Et c'est parti pour le chapitre 8 ! J'arrive pas à croire que j'en suis arrivé aussi loin... Merci à vous tous chers lecteurs, c'est grâce à vous que cette fiction continue d'être active ^^

AnonymousT : J'aime bien les cliffhanger, j'en fais souvent quand je peux. C'est Kenny qui va être content~ Mais de rien, j'adore écrire cette fic, je suis vachement inspirée :3

South Park appartient à Matt Stone et Trey Parker. Vocaloid appartient à Crypton Vocal.

Bonne lecture !


~VIII~

Eric Théodore Cartman était encore une fois vautré devant sa télévision, un paquet de chips à la main. Un paquet de chips d'ailleurs presque vide, ce qui avait le don de gentiment l'agacer.

« M'maaaan ! Je veux un autre paquet de chips, j'en ai plus.

- Bien sûr poussin, je t'apporte ça. »

Au moment où il mangeait sa dernière chips, une information très intéressante passant à la télévision le fit oublier sa frustration. Le corps de Mysterion avait été retrouvé dans les ruelles ? Est-ce que la police comptait rendre public le visage du héros ? Pour sa part, Cartman avait envie de le savoir. Il voulait le savoir avant tout le monde et il ne laisserait personne lui voler la vedette. C'était lui qui démasquerait Mysterion, lui et personne d'autre ! Il éteignit la télévision et sa mère revint avec un paquet de chips.

« Tiens mon trésor, je t'ai ramené tes chips préférées.

- Pas trop tôt ! J'ai cru que je ne les aurait jamais.

- Mais Eric...

- J'ai pas de temps à perdre maman, si aujourd'hui le lycée dit que je suis absent c'est normal d'accord ?

- Il ne faut pas rater les cours poussin... »

Trop tard, Cartman avait prit son sac et claqué la porte. Liane n'avait pas réellement envie de le retenir, elle savait très bien que quand son fils avait une idée en tête, on ne pouvait lui retirer. Effectivement, Cartman était plongé dans ses pensées en cherchant comment il pourrait bien procéder. Ça ne serait pas drôle d'aller voir directement les policiers pour leur réclamer le corps surtout que, connaissant les flics, ils n'allaient pas le laisser embarquer le corps, et ce même s'il leur graissait copieusement la patte. Ils ne l'écouterait même pas, le considérant comme un gamin stupide et vaniteux. Mais Mysterion avait à peu de choses près son âge et ça ne l'étonnerait qu'à moitié s'il connaissait déjà le visage du héros. C'est pour ça qu'il voulait savoir qui il était. Sur le chemin, il croisa Clyde qui le regardait d'un drôle d'air en voyant que le gros partait à l'opposé du lycée.

« Euh, Cartman ? Le lycée c'est par là.

- Ta gueule Clyde, j'y vais pas aujourd'hui. »

Le pauvre châtain resta sur place un moment, regardant le gros s'éloigner. Puis, une idée folle lui traversa l'esprit. S'il n'avait pas croisé Cartman, les choses auraient peut-être été différentes, mais voilà, il l'avait croisé. Après avoir jeté un dernier regard vers Craig, Token et Tweek, Clyde quitta lui aussi le chemin de l'école. Finalement, il n'avait plus la moindre envie d'aller au lycée. Cartman préparait quelque chose et ça avait l'air marrant. Clyde ne voulait en aucun cas manquer ça. Cartman n'arrêtait pas de regarder derrière lui pour vérifier qu'il était seul. Clyde se cachait bien, mais le gros lard finit par le repérer. Il lui fit remarquer avec un air très ennuyé. Le même air qu'il avait eut quand Scott l'embêtait. Il avait oublié que Clyde n'était pas présent au moment où il s'était vengé de ce connard de rouquin. Pas Kyle hein, juste Scott. Oh, comme il rêvait de le voir souffrir et crier grâce alors qu'il continuerait de le torturer... Si Mysterion était Kyle Broflovski, il ne pouvait que s'estimer le plus heureux du monde. Mais en attendant, il fallait qu'il explique à Clyde qu'il n'était pas doué pour se cacher.

« Bon, je veux bien être sympa Clyde, mais je pense que ta mère va se retourner dans sa tombe si elle apprend que tu sèches l'école.

- Fait chier ! Je suis si peu discret que ça ?

- Tu n'as jamais su te cacher Clyde. Si Butters disait rien c'était seulement pour ta belle gueule.

- Quoi ?

- Oups, tu savais pas que Butters était amoureux de toi ?

- Mais c'est dégueulasse ! Je suis pas gay moi...

