Chapitre XIV:

Une semaine avait passé depuis que j'avais perdu mon bébé et mon amie. Naoko avait été enterrée, mais je n'avais pas eu le courage de me rendre sur sa tombe. J'étais déprimée, je ne mangeai que très peu, j'avais perdu du poids, je ne dormais quasiment plus la nuit. C'était un cauchemar perpétuel. J'avais aussi refusé de sortir de la chambre voulant rester seule un maximum. Les seules personnes que j'ai pu voir étaient Keiko, qui se chargeait de m'apporter mon repas et de vérifier que j'allai « bien », tout du moins vu la situation, et Madara.

Enfin, Madara ne comptait pas vraiment excepter se mettre au lit et m'attirer dans ses bras pour dormir, on ne peut pas dire qu'il était là pour moi, lui. Une fois il avait même voulu recommencer, il m'avait embrassé dans le cou et je ne sais pas ce qui m'avait pris, mais je m'étais débattu comme un forcenée, criant, le poussant, j'avais fait tout ce qui était possible et inimaginable. Étrangement, il m'avait laissé tranquille et n'avait pas demander son « dû » comme il aimait bien l'appeler.

Les journées se ressemblaient toutes, elles étaient plus ternes les unes que les autres et me provoquaient même de petites angoisses sans que je comprenne vraiment d'où elles venaient.

La porte s'ouvrit brusquement sans que je ne m'y attende vraiment. Mais moi qui étais si craintive avec les dernières années, n'avais même pas sursauté, comme si l'agneau s'était résigné à mourir.

Madara se tenait dans l'encadrement de la porte une main sur la taille. Ce geste, qui aurait pu efféminer certains hommes, le rendait encore plus viril et encore plus beau. S'il n'avait pas été ce qu'il était, j'aurai pu moi aussi le trouver attirant. Sans doute. Sauf qu'il était en parti responsable de la mort de mon amie, et rien ne pouvait changer ça.

- Lève-toi, va mettre un pantalon et un haut qui sont dans mon armoire.

- Pourquoi ?

- Parce que je te le dis et c'est tout.

Le ton qu'il employait pour me parler me frustrait vraiment. Jamais il ne serait gentil alors ? Je me levai de la chaise qui était positionnée juste devant le bureau, je pris un de ses pantalons et chemise et je passai devant lui avec un air blasé, en le frôlant avant d'aller dans la salle de bain pour me changer.

Son pantalon était bien trop grand pour moi et sa chemise de même, j'appelai donc une servante pour me mettre des épingles ou que ça tienne ou quelque chose, car je ne pourrai tout simplement sortir comme ça. J'aurai l'air ridicule. Après tout : qu'est-ce que j'en avais à faire ? Rien. Mais je savais que Madara ne l'entendrait pas de cette oreille.

Une fois tout habillée, je le rejoignis, il me dévisagea de haut en bas, sûrement réalisant à quel point j'avais l'air stupide dans cette tenue. Mais il ne dit rien et m'emmena dans un genre d'arène. Il nous emmena au milieu de celle-ci, et me dit d'un ton très calme.

- Je veux que tu donnes tout ce que tu as.

- Vous voulez que je me batte contre vous ?

- Oui. Attaque-moi.

- Je n'ai pas envie, et puis je ne sais pas me battre.

- Tu ne sais pas faire grand chose en fait.

Il venait de me piquer au vif, mais j'essayai de chasser toutes les insultes qui se trouvaient dans mon esprit.

- Attaque-moi Fuki, je ne me répéterai pas.

- Je ne veux pas, j'ai eu assez de violence dans ma vie depuis que je vous connais.

- Tu inclus le fait de vouloir tuer ton enfant ?

Trop s'était trop. Mon cœur était déjà assez brisé pour ne pas me lancer mes erreurs d'avant dans la figure. Je m'approchai de lui pour le gifler, déterminée à lui montrer que ce qu'il faisait été mal. Au lieu de ça, il attrapa mon poignet droit et il me poussa à terre de sa main gauche. J'aurai pu rire s'il ne m'avait pas autant blessée dans mon égo, j'étais ridicule, même pas capable de lui mettre une gifle, il était bien plus fort que moi et ma petite tentative aurait pu se résumer à une enfant de trois ans qui voulait essayer de nouvelle chose avec son père, avant que ce dernier ne lui montre qu'il n'était pas son ami.

