Holà amigos !
Désolée d'avoir mit autant de temps, mais bon en ce moment chez moi c'est "régime militaire" niveau révisions et, à chaque fois que j'arrive enfin à me poser derrière un ordi, il y a quelqu'un pour le faire décoller mon cul de ma chaise confortable
-dont moi, je tiens à le préciser-.
Du coup je ne sais pas quand paraîtra le prochain chapitre. Aux vacances sûrement.
Ça me laisse le temps de discipliner mes études jusqu'au Bac.
South Park appartient à Matt Stone et Trey Parker. Vocaloid appartient à Crypton Vocal.
Bonne lecture !
~XIII~
Del semblait agité. Il venait de découvrir quelque chose d'énorme. Il n'avait pas compris comment il avait fait pour en venir à cette conclusion si vite, alors que ça faisait des mois qu'il tournait autour de la solution sans pouvoir mettre la main dessus. Pourtant l'évidence était tellement… évidente. Il n'arrivait pas à se dire qu'il avait évité la solution aussi longtemps sans se sentir affreusement bête. Il savait qui était Doodle depuis le début, mais il avait refusé de l'admettre. En même temps, comment penser qu'un gosse de même pas vingt ans pouvait gérer l'un des plus gros trafics de drogues jamais connu ? C'était difficile à croire, n'est-ce pas ? Eh oui, difficile de croire que Kevin McCormick, jeune drogué sans le moindre avenir apparent, ni vraiment bête, ni vraiment intelligent, arriverait à se hisser à un rang si haut que même les meilleurs revendeurs de drogues n'avaient pu atteindre alors qu'ils avaient une carrière bien plus remplie derrière eux. En même temps, ça n'aurait même pas du l'étonner, vu que cette famille traînait dans la drogue depuis maintenant plusieurs années. Les parents avaient même été arrêtés plusieurs fois pour des conneries qu'ils avaient faites, liées à l'alcool le plus souvent. Enfin, toutes sauf une : une affaire de secte. Mais ce cas ne passionnait pas vraiment l'inspecteur, du moins pas encore. Pour l'instant, il se penchait bien plus sur le cas de Kevin qui, contrairement à ce que l'on pouvait croire, avait un dossier bien plus long que son bras. Ce gosse ne devait pas être facile à vivre, en y réfléchissant bien. Mais bon, de nos jours il n'était pas le seul à avoir atteint un tel degré de criminalité et il se demandait pourquoi il n'avait pas été bouclé depuis longtemps. Sûrement parce qu'il n'était qu'un petit délinquant sans importance aux yeux des autorités jusqu'à présent.
Oh, il ne s'en sortirait plus si bien maintenant. Del allait le faire finir ses jours en prison, il l'aurait bien cherché à jouer sans cesse avec le feu. Et puis, comme ça, il finirait peut-être par ne plus jamais toucher à de la drogue. Enfin, ça c'était moins sûr. Les yeux clairs du sergent passèrent une nouvelle fois sur le dossier de Kevin et son regard s'arrêta sur le nom de famille. McCormick. Il avait déjà entendu ce nom-là quelque part, pourtant ça ne sonnait pas d'ici. Ça sonnait plus irlandais. Qu'est-ce qu'un irlandais viendrait foutre dans cette affaire ? Ni lui, ni personne de sa famille n'était jamais allé en Irlande pourtant ! Tiens, justement, sa famille… Peut-être s'agissait-il simplement d'un soupçon, mais Del ne put s'empêcher de fouiller dans sa mémoire qui avait bien pu, un jour, lui parler de McCormick. Ça ne pouvait pas être Tees, elle ne savait même pas faire une phrase correcte. Alors, ça devait concerner les jumeaux à problèmes. Oh, bien sûr, il ne leur dirait jamais en face, mais c'était en partie à cause d'eux s'ils avaient déménagés. Surtout à cause de Rin en définitive, Len n'avait rien fait pour que cela se produise. Il était même plutôt bien intégré pour quelqu'un d'aussi timide. Rin avait de mauvaises fréquentations, à savoir cette folle dingue de Yukari avec qui elle traînait en permanence. Cette fille était atteinte de folie, et elle avait refilé son virus à Rin. La blondinette avait fait une crise d'hystérie. Len n'avait pas été au courant même si, au moment où cela s'était produit, ses pupilles s'étaient dilatées et qu'il était tombé au sol. Il n'allait pas fort, à ce moment-là non plus.