- Je te laisse le soin de lui expliquer, comme ça tu me laisseras m'occuper de mes petites affaires.

- Je suis sûr que tu bluffes seulement pour que je te foute la paix. Au pire des cas, je lui dirais demain.

- T'es pas drôle Clyde !

- Je sais. »

Clyde coupa court à la conversation, se mettant à la hauteur de Cartman qui le fusillait du regard. Si un regard pouvait tuer, le châtain aurait vu sa vie finir aussi brutalement que celle de Kenny quelques heures plus tôt. Cartman hésita un petit instant mais il finit par se dire que s'il ne le faisait pas maintenant il n'aurait peut-être plus jamais l'occasion de savoir qui était Mysterion. Il soupira et reprit sa marche, le second garçon sur ses talons. Il sentait que ça allait être long. Il aurait vraiment préféré être seul pour ça...


Kenny n'en revenait pas. Sa mère venait de lui dire qu'elle savait qu'il était censé être mort. Carol McCormick observa son fils de ses yeux encore vitreux d'alcool. Elle, elle avait encore sûrement bu toute la soirée. Ce matin aussi peut-être, ça expliquerait pourquoi elle était morte de rire alors qu'elle venait d'annoncer à son fils qu'elle savait qu'il crevait. Kenny pensait être le seul de sa famille au courant, mais bizarrement ça ne le choquait pas vraiment qu'elle soit au courant. Il n'avait pas beaucoup d'interactions avec sa mère, c'était sûrement normal qu'ils n'en aient pas parlé avant. Mais quand même, il n'était pas le seul enfant de la famille, elle avait quand même dut se douter que quelque chose ne collait pas. Surtout si elle était au courant. D'ailleurs... Comment ça se faisait qu'elle était au courant pour sa mort ? Était-elle au courant pour les autres aussi ?

« Tu étais au courant ? Depuis quand tu...

- Si j'étais pas au courant alors que tu m'déchires l'vagin chaque fois que tu "revis", ça veut dire que j'suis insensible à la douleur.

Avec tout l'alcool que tu ingurgites, pensa Kenny, c'est étonnant que tu aies encore senti la douleur, oui.

- Pourquoi tu ne m'as jamais rien dis ?

- Parce qu'on cause jamais tous les deux.

- On devrait ? Chaque fois que j'essaye, tu m'envoies chier.

- T'es pas normal Kenny, chaque fois que je te vois je me demande comment ça se fait que t'es encore en vie. Tu crevais au moins une fois par jour au primaire, maintenant c'est moins mais tu fais quand même chier. A cause de toi je peux pas dormir ou baiser tranquille, tu viens toujours tout gâcher. »

Kenny fit la grimace. Bon, il ne s'attendait pas non plus à ce qu'elle le rassure, vu comment elle était, mais lui dire qu'il n'était pas normal... Il le savait bien, mais c'était la première fois qu'il l'entendait dans la bouche de quelqu'un de sa famille. Même si Kenny avait beau dire qu'il se foutait de sa mère, qu'elle le considère de cette façon si dégradante lui fit mal. Elle restait sa mère et, mine de rien, ils avaient tout de même passé des moments heureux ensemble. Comme par exemple cette fois où il s'était découvert un talent pour chanter de l'opéra. Sa mère l'avait accompagné et ils avaient découvert que c'était un bon moyen de gagner de l'argent. Mais bon, après s'être fait trouer de balles alors qu'il tentait d'échapper à la police, Kenny s'était dit que c'était inutile de retenter l'expérience...

Là, il se rendait compte que le fait de naître faisait chier sa mère. C'était si terrible que ça d'accoucher ? Bon, il était vrai que Kenny n'en avait pas la moindre idée, il n'était pas une fille. Tant mieux d'ailleurs, avoir ses règles ça avait l'air très chiant et douloureux. Enfin, lui quand il avait la gaule ça lui faisait mal aussi... Pas de la même manière remarque. Essayant d'oublier que sa mère venait de dire qu'il n'était pas normal, il essaya de relancer le sujet. C'était sûr, elle en savait plus sur sa malédiction et il fallait qu'il lui demande maintenant, sinon il n'en aurait pas le courage et il fuirait, comme devant Len la dernière fois, à l'hôpital.

« Est-ce que tu sais pourquoi je ne peux pas mourir ?

- Parce que tu renais à chaque fois que tu meures et que tu me gâches la nuit.

