Je ne sais plus quoi dire en intro, mais... Je sais que je ne dirais pas le numéro du chapitre sinon il va me porter malheur.
South Park appartient à Matt Stone et Trey Parker. Vocaloid appartient à Crypton Vocal.
Bonne lecture !
~XVIII~
Une fois chez lui, Kenny enfila son costume de Mysterion. Il se foutait pas mal de ce que l'on pouvait penser de lui, on ne touchait pas à ses affaires. Il avait un mauvais pressentiment quant à la suite des événements, surtout en ce qui concernait Stan. Rien que le fait de voir la voiture aux vitres teintées avait fait froid dans le dos au blondinet. Pourtant, Stan était monté dedans sans se poser la moindre question. Il devait agir, avant qu'il ne soit trop tard pour le sortir de là… Dans la précipitation, le pauvre n'avait pas fait attention à l'endroit où il avait enfilé son costume et, lorsqu'il essaya de sortir discrètement de la maison, il tomba nez à nez avec Karen. Confrontation qu'il voulait à tout prix éviter, surtout en ce moment. Les yeux de Karen se mirent à briller d'une mince lueur lorsqu'elle comprit pourquoi son ange gardien se trouvait chez elle et qu'il semblait être pressé d'en sortir.
« Kenny… Je savais que c'était toi, je m'en étais toujours douté. »
A court d'arguments, Mysterion nia de la tête sans grandes convictions. Il avait la tête ailleurs en ce moment alors il ne pouvait pas vraiment se concentrer sur l'instant présent, même s'il se l'était plusieurs fois répété dans sa tête. Il avait tellement rêvé cette scène, où il dirait à Karen qui il était réellement, mais là le temps était compté… Alors il la serra dans ses bras un instant, lui chuchotant qu'il reviendrait lui expliquer tout en détails quand la situation s'y prêterait. Heureusement pour lui, Karen ne posa pas plus de questions et le laissa partir. Lorsqu'il passa le palier de la maison, Kenny sentit un poids lui tomber des épaules et il dut se contenir pour ne pas sourire. D'un seul coup, il se sentait tellement plus léger… Il aurait enfin quelqu'un à qui confier ses histoires de super-héros et il savait à quel point ça passionnait sa jeune sœur. En sautant sur le toit de la première maison venue, il se tourna une dernière fois vers sa maison, espérant apercevoir sa sœur. Il ne la vit pas, mais il sourit tout de même avant de s'enfuir vers l'endroit où il savait trouver l'une des personnes qui serait son allié.
Kyle entendit à peine la personne se poser à sa fenêtre, étant en pleine retouche de son costume d'homme-cerf volant. Il sursauta donc en entendant une voix basse et grave dans son dos qui l'appelait. Il se tourna rapidement vers sa fenêtre et aperçut une silhouette sombre se découper sur le cadre de sa fenêtre, dos à la lune qui projetait une lueur presque surnaturelle sur les murs bleus foncés de la chambre de Kyle. Ce fut idiot de sa part, mais le rouquin se prit à avoir peur et pendant au moins quelques minutes il se retrouva pétrifié devant le héros. Puis, il finit par le reconnaître, malgré l'ombre qui enveloppait sa silhouette. Il plaqua bien vite son costume, espérant que le héros ne l'ai pas vu.
« M-Mysterion ?!
- Pas le temps de discuter Kyle, l'heure est grave.
- Oui, l'heure est grave. Stan m'a raconté que vous aviez une relation… particulière tous les deux. C'est pour ça qu'il a été enlevé ?
- Toi aussi tu ne crois qu'il n'est pas allé de son plein gré dans cette voiture ? »
Le juif fronça les sourcils. Il venait de comprendre quelque chose qui jusqu'ici n'avait fait que lui filer entre les doigts. Fier de sa déduction, il ne se priva pas de l'énoncer à haute voix, un petit sourire pointant sur ses lèvres fines.
« J'en étais sûr, Kenny !
- Kenny ? Releva le héros, mal à l'aise. Qu'est-ce qu'il vient faire là ?
- Ne fait pas celui qui n'a pas compris, Mysterion n'aurait pas pu être au courant pour la voiture s'il n'était pas présent au moment de la disparition de Stan et comme je doute fort que tu sois Cartman vu ta carrure, tu ne peux être que Kenny. »
Putain, mais qu'est-ce qu'ils avaient tous en ce moment à tous découvrir qui il était ? Il ne s'était pourtant pas mal démerdé jusqu'à présent… Il soupira avant de tomber le masque et Kyle se trouva satisfait. Il avait deviné du premier coup, même si ça n'avait pas été des plus difficile. En même temps, vu la situation de détresse du héros, c'était compréhensible qu'il ne fasse pas attention à tout, d'autant plus qu'il avait confiance en Kyle puisqu'ils se connaissaient depuis la maternelle ! Kyle était également le meilleur ami de Stan, il ne pouvait pas songer une seule seconde à le trahir comme à trahir Kenny. Dans sa tête venait de s'éclairer une lumière vacillante. Il venait de se rappeler qu'ils avaient joué aux héros, plus jeunes, mais il ne se souvenait pas de grand-chose sinon avoir appelé plusieurs fois Mysterion Kenny. Mais après, c'était peut-être parce qu'Henrietta lui en avait parlé il y a peu… Bref, la question n'était pas là, le temps était compté pour Stan et, même s'il était satisfait d'avoir fait tomber le masque de Mysterion, il n'en restait pas moins que son meilleur pote était peut-être en ce moment-même en danger de mort. Le rouquin se racla donc la gorge, se relevant pour se diriger vers le blond.
