Savourer un thé après une longue journée pluvieuse tout en regardant le ciel extérieur s'assombrir...
La neige manque cruellement au décor !
Je vous envie si vous en avez déjà...

Quoi qu'il en soit, j'espère que vous vous portez tous très bien !
En raison de la note de mon précédent chapitre, je n'ai pas pris le temps de vous remercier pour vos avis concernant celui-ci, et je le fais donc maintenant.
En guise de ma gratitude, voici un Cupcake !

Je m'excuse cependant du retard de ce chapitre, ma connexion ayant eu un problème au moment de la publication, il se trouve que celui-ci fut entièrement effacé... Comprenez que j'ai pris du temps à m'en remettre..!

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture...


« Zoro... »

Un appel lointain retentit dans son subconscient. Une voix, un écho presque imprescriptible qui semblait s'éloigner, avant de se rattraper de justesse dans un ouragan de sons et de sursauts...

« ...Il reprend connaissance... Faites le venir... »

Les paupières du jeune homme aux cheveux verts papillonnaient par moment, sans réellement voir ce qui se déroulait autour de lui. Il tremblait, comme un enfant faisant un cauchemar, comme un animal apeuré ayant vu une chose que seul lui était capable de distinguer dans la pénombre de la nuit... Tel un spectre absent qui pourtant semblait si proche.

« ...Zoro, est-ce que vous m'entendez ? »

Il tenta d'ouvrir les yeux.
Les ombres se mélangeaient entre elles, se troublaient, formant des visages imperceptibles et des plus équivoques, déambulant autour de lui avec alanguissement dans une aura sombre et angoissante qui le faisait tressaillir, ses doigts se resserrant impérativement sur ce fin tissu qui recouvrait le lit sur lequel il se trouvait dès lors allongé.
Un visage fini alors par se distinguer de l'incertitude de ce brouillard opaque, bien qu'aux contours nébuleux, une main inconnue passant indistinctement devant ses paupières entrouvertes par l'incompréhension.

« Je suis... »

« Vous êtes dans mon cabinet. »

Ah, oui, cette voix... Il la reconnaissait. Ses yeux se fermèrent pour se rouvrir de manière plus nette une poignée de secondes plus tard, plissant légèrement ses paupières d'un air incertain, hagard.

« Nous sommes dimanche et il est dix heures trois. Vous êtes avec moi.. ? »

L'écho que formait la voix du Docteur Tony Tony Chopper devint légèrement plus fluide, les sourcils de Zoro venant se froncer quelque peu alors qu'une lumière criarde passait devant ses yeux, le petit médecin semblant s'être armé d'une lampe de poche afin de vérifier ses réflexes oculaires.

« Je... suppose... »

Articula le vert qui retrouvait lentement ses esprits, ses mains relâchant peu à peu les draps blancs sur lesquels il se trouvait allongé, les apportant en direction de ses paupières qu'il massa du bout des doigts de manière imperceptible.

« On dirait que venir ici est devenu dans vos habitudes... »

Poursuivit le jeune médecin tout en se redressant, venant ranger sa petite lampe de poche dans un tiroir alors qu'il prenait place sur un fauteuil en face de Zoro, celui-ci terminant par se redresser sur le lit sur lequel il avait été installé. Autour de lui, tout était clair, lumineux, limpide.
Et pourtant, tout semblait terriblement sombre...
Il n'avait pas réellement conscience de ce qu'il s'était produit précédemment, mais cependant, il savait exactement la raison de sa venue sur ces lieux devenus si familiers...

« Luffy. »

Le prénom de son collègue s'échappa d'entre ses lèvres suite à son souvenir de la vieille qui surgit en son esprit de manière brute malgré lui.

« Il a quitté le cabinet il n'y a pas moins d'une heure. Vous l'avez manqué de près… Il est resté toute la nuit à vos côtés, c'était impossible de le faire bouger de place ! Vous l'avez terriblement inquiété, vous savez… »

Un soupir agacé vint engendrer les propos du médecin de la part de Zoro. Un soupir lourd, dépité, nerveux. Si Luffy avait été témoin de sa perte de conscience précédente en compagnie d'Usopp, celui-ci aurait sans aucun doute expliqué à son ami d'enfance qu'il avait réagit de la même manière, quelques jours auparavant dans la grande avenue... Sans mentionner le fait qu'il avait sans aucun doute, par le même billet, parlé de ses venues hebdomadaires chez son psychologue…
Ses mains se resserrèrent impérativement sur ses propres genoux, parcouru d'un frisson bâti de nervosité.

