Commentaire de l'auteur : Alors, tout d'abord, je voudrais vous dire merci ! J'ai à peine le temps de poster deux chapitres que j'ai déjà droit à des reviews enthousiastes, et ça me fait vraiment plaisir ! Sinon, je voulais aussi vous dire que cette fiction ne sera pas une Bethyl pure. En fait, je voulais faire quelque chose d'un peu différent, créer un triangle amoureux. Et comme j'aimais beaucoup le personnage de Merle, j'ai décidé de le reprendre. Rassurez-vous, il y aura du Bethyl, je ne veux pas déjà spoiler toute ma fiction, mais je peux vous dire que ça va arriver, c'est simplement le temps pour moi de mettre tout en place ;) Au niveau de l'écriture j'en suis actuellement au chapitre 10 et encore loin de la fin de l'histoire ^^ Comme mes chapitres sont relativement courts, j'avance vite, je peux donc vous promettre que je finirai cette fiction (pour ceux qui sont frustrés quand ils commencent une fiction et ne peuvent jamais en lire la fin (je suis comme ça aussi, vous n'êtes pas seuls!)). Voilà, alors j'espère qu'elle vous plaira, même si elle est un peu différente. Enjoy! :)
Chapitre 4
Je récupère le linge que j'avais pendu un peu plus tôt et rentre à l'intérieur. Au milieu du bloc C, je m'arrête, dépose le panier et me mets à la plier machinalement.
J'entends un bruit de porte en métal qu'on ouvre et Maggie apparaît devant moi. Elle a les mains pleines de sang et ses vêtements sont tâchés d'éclaboussures.
- On peut dire que ces rôdeurs sont tenaces ! dit-elle, de manière presque enjouée.
- Oui.
- Comment va Judith ?
En fait, Judith est malade. Elle n'arrête pas de tousser. Mais j'évite tout de même la question de Maggie.
- C'est Carol qui s'occupe d'elle, dis-je.
Maggie s'approche de moi et regarde mon visage.
- Beth, tu es sûre que ça va ? dit-elle, avec un air inquiet.
- Bien sûr ! réponds-je, peut-être avec un peu trop d'enthousiasme. Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Tu sembles préoccupée.
- Non, dis-je, avec un sourire forcé. Tout va bien, ne t'inquiète pas.
Elle me sourit à son tour puis se dirige vers les douches, probablement pour aller se laver.
Je me mords la lèvre. J'ai menti à Maggie.
En fait, je pense en permanence à Merle. Et à ce qu'il m'a dit. Surtout à ce qu'il m'a dit.
Après le choc initial, je m'attendais à ce qu'il me fasse tout un discours, mais ça n'a pas été le cas, il est simplement sorti, me laissant seule avec mes doutes.
Et puis, il a disparu. Il est parti hier soir, et on ne l'a toujours pas revu. Je m'inquiète pour lui. Personne ne s'est encore aperçu de sa disparition parce qu'il avait parfois l'habitude de passer une nuit dehors, avant. Il revenait à l'aube et ramenait du matériel.
Mais ce matin, il n'est pas revenu.
J'hésite à le dire à Daryl, mais je sais qu'il me demandera des explications, et je ne peux pas lui raconter ce qu'il s'est passé. Merle doit bien avoir le double de mon âge, et je n'ose même pas imaginer la réaction de Maggie. Non, je ne peux pas lui dire.
Il va revenir.
Je ferme les yeux et prie pour que Merle s'en sorte, et qu'il revienne.
...
Le lendemain, je me lève aux aurores (de toute façon, j'étais déjà réveillée, je n'ai pratiquement pas dormi), je m'habille rapidement et je sors dans la cour. Rien, il n'est pas là.
Je prends mon couteau et passe derrière le bâtiment. Je crie :
- Merle !
Mais je n'obtiens pour réponse que le grognement d'un rôdeur qui 'dormait' au pied de la grille.
Je termine mon tour du bâtiment et je tombe sur Daryl, qui vient de sortir dans la cour.
- Tu te lèves tôt ! dit-il.
Je voudrais lui sourire, lui mentir, lui dire que j'avais besoin d'aller au toilettes, et puis faire semblant de retourner me coucher, mais je n'y arrive pas. C'est plus fort que moi, je suis trop inquiète. Et je sais que j'aurai besoin d'aide pour partir à la recherche de Merle s'il ne revient pas de lui-même.
- Daryl, je...
Il s'arrête et me regarde.
Je cherche mes mots, mais rien ne vient. Je ne sais pas comment lui expliquer ça sans me trahir.
Je souffle un bon coup et décide de lui dire en une fois :
- Je crois que Merle est parti.
- Oh, c'est qu'ça, répond-il. Non, t'inquiètes, il va revenir.
- Daryl, il est parti depuis deux jours !
Il détourne son regard de la flèche qu'il tient en main et me regarde, une fois de plus.
- T'en es sûre ? me demande-t-il, d'une voix soudainement plus anxieuse.
- Oui. Il faut qu'on aille le chercher.
- Qu'on aille le chercher ? Mais où tu veux qu'on aille ? J'ai aucune idée de l'endroit où il a pu aller, réplique-t-il.