- Ce n'est peut-être pas plus mal que tu es perdue le bébé. Tu n'arrives déjà pas à te protéger toi alors comment aurais tu pus protéger un enfant chétif.

Chaque nouvelle phrase qu'il prononçait était comme un coup-de-poing dans l'estomac. Comment osait-il me dire une telle chose ? Prise d'un élan de colère, je me rappelle seulement m'être levée sur mes deux jambes m'élancer vers lui avec toute la rage que j'avais accumulé depuis le mariage, et je le frappai de toutes mes forces. Mes larmes coulaient toutes seules et je mis à frapper son torse autant que je le pouvais. Il ne réagissait quasiment pas, c'était tellement frustrant. Environ cinq minutes après, il se décida à me rendre « les coups » en me giflant assez fort pour que je morde ma lèvre en même temps que je me mette à saigner abondamment. Je touchai avec ma main le sang sur la commissure de mes lèvres. Je recommençai à le frapper au torse, comme une folle à liée, j'avais besoin de me défouler et je refusai qu'il me gifle encore, je n'étais pas une poupée et encore moins sa poupée.

- Tu es horrible ! La pire personne que je connaisse ! Tu n'as pas de cœur, tu m'as torturé, après tout ce que tu m'as fait ! J'ai même frôlé la mort, mon amie s'est tuée à cause de vous tous et maintenant, j'ai perdu mon enfant ! Tout ça à cause de toi Madara ! Si tu n'avais pas été un shinobi je… Mon bébé, mon bébé…

Ma voix se brisa en un sanglot bruyant et pas digne d'une femme de chef de clan, mais cela m'importait peu. Je voulais mon bébé, je pleurai la mort de ce petit être qui avait grandit en moi pendant quelque temps. Ce même petit bébé que j'aurai pu tuer pour lui éviter une vie de souffrance et aussi par égoïsme, et qui, quand j'ai été forcé de le garder était devenu la plus belle chose qui me soit arrivée au monde. Oui. Je m'en serai occupée, je l'aurai protégée de Madara et de ce monde de shinobi infâme. Je l'aurai aimé. Mais la vie en avait décidé autrement et me l'avait arraché, brutalement, douloureusement. Et la vie m'avait aussi puni en me prenant mon amie.

Je me retrouvai la tête contre son torse, brisée, lessivée. Je voulais que ma douleur cesse, peu importe le prix à payer.

- Tu m'as tutoyé.

Je ne m'en étais même pas aperçu… Maintenant que la pression redescendait petit à petit, je me rendis compte que si mon état de folie m'avait fait dire des choses atroces et que je n'aurai jamais pu dire en état normal, et bien Madara lui était et avait toujours été le même. Il n'hésiterait pas à me faire du mal à moi et aux autres si je ne m'excusai pas rapidement et prenais l'entière responsabilité de mes actes.

- Je m'excuse Madara-sama, je n'aurai jamais dû faire-

- Cet enfant repose en paix à présent Fuki. Et puis tu peux être fière de Naoko, elle t'a été fidèle jusqu'au bout. Sa loyauté est tout ce qui compte. Elle savait à quoi elle s'engageait quand elle a voulu t'aider, alors tu ne devrais pas la pleurer ainsi.

La voix de Madara était un peu plus douce que d'habitude, mais je ne pris pas le temps de m'arrêter sur ce détail trop longtemps. Je me remis à pleurer de plus en plus fort, il avait raison pourtant, mais ça faisait si mal de l'entendre dire tout ça.

- Ça suffit. Arrête de pleurer comme une enfant.

Son ton était redevenu le même que celui que j'avais toujours connu jusqu'ici, froid, distant, méchant. Je me forçai à me calmer, même si c'était comme une tempête en moi. Je pleurai intérieurement ne voulant pas le froisser plus que ça.

- Naoko… Je ne peux pas croire qu'elle se soit suicidé, elle n'aurait jamais fait ça, j'en suis sûre…

- Pourtant, les faits sont là, Fuki. Accepte-le. Tu guériras un jour.

