Chapitre XIII:
Quelques jours avaient passés depuis que j'avais tenté de m'enfuir, Naoko était toujours enfermée. Keiko m'avait dit que mon amie était dans un sale état, mais qu'elle tenait bon. Elle m'avait aussi dit que si Madara ne l'avait pas fait exécuté sur le champ c'était une bonne nouvelle. Je ne savais pas trop comment voir la chose. Il était bien trop dangereux pour pouvoir se réjouir maintenant.
Je m'ennuyai grandement car je n'avais plus accès au laboratoire. Ordre de Madara bien évidemment, alors je passais le plus clair de mon temps à parler avec des servantes, ou à lire. Mais il m'arrivait aussi de parler à mon bébé. Je voulais qu'il sache que même si j'avais essayé d'attenter à sa vie, ce n'était pas parce que je ne l'aimais pas, mais parce qu'ici, il n'aurait rien. Pas un père aimant, pas une vie de famille stable. Il serait condamné à vivre une vie de shinobis et je ne voulais pas qu'il vive ça. Malheureusement Madara en avait décidé autrement et je devais maintenant m'adapter à la situation, veiller à ce que mon bébé soit en sécurité. C'était tout ce qui importait.
Quand la matinée fut passée, je pris la décision d'aller voir Madara. Je voulais aller voir Naoko, je savais que c'était le seul qui pourrait m'y autoriser alors je voulais l'affronter, tout du moins essayer. Arrivée devant son bureau, je toquai, attendis qu'il me dise de rentrer et ensuite, je patientai à l'intérieur de son bureau le temps qu'il congédie les hommes qui y étaient présents.
- Que veux-tu ?
Son ton était toujours aussi froid, et je me demandai réellement qu'est-ce qui avait pu le faire devenir comme ça, car j'espérais du fond du cœur qu'il n'était pas né comme ainsi. Ça serait trop triste.
- J'aimerais avoir l'autorisation de rendre visite à Naoko.
- Non.
- S'il vous plaît, elle est seule depuis-
- Qu'elle s'estime heureuse de ne pas être six pieds sous terre à l'heure actuelle.
Je rejouai sa phrase dans mon esprit plusieurs fois. Naoko en était là à cause de moi. Je savais qu'il était inutile d'insister alors je me consolai en me disant que je réessayerai peut-être demain. En attendant, j'étais déterminé à sortir de cette maison.
- Dans ce cas…J-J'aimerai sortir d'ici pour une après-midi, je m'ennuie, je n'ai rien à faire.
- Oui, c'est à peu près ce qui arrive quand on tente de s'enfuir.
Je me sentais comme une petite fille vexée. Il n'avait rien de mieux à faire que de m'humilier ?
- Je pense surtout que ça ferait du bien au bébé aussi.
- Dit la femme qui a tenté de le tuer.
Il n'allait donc jamais me laisser tranquille… Comment osait-il me dire pareil chose ? Il savait très bien que je n'aurai jamais pris cette décision, si ce bébé avait été mon choix et s'il n'était pas son père. Après tout, on ne peut pas dire que cet enfant avait été conçu dans l'amour.
- Je sais que j'ai commis une erreur… Une énorme erreur, mais je suis là maintenant, et le bébé va bien, si vous voulez tant le garder pourquoi ne pas me laisser prendre l'air ça lui fera le plus grand bien à lui aussi.
Il fronçait les sourcils, il n'avait pas l'air très content que je lui tienne tête, il se leva, je reculai immédiatement contre le mur et je pris la parole avant qu'il n'eût le temps de faire ou de dire quoi que ce soit.
- Vous pourriez venir vous aussi. On pourrait rendre visite au clan. Ça leur ferait plaisir de voir leur chef autre part que dans son bureau ou en train de s'entraîner. Et… Vous pourriez me surveiller vous-même si c'est votre manque de confiance en moi qui vous pousse à me dire non et puis…
Je pris une grande inspiration.
- Si nous devons avoir cet enfant ensemble, je veux qu'il se sente bien avec nous deux. Un enfant a besoin de ses deux parents alors… Faire quelque chose ensemble pourrait lui être bénéfique. Même si ça ne changera rien à nos sentiments respectifs.
Il m'observa sans rien dire et esquissa un sourire, je crois, mais ça c'était passé si vite que je n'en été pas sûre.
- Bien. Nous sortirons dans une heure et nous irons rendre visite au clan.
