Chapitre X :

J'étais dans la baignoire, je me savonnai sans un bruit. J'avais congédié la servante plus tôt ne voulant pas de sa compagnie. Ce n'est pas qu'elle était méchante, disons juste que je n'avais rien en commun avec elle. Je repensai à ce qui s'était passé plus tôt dans la matinée, j'avais supplié Madara une fois encore de me laisser voir Naoko, de ne pas lui faire de mal. Mais aucune de mes supplications n'avaient changé quoi que ce soit.

Je soufflai légèrement et pris appui sur les rebords de la baignoire pour sortir de l'eau. J'allai chercher moi-même une serviette et m'habillait avec un genre de kimono court et léger, réservé pour le soir normalement, qui dévoilait mes jambes. Mais étant condamnée à rester là, je préférai rester à l'aise.

Je retournai dans ma chambre et la servante était là, m'attendant bien sagement.

- Est-ce que tout va bien Fuki-sama ? Avez-vous besoin de quoi que ce soit ?

- J'aimerais savoir comment va mon amie, Naoko.

Elle me regarda avec un air étonné. Son nom ne lui disait probablement rien.

- Elle aussi a les cheveux blancs.

- Ah, oui, je vois qui c'est. Malheureusement, Madara-sama à été très clair à ce sujet, il ne veut pas que vous sachiez quoi que ce soit à propos de ce qui se passe pour elle, Fuki-sama.

Alors comme ça, Madara avait déjà donné ses ordres. Je la remerciai quand même pour son aide et partie m'allonger dans le lit, espérant que la journée passe rapidement.

Finalement au bout d'une heure, ne voyant pas le temps passé, je me décidai à demander quelque chose.

- Excuse-moi ?

- Oui, Fuki-sama ?

- Pourrais-tu m'emmener au bureau de Madara-sama ?

- Est-ce important ? Madara-sama a demandé à ce que vous ne sortiez pas la chambre sauf si c'est important.

- Ca l'est, je dois lui parler.

Ce n'était pas aussi important que j'avais essayé de lui faire croire, mais au moins elle me conduisait là où je le voulais.

- Très bien Fuki-sama, suivez-moi.

Je lui lançai un petit sourire et la suivis à travers toute la maison jusqu'à arriver dans son bureau. La servante semblait drôlement gênée et je ne compris pas vraiment pourquoi. Mais je ne voulais pas m'en soucier maintenant, alors une fois qu'elle eut toqué et qu'on lui somma d'entrer, elle me laissa la place pour que je sois seule avec mon « époux ».

Madara releva la tête, il semblait blaser, mais son regard changea rapidement quand il me vit.

- Pourquoi viens-tu me voir habiller ainsi ?!

Il avait prononcé sa phrase les dents serrées et je vis bien qu'il bouillonnait de rage.

- J-je… En fait, je ne pensais pas sortir de la chambre et du coup, j'ai oublié de me changer, je suppose…

- Quelqu'un t'a vu ?!

- Non, non personne, je le jure. Juste ma servante, c'est tout.

- J'espère que tu es vraiment sûre de toi. Je ne tolérai pas qu'un autre homme te voit dans une telle tenue.

Je rougis instinctivement. Pourquoi n'avais-je pas pensé à ça plus tôt ?! Je savais pourtant qu'il était un maniaque du contrôle et de la possessivité.

- Je vous demande pardon ça ne se reproduira plus. Mais je vous promets que personne ne m'a vu…

Il sembla se détendre un peu, mais pas assez pour parler avec une voix normale.

- Qu'est-que tu viens faire ici ?

- C'est juste que… Je voulais savoir si Keiko pouvait être ma « servante officielle » ?

- Ta servante actuelle ne te convient pas ? Si elle t'a manqué de respect ou que ce soit d'autre, je m'occuperai de son cas personnellement.

- Non, ce n'est pas ça du tout ! Mais je n'arrive pas à parler avec elle, je ne me sens… Pas à l'aise… Keiko est plus naturelle.

- Hm. Je la ferai te rejoindre dans notre chambre dans ce cas.

- Et puis-je demander autre chose ?

- Tu me demandes déjà beaucoup.

Il était clairement agacé et je ne voulais pas le mettre trop en colère, aussi hésitais-je avant de lui demander.

- Est ce que je pourrai avoir des livres ? Je n'aurai rien à faire le reste du temps quand Keiko sera partie.

- Ce n'est pas mon problème. Tu aurais dû y penser avant.

Je vis que malgré son agacement évident, il avait du mal à détaché son regard de ma tenue et je m'en voulais tellement d'avoir été si idiote de venir habiller comme ça. Je voulais partir vite.

- Bien, j'ai compris… Je vais me retirer dans notre chambre dans ce cas.

- Hm.

Je pris ça pour un oui et avançai à grands pas vers la porte, mais avant que je n'eus le temps de l'ouvrir, il me dit :

- Et dépêche toi d'arriver à la chambre sans que personne ne te voie. Je ne veux rien entendre à ce sujet, tu m'as bien compris ?

- Oui Madara-sama.

Il retourna à ses parchemins et je m'éclipsai à toute vitesse et couru jusqu'à ma chambre. Peu de temps après Keiko me rejoignit et nous discutions pendant quelques heures de tout et de rien. Ça faisait passer le temps. J'avais essayé de lui demander comment les choses se passaient pour Naoko et elle m'avait simplement répondu que sa torture avait fini quelques heures auparavant, mais qu'elle dormirait sûrement plusieurs jours, trop épuisée physiquement et mentalement par cet acte ignoble. Néanmoins, elle était resté vague à ce sujet.