Kenny McCormick. Voilà, ça lui était revenu. C'était ce garçon qui était souvent au milieu des querelles des deux jumeaux. Rin ne voulait pas que Len reste avec lui, elle estimait que ce garçon était un pervers. Cette réaction arracha un petit rire au policier. Ça, c'était bien un raisonnement de fille. Ça ne ferait pas de mal à Len de se décoincer un peu, lui qui était toujours assez réservés quand ils parlaient de préservatifs ou encore de tampons. Chaque fois, il se mettait à rougir comme une jeune pucelle. Avec un ami comme ça, au moins, il serait plus habitué à entendre parler de cul. Bon, ce n'était pas non plus qu'il tenait à ce que son fils lui fasse part de ses expériences sexuelles à table -il ne devait pas en avoir beaucoup d'ailleurs- mais au moins qu'il arrête de se boucher les oreilles chaque fois que l'on parlait d'acheter de nouveaux tampons. Il était grand maintenant, il pouvait parfaitement comprendre ce genre de choses. Après tout, c'était normal pour un homme de ressentir ce genre d'envies, c'était humain. Mais bon, pour l'instant, le fait que ce garçon porte le même nom de famille que Doodle lui plaisait moyen. Peut-être devrait-il le défendre de s'approcher de lui ? Non, ça ne se faisait pas. Et puis, Len était du genre têtu. Il suffisait qu'il lui dise une chose pour qu'il fasse son contraire. Il se fit la réflexion que le garçon était d'ailleurs toujours à l'hôpital, à croire qu'il y passait son temps depuis son arrivée ici. Bon, en même temps, à peine arrivé, des gens d'une secte bizarre s'étaient jetés sur lui et l'avait presque tué. C'était un peu normal qu'il ai du mal à s'en remettre. Ça exaspérait Del. Quand ce n'était pas Rin, c'était Len qui lui menait la vie dure. Pourquoi avait-il eu des enfants aussi chiants ? Pourquoi ils n'étaient pas comme Tees, des enfants obéissants et adorables ? Le Sergent Delaun soupira, se replaçant correctement sur sa chaise. Ce dossier avait vraiment le don de remuer les souvenirs pénibles. Autant en finir rapidement avec cette affaire, ça lui donnait la nausée rien que de penser à tout ce que cela remuait en lui. Il se souhaita bon courage avant de rentrer, bientôt cette affaire serait bouclée.
Finalement, elle avait renoncé à poser des questions à Stan. Il faut dire qu'il avait quitté le café avant sa petite-amie et la blanche n'avait pas osé sortir à sa suite pour le rattraper. Quoi de plus normal ? Elle se serait elle aussi faite poursuivre par sa possessive de copine. Elle avait préféré essayer de retrouver Kenny, persuadée qu'il était encore en vie. Après des jours et des jours de marche, à rechercher en vain dans quel hôpital avait été transporté Kenny, elle finit par trouver où il avait été placé. Un hôpital de grands soins, et sous un autre nom. Ici, plus de Kenneth McCormick, seulement le nom Len Kagamine, placardé partout. Enfin… Elle exagérait un peu quand elle disait placardé partout, sinon elle aurait trouvé beaucoup plus facilement. Cette journée était exceptionnelle pour Gaïa, puisqu'elle ne portait pas son masque. La nuit était tombée et c'était une vraie bénédiction pour elle car, sans son masque, elle se sentait à poil. Elle avait acheté une robe spécialement pour cette occasion, se disant que ça serait plus commode qu'ils discutent tranquillement, entre gens civilisés. Elle espérait juste ne pas avoir à tomber sur Cthulhu ou alors, dans le pire des cas, qu'il n'entendait pas tout ce qu'ils se diraient. Si Len était Mysterion, elle n'avait pourtant rien à craindre, même si elle penchait plus sur l'option que Mysterion soit Stan. Elle ne pourrait pas se montrer comme ça devant Stan. De un, il la reconnaîtrait. De deux, il se mettrait à hurler. Tout le monde la pensait morte, et ça lui allait très bien comme ça. Elle ne voulait en aucun cas prendre le moindre risque d'être reconnue. Elle était sûre que Len ne la reconnaîtrait pas, puisqu'ils s'étaient évités tous le début de l'année, avant que son malencontreux accident n'arrive. Était-ce vraiment un accident ? Non, elle n'arrivait pas à s'enlever de la tête que c'était quelqu'un qui l'avait tuée, même s'il était impossible pour elle de s'en souvenir.
