Je réveillai le lendemain matin, ma tête me faisait atrocement souffrir, la seule chose que je me rappelai, ce fut les paroles d'Aika, la douleur que ça m'avait provoqué, et sûrement le malaise qui s'en était suivis.
Madara n'était pas là. Alors je me mis en position assise, essayant de me réchauffer du mieux que je le pouvais.
Peu de temps après mon réveil Madara était arrivé avec de la nourriture.
- Où étais-tu passé ?
- Parti, chercher à manger.
- Ce n'est pas ton genre de mettre autant de temps pour chercher à manger Madara. Ne me mens pas…
- Je suis parti pour essayer de trouver Dan.
Mon cœur fit un bond dans ma poitrine.
- Tu penses qu'il est encore en vie ?! Même après ce qu'Aika à dit ?
- Je ne crois pas à ses paroles. Sinon pourquoi aurait-elle pris la peine de kidnapper et non pas de lui tuer directement en le laissant dans le berceau ?
Je ne répondis pas. Il avait raison. Je regardai autour de moi. Aucune trace de son corps.
- Et… où est-elle ?
- J'ai emmené sa dépouille chez Kenji avant de le tuer.
Il avait tué Kenji ?!
- Tu l'as tué ?! Mais le clan va t'en vouloir et
- Pour l'instant, le clan ne le sait toujours pas et puis je n'allais pas laisser ce chien en vie. Maintenant tais-toi et mange.
- Mais Madara
- C'est un ordre, Fuki.
Il était nerveux, je le sentis. Je m'arrêtai de parler, son regard était planté dans le mien. Je ne devais pas le défier, je le savais. J'attrapai le repas qu'il me tendait. Ça sentait drôlement bon. J'étais sûre que c'était Keiko qui avait préparé ça. Soudain, une pensée me frappa.
- Est ce que c'est Izuna-sama qui s'occupe du clan en ton absence… Si tu le laisses aux rênes à cause de moi, tu peux partir et me laisser seule tu sais…
J'espérai de tout cœur qu'il refuserait, qu'il ne me laisse pas seule.
- Izuna est mort pendant la guerre. Alors… Il ne sera plus en mesure de s'occuper de quoi que ce soit.
Je m'arrêtai de manger, bien trop choquée. Izuna mort à la guerre ? ça devait être une terrible nouvelle pour Madara. Ils s'aimaient beaucoup tous les deux. Et il s'agissait aussi du seul frère qu'il lui restait. Et maintenant il perdait son fils.
- Je suis navrée…
- Je n'ai pas été… En mesure de protéger mon frère mais ce sera différent avec vous. Je créerai un monde de paix, où la guerre n'aura plus sa place. Tout le monde aura la vie qu'il désire et tout ça n'existera plus.
Il avait parlé les mâchoires serrées. Ça devait certainement lui coûter beaucoup d'avoir dû avouer qu'il n'avait pas pu sauver son frère. Lui, qui se disait le plus puissant des ninjas.
- Tu y arriveras, j'en suis sûre. Je suis désolée d'avoir seulement pu apporter de mauvaises nouvelles avec la disparition de Dan.
Il ne répondit pas, mais me regardait avec attention. Quelque chose me revint en mémoire, le parchemin.
- Madara, j'ai quelque chose à te donner.
- De quoi s'agit-il ?
- Tu te rappelles, de mon histoire… Mon clan, le sceau… Tout ça ?
- Et donc ?
- Keiko m'a ouvert le sceau.
Son regard fut tout autre, il m'écoutait avec la plus grande attention. J'en profitai pour sortir de la manche de ma veste le précieux parchemin, et le lui tendis, mais il ne s'en saisit pas tout de suite.
- Je n'aurai jamais imaginé te donner ça aussi facilement. Je ne sais pas si ses informations te seront utiles un jour ou pas. Mais, toi qui veux créer un monde nouveau, sans toutes ses atrocités… ça pourrait t'aider à comprendre au moins. J'ai envie que tu réussisses.
