Voici le chapitre 12 tant promis !

Bon, contrairement à ce que j'ai dis précédemment, il est assez calme (dans la limite où une engueulade peut être calme bien sûr xD) et beaucoup de choses y sont sous-entendues, sans pour autant être dites clairement. Si vous arrivez à tout deviner, je vous tire mon chapeau, surtout que c'est des choses qui sont sûrement improbables dans la série.

Mais bon, je vous laisse découvrir !

Anonymous T : Merci pour tes encouragements :)

South Park appartient à Matt Stone et Trey Parker. Vocaloid appartient à Crypton Vocal.

Bonne lecture !


~XII~

Kyle regardait Rin. Ses yeux brillaient d'une détermination sans pareille. Qu'est-ce qu'il devait faire ? Certes, il avait apprécié le baiser qu'ils avaient échangé tous les deux, mais ça ne voulait pas pour autant dire qu'il était prêt à tout pour elle maintenant. Et puis, il avait l'étrange impression qu'elle faisait comme si rien ne s'était passé, pourtant le juif s'en souvenait très bien. Son cœur battait encore la chamade, et ses joues devaient encore avoir une teinte bien vive. Il se racla la gorge plusieurs fois avant de baisser le regard, se rendant compte qu'il ne pouvait pas fixer la blonde.

« Cthulhu ? Ça ne me dit rien...

- J'ai commencé à faire des recherches dessus, mais tout ce que j'ai trouvé m'inquiète beaucoup. Ça ressemble à une secte sataniste.

- Ça va un peu loin quand même, tu es sûre de l'avoir bien écrit ?

- Je n'ai pas écrit Cthulhu sur mon navigateur, mais Necronomicon. On trouve déjà beaucoup de choses et je n'ai pas encore eu le temps de tout voir. Tu comprends, le temps me manque et pourtant j'aimerais en savoir plus le plus rapidement possible. Le comportement de mon frère me fait peur. »

Il lui faisait peur ? Pourtant, des deux jumeaux, Kyle trouvait que la plus effrayante était Rin. Pourtant, il n'exprima pas tout haut ce qu'il pensait tout bas. Ça serait un peu comme se trahir, puisqu'il avait dit quelques jours plus tôt qu'il n'était pas pour qu'elle aille en hôpital psychiatrique. Là encore, il avait menti. Il ne faisait que ça en ce moment et, bizarrement, il n'avait pas encore eu de fuite. Sûrement parce qu'il avait peur d'elle, justement. Il avait cru voir la mort en face plusieurs fois quand elle était dans le coin, alors il ne voulait pas se faire réellement tuer pour un mot prononcé de travers. Ça serait con. Le roux posa ses deux mains sur les épaules de la blonde et l'éloigna un peu de lui, le contact avec elle le rendant de plus en plus gêné.

« D'accord. Je ferais des recherches sur le culte de Cthulhu alors que tu continueras tes recherches sur le Necronomicon. Je veux sauver Len au moins autant que toi. C'était grave ce qu'il s'est passé après sa sortie de l'hôpital ? »

Rin se mordit la lèvre en regardant le sol. Kyle crut qu'elle allait se mettre à pleurer et regrettait déjà sa question hasardeuse. Il n'aurait pas du la poser, mais il était trop curieux pour passer à côté de ça. Il vit la blonde se saisir le bras et enfoncer ses ongles dedans. Merde. Alors là, il aurait vraiment du fermer sa gueule, sa question venait sûrement de faire remonter à la surface des souvenirs qu'elle aurait préféré oublier. Pourtant, elle se força à regarder les yeux émeraude du juif.

« Il s'est énervé en disant que je lui cachais des choses, mais je ne veux pas qu'il soit mêlé à mes histoires du coup je ne lui ai rien dis. Au moment où il s'est énervé, il a eu une baisse de tension, il ne tenait plus sur ses jambes. J'ai essayé de le soutenir mais... Il avait du sang partout, du sang qui s'échappait de son crâne comme s'il s'était ouvert et puis après... »

Rin était en train de pleurer. Kyle ne put résister, il la prit dans les bras. Il se sentait responsable de cet état dans lequel il avait mit la blonde. Il ne l'avait jamais vue aussi faible, ni même aussi humaine. Quand elle était comme ça, il n'y avait plus de manipulation dans ses projets, seulement un pur désir de sauver son frère. Finalement, voir que Rin était capable de montrer ses sentiments ne la rendait que plus belle aux yeux de Kyle. Il avait toujours aimé les filles avec un caractère fort, mais les filles capables de sentiments aussi humains, ça prouvait qu'elles avaient une beauté intérieure que certaines autres ne possédaient pas. C'était d'ailleurs peut-être pour ça que le juif n'était pas sorti avec beaucoup de filles.