« Je suis content de ne pas m'être trompé, même si c'est normal que tu n'aies pas pris toutes tes précautions Kenny puisque Stan est plus important que tu identité secrète à tes yeux, je savais depuis longtemps que tu étais amoureux de lui. Dire que ce matin encore je me disais "pauvre Kenny, il s'est fait chiper son love-interest par une tarlouze en collants, j'espère qu'il ne l'apprendra jamais", c'était un peu douteux de te voir débarquer tout sourire même si on pouvait mettre ça sur le compte de l'ignorance, tu n'avais jamais été aussi heureux. Mais tu as raison. Je pense qu'il n'est pas allé de son plein gré dans cette voiture, il y a quelque chose de louche là-dedans. Je n'ai pas encore pris le temps de rechercher des choses, mais je crois bien qu'Henrietta n'est pas totalement étrangère à cette histoire. Depuis qu'il lui a parlé il agit… bizarrement. Elle m'a dit qu'il voyait R'lyeh en rêve.
- C'était pour ça qu'il voulait qu'on se réunissent tous les trois ? Parce qu'il voulait nous dire ça sans qu'on le juge ?
- Sûrement. »
Mais pas que à mon avis, songea le roux sans pour autant le dire à voix haute. Je suis presque certain que Stan m'avait capté à des kilomètres, avec tout ce que je lui ai dis sur Rin et moi…
« Mais dans ce cas, pourquoi tous les trois ? Ça veut dire qu'il avait compris pour moi aussi ?
- Je ne sais pas, mais Stan a toujours été doué pour se montrer plus bête qu'il ne l'était et ne pas en dire trop sur ce qu'il sait. Tu le connais autant que moi, je suppose que tu le sais. Je suppose même que c'est pour ça que tu l'as choisi comme allié plutôt que moi en premier recours.
- Ça aussi, il te l'a dit ?
- Je suis son meilleur ami.
- A moi, il ne m'a rien dit…
- Tu ne devines pas pourquoi il ne t'as rien dit ?
- … Non…
- Je ne vais pas te le dire alors, parce que tu vas tout de suite le traiter d'enfoiré.
- Vu le nombre de fois où j'ai entendu ce mot, une fois de plus ce n'est rien… »
Kyle soupira. Il aurait dut se rappeler à quel point Kenny était tenace, surtout qu'en ce moment il semblait être jaloux de lui. Il n'y avait pas de quoi, Kyle aimait les femmes et il les aimeraient toujours, jamais il ne s'intéresserait à son meilleur ami de cette façon. Il n'y avait que Kenny pour voir des possibilités partout. Enfin… Des possibilités réduites maintenant puisqu'il ne pensait plus qu'à Stan. Ses yeux émeraude croisèrent le regard déterminé du héros alors qu'il remettait son masque. Parfait, il allait lui dire, même s'il avait juré à Stan de ne jamais le révéler à Kenny. D'un certain point de vue, il avait tenu sa promesse puisqu'il ne l'avait pas dit à Kenny mais à Mysterion. Il détestait jouer sur les mots, mais là il était vraiment obligé s'il ne voulait pas se remettre à culpabiliser.
« Stan savait que Kenny était amoureux de lui. Il ne lui a rien dit parce qu'il ne voulait pas lui faire de peine, d'autant qu'à l'époque il sortait encore avec Wendy et pas avec toi.
- La construction de ta phrase est bizarre Kyle…
- J'ai juré à Stan de ne pas le dire à Kenny, mais si je le dis à Mysterion ce n'est pas la même chose. »
L'information mit un peu de temps à se frayer un chemin dans le cerveau de Kenny mais il comprit enfin. Kyle et ses phrases intelligentes, ça lui faisait tourner la tête. Il lui parlait en temps que Mysterion et non pas en temps que Kenny, pour ne pas se donner l'impression d'avoir trahi le secret de son meilleur pote. Il leva les yeux au ciel. Kyle ne changerait jamais, toujours autant à cheval sur l'éthique. Le héros se contenta donc de hocher la tête évasivement. Alors comme ça Stan était au courant depuis le début… Mais dans ce cas, pourquoi ne lui avoir jamais rien dit ? Il avait si peur que ça de le rendre jaloux à cause de Mysterion ou Wendy ? C'était tellement digne de lui, mais en même temps tellement puéril… Il se prenait vraiment la tête pour rien, alors qu'à la base les choses étaient censées être simples.
« L'enfoiré…
- Je te l'avais dis. J'espère que Kenny ne le haïra pas pour ça, je m'en voudrais.
- Ne t'en fais pas, Kenny n'en veut ni à Stan ni à toi. Je peux reparler de moi à la première personne ?
- Si tu veux, du moment que ça ne me donne pas l'impression de trahir Stan. Tu es au courant qu'il ne connaissait pas ton identité ?
- Ouais, et pour la cacher ça a été le parcours du combattant.
- Si j'avais su… J'aurais du lui dire !
- Euuh… Non, je ne préfère pas non.
- Mais pourquoi ? Tu sais qu'il a eu peur que tu sois Craig pendant un moment, ça l'aurait soulagé de savoir qui tu étais.
- Il m'aurait rejeté. Avoue tout de même que le statut de Mysterion, le héros de la ville qui fait concurrence à Gaïa, en jette plus que celui de Kenny, le vieux pote pauvre qui va rater sa vie car il ne pourra jamais faire de brillantes études.
- Mais justement ! Quelqu'un d'humain c'est bien plus rassurant que quelqu'un qui se cache derrière un masque parfait. Il doit être bien placé pour le savoir, après Wendy tu sais…
- Je sais qu'il aime les gens parfaits. Kyle, vraiment, on devrait songer à un moyen de le retrouver avant que je ne mettes mes tripes sur la table.
- On n'a qu'Henrietta comme piste. »
Un déclic se produisit dans la tête du blond et il se rappela de ce qu'il avait vu la fameuse nuit où Len s'était fait enlever par la secte. Et si Stan avait été envoyé au même endroit que lui ? C'était fort probable, et ça ne ferait que faciliter la tâche au héros. Il se rassit correctement sur la fenêtre, prêt à repartir.
« J'ai mieux, merci Kyle je te revaudrais ça. Par contre, oublie ce que tu as vu, tu ne sais pas qui je suis et je ne t'ai pas rendu visite.