Un bouquet de fleurs à la main, la jeune fille se résolut à passer par la porte, se demandant si c'était encore l'heure des visites. Si ce n'était plus le cas elle escaladerait l'immeuble, elle devait absolument parler au blond. Elle était un oiseau de nuit, elle ne pourrait pas sortir la journée. La jeune fille aux longs cheveux platine s'avança vers l'accueil, un grand sourire aimable collé aux lèvres. Elle allait être polie, succincte et brève et ce même si la dame, en la voyant approcher, avait commencé à pâlir. Son sourire ne devait pas faire naturel, mais c'était plus parce qu'elle était stressée qu'autre chose. Elle allait dire où elle voulait se rendre quand l'infirmière la coupa, d'une voix blanche.
« V-Vous êtes… Vous êtes Aria Dawson, la fille qui est morte il y a quelques mois ?
- Aria ? Je ne vois pas du tout de qui vous parlez. »
La femme recouvra quelques unes des couleurs qu'elle avait perdues, soulagée d'entendre qu'elle s'était sûrement trompée. Ce retrouver nez à nez avec une morte, ça avait quelque chose de flippant. Elle lui rendit son sourire, quelque peu désolée.
« Veuillez m'excuser, j'ai du confondre. Il faut dire que nous avons peu de décès de jeunes filles de Denver, dans ce centre. Vous êtes son portrait craché, vous devriez faire attention. Vous désiriez..?
- Je venais voir Len Kagamine enfin… si les visites ne sont pas finies bien sûr !
- Non, elles ne sont pas finies. Il est chambre 18[1]. Si vous n'avez pas le temps, je peux lui donner les fleurs ? »
Elle ne lui confia pas les fleurs, préférant les amener elle-même. De toute façon, elle voulait lui parler alors les fleurs… Ben, tout allait avec quoi ! Elle remercia la dame de l'accueil qui ne la quitta pas du regard tout le temps qu'elle montait les escaliers. D'elles deux, ce n'était pas Aria, la prétendue morte, qui faisait le plus peur mais bien l'autre, à l'épier comme elle le faisait. On aurait dit un oiseau vorace prêt à lui sauter dessus. Un peu comme dans le mythe de Prométhée[2], en moins horrible. Quoique, peut-être qu'elle voulait réellement lui bouffer le foie ? Elle n'en saurait jamais rien et elle ne voulait en aucun cas savoir. Elle accéléra donc le pas dans les escaliers, n'ayant pas peur de se casser la figure. Si cela devait arriver, elle en serait même heureuse vu qu'elle ne sentirait plus ce regard dans son dos, lui donnant des frissons dans la nuque. Aria n'avait jamais aimé le monde extérieur. Elle avait toujours été assez renfermée sur elle-même et ce même si elle avait quelques amies. Elle n'en avait pas beaucoup, c'était ce qui avait causé sa perte. Maintenant, il lui était même impossible de se souvenir comment elle était morte. Visiblement, elle était passée par la case hôpital, puisque cette femme semblait la connaître, mais elle ne savait rien d'autre.
La fille aux cheveux platine arriva enfin devant la porte numéro 18. Elle s'arrêta devant, tendant une main main vers cette dernière pour frapper, quand elle entendit des voix s'en échapper. Len n'était pas seul, elle ferait mieux d'attendre. Elle reconnut les deux voix qu'elle entendit, pourtant elle ne pouvait clairement fixer le nom de la seconde. C'était une voix féminine, pouvant aller très haut dans les aigus de ce qu'elle avait pu entendre. Bizarrement, cette voix lui faisait dresser les cheveux sur la tête, comme si elle lui rappelait des souvenirs pénibles. Souvenirs qu'elle avait oubliés. Elle se rendit soudain compte que la poignée tournait sur ses gonds et, sentant que la voix qui lui faisait si peur n'était qu'à quelques centimètres à peine d'elle, seulement masquée par la cloison en bois, elle se vit partir en courant. Pourtant, elle ne le fit pas, et son sang se glaça dans ses veines quand la porte commença à s'ouvrir lentement. Aria était en panique, elle ne savait vraiment pas quoi faire, alors même que son esprit essayait d'attirer son attention.