- Non, je veux dire... Tu as fais quelque chose de spécial avant ma naissance ? »

La rousse sembla réfléchir un moment, puis elle vint s'asseoir à côté de son fils, sur son matelas a nu. Ils avaient trouvé cette pièce il y a quelques mois maintenant, comme beaucoup d'autres pièces dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence. Quand ils avaient dégagé le bordel et qu'ils y voyaient enfin clair, ils avaient placé un matelas par pièce, à même le sol. Kenny avait soupiré d'aise en se jetant sur son matelas, content de ne plus avoir à supporter le canapé inconfortable de salon. Puis, tout de suite après, il avait pensé à Karen. Il s'était trouvé vraiment égoïste sur le coup, mais ça n'avait pas duré longtemps quand il avait remarqué que, elle aussi, elle allait maintenant avoir sa propre chambre. Ça avait été un sacré soulagement pour le blond, ils ne seraient plus obligés de supporter leurs parents, ni même de les entendre quand ils étaient en train de baiser à côté d'eux. Ça faisait à présent quelques jours qu'ils avaient chacun une chambre, et Kenny avait déjà investi ses "placards". Si on pouvait appeler ça des placards bien sûr... Il y avait planqué son costume de super-héros, sous une grosse pile de vêtements qu'il ne mettait jamais. Pourquoi ? Parce qu'ils ne lui allaient plus ni à lui, ni à Kevin, ni même à Karen.

Ils avaient pas chipoté trois heures et, ne pouvant pas les vendre à cause du mauvais état dans lequel elles étaient -par exemple, certaines étaient bouffées par les rats-, Kenny avait décidé de les garder. Au cas-où, un jour ça lui serait sûrement utile. Il se rendit soudain compte de sa connerie. Merde, il était mort dans son costume de Mysterion... Il allait devoir le récupérer, à moins que ça ne fasse comme avec ses fringues habituelles, qu'elles réapparaissaient comme par magie dans son placard ? Il faudrait qu'il vérifie. Mais bon, pour l'instant il n'en était pas là.

« Ouais, y'a un truc qu'on a fait avec Stuart il y a quelques temps. J'crois bien que ça fait seize ans maintenant... »

Les yeux bleus du blonds fixèrent ceux de sa mère, d'une couleur presque similaire. Il écoutait attentivement, toute peur de savoir l'ayant finalement quitté. Seize ans, c'était pile son âge. Ça ne pouvait être que ça. Malheureusement, sa mère avaient encore les idées embrouillées par l'alcool qu'elle venait de boire. C'était comment que ça s'appelait déjà, cette merde à laquelle ils avaient participé et qui les avaient fait arrêtés, elle et son mari ? Un culte avec un drôle de nom... Pourquoi est-ce que ça la faisait penser à un poulpe géant ? Renonçant à chercher le nom compliqué du poulpe, elle se leva et quitta la pièce. Kenny, décidé à en savoir plus avant de partir au lycée, se décida à la suivre jusqu'à sa nouvelle chambre. Elle se ravisa avant de se diriger vers le salon d'un pas rapide. Stuart était encore affalé sur le canapé devant la télévision, aussi quand sa femme se mit à chercher en dessous de la télévision et qu'il ne voyait plus l'écran, il se mit à gueuler.

« Bordel mais qu'est-ce tu fous ?! Bouge ton cul je vois plus mon match !

- Ta gueule putain d'alcoolo ! J'cherche un truc pour Kenny. »

Le père se calma d'un seul coup et jeta un coup d'œil à son fils. Ce dernier haussa les épaules, peu habitué à ce que ses parents fassent autant attention à lui. Ça n'arrivait pas souvent, et Kenny estimait que c'était tant mieux, comme ça il pouvait faire ce qu'il voulait. Finalement, l'homme renonça à regarder son match de catch pour se mettre lui aussi à quatre pattes pour aider Carol à chercher. Au bout d'un certain temps, ils se relevèrent tous les deux en soupirant. Depuis quand ses parents pouvaient-ils mettre autant d'implication à trouver quelque chose ? Stuart posa ses grandes mains calleuses sur les épaules de son fils, se raclant la gorge. Quoi, lui aussi il était au courant de son immortalité ? Peu habitué à cette soudaine familiarité avec son père, Kenny se dégagea rapidement. Il n'aimait pas vraiment ses parents, il n'allait pas non plus faire son petit garçon obéissant. Il était au-dessus de ça maintenant.

« Écoute Kenny, j'suis désolé mais j'crois bien qu'on a paumé le bouquin.

- Le bouquin ? Répondit le blond en fronçant les sourcils.

- Le Necronomicon, continua Carol. C'est le livre du culte et j'pensais r'trouver le nom de leur dieu chelou.