Il nous raccompagna à la maison et il me laissa passer dans la salle de bain la première. J'étais sale, les habits étaient abîmés, pleins de poussières, mes cheveux étaient à la limite du répugnant tant ils étaient en bataille, mes lèvres étaient esquintées et ma lèvre supérieure particulièrement enflée à cause de la morsure. Mes yeux étaient d'un rouge vif tellement j'avais pleuré. J'étais vraiment horrible en cet instant, mais je m'en fichai. J'allai dans la baignoire et me savonnai doucement après avoir retiré tous mes vêtements. Madara commença à s'impatienter derrière la porte, j'étais longue et perdu dans mes pensées. J'avais perdu deux être important pour ma vie future, mon amie, et mon bébé.

Je donnerai tout pour avoir un petit bébé, j'avais l'impression de devenir folle. J'étais réellement prête à tout. Même à ça. Je soufflai un grand coup et j'attendis que l'impatience de Madara prenne le dessus et qu'il finisse par craquer et rentrer dans la salle de bain ce qui arriva bien vite. Je tournai alors juste la tête pour l'apercevoir un peu et fis comme si de rien. Il se dévêtit et rentra dans le bain, il se plaça derrière moi, m'embrassa l'épaule gauche et décala mes cheveux afin d'avoir une vue sur mon point bleu. Mon corps s'échauffa tout seul rien qu'à la caresse de sa bouche. Ça me répugnait un peu parce que je n'étais pas amoureuse de lui, mais je voulais un enfant, et je savais aussi que j'avais besoin de ça pour en avoir un, alors je réprimai toute envie de pleurer et je me motivai, prête à passer à l'acte. Avant que je n'eus le temps de me faire quoi que ce soit, il me dit quelque chose qui me surprit au plus haut au point.

- Tu as de très beaux yeux.

Je me retournai pour lui faire face. Son compliment était sincère et ça m'aidait à me conforter que je faisais le bon choix. Alors j'avançai mes lèvres vers les siennes et je l'embrassai langoureusement, il fut réellement surpris, mais ne m'arrêta pas.

Il passa ses bras autour de ma taille et me pressa contre lui. Je sentis tous ses muscles se raidirent. Son membre était fièrement tendu contre mon bas-ventre. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il fut en moi et je dois avouer que j'appréciai ce qui était en train de se dérouler. Je pouvais enfin ressentir autre chose que de la tristesse et de la colère. Même si c'était pour quelques minutes.

Au bout de quelque mouvement, mon corps entier se contracta et j'eus la sensation de ne plus contrôler mon corps. Et sans que je ne m'en rende vraiment compte Madara avait fini lui aussi.

- Qu'est-ce que c'était que ça ?

J'étais à bout de souffle, épuisée, et j'étais confuse et ne compris rien à ce qui venait de se passer. Madara me lança un regard que je ne lui connaissais pas avant de sourire fièrement.

- Un orgasme, très chère.

Je rougis dans l'instant, j'avais déjà entendu parler de ça, mais je ne savais pas que c'était aussi puissant et toutes les sensations que ça procurait. Nous continuons de nous laver après ça, et j'eus tellement de mal à soulever mon propre corps, tant cette journée m'avait exténuée, que Madara me souleva pour m'emmener au lit. Je m'attendis à ce qu'il reste avec moi, mais il me dit qu'il avait de petites choses à régler et il me laissa seule dans la chambre. Étrangement, je me surpris à penser que ça ne m'aurait pas dérangé s'il était resté avec moi pour une fois. J'essayai de lutter, et de penser à ce que cette journée avait bien pu m'apporter et au final, je finis par m'endormir le cœur beaucoup plus léger que les jours précédant. Madara m'avait bien aidé finalement. Je commençai peut-être à faire mon deuil.

Le lendemain matin, je me sentais toujours aussi légère que la veille. Madara avait trouvé la bonne méthode pour me faire décompressé. Il n'était déjà plus présent dans notre lit, mais je voulais le revoir. Lui demander de m'aider à me défouler encore.

Je le cherchai dans toute la maison, mais ne le trouvais pas. Je commençai à me sentir triste à nouveau, j'aurais tellement aimé pouvoir me lâcher encore un peu pour faire face à toute cette tristesse.

- Tu cherches quelqu'un ?

