Chapitre XXI :
Dix jours avaient déjà passé depuis que mon bébé, Dan, était né. Il avait déjà tellement grandi. Je ne me lassai pas de l'observer à chaque moment de la journée. Les nourrices étaient toujours là pour m'aider, me montrer comment faire. Keiko était elle aussi déjà venu plusieurs fois pour voir Dan, elle le trouvait à croquer et le prenait dans ses bras parfois pendant des heures.
Madara quant à lui avait beaucoup de choses à gérer, son clan, son fils, ses réunions à n'en plus finir et ses entraînements. Je le plaignais le pauvre, ça ne devait pas être facile tous les jours. Ces derniers temps, il était tellement occupé qu'il ne dormait même pas. Ce n'était pas une période très facile, et je n'appréciai pas vraiment quand il revenait nous voir après avoir passé une nuit blanche, doublé d'une mauvaise journée la veille. Mais bon, je m'en contentai. Après tout, il continuait de prendre soin du bébé et c'était tout ce qui m'importait. Oh, bien sûr, il n'allait pas le prendre dans ses bras et lui chanter des berceuses, mais quand il regardait notre petit ange dormir dans son berceau et je le sentais s'apaiser instinctivement.
Malgré tout, il y avait une tâche sombre dans ce décor. Les conflits avec les Senjus devenaient plus fréquents qu'ils ne l'étaient déjà. J'avais peur qu'une guerre commence d'ici peu, mais je n'osai pas aborder le sujet avec Madara. Il avait après tout une fierté démesurée, ne l'oublions pas. Il m'aurait sans doute répondu quelque chose comme « la politique n'est pas une affaire de femme » ou encore « Si tu dis un mot de plus je te ferais enfermer ». Oui. C'était bien son genre. Il avait beau s'être détendu depuis que le bébé était là, on parlait toujours de Madara Uchiha. Et puis il avait un comportement assez étrange vis-à-vis des gens de son clan, il semblait comme… Méfiant, je dirai, je ne comprenais pas bien pourquoi puisqu'il en était le chef mais je n'osai pas lui poser la question ne voulant pas l'énerver.
- Fuki-sama ? Voulez-vous que je vous ramène votre petit-déjeuner ?
- Non, merci, c'est gentil. Je n'ai pas très faim, et puis je veux d'abord finir d'allaiter mon fils.
- Vous êtes sa mère, vous avez besoin de force aussi. Je vous en prie juste un peu. Et puis je ne pense pas que Madara-sama serait heureux d'apprendre que vous avez sauté un repas, maintenant que vous vous occupez de son fils.
- Très bien, tu as gagné.
Elle m'offrit un grand sourire avant de me dire :
- Alors que voulez-vous que je vous apporte ?
- Peut importe, la première chose que tu trouveras fera très bien l'affaire, j'en suis convaincue.
- Bien Fuki-sama.
Elle s'inclina rapidement avant de sortir de la chambre et de me laisser seule avec mon petit bébé qui était en train de manger. Voir mon fils prendre des forces pour devenir plus grand encore qu'il ne l'était déjà m'émeut au plus au point. Je caressai ses petits pieds avec ma main gauche. Et quand il eut fini, je remettais en place mon yukata et lui fit un bisou sur sa petite joue toute ronde. Il semblait si fragile.
Ma servante revint un instant plus tard avec un plateau remplit de nourriture, elle me dit alors qu'elle avait voulu me ramener les plus de nourriture possible pour que je puisse choisir ce dont j'avais le plus envie. Je me forçai à boire une tasse de thé et avaler une pomme pour qu'elle me laisse tranquille. Je ne voulais pas avoir à faire à Madara dans la soirée.
Une fois mon repas fini, elle s'occupa de Dan pendant que j'allai prendre ma douche parce que je ne voulais pas le laisser seul dans son berceau. Je me dépêchai de prendre mon bain ne voulant pas laisser mon enfant seul trop longtemps. Je remarquai que depuis que mon fils était là, excepté Madara et Keiko, je ne faisais pas confiance à grand monde par rapport à mon bébé.
Une fois de retour dans la chambre, la nourrice avait pris le bébé dans ses bras car il pleurait à chaudes larmes. Je m'approchai et le pris dans mes bras en le berçant tout doucement et en lui chuchotant que sa maman était là et le serait toujours. Dan se calma, et ne fit plus un bruit jusqu'à se rendormir enfin complétement.
- Vous êtes incroyable, maîtresse ! Votre voix suffit à calmer Dan-sama.
Je ne prononçai pas une phrase, bien trop absorbée par le joli petit visage qui se trouvait dans mes bras. Ses petits cheveux bruns sur le haut de son crâne étaient hérissés et je ne pouvais m'empêcher de trouver ça irrésistible.
- Je vais profiter de son sommeil pour aller le changer. S'il vous plaît dite à Keiko de venir me rejoindre dès qu'elle aura fini de s'occuper de la cuisine.
- J'y vais de ce pas maîtresse.