- Moi si.
...
Daryl, Rick, Tyreese et moi nous dirigeons lentement vers les ruines de Woodbury.
L'endroit semble désert, mais on entend bien des grognements de rôdeurs. Daryl ouvre la marche et tire sur les zombies qu'il voit apparaître, et Tyreese a une hache pour quand il y en a trop. Moi je me débrouille avec mon petit couteau. Rick est surtout là parce qu'il connait les sous-sols de la ville, et parce que c'est Rick. Il a prit deux revolvers et un couteau. Pourtant, il ne tient en main que le couteau.
Nous avançons sans bruit jusqu'au mur d'enceinte de la ville. Il n'est plus infranchissable depuis que la ville a été abandonnée. Nous nous faufilons à travers un trou dans le grillage et Daryl descend deux rôdeurs. Curieusement, il ne semble pas y en avoir plus à l'intérieur.
Je tends l'oreille. J'entends un bruit de verre.
- Vous avez entendu ? demande-je.
Daryl acquiesce, mais Rick et Tyreese nous questionnent du regard.
- Il n'est pas dans un sous-sol, dis-je. Sinon on n'entendrait pas aussi bien le verre.
- Où est-ce qu'il aurait encore pu trouver de l'alcool ? demande Daryl.
- Le Gouverneur avait une réserve. Seuls Merle et son autre bras-droit, l'hispanique, avaient la clé, dit Tyreese.
- Montre-nous où c'est, dit Rick.
Tyreese hoche la tête et nous fait signe de le suivre. Il nous amène devant une porte où a été peinte une croix rouge. Un cadenas et une chaîne jonchent le paillasson, et la porte est entre-ouverte.
Daryl rentre le premier, son arbalète en joue. La pièce est pratiquement vide, il n'y a qu'une table, deux chaises et une petite lampe. Nous rentrons et refermons la porte derrière nous. Je tends à nouveau l'oreille. Une voix arrive jusqu'à moi. C'est une voix d'homme. Il est saoul et il chante. Cette voix, je la connais.
C'est celle de Merle.
...
Daryl pousse la seconde porte avec une douceur rare. Il lève son arbalète et se retrouve nez-à-nez avec le pistolet que Merle pointe sur lui.
- Ahahaha, rigole Merle, comme on se retrouve, p'tit frère !
Il tourne ensuite la tête vers nous.
- Oh, mais je vois que tu as amené toute ta petite clique avec.
Son regard s'attarde un peu sur moi mais il ne dit rien.
Il rit à nouveau et je regarde autour de lui. Il y a plusieurs bouteilles vides et un autre pistolet. Je me demande si Merle avait réellement prévu de ne pas revenir. Ce que je vois ressemble à un suicide. Ou à un homme qui ne sait plus dans quoi se réfugier. D'un seul coup, je me sens coupable et je veux lui venir en aide.
- Merle, commence Daryl, pose ton pistolet, s'il-te-plaît.
Merle obéit et jette son pistolet à terre. Daryl baisse son arbalète et s'approche de lui.
- Lève-toi, on rentre, dit Daryl en tirant sur le bras de son frère.
Merle rit à nouveau et boit une gorgée de ce qui me semble être du whisky.
- Nan, c'est bon, laissez-moi là.
- Merle, joue pas au con, dit Rick. On est venu te chercher, on a pris des risques pour toi, maintenant, tu vas venir avec nous.
Merle lève les mains et regarde Rick d'un air innocent.
- Mais je vous ai rien demandé, moi !
Je tire Daryl à part et lui dit :
- Laisse-moi deux minutes avec lui.
- C'est trop dangereux, répond-il. Il pourrait te frapper.
- Je sais me défendre. Et c'est lui qui m'a entraîné, je connais ses coups et ses attaques. Mort plein comme il est, il ne pourra pas me faire grand-chose.
- Ok, répond Daryl. T'as deux minutes, pas plus. Et on t'attendra derrière la porte. S'il te fait quoi que ce soit, tu hurles et je rapplique.
- Merci, dis-je.
- Oh, et, Beth... Si jamais ça peut t'aider, essaye avec Clara.
Je l'interroge du regard, mais il s'éloigne et je n'ai pas le temps de lui demander qui est Clara.
...
Daryl referme la porte derrière lui et je la bloque avec une chaise. Ce n'était pas prévu dans le plan, mais je tiens vraiment à ramener Merle.
En me voyant faire, il se lève.
- Hum, d'accord, je vois... Intéressant...
Il retire son t-shirt en manquant de s'étaler par terre. Il a un sourire pervers qui me met mal à l'aise, mais je fais abstraction de ça.
- Combien de temps on a, trésor ?
Je m'avance vers lui et le repousse pour qu'il s'asseye. Il est tellement saoul qu'il n'essaye même pas de résister.
- Rhabille-toi, Merle, je ne coucherai pas avec toi aujourd'hui, lui dis-je d'un ton autoritaire.
Il semble déçu et reprend sa bouteille. Il la porte à sa bouche, mais je la lui arrache des mains avant qu'il ait pu boire quoi que ce soit. Je la lance contre le mur.