C'est alors que l'écho d'une personne frappant contre la porte en verre sablé vint arracher Zoro de ses obscures réflexions, son regard se tournant machinalement en direction de celle-ci alors que deux silhouettes difficilement distinguables semblaient se tenir derrière sa vitre embrumée, lui faisant prendre une mine perplexe, sur la défensive.

« Vous pouvez entrer. »

Il ne fallut qu'une maigre poignée de secondes avant que la porte ne s'ouvre suite à l'accord du jeune médecin, les deux nouveaux arrivants qui se tenaient derrière celle-ci venant rentrer l'un après l'autre dans la salle de consultation.
La première silhouette était une jeune infirmière aux cheveux verts pâles attachés en chignon, tenant contre elle un carnet de documents qu'elle serrait précieusement entre ses mains, un léger sourire animant son doux visage dont le mystérieux regard incitant à la curiosité était dissimulé derrière d'épais verre de lunettes rondes des plus originales.
La seconde, en revanche, était un peu moins inconnue et prévisible pour Zoro, ses yeux s'écarquillant subitement dans mélange d'incompréhension et d'une désorientation des plus totales face à ce nouvel individu qui se dressait dès lors devant lui, un éternel sourire tiraillé entre l'amusement et l'amabilité venant former une légère courbe avec ses lèvres.

« On m'a dit que vous m'aviez appelé. »

Les poings du jeune homme aux cheveux verts se serrèrent malgré lui à l'entende de la voix de son psychologue qui venait d'apparaître dans la salle de consultation, vêtu de l'un de ses éternels costumes sombres, seul sa chemise d'une couleur lavande se distinguant de l'obscurité de son veston ainsi que de ses chaussures, éternellement bien cirées.
Il n'avait pas changé depuis leur dernière rencontre. Toujours aussi bien coiffé, sa posture restant impérativement droite et élégante, sans négliger son regard d'un bleu qui lui sembla étrangement éclairci en différence de leur dernier échange, la luminosité pâle de la pièce devant probablement jouer avec les teintes de celui-ci.

« Qu'est-ce que ça veut dire ? »

Grinça Zoro tout en se tournant en direction de son médecin qui semblait prendre une mine mal à l'aise face au regard hostile que venait de lui lancer son patient.

« Il nous a effectivement été transmit que vous désiriez voir votre psychologue lors de votre malaise de la veille... J'ai donc demandé à Mademoiselle Monet de le faire venir. » Commença le jeune homme aux cheveux châtains sous l'incompréhension totale de Zoro. « Nous avons également partagé des informations à votre sujet... »

« Je n'ai jamais... »

Commença le vert avant d'être interrompu par la voix de KuroAshi qui s'était avancé d'un pas dans la pièce, se plaçant aux côtés du jeune médecin.

« N'êtes-vous pas enchanté de me revoir ? »

Questionna-t-il d'un air détaché et faussement bouleversé, chose qui eut lieu d'irriter au plus haut point le jeune homme aux cheveux verts qui resta silencieux, lui lançant un regard assassin et rempli de reproches.

« Je vais vous laisser, il faut que je m'occupe d'urgence d'un second patient arrivé un peu plus tôt... »

Poursuivit Tony Tony d'un air concerné tout en regardant le carnet que la dites infirmière du nom de Monet lui avait tendu avant de se diriger en direction de la porte en compagnie de la jeune femme, laissant le psychologue et son patient seuls en tête à tête dans un silence des plus absolus et oppressants...

« Alors, dites-moi, comment vous sentez-vous ? »

Questionna le jeune homme aux cheveux blonds tout en appuyant son dos contre le rebord du bureau du jeune médecin qui venait de refermer la porte vitrée derrière lui, venant croiser ses bras sur son torse.