- Attendez une minute, railla Kenny, vous avez participé à un culte il y a seize ans ?

- Y'avait des bières gratuites, ajouta Stuart avant de se remettre devant la télé.

- Ah... »

La discussion s'arrêta là, puisque Carol s'installa à côté de son mari pour regarder le match, une bière à la main que Stuart venait de lui tendre. Visiblement, il n'obtiendrait rien de plus aujourd'hui. Mais ça lui suffisait amplement pour l'instant, il allait devoir faire des recherches sur ce culte quand il le pourrait. Dommage que l'ordinateur familial soit squatté en permanence par ce drogué de Kevin. Le blond ne pouvait pas non plus faire des recherches à l'école, beaucoup se poseraient des questions sur sa santé mentale. Bon, il allait devoir retourner chez Stan quand il revêtirait le costume de Mysterion. Il soupira, il n'avait aucune envie d'y retourner après ce qu'il s'était passé. Pourtant, il possédait un ordinateur à lui... Enfin, Stan n'était pas la seule personne en qui il avait une totale confiance. Il y avait Kyle aussi. Mais voilà, s'il se pointait chez Kyle et que ce dernier était au courant qu'avant il allait voir Stan, il saurait son identité. Tant pis, Kenny était prêt à tout pour savoir d'où venait sa malédiction. Il pourrait toujours dire à Kyle qu'il se trompait ou alors il lui dirait qu'il avait raison. Mais qu'il ne devait surtout pas en parler à Stan. De toute façon, Kyle était déjà au courant qu'il était amoureux du brun, puisque c'était aussi son cas. oh, et puis il avait tout le reste de la journée pour réfléchir à ce qu'il pourrait faire. Au pire, si Stan et Kyle sortaient vraiment ensemble, il le verrait en allant au lycée.

Attrapant son sac, le blond sortit de chez lui et se mit en route pour l'arrêt de bus où ils se rejoignaient tous en temps normal.


Stan non loin de lui, Kyle avançait d'un pas mal assuré. Non pas qu'il avait des béquilles comme Len, mais il avait peur que sa sœur jumelle essaye de l'aborder. C'est donc par petits pas qu'il avançait dans la cours, se récoltant au passage les regards noirs de Kenny et Wendy. Bon, au moins cette affaire aurait eut un effet bénéfique, ça les avait rapprochés. Une seconde, pourquoi est-ce que Kenny le foudroyait du regard alors que Wendy n'était pas collée à Stan ? Non, en fait c'était pas logique du tout. Il devrait être content que Wendy ne soit pas à côté de Stan même si... Putain, comment il avait pu être aussi aveugle ?! Kenny n'était pas amoureux de Wendy, il aimait Stan depuis le début ! Ça expliquerait sa réaction violente d'hier soir, mais aussi le fait que le regard qu'il dardait sur lui avait l'air plus méchant qu'amical. En fait, il avait presque le même regard que Wendy. Il se demandait bien comment il avait fait pour se planter autant. Bon, il ne lui restait plus qu'à rattraper le coup. Kyle n'aimait pas trop Wendy et la perspective de le voir avec quelqu'un d'autre le soulageait. Surtout si la personne en question était Kenny, vu que Kenny c'était tout de même leur pote à tous les deux.

Kyle prit une grande inspiration. Il n'avait encore rien dit à Stan, c'était le moment de tester. Arrivés à l'arrêt de bus où ils se retrouvaient tous d'ordinaire, Kyle s'éloigna un peu de Stan, le laissant respirer. C'était le moment, autant en profiter tant que le gros lard n'était pas là et que Kenny ne semblait pas vouloir les rejoindre.

« Stan, je crois que Wendy te trompe encore avec Token.

- Arrête de dire des conneries tu veux, elle me ferait pas le coup deux fois.

- Qu'est-ce que tu en sais ? Elle te le dirait pas.

- Alors j'irais voir Token et je lui péterais la gueule pour que Wendy ne le trouve plus du tout attirant.

- Mais... tu l'aimes à ce point-là Wendy ? »

Les yeux bleus marine du brun se fixèrent dans ceux de Kyle, d'une douce couleur émeraude. La lueur qui brillait au fond du regard de son meilleur ami fit peur à Stan. Il avait quelque chose derrière là tête, et ça ne plaisait pas du tout au garçon. Qu'est-ce qu'il cherchait au juste, à le séparer de sa copine ? Mais il pensait que Kyle était amoureux de Rin ! A moins que... il ne le fasse pour quelqu'un d'autre. Peut-être que c'était Token lui-même qui avait enrôlé son meilleur ami pour forcer leur séparation. Un gros doute s'empara de Stan, devait-il lui parler de Mysterion ? Dire qu'il pensait que ça ne serait pas une bonne idée d'en parler à Kyle, il était à présent sur le point de tout lui révéler. Regardant autour de lui, il vérifia qu'aucune oreille indiscrète ne traînait près d'eux. Il fut rassuré de voir que seul Kyle et lui se tenaient à l'emplacement de l'arrêt de bus, les autres bien plus loin. D'ailleurs, où était passé Cartman ? Oh puis merde, ils s'en foutaient pas mal pour le moment.

