Chapitre XVII :

Depuis que l'annonce de ma grossesse avait été faite, tout se passait pour le mieux, j'en étais à mon quatrième mois de grossesse et ça commençait à bien se voir maintenant. Madara avait ordonné à Keiko d'être là pour moi tout le temps et de veiller à ce que je ne manque de rien. D'une certaine manière, il prenait soin de moi, à sa façon. Qui aurait cru que je finirai par penser ça…

J'avais pris l'habitude de me promener avec Keiko depuis un mois maintenant, tous les matins, nous sortions ensemble et il nous arrivait de croiser des membres du clan qui s'arrêtaient et me félicitaient. Je n'avais jamais vraiment compris le principe, me féliciter d'être enceinte. C'était ce qu'on attendait de moi depuis le début, on aurait même pu me tuer si je n'avais pas eu d'enfant à un moment donné. Alors me féliciter…

Mais à cet instant, je me sentais bien, même libre en quelque sorte. Je commençai enfin à me faire accepter par plusieurs personnes ici, car je portai l'héritier de leur chef de clan. Je portai l'enfant de Madara, et tout le monde espérait que ce soit un fils. En ce qui me concerne, je me fichais pas mal d'avoir un garçon ou une fille. Je voulais juste prendre soin de mon bébé, l'aimer de tout mon cœur et plus le temps passait plus j'étais sûre, même si je ne lui dirai jamais, que Madara ne serait pas un mauvais père.

D'un coup, le sol se mit à trembler sous nos pieds, je regardai dans tous les sens pour voir ce qu'il se passait, mais rien n'était à porter de vue. Keiko attrapa ma main, et me fit un signe de tête pour me rassurer, elle ne semblait pas aussi terrorisée que moi. Le shinobi qui devait me protéger arriva et nous demanda de le suivre sans tarder. Mon cœur tambourinait fortement dans ma poitrine. Et si c'étaient « eux » qui revenaient pour moi ?

Non. Impossible. Comment auraient-ils pu savoir que je me trouvai ici. Je devais en avoir le cœur net.

- Que se passe-t-il ici ?

- Une attaque, maîtresse.

- Le clan est attaqué ? Mais qui serait assez fou pour faire une chose pareille ?!

Keiko venait de parler et je sentais dans sa voix qu'elle allait craquer, je m'approchai d'elle et la pris dans mes bras. Et si tout ça, était de ma faute ?

Le shinobi nous entraîna assez loin de l'endroit où nous nous trouvions, dans un genre de grotte, il faisait très sombre et je n'étais pas rassurée d'être là, mais c'était mieux que de risquer nos vies.

- Madara-sama s'occupe de tout, vous ne craignez rien ici, je vais sceller cette grotte et vous ouvrirais quand le danger sera écarter.

- Les femmes et les enfants ? Que va t'il leur arriver ?

- Ils sont en sécurités, Fuki-sama.

Il scella la grotte avant même que je ne puisse prononcer une phrase, nous restâmes dans le noir par peur d'attirer l'ennemi jusqu'ici, si par malheur, ils sentaient la chaleur du feu. La grotte était scellée, mais nous avions à faire à des shinobis alors sait-on jamais. Nous ne voulions prendre aucun risque. J'étais perdue dans mes pensées. Ce pourrait-il qu'ils reviennent pour finir le travail ? Ou alors je tirai des conclusions trop vite et c'était le clan Senju qui était en train d'attaquer le clan Uchiha. Mais et les autres ? Est-ce qu'ils allaient aussi bien que ce que ce shinobi m'avait dit.

- Au secours !

Je sursautai en entendant ce cri, il y avait des enfants dehors. Je tournai la tête vers Keiko, elle aussi semblait en proie à un grand dilemme.

- Il faut leur ouvrir ! Keiko !

Elle ne me répondit pas tout de suite, regardant la paroi de la grotte qui avait été scellé.

- Keiko !

