Chapitre XX :
Au bout de plusieurs minutes, je repris conscience en entendant un petit cri. Quelqu'un se tenait près de moi et je savais au plus profond de moi qu'il ne s'agissait pas du médecin où même de Keiko.
- Madara je
- Tais-toi. Tu vas réveiller notre fils.
Alors, j'avais eu un petit garçon ? Il n'empêche que ce qu'il venait de me dire m'avait vexé alors je ne pus m'empêcher de lui répondre à mon tour :
- Toujours aussi aimable à ce que je vois.
Il me lança un regard mauvais, mais je n'en avais que faire. Je ne voulais qu'une chose, voir mon bébé, notre fils comme il l'avait dit. Il dut comprendre ma détresse, car il alla jusqu'au berceau et me ramena notre fils. Il me le mit dans les bras. Il était beau, si parfait. Il avait la peau très blanche, ses petits poings étaient serrés et il avait des petits cheveux qui semblait marrons foncé et non noir. Il était beau, comme Madara.
- Tu m'as laissé seule pendant l'accouchement.
- Quand Keiko m'a trouvé, j'étais en pleine réunion sur un sujet délicat. Les Senjus. J'ai fait au plus vite.
- Tu es quand même arrivé trop tard.
- Hn.
Je levai la tête de mon fils me rendant compte, enfin, de la pièce dans laquelle j'étais. Notre chambre.
- Pourquoi ne suis-je pas à l'infirmerie ?
- Tu t'étais évanoui, tu avais besoin de repos quand je suis arrivée, je t'ai directement amené ici.
- Je vois…
Il ne répondit pas, préférant sans doute resté silencieux et continua de regarder notre fils. Pour des gens qui ne le fréquentaient pas, il devait avoir l'air indifférent, je suppose. Mais je savais au fond de moi qu'il était ému et fier de son fils. Je pouvais le sentir.
Izuna fit irruption dans la pièce interrompant notre moment en famille.
- Madara je…Ah, Fuki. Comment te sens-tu ?
- Je- je vais bien, je crois, merci.
Il me répondit simplement par un signe de tête. J'étais toujours mal à l'aise avec Izuna. Je n'arrivai jamais à savoir s'il m'appréciait ou si au contraire, il me détestait.
- Comment va mon neveu ?
- Très bien Izuna, pourquoi es-tu là ?
La remarque de Madara était assez étrange selon moi. Même si j'étais loin d'aimer son frère, il avait bien le droit de venir voir son neveu quand même, non ?
- Il y a du nouveau, des éclaireurs viennent d'arriver. J'ai bien peur que tu doives venir tout de suite.
Le regard de Madara changea de couleur. Son sharingan s'activa une fois de plus et je frissonnai, serrant mon petit nourrisson encore plus fort contre moi comme si je voulais le protéger de son propre père. Izuna s'excusa et se retira. Madara marcha vers la porte et au moment où il allait partir, il me dit :
- Merci Fuki, de m'avoir donné ce petit garçon.
Et il continua son chemin comme si de rien. Je tournai sa phrase dans ma tête encore et encore. Madara était ce qu'il était. Mais j'étais convaincu que je pourrais à force d'effort, réellement aimer d'être à ses côtés pour toute une vie. Il était une brute certes. Mais une brute qui pouvait montrer de l'affection à certaines personnes, faisant partie d'un groupe restreint. Finalement, je regardai mon fils et finis par me dire que non, je ne devais pas avoir peur de Madara, tout du moins je ne devais plus. Il nous protégerait comme la prunelle de ses yeux et ce n'était pas peu dire.
J'embrassai le front de notre enfant, et une petite larme coula le long de ma joue. Enfin, je pouvais le serrer dans mes bras.
Je passai la journée à observer mon bébé, et je remarquai qu'il ressemblait vraiment beaucoup à Madara. Comme quoi le gène Uchiha prédominait beaucoup. J'espérai de tout cœur qu'il ne devienne jamais shinobi comme son père, mais j'en doutai fort. Je repoussai cette pensée toxique qui me mettait en colère après Madara et me contentai de lui donner le sein de la manière dont les nourrices m'avaient montré. J'avais hâte que Madara me rejoigne ce soir pour que nous puissions enfin décider du nom que porterait notre enfant.
Madara arriva tard dans notre chambre et il semblait presque détendu. Le bonheur que je ressentis de voir notre bébé allongé dans son berceau près de notre lit me provoquai même l'envie d'aller à la rencontre de mon époux et de l'embrasser. Je descendis du lit en essayant de faire le moins de bruit possible pour de pas réveiller mon fils. Le bébé bougea un peu, j'arrêtai de bouger, Madara m'observa faire avec un petit sourire en coin. Quand je me penchai pour observer mon fils, il dormait en fait à point fermé alors je repris ma marche là où je l'avais arrêtée.