- Izuna-sama, pardon, je ne vous avais pas vu. Oui, je suis à la recherche de votre frère.

J'étais un peu gênée, avec ce qui c'était passé pour la dernière fois. Après tout, il savait que j'étais enceinte et que j'avais perdu le bébé.

- Il est au lac, celui de l'autre fois.

- Ah…

Je me rappelai que je n'avais pas vraiment le droit de sortir seule. Tant pis, je devrais rester là jusqu'à ce qu'il rentre.

- Tu peux y aller, il ne t'arrivera rien.

Un petit sourire se fraya un chemin sur mon visage.

- Merci, Izuna-sama.

J'allai me mettre en route quand il me dit :

- J'espère que tu vas mieux.

Lui aussi était sincère, bizarrement, j'avais la nette l'impression que je n'étais pas la seule à avoir été touchée en perdant l'enfant.

- Merci, je vais bien.

Ce n'était pas tout à fait exact, mais j'irai mieux bientôt. Il le fallait. Je me mis à partir dans la direction du lac, espérant arriver à temps et que Madara ne soit pas déjà parti.

Finalement, il était toujours là, il s'entraînait.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Je viens à peine d'arriver, comment avez-vous su que j'étais là ?

- Tu fais plus de bruit qu'un éléphant.

J'ignorai sa réplique et continuai sur ma lancée :

- J'aimerais que vous m'appreniez à me battre.

- A te battre ?

- Oui.

- C'est hors de question.

- Pourquoi ? C'est vous qui êtes venu me chercher hier, pour que…que je me défoule, je suppose.

- Tu n'allais vraiment pas bien, j'ai besoin que tu sois dans le meilleur état d'esprit possible pour me donner un héritier.

- Oh, je vous en prie, on sait tous les deux que c'est faux.

Il me lança un regard noir, serra les mâchoires et les poings, mais ne démentit pas ce que je venais de dire.

- Vous vouliez que j'aille mieux, simplement parce que vous n'êtes pas cruel. Tout du moins pas autant que vous essayez de l'être.

- Tu veux parier ?

- Personne ici ne vous entend, ni ne vous voit, vous savez.

Il secoua la tête et s'assit en face du lac. L'endroit où il allait avec ses frères avant. Je ne voulais pas évoquer le fait qu'Izuna m'avait raconté des détails de sa vie privée alors je ne fis comme si de rien, mais au fond de moi, j'étais un peu triste pour lui. Moi aussi, j'avais perdu des personnes qui m'étaient cher.

- Donc… Vous savez faire des techniques ninjas, je suppose ! J'aimerais beaucoup en voir une.

- Pourquoi cela.

- C'est impressionnant, et je ne vous ai jamais vu faire. S'il vous plaît.

- Ce n'est pas un jeu.

- Je le sais bien.

Il me regarda du coin de l'œil, se mit debout. Et je pus encore une fois admirer sa grandeur, c'est vrai qu'à côté de lui, je devais avoir l'air d'une enfant.

Il fit des signes avec sa main, mais ce fut trop rapide pour que je puisse voir quoi que ce soit, il plaça ses doigts près de sa bouche, souffla, et une énorme boule de feu apparut, allant raser l'eau du lac, d'habitude si bleu, calme, et rassurante.

Je ne pouvais pas détacher mes yeux de ce feu ardent. J'avais du mal à avaler ma salive alors que les flammes dansaient devant mes pupilles.

Quand la boule de feu disparu, j'étais incapable de parler. Le nombre de personne que ça pouvait tuer, en une seule fois. Un frisson me parcourut l'échine. Je sentis que Madara me regardait alors je tournai la tête vers lui pour le regarder, droit dans les yeux.

- Alors ? Impressionnée ?

- Je ne pensais pas que… Que vous maîtrisiez ce genre de technique. Je ne m'imaginais pas.

- Je me trompe, ou tu as eu peur ?

- Et bien, c'est… Un peu terrifiant quand même.

- Tant mieux, c'est le but.

Je le regardai à la volée, un peu paniquée, mais me repris bien vite et tournai la tête vers le lac une fois de plus, bien sûr que c'était le but, il était un shinobi, pas un homme ordinaire.

- Lève-toi.

Je me levai sans protester, qu'est ce qu'il me voulait cette fois ?

