de Wendy à dos. Mysterion laissa échapper un hoquet de surprise quand il comprit qu'il venait de dire qu'il tenait à la vie. Ce n'était pas vrai puisqu'il passait son temps à mourir pour ressusciter dans la nuit. S'il avait pu il se serait même déjà tué définitivement pour pouvoir reposer en paix, que ce soit au Paradis ou en Enfer, à présent il s'en fichait. Il avait déjà visité les deux, donc que se soit l'un ou l'autre...

« Moi non plus, qu'est-ce que tu crois ? »

Il sentit un gros poids lui tomber des épaules. Il était soulagé mais en même temps il se sentait très mal à l'aise. Le malentendu était dissipé, ce n'était pas normal qu'il se sente mal au point de vouloir disparaître dans un trou de souris. Le soulagement qu'il avait ressentit quelques minutes auparavant fut bien vite remplacé par une sensation de malaise dans l'esprit du héros, il n'aurait jamais dut dire ça... Lui qui était habitué à la douleur physique pour y avoir souvent goûté, il n'était pas le moins du monde habitué à la douleur morale et cette dernière le broya sans aucun état d'âme. Il avait l'impression qu'on lui avait lâché un sac de briques dans l'estomac, impossible pour lui de ne pas ressentir le poids de la culpabilité venir se poser lourdement sur ses épaules. Stan assistait à la scène avec froideur, comme s'il ne ressentait pas le trouble du héros. Pourtant, il lui accorda un sourire coupable avant de lancer une phrase qui acheva le pauvre Kenny caché sous le masque.

« Encore heureux, j'ose même pas imaginer quelle aurait été la réaction de Wendy... »

Il avait pensé à la même chose que le héros, à croire que c'était la seule excuse valable qu'ils avaient trouvée pour se prouver qu'ils n'étaient pas gays. D'un certain point de vue, cela rassura le héros qu'ils soient sur la même longueur d'ondes, mais d'un autre côté le problème de Wendy demeurait bien trop présent pour lui. Il devait trouver un moyen de l'évincer pour pouvoir... Mais qu'est-ce qu'il racontait au juste ? Ce n'était pas comme s'il était amoureux de Stan, il venait de dire qu'il n'était pas homo ! La situation lui convenait, tout comme à Stan, alors ils n'allaient quand même pas s'en plaindre... Si ?

Sans prévenir, le héros sauta sur Stan et lui vola un baiser. A sa grande surprise, son ami ne le repoussa pas. Bien au contraire, il semblait même apprécier le baiser. Il avait les yeux clôts, crispé et tremblant comme s'il s'agissait de son tout premier baiser. Ce n'était peut-être pas faux, vu qu'il n'arrêtait pas de vomir sur Wendy dès qu'elle s'approchait de lui ou tentait de l'embrasser. Avant que ses mains ne deviennent baladeuses, il cessa de l'embrasser et recula de plusieurs pas. Les joues de Stan avaient prit une jolie teinte pivoine et il resta sans voix devant ce qu'il venait de se produire. Le héros regretta tout de suite son geste, mais ce fut Stan qui le repoussa avec force, se couvrant la bouche de ses mains. Est-ce qu'il avait seulement conscience de ce qu'il venait de faire ?

« Non mais t'es malade, qu'est-ce qu'il t'a prit ?! »

Mysterion se claqua mentalement. Kenny était en train de paniquer derrière son masque. Nul doute que s'il avait été à visage découvert, il se serait senti encore plus mal. Là, il avait juste la chance que Stan ne l'ait pas déjà reconnu, sinon il ne lui parlerait plus jamais. Avoir un ami c'était bien, mais qui voudrait d'un meilleur ami gay amoureux de lui ? Il avait tout fait de travers, il aurait dut y aller plus doucement. Mais il voulait vérifier si ce qu'il éprouvait pour Stan était seulement de l'amitié ou si c'était plus que ça. Il avait eut sa réponse, mais à quel prix ? Les yeux clairs de Stan se firent confus et il se mit à hurler.