Elle sembla enfin prendre conscience que je lui parlai puisqu'elle tourna la tête vers moi.

- Il faut qu'on leur ouvre !

- Fuki-sama !

Keiko secoua la tête.

- Je ne peux pas prendre le risque de mettre votre vie en danger, Madara-sama ne me le pardonnerait pas !

- Keiko, s'il te plaît, ton clan est en train de se faire attaquer ! Ce sont des enfants dehors ! Et tu sais que je ne peux pas ouvrir cette grotte, tu es la seule ici, à pouvoir faire ça.

- Je ne peux pas…

- Keiko !

Je lui attrapai le bras et la regardai droit dans les yeux.

- Tu dois le faire !

Elle ferma les yeux respira un grand coup, se mit debout sur ses deux jambes et fit des signes de mains à toute vitesse, la grotte s'ouvrit et une trentaine d'enfant arrivèrent. Le bruit dehors était insupportable, j'avais envie de pleurer mais je me retins. Ils avaient besoin de nous, ce n'était pas le moment pour laisser mes sentiments me contrôler. Nous les laissâmes rentrer un par un, tous plus terrifier les uns que les autres, ils ne devaient pas avoir plus de 7 ans.

- Fuki-sama il faut qu'on se dépêche de sceller la grotte à nouveau.

- Oui.

Je m'apprêtai à rentrer quand je vis deux formes au loin. Etait-ce les ennemis ?

- Fuki-sama ! Nous n'avons pas le temps !

Je continuai de regarder. Comme si je ne pouvais pas détacher mon regard de ces deux formes. J'avais l'impression de ne plus voir correctement, mon cœur battait la chamade. J'étais incapable de bouger, jusqu'à ce qu'un des enfants, un petit garçon, me sortit de ma stupeur en hurlant à Keiko :

- Non ! Ne scellez pas la grotte tout de suite, c'est Mikoto et Hana sensei !

Je tournai la tête vers lui puis à nouveau vers les deux formes qui approchaient. Maintenant qu'il le disait, je pouvais en effet percevoir que ces deux formes étaient en fait deux femmes. L'une était soutenu par l'autre, aussi vite qu'elle le pouvait, mais elle semblait être en proie à une énorme détresse.

Ni une ni deux, je courus pour aller les aider, mon kimono se relevant légèrement un peu plus à chaque foulée. Keiko me hurlait de revenir que c'était dangereux mais je ne l'écoutai pas. Ces deux femmes allaient mourir si on les laissait dehors, et je ne pouvais pas laisser Keiko sceller la grotte sans elles.

Mes poumons me brûlaient, et mes mollets me tiraient, je n'avais plus l'habitude de courir autant depuis que j'étais enceinte. Une des deux femmes s'arrêta soudain de marcher et poussa un hurlement de douleur avant de tomber à genoux. Elle devait sûrement être blessée, l'autre femme tenta de la relever mais n'y parvint pas. Je n'avais pas une seconde à perdre, plus que quelques mètres nous séparaient, je devais accélérer la cadence.

Quand j'arrivai en face des deux femmes je ne perdis pas une seconde et attrapa le bras de la brune qui était à terre et l'aidai à se relever. Avec l'aide de l'autre femme, nous la faisions avancer aussi vite que nous le pouvions, et Keiko qui s'était mis à ma poursuite, arriva pour aider à son tour sa camarade, déchargeant l'autre femme de son fardeau.

Nous nous dépêchâmes de rentrer dans la grotte et Keiko la scella en à peine une dizaine de secondes. J'aidai la jeune femme qui souffrait le martyr à s'asseoir et elle semblait avoir du mal à respirer. Je me rendis enfin compte qu'elle était, elle aussi, enceinte. Mais à un stade beaucoup plus avancé que le mien au vu de son ventre.

- Mikoto-sensei !

Deux petites filles s'étaient rapprochées de la jeune femme qui souffrait, les larmes au yeux, ne comprenant pas ce qu'il lui arrivait. Elle réussit néanmoins à parler.