- Pas de problème, tu peux compter sur moi.
- Merci. Oh, et, Kyle ?
- Quoi ?
- Qu'est-ce que tu faisais avec ton ancien costume de l'homme-cerf volant ? »
Le juif rosis de honte et fit de son mieux pour cacher la cape qui traînait négligemment derrière lui. Il se tourna de nouveau vers la fenêtre dans le but de justifier son acte, avec le plus de tact dont il était capable, mais le héros avait déjà disparu. Le garçon soupira de soulagement, il n'avait pas trouvé d'arguments pour justifier convenablement le fait qu'il ai ressortit son ancien costume de justicier. Ah, si seulement Kenny savait, il ne l'aurait sûrement pas laissé faire. Mais il ne savait pas, encore heureux. Ce soir, après avoir rafistolé son vieux costume, il avait prévu de faire un tour vers Mogan Street. On lui avait déjà pris son meilleur pote, et il doutait que Mysterion puisse seul le récupérer. Il ne s'en sortirait pas vivant, surtout que leur ennemi savait visiblement manipuler les esprits comme celui de Stan. En temps normal il aurait tout dit à Kyle ou Kenny, Stan avait horreur de partir sans précautions, sans que personne ne sache où il allait ni pourquoi il y allait. Pourtant, il les avaient clairement envoyés chier tout à l'heure, ce qui n'était pas dans ses habitudes…
Le rebelle qu'était Trent avait fini par être fatigué du comportement de Butters mais il avait tout de même retenu son potentiel machiavélique et avait décidé de lui accorder une seconde chance. Il avait essayé de l'enrôler dans ses projets de vengeance, histoire de l'initier un peu à tout ce qui était cruauté. Mais, lorsqu'il était arrivé à la maison de sa première victime, quelqu'un lui avait barré la route. Un homme en noir, avec des lunettes de la même couleur. Hormis son physique digne de personne travaillant pour une grande entreprise, il avait pour Trent quelque chose d'oppressant. Il fronça les sourcils en le voyant s'approcher d'eux, de sa démarche squelettique et lente. Il en paraissait d'autant plus inquiétant et Trent ne put s'empêcher d'avoir un léger mouvement de recul. Chaos, lui, ne broncha pas. Trent se demandait bien comment il faisait. Était-ce de l'inconscience pure et dure du naïf ou ressentait-il le potentiel maléfique qui émanait du personnage ? Peut-être un peu des deux, en tout cas il fut le premier à exprimer son opinion.
« Je ne sais pas qui vous êtes, mais nous devons passer. »
L'homme le regarda à peine, se concentrant sur Trent Boyett plus que sur le super-vilain. Il faut dire qu'il ne devait pas être très menaçant, avec son stupide costume en aluminium. Le regard qu'il darda sur lui fit peur au blond, alors qu'il était censé être sans peur. Son sourire le terrifia encore plus lorsqu'il commença à s'approcher de lui. Butters bondit sur lui, ne craignant visiblement pas de le froisser, mais l'homme l'esquiva avec facilité en faisant juste un pas sur le côté. Le naïf perdit l'équilibre et alla se manger une poubelle. Trent en venait presque à regretter que Désolation, le petit roux casse-couilles de tout à l'heure, ne soit pas là pour essayer de lui sauver la mise (même s'il se serait sûrement occupé de Butters en premier). Le type s'arrêta à quelques mètres de Trent, acculé contre le mur. Il ne pouvait plus reculer et il fut soulagé que l'homme n'avance pas plus. Il commençait vraiment à lui faire peur, encore plus quand il entendit sa voix résonner dans sa tête, comme s'il lui parlait en même temps à voix haute et dans sa pensée.
« Tu es Trent Boyett, c'est bien ça ?
- Je… Oui ?
- J'aimerais te faire une proposition. Je suppose que notre but actuel était le même, je me trompe ?
- Je ne connais pas votre but, mais vous venez tout de même d'attaquer l'un de mes alliés.
- Il y a méprise. C'est lui qui a attaqué en premier. Moi, je cherchais juste à vous parler.
- Qui êtes-vous au juste ?
- Mon nom est McElroy. Jim McElroy. »
Trent détailla l'homme une fois encore avec suspicion. Il avait tout d'un coup moins peur de lui, mais il n'en demeurait pas moins inquiétant. Peut-être cela venait-il du fait que le blond savait qu'il ne souhaitait pas sa mort mais seulement sa collaboration. Il décida donc bien sagement d'écouter son but. Cela pourrait être intéressant de se faire un allié de cet homme.
« Vous vous rendiez chez Stan Marsh, il se trouve qu'il est aussi ma cible. Ensemble nous ne serons que plus forts pour nous emparer de lui.
- Vous emparer de Stan Marsh ? Laissez-moi rire, ce n'est pas si simple !
- Justement, vous semblez connaître la cible, avec votre aide ça sera du gâteau.
- Qu'est-ce que vous me donnez en échange ? »
Le sourire de McElroy se fit de plus en plus lumineux et le sang de Trent se glaça dans ses veines. On avaient pas idée de sourire de cette manière, c''était putain de flippant ! Le Boyett fit de son mieux pour garder son calme, mais quand le rire machiavélique de McElroy se fit entendre, même les pieds de Butters disparurent dans les poubelles comme pour s'y cacher. Bordel, il la sentait vraiment mal cette histoire… Il se retint de déglutir de travers lorsque le type leur tourna le dos, leur indiquant d'un signe de la main de les suivre. Il n'avait pas répondu à Trent, mais dès qu'il se fut éloigné de lui le blond alla aider le garçon qui avait finit dans les poubelles. Les yeux bleus du naïf croisèrent les prunelles sombres du rebelle. Trent fut le premier à exprimer son opinion, lassé du soudain silence qui était tombé sur la ruelle.
« Qu'est-ce qu'on fait mec, on suit ce gonze ?