Cours. Fuis avant qu'il ne soit trop tard.
Mais elle restait devant la porte, ses pieds refusant obstinément de faire un pas.
Allez, bougez ! Je ne veux pas rester ici…
Rin ouvrit la porte et sentit un geste rapide non loin d'elle. Elle tourna la tête, mais il n'y avait déjà plus personne devant elle. Sûrement avait-elle rêvé, il arrivait trop de choses en même temps pour qu'elle s'interroge sur la moindre petite ombre qu'elle pouvait croiser. Pourtant…
« Quelque chose ne va pas Rin ? Tu as l'air nerveuse.
- Hein ?! Oh, non, ne t'en fait pas, ce n'est rien. Ça doit être un courant d'air.
- Peut-être, c'est tellement mal isolé ici…
- Dis, ils s'occupent bien de toi au moins ?
- Leur bouffe est indigeste, mais on s'habitue vite. »
La blondinette lui lança un rire nerveux avant de finalement quitter son jumeau, après lui avoir une fois encore souhaité un prompt rétablissement. Elle avait une boule au ventre, vu que c'était en quelque sorte elle qui l'avait renvoyé à l'hôpital, tout ça pour avoir résisté à lui dire qu'elle découpait des gens à la tronçonneuse une fois la nuit tombée. Bon, en même temps, il fallait avouer que ce n'était pas un truc que l'on disait tous les jours comme un bonsoir ou un merci. En refermant la porte derrière elle, ses sens se mirent en éveil quand elle marcha sur une fleur visiblement tombée d'un bouquet. Quelqu'un était passé par ici et elle reconnaissait ces fleurs pour les avoir bien trop souvent vues. Elle fit claquer sa langue, cachant ses yeux derrière sa frange.
« Aria Dawson. Je sais que tu es là. »
La fille aux cheveux blancs, qui s'était recroquevillée dans un pan du mur, se sentit frissonner. Encore, elle aurait eu son costume d'héroïne, elle n'aurait pas hésité à lui sauter à la gorge. Ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Pourtant, là, la seule chose dont elle avait envie, c'était de fuir. Les pas de la blonde se dirigeaient vers elle, seuls échos dans le silence ambiant du couloir. La blonde ne portait pas de talons, mais Aria entendait clairement ses pas résonner sur le carrelage en damiers de l'hôpital. Son sang recommença à se glacer dans ses veines. Elle tenta de fuir mais la main de Rin se saisit rapidement de son poignet.
« Qu'est-ce que tu voulais à mon frère ? »
La fille aux cheveux platine ne réfléchit pas plus et elle donna un coup de bouquet à la tête de la blonde. Cette dernière, plus déstabilisée que souffrante, lâcha le poignet de l'adolescente. Profitant de ce moment de torpeur de son agresseur, Aria s'enfuit en courant mais elle n'alla pas bien loin. Arrivée devant la porte 18, elle entra en trombe, se retrouvant face au regard étonné du petit blond. Lui, il allait la sauver. Rin semblait beaucoup plus humaine quand elle était avec lui. Elle ne lui ferait pas de mal tant qu'il était présent, la blanche en était certaine.
« Qui... es-tu ? Demanda Len, visiblement très surpris d'avoir la visite d'une inconnue.
- Je suis... une amie. Je... Il faut que je te parle, c'est urgent. Mais... pas tant que... tant qu'elle est dans le couloir. »
Les yeux de Len ne renvoyaient aucune expression, comme vides. Pourtant, ils n'étaient pas vides, puisqu'ils fixaient également la porte par laquelle venait d'entrer la fille aux cheveux blancs. Les pas de Rin résonnèrent encore sur les pavés blancs avant de s'éloigner de la salle, comme si elle n'avait pas vue Aria entrer dans la chambre de son frère. Le cœur de la blanche exécutait des pirouettes aériennes dès qu'elle n'entendit plus les pas. Au bout de quelques minutes de silence total, Len se racla la gorge.
« Bon, là, elle est partie. Je crois que tu me dois des explications.
- Tu es sûr qu'elle n'est plus là ?
- On est jumeaux, soupira-t-il, je sais quand elle est dans les parages ou pas. D'ailleurs, son coup de ''folie'' est passé aussi.