- Ça va aller.

La jeune femme, avait du mal à respirer, elle était dégoulinante de sueur pourtant elle essayait de rassurer les enfants. Et moi j'étais comme paralysée. Keiko arriva enfin, et elle s'empressa de lui poser les bonnes questions car j'en étais vraiment incapable, bien trop choquée par tous les événements.

- Mikoto ? Est-ce que tu me vois correctement ?

- Oui…

- Tu as perdu les eaux ?

- Oui, elle les a perdus il y a environ une heure.

L'autre femme aux cheveux ébènes, celle qui donc s'appelait Hana venait de lui répondre. Mikoto étant bien trop occupé à essayer de contenir ses larmes.

- Merde ce n'est pas vrai !

Quelque chose me revint en mémoire à ce moment là.

- Keiko, mais… Vous avez toute suivis des cours de médicine pas vrai ? C'est ce qu'une servante m'a dit une fois !

Keiko n'eut pas le temps de me répondre qu'Hana s'en chargea.

- Oui, Fuki-sama, pour soigner des blessures de nos hommes, mais pas pour accoucher une femme, c'est le travail à Akihide ça.

Keiko secoua la tête de gauche à droite et posa ses mains sur sa tête comme si elle s'apprêtait à craquer.

- Mais qu'est ce qu'on va faire ?

« Qu'est ce qu'on va faire ? » On n'allait pas la laisser mourir là tout de même ? Je commençai à m'agiter sérieusement.

- On va l'aider à accoucher !

- Quoi ?!

Keiko et Hana venaient de s'indigner en même temps, et Mikoto luttait pour me regarder tant on avait l'impression qu'elle allait tourner de l'œil.

- Non, ce n'est pas possible Fuki-sama, je comprends que vous vouliez l'aider, mais accoucher quelqu'un ne s'improvise pas !

- Hana à raison, Fuki-sama ! Nous n'avons aucun matériel pour la faire accoucher dans de bonnes conditions, et pas non plus de connaissances qui pourraient nous aider.

- On ne peut pas la laisser dans cette état ! On doit essayer au moins !

- Les hommes auront réglé le problème et viendront nous aider d'ici peu, j'en suis persuadée. Nous devons attendre.

- Ils sont en train de repousser une attaque ennemie Hana ! On ne peut pas compter sur eux, enfin !

- Mais vous avez vu l'état dans lequel elle est ?! On ne peut pas la laisser comme ça !

- Peut-être que quelque chose ne se passe bien ?!

- Tu penses vraiment Hana ?

- Je n'en sais rien je n'ai jamais eu de mômes moi !

Plus nous essayâmes de trouver une solution plus nous paniquions, ne sachant pas quoi faire, aucune d'entre nous n'ayant jamais eu d'enfant avant.

- AHHHH

Nous sursautâmes et cette fois je pris l'initiative de m'accroupir en face d'elle, sur sa gauche Hana se plaça et sur sa droite Keiko s'accroupit aussi. Chacune des deux jeunes femmes attrapèrent les mains de Mikoto pour lui donner de quoi prendre appuie. Les petites filles qui c'était approché de nous plus tôt firent en sorte de se mettre derrière Mikoto pour qu'elle ait un autre appuie et qu'elle puisse un peu relâcher la pression. Enfin… Si tant est qu'elle puisse le faire…

- Chut, Mikoto, il ne faut plus que tu cris, tu dois te contenir à présent, sinon tu vas ameuter tout le monde ici !

- Elle à raison Mikoto, tu vas devoir te faire violence.

Les deux jeunes femmes avaient désormais un visage impassible, déterminées, on allait devoir l'aider à donner naissance, nous n'avions pas d'autres solutions.

- Mikoto, écoute-moi.

La jeune femme aux membres tremblant me regarda droit dans les yeux et je vis qu'elle était extrêmement fatiguée, alors je fis de mon mieux pour lui parler le plus calmement possible.