- Il ne nous laissera pas partir et, un type comme ça, il vaut mieux l'avoir comme allié que comme ennemi.
- Pour une fois, je suis d'accord avec toi. Dire que je te pensais très con, au final tu as une bonne capacité d'analyse. Je me demande si tu ne fais pas exprès d'être aussi naïf…
- Pourquoi je ferais ça ? C'est débile !
- Non, bon. Laisse-tomber, ça vaut mieux. »
Trent attrapa violemment le bras de Butters pour qu'il se relève, tant pis s'il ne voulait pas, et il le força à le suivre. Heureusement pour lui, le super-vilain ne résistait pas trop. A quoi bon ? De toute façon, ils ne pourraient pas indéfiniment échapper à ce type et, comme Chaos l'avait sagement proposé, autant s'en faire un allié. Ils arrivèrent tous deux à la fin de la ruelle et tombèrent de nouveau sur McElroy qui semblait les attendre. Son regard se posa sur les deux mains liées des blondins.
« Je ne savais pas que vous étiez de ce bord-là, je comprends mieux pourquoi vous avez mis autant de temps à quitter cette ruelle. »
Trent fronça les sourcils avant d'enfin comprendre les insinuations douteuses de l'homme en noir. Il lâcha rapidement la main de l'autre garçon avant d'incendier le plus vieux du regard. Il se prenait pour qui, pour inventer des orientations sexuelles sur des préjugés comme ça ? Butters avait seulement refusé de le suivre et comme il était à bout de patience… Non, bon, c'est vrai qu'en fait il n'avait pas trop résisté. Putain il se sentait con, là, maintenant, tout de suite. Il n'aimait pas les hommes bordel de merde ! Et surtout pas les types aussi idiots que ce blond qui se prenait pour le plus grand méchant de tout l'univers.
Shelley Marsh était sortie dans la rue ce soir-là, bien décidée à trouver Mysterion. Elle avait, pour l'occasion, pris un peu plus soin d'elle pour être présentable même si elle savait qu'elle aurait juste à faire face à une tarlouze qui se tapait son frère. En quelques sorte elle aurait pu appeler ça un gendre. Mais elle n'en avait pas la moindre envie. Non pas parce qu'elle avait quelque chose contre les gays, mais on ne touchait pas à son petit frère. Elle s'en défendrait toujours face à lui, mais elle aimait beaucoup son frère. Elle ne s'entendait pas très bien non plus avec Wendy, elle la trouvait un peu trop stricte avec son frère. Heureusement qu'elles ne se voyaient pas souvent, sinon elles auraient eu de nombreux crêpages de chignons à propos du fils Marsh. Elle était heureuse que Stan ai changé de partenaire, mais Mysterion… L'information de Clyde lui avait été utile, elle avait compris que le super-héros avait une relation privilégiée avec Kevin. Or, Doodle avait vraiment très peu de vrais amis dans son milieu, et encore moins des gens de l'âge de Stan. Peut-être s'agissait-il d'un drogué qui voulait avoir de la promotion sur sa came en rendant Kevin redevable ? Peu probable. Un drogué ne prendrait pas autant de risques et trouverait un autre revendeur. Mais alors, qui pouvait bien avoir de l'importance pour Kevin, hormis elle et… Mais oui ! Pourquoi elle n'y avait pas pensé plus tôt ? Mysterion ne pouvait pas être un criminel, sinon à quoi bon faire respecter la justice ?
C'était un vrai casse-tête, et Shelley n'avait aucune envie de se prendre le chou avec ce genre de trucs à la mord-moi le nœud. Alors elle était directement allée voir Kevin là où il était emprisonné, pour l'heure des visites. Elle arriva juste à temps, le jeune officier lui fit son plus beau sourire lorsqu'il la vit arriver mais la Marsh ne se laissa pas démonter. Elle n'était pas ici pour se faire faire du charme par un officier, mais pour aller voir son homme et lui faire du soutiens moral. Mais aussi pour prendre des renseignements sur Mysterion, puisqu'il était censé savoir qui serait capable de venir le sauver, déguisé en tapette à collants. Elle darda sur le flic un air froid mais l'homme ne se départit pas de son sourire.
« Qui souhaitez-vous voir mademoiselle ?
- Mon petit-ami.
- Son nom, tenta le jeune officier d'un air quelque peu déçu, je vous demande son nom.
- Kevin McCormick.
- Oh, vous voulez dire Doodle ? Suivez-moi je vous prie.
- Vous souriez, releva la châtain en le suivant. Pourquoi souriez-vous ?
- Vous n'êtes pas au courant ? Nous n'avons pas assez de preuves contre lui, il risque de rester longtemps ici.
- Et ça vous fait rire ? Vous êtes un monstre !
- Et vous vous devriez songer à refaire votre vie avec un autre.
- Goujat ! »
Elle venait d'arriver devant le siège où Kevin ne devrait pas tarder à atteindre. Elle en profita pour gifler cet homme qui était trop entreprenant avec elle. Mais merde, elle avait un copain et elle venait de lui dire, qu'est-ce qu'il cherchait au juste ce con ?! Le policier sourit d'autant plus.