- Tu sais qu'elle est complètement tarée ? Oh, attend, ta sœur ce n'est pas Karen ?
- Karen ? »
Les yeux clairs d'Aria se plongèrent dans l'océan azuré des prunelles de Len. Ce dernier eut un mouvement de recul. Il connaissait ce regard, ce n'était pas la première fois qu'il le croisait. Il se sentait même inutile de ne pas pouvoir répondre aux interrogations de la jeune fille alors qu'elle venait si gentiment le voir, un bouquet de roses bleues dans les mains. C'était pour lui, toutes ces fleurs ? Il ne savait pas qu'il avait des prétendantes, surtout que cette fille ne semblait en aucun cas être dans sa classe.
« Tu n'es pas Kenneth McCormick ? Demanda-t-elle, les sourcils froncés.
- Quoi ?! Non, je sais qu'on se ressemble mais je m'appelle Len Kagamine. Tu as du le lire sur la porte...
- Moi qui pensais que c'était une ruse pour ne pas que je te retrouve, murmura-t-elle. Ça veut dire qu'il est vraiment mort... »
Len fixa à son tour les yeux bleus de la jeune fille avant de partir dans un rire incontrôlable. Kenny ? Mort ? Rin venait encore de se plaindre de lui il n'y a pas dix minutes et il avait l'air bien en vie, contrairement à ce que semblait croire la fille aux longs cheveux blancs. Pourtant, elle n'avait pas l'air de rigoler. Elle avait l'air plus que sérieuse. D'ailleurs, c'était assez étrange des cheveux blancs comme ça... Encore, s'ils avaient été blonds, ça aurait été normal, mais là ils étaient blancs. Un peu comme si elle avait vieillit d'un seul coup ou si elle s'était fait une couleur. Un peu comme Gakupo et Kaito quoi. Mais c'était difficile à croire qu'elle ai choisi le blanc. Ça donne juste un coup de vieux. Le jeune fille remarqua le regard du garçon sur ses cheveux et elle rabattit sa capuche de veste dessus, rosissant légèrement. Ça lui donnait un air adorable mais en même temps ça voulait dire qu'il l'avait vexée. Il s'en rendit vite compte.
« Qu'est-ce que j'ai dis de drôle ?
- Pourquoi tu veux que Kenny soit mort ? Il est dans la classe de ma sœur et aujourd'hui il était bien vivant, puisqu'il la faisait chier. »
Ouais, pensa le garçon, autant ne pas passer pour un taré aux yeux d'une fille mignonne.
« Mais ce n'est pas possible, je l'ai vu mort, allongé sur une civière !
- Une civière ? Releva Len, fronçant à son tour les sourcils. »
La fille aux cheveux blancs se rendit compte qu'elle en avait trop dit, surtout devant un garçon qui se trouvait être un civil. Or, un civil, ça devait rester en dehors des affaires des héros. Un civil, ça avait une vie normale et ça adulait les héros pour ne pas qu'ils sombrent dans l'oubli. Mais alors, qu'est-ce qu'il faisait dans un lit d'hôpital, justement ? L'évidence la frappa. Et si, depuis le début, ce n'était pas Kenny, mais Len, même dans la civière. Ça devrait être Len, le mort. Pourtant, lui aussi semblait bien vivant, sauf si... Dans ce cas, ça voulait dire que le blond avait Cthulhu dans le corps. Cthulhu était le dieu de la vie éternelle, il avait sûrement trouvé un moyen de laisser vivre son hôte. Sûrement était-ce même le but du contrat qu'ils avaient passés ensemble. Tout commençait à s'éclaircir, comme le redoutait à présent Aria. Elle aurait préféré ne pas savoir, tout compte fait... Des nœuds se formèrent dans l'estomac de la jeune fille, et elle fit de son mieux pour essayer de changer de sujet. Tiens, ses cheveux semblaient l'intéresser. Pourtant, elle n'eut même pas le temps de lui demander quoi que ce soit qu'il renchérit de lui-même, voyant bien que la conversation gênait la jeune fille.
« Dis, pourquoi tes cheveux sont blancs ? »
Trop surprise qu'il l'ai devancée, elle mit quelques temps à répondre. Pourtant, ce n'était pas vraiment le genre de choses qui l'embarrassait et ce même si elle était de nature assez timide. Elle lui fit un sourire étincelant dans le but de le remercier de ce changement de sujet opportun. Elle fit courir les mèches blanches entre ses doigts, essayant de trouver une phrase qui résumerait toute l'histoire. Son histoire. Elle la trouva sans trop de difficultés, mais le blond aurait du mal à comprendre où elle voulait en venir c'était certain.