- C'est pas vrai, c'était la dernière ! s'énerve-t-il.
- Tu as assez bu pour aujourd'hui ! dis-je.
Je m'agenouille en face de lui et prends un air plus calme.
- Merle, écoute-moi. Je tiens à toi, vraiment, et je ne veux pas que tu restes seul ici. Je me suis inquiétée pour toi, on s'est tous inquiétés pour toi. Maintenant, on est venu te chercher, alors je te le demande, rentre avec nous, s'il-te-plaît.
Merle ne sourit plus. Il me regarde d'un air glacial, comme s'il me reprochait tous ses maux.
- Si tu veux pas que je reste seul, t'as qu'à rester avec moi. On pourra... s'amuser.
Il se remet à rire et je comprends alors que je n'en tirerai rien. J'ai devant moi le connard qui a torturé Glenn, pas l'homme qui m'a appris à me battre.
Je donne un coup de pied dans les pistolets pour les envoyer loin de nous, puis je rassemble tout mon courage et je gifle Merle.
Il réagit au quart de tour.
- Mais ça va pas ? T'es malade ?!
Je le laisse s'énerver une minute, puis je le regarde droit dans les yeux.
- Viens avec nous, Merle.
- Va te faire foutre !
- Et si c'était Clara qui te le demandait ?
...
J'entends Daryl frapper à la porte et cours l'ouvrir. Merle ne bouge plus, il a baissé les yeux et semble complètement abattu.
- Alors ? demande Daryl.
Je me tourne vers son frère et souris tristement.
- Il va venir avec nous. Mais je ne suis pas certaine qu'il puisse marcher droit.
Merle se lève et sort de la pièce sans un regard. Je ramasse les pistolets et nous rentrons. Etrangement, l'aîné Dixon semble moins saoul, tout d'un coup. Comme si ce que je lui avais dit lui avait fait l'effet d'un seau d'eau froide sur la tête.
...
Une fois rentrés, Merle rentre dans sa cellule et n'en sort plus. Je suis Daryl jusqu'à l'armurerie.
- Bien joué pour tantôt ! Je sais pas ce que tu lui as dit, mais ça a marché.
- Je n'ai rien dit... J'ai simplement prononcé le prénom que tu m'avais donné.
Daryl ne dit rien et frotte ses flèches. Il a un air dur, lui aussi. Je m'assieds à côté de lui.
- Qui est Clara ? demande-je.
Il lève la tête et je vois son regard se perdre dans le vide. Cette fille a l'air de signifier quelque chose pour lui aussi.
- C'est la seule fille que Merle ait jamais aimé, commence Daryl. Elle était magnifique. Elle travaillait dans un bar, elle était serveuse. Sauf qu'on sortait toujours en bande, avec pleins de mecs, et que Merle avait toujours besoin de se montrer supérieur à tout le monde. On était tous débiles, mais Merle était particulièrement con. Il la traitait comme une merde pour faire rire tout le monde, et il était incapable d'avouer qu'il l'aimait. Un jour, il est sorti tout seul et je l'ai suivi. Je les ai vus ensemble, mais je n'ai rien dit. Après tout, c'était sa vie. Pourtant, il continuait à la traiter comme une pute devant sa bande. Et un jour, elle en a eu marre. Elle lui a demandé de la respecter, mais ce jour-là, Merle avait un sacré public : mon vieux était là. Il l'a envoyé se faire foutre pour montrer qu'il n'avait peur de rien, et elle est partie. Après ça, il est resté enfermé dans notre vieille cabane pendant deux semaines, il a perdu plusieurs kilos, puis il est parti, et je ne l'ai revu que l'année suivante.
- Qu'est-ce qu'il a fait pendant un an ?
- Il était allé la retrouver, mais elle était avec un autre. Elle lui a dit qu'elle l'aimait encore, mais qu'elle devait penser à son bien et arrêter de le voir. Alors il est revenu. Et je crois qu'il ne l'a plus jamais revue depuis.
...
Je pousse le rideau de la cellule de Merle et je me faufile à l'intérieur. Il est couché sur son lit, mais ne dort pas. Il ne se tourne pas vers moi, il ne bouge pas. Je m'assieds sur le bord du lit et le regarde.
- Merle ? Ça va ?
Il hoche la tête, mais n'en dit pas plus. Ses yeux sont d'une telle tristesse que j'ai envie de pleurer avec lui.
Je me couche doucement sur le lit, à côté de lui et pose ma tête sur son torse. Je prends sa main et la caresse doucement.
- Je suis désolée... dis-je.
Il me regarde et me sourit.
Puis, sans vraiment pouvoir expliquer pourquoi, je me glisse sur lui et l'embrasse. Quand je relève la tête, il me questionne du regard. J'enlève alors mon t-shirt et lui lance un sourire langoureux.
- Qu'est-ce que tu fais ? demande-t-il.
Je me penche vers son oreille et lui murmure tout doucement :
- Je crois qu'il se pourrait bien que je t'aime aussi.
- Je croyais que tu ne voulais pas coucher avec moi aujourd'hui ? dit-il, ironique.
- J'ai changé d'avis.