« Vous ne savez pas ce que vous ratez, j'aurais pu réduire sa peine facilement. Si vous changez d'avis, allez à la gendarmerie. Demandez agent Feets, je serais là pour vous. »
Shelley garda un air imperturbable tout le temps que l'agent disparaissait dans l'ombre. Répugnant, comme si elle n'avait pas assez de pervers qui lui tournaient autour à cause de sa poitrine, il fallait à présent qu'un flic lui fasse des avances d'autant plus répugnantes. Mais en y réfléchissant bien, c'était assez avantageux pour Kevin si elle faisait ça. Mais elle n'avait aucune envie de devenir une pute. Elle ne se prostituerait pas, même pour Kevin elle s'en sentait incapable. Tiens, en parlant de son petit-ami, il était en train de lui faire des signes depuis sa chaise. Il avait l'air plus qu'heureux de la voir. C'était aussi son cas et elle s'assit face à lui, le sourire retrouvé. Ils avaient l'air niais tous les deux, à se fixer comme si cet instant était unique et peut-être bien le dernier. Mais si Kevin devait rester encore longtemps dans le couloir de la mort, comme l'avait prétendu Feets, cette scène risquait fort de se reproduire. Jusqu'à ce qu'ils finissent par prouver que, oui, Kevin et Doodle n'étaient qu'une seule et même personne. A ce moment-là, il n'y aurait plus rien à espérer. Kevin passerait par la chaise électrique et Shelley ne le reverrait plus. Il n'avait que deux moyens de s'en sortir. Fuguer (avec ou sans l'aide de Mysterion) ou laisser sa copine écourter sa peine en se faisant culbuter par des policiers. Était-il prêt à prendre le risque ? Shelley non, pas tant qu'elle ne serait pas persuadée qu'il n'y ai pas un autre moyen de le sortir de là. Ce fut Kevin qui prit la parole en premier, voyant la tête songeuse de Shelley. Il appuya sa main sur la vitre qui les séparait. A cet instant il n'avait qu'une seule envie, et c'était celle de la prendre dans ses bras.
« Qu'est-ce qui te préoccupe autant mon cœur ?
- Si je trouvais un moyen de te faire sortir d'ici, se précipita-t-elle en saisissant le combiné avec nervosité, tu serais d'accord ? »
Elle appuya à son tour la main contre la vitre et failli lâcher le combiné. Même si ce n'était qu'un mirage, elle avait l'impression de sentir sa peau chaude et douce à travers la vitre, comme si elle la tenait. Enfin, elle aurait aimé, parce que lorsqu'elle replia les doigts ses ongles heurtèrent la froideur du plastique et ses yeux se remplirent de larmes. Kevin, de l'autre côté, se sentait dévasté. Lui aussi, il voulait la toucher. Pourtant, il se retint de pleurer.
« Rien de ce que tu pourras faire ne m'aidera. Il faut que tu sois forte Shelley. Je le savais depuis le début, je n'étais pas fait pour toi. Je n'aurais même pas du te rencontrer, c'était une erreur d'avoir continué à te parler… Je ne veux pas que tu sois triste, ça me fait de la peine. Oublie-moi. Juste… Oublie-moi. Je veux que tu passes à autre chose. Tu as tellement de nouvelles expériences à vivre, ne t'arrêtes pas à cause de moi.
- Quelqu'un va t'aider à sortir. Si ce n'est pas moi, quelqu'un d'autre qui tient à toi essayera. Je le sais.
- Qu'est-ce que tu racontes Shelley, personne ne…
- Détrompe-toi. D'après toi, pourquoi Mysterion ne t'es jamais tombé dessus ? Parce que tu le connais Kevin, tu connais son visage !
- Arrête, tu délires. Quel intérêt j'aurais de connaître son visage ? Je ne pourrais le révéler à personne en plus, de peur de me faire des ennemis.
- Réfléchis ! En connaissant le nom de ton ennemi numéro un, c'est plus facile de prévoir ses actions. Dans ton entourage proche, qui tient le plus à toi au point de risquer sa vie pour vouloir te sortir de là ?
- J'ai bien une idée, mais je ne peux pas la dire ici… Shelley, toutes les conversations qui passent par ce combiné sont enregistrées. »
Cette fois, la châtain lâcha le combiné et Kevin le regarda tomber mollement sur le bureau. Il avait du en connaître d'autres, ce téléphone. Pas étonnant qu'il grésille autant. Du bout de la main, celle qu'il avait collée à la vitre, il traça une lettre à peine visible. Seule Shelley eu bien le temps de la voir. Il s'agissait d'un K. Peu de temps après, la fin des visites retentit et Kevin dut se lever de son siège. Il ne voulait pas, il voulait rester face à Shelley et la jeune femme ne bougeait pas non plus. Malgré les larmes qui roulaient sur ses joues, elle ne cessait de fixer Kevin. Elle ne voulait pas le voir disparaître, surtout pas, parce que les policiers n'allaient pas tarder à tomber sur des preuves prouvant sa culpabilité. Elle se leva à son tour, martelant la vitre de ses petits poings tandis que deux policiers emmenaient Kevin de force.
« Ce n'est pas lui ! Je vous prouverais que ce n'est pas lui Doodle ! Sérieusement, qui mérite la mort pour avoir dealé ?! Il y en a qui font ça tous les jours sans jamais se faire choper alors pourquoi s'en prendre à Doodle et pas un autre ? Les flics, vous êtes des monstres, tous autant que vous êtes !
- Maîtrisez cette furie, hurla un policier non loin d'elle (il lui sembla que c'était Feets). »
Peu après, trois agents se ruèrent sur elle pour la faire sortir de la salle alors que Kevin hurlait de la laisser tranquille. Le jeune adulte ne récolta qu'un coup sur la tête qui l'assomma pour de bon, le faisant sombrer dans l'inconscience. Ce fut au tour de Shelley de hurler, mais elle se fit jeter dehors avant d'avoir pu faire quoi que ce soit. Elle pleurait, ne pouvant s'arrêter même une fois jetée hors de l'enceinte de la prison. Elle se vengerait, elle le promettait.
Mysterion se stoppa dans ce qu'il était en train de faire, son portable ayant vibré dans sa poche. Il ne le réalisa pas tout de suite, mais une décharge au niveau de sa côte le fit se stopper. Quelle merde, et dire qu'il était encore en train de se diriger vers la maison du type chauve qui avait torturé Len… Il s'arrêta devant la maison, se souvenant trop tard que les flics avaient coffré pas mal de monde par ici. Donc, aucun risque qu'il ne reste le moindre gourou ou adepte de la secte dans les environs. Effectivement, la maison semblait abandonnée depuis quelques temps déjà. Il s'assit donc sur les marches du perron et sortit enfin son portable de sa poche. Il avait un message, un seul. De Kyle. Il le pensait couché à cette heure tardive, mais visiblement non.