Je lui fis un énorme sourire, qu'elle me rendit, et quitta une nouvelle fois la pièce me laissant seule avec Dan. Je me positionnai confortablement sur mon lit, et tins mon bébé dans les bras et en attendant que Keiko vienne, je lui racontai des histoires. Je ne savais pas s'il comprenait ou même s'il entendait comme il dormait mais je ne m'arrêtai pas une seconde.
Quand Keiko, arriva nous passâmes la matinée, et une bonne partie de l'après-midi à discuter ensemble. Elle s'amusait avec Dan et j'avais la sensation qu'elle pourrait être une bonne tante pour lui.
- Keiko, pourrait-on aller au cimetière ? J'aimerai aller sur la tombe de Naoko.
- Bien sûr, allons-y.
J'avais mal au cœur de me rendre ainsi sur la tombe de mon amie avec mon fils. Elle n'avait pas eu la chance de le connaître. Pensait-elle que je l'avais trahi ? Après tout, tellement de chose avaient changés. Et puis, Madara et moi avions un enfant ensemble maintenant, que j'avais moi-même voulu, ne l'oublions pas. Non, Naoko ne pouvait pas penser que l'avais trahi, elle me connaissait, elle était comme ma sœur, elle ne voulait que mon bien à l'époque, elle le voulait toujours, j'en étais persuadée. Elle comprendrait pourquoi j'avais fait ça.
En arrivant sur sa tombe, mon cœur se serra, Keiko posa une main sur mon épaule. Mes yeux se remplirent de larmes mais je n'en laissai aucune sortir.
- Naoko, voici Dan. Mon fils.
Celui-ci me regarda, comme étonné, mais ne fit pas un bruit, comme s'il comprenait que ce n'était pas le moment.
- J'aurai aimé que tu le vois mon amie, il est tellement beau ! Enfin, il ressemble beaucoup plus à Madara qu'à moi. Ça c'est sûr.
Je ris légèrement et Keiko me fit un sourire amical. Finalement, nous ne restions pas bien longtemps, Keiko ayant des choses à faire, et Dan s'endormant dans mes bras.
Quand nous fûmes rentrés, et que Keiko fut partie, que j'avais fini de donner le sein à Dan, je demandai à la nourrice de me donner des serviettes propres, car j'allai laver mon bébé. En deux temps trois mouvements, elle m'apporta ce que j'avais demandé et je me dirigeai alors vers la salle de bain, mon bébé dans mes bras qui me faisait de gros sourires.
Les servantes avaient préparé le bain de mon bébé à température ambiante. Je savais que mon bébé adorait être dans mes bras pendant le bain. Je pense qu'il se souvenait d'une quelconque manière de la façon dont lui et moi étions liés quelques jours auparavant. Je le déshabillai, le mis délicatement dans l'eau et je regardai ses petits membres se plier et se déplier pendant qu'il gloussait, comme s'il voulait m'envoyer de l'eau. Je ris à mon tour et me penchai pour lui poser un baiser sur le front.
- Je t'aime tellement mon fils. Et ton père, même s'il n'est pas très doué pour le montrer, t'aime aussi profondément, j'en suis sûre.
Il me fit un sourire comme s'il comprenait ce que je voulais lui dire. Je le sortis de l'eau après l'avoir savonné et rincé. Je lui mettais son petit pyjama que Keiko lui avait préparé. Il était blanc et elle avait bien sûr cousu l'emblème des Uchiha dessus. Il était parfait. Mon petit ange à moi.
Je le berçai jusqu'à ce qu'il s'endorme, car il commençait à pleurer. À force de persévérance, il s'endormit, je l'embrassai une dernière fois et aller le mettre dans son berceau en essayant d'être la plus discrète possible pour ne pas que je le réveille. Je m'éloignai un peu prête à me mettre au lit.
Mais Keiko revint me voir quand toutes ses tâches avaient été accomplies. Et nous discutions un peu de chose et d'autres, à voix basse, assises sur mon lit.
- Tout ça, c'est beaucoup de changement pour vous Fuki-sama, pourtant vous vous en sortez très bien.
- Merci Keiko. Je dois dire que même Madara s'en sort très bien lui aussi. Je dois dire que je n'aurai jamais imaginé à quel point Dan pouvait compter pour lui.
Je ris un peu. Il est vrai que je n'aurai jamais imaginé dire une telle chose quand je l'avais rencontré pour la première fois.
- Oui d'ailleurs à ce propos. Vos sentiments envers lui ont bien changé à ce que je vois.
- Quoi ?! Non Keiko, tu te fais des idées, je ne suis pas amoureuse de lui. Arrête ça.
- Pourquoi mentir ainsi ?
- Je ne suis pas amoureuse de lui !
- Vous le serez peut-être un jour dans ce cas, Fuki-sama.
Je me levai et m'approchai du berceau de mon bébé le cœur serré. Je ne voulais pas m'avouer une telle chose. Ça non. Après tout ce qu'il avait pu me faire ? Tomber amoureuse de lui ? Comment une telle chose pouvait-elle être possible ? On s'était rapproché, c'est sûr, nous avions eu un enfant que nous désirions, cette fois, tout les deux.