- Merci je
- Ce n'est pas pour toi que je fais ça, mais pour le bébé.
- Vous tenez beaucoup à lui n'est-ce pas ?
- C'est mon enfant, j'ai besoin d'un héritier.
Je soupirai légèrement, je savais qu'il n'était pas du genre à en dire long, mais tout de même. Ça se voyait qu'il tenait à l'enfant, et que ce n'était pas seulement parce qu'il avait besoin d'un héritier.
Il me dit de partir, j'obéis rapidement et retournai à ma chambre attendant que Madara vienne me chercher. Une servante arriva dans ma chambre me ramenant ma nourriture quotidienne. Quand Madara m'avait ramené au village, il avait ordonné aux servantes de la maison de s'assurer que je mange bien trois fois par jour pour ne pas mettre la santé de l'enfant en péril maintenant que j'étais de retour. J'avais bien refusé une fois de manger, car je n'avais vraiment pas faim et les servantes étaient allées tout lui raconter. Au final, il était venu lui-même me nourrir et je n'avais pas vraiment apprécié cette expérience. Je fermai les yeux avec dégoût en y repensant. Il m'avait attrapé d'une main au niveau des joues me forçant à ouvrir la bouche. Il m'avait fait tellement mal qu'il avait laissé des marques vertes jaunes sur mes deux joues. Depuis là, je m'étais promis de toujours bien manger ce qu'on me donnait pour éviter de devoir encore vivre un pareil moment.
Je mangeai donc silencieusement mon repas et la porte s'ouvrit, Madara se tenait dans l'encadrement.
- Finis vite ton repas et nous sortons, j'ai encore beaucoup de chose à faire.
- Oui.
J'essayai de manger le plus vite possible, mais ça ne lui suffisait apparemment pas.
- Tu veux que je t'aide, c'est ça ?
- Non Madara-sama, j'ai presque fini, s'il vous plaît…
Il m'observa comme si j'étais la chose la plus pathétique à ses yeux et alla vite dans la salle de bain pour faire, je ne sais quoi. Je finis mon repas et posai le plateau sur le bureau de la chambre, car je savais qu'une des servantes viendrait le récupérer. Je me dirigeai vers la sortie de la maison, enfilai mes chaussures et en relevant la tête, je vis que Madara était arrivé sans que je l'entende et qu'il était fin prêt à partir lui aussi.
Nous marchions en silence, jusqu'à ce que nous atteignons les rues où le clan vivait. Beaucoup de femmes étaient dehors, des enfants dans les bras ou qui courraient à côté d'elles. Elles s'inclinèrent avec respect en nous voyant. Madara ne daignait même pas leur lancer un regard. Mais j'avais bien remarqué que les femmes étaient vraiment heureuses de le voir dehors. Je baissai mon regard pour m'assurer qu'on ne remarque pas trop mon ventre. Ça ne se remarquait pas encore, mais c'était surtout que j'avais peur de ce qui allait se passer quand tout le monde apprendrait la grande nouvelle. Je n'aurai jamais dû tomber enceinte et je n'aurai jamais dû donner un héritier à un autre clan que le mien… Je me sentais frustrée mais Madara tourna la tête vers moi pour me regarder alors je fis comme si de rien ne souhaitant pas engager la conversation avec lui.
Nous nous dirigions ensuite vers le camp d'entraînement. Les shinobis étaient en train de s'entraîner, et d'autres plus âgés s'occupaient d'entraîner les enfants au maniement des armes. J'imaginai Madara emmener notre enfant à cet endroit dans quelques années et ça me donna froid dans le dos. Je ne voulais pas que ça arrive.
Izuna qui s'entraînait avec quelqu'un, vit son frère au loin et se dirigea vers lui sans même prévenir son adversaire.
- Attends-moi là une seconde.
- D'accord.
Il partit à la rencontre de son frère et ils discutèrent pendant quelques minutes, me laissant seule. Ils faisaient presque la même taille. Ils étaient tous les deux très impressionnant et je me demandai si c'était quelque chose qu'ils avaient hérité de leur père ou de leur mère. Madara leva son bras droit et me pointa alors avec son pouce sans même me regarder, Izuna me lança un regard mais, comme son frère, je n'aurai pas su dire ce qu'il pensait à ce moment-là. Une chose était certaine ils parlaient de moi, et j'avais peur d'être paranoïaque mais j'étais quasiment sûre que ça avait un rapport avec ma grossesse, sinon pourquoi lui parlerait-il de moi ? Je n'étais certainement pas assez intéressante à ses yeux pour qu'il parle de moi avec lui. Madara revint enfin vers moi quand il eut terminé sa conversation avec Izuna, ce dernier se dirigeant à nouveau vers son adversaire.