Il plissa les yeux comme s'il essayait de savoir si j'étais honnête ou pas et s'avança un peu et tendit la main. Il attrapa délicatement le parchemin le déplia et le lu attentivement. Je guettai toute réaction de sa part, mais comme à son habitude, il ne montra rien. Quand il eut fini de lire le parchemin, il me regarda avec grand intérêt.
- Je n'avais jamais entendu parler de cette histoire. Ça parle aussi du sharingan.
- Ça pourrait t'aider alors ? Pour créer le monde que tu désires ?
- Peut-être. Ça m'a donné une idée en tout cas.
Il planta son regard dans le mien avant de me dire.
- Merci.
Un mot. Un seul mot et pourtant ça me touchait comme s'il venait de me faire un compliment. Je lui fis un léger sourire et continuai de manger.
J'avais essayé de parler avec Madara de son « idée » un peu plus tard dans la journée, mais il ne dit rien. Je n'insistai pas trop ne voulant pas le contrarier.
Madara était reparti essayer de chercher notre fils, mais il était revenu sans lui et à chaque fois ma peine grandissait.
Plusieurs jours avaient passé, j'avais passé des nuits entières à pleurer. Je ne voulais pas me souvenir de tout ça. Madara me confortait comme il le pouvait, maladroitement. Il est vrai qu'il restait souvent avec moi et j'étais heureuse de ne pas être seule, mais je n'arrivai pas à vivre avec la perte de mon enfant.
Il revint tard le soir, il était encore parti à la recherche notre enfant. Il était furieux de ne pas réussir à le retrouver. Moi, j'avais abandonné, persuadée qu'il était mort et que je me faisais du mal à espérer…
J'étais allongée sur le sol quand Madara arriva. Il posa ses armes sur le sol et il me ramena comme à chaque fois à manger. De la nourriture que Keiko nous avait préparé. Il m'expliqua que son clan commençait à poser beaucoup de questions, à se révolter, car Madara n'était plus constamment avec eux et ils craignaient une attaque des Senju. Mais il fit le choix de rester avec moi quand même et ça comptait beaucoup à mes yeux.
Je venais de finir de manger mon plat et je ne sais pas ce qu'il me prit, mais j'avais une folle envie de l'embrasser. Devais-je le faire ? Après tout, je n'avais plus grand chose à perdre. Je décidai de me laisser dicter par mes sentiments et m'approchai de lui, m'assis sur lui et déposai mes lèvres sur les siennes, il se laissa faire, docile, répondant doucement à mon baiser. C'était la première fois qu'on s'embrassait de cette manière, et une petite larme roula sur mon visage jusqu'à venir sur nos lèvres qui étaient toujours en contact. Je me reculai haletante. Les yeux fermés. J'aurai tellement aimé que tout soit entièrement différent.
Je plaçai ma tête dans le creux de son cou, comme si j'essayai de chasser toutes mes peurs, toute ma peine. J'aurai aimé pouvoir avoir une vie normale avec lui, Dan, et ce monde de paix qu'il voulait tant créer. Oui. J'aurai adoré.
- J'aurai aimé connaître de ce monde paix que tu veux tant construire Madara. Je suis sûre que tu aurais fait de ce monde quelque chose de magnifique.
- Comment peux-tu dire ça après tout ce que j'ai pu te faire vivre ?
- Tu n'es pas un ange, loin de là. Mais tu fais tout ce que tu peux pour sauver ta famille, et tes intentions de faire de cet endroit où nous vivons un monde meilleur, prouve que tu n'es pas insensible et horrible comme tu essayes de le laisser paraître. J'aurai aimé connaître et vivre ce monde à tes côtés. Comme ta femme, de mon plein gré, avec notre fils.
Je plaçai ma tête en face de la sienne à nouveau et déposa un léger baiser sur ses lèvres avant de me lever légèrement et l'embrasser sur la joue avant de retourner m'allonger, une fois encore.
Trop fatiguée pour rester éveillée, je tombai dans les bras de Morphée, un peu plus légère que les derniers temps et le cœur encore brûlant après le geste d'amour que j'avais reçu aujourd'hui.