- Tu veux t'entraîner alors ?

- J'ai surtout envie d'effacer toute cette tristesse et cette colère.

- Suis-moi.

Il m'entraîna, vers un terrain d'entraînement, alla chercher quelque chose qui était rangé dans une caisse.

- Qu'est-ce que c'est que ça ?

- Attrape.

Il me lança une épée dans les mains, que je rattrapai de justesse. Je commençai à être anxieuse, j'avais une arme entre les mains, quelque chose qui pouvait tuer. Il fallait que je sois prudente avec mes gestes.

- C'est dangereux, non ?

- Pas si tu sais t'en servir.

- Je pourrais vous blesser.

- Impossible, la seule personne que tu pourrais blesser ici, c'est toi-même.

Bon, c'est vrai qu'il n'avait pas tord mais qu'est ce qu'il pouvait m'énerver avec son attitude suffisante.

- Pourquoi cette épée est si petite ?

- C'est celle qu'on donne au enfant quand ils apprennent à se battre.

- Oh…

- Tiens, le manche comme ça.

Il me montra comment tenir l'épée correctement, je me sentis vraiment gauche.

- Et quand tu frappes, fait le toujours d'un coup sec, ne soit pas hésitante.

Je déglutis et hochai la tête.

- D'accord.

Je m'entraînai avec cette épée pendant au moins deux heures et j'avais déjà fait quelques progrès, je n'étais pas très à l'aise au début avec cette arme à la main. Mais j'avais réussi à surmonter ma peur et maintenant, je me débrouillai plutôt bien pour une débutante.

- Rentrons, tu es épuisée.

- Non, je vais bien.

- Fuki, j'ai dit on rentre.

Je vis qu'il n'accepterait pas que je proteste une fois encore alors je me tus et je le suivis jusqu'à notre maison.

Une fois arrivé, il demanda à Keiko de nous préparer à manger et de nous l'apporter dans notre chambre. Keiko parut étonnée de nous voir tous les deux ensembles, mais elle nous fit un gros sourire à tous les deux et se chargea de préparer à manger.

Madara et moi allions dans notre chambre, mais j'avais tellement transpiré aujourd'hui que je mourrai d'envie de prendre une douche.

- Madara-sama, aurais-je le temps d'aller prendre une douche avant que Keiko nous ramène à manger ?

- Oui, mais dépêche-toi.

Je lui fis oui de la tête et partis prendre ma douche. Quand je revins, Madara m'attendait assis en tailleur, les yeux fermés et les bras croisés sur son torse. Le repas était en face de lui.

- J'espère que je ne vous ai pas fait attendre trop longtemps ?

Il ouvrit les yeux, et ceux-ci se plantèrent dans les miens.

- Si c'était le cas, je t'aurais cherché moi-même. Keiko vient juste de rapporter le repas.

J'allai m'asseoir en face de lui et nous commençâmes à manger en silence, jusqu'à ce que Keiko frappe à la porte et que Madara lui dise d'entrer.

- Je vous ai apporté du saké, comme vous me l'aviez demandé.

- Pose-le et laisse-nous.

- Bien.

Elle alla déposer la bouteille de saké sur la table et s'en alla.

Je voulais continuer à m'entraîner à manier l'épée, mais il fallait que je lui demande l'autorisation.

- Est-ce que nous pourrons recommencer ?

Il leva un sourcil et attendu que je précise ce à quoi je faisais référence. J'espérai qu'il ne se méprenne pas et qu'il pensait que je faisais allusion à la fois dernière dans le bain alors je m'empressai d'ajouter :

- L'entraînement. Pour que je sache manier l'épée correctement.

- Si tu veux, mais je n'ai pas beaucoup le temps, alors ce ne sera pas souvent.

- D'accord.

Nous continuâmes notre repas, en parlant des différents types d'épées qui existaient. Il me racontait des anecdotes sur comment les enfants ici apprenaient à s'en servir…

Keiko revint plusieurs fois nous apporter du saké, je bus encore et encore et je commençai à sentir que l'alcool faisait effet sur moi. En effet, je sentis mes joues devenir rouges dû aux nombreux verres que j'avais bus. Mais Madara, lui, semblait allait parfaitement bien. Il ne montrait aucun signe d'ivresse apparent.