- Suis-moi.
Je suivis Madara, je ne savais pas où il m'emmenait, je n'étais jamais dans ce coin du clan, mais les paysages étaient à couper le souffle.
L'air frais me fit le plus grand bien, et le soleil était éclatant. Je me sentais bien en cet instant, j'avais l'impression d'être libre à un détail prêt ; Madara. Il ne disait pas un mot, il marchait simplement. Je voulais briser le silence, mais j'avais peur qu'il n'apprécie guère. Je me sentais toujours perdu près de lui, je le détestai peut-être, mais il était le père de mon enfant alors ça ne devrait pas être compliqué à ce point d'avoir une conversation.
- Merci de m'avoir accompagné dehors… Même si vous ne l'avez pas fait pour moi.
Il me regarda du coin de l'œil, mais ne répondit pas. D'accord… ça allait être sympathique je le sentais… Je regardai mes pieds pendant qu'on marchait pour essayer de me maintenir occuper. Mais je ne résistai pas bien longtemps à essayer de lui parler.
- Pourquoi vous ne parlez pas ?
- Si tu l'ouvres encore une fois Fuki, je te promets que je vais te prendre contre cet arbre.
Je fermai la bouche directement, indignée. Qu'est-ce qui lui prenait ? J'étais déterminée à ne plus lui adresser un mot, je n'avais aucune envie de le sentir en moi à nouveau. Puis tout de même, j'étais enceinte, qu'est ce qui ne tournait pas rond chez lui ?
Nous marchions donc pendant plusieurs minutes sans échanger un mot, une parole, jusqu'à ce qu'il brise le silence lui-même.
- Viens.
Je n'osai pas lui répondre à cause de sa menace d'il y a quelques instants, mais je le suivis sans broncher. Il me conduisit près d'un lac et la vue était vraiment époustouflante. Je me risquai à lui dire quand même ne pouvant garder cela pour moi.
- C'est vraiment magnifique Madara-sama.
- Je sais.
Je souris légèrement, il n'était pas bavard et restait l'homme qu'il était, un shinobi sans cœur prêt à tuer ou faire du mal à n'importe quel moment, cependant son enfant comptait beaucoup pour lui, même s'il ne l'avouerait peut-être jamais, et je me demandai si en m'emmenant ici, il ne voulait pas essayer de faire un effort avec moi.
Je me sentais en paix avec moi-même à cet endroit, je me sentais bien et je ne voulais penser à rien d'autre. J'étais désormais assise les jambes repliées sur ma gauche en train de regarder ce sublime lac. Je lançai des coup d'œil à Madara pour voir ce qu'il faisait, essayant d'être discrète. Il se tenait à mes côtés, debout prenant appuie contre un arbre, les bras croisés sur son torse, tout en regardant la vue et s'il avait remarqué que je l'observai, il ne m'en fit rien savoir.
- Je sais que ça ne compte probablement pas à vos yeux, mais je n'ai jamais voulu tuer notre enfant pour le plaisir. J'étais très perturbée. Ce n'est pas la vie dont j'avais rêvé.
- Ça ne change rien à ce que tu as fait.
- Je sais bien… Mais vous savez aussi que je ne voulais rien avoir à faire avec vous. Je vous avez demandé de me tuer quand vous m'aviez fait part de votre projet de mariage, j'étais sérieuse…
- C'est moi qui décide qui meurt et qui vit Fuki. Certainement pas quelqu'un qui me donne un ordre. Pas même ma femme.
- Ça, je l'avais remarqué…
Je rigolai légèrement. Ça avait été naturelle, mais quand je m'en étais rendu compte, j'avais mis ma main sur ma bouche pour m'arrêter. Madara avait tourné les yeux dans ma direction et m'observait avec ses beaux yeux onyx, comme si lui aussi, cette petite conversation l'avait rendu un peu plus léger un court instant.
- Vous avez discuté avec Izuna-sama avant sur le terrain d'entraînement.
- Et donc ?
- Est-il au courant ? Que je suis… ?
- Oui.
- Vous lui confiez beaucoup de choses, pas vrai ?