Le lendemain matin, je me réveillai et Madara n'était plus à mes côtés, comme à son habitude. Mais il m'avait couverte avec une couverture que Keiko lui avait donné une fois. Je souris bêtement, heureuse qu'il ait eu ce geste pour moi. Il m'impressionnait ces temps-ci et dans le bon sens du terme malgré toutes les mauvaises choses qui nous arrivaient.
Madara revint dans l'après-midi, mais cette fois-ci sans repas, et toujours sans notre fils.
Je ne voulais pas me remettre à pleurer aujourd'hui, pas après la soirée d'hier. J'avais eu bien trop de larmes dans ma vie alors je me décidai à simplement le remercier pour la couverture de ce matin.
- Merci de m'avoir couverte, quand tu es partie ce matin.
- Ça n'était pas ce matin, mais hier soir. Tu tremblais de froid.
Ça me touchait beaucoup de voir qu'il avait pris soin de moi la nuit. J'étais profondément reconnaissante.
Nous parlâmes un peu de chose et d'autres, je lui demandai des nouvelles de Keiko, il me dit qu'elle allait bien et ce fût tout. Je n'insistai pas ne voulant surtout pas qu'il s'énerve après moi, pas après la soirée que nous avions passée.
La journée passa rapidement Madara m'emmena avec lui pour aller chercher des fruits, car j'avais faim et il n'était pas encore allée voir Keiko pour qu'elle lui donne à manger. Finalement, j'étais partie me coucher me sentant triste une fois de plus et voulant oublier ce sentiment.
Je fus réveillé par Madara, je me demandai ce qui se passait, mon cœur s'affolait, nous étions en pleine nuit et ce n'était pas son genre de me réveiller ainsi.
- Madara qu'est ce qui se passe ?
Il ne me répondit pas le moins du monde et m'emmena hors de la grotte, armes avec lui. Il marchait devant moi tenant ma main fermant dans la sienne qui était bien plus grande. Je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que quelque chose n'allait pas. Ça ne pouvait pas être quelqu'un qui nous attaquait. Madara ne fuirait pas ainsi, et puis il était un shinobi craint de tous, alors si quelqu'un devait attaquer ils le feraient avec tout un clan.
J'essayai de garder le rythme, j'avais l'impression de courir derrière lui tant il marchait vite. Il le remarqua et changea l'allure de façon à ce que nous marchions quasiment l'un à côté de l'autre. Il devait sentir que j'étais tendue. Il s'arrêta finalement en plein milieu de la forêt.
- Madara… Qu'y a-t-il ? Parle-moi, je t'en prie…
Il ne prononça pas un mot. Il se contenta de déposer sa main droite sur la joue ma joue, délicatement. Je m'apprêtai à lui demander une nouvelle fois ce qui lui arrivait, mais je fermai la bouche directement quand je vis ses pupilles virer au rouge. Ses pupilles qui avaient hanté mes nuits quand je venais à peine d'arriver dans son clan. Seulement cette fois-ci ce n'était plus trois virgules qui étaient dedans, mais une autre forme que je n'avais jamais vue avant. Je commençai à trembler. Je ne compris pas le moins du monde où il voulait en venir.
Ses pupilles s'écarquillèrent d'un coup une douleur atroce me parcourus dans tout le corps, je sentis que je perdis toutes mes forces. « Alors c'est la fin ? » Ce fut la seule chose que je fus encore capable de penser avant que mon corps se laisse aller. Puis plus rien. Le néant.
Voilà le chapitre 24, j'espère qu'il vous plaira ! :) D'ailleurs le prochain c'est l'épilogue ! Donc voilà cette histoire touche à sa fin. J'ai hâte de finir celle que j'écris en ce moment pour pouvoir poster à nouveau, mais avec les cours etc ça me prend plus de temps que prévu :'(
A la semaine prochaine !
Malyss64: Exactement, il le voulait tellement son fils ! Et justement être parents ça créer un lien :) bisous :) J'espère que ça te plaira.