Une fois à la hauteur de Madara, je me mis sur la pointe des pieds et pris ses joues entre mes mains avant de poser délicatement mes lèvres sur les siennes. Il répondit à mon baiser passionnément.
- Retourne dans le lit, j'arrive tout suite.
Il avait parlé doucement, mais son ton était autoritaire comme à son habitude. Peu importait, rien ne pourrait gâcher mon plaisir en cet instant, pas même son côté trop dominant. J'allai donc me remettre dans le lit en l'attendant, il retira son haut et son bas pour enfiler un pantalon plus léger et venir me rejoindre. Il m'attira contre lui et je me retrouvai la tête sur ses cuisses, sa main ayant trouvé sa place sur mon épaule droite.
- Tu prendras soin de lui, pas vrai ?
- C'est mon fils aussi Fuki, bien sûr que j'en prendrai soin. Je le protégerai. Et toi aussi.
Je souris, la tête toujours posée contre sa cuisse. J'étais heureuse de l'entendre dire ça. Mais il fallait que l'on parle de quelque chose d'important.
- Nous n'avons pas encore parlé de son prénom, Madara.
- Tu as une idée à me soumettre ?
- Tu me laisserais choisir ?
- Peut importe le prénom qu'il aura, le plus important est le nom que porte son clan. Et il peut déjà en être fier.
- Il n'a pas encore conscience de tout cela Madara …
- Hm.
Notre fils devra porter toute sa vie le fardeau d'être à la fois, un Uchiha, le fils du chef de clan, mais surtout d'être le fils d'une étrangère au clan. Sa vie ne serait pas aussi simple que je l'aurai souhaité.
- Et bien, j'aime bien le prénom Dan.
- Dan ?
- Oui.
- Pourquoi ça ?
- C'était le nom de mon père.
- Très bien. Je ferais part du nom de notre fils demain lors du conseil dans ce cas.
Je ne répondis pas, je me contentai de fermer les yeux et de profiter de ce moment de paix, de tranquillité. Un moment en famille, même si celle-ci était loin d'être parfaite. C'était déjà bien et je me devais de me contenter avec ce que j'avais. Je savais que dans une vie tout pouvait être éphémère.
- Tu voulais me dire quelque chose ce matin, mais quand je suis arrivée, tu étais déjà parti. Était-ce grave ?
- Non, peut importe. Il s'agissait de ces chiens de Senjus encore une fois, mais j'ai réglé l'affaire.
Je me redressai à l'aide de mes bras et tournai la tête pour l'observer.
- Tu sais que je n'ai rien avoir avec eux, pas vrai ?
- Tu me l'as déjà dit Fuki.
- Oui mais-
- Tais-toi à présent.
Je me tus et attendis qu'il poursuive car je vis bien qu'il voulait me dire encore quelque chose.
- As-tu remarqué quelque chose de… bizarre ces derniers temps ?
- Comment ça ?
- Comme une personne que tu n'as jamais vu avant ? Ou une conversation étrange que tu aurais pu surprendre ?
Je pris le temps de réfléchir attentivement à ce qu'il venait de me demander avant d'hausser les épaules.
- Non, pas le moins du monde, navrée de ne pas pouvoir t'aider. Mais dis-moi, y'a t'il quelque chose à propos duquel je devrais m'inquiéter ?
- Non.
- Es-tu sûr ?
- Oui. Tu dois être fatiguée. Et notre fils dort déjà lui, nous devrions en faire autant.
Je lui souris légèrement et opinai du chef. Je m'allongeai à ses côtés, il me prit dans ses bras et me colla à lui. Avec le temps, j'avais vraiment appris à apprécier cette intimité qui nous liait avant d'aller nous coucher. J'espérai qu'un jour peut être, un miracle se produise, et que tout ce qui se soit passé avant n'ait plus d'importance, que seul les moments où nous étions ensemble compteraient. Notre vie pourrait être tellement plus simple alors.
Des pleurs me réveillèrent en sursaut, Madara se réveilla rapidement lui aussi et je me précipitai hors du lit pour aller voir notre bébé.
Il pleurait, les poings serrés je le pris dans mes bras et essayai de le bercer du mieux que je pus mais il ne se calma et je commençai vraiment à paniquée. Qu'est-ce qu'il lui prenait ?! J'étais tellement stressée et j'avais tellement peur qu'il ait mal quelque part que je commençai à pleurer d'impuissance. Madara se redressa dans le lit, et m'observa, lui aussi l'air fatigué, les cernes sous ses yeux beaucoup plus prononcés que d'habitude.