Son téléphone à la main, Wendy conversait avec Bebe à l'autre bout du fil sur le comportement étrange de son petit-ami, mais aussi sur la future virée shopping qu'elles avaient prévu de faire ce week-end. C'était d'ailleurs sur cette virée lèche-vitrine qu'avait viré leur conversation depuis maintenant longtemps. Stan était presque tombé aux oubliettes, et il pouvait s'en estimer heureux. Jamais Wendy ne parlerait de son plan diabolique à Bebe, personne ne devait être au courant de ce qu'elle avait dit à Tucker, sinon son plan risquait de tomber à l'eau et elle passerait pour la méchante. Or, elle n'était pas la méchante. Elle était juste une petite-amie qui espérait avoir un jour une réponse aux doutes soulevés par une certaine blondinette. Elle allait congédier sa meilleure amie quand soudain, à travers la vitrine du Tweak's Bros, elle aperçut son petit-ami qui semblait en grande discussion avec une fille, en face à face. Elle savait que c'était mal, mais elle se rendit compte qu'elle les surveillait. Si Henrietta faisait le moindre geste pour essayer de séduire SON copain, elle allait avoir de ses nouvelles. Il ne redeviendrait pas gothique pour ses beaux yeux, Wendy en était persuadée.

Une onde de choc la traversa dès qu'elle remarqua que la gothique avait prit les mains de Stan entre ses paumes. Et le brun qui ne réagissait pas ! Non, ça serait trop cruel si, en réalité, il ne la trompait pas avec un mec, mais avec cette vache obèse. Ah non, elle ne le laisserait pas faire ça. Elle allait entrer dans la cafétéria et péter sa crise, comme ça Stan ne l'aurait plus ni elle, ni Henrietta. Elle esquissa un geste en direction du bar quand elle vit que la gothique sortait en trombe, décrochant son téléphone en le portant à l'oreille. Tiens, ça aussi ça l'intéressait. Wendy Testaburger savait que c'était mal d'écouter aux portes pourtant, avec tout ce qu'il venait de se passer, elle estimait avoir le droit de faire quelque chose d'interdit. Surtout si ce qu'il se passait en ce moment dans son esprit devenait la pure réalité. Aussi s'approcha-t-elle doucement de l'endroit où téléphonait la gothique, tout en restant cependant hors de son champ de vision. Pourtant, elle fit en sorte de tout entendre. Du moins, de tout ce que disait Henrietta. C'était plus dur d'entendre dans le combiné.

La conversation tournait bien autour de Stan, mais pas dans les termes qu'elle aurait cru. Ce qu'elle entendit la choqua. Son petit-ami allait rejoindre une secte s'il écoutait la gothique. Ça, Wendy ne l'accepterait pas, même si pour cela elle devrait se battre bec et ongles, au risque d'abîmer sa jolie manucure. Mais bon, elle se ferait belle pour Stan plus tard, en attendant il fallait faire en sorte qu'il ne voit plus la gothique, sans pour autant lui révéler qu'elle voulait l'entraîner dans sa secte. Elle connaissait son petit-ami, il était friand de tout ce qui touchait au paranormal, il se laisserait facilement embobiner. Sa décision était prise, elle allait...

« Je peux savoir ce que tu fais ici, tonna une voix menaçante dans son dos, Wendy Testaburger ? »

La brune ne pensait pas se retrouver face à la gothique. Elle pensait avoir le temps de déguerpir chercher Stan avant qu'elle n'achève sa conversation téléphonique. Elle ne pensait même pas qu'Henrietta l'avait remarquée. Elle tenta de lui sourire, mais cette tentative fut un échec. Son cerveau essayait de trouver une échappatoire, le genre de phrases toutes faites qui permettent de te sortir de n'importe quel guêpier, malheureusement le sien restait vide en cet instant. Foutue mémoire sélective ! Pourtant, elle ne pouvait pas rester sans rien dire, et encore moins aller chercher Stan en quatrième vitesse. Il refuserait de la suivre tant qu'elle ne lui aurait pas expliqué la situation. Wendy était clairement dans la merde, elle ne pouvait même pas appeler à l'aide. Si elle le faisait, ça reviendrait à admettre à la gothique qu'elle avait entendue sa conversation téléphonique. Et puis, nous étions en plein jour, aucun super-héros ne volerait à son secours. En temps normal, elle aurait été contre le sauvetage de jeunes filles par des super-héros, mais là elle priait silencieusement pour qu'ils face une entorse à leur vie nocturne. Ou au moins pour que Stan rapplique avant qu'il ne lui arrive quelque chose.

« Oh bah ça... Henrietta ! Je ne savais pas que tu étais ici...