- Tu vas pousser de toutes tes forces, d'accord ? Mais tu ne feras pas un bruit. Tu t'accroches aux mains de Keiko et de Hana et tu ne lâches rien tant que le bébé n'est pas né. Compris ?

Elle hocha la tête, ne pouvant probablement plus parler.

- On est avec toi et on ne te laissera pas.

Je lui fis un petit sourire dans le but de la rassurer et écarta son kimono et son sous kimono le plus rapidement possible. Le bébé s'agita dans mon ventre comme pour protester à toute cette vague de stresse qui s'emparait de mon corps.

Faite que tout se passe bien…

Elle se mit à pousser, bloquant sa respiration, et serrant les mains de Keiko et d'Hana de toutes ses forces, quant à moi j'attendais de voir le bébé. Quand elle relâcha ses efforts, nous soufflions avec elle, pour essayer de lui montrer comment reprendre un rythme normal, pour qu'elle ne s'épuise pas trop vite. Je jetai un coup d'œil par dessus mon épaule, les enfants étaient tous recroquevillés, et regardai ailleurs, certains étaient même en train de pleurer et mon cœur se serra.

S'il vous plaît, faites que ce ne soit pas eux qui viennent pour moi…

Au bout d'un moment que je crus interminable, je vis la tête et au bout de trois poussées de plus, le bébé était là. Keiko ne perdit pas une seconde et retira son obi pour entouré le bébé qui était plein de sang.

Mikoto était vraiment à bout de souffle mais elle réussit à se calmer à la vue de son bébé, des étoiles dans les yeux, comme si la douleur qu'elle avait ressentie avant c'était complétement évanoui.

- Donnez-moi mon bébé.

Keiko s'approcha et lui mis le bébé dans les bras et nous restâmes toutes les trois à contempler ce nouveau né dans les bras de sa mère comme si c'était le plus beau spectacle qu'il nous eut été donné de voir.

La grotte s'ouvrit au bout d'une dizaine de minutes, et j'étais vraiment désorientée. Plusieurs shinobis du clan nous annonçâmes que tout était fini et sous contrôle et demandèrent de les suivre, ce que nous fîmes sans nous faire prier, bien trop pressées, mais pour des raisons différentes. Keiko et les enfants voulaient certainement retrouver leurs parents, Hana voulait certainement aller se coucher et Mikoto désirait probablement rentrer prendre du repos et annoncer à sa famille qu'elle avait mis au monde une magnifique petite fille. Quant à moi, je voulais retrouver Madara au plus vite et lui demander qui était les attaquants d'aujourd'hui. Je devais savoir.

En arrivant dans ma demeure, je me mis à courir malgré la fatigue dans toute la maison pour arriver jusqu'à ma chambre, ou je rentrai sans même essayer d'avoir une certaine contenance, Madara se tenait debout devant la fenêtre regardant dehors, il était plein de sang. Même comme ça, il était vraiment beau. Ses longs cheveux lui tombaient dans le dos et je remarquai qu'il avait gardé ses gants de combat.

- Madara-sama ?

- Tu vas tout me raconter, maintenant.

Voilà le chapitre 17, il n'est pas très long, mais le chapitre suivant à une grosse révélation comme vous vous en doutez :) J'espère qu'il vous plaira et que vous ne m'en voudrez pas trop de l'avoir coupé ainsi :) j'avoue que c'est pas cool mais bon... ça créer du suspens :') J'avais dit que je posterai ce chapitre avant vendredi... Théoriquement on est toujours pas vendredi mais bon je tiens à m'excuser, je comptais le publier avant, mais bon ma semaine à été assez compliquée donc... Mais en tout cas le voilà ! Et le chapitre 18 suivra donc tout naturellement le vendredi ( donc demain ) :)

Malyss64 : Madara restera Madara... ahahha :) En tout cas j'espère que ce chapitre te plaira et qu'il ne te frustrera pas trop ^^' gros bisous à la prochaine :)