"Stan vient de rentrer chez lui. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais je viens de le voir entrer par la porte, en courant. Tu devrais aller lui parler, peut-être qu'il a quelque chose d'intéressant à dire sur son enlèvement."
Laissant tomber ses recherches, le héros fit volte-face. Il avait quelqu'un à aller voir, et ça commençait vraiment à devenir urgent.
Len avait réussi à rentrer chez lui. Enfin, disons plutôt qu'on l'avait laissé faire. On avait même demandé à Henrietta de le ramener, puisqu'elle savait où il habitait. Il n'avait d'ailleurs pas tellement compris pourquoi elle avait passé la plupart du trajet à s'excuser. Elle n'avait pas sangloté, c'était indigne d'une gothique dans son genre, mais à l'intérieur elle pleurait. Len, dans l'histoire, c'était une innocente victime des circonstances. Le pire, c'est que c'était elle la responsable. Si elle n'avait pas contacté McElroy, qu'elle s'était contenté de son avertissement de ne plus l'appeler et qu'elle avait daigné faire la différence entre Len et Kenny… Kenny ? Qu'est-ce que Kenny venait foutre ici ? Kenny était vivant, il n'était pas mort contrairement à tout ce que Rin avait gueulé dans la cours, appuyée par Cartman. Comment elle avait pu croire leurs conneries ? Si elle avait eu un peu plus de jugeote, elle aurait capturé Kenny et non pas Len. Len serait sûrement devenu adepte de la secte, à l'heure actuelle, si elle ne l'avait pas utilisé de façon si malsaine. Mais elle l'avait confondu avec Kenny, c'était là son erreur. Ils étaient déjà arrivés, elle avait passé son temps à s'excuser sans rien dire d'autre. Elle stoppa le moteur de sa voiture et n'osa pas se retourner. Elle sentit une main rassurante se poser sur son épaule.
« Ce n'est pas ta faute, Henrietta. »
Elle aurait aimé le croire, mais dès qu'il claqua la porte de la voiture elle se prit la réalité en pleine face. C'était sa faute et ce n'était pas Len qui venait de lui dire ces mots rassurants. Le rituel l'avait transformé de façon bien plus horrible que tout ce qu'elle avait pu imaginer. Alors qu'elle redémarrait sa voiture et commençait à partir, sa vision se brouilla légèrement. Trop tard, elle pleurait. Heureusement que personne ne pouvait la voir dans cet état, ça la foutrait encore plus mal. Elle ne se rappelait pas de la dernière fois qu'elle avait pleuré, mais c'était il y a longtemps en tout cas. La gothique n'avait jamais été très sentimentale. Au contraire, elle était plutôt du genre colérique qu'à fleur de peau, à se demander pourquoi elle était devenue gothique. C'était très simple en vérité, mais pour l'instant la question n'était pas là. En entrant chez elle sa mère toujours aussi chiante revint la coller. Elle leva les yeux au ciel dès qu'elle l'entendit s'approcher, elle et sa voix chantante qui lui faisait mal au cœur.
« Henriiiettaa, ma chérie, tu ne… Oh mais tu as pleuré ! Que t'arrive-t-il mon trésor ? Tu peux tout dire à maman et tu le…
- Fous-moi la paix. Je veux juste être seule et broyer du noir, seule. Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans le mot seul ? Il est trop compliqué pour ta petite cervelle de conformiste ? »
La gothique claqua la porte de sa chambre derrière elle et alla s'affaler sur son matelas, prenant cependant soin de ne pas couper le cercle sataniste qui était au pied de son lit. Madame Biggle avait toujours été du genre trop étouffante, normal quand elle savait qu'elle avait de la chance qu'on lui ai accordé l'adoption malgré ses revenus plus que moyens de femme seule. Pour obtenir l'adoption elle avait du se marier à un type qu'elle n'aimait pas et maintenant elle chérissait le petit trésor qu'elle avait adopté. Après, le type avec lequel elle s'était mariée était loin d'être un benêt inutile. Elle avait su trouver quelqu'un de compétent puisqu'il aidait à combler les fins de mois bien mieux qu'elle ne l'avait cru au début. Elle a fini par tomber amoureuse… de son argent en tout cas, et ça avait fait très plaisir à la petite gothique. Elle aussi, elle adorait quand elle pouvait s'acheter ce qu'elle voulait. Un jour cependant, Henrietta avait appris que sa mère n'avait pas pu la concevoir puisqu'elle était stérile alors elle eut une envie irrésistible de savoir qui l'avait conçue. Elle s'attendait à une histoire bien triste et glauque. Elle a été servie. Sa famille avait été décimée, ne lui restait plus que son oncle en vie et il était en proie à de nombreux troubles psychologiques. En sachant ça, c'est sûr qu'elle aurait dut préférer sa nouvelle famille. Mais non, à la place elle s'est rendue derrière l'école où elle avait vu les gothiques en action. Elle avait tout d'abord beaucoup aimé leur musique ainsi que leurs fringues noires. En d'autres mots, c'était classe. Elle avait commencé comme ça, son ami Dylan la rejoignant peu de temps après. Sa mèche était devenue rouge et il n'arrêtait pas de jouer avec. Il y avait Peter et Lil' aussi, ils formaient le groupe de base à eux deux. Henrietta avait trouvé ça hallucinant qu'à l'âge qu'avait le gosse -il devait tout au plus être à la crèche- il pense déjà à la mort comme s'il avait une centaine d'années. Ils en avaient vécu, des aventures, tous les quatre. Quoi de plus normal quand on habitait South Park ?