« Vas-t'en ! Vas-t'en, je veux plus jamais te voir ! »


Gaïa était assise sur la fenêtre de l'hôpital, celle que les infirmiers avaient gentiment laissée ouverte car leur patient crevait de chaud. En plein hiver, c'était tout de même dingue de crever de chaud, surtout quand on habitait une petite ville dans le Colorado nommée South Park. Enfin bref, l'héroïne n'allait pas s'en plaindre, ça arrangeait ses affaires. C'est dans cette optique qu'elle regardait le blond dormir dans son lit d'hôpital. Comme ça, se disait-elle, il ressemblait à un ange. Pourtant, s'ils avaient achevé leur cérémonie, nul doute qu'il aurait été un démon dans un corps d'ange. Mais c'était justement pour ça qu'elle était là, à le surveiller. Elle voulait vérifier l'effet que cette expérience traumatisante avait eut sur le pauvre Kenny. Oui, parce qu'elle pensait toujours que Len et Kenny étaient une seule et même personne. Si elle savait comme elle se trompait, elle s'en serait sûrement mordu les doigts.

Elle sauta de la fenêtre pour atterrir tel un chat sur le carrelage, avec lenteur et souplesse, elle se déporta au-dessus de Len. Puis, doucement, elle approcha son visage du sien. Elle l'avait déjà fait, au moment de lui sauver la vie quelques jours plus tôt. Depuis, elle devait bien se rendre à l'évidence : ça lui avait plut d'embrasser le pauvre Kenny. Inutile de se voiler la face pour ce genre de choses, elle pouvait bien s'accorder un petit plaisir de temps en temps. Alors qu'elle s'approchait encore des lèvres du garçon endormi, ce dernier ouvrit les yeux. Tout de suite, il commença à paniquer.

« Q-Qu'est-ce que..? »

Dégoûtée de s'être laissée voir, elle s'éloigna un peu du lit, regardant les étranges rougeurs qui étaient apparues sur les joues du blond. Ce dernier écarquilla les yeux, incapable de mettre des mots sur ce qui était en train de se dérouler devant ses yeux. Une fille aux cheveux platine, avec une tenue assez excentrique pour être celle d'une fille normale, et un loup cachant la plupart de son visage. Cette même fille qui l'avait sauvé quand il était prisonnier des adeptes de la secte. Il ne savait plus que penser. Était-il heureux qu'elle l'ai sauvé alors qu'elle était venue seulement pour le livre de la secte ? Mais qu'est-ce qu'elle foutait là si elle s'en foutait totalement de lui ? Peut-être qu'elle était seulement revenue car elle avait apprécié de l'embrasser, comme l'avait suggéré ce qu'elle était en train de faire avant qu'il n'ouvre les yeux ? Quand ses idées furent remises en place, Len commença à formuler la question qu'il avait sur le bord des lèvres.

« Pourquoi tu es là ? Je croyais que tu t'en foutais que j'aille bien ou pas.

- Quand est-ce que j'ai dis ça ?

- Quand tu m'as sauvé la vie. Je ne le méritais pas d'ailleurs, j'aurais du mourir.

- Mais dit pas ça ! Aucun être humain ne mérite la mort. Et puis, ils ne comptaient pas te tuer...

- Comment tu sais ça ? »

La voix du blond s'était faite différente. Plus froide. Gaïa frissonna. Comme elle le pensait, c'était trop tard pour espérer quoi que ce soit. Elle n'était pas arrivée assez tôt pour le sauver totalement.

« Ils avaient donc commencé la cérémonie avant que j'arrive, continua la fille d'un air sombre. Tu es Cthulhu c'est bien ça ?

- Tu crois vraiment que je vais te répondre ?

- Ça tombe bien, c'est pour toi que je suis là.

- Ce garçon ne te laisse pourtant pas si indifférente.

- Ce n'est pas vrai. Si tu venais à devenir mon ennemi je n'hésiterais pas une seconde à le tuer.

- Je ne te crois pas.