J'étais incapable de m'arrêter de parler, lui dévoilant des choses sur moi dont il se moquait probablement, alors que d'habitude j'essayais quand même de me contenir avec lui. Je commençai à lui raconter avec amusement un des souvenirs qui avait bercé mon enfance, et j'étais vraiment heureuse en cet instant, de pouvoir partager des choses avec lui, autre que des sermons, des menaces ou partager un moment intime.

- Je me rappelle qu'une fois, j'avais à peine une dizaine d'années, j'avais grimpé dans un arbre, oh, mais bien sûr pas comme un shinobi le ferait, on ne m'a jamais appris des trucs de ninjas. Je pensais être une aventurière ahaha, et je suis montée le plus haut possible. Mes nourrices me criaient dessus, mais ça m'amusait. Sauf que j'ai déchiré un bout de mon beau kimono ce jour-là, et j'ai commencé à paniqué en pensant que mes parents allaient me tuer s'ils l'apprenaient.

J'éclatai de rire, comme si ce souvenir était l'un des plus beau de toute ma vie, Madara esquissa un sourire, modestement, mais ne dis rien, me laissant rire aux éclats.

- En fait, mes parents m'ont bien puni ce jour-là.

- Ils ont eu raison. Je t'aurais puni moi aussi si tu avais été ma fille.

Je le regardai avec des yeux taquins, et j'explosai de rire à nouveau.

- Mes parents, ils étaient des gens bien.

- Etaient ?

- Ils- ils sont morts. Tous les deux. On était très doué dans la manipulation des plantes chez moi, c'était un peu notre sharingan à nous… Sauf que je n'étais pas très intéressé, je voulais m'amuser et rien d'autre. Naoko, elle était bien plus douée que moi. Une vraie passionnée. Si j'avais su à l'époque tout ce qui m'attendait, j'aurais étudié, moi aussi, avec plus de sérieux.

Je lui fis un petit sourire triste, et soudain, toute la joie qui m'animait à cause de l'alcool quelques secondes plus tôt semblait avoir disparu pour ne laisser place qu'à un sombre sentiment de nostalgie.

- Naoko, depuis tout ce temps, c'était elle, ma famille…

Mes discours n'avaient plus grand chose de cohérent, je me mélangeai, mais tout fusait à grande vitesse dans ma tête mélangeant tout. Puis je fondis en larmes, lamentablement. Madara ne bougea pas, ni même ne prononça un mot, il se contenta de m'observer, ayant perdu toute trace d'amusement sur son visage. J'essayai d'essuyer mes larmes, mais d'autres revinrent aussitôt alors je me décidai à reprendre un autre verre de saké pour pouvoir retrouver le sentiment qui m'animait avant celui-ci. Mais Madara fut plus rapide que moi et attrapa mon verre et la bouteille pour la poser à côté de lui, me regardant avec un air hautain avant de me dire :

- Tu as assez bu pour ce soir.

- Un verre ne changera rien et

- J'ai dit que tu as assez bu.

Ça y est, sa personnalité de leader refaisait surface. S'il avait décidé que je boirai plus ce soir, alors je pouvais faire une croix sur l'idée de boire un verre de plus.

- Je n'arrive pas à croire qu'elle se soit suicidée me laissant seule ici…

- J'avais demandé à ce que Naoko soit enfermé.

- Pardon ?

- Je voulais lui faire peur moi-même pour m'assurer qu'elle ne recommencerait pas quelque chose de stupide. Elle était seulement supposée rester enfermée jusqu'à ce que je sois disposé à la relâcher. Je ne sais pas qui est l'imbécile qui n'a pas suivi mes ordres mais il paiera dès que j'aurais trouvé de qui il s'agit.

Alors, ce n'était pas de la faute de Madara ? Etrangement, je le crus. Il semblait si sincère. Ou alors j'étais bien trop atteinte par l'alcool pour faire la distinction du vrai et du faux.

- Même si j'étais en colère contre Naoko et que je ne lui aurai jamais pardonné, je ne voulais pas en arriver là.