« Il y a quelque chose que j'aimerais te confier, commença le brun, mais promets-moi de ne pas me prendre pour un dingue. »

Rin observait la scène de loin, mais elle entendait tout ce que se confiaient les deux amis. Son sourire s'élargit quand elle se rendit compte qu'ils parlaient de Mysterion. En réalité, c'était le seul mot qu'elle avait entendu dans la conversation. Stan connaissait Mysterion, à moins que... ce ne soit lui, Mysterion. Ça expliquerait pourquoi il en parlait à Kyle en faisant bien attention à ce que personne ne le surprenne. Oui, ça correspondait. Il avait à peu de choses près la même morphologie, si ce n'est la même. Impossible d'en être totalement sûr tant qu'il ne portait pas le costume. Rin ne regardait pas les informations du matin, sinon elle aurait été au courant de la nouvelle que Mysterion était mort. Mais non, pour l'instant la blondinette n'avait qu'une seule certitude : Mysterion était Stan.

Restait à présent un seul problème, comment faire en sorte que le garçon n'entrave pas ses plans ? Parce que, forcément, vu que Rin tuait des gens, le héros chercherait à l'arrêter, un jour où l'autre. Elle devait faire en sorte que Stan ne vienne pas la gêner et pour ça, elle était prête à tout. Une idée lui traversa alors l'esprit. Kenny lui avait dit que Wendy, la fille qui était venue l'engueuler le jour de la rentrée, était la petite-amie du brun. Si elle semait la zizanie dans ce couple avec les sentiments ambigus que le garçon à la parka orange semblait nourrir à l'égard de Stan, le brun aurait mieux à penser que de courir après les criminels. Son sourire s'élargit alors qu'elle se rapprochait doucement de Wendy qui fusillait toujours le rouquin du regard. Elle, elle n'avait pas fini d'entendre parler de Kenny.

« Dis, c'est toi la petite-amie de Stan ?

- Je pensais pourtant avoir été claire avec toi.

- Je ne suis pas ton ennemie, bien au contraire. Je pense même que l'info que je possède pourrait t'intéresser... »

La brunette se mit à rire et Rin eut l'étrange impression de se retrouver face à elle-même, quand elle riait face au chantage de Cartman. Mon dieu, cette fille semblait aussi tarée qu'elle. Raison de plus pour que leur entente mutuelle se passe bien.

« C'est dingue, répondit Wendy, quand je te parle j'ai l'impression de parler à Cartman.

- Il faut croire que c'est un peu le cas.

- J'ai remarqué que vous restiez souvent ensemble.

- Ah non, tu ne vas pas me faire une autre crise de jalousie suivie de menaces !

- Je ne fais de crises de jalousie qu'à ceux qui s'approchent de Stan, je m'en fous de ce gros con de nazi.

- Nazi ?

- Je vois qu'il ne t'a pas parlé de sa passion pour Hitler, rit doucement la brune.

- Bref, la question n'est pas là. Je suis venue te parler de Stan, pas d'Eric Cartman. »

Le visage de la fille au béret rose se durcit. Elle qui était sur le point de rire avec la blondinette, dès que l'on parlait de son petit-ami elle était sans pitié. Elle croisa les bras et toisa Rin d'un regard qui se voulait acéré.

« Qu'est-ce que mon petit-ami vient faire là ?

- Tu ne le trouves pas distant en ce moment ? Je veux dire, depuis que tu as du le forcer à venir au lycée.

- Assez, mais ça doit être à cause de son manque de sommeil.

- Son manque de sommeil ? S'exclama Rin, soudain très intéressée.

- Oui, il dort mal. Il dit qu'il rêve qu'il se noie, toutes les nuits.

- Ce n'est pas un peu gros, toutes les nuits ? »

Wendy s'apprêtait à répliquer quand elle se rendit compte que Rin avait raison. C'était un peu trop facile comme excuse. Et elle, comme une imbécile, elle était tombée dans le panneau. Un même rêve, ça peut se faire deux fois de suite au maximum, mais pas toutes les nuits pendant des semaines et des semaines. La brune soupira, sentant soudain son sang se figer dans ses veines. Comment elle pouvait savoir tout ça sur la vie de son petit-ami au juste ?