« Fatigué... »

Soupira Zoro après une poignée de secondes, venant se gratter la nuque d'une main hasarde et distraite tout en fronçant les sourcils. L'atmosphère qui animait la pièce avait comme changée brusquement lors du départ du jeune médecin ainsi que de l'infirmière, l'air semblant s'être mélangé subitement, telles des aquarelles, afin de former une couleur dès lors étrangère aux yeux du jeune homme aux cheveux verts.
Une couleur méconnue, inhabituelle, incertaine… Mais des plus agréables à contempler...

« Vos crises de panique n'ont fait que s'accentuer. Je me trompe ? »

Un silence engendra les propos du blond. Comment était-il au courant ? Zoro se crispa sur son lit, prenant une mine agacée.

« …Vous avez parlé à Luffy ? »

Finit-il par questionner le patient en guise d'unique réponse, son regard livide s'entrechoquant avec celui de KuroAshi.

« Je n'en ai pas mes raisons. »

Le jeune psychologue finit par se mettre en mouvement, venant s'emparer d'une chaise qu'il plaça en face de son patient, à une distance qui sembla bien trop peu limitée aux yeux de celui-ci, faisant grincer ses dents.
Quel était ce sentiment désagréable, cet agacement montant en son être et s'emparant sans cesse de son esprit qui le mettait dans un tel état d'irritation constante lorsqu'il se trouvait en compagnie de son psychologue...
Cependant il n'y avait pas que cela qui abritait dès lors son inconscient, et ça, il le savait parfaitement. Toutefois, il était comme incapable de reconnaitre la vivacité de cette autre émotion qui naissait ainsi en lui face à sa présence, et ce à sa plus grande importunité…

« Ce qui m'intéresse n'est pas la pensée de votre ami, Zoro, mais bien la vôtre. »

S'apprêtant à le corriger en ce qui concernait son appellation, Zoro fut interrompu dans son élan par que le psychologue qui reprenait d'ores et déjà tout en croisant l'une de ses jambes par-dessus sa seconde

« J'ai parlé à votre médecin au sujet de votre demande vis à vis de cette autre technique de travail que je vous avais mentionné lors de notre dernière séance. »

Perplexe, les sourcils du vert s'haussèrent d'eux même.

« L'hypnose ? »

Le dos du psychologue s'appuya contre le dossier de sa chaise, poursuivant d'un air détaché.

« Comme je vous l'avais expliqué, votre cas n'est pas des plus favorables, en tant que nouveau patient. »

Un soupir agacé s'échappa d'entre les lèvres du jeune homme aux cheveux verts alors qu'il détournait le regard, chose qui ne fit qu'étirer le rictus mal dissimulé de KuroAshi.

« Mais en raison de votre état actuel, l'option de l'hypnose à donc en effet été admise. »

Les yeux du vert s'arrondirent quelque peu suite à ces quelques mots, ceux-ci reposant lentement sur le visage pâle du psychologue qui restait immobile, le considérant silencieusement de ses prunelles céruléennes.

« Vous déconnez ? »

S'enquit-il d'un air surpris et légèrement accusateur, songeant qu'il ne serait pas même étonnant de la part de ce gosse de riche de se payer de sa tête de la sorte pour son plaisir personnel…

« Vous m'en croyez capable.. ? »

Questionna le blond en retour du manque de confiance de son patient d'un air qui semblait presque provocateur en raison de son demi sourire qui venait de se dessiner sur ses traits fins que Zoro ignora tout bonnement, reprenant d'un air détaché, les poings serrés.

« L'attente aura été courte... »

« Vous sembliez si impatient... »

Renchérit le jeune psychologue d'une voix lente et articulée tout en heurtant de son œil unique le regard cendré de son patient qui fit grincer ses dents malgré lui, son cœur venant sursauter contre son gré dans sa cage thoracique alors qu'il s'égarait l'espace de quelques secondes dans les océans tumultueux qui composaient cette prunelle pétillante et noyée de réticence qui le considérait silencieusement…

Le bruit de la porte qui s'ouvrit subitement derrière lui se fit alors se retourner le jeune homme aux cheveux verts dans un sursaut qui l'arracha de ses réflexions, apercevant de ce fait une seconde fois le Docteur Chopper qui venait de faire irruption dans la pièce, seul cette fois-ci, KuroAshi se redressant de sa chaise qu'il remit à sa place silencieusement, derrière le bureau.