- Vraiment ? Vous l'avez menacé de mort plus d'une fois pourtant…

- Crois-moi ou non, je ne comptais pas mettre ces menaces à exécution. Tu étais seule ici. Tu n'es pas une ninja non plus, alors je n'aurai jamais pu la faire torturer au point qu'elle devienne folle ainsi. Et puis, j'ai un frère moi aussi, et je refuse que quelqu'un puisse lui faire du mal, alors je comprends ce que tu ressens, je crois.

Alors j'avais bien raison de croire qu'il n'était peut-être pas aussi mauvais qu'il le prétendait. Mais je ne répondis pas sentant que j'allai me remettre à pleurer sinon, mais j'en profitai pour lui dire autre chose.

- Izuna-sama… M'a dit à propos de vos trois autres frères. Je suis navrée, vous savez.

- Peut importe.

- Lui aussi a dit la même chose. Mais je comprends, ce que vous ressentez. Ma mère était enceinte de mon frère ou de ma sœur quand elle est décédée.

- Tu devrais aller te coucher.

- Attendez ! Vous savez cette histoire point bleu dans ma nuque, c'est un peu comme

- Tais-toi. Je ne veux rien entendre à ce sujet, je suis un ninja et un chef de clan, je ne profiterai pas de ton état d'ivresse pour obtenir tes informations. Et… encore moins sur ma femme.

- Vous disiez que ce serait plus amusant de croire que je pouvais garder ça pour moi… Je n'ai peut-être plus envie de garder ça pour moi…

- Tu es surtout ivre et tu ne sais plus ce que tu racontes. Et puis, il se pourrait que j'aie changé d'avis, ce n'est pas ce que j'espérai quand je disais que tu me raconterais tout par toi-même.

J'étais vraiment étonnée de l'avoir entendu dire ça, mes larmes se mirent à nouveau à couler, encore dues à l'alcool.

- Merci, Madara-sama.

Il me fit un signe de tête, se leva et me porta pour me mettre au lit, je me roulai en boule sur le côté, me mis à pleurer de plus belle, et avant qu'il ne puisse sortir de la chambre, je lui dis :

- Vous savez, je vous ai toujours trouvé très beau.

Il me lança un regard que je n'aurai pas su déchiffrer et le seul qu'il me dit avant d'aller dans la salle de bain fut : « Dors ». Je frottai mes yeux avec insistance voulant cesser de pleurer. Et je m'endormis avant même que Madara n'ait pu revenir.

Voilà, chapitre 14, un peu plus léger que les autres ( malgré tout lol) j'espère qu'il vous plaira. :)

Malyss64: Penserais-tu que je suis une méchante ? Parce que si c'est le cas... Dans cette fiction je t'avoue que c'est plutôt le cas :) Tu m'en diras des nouvelles de Madara d'ailleurs, sur ce chapitre il me plaît plutôt bien ( enfin tout le temps mais shh ) Oui, exactement je voulais qu'on voit Madara un peu autrement car il n'est, selon moi, pas complètement mauvais, je pense juste qu'il a vécu des choses qui on fait que ça n'a pas aidé sa personnalité je dirai. Mais n'oublions pas qu'il aimait son frère de tout son coeur et qu'il ne voulait que la paix à la toute base... Enfin j'espère que tu vois là où je veux en venir :p sur ce, merci pour la review et les encouragements. J'espère que ça te plaira toujours. Gros bisous et merci encore :)

Noctambuleuse: Oui depuis le début que tu le dis... :) Décidément je n'arrête pas de te surprendre ! J'espère que c'est une bonne chose :p Exactement, Fuki fait hypocrite et c'est un peu le but recherché si je puis dire... Enfin c'est pas que je veuille faire d'elle une hypocrite, mais je cherchais à la rendre humaine le plus possible, elle est jeune, ce qu'elle vit tous les jours n'est pas facile et je pense que l'annonce de la grossesse lui a fait un tel choc qu'elle n'a pas su prendre du recul vis à vis de tout ça, elle a prit conscience que c'était son enfant à elle aussi, un peu tard selon moi, et ça l'a poussé à faire des erreurs, qu'elle regrette amèrement à l'heure actuelle je pense d'ailleurs... Et donc pour la réponse finale, cette fiction contient en tout 23 chapitres et un épilogue. Voilà voilà :) Merci pour ta review, j'espère que ça te plaira et gros bisous :)