- C'est mon frère.
- Oui, ça je le sais bien.
- Je dois y aller, j'ai encore beaucoup de choses à faire. Izuna va te rejoindre, il est déjà en chemin, comme ça, tu pourras rester encore une heure ou deux.
- Oh d'accord… Donc, on se voit ce soir ?
- Oui. Ce soir.
Madara me regarda avec arrogance, et me tourna le dos en partant en un éclair. Il m'impressionnait toujours autant quand il faisait ses trucs de ninja.
J'espérai pouvoir profiter d'un petit moment, seule, pour analyser tout ça. Comment pouvait-il être si horrible parfois, et d'autre fois beaucoup plus humain ? J'étais perdue avec lui, je ne savais jamais sur quel pied danser. Et pendant ce temps ma pauvre Naoko était seule et probablement mal en point… Mes poings se serrèrent sur mon kimono. Si j'avais été un homme, ça ferait longtemps que j'aurai dit à Madara ce que je pensai de ses méthodes de barbares.
Izuna arriva à peine quelques secondes après que Madara fut parti et coupait court à mes pensées.
- Bonjour, Izuna-sama.
- Bonjour, Fuki.
- Je suis désolée que vous soyez là à jouer la nourrice.
- Ce n'est rien. Mon frère à des obligations et je le comprends parfaitement.
J'étais mal à l'aise avec lui, encore plus qu'avec Madara alors je me dépêchai de trouver quelque chose à dire pour combler le vide.
- Vous êtes très proche tous les deux.
- On était tous très proche les uns des autres.
- Tous ?
- Madara ne t'a rien dit ?
Je le regardai avec hébétement. Je ne comprenais plus rien. Je lui fis non de la tête.
- Nous étions cinq. Cinq frères. Trois sont mort quand nous étions encore enfants, lors d'une guerre.
Mes poils se hérissèrent. Pauvres Madara et Izuna, je compatissais. C'était horrible de perdre ses frère et sœurs de cette manière, surtout qu'ils étaient encore enfants quand c'est arrivé… Plusieurs souvenirs revinrent me frapper de plein fouet mais je réussis à les ignorer assez bien, exercice que j'avais assez pratiqué pendant quelques années maintenant.
- Il ne m'en avait jamais parlé. Pas même évoqué. Je suis désolée d'entendre ça…
Il me fit un grand sourire avant de me dire :
- C'était il y a très longtemps maintenant. On doit avancer. Mais je suis quand même étonné qu'il ne t'ait rien dit, puisqu'on se trouve à l'endroit exacte où on se battait tous les cinq quand nous étions plus jeunes.
- Vraiment ? Il n'a jamais rien mentionné de tel.
Je pris le temps de remettre un peu tout ça dans mon esprit. Bien sûr, je n'aimai pas Madara, mais cette histoire me touchait beaucoup. Je l'imaginai bien enfant, perdant trois de ses frères. C'était horrible, traumatisant même. Je comprenais ce qu'il ressentait et d'une certaine manière, il me faisait de la peine, je le comprenais un peu mieux pour une fois, grâce à Izuna.
- Puis-je vous poser une question, Izuna-sama ?
- Hm ?
- Est ce que c'est pour ça qu'il est devenu si… et bien…
- Horrible ?
Je lui lançai un regard paniqué en regardant à droite et à gauche, comme si Madara allé surgir d'un coup et me tuer sur place alors que c'était lui qui avait dit ça. Je n'aurai jamais osé dire une telle chose…
- Ne t'en fais pas Fuki, il ne me fera rien, et dans tous les cas, je sais me défendre. Enfin, je ne sais pas si c'est à cause de ça qu'il est devenu ce qu'il est aujourd'hui, mais ça n'a pas dû aider, en effet.
- Je vois…
- Mais Fuki… Madara n'est pas quelqu'un de mauvais en soit. Son plus grand rêve par exemple, c'est d'instaurer la paix.
- La paix ?! En menant une guerre à chaque fois qu'il en à l'occasion ?!
J'avais craché ces paroles comme du venin alors que ce n'était pas mon intention première.
- La paix ce n'est pas aussi simple à avoir, tu sais. Des sacrifices sont obligatoires pour l'obtenir.
Lui-même s'était renfermé et il redevenait le frère de l'homme qui m'avait torturé auparavant. Nous ne parlions plus et je me contentai de garder mon regard sur le splendide lac devant moi. J'essayai de retrouver la paix intérieure que j'avais pu ressentir avant qu'il n'arrive, mais ça me semblait impossible.