« Vous vous en allez ? »

Questionna le petit médecin alors que le psychologue s'avançait en sa direction, tout sourire.

« J'ai un rendez-vous dans moins d'un quart d'heure, et je n'oserais m'y appointer en retard. »

« Ah ! Bien entendu. Dans ce cas, à une prochaine fois.. ! »

La main hésitante du jeune médecin apparue hors de la manche de sa blouse blanche trop grande pour lui, se tendant en direction du psychologue qui vint la serrer d'un air amical avant de s'avancer en direction de la porte vitrée.

« Nous nous voyons demain, Monsieur Roronoa. En espérant vous revoir en forme. »

S'enquit-il tout en ouvrant la porte dans un sourire lumineux et des moins naturels qui fit grimacer le vert alors que le jeune homme aux cheveux blonds disparaissait dans l'imposant couloir, la porte se refermant silencieusement derrière sa silhouette distinguée que Zoro suivit silencieusement d'un regard distrait.
Ce type... Comment était-il capable de changer ainsi d'expressions en si peu de temps ?
Il passait de ce regard rempli de mystères indéchiffrables et d'une profondeur qui lui en troublerait l'esprit à un sourire rempli d'enthousiasme d'une personne tout à fait dans la norme, comme si lui-même avait des troubles de la personnalité… C'était l'hôpital qui se fichait de la charité, songea Zoro tout en prenant une mine irritée alors qu'il lâchait un lourd soupir.
Il leva ensuite son regard en direction de son médecin, celui-ci ayant un large sourire gravé sur son visage parsemé de tâches de rousseurs, ses yeux noisette pétillant légèrement malgré lui alors qu'il restait un instant devant la porte, comme plongé dans ses propres réflexions.

« Docteur Chopper.. ? »

Questionna Zoro, arquant un sourcil dubitatif.

« Oh, pardonnez-moi.. ! »

S'excusa le jeune homme châtain tout en sursautant légèrement, songeant alors à s'avancer en direction de son bureau.

« Cela faisait longtemps que je ne l'avais plus vu en vrai... KuroAshi. » Commença-t-il d'un air songeur, prenant place à son bureau. « Nous étions en études de psychologies ensemble. À cette époque, je n'avais jamais osé lui adresser la parole. Il était réellement célèbre, pour ses notes et ses thèses... Je dois avouer l'avoir toujours grandement admiré. » L'attention du médecin se reposa sur son patient, un léger sourire étant venu étirer ses traits. « Vous avez été chanceux qu'il vous accepte. Nombreuses personnes tentent de prendre rendez-vous avec lui, mais le fait qu'il soit surchargé de patients l'en empêche malheureusement. »

L'expression de surprise qui se dessina sur le visage de Zoro ne fut pas difficile à distinguer. Bon nombre de personnes avaient des problèmes probablement bien plus accentués que les siens, alors pourquoi... Pourquoi l'avait-il immédiatement accepté en tant que patient ? Pourquoi l'avait-il même presque poussé à venir...
Se plongeant dans ses réflexions, Zoro ne prêta pas attention à son médecin qui s'excusait dès lors d'un air embarrassé en raison du fait qu'il parlait sans doute beaucoup trop, perplexe par ce questionnement dont la réponse lui échappait à sa plus grande insatisfaction...

« Bon, si vous voulez bien, je vais vous demander de compléter cette fiche... Je vous conseille de rentrer chez vous et de vous reposer encore jusqu'à demain vous en avez cruellement besoin. Et surtout, évitez de boire trop d'alcool, le taux de celle-ci se trouvant dans le prélèvement de sang que nous vous avons fait semblait fortement élevé... »

Un prélèvement de sang ? Cela ne lui avait pourtant pas été mentionné...Cependant, il s'en moquait un peu. Que l'on le vide de son sang lors de son sommeil ou que l'on lui retire des organes ne le préoccupait pas plus que ça... Tant qu'il pouvait rentrer chez lui entier extérieurement, cela ne le dérangeait pas.
Zoro compléta ledit document que lui tendait le médecin d'un air effacé, épuisé par les événements récents.