« En fait, je suis morte. »
Len allait hocher la tête pour signifier qu'il avait comprit quand il se rendit compte de ce qu'elle lui avait dit. Elle était morte ? Mais comment pouvait-elle se tenir devant lui si elle était morte ? Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire ? Il allait lui demander s'il y avait un rapport avec le fait que Kenny puisse ressusciter, mais il se retint. Peut-être que le pauvre ne voudrait pas voir son secret éparpillé aux quatre coins du monde. Remarque, ça voudrait dire que la plupart des personnes vivant à South Park étaient, en quelque sorte, invincibles. Il préféra rester neutre et tenta la surprise.
« Comment ça ? Mais ce n'est pas possible... »
Bon, ok, il ne savait pas feindre la surprise. Ça se lisait sur sa figure et Aria n'eut aucun mal à s'en apercevoir. Pourtant, elle fit comme si elle n'avait rien vu. De toute façon, s'il hébergeait Cthulhu, c'était normal que le fait qu'elle soit morte ne le secoue pas tant que ça. Elle soupira, elle qui s'attendait à une vraie réaction de surprise, elle était déçue. Elle s'attendait même à ce qu'il lui demande le rapport avec ses cheveux, mais il ne le fit pas. A la place, il la détailla longtemps de haut en bas comme s'il se souvenait de quelque chose. Aria se mit à rougir sans pouvoir s'arrêter. Être dévisagée comme ça par le garçon qu'elle avait embrassé deux fois avec son masque, ça faisait un peu trop pour elle. S'en rendant compte à son tour, Len ne détourna pourtant pas les yeux et ils se mirent même à briller.
« Tu es une victime de Chainsaw ! Aria Dawson, c'est ça ?
- Que... Comment tu..?
- Tu es passée aux infos. Je les regarde toujours, quand je peux.
- Tu ne devrais pas. Les infos, c'est mauvais. C'est un ramassis de conneries qui défile en permanence, ils disent toujours la même chose, pour attirer l'audimat.
- Ah non, soupira-t-il, tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! C'est pratique les infos, ça t'informe sur le monde. Sinon je ne saurais pas qui tu es.
- Parce que tu penses me connaître ?
- Tu n'es pas Aria Dawson, la première victime de Chainsaw ?
- Je sais que je suis Aria Dawson, mais j'ignorais jusqu'à maintenant que j'étais morte des mains de Chainsaw, comme tu dis. »
Visiblement, pensa la blanche, ce garçon en connait plus sur moi que je ne le pensais. Peut-être qu'il pourrait m'aider... Elle se rendit soudain compte qu'elle n'avait pas répondu à sa première question, à propos de ses cheveux. Tant pis, si elle lui disait, ça allait faire comme si elle insistait lourdement sur le sujet. Sauf qu'elle ne tenait pas à insister de cette façon puisque, à la base, ses cheveux étaient juste un moyen pour le faire changer de conversation. Pour ne pas parler de Kenny. Mais tant qu'à y être, autant lui balancer qu'elle était la fille qui l'avait embrassé.
« Désolée pour t'avoir embrassé au fait, même si sans ça tu ne m'aurais pas laissé retirer tes clous. »
Len ne comprit pas tout de suite de quoi elle parlait et il fronça les sourcils. C'était quoi cette histoire de clous ? Des clous... Son ancien traumatisme revint à la surface, quand il était cloué à cette table et qu'une personne essayait de le sauver. Personne à qui il s'était un peu trop attaché, au point de demander aux autres s'ils savaient qui était cette mystérieuse jeune fille. Et là, elle se tenait devant lui, à visage découvert, et il connaissait son nom. Il savait même qu'elle était normalement morte et, visiblement, il en savait plus qu'elle sur les circonstances de sa mort. Là, il se redressa totalement dans son lit et dévora littéralement son héroïne des yeux, essayant de ne rater aucun détail de son joli visage qu'il n'avait fait que survoler quelques minutes plus tôt. Il se souvenait maintenant d'où il avait croisé ce regard bleu si limpide. Dans lequel il avait bien failli se perdre plus d'une fois sans oser réellement le faire. Aria était sûre d'une chose. Si Len prononçait son nom d'héroïne, c'était qu'il n'était pas Mysterion. Ça ferait une personne de moins sur sa liste pouvant être le héros, ou le mort qu'elle avait vu, étendu sur la civière.