Mais petit à petit, Dylan et Peter manquaient de temps. Ils grandissaient, s'investissaient d'avantage dans les études,… Dylan était parti en école de médecine et il dessinait encore des pentacles dans son appartement. Peter, en revanche, avait disparu de la circulation depuis maintenant deux ans. Au début le petit Lil' s'était inquiété pour lui, mais voyant qu'il ne pouvait plus rien faire il avait laissé tomber. A moins qu'il ai appris un lourd secret le concernant et qu'il ai préféré le garder pour lui. Ça, Henrietta pouvait le comprendre. Ce qu'elle comprenait moins par contre, c'était l'espèce d'obsession qui s'était développé chez lui pour Ike Broflovski. Ça avait fini par la saouler et elle était partie de son plein gré. Elle avait tenté de retrouver un semblant de groupe en enrôlant Len dans sa secte, mais ça ne s'était pas du tout passé comme elle l'avait prévu. Parce que Kenny avait choisi ce moment-là pour révéler son immortalité, comme le réceptacle qu'ils attendaient depuis un certain moment déjà. Et là, son erreur avait été de les confondre. Tout ça parce qu'elle avait fait du zèle en faisant croire qu'elle connaissait son prénom et ses réelles intentions. Len n'était pas Kenny, elle avait fini par s'en rendre compte. Trop tard, bien évidemment. Mais au moins, comme ça, ça avait permit à Len d'être bien plus qu'un humain. Il venait de gagner l'estime de nombreuses personnes et puis, contrairement à ce que l'on pourrait croire, il avait tout de même de bons antécédents. Sinon, le fait d'héberger un démon majeur l'aurait tué. Il avait pourtant bien résisté, la gothique l'admettait. Il n'était peut-être pas si saint que ça, ce garçon…
En parlant du garçon en question, il aurait du être avachi sur son lit. Mais non, il ne dormait pas. Il était directement monté dans sa chambre pour aller sur son ordinateur. Il était en train de chercher tout ce qu'il pouvait sur la personne de Gaïa. Il ne savait pas s'il agissait de sa propre volonté ou si c'était quelque chose que lui dictait son instinct, mais il le faisait tout de même. Il sentit soudain un courant d'air et il tourna la tête, s'attendant à voir surgir la fille aux cheveux blancs comme s'il était pris en faute. Ce n'était pas totalement faux, aussi il rabattit le clapet de son ordinateur lorsqu'il vit la forme se découper sur sa fenêtre. A croire que les héros aimaient beaucoup ce genre d'effets de surprise, pour le faire aussi souvent…
« Gaïa ? »
La forme sombre sauta de la fenêtre pour atterrir sur le sol en bois de la maison des Kagamine, au moment où un éclair zébrait le ciel. En réalité, si Gaïa était entrée chez Len c'était pour se protéger de l'averse qui se préparait. Elle avait capté un signal internet portant son nom, à l'intérieur de cette maison, alors elle avait décidé de se taper l'incruste. Elle ne s'attendait pas à tomber sur Len, bien sûr, mais elle savait en revanche que la personne faisant des recherches sur elle devait être quelqu'un de fan. Donc quelqu'un qui ne la virerait pas de chez lui, surtout s'il pleuvait. Elle aurait inventé une excuse comme une autre pour pouvoir rester, genre une soi-disant protection rapprochée ou une autre connerie comme ça. Pour elle, c'était simple comme bonjour, elle avait de l'imagination à revendre. Arrivée face à Len, elle se contenta de lui sourire. Qu'importe puisque lui il connaissait sa véritable identité. Mais un petit coup d'œil à l'ordinateur refermé lui fit perdre son sourire.
« Tu peux le rouvrir tu sais ? Je sais exactement ce que tu faisais dessus. »
Il afficha une moue dubitative, il n'y croyait pas vraiment. En fait, il avait juste l'impression que c'était du bluff alors un sourire en coin apparut sur le visage du blond. Elle n'avait pas trouvé mieux comme excuse, si elle voulait qu'il lui montre ce qu'il faisait ? La blanche soupira, se rendant bien compte que Len ne la croyait pas. Elle se releva rapidement, enlevant la poussière qui s'était déposée sur ses vêtements lors de sa chute inopinée. Puis, en se redressant, elle ferma les yeux en se concentrant sur le PC de Len. Elle n'allait pas l'épargner, il avait failli lui rire au nez. L'héroïne était quelqu'un de fier, elle ne laisserait pas passer une autre humiliation.
« Ton fond d'écran c'est Katawa Shoujo, tu es sur internet et tant qu'il est ouvert je peux même te lire l'historique, tu veux que je le fasse ? » Elle n'attendit même pas sa réponse pour continuer. « L'intégrale de Heroes, quelques épisodes de Hamtaro, tu n'en es pas très loin dans Homestuck, Amour Sucré (sérieux, comment tu peux jouer à ça alors que tu es un mec ?) ainsi que deux ou trois sites porno que tu visites régulièrement, la recherche étant réglée dans tes favoris sur…
- Stop stop stop ! La coupa Len avec gêne. C'est bon, j'ai compris, je te crois !
- Tu es sûr ? Parce que je peux continuer longtemps comme ça, tant qu'il est allumé.
- Tu fais ça, tu retournes dehors.
- Bref, reprit Gaïa en changeant de sujet, pourquoi tu faisais des recherches sur moi ?