« Tu m'as l'air bien informée sur ce que fait mon Stan pendant ses nuits blanches.

- Je te l'ai dis, j'ai des infos qui pourraient t'intéresser.

- Je t'écoute.

- En échange, je veux juste que tu me promettes de ne pas divulguer mon nom.

- Pourquoi je le ferais ?

- Sous le coup de la colère ?

- Bon, ok, je dirais rien sur ton identité à personne... Alors ?

- L'impatience est un vilain défaut.

- J'ai vraiment l'impression d'être face à ce gros connard de Cartman...

- Stan profite de ses nuits blanches pour coucher avec un mec. Un mec qu'il connaît bien mieux que toi.

- Bon déjà c'est pas Cartman. Personne ne voudrait coucher avec quelqu'un qui a autant de graisses que ça.

- Ça ne te surprend pas plus que ça ? Demanda Rin, éberluée.

- Je me doutais déjà que quelque chose n'allait pas. Il m'a prise dans ses bras alors qu'il ne le fait jamais d'habitude, il m'a même avoué qu'il avait peur de me perdre. Donc, que se soit Kyle ou Kenny, les deux auront le droit à mes reproches. Pas sûre qu'ils en sortent vivants d'ailleurs.

- T-Tu es sérieuse ? Hoqueta la blondinette, peu sûre de ce qu'elle avait entendu.

- On ne peut plus sérieuse. »

Les raisonnements que tenait la brune lui semblaient pareils aux siens. Bon, à l'exception près que Rin n'avait pas de petit-ami. Elle n'en avait même jamais eu. Elle n'arrivait pas à s'attacher. Mais bon, ce n'était pour elle pas un inconvénient. Quand on s'attachait, on devenait faible. Et quand on était faible, on n'était plus capable de rien. Sans aucune attache, on était libre. Rin se rendait compte que ses pensées se contre-disaient elles-mêmes. Elle, elle était attachée à son frère, mais aussi à sa famille. Pour devenir sans attaches, elle aurait dut tuer son frère. Or, elle n'avait aucune envie de le faire. Du moins, pas tout de suite.


Len venait d'éternuer. Comme tout bon ami, Kenny lui dit un joli à tes souhaits avant de s'asseoir à côté de l'autre blond. Les deux garçons se turent pendant un long moment et Len finit par observer le garçon à la parka orange. Il remarqua qu'il n'avait pas tellement l'air dans son assiette, pourtant Kenny souriait toujours. Il avait seulement l'air ailleurs. Prenant une grande inspiration, ses yeux bleus glissèrent sur ceux, absents, de Kenny.

« Toi, il t'es arrivé quelque chose.

- Non, répondit Kenny d'un ton moqueur, sans blagues !

- Ça va, j'essaye juste d'être sympa ! Aux dernières nouvelles c'est moi qui devrait être en colère, vu comme tu m'as évité toute la semaine dernière.

- J'étais pas bien.

- T'es toujours pas bien.

- Ça va mieux et puis, reconnut le garçon à la parka, je ne te reconnaissais plus.

- C'est un peu facile ça...

- C'est bizarre, j'ai l'impression que ça t'a décoincé toute cette histoire. Qu'est-ce qu'il s'est passé exactement ?

- J'ai pas envie d'en parler.

- Je vois... Donc je suppose qu'on a plus rien à se dire ?

- Quel est le rapport ?

- Non, laisse tomber. T'as raison, je suis pas bien.

- La vérité c'est que Henrietta Biggle me plaisait. Du coup, quand elle m'a abordé, je n'ai pas pu faire autrement que de me passionner pour sa religion. Oui bon, d'accord, sa religion était passionnante et ça a un peu aidé.

- C'est quoi cette religion ? C'est celle que l'on pratique avec le Necronomicon ? »

Len sursauta, ne se doutant pas le moins du monde que Kenny pouvait connaître cette religion. Ça le surprenait mais il devait bien avouer qu'il ne savait pas grand chose de Kenny, même s'il pensait le connaître. La preuve en était que quand il s'était senti mal, il l'avait laissé tout seul.

« Comment sais-tu ça ?

- Mes parents ont participé à cette secte, il y a longtemps.

- Ah bon ? Mais je pensais que tes parents...

- Y'avait des bières gratuites, ils allaient pas laisser passer ça.