- A d'autres ! Je t'ai vue dès que tu es passée devant Tweak's Bros, c'est pour ça que j'ai pris les mains de Stan, juste pour voir ta tête.

- Mais c'est dégueulasse !

- Tu crois que ce n'est pas dégueulasse d'épier les conversations téléphoniques des autres ?

- Mais à ce moment-là je ne l'avais pas encore fait, je ne savais même pas que... »

Wendy plaqua les deux mains sur sa bouche. Trop tard, les mots étaient sortis d'eux-mêmes. A présent, Henrietta n'était pas sans ignorer qu'elle avait tout entendu de sa conversation avec son fameux oncle. Mais bon, peut-être n'était-ce pas réellement son oncle, un peu comme dans les sectes franc-maçonnes où tout le monde s'appelait oncle et tante. Enfin, il y avait peu de chances que ça soit ça en fait...

« Je vois, continua la gothique d'un air sombre, alors tu as tout entendu. Tu vas être obligée de me suivre.

- Que... Quoi ? Pourquoi je te suivrais ?

- Si tu ne veux pas avoir une ''secte'' à tes trousses, je te conseille vivement.

- Vous n'allez pas faire de mal à Stan..?

- Corbeau ? Tu t'en foutais quand tu l'as laissé tombé la première fois. Il était bien mieux avec nous à ce moment-là. »

La fille au béret rose ne trouva rien à répliquer. Elle avait raison, la première fois Wendy n'avait pas été assez attentive à ce que pouvait ressentir Stan, tout ce qui l'intéressait c'était de pouvoir sortir avec Token, et le brun était un obstacle à l'époque. Maintenant ce n'était plus le cas. Elle n'était plus amoureuse de Token, ni d'aucun autre garçon de la classe. A part Stan bien sûr, et il était le seul. Jamais plus elle ne l'abandonnerait. Jamais plus elle ne le laisserait tomber comme elle avait pu le faire en primaire. A cette époque, elle avait réellement été une idiote, elle s'en rendait compte maintenant.

« On fait tous des erreurs, mais je pense qu'on a une chance d'être pardonnés.

- C'est ça, on lui dira. En attendant, je n'ai pas trois heures alors soit tu viens, soit je te fais venir par la force et, crois moi, tu vas pas aimer, délicate comme tu es. »

Wendy se sentit blêmir. Elle avait été courageuse pour de nombreuses choses, mais elle n'avait jamais été menacée de sa vie, du moins pas de manière aussi crue. Elle préféra donc la manière douce et suivit la gothique sans faire d'histoires. Cette dernière avait le sourire satisfait du devoir accompli. Personne ne se douterait de rien, pour l'instant ils menaient encore le jeu. Wendy ne pourrait plus rien répéter de ce qu'elle avait vu ou entendu ces deux dernières heures.


Kenny regardait encore autour de lui, comme s'il s'attendait à ce que quelqu'un lui saute dessus. C'était un peu le cas d'ailleurs, puisque Gaïa ne devrait plus tarder à se manifester maintenant. Surtout quand on savait que Len était à l'hôpital et que l'héroïne ne pourrait, de ce fait, pas vraiment aller le voir, ni même le confondre avec lui une fois de plus. Même pas sûr qu'elle sache qu'il était à l'hosto. Lui-même, il ne l'avait apprit que récemment, c'est-à-dire i peine quelques minutes. Cela aurait pu être une rumeur pourtant, il ne pouvait que croire Kyle. Il ne mentait pas souvent et, si ça avait été un mensonge, Kenny l'aurait senti. Il n'aurait pas été le seul d'ailleurs. Kyle était tellement peu doué avec les mensonges qu'il était facile de démêler le vrai du faux avec lui. Soit, il rougissait comme une jeune pucelle, soit il s'emmêlait dans ses explications et cela devenait incompréhensible. En quelque sorte, ça le rendait assez mignon en son genre. Peut-être qu'ils auraient eu une ou plusieurs aventures tous les deux, s'il n'avait pas été hétéro. Enfin, Kyle n'était pas du genre à se donner corps et âme quand il n'avait pas confiance. Or, il faisait très peu confiance à Kenny, surtout en ce moment... A croire qu'il l'évitait, ou alors qu'il cherchait à lui cacher des choses.