« Tu es... Gaïa ? Celle qui m'a sauvé de la secte ? »
Un sourire satisfait pointa sur les lèvres de la blanche. Ça au moins, c'était fait. Elle savait à présent que la pauvre victime de la secte était Len Kagamine. C'était lui qui hébergeait Cthulhu. Ce n'était pas Kenny. Mais ça ne voulait pas pour autant dire qu'elle pouvait rayer Kenny de la liste des potentiels personnes pouvant être Mysterion, même si son premier choix se portait plutôt sur Stan. Ou ce fameux Craig, qu'elle trouvait bien trop mystérieux pour quelqu'un qui n'avait rien à cacher.
Stan repensa à la discussion qu'il avait eue avec sa petite-amie il y a encore peu de temps. Il avait réussi à lui extirper le nom de celui qui lui avait mis dans le crâne qu'il couchait avec un garçon. C'était encore un coup de ce connard de Craig. Lui, s'il l'avait eu en face de lui au moment où Wendy lui avait déclaré ça, il lui aurait refait la face à coups de poing. Il en avait pas marre de foutre la merde partout où il passait, il fallait qu'il continue à le faire chier jusqu'au bout ? Tout ça jusqu'à imaginer qu'il couchait avec un mec, franchement ce connard était allé loin. Trop loin. Il avait de la chance que Wendy n'ait pas annoncé qu'elle le quittait, sinon il serait allé le voir directement pour lui refaire le portrait. Il aurait repeint toute sa chambre en rouge. Rouge sang. Bon, Stan n'était pas un sadique, mais il ne fallait pas l'énerver et le péruvien était l'un des premiers à le savoir. Pourtant, ça avait l'air de l'amuser à cette enflure. Serrant le poing, le garçon au bonnet rouge et bleu donna un coup de poing dans le mur de sa chambre. Cette action fit trembler son affiche The Street Warrior qui faillit bien se casser la gueule. Déjà qu'avec le temps, elle tenait de moins en moins bien, ça en fut trop pour elle et elle tomba sur le lit de Stan. Le brun observa son poster quelques secondes avant de se faire la réflexion que ça tombait bien. Il était grand temps qu'il change un peu la déco de sa chambre, ça lui permettrait aussi de se changer les idées.
Ses idées furent interrompues par le bruit de son portable qui vibra plusieurs fois. Qui pouvait bien l'appeler à cette heure-là ? Quelqu'un qui savait qu'il ne dormait pas. Ou alors simplement un camarade de classe qui pensait qu'il regarderait son portable demain. Quand il attrapa enfin son portable, il constata qu'il avait en effet plusieurs messages. Dont un de ce connard de Craig. Depuis quand il avait son numéro de portable ? Il savait pas et il n'avait pas envie de savoir.
« Ta gueule Marsh, j't'entends penser d'ici. Laisse-moi pioncer tarlouze. »
Lui, demain, il aura plus de dents. Le second message était d'un destinataire différent. Il ne connaissait pas ce numéro mais le message était clair :
« Wendy te largue. »
Encore un truc de filles. Toutes à se passer les portables pour écrire des messages à des personnes au hasard, pour faire des blagues de merde. Pourtant, Stan ne put s'empêcher de flipper. Et s'il s'agissait plutôt du nouveau portable de Bebe Stevens et qu'elle faisait comme avant, lui retransmettant ce que la brune ne voulait pas lui dire en face ? Il répondit donc au message par un classique ''C'est qui ?'' et se posa sur son lit le temps d'avoir la réponse. Il écrasa le poster, n'y ayant pas vraiment fait attention. Le bruit qu'il fit en se pliant en deux le fit se redresser rapidement et il se trouva face à quelqu'un qu'il n'aurait jamais cru voir là. Mysterion. Il lui fit face, se forçant à sourire. Après tout ce qu'il s'était passé entre eux, il était heureux que le héros daigne encore lui accorder sa confiance. Enfin, peut-être qu'il n'était pas venu pour ça... Peu importe, il en aurait vite le cœur net. Comme il s'y attendait, le héros ne lui rendit pas son sourire, gardant le masque froid qu'il avait d'accoutumée. Voyant que le héros ne se décidait pas à parler, Stan le fit à sa place.