- Je ne suis pas ici pour parler de Kenny, mais bien pour te poser quelques questions. »

Kenny ? Cthulhu sourit quand il comprit qu'elle ne savait pas que ce garçon s'appelait Len et non pas Kenny. Elle allait avoir une drôle de surprise quand elle irait voir ce « Kenny » pour essayer de discuter une nouvelle fois avec lui. Gaïa l'attrapa par le col, commençant à le secouer lentement.

« Tous tes pouvoirs ont-ils pu se développer autant que tu le pensais ? Si oui je n'hésiterais pas une seconde à te tuer, là, tout de suite.

- En seras-tu seulement capable ?

- Sache, cher poulpe, que je n'ai pas de cœur pour ressentir les émotions. »

Pas de cœur ? Cette information intéressait grandement le Seigneur Cthulhu. Alors comme ça, elle avait trouvé le moyen de vivre sans cœur ? Il lui fallait des informations sur cette fille, il devait lui poser plus de questions. Malheureusement, le temps imparti dont il disposait venait de s'écouler. Bientôt, il allait devoir retourner dans le lobe occipital de ce gosse. Cela ne tarda pas, et les yeux de Len quand il revint à lui s'agrandirent de peur. Il ne comprit pas tout de suite pourquoi l'héroïne avait ce sourire supérieur, mais aussi pourquoi elle le tenait par le col. Depuis son réveil, le blond avait de plus en plus de moments d'absence et il se retrouvait toujours dans des situations délicates quand il se réveillait. Gaïa lâcha sa chemise et, sans lui accorder d'autre regard, elle sauta par la fenêtre.


Suite au violent renvoi de Stan, le héros avait sauté par la fenêtre, quelque peu chamboulé. Il savait que Stan ne voudrait plus qu'il revienne et lui non plus ne se sentait pas prêt à revenir voir le brun. Il ne se comprenait plus. Crétin qu'il avait été d'avoir voulu vérifier l'origine de son trouble ! Kenny était bien placé pour savoir qu'il fallait du temps pour créer une relation et que ça ne se faisait pas d'un seul coup, au premier baiser échangé. Il porta de nouveau la main à son cœur, se traitant d'enfoiré une fois encore. Stan avait déjà une copine, ce genre de choses ne se faisait pas. Le blond avait mal, d'une douleur intérieure qui le brûlait et lui donnait envie de chialer. Cette douleur lui était inconnue, elle ne ressemblait pas à celle qu'il ressentait avant de mourir. Cette douleur-là, elle était mentale, et c'était par conséquent beaucoup plus dur de s'en débarrasser.

« Mysterion ? »

Le héros sursauta, comme prit en faute. Il se retourna ensuite vers la personne qui venait de l'appeler. Ah non, pas elle ! Il ne voulait pas la voir, surtout pas maintenant, alors qu'il se sentait faible et sur le point de chialer.

« Je n'ai aucune envie de discuter avec toi Gaïa.

- Toi, il t'es arrivé quelque chose...

- Ça te concerne pas !

- Qu'est-ce que t'en sais ? »

Bon, il était forcé d'admettre qu'il n'en savait rien. Mais ça ne changeait pas la donne, pour l'instant il avait juste envie qu'on lui foute la paix. Il n'avait pas envie de parler de ça avec elle.

« Ok, j'en sais rien. N'empêche, j'ai pas envie de t'en parler. »

Gaïa vit bien que Mysterion n'était pas prêt à lui parler de ses soucis. En même temps, quoi de plus normal avec tous les vents qu'elle lui envoyait en temps normal. Mais bon, ils étaient en compétition pour le titre de héros de cette ville alors il fallait bien qu'ils trouvent des défauts à leur adversaire. La fille aux cheveux blancs attrapa la manche de son costume et attira le garçon à elle, lui frictionnant gentiment le dos. Surpris, Kenny voulut se dégager des bras de sa rivale, mais il constata bien vite que malheureusement il n'en avait pas la force. Ne pouvant se retenir plus, le garçon laissa libre cours aux larmes qui roulaient déjà le long de ses joues. Gaïa s'en aperçut mais elle ne dit rien, continuant de le serrer contre elle, se demandant bien ce qui avait pu mettre son fier rival dans un état pareil.