Keiko était partie après ça, me laissant seule. J'étais terriblement inquiète pour mon amie. Je me faisais un sang d'encre.

J'étais dans la chambre, attendant le retour de Madara. Je ne savais pas quand il était sensé venir. J'essayai désespérément de trouver quelque chose à faire et finalement, piquée par la curiosité, je me dirigeai vers son armoire pour voir ce qu'elle contenait. À l'intérieur il y avait tous ses habits, tous noirs ou bleu marines. Mais quelque chose retint mon attention. Deux armes trônaient en maître du côté droit de l'armoire avec une amure rouge sang au milieu de celles-ci.

Je touchai l'armure du bout des doigts presque comme fascinée. Une des deux armes était un genre d'éventail géant, j'étais sûre que ce n'était pas un objet anodin mais bien une arme puisqu'il y avait encore quelque tache de sang dessus, probablement qui n'avait pas pu être nettoyé puisque Madara était non seulement un maniaque du contrôle et de la possessivité mais aussi de la propreté.

Mon regard se posa enfin sur l'autre arme, une faux. Je mourrai d'envie de la toucher et de la sortir de l'armoire juste pour mieux la voir, je posai mon doigt sur le manche de celle-ci, essayai de la soulever et je fus surprise tant elle était lourde. Maladroite comme pas permis, je la fis alors tomber dans un gros bruit sourd. Je m'arrêtai de bouger comme gelée sur place et je pus enfin reprendre contenance quelques secondes plus tard une fois le choc passé. Je me penchai alors jusqu'à être assise les genoux repliés, et touchai alors la lame juste pour voir si elle n'avait rien et soudain la porte s'ouvrit, me faisant sursauter. Je me coupai le doigt au passage en ayant voulu retirer ma main trop vite.

- Ahhh.

Je portai mon doigt à ma bouche. Qu'est-ce que ça faisait mal. Madara se tenait devant moi et me regardait encore une fois le regard ennuyé. Il passa à côté de moi et j'avais tellement peur de ce qui allait arriver que je fermai les yeux en attendant une insulte ou quelque chose. Mais rien. Il se contenta de ramasser sa faux de la remettre en place et de me dire en même temps.

- C'est une arme de guerre, pas un jouet.

- Je le sais, je n'ai pas fait exprès de la faire tomber.

- Pourquoi est ce que tu fouillais dans mes affaires ?

Son ton était moins léger que quand il eut pris la parole la toute première fois. Je ne voulais pas l'énerver alors je lui dis la simple vérité.

- J'étais curieuse et je m'ennuyais, rien de plus…

Il ne répondit pas et se changea devant moi, je détournai les yeux ne voulant pas le regarder faire ça. Une fois qu'il eut mis son pantalon pour la nuit, il m'aida à me relever.

- Va t'asseoir sur le lit.

- D'accord…

Je frissonnai, j'avais peur de ce qu'il allait me faire. Je ne voulais pas recommencer, je n'étais pas prête. C'était un supplice pour moi. Je serrai les cuisses en me rappelant de la douleur que j'avais ressenti lors de ma première fois. Je commençai à trembler de manière incontrôlée. Il ouvrit un tiroir dans son bureau et je me demandai ce qu'il pouvait bien y chercher. Il revient alors avec quelque chose dans les mains, mais je ne parvins pas à voir de quoi il s'agissait et j'étais sûre qu'il le faisait exprès. Il s'assit près de moi, et le lit s'enfonça légèrement.

- Montre-moi ton doigt.

J'étais réellement surprise, mais je n'osai pas dire non alors je lui tendis ma main droite et il la saisit dans sa main, il prit un bandage qu'il tenait dans sa main. C'était ça qu'il cachait alors. Et il me fit un petit pansement.

- C'est une petite coupure, ça ne devrait pas te faire mal longtemps.

- Vous êtes habitué à vous soigner vous-même en revenant d'une bataille ?

- Je n'ai pas souvent rencontré quelqu'un en mesure de me blesser, et les seules fois où ça a pu arriver, mes blessures ne ressemblaient en rien à celle que tu viens de te faire.

Bien sûr, j'oubliai un peu trop souvent que je m'adressai au seigneur de la guerre en personne.

- Allons nous coucher.

Il m'attira dans le lit, une fois allongé, il me prit dans ses bras et me bloqua pour que je ne puisse pas me défaire de son étreinte.

- Merci... de m'avoir soigné.

Il ne répondit pas, mais je savais au fond de moi que ça lui avait fait un petit quelque chose. Étrangement, ce soir, je ne me sentis pas en danger ou même effrayée, je savais qu'il ne me ferait rien le temps d'une nuit. Et au contraire, j'étais même heureuse de constater qu'il m'avait soigné malgré que ma blessure fût minime, la chaleur de son corps me procurant une sorte de protection.

Chapitre 10, on dirait bien que Madara n'est pas uniquement un tyran... :) Enfin... On verra !

Maelyss64: Oui lol, Madara ce ninja :') Ne t'en fais pas pour les reviews, je comprends qu'on ne sache pas toujours quoi dire, étant moi même lectrice je sais ce que c'est :) L'important pour moi c'est que mon histoire te plaise toujours à toi et aux autres car j'ai pris beaucoup de plaisir à l'imaginer et à l'écrire. En tout cas, merci quand même pour les encouragements et de continuer à lire. Gros bisous :*

Landos: Oui, pauvre Fuki ! Elle qui pensait être tranquille... j'espère que tu ne seras pas déçu de la suite :p Merci à toi pour cette review !