Kenny se serait bien posé la question plus longuement, mais il avait des tonnes d'autres choses à faire, notamment essayer de comprendre ses origines, ou encore préparer un discours convainquant face à Stan pour qu'il arrête de se morfondre et qu'il dorme un peu plus la nuit. Enfin, pour cela encore faudrait-il qu'il ai le courage de se montrer face au brun. Pour l'instant, le blond hésitait encore entre retourner le voir lui ou changer d'informateur. La seconde option était la plus lâche, pourtant elle le ferait à coup sûr démasquer en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Mais, même si la première semblait la plus sûre, autant fallait-il avoir les couilles d'y aller. Kenny ne se sentait pas prêt à assumer ses sentiments à l'égard de son ami, mais il se repassait également dans la tête le sort qui était bien trop souvent réservé aux petites-amies des héros de Comics. Le bilan n'était pas glorieux : beaucoup d'abandons de la part du héros ou de la fille et des morts. De très fréquentes morts, ce qui amenait les héros à souvent changer de copines, ou alors à ne plus en prendre aucune. C'était bien triste et, même si Kenny était immortel, placer Stan comme premier choix de victime potentielle lui faisait hérisser les cheveux sur la tête.

Certes, si leur liaison restait secrète, il serait à l'abri des regards pendant un long moment, mais si par malheur ils étaient découverts... Non, le blond refusait d'y penser. Pour l'instant, il était donc contre, même si c'était en quelque sorte sa faute si Stan était dans cet état. Bon, pas que en quelque sorte en fait... C'était même carrément sa faute avec ses questions de merde et ses pulsions. Ça l'avait bien sûr aidé à comprendre ce qu'il ressentait pour Stan, mais ça lui aurait coûté son amitié s'il s'était montré à visage découvert. Après tout, Stan était à la base hétéro puisqu'il avait une copine et que ladite copine n'était pas un copain. Kenny allait être obligé de se rendre à l'évidence, même si ça rimait avec souffrir. Pourtant, quelque chose restait obscur dans son esprit : si Stan était à 100% hétéro, alors pourquoi l'avait-il embrassé quand il cherchait à récupérer son corps à la morgue ? Il espérait un jour avoir des réponses mais, s'il devait aller les chercher lui-même, ça allait être long. Il devait se ressaisir, ou au moins essayer d'aller jusque chez Stan en costume de Mysterion. Ce n'était pas très compliqué, il avait juste besoin de traverser la voie ferrée qui le séparait des autres banlieues. En quelque sorte, c'était un peu comme s'ils étaient voisins. Stan était également le voisin de Kyle, avant que ses parents ne décident de déménager un peu plus loin. Tout ça parce que Ike réclamait une chambre à lui. C'était sûr qu'en grandissant, il ne pouvait pas non plus rester dormir dans la chambre des parents.

Et les pauvres parents, qui avaient du être obligés de se retenir de baiser tant que le petit dormait avec eux. Kenny s'imagina que ça devait être la joie chez eux, maintenant que Ike avait sa propre chambre. Surtout quand on savait que ladite chambre se trouvait de l'autre côté du couloir, pile à l'opposé de la chambre des parents. Pas étonnant que Kyle ai de bons résultats, il ne pouvait sûrement pas dormir avant une certaine heure à cause de ses parents, aussi il se concentrait sur ses devoirs. Dans l'esprit de Kenny, c'était aussi logique que ça. Peut-être que si sa chambre était aussi à côté de celle de ses parents, il arriverait mieux à bosser lui aussi ? Non, en fait c'était une logique de merde. Chaque personne était différente et il n'avait pas du tout la même psychologie que Kyle. Lui, niveau sexe, rien ne le gênait alors que le rouquin… Il était assez prude à ce niveau-là. Même lorsque Kenny sortait une blague perverse, il se mettait à rougir et refusait d'en entendre plus. Rien qu'en y repensant, ça faisait rire silencieusement le blond.

« Kenny ? »

Le garçon à la parka orange tourna la tête vers la personne qui venait de parler. Rin ? Qu'est-ce qu'elle faisait là ? C'était elle Gaïa ? De tous les élèves du lycée, c'était pourtant l'hypothèse qui lui semblait la moins plausible. Peut-être qu'elle venait pour autre chose en fin de compte, il décida de l'écouter parler, essayant de voir s'il n'y avait pas des sous-entendus par rapport à Mysterion dans la discussion qu'ils allaient avoir.

« Hum ?

- J'aimerais te parler.

- Je t'écoute.

- C'est personnel.

- Tu veux me faire une déclaration d'amour ? Ironisa-t-il.

- Pff, tu es vraiment con quand tu t'y mets. Non, c'est quelque chose qui ne risque pas de te plaire. »

Le blond ne put s'empêcher de grimacer. Il la sentait mal celle-là, très mal même. Qu'est-ce qu'elle allait encore lui demander, cette fille étrange qui avait essayé de le poignarder pour garder le secret sur ses marques de coups ? Tiens, d'ailleurs il n'en savait toujours pas plus à ce sujet. Peut-être pourrait-il en profiter pour la questionner par la même occasion. Il lui adressa un sourire aimable, digne de tous les meilleurs hypocrites du monde -sans compter Cartman bien sûr. Il commençait déjà à se préparer mentalement. Il pouvait s'attendre à tout venant de sa part, même ce qui pouvait sembler surréaliste au premier abord. Pourtant, là il tendait plus vers quelque chose d'assez peu extravagant. Quelque chose qui serait douloureux pour lui, mais uniquement pour lui. Il releva les yeux vers son interlocutrice, moyennement rassuré.