« Que me vaut l'honneur de ta visite ?
- Il faut vraiment qu'on s'explique, dit-il de sa voix grave et froide, tous les deux. Mais là, il y a plus urgent. »
Stan fronça les sourcils avant de tapoter la place à côté de lui sur son lit. Il avait décalé l'affiche pour qu'il ai la place de s'asseoir. Pourtant, le héros déclina poliment l'offre, d'un mouvement de la tête. Le brun essaya de ne pas se laisser perturbé par le refus de l'homme masqué et se leva du sommier, entreprenant de recoller le poster au mur, ce qui ne fut pas vraiment une grande idée puisque le scotch ne collait plus. Bizarrement, il trouvait Mysterion plus silencieux que d'habitude, comme s'il cherchait un moyen de formuler ce qu'il avait à dire. C'était d'ailleurs le cas, puisque Kenny se retrouvait assez embêté par la situation dans laquelle il était. Comment pouvait-il expliquer de manière concrète qu'il voulait sauver un criminel ? Surtout quand le criminel en question se trouvait être son frère. Stan le devinerait tout de suite, il était loin d'être idiot au point de passer à côté de l'info. Peut-être pouvait-il omettre la partie indiquant qu'il s'agissait du sauvetage de Kevin McCormick. Non, le brun avait sûrement vu aux infos que c'était lui qui avait été coffré, ou alors sur son portable.
« Chainsaw.
- Je te demande pardon ? Demanda le héros, sortant de sa rêverie.
- C'est le nom que s'est donné l'égorgeur. Je ne comprend pas trop pourquoi, mais en ce moment il commence à se faire discret. On entend presque plus parler de lui. »
Merci Stan, il venait de donner au héros l'ouverture qu'il cherchait. C'était mal de mentir, mais là il allait être obligé pour obtenir ce qu'il voulait sans rien révéler de trop fâcheux sur son identité. Après avoir réfléchit quelques minutes pour trouver une phrase correcte à dire au brun sans lui faire froncer les sourcils, Mysterion se racla la gorge, retrouvant sa voix froide et dure.
« Peut-être qu'il a prévu de faire un casse quelque part. C'est pour ça que j'ai besoin de ton aide. Tu connais Doodle ?
- Le dealer ?
- Il travaille pour Chainsaw et il a des informations sur le tueur qui pourraient m'être utiles.
- Ôte-moi d'un doute, c'est pas lui qui s'est fait coffrer hier ?
- Si. Est-ce que tu as la possibilité de savoir où ils vont l'emmener ?
- Ça doit être possible oui... Mais après ça tu pourras dire adieu à la confiance des flics. Tu es sûr que tu ne veux pas plutôt demander directement aux flics de l'interroger ?
- Il ne dira rien s'il n'a pas la promesse de liberté qui lui tend les bras. »
Le héros était plutôt fier de son petit effet, Stan était déjà en train de réfléchir à une solution pour sortir le dealer de son trou. Au final, peut-être avait-il toujours été doué pour mentir, mais il trouvait ça malsain d'en tirer avantage. Mais là, s'il voulait sauver son frère de sa connerie, il était obligé de mentir, et le masque aidait sûrement.
[1] Et oui ! Ce nombre me suit partout, du coup je le garde.
[2] Le mythe de Prométhée raconte l'histoire de ce demi-dieu qui se fit chasser par Zeus pour son caractère têtu. Il fut condamné à être attaché à une chaîne, nu, avec un vautour qui viendrait tous les jours manger son foie, ce dernier repoussant toutes les nuits. Le pauvre Prométhée souffrirait alors pour l'éternité sans pouvoir rien y faire, les chaînes empêchant le moindre mouvement de révolte de sa part.
Alors, avez-vous deviné quel Vocaloid se cache derrière Aria Dawson ?
Pour vous mettre sur la piste, il ne s'agit pas de Haku, désolée Anonymous T !
Si d'ici le prochain chapitre vous n'avez pas trouvé, je vous le dirais, c'est promis ^^ Avec une petite explication en plus en prime !
A la revoyure, en attendant bon courage à ceux qui passent un examen :)