- Vous savez ce n'est pas la peine de vous rendre triste à propos de tout ça. Votre histoire n'a pas été facile. Madara vous a mené la vie dure et ça fait partie de vous.
- C'est un euphémisme de dire qu'il m'a mené la vie dure Keiko.
- Ce que je veux dire, c'est que n'est-ce pas une bonne nouvelle après tout ? Vous êtes enfin heureuse, accepté-le.
- Heureuse ?
- Vous ne l'aimez peut-être pas de la manière dont une femme doit aimer son mari, mais ça viendra sûrement avec le temps. Regardez déjà tout le chemin que vous avez fait avec lui.
Et si elle avait raison ? C'est vrai, j'étais heureuse depuis que j'avais su que Dan grandissait dans mon ventre. Et puis, même si Madara était loin d'être parfait, il n'était pas entièrement méchant non plus… Enfin, je crois ?
- Keiko… Oserais-je… Oserais-je seulement un jour avoir des sentiments pour lui ?
- Vous trouverez le courage Fuki-sama j'en suis sûre.
- Il est si dur à vivre parfois… Et tout ce qu'il m'a fait, je…
J'avais envie de pleurer à nouveau, je ne me comprenais pas tout le temps à vrai dire. J'étais heureuse depuis que Dan était là, mais en même temps j'avais l'impression de toujours traîner un poids.
- Essayez d'oublier cette période. C'est du passé. Seul le présent compte désormais. Et le plus important ici, c'est votre famille, Fuki-sama.
Je me détournai le regard de mon enfant pour la regarder elle. Cette femme était devenue tellement importante dans ma vie. Elle n'avait bien sûr pas remplacé Naoko, mais elle comblait le vide que son absence m'avait laissé quand même. Ça aussi je ne m'y habituerai sans doute jamais.
- Merci pour tout tes bons conseils Keiko.
Elle me fit un énorme sourire, me prit dans ses bras comme une sœur l'aurait fait et m'embrassa la joue avant de me dire qu'elle devait y aller.
J'allai me mettre dans le lit, j'avais été prévenu que Madara ne viendrait pas dormir ici cette nuit, ni la suivante et probablement celle d'encore après puisqu'il était parti combattre les Senjus avec Izuna. Je priai pour que tout se passe bien, mais au fond de moi étrangement je me demandai ce qui arriverait s'il perdait la vie au combat ? Je repensai à notre conversation avec Keiko quelques minutes plus tôt. Comment pouvais-je avoir autant de pensées contradictoire quand tout aurait dû être si simple ? La logique aurait voulu que je le déteste de toute mon âme, et pourtant ce n'était pas le cas. Je devais être vraiment atteinte psychologiquement ces derniers temps pour ne pas être capable de penser correctement.
Je soufflai un bon coup en fermant les yeux, essayant de me détendre. Ça ne servait à rien d'y penser de trop, ni même d'essayer de me l'expliquer, je ne comprenais pas moi-même.
- Fuki-sama, chuchota une servante, voulez-vous que je vous ramène quelque chose à boire avant d'aller vous couchez ?
Une servante venait d'entrer doucement dans ma chambre et me fit sursauter tant elle n'avait pas fait de bruit.
- Oui, s'il te plaît, ce serait gentil de ta part.
Elle hocha la tête et partie en laissant la porte entrouverte pour ne pas faire trop de bruit à cause du bébé. J'attendis alors sagement qu'elle revienne m'apportant un grand verre d'eau. Puis elle me souhaita une bonne nuit avant de s'en aller fermant la porte cette fois-ci derrière elle.
Je me réveillai le lendemain matin en sursaut. Quelque chose clochait. Mon bébé n'avait pas pleuré de la nuit pour réclamer à manger. Et il ne dormait pas plus de quatre heures d'affilée dans une nuit. La première pensée qui me traversa fut que Dan était décédé dans la nuit. Je me levai alors en jetant les couvertures qui me tenaient au chaud courant vers le berceau.
Ce que je vis alors était bien pire que n'importe quel scénario que j'avais pu imaginer. Mon bébé n'était pas mort. Le berceau était vide. Il avait été enlevé en pleine nuit, alors que j'étais à côté et je ne m'en étais pas rendu compte. Mon cœur se serra et une ribambelle de sentiments me traversèrent à la fois et la seule chose que je pouvais faire en cet instant était de pousser un cri déchirant en m'effondrant au sol.
Chapitre 21, pas très long non plus mais je voulais absolument séparer le chapitre d'avant où "tout se passe bien" avec celui-ci où tout devient moins évident. J'espère que vous ne m'en voudrez pas de couper ici mais comme d'habitude il faudra être un peu patient :)
Malyss64: Merci comme toujours pour la review :) Comme quoi le grand méchant loup n'est peut-être pas seulement méchant :') j'espère que ce chapitre te plaira :) bisous