« Tu ne veux quand même pas que je te serve de souffre-douleur ! Protesta-t-il en se sentant blêmir. Je sais que je ne peux pas mourir, mais ça ne veut pas dire que je ne souffre pas quand on me poignarde ou autre…

- C'est justement ça qui est drôle. Plus tu hurleras, plus ça me calmera.

- Te calmera ? Comment ça ?

- Quand je suis stressée ou que je me sens mal à l'aise, soupira-t-elle, j'ai envie de tuer des gens. »

Kenny observa la folle qui se tenait devant lui. Oh putain, il avait fallut qu'il rencontre des tarés comme ça… Il avait déjà croisé un type qui pensait être un animal, ou encore un animal qui parle, mais jamais une telle psychopathe. En même temps, si c'était déjà arrivé, il s'en souviendrait puisqu'il serait sûrement mort de ses mains, que ça soit intentionnel ou non. L'idée de la balle perdue qui s'était logée dans son crâne quelques années auparavant lui revint en tête. Stan lui avait expliqué que la balle qu'avait tirée Bebe Stevens, au même moment, n'avait touchée ni la blonde, ni sa petite-amie, ni lui. Peut-être aurait-il été moins soulagé s'il avait su que cette balle avait, encore une fois, tué le pauvre Kenny. Bon, là ce n'était pas pareil, puisqu'il n'était pas directement visé. Mais savoir que là, face à la blonde, il serait vraiment la cible de ses tortures, ça lui laissait un goût amer dans la bouche. Il avait pas envie de souffrir et de crever pour ses beaux yeux, même si dans une certaine mesure ce n'était pas très grave puisqu'il revenait à la vie le lendemain. Et putain non, c'était carrément une idée de merde ! Ça voulait dire qu'il était obligé de se bousier la soirée, voire la nuit, juste pour son bon plaisir à elle ? C'était tout simplement hors de question.

« Démerde-toi. Je serais jamais le souffre-douleur de quelqu'un.

- Ah, ajouta-t-elle d'un ton sec, vraiment ?

- Absolument.

- C'est ce que nous allons voir. Dans le pire des cas, je te courrais après. Je pense que ça t'embêterait autant que moi d'avoir une meurtrière sur le dos.

- Pas tant que ça. Les meurtriers finissent en prison, les fous à l'hôpital. C'est cool, tu vas pouvoir retrouver ton frère !

- Tu fais vraiment des blagues de mauvais goût.

- C'est toi qui a commencé.

- Ce n'était pas une blague. »

Cette fille a vraiment un grain, songea Kenny, je ferais mieux de m'éloigner vite fait si j'ai envie de pouvoir jouer les justiciers ce soir. Mais son souhait ne fut pas exaucé puisque Rin sortit une nouvelle fois son couteau à crans d'arrêt et qu'elle le planta dans sa jambe droite. Kenny serra les dents, ne voulant surtout pas se mettre à hurler. S'il le faisait, il était presque persuadé que la blondinette allait continuer de le torturer. Son regard apeuré se fixa pourtant sur elle. Ils étaient en plein milieu de la cour, que se passerait-il si les autres élèves les voyaient ? Elle n'avait pas peur de passer pour une folle psychopathe aux yeux des autres ? L'idée le frappa telle un coup de poing. Quoi qu'elle puisse lui faire, demain ils auraient tous tout oublié si, au terme de sa torture, elle finissait par le tuer. Or, Kenny ne voulait pas mourir. Pas maintenant en tout cas. Il devait voir si Gaïa était dans le coin. Il avait d'autres choses à faire que de subir les caprices psychotiques de Rin. Il déglutit péniblement en la voyant s'approcher de lui, un grand sourire fendillant sa face qui d'ordinaire aurait pu sembler adorable. Mais là, son visage faisait juste flipper le blond. Pourtant, il essaya de se calmer, la regardant dans les yeux. Il en avait maté des plus coriaces qu'elle. Il la fixa donc de son air froid et inébranlable de super-héros, l'air qu'il arborait d'ordinaire lorsqu'il portait le masque de Mysterion. Rin s'arrêta, se demandant si elle était en train de rêver. Ce visage froid, ça lui rappelait quelque chose. Ça lui donnait même un mauvais pressentiment.