D'un coup, une douleur lancinante me traversa le ventre et ne me quittait plus. Ma respiration devint chaotique, ma main se posa sur mon ventre et j'avais l'impression de plus rien contrôler.
- Izuna-sama, ramenez-moi, s'il vous plaît, je dois rentrer tout de suite.
Son regard changea du tout au tout. Il ne comprenait pas et je le remarquai bien. Mais il avait entendu que ma voix avait changé et que je soufrai vraiment. Il ne posa pas de question, m'aida à me relever et nous nous dirigions vers la maison. Mon ventre me faisait atrocement mal, et je me pinçai les lèvres. Mais qu'est-ce qu'il m'arrivait à la fin. Les derniers mètres étaient les pires, la douleur que je ressentis ne me semblait même pas humaine.
Arrivé à l'intérieur de la maison, je retirai mes chaussures juste à l'entrée, et je me dirigeai directement vers la chambre à coucher. Izuna me suivait jusqu'à ce que j'atteigne la porte de ma chambre et à ce moment précis la douleur fut fulgurante et je manquai de tomber à genoux, seul un petit « Ahh » sorti d'entre mes lèvres ne voulant pas crier. Izuna attrapa mon bras gauche pour le passer sur ses deux épaules et m'aider à avancer jusqu'à la chaise pour que je m'y assoie, puis il s'accroupit en face de moi me regardant bien droit dans les yeux.
- Fuki, est-ce que ça va ? Tu as mal au ventre ?
Je peinai à respirer, la douleur ne me quittant pas une seconde, j'étais incapable de lui répondre et pourtant, cette fois, j'aurai aimé le faire et lui dire que non, ça n'allait pas du tout. Je sentis quelque chose de chaud entre mes jambes. Je me penchai en avant du mieux que je pus pour voir de quoi il s'agissait, pendant qu'Izuna se redressa et s'écarta.
Du sang. J'avais du sang qui me dégoulinait en un long filet épais sur la cuisse. Mes larmes commençaient à couler sans que je le remarque réellement bien trop préoccupé par cette terrible apparition.
Le premier qui réagit vraiment fut Izuna.
- Je vais aller prévenir Madara.
- Non, Izuna-sama, je vous en supplie, non pas ça.
J'avais agrippé sa main comme si c'était le seul moyen de le retenir. Il resta devant moi sans bouger, lui-même confronté à une situation à laquelle il n'était pas habitué. Il paniquait, j'en étais consciente. Je venais de perdre le bébé. Mon cœur se brisait en mille morceaux et il semblait que ces mille morceaux m'écorcher chaque petite parcelle de mon âme. Ce petit être qui était en moi et avait commencé à grandir, ce mini moi en quelque sorte venait de mourir tragiquement. Je ne savais même pas pourquoi. Mes sanglots devinrent de plus en plus bruyant et je dus lâcher sa main pour mettre la mienne devant ma bouche pour éviter de faire trop de bruit. Ma douleur n'était pas seulement physique mais aussi bel et bien psychologique.
- Demandez-lui de venir me voir quand il aura fini avec sa journée, je lui expliquerai à ce moment-là.
- Je ne sais pas si c'est une si bonne idée d'attendre autant pour le lui dire.
- Izuna-sama, s'il vous plaît… Pour une fois, juste pour une fois, pouvez-vous, je vous en prie, respectez ma volonté.
Étrangement, je ne pensai pas qu'il accepterait, mais il le fit en posant pour seule condition de rester avec moi jusqu'à ce que la servante annonce que Madara le cherchait et à ce moment, il irait lui dire de venir me voir. J'acceptai, je n'avais de toute façon pas trop le choix.
Tout se passa très vite, j'allai dans la salle de bain, nettoyer tout ce sang. Je pleurai, et mon cœur, s'il en restait quelque chose, ne semblait être plus que chagrin et douleur. Quand je revins dans la chambre, Madara était là, il attendait mon retour. Izuna avait dû lui dire que quelque chose c'était passé, et il devait certainement voir à mes yeux rouges que quelque chose de très grave, c'était produit.
- Izuna m'a dit que tu avais quelque chose à me dire.
- J'ai perdu le bébé, j'ai
Je pris le temps de souffler quelques secondes avant de reprendre.