« Oh, et un autre détail Zoro... »

Poursuivit le châtain tout en venant poser ses larges lunettes sur son petit nez légèrement rougi.

« Je dois également vous annoncer que vous êtes en arrêt de travail pour un période indéterminée. Décret de votre médecin. »

Les yeux de Zoro s'écarquillèrent subitement face à ses propos avant que son regard ne s'embrase, ses sourcils se fronçant d'eux même.

« Un arrêt de travail.. ?! »

S'exclama-t-il tout en se redressant, venant appuyer ses deux mains sur le bureau de son médecin qui leva ses prunelles en sa direction, tentant de rester impassible.

« Votre santé est dans un état bien trop déplorable que pour être dans de bonnes conditions afin de travailler. Je fais cela pour votre bien Zoro... Et tant que vous ne serez pas assez rétabli que pour passer une semaine sans perdre connaissance, je ne pourrais point vous autoriser à vous rendre à votre travail. »

Les poings de Zoro se fermèrent, prit d'un profond sentiment de rage submergeant alors qu'il reprenait dans une tonalité d'une colère grimpante.

« Vous vous foutez de moi.. ?! Comment je suis censé gagner de l'argent sans bosser ?! Je suis enfin parvenu à trouver un job stable après tout ce temps, et ce n'est pas votre... foutue... »

La phrase de Zoro mourut sur ses lèvres, sa vision se troublant légèrement alors qu'il sentait son esprit s'embrumer, sa furie soudaine retombant peu à peu alors qu'il peinait à respirer, prit d'une certaine chute de tension.
Silencieux, Chopper le considéra un instant avant de soupirer légèrement, inclinant quelque peu la tête face à l'état actuel désolant de son patient avant de reprendre, reposant ses yeux sur celui-ci alors que Zoro retombait assis sur le lit, tentant de se concentrer sur sa respiration afin de ne pas perdre connaissance une énième fois, chose qui parvint à le calmer assez rapidement.

« ...L'assurance se chargera de payer vos nécessités durant ce laps de temps... Vous ne devez pas mettre trop d'énergie dans vos émotions, Zoro, cela vous affaibli d'autant plus. »

N'ajoutant rien à cela, le vert se contenta de passer une main sur son visage pâle, ayant retrouvé son calme précédent alors qu'il se sentait comme incapable de s'énerver une seconde fois, tout bonnement dépourvu de toute vigueur.

« Si vous avez un quelconque problème, contactez-moi, d'accord ? »

Le regard du médecin semblait insistant, mais Zoro n'y prêta guère attention, se contentant de se relever, le regard embrumé, traînant.

Il quitta le petit cabinet du médecin sans rien ajouter ni même lui adresser un simple au revoir, silencieux comme une tombe, ses pensées n'étant cette fois-ci pas ce qui le préoccupaient le plus. Non, en cet instant même, il se sentait dépourvu de toute vitalité, de toute envie de se mouver, s'avançant telle une âme déroutée en direction du piétonnier le plus proche...
Ses cernes étaient creusées et violacées de manière exagérée, son visage légèrement creusé et bien plus pâle qu'à la norme en raison de son manque d'alimentation, sa démarche lente et presque affligeante, à en croire que la Zombie Parade avait déjà lieu dans les rues de leur petite ville, seul le sang et les vêtements déchirés manquant à son costume...
Se dirigeant en direction de son appartement, l'idée de s'arrêter dans un café afin d'y boire une bière lui traversa l'esprit, mettant de côté les ordonnances de son médecin, mais le souvenir amer d'un portefeuille vide lui fit poursuivre sa route en soupirant, usé par les péripéties de son quotidien.

Toutefois, il savait que dès le lendemain, tout pourrait, il l'espérait, s'éclaircir...
Peut-être même parviendrait-il à en finir avec tout cela, lorsqu'il sera enfin conscient de ce fardeau qu'il portait depuis tout ce temps sur ses épaules.
Mais avant toute chose, il devait attendre.
Encore...
Et Dieu seul savait à quel point l'attente elle-même était plus dure à supporter que les braises ardentes du feu...


J'espère que ce chapitre vous aura plu !

En attendant le prochain, je vous souhaite de bien vous porter et de passer une agréable semaine !