- Je… C'est parce que… Je pensais que ça pourrait t'intéresser d'en savoir plus sur ce que tu étais avant… Ça doit pas être cool de ne pas se rappeler de qui l'on est… »
L'excuse, bien que bancale, de Len, intéressa beaucoup Gaïa. Elle s'approcha encore plus de l'ordinateur et l'ouvrit sans même prendre le temps de consulter Len sur ce qu'il voulait lui montrer ou pas. Sur l'image à l'écran se tenait une fille aux cheveux châtains dont le sourire aurait pu réchauffer n'importe quel cœur gelé. A cette vision, l'héroïne ne put prononcer le moindre son. Elle s'était mise à trembler, ce qui inquiéta quelque peu Len qui ne pensait pas avoir à faire à ce genre de situation. Mais, heureusement pour lui, la blanche se ressaisit assez vite, inspirant et expirant aussi profondément qu'elle le pouvait. Elle ne s'attendait pas vraiment à se retrouver face à elle-même, malgré tout ce qu'elle avait pu se raconter comme bobards à elle-même pour se persuader qu'elle était prête. Pourtant c'était vrai, elle était prête et elle pouvait à présent tout entendre sur elle. Le plus dur était passé, puisqu'elle s'était retrouvée face à ce qu'elle était avant de mourir. Len la scruta un moment, de peur qu'elle ne refasse une crise, mais Gaïa avait repris du poil de la bête et elle revint vers l'ordinateur. Elle fit de son mieux pour esquiver le regard chaleureux de son ancien elle et se concentra sur les onglets. Il y en avait un autre, et elle cliqua dessus.
« Attend Aria, s'enquit le garçon, tu es sûre de toi là ?
- Oui. Je ne reculerais plus devant la vérité, plus jamais ! »
Et elle lança la vidéo, saisissant la main de Len pour éviter que les tremblements ne reprennent. Pour elle, c'était à la fois important et pénible, mais elle devait le faire. Et la présence de quelqu'un d'autre à ses côtés était là pour la réconforter, surtout s'il s'agissait de Len.
Kyle entremêla ses doigts, hésitant entre aller voir si son meilleur pote allait bien ou si quelque chose de grave s'était passer et utiliser son costume fraîchement réparé. Il ne faut pas se mentir, s'il avait averti Mysterion c'était dans le but de faire d'une pierre deux coups. Maintenant qu'il savait que Kenny était le super-héros que tous connaissaient et adulaient, il n'allait pas se gêner pour mettre Rin à l'abri autant que possible. Après avoir rongé à peu près tous ses ongles, le rouquin songea à descendre. Il n'y avait jamais fait attention depuis le temps, mais en réalité il avait une magnifique vue de la chambre de Stan de sa propre fenêtre. Il en venait encore à se demander comment il avait fait pour ne rien remarquer avant. Sûrement était-il trop à cheval sur ses études pour remarquer quoi que ce soit d'étrange. Genre une cape qui aurait dépassé de la fenêtre de son meilleur ami par exemple… Il avait fait son choix. Mysterion lui raconterait pour Stan et, dans le pire des cas, il le verrait demain en cours. Il se rendit dans son garage et, en ouvrant la lourde porte en bois, son regard se posa sur un coffre au fond de la salle, juste derrière la voiture de son père. Dès qu'il arriva à hauteur de ce dernier, il l'ouvrit avec prudence, sachant pertinemment qu'il allait grincer vu le nombre d'années où il était resté fermé. Il sourit en constatant que l'objet convoité y était toujours. Il allait profiter du fait que le héros soit chez son ami pour rejoindre Rin, comme ça il pourrait sûrement la protéger contre d'éventuelles personnes voulant jouer les justiciers et se décidant à partir à la chasse au Chainsaw. Cette fois, songea Kyle en délogeant la poussière qui se trouvait sur la poche de sa tronçonneuse, ils en auraient deux pour le prix d'un. Henrietta avait raison, il était plus que temps pour lui de réagir.
Il ne tarda pas à quitter la maison, la tronçonneuse sous le bras. Il jeta tout de même un regard vers la fenêtre de Stan et fut rassuré de voir que Mysterion, à cheval sur la fenêtre, venait d'arriver dans la chambre de son meilleur pote. Une chose de faite, maintenant c'était son tour de veiller sur la personne qu'il aimait. Arrivé au croisement de Mogan Street, il remarqua bien vite que ce soir aussi la blonde était de sortie. Un corps gisait déjà là, affaissé mollement contre le mur. Il était bleu, comme si Rin avait préféré la strangulation à la technique habituelle. Mais elle avait gardé sa marque de fabrique, elle avait tout de même égorgée sa victime. C'était drôle de se demander comment elle avait fait pour découper aussi précisément une gorge avec une tronçonneuse. Kyle se sentit trembler à la vue du cadavre. Mai il n'était pas ici pour vomir encore une fois ses tripes, il savait qu'il y aurait des choses moches et il en était même venu à l'espérer dans le but de croiser Rin. Il utilisa ses brassards de pression, pour éviter que le sang ne s'affole dans ses veines. Il les avaient achetés récemment, mais ça marchait bien. Si le sang ne s'affolait pas dans ses veines, il ne risquait pas de vomir. Enfin, pour un certain temps du moins… Il était face au mur lorsqu'il entendit une voix derrière lui.
« Alors c'est toi, Chainsaw ? Je suis déçue, dans mes souvenirs tu étais plus… féminine. »
Kyle se retourna en sursautant. Il ne pensait pas que l'on pouvait le voir et le confondre avec Chainsaw, même s'il avait tout fait pour. Et là, il se retrouva face à quelqu'un qu'il n'aurait jamais pensé voir ici, à une heure aussi tardive de la soirée. Il avait piégé Mysterion, mais il avait oublié que le héros n'était pas la seul à protéger la ville. Face à lui se tenait Gaïa, et elle avait l'air bien décidée à l'affronter.
Ouf, j'ai enfin trouvé le temps de finir ce chapitre ! Pendant un moment j'ai cru que je pourrais le publier au début du mois, mais le temps m'a incroyablement manqué...
Bizarrement, j'ai l'impression d'être plus occupée cette année que l'année dernière alors que j'avais le bac à passer. Ou alors c'est peut-être parce que ma vie sociale a incroyablement évolué ? Je ne sais pas...
Le masque de Mysterion est tombé pour deux personnes, à savoir pour Karen (c'était évident qu'elle serait la première) et pour Kyle (son intelligence aura encore une fois fait ses preuves). Le masque tombera-t-il pour d'autres personnes ? Je vous laisse méditer là-dessus !
Bref, en espérant que ce chapitre vous a plut, je vous dis à bientôt pour un prochain chapitre !