- J'ai fait une fausse-couche.
Aucun son ne sortit de sa bouche, aucune expression ne trahissait ses pensées et pourtant, j'aurais bien voulu en voir à cet instant. Même si c'était de la colère, ça m'aurait détourné de ma peine pour un moment au moins, j'attendis des cris, des reproches, des insultes, des coups même. Je ne sais pas en réalité ce que j'attendais, mais une réaction au moins. Mais il n'en eut aucune. Il m'observa de la tête aux pieds avant de dire :
- Je t'envoie le médecin tout de suite.
Il venait de sortir de la chambre, en me laissant là, seule debout au milieu de la pièce, mon cœur se serrait encore plus qu'avant si c'était possible, j'avais l'impression qu'il allait exploser ou je ne sais pas trop. Je m'installai sur le rebord du lit avant de me laisser tomber en arrière. Mon corps comme une poupée de chiffon rebondit légèrement. Mes larmes continuaient de couler. Je n'aurai jamais imaginé que mon corps pouvait en contenir autant.
J'aurais aimé que Madara reste à mes côtés. Non pas parce que je l'aimai, mais parce que j'étais tiraillé par une tristesse qu'il devait normalement, lui aussi ressentir. J'aurais aimé qu'il ait une réaction, même si ce n'était pas de l'amour, pas de sentiment compatissant, même de la colère m'aurait suffi, mais il n'eut rien de tout ça. Il s'est contenté de me dire qu'il m'enverrait le médecin et de partir.
Le docteur arriva peut de temps après, m'ausculta, et me dit que ma vie n'était pas en danger, que j'aurai en revanche encore peut être quelques petits saignements, mais rien de grave et que je pourrai à nouveau procréer dès que Madara et moi, nous remettrions à la tâche. Cette dernière phrase m'avait révolté, comment osait-il me dire pareille chose alors que je venais de perdre mon bébé. Je le congédiai, ne voulant voir personne.
J'étais seule, allongée dans mon lit tel une poupée de chiffon, quand Keiko arriva tout essoufflée, un brin paniquée :
- Fuki-sama, j'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer.
Je tournai la tête vers elle pour la regarder, elle avait les yeux rouges et les cheveux en batailles. Elle prit une grande inspiration avant de me dire :
- Naoko a mis fin à a ses jours…
Sa voix s'était étranglée quand elle avait tenté de retenir son sanglot. Ma gorge se noua mais je tentai tant bien que mal de parler.
- Quoi ?! Mais pourquoi aurait-elle fait ça ?!
Je m'étais redressée légèrement sur mes coudes pour mieux la voir.
- Je n'en ai aucune idée…
J'éclatai à nouveau en sanglots. Je détestai cette journée, cette vie tout entière et tous les Uchihas. Keiko grimpa sur le lit et me prit dans ses bras comme Naoko l'avait fait avant elle, quand je doutai de moi, il a de cela quelques mois.
- Shhh Fuki-sama. Je suis là. Je ne vous abandonnerai pas. Je vous le promets.
Ses larmes étaient bien présentes aussi. Mais au moins à l'inverse de Madara, elle était restée avec moi.
Je pleurai comme une hystérique, Keiko me serra un peu plus fort dans ses bras. Je voulais mon bébé, je voulais Naoko…
Chapitre 13, j'en fais vivre des vertes et des pas mûres à ma Fuki... j'espère que vous ne me détestez pas :') Mais bon, c'est pour le bien de ma fiction. J'espère que ça vous plaira quand même! :)
Malyss64: Bon déjà je tiens à m'excuser platement, je viens juste de remarquer que j'ai rajouté une lettre à ton nom d'utilisateur à chaque fois que je te répondais, j'étais convaincu que ton nom c'était Maelyss64 :') Je suis vraiment désolée ! Sinon je suis d'accord, ça fait un peu Madara le démon... mais bon :) Je pense que si j'étais à sa place, j'aurai essayé de fuir moi aussi lol. Merci encore pour ta review, et j'espère que ce chapitre te plaira :)
Noctambuleuse: On fait pas de promesse si on ne pense pas les tenir :p Du coup tu as la réponses à tes questions dans ce chapitre, en espérant que tu ne sois pas déçue. Heureusement, cette histoire à encore plusieurs chapitres devant elle... Ce serait trop triste de s'arrêter quelques chapitres après ça ! Et merci pour ta review, comme à chaque fois :)