« Éloigne-toi. Je ne compte pas mourir ce soir. J'ai trop de choses à faire. »

L'esprit de la blonde se mit à cogiter rapidement. Elle avait finit par comprendre que cette voix n'avait rien à voir avec le blond souriant, pervers et rempli de joie de vivre qui se tenait devant elle. Non, cette voix était menaçante et froide, comme elle n'en avait entendue qu'une seule fois dans sa vie. Quand elle se baladait dans la rue et qu'un dealer l'avait abordée. Cette même fois où elle avait vu le héros s'effondrer devant le dealer en question, un certain Doodle à en croire la personne à qui il essayait de négocier de la cocaïne, alors qu'il essayait en même temps de convaincre Rin de se piquer. Mysterion. Alors ce n'était pas Stan, c'était Kenny, et ce depuis le début. Elle était abasourdie. Elle n'aurait jamais cru ça possible. Le blonde voyait Mysterion comme une personne responsable et sérieuse, un peu comme Kyle, mais Kenny était tout le contraire. C'était un gamin insouciant et branleur, qui n'était même pas capable d'avoir la moyenne en cours. Elle l'avait remarqué un bon nombre de fois en train de dormir en cours ou de s'amuser avec ses stylo. Il n'écoutait jamais en cours.
Non, elle avait du rêver. Ce n'était pas possible que Mysterion et Kenny soient une seule et même personne, il avait juste essayé de la déstabiliser en imitant le héros. Rin tourna énergiquement la tête de droite à gauche pour chasser l'idée de son esprit. Elle était en train de délirer. Une foule s'était rassemblée autour des deux adolescents, visiblement curieux de voir pourquoi Rin avait planté son couteau dans la jambe de Kenny. Et puis, ça n'était pas interdit les couteaux à l'école ? Elle risquait l'exclusion, les armes étant interdites aux mineurs. Profitant de l'agitation et du fait que la blonde soit plongée dans ses pensées, Kenny en profita pour se tirer en vitesse. Bien sûr, il n'irait pas très vite avec sa jambe, mais une terreur sans nom venait de le saisir au ventre alors il se foutait bien de la douleur. Rin ne risquait pas de le poursuivre, elle semblait trop préoccupée. Il avait lâché ces mots sans réfléchir, sous le coup de la peur, et surtout l'envie bien évidente de ne pas mourir. Comme quoi, pour une fois il avait eu la chance d'y échapper.

Lâchant un soupir de soulagement une fois qu'il se pensa en sécurité, Kenny constata avec horreur les dégâts que la blonde avait causée à sa jambe. Le sang s'écoulait rapidement, si bien qu'il se demandait s'il n'allait pas tomber dans les pommes. Le sang s'écoulait tellement vite qu'il avait presque l'impression d'être une bouteille de se père qui, à peine le bouchon retiré, ne se gênait pas pour venir tâcher la moquette. Pourtant, même si les perles rouges tombaient sur le sol, le garçon ne semblait pas perdre de couleurs. C'était bizarre, certes, mais ça lui permettait de se concentrer sur autre chose, à savoir si Stan se trouvait dans la foule qui les entourait pas plus tard qu'il y a quelques minutes. Il ne lui semblait pas l'avoir vu, ni même d'autres personnes de sa classe. Peut-être n'avaient-ils pas cours cet après-midi, c'était une chance pour le blond. Aucun doute que le brun aurait tout de suite fait le rapprochement entre sa voix monocorde et celle de Mysterion, en particulier pour l'avoir entendue un bon paquet de fois. Il serra les dents en sentant que le sang commençait à s'infiltrer dans sa chaussette droite. Il n'en possédait qu'une paire et, si le sang séchait dedans, elles seraient bonnes à foutre à la poubelle. Or il ne voulait pas, sinon en hiver ses tibias auraient vite fait de le faire souffrir. Il attrapa un pan de son t-shirt, se faisant la réflexion qu'il pourrait toujours en piquer un à Kevin, et en déchira une large bande. Il ne faisait pas encore très froid en cette période de l'année et puis il avait encore sa parka pour le protéger du froid en cas de problèmes. Il se fit un bandage serré en guise de pansement pour endiguer le sang. Bon, c'était pas vraiment du grand artisanat, mais ça suffirait pour ce soir. Dans le pire des cas, il se flinguerait avant le matin et sa blessure serait guérie le lendemain.

Mouais, c'était pas une mauvaise idée ça… Enfin, il disait ça mais nul doute que, lorsque arriverait le moment d'appuyer sur la détente, il ne pourrait le faire. Pour une raison bien simple, ça lui rappelait la fois où il s'était tué devant ses amis en leur demandant de s'en souvenir le lendemain. Quand il leur avait demandé le lendemain, ils n'avaient pas été capables de lui répondre positif. Même Stan l'avait regardé avec ses grands yeux de gamin, de l'incompréhension pouvait clairement s'y lire. C'était malheureux pour lui de savoir que le seul qui s'en souviendrait, à la fin de l'histoire, ça serait gros cul. Ça, ça le soûlait à un point inimaginable.