- Je me disais aussi que c'était pas possible que tes parents alcooliques se passionnent pour la magie noire !

- La magie noire ? Demanda Kenny, inquiet.

- Oui, répondit Len en fronçant les sourcils, surpris que Kenny ne connaisse pas le but de cette secte. Il paraît que Cthulhu détiendrait le secret de l'immortalité. »

Kenny avala de travers, ce qui renforça le froncement de sourcils de Len. Quelque chose d'étrange semblait se produire dans la tête du garçon à la parka. Il allait lui poser la question quand l'entité qui l'habitait lui fit sentir son besoin de communiquer avec Kenny. Len n'en avait cependant aucune envie et, comme au fil des semaines il avait apprit à repousser les intrusions du monstre dans son corps, il le laissa enfermé dans le lobe occipital de son cerveau. Il n'en montra rien en apparence, mais le comportement étrange de son ami piquait sa curiosité.

« J'ai dis quelque chose d'étrange ?

- Je ne comprend pas pourquoi un être humain normalement constitué peut être attiré par l'immortalité.

- Peut-être car il ne désire pas mourir un jour. C'est la plus grande peur de l'humain.

- Il faut croire que je ne suis pas humain alors, moi j'espère que la prochaine fois que je mourrais ça sera pour de bon.

- La prochaine fois que tu mourras ? Tu es déjà mort plusieurs fois ?

- Ta sœur ne t'a rien dit ?

- Non... On parle très peu l'un avec l'autre, elle me considère comme un boulet.

- Eh ben, sympa la sœurette !

- Je ne te le fais pas dire. »

Se regardant enfin en face, les deux amis s'esclaffèrent comme s'ils ne s'étaient jamais quittés. Pour renouer les liens de cette façon, sur des non-dits, c'était un coup de maître. Cependant, ça ne suffit pas à Len pour qu'il se désintéresse totalement de la conversation. Une fois que le rire fut retombé, Len regarda devant lui, plongé dans ses pensées les plus profondes.

« Alors tu ne peux pas mourir.

- Tu me crois ?

- Avec tout ce que j'ai vu à la secte, c'est difficile de ne pas y croire. »

Kenny se sentit soudain tout guimauve. Il ne se savait pas aussi sensible, mais il avait l'impression qu'il allait pleurer. Le blond était le premier à lui dire qu'il le croyait. Quand il avait essayé de le montrer aux autres, ils lui avaient ri au nez. Seul Cartman semblait être au courant et le croire, mais Cartman ne comptait pas comme un ami. Pas réellement en tout cas, puisqu'il n'avait rien d'un ami à ses yeux. C'était juste un gosse pourri gâté qui avait toutes les tares possibles et imaginables. Il le prit dans ses bras et Len cru s'étouffer pendant cinq bonnes minutes. Pourtant, il n'osa pas bouger, content d'avoir participé au bonheur de son ami retrouvé. Il l'entendit cependant sangloter.

« Kenny... Tu pleures ?

- Oui, parce que même si tu ne me prends pas pour un taré, tu ne t'en souviendras pas si je meurs.

- Je suppose que ça fait partie du contrat, on ne peut pas tout avoir non plus sinon ça ne serait pas drôle !

- Ouais, malheureusement... Du coup tu n'as pas fini de m'expliquer ce qu'il t'es arrivé ? Fit-il avec l'espoir de changer de sujet.

- Les mecs de la secte m'ont tendu une embuscade grâce à Henrietta et... et là-bas ils m'ont torturé avant de me faire passer un de leurs rituels bizarres, pourtant j'avais rien demandé.

- Mais pourquoi ils ont fait ça ? Murmura Kenny plus pour lui-même que pour Len.

- Je crois que ça a un rapport avec cette histoire de prophète qui est censé les guider. Apparemment, ça fait longtemps que les personnes de la secte essayent de faire venir Cthulhu sur Terre, vu qu'il vit dans un monde parallèle à la base.

- Ça je le savais, R'lyeh la cité engloutie. J'y suis déjà allé.

- Tu l'as visité ?

- J'ai du me suicider là-bas, je n'avais aucun moyen de rentrer et de sauver mes amis qui étaient prisonniers à l'intérieur sinon.

- Vous vivez des trucs dingues ici... Ça arrive souvent ?