- Je peux savoir pourquoi tu pleures ?
- Il ne s'arrête pas de pleurer, je ne sais pas quoi faire pour le calmer. On devrait peut-être l'emmener voir Akihide.
- Non, il va bien, Fuki.
- Comment peux-tu dire ça ? Tu vois bien dans quel état il est, non ?
- Il a juste faim.
- Faim ?!
Je regardai mon petit ange, avait-il faim ? était-ce pour ça qu'il pleurait ainsi ? Bien, j'allai essayer. Je m'installai dans le lit à côté de Madara, et dégageai ma poitrine de mon vêtement pour le donner à mon bébé. A peine eut il posé ses petites lèvres sur moi, qu'il commença à téter. Alors Madara avait raison depuis le début, il avait juste faim.
Je le regardai avec un étonnement certain, de petites larmes roulant toujours sur mes joues, avant de lui dire :
- Comment savais-tu qu'il avait juste faim ?
- Les bébés ne mangent pas de la même manière que nous. Tu l'as nourri plusieurs fois dans la journée, pas vrai ?
J'hochai la tête.
- Et bien ils mangent aussi la nuit. Et avec le temps il prendra le même rythme que nous.
- Mais où as-tu appris tout ça ? Je suis une fille et on ne m'a jamais rien dit sur les enfants, j'ai plus ou moins dû apprendre tout, toute seule.
Il grimaça avant de me dire :
- Izuna pleurait beaucoup le soir quand il était bébé, c'est les nourrices qui m'avaient expliqué.
Je souris, c'était assez mignon.
- Mais quel âge a t'il ?
- Un an de plus que toi.
Oh j'avais du mal à imaginer Madara à cinq ans, en train de demander aux nourrices pourquoi son jeune frère pleurait autant la nuit. Avait-il jamais eu cinq ans ?
D'ailleurs, je pensais qu'Izuna avait lui aussi entre vingt-deux et vingt-quatre ans ? En fait il n'en avait que dix-neuf ? C'était vraiment étrange.
Dan arrêta de tété, je voulus remettre mon vêtement mais il s'agita dans mes bras, rendant la tâche compliquée.
- Est-ce que tu pourrais le prendre, une seconde ?
Madara tendit les bras et prit notre fils contre lui. Je me dépêchai de remettre mon vêtement correctement pour porter mon regard sur eux. Madara tenait Dan dans ses bras puissants, faisant paraître Dan encore plus petit que ce qu'il n'était en réalité.
- Il est tout petit.
Je ris doucement en l'entendant dire ça, ne voulant réveillé mon petit ange qui commençait à s'endormir.
- Oui, mais il grandira très vite. Peut-être même qu'il sera plus grand que toi.
- J'en doute, mais une chose et sûre, il sera plus grand que toi tu as la taille d'une enfant.
- Tu exagères, je ne suis pas si petite que ça.
- Pour moi tu l'es.
- Je suis plutôt grande, pour une femme, tu sais.
Il me sourit légèrement et contempla son fils une dernière fois avant de me le tendre.
- Remet-le dans son berceau.
- Oh mais… Je me disais que peut-être qu'il pourrait rester avec nous, dans notre lit.
- C'est hors de question.
- Pourquoi ?
- Parce que tu vas lui donner de mauvaises habitudes.
Oui, bon, je n'avais pas pensé à ça.
- Juste pour cette nuit, s'il te plaît. Regarde-le. Je ne voudrai pas le réveiller. Il est si paisible avec nous.
Il fronça les sourcils, je le regardai, suppliante notre fils dans les bras et il soupira avant de faire un signe de tête qui m'autorisait à le laisser dormir avec nous ce soir.
- Merci, Madara.
Je posai le bébé entre nous et m'allongeai posant ma main sur son petit ventre. Madara s'allongea à son tour à côté de nous.
- Ça ne deviendra pas une habitude Fuki, demain il retournera dans son lit. Hors de question qu'il prenne goût à ça.
Je ricanai un peu.
- Oui, je te le promets.
Madara posa sa main sur la mienne et nos deux mains était sur notre petit bébé qui baillait, apparemment trop fatigué de la journée qu'il venait de passer.
Le chapitre 20 enfin posté, il est court, donc j'essayerai de poster un chapitre dans la semaine dès que je peux qui ne sera pas bien long lui non plus mais vous comprendrez. En attendant j'espère que vous l'aimerez quand même.
Malyss64: lol ton commentaire m'a bien fait rire, imaginer Madara aller se cacher pour fuir ça - hilarant ! :') merci beaucoup pour la review. Du coup c'est un chapitre plus léger cette semaine j'espère que tu l'apprécieras :) bisous