[[[DANSE DE LA JOIE, J'AI FAIS PLUS DE 80 000 mots MAGGLE ! /SBAAM/]]]


Wendy ouvrit la porte du Tweak's Bros d'un grand coup de pied, s'attirant le regard de pas mal de clients ainsi que le regard sévère des gérants de la boutique. Le seul qui ne sursauta même pas, ce fut Stan. Pourtant, toute cette violence peu contenue lui était adressée et il s'en rendit bien vite compte quand la tornade s'assit en face de lui. Aucun serveur n'osa s'approcher pour lui demander si elle voulait boire quelque chose, même pas Tweek qui pourtant n'avait pas de mauvaises relations avec elle. Stan posa des yeux fatigués et cernés sur elle, se demandant bien ce qui pouvait chiffonner sa petite-amie à ce point. Ça n'était pas dans ses habitudes de faire une telle entrée, elle qui d'ordinaire préférait se montrer distinguée. Elle allait sûrement encore lui faire un scandale. Ça tombait bien, lui aussi avait deux mots à lui dire. Elle avait déjà commencé sa tirade quand Stan arriva enfin à se concentrer sur ce qu'elle disait, malgré le fort taux de caféine qui coulait à présent dans ses veines.

« …alors dès que j'ai le dos tourné, tu en profites pour aller voir ailleurs ?! Tu aurais pu faire preuve d'un peu plus de tact, tu sais tout de même que je suis dans ta classe et qu'on a pas cours cet après-midi. C'était presque évident que j'allais passer devant Tweak's Bros, si tu voulais me tromper tu aurais pu au moins le faire discrètement, comme avec l'autre mec avec qui tu couches ! Au moins, là tu aurais eu une chance que…

- Wendy, la coupa-t-il d'un air calme, je ne comprends rien à ce que tu es en train de dire. De quoi tu parles ?

- Ne fait pas l'innocent, je t'ai bien vu avec Henrietta. Elle te tenait les deux mains et toi tu ne t'es même pas dégagé ! »

Écarquillant les yeux, le brun essaya de comprendre ce qu'il avait fait de mal. S'il n'avait plus le droit d'avoir le moindre contact physique avec les autres seulement pour que sa petite-amie soit tranquille, c'était un prix bien lourd à payer. Il tenta pourtant de la calmer, espérant ainsi que toutes les personnes présentes dans le Tweak's Bros allait arrêter de les fixer comme s'il étaient tarés.

« Calme-toi, ce n'est pas comme si elle m'avait embrassé.

- Tu aurais pu la repousser ! »

Le brun se pinça l'arête du nez, essayant de rester calme autant que faire se pouvait. S'il montait le ton, elle serait capable de faire de même, et ça pourrait aller très loin. Or, il n'avait pas envie de s'énerver, même s'il risquait de monter plus vite en pression à cause de toute la fatigue qu'il avait accumulée. Quelques tables plus loin, cachée derrière un menu des cafés, une fille aux cheveux blonds platine était en train d'écouter les querelles du couple, un jus de fruits à la main. Oui, le café avait investi dans les boissons pour enfants, depuis qu'ils avaient constaté les dégâts que ça avait eu sur leur fils unique. Le geste du brun n'avait pas échappé aux yeux bleus froids de la jeune fille et elle fit tout de suite le rapprochement avec son rival. Alors, c'était lui Mysterion ? Ça tombait bien, elle avait deux, trois questions à lui poser. Enfin, pour l'instant quelque chose lui disait qu'il ne valait mieux pas s'approcher du brun. Pas tant que sa folle de petite-amie serait là pour le rembarrer. On voyait bien qui portait la culotte dans le couple, c'était difficile d'imaginer le héros qu'il était rentrer la queue entre les jambes quand il s'agissait de sa copine. Quoique, il avait déjà été assez pitoyable quand il avait pleuré dans ses bras, quelques mois plus tôt. En fait, c'était pas étonnant qu'il se fasse dominer par sa petite-amie. Ça la fit rire silencieusement. Elle était assise à sa place, comme devant Les Feux de l'Amour, ça risquait d'être pas mal. Elle ne tarda pas longtemps avant de voir Stan craquer. Il se leva même carrément de sa chaise.

« Mais merde, tu vas me faire le même scandale à chaque fois que je touche quelqu'un ?!