- Comme on a grandit, je crois que ça s'est calmé maintenant. »

La sonnerie retentit sur ces mots de la part de Kenny. Il n'en revenait pas d'avoir dit ça. Pour lui, tout ce qu'ils avaient vécu c'était de la rigolade de gosses. Ça n'avait pourtant pas l'air d'être le cas de Len. C'était donc si différent que ça dans sa ville d'origine ? Réflexion faite, Kenny ne savait plus non plus d'où il venait exactement. La révélation que sa mère lui avait faite ce matin était encore bien présente dans sa tête. Peut-être devrait-il y penser plus tard d'ailleurs, s'il ne se trompait pas c'était l'heure d'aller en cours et il ne pouvait pas se permettre de mettre Len en retard. Il se leva de la petite murette où il était assit et leva les yeux en souriant à l'intention de son ami.

« Bon, je suppose que la discussion est clause pour l'instant. On en parle tout à l'heure, d'accord Len..? »

L'immortel se rendit soudain compte que son interlocuteur avait disparu aussi rapidement qu'il était apparu. Étrange, mais était-il vraiment utile de le préciser quand on savait à quel point le passage de Len par la case hôpital l'avait changé ? Et si ce n'était pas à cause de l'hôpital qu'il était dans cet état, mais plutôt à cause de ce qu'il s'était passé à la secte ? C'était fort possible, raison de plus pour Kenny d'apprendre ce qu'il avait bien pu se passer. Suite aux révélations douteuses de sa mère sur sa naissance, le blond se demandait même si ce n'était pas de sa faute si la secte avait embarqué Len. Et si, en réalité, c'était lui, Kenneth McCormick, qu'ils visaient ? Mais pourquoi s'en prendre à lui ? Il n'avait rien d'intéressant aux dernières nouvelles. Rien, sauf peut-être sa prétendue immortalité. Mais les seuls au courant semblaient pourtant être Cartman, Rin et sa mère. Quoique, avec le scandale qu'avait tapé Rin quand elle l'avait découvert, c'était fort probable que toute l'école soit au courant. C'était d'ailleurs dingue que personne ne l'ai encore prise pour une folle échappée de l'asile.


Clyde n'arrêtait pas de soupirer, comme s'il était prit d'une certaine forme d'ennui. Cartman, qui essayait de se concentrer sur la suite de son plan diabolique, ne pouvait s'empêcher de penser qu'il faisait exprès pour le faire chier. Aussi, au bout de quelques minutes, il se retourna vers le châtain et lui fit un doigt.

« Qu'est-ce que tu comprends pas dans ferme-là, j'ai besoin de me concentrer ?

- Je comprends que t'es qu'un connard égoïste. On vit en communauté gros con !

- C'est toi qui a insisté pour venir, moi j'ai rien fais.

- Si, tu m'as croisé !

- Et alors ? Ça te donne aucun droit supplémentaire que je sache.

- Qu'est-ce que vous foutez là p'tits merdeux ? »

Les deux adolescents cherchèrent un long moment la propriétaire de cette voix, sachant pertinemment de qui il s'agissait. Du moins, pour Cartman. Ça ne fit qu'augmenter son sourire, elle l'aiderait sûrement à se débarrasser du Donovan qui lui collait aux basket depuis un long moment maintenant. Il finit par la remarquer, dans les bras d'un garçon qu'il connaissait aussi très bien. C'était le frère de Kenny, Kevin c'est ça ? Il aurait jamais cru ça possible, ces deux-là ensemble ça faisait un couple qui trouait le cul. Bien mieux que lorsqu'elle était avec Skyler. Et puis, comme ça si elle lui demandait de le faire chier quand ils auraient cassé, il pourra toujours dire qu'il va chez Kenny. Le gros garçon lui lança un sourire qui lui faisait trois fois le tour de la tête.

« J'essaye de me débarrasser de Clyde, il m'emmerde. »

Il montra le châtain de la tête et Shelley eut un sourire satisfait. Elle ne pouvait plus frapper son frère maintenant qu'il était plus grand qu'elle, mais Clyde, lui, n'avait pas vraiment beaucoup grandit. Il était aussi grand que Kyle qui ne dépassait pas les 1m70. Pour une fille, c'était une taille convenable, mais pour un mec... Ça craignait putain ! Le pauvre châtain, il lui restait plus qu'à devenir gay parce qu'il aurait jamais une petite-amie plus petite que lui. Là,c'était mort pour lui. Cartman posa sa main grasse sur l'épaule de Clyde avant de lui sourire à son tour.

« Bon bah je crois que je vais te laisser Clyde. J'ai un truc à cambrioler moi.

- J'peux venir avec toi le gros ? Demanda le petit-ami de Shelley, visiblement intéressé.

- Je suis pas gros ! Et non, c'est pas pour rien que je veux être seul, faut pas que je me fasse prendre.

- T'inquiète, avec moi tu risques rien. »