- N-Non, je…

- Putain, j'ai pas la maladie des os de verre ! Si je peux même pas réconforter Kyle ou blaguer avec mes potes au risque de les toucher, j'ai plus de vie. C'est ça que tu veux, un mec qui a plus de vie car sa copine veut le garder pour elle seule, dans un bocal isolé du monde ?

- Avec tes amis, je commence aussi a me méfier. Il paraît que tu couches avec l'un d'eux. Et tu voudrais quoi, que je reste sur mon cul à te regarder faire ? Stan, tu es mon petit-ami, j'ai quand même mon mot à dire dans ce qu'il t'arrive ! Je t'aime Stan, c'est normal que…

- Attend, répliqua le garçon au bonnet rouge et bleu, interloqué. Qu'est-ce que tu viens de dire ?

- Je viens de dire que je t'aime, c'est si surprenant que ça ?

- Non, pas ça. Tu as dis que je couchais avec qui ?

- Arrête, ça n'est plus un secret pour personne que tu ne fais pas que discuter avec tes amis.

- Qui t'a raconté un tel ramassis de conneries ?

- La question n'est pas là Stan, tout le monde est persuadé que tu es pédé et que je ne suis là que pour faire bonne figure. Tu te rends compte de ce que ça fait de moi ? Une traînée, une bouche-trou, une fille qui te permette de jouer au gentil petit couple hétéro pour éviter qu'on te colle des étiquettes dans le dos. Je ne suis donc que ça pour toi, un bouche-trou ?

- Dans ce cas, psalmodia-t-il d'un ton froid, tu peux me dire pourquoi le fait qu'Henrietta -qui est une fille- m'aie prit les mains t'a mise autant en rogne ? Si j'aime les mecs, ça n'aurait pas du t'embêter. En fait, c'est toi qui cherche des problèmes là où il y en a pas, à croire que tu as envie qu'on se sépare. Tu veux retourner avec Token ? Pas de soucis, si tu penses être mieux avec lui alors… »

Wendy se leva à son tour. Elle venait de donner une gifle au brun. Elle voulait discuter de son soit-disant penchant pour les mecs, mais elle ne pensait pas que ça irait aussi loin. Stan ne disait plus un mot, la claque lui ayant fait l'effet d'une bombe. Pourtant, il sentait qu'il avait encore pas mal de choses à dire, mais il s'abstint. Le simple fait de voir sa petite-amie sur le point de pleurer, ça lui faisait mal. S'il s'était énervé, c'était en partie parce qu'il tenait encore à elle. Parce qu'il s'était senti blessé qu'elle croit des rumeurs plutôt que lui, alors qu'elle le connaissait plus que la plupart des gens qu'il côtoyait. Bon, pas avec sa bande de potes, ça c'était bien vrai, mais de là à penser qu'il avait couché avec eux… D'accord, Kenny était un gros pervers qui ne pensait qu'à ça mais il n'allait pas aller jusqu'à être sa pute. Si le blond voulait se vider les couilles, il y avait des bars à putes. S'il ne pouvait pas payer, Stan le ferait même à sa place. C'était tout de même plus commode que d'enculer un pote, au risque de le perdre. Et puis, devenir sex-friend[1], ça ne l'avait jamais tenté. Pour lui, l'amour passait avant le sexe, quelle que soit la situation.
Après quelques minutes de silence, Stan se décida à reprendre la parole, d'un ton plus calme cette fois-ci. Son regard glissa sur les ongles, d'ordinaire si bien vernis, de la jeune fille au béret rose. Le verni s'écaillait par endroits, comme si elle avait utilisé ses ongles pour se battre. Décidément, il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond… Bon, pour l'instant il avait d'autres soucis à régler. Il verrait ça plus tard, quand sa petite-amie serait calmée.

« On est des personnes civilisées, on peut faire autrement que de s'engueuler comme ça. Surtout que je ne sais pas si tu as remarqué, mais tout le monde est en train de nous regarder. »

Wendy observa autour d'elle, remarquant qu'effectivement tous les clients et même le personnel du café avaient les yeux fixés sur eux. Elle se rassit donc, le rose au joues, en s'excusant poliment. Elle avait encore une fois perdu patience, et ça avait permis à Stan d'avoir le dernier mot. Elle trouvait ça extrêmement frustrant, d'autant plus qu'elle s'était énervée, ce qui n'était pas digne de l'image de la fille sans un pli qu'elle voulait montrer. Elle avait exposé sa jalousie au grand jour, en plus d'alimenter la rumeur que son petit-ami n'était pas amoureux d'elle, mais qu'il était gay. Elle s'en voulait franchement.


[1] Ce dit de deux amis qui ont de temps à autre une relation purement sexuelle, sans qu'il y ai de sentiments (normalement).