Note : Bonjour !
Enfin, la neige a fini par atterrir jusque chez moi !
Quoi de plus agréable à contempler tout en buvant une délicieuse tasse de thé, les yeux perdus dans les écrits...
J'espère que vous avez passé une belle semaine, et je vous souhaite une bonne lecture pour ce 24e chapitre !
- Mon Dieu... Déjà ? À croire que je suis incapable de m'arrêter. -
Tout était calme.
Un peu trop calme d'ailleurs… Ou alors pas assez.
Son être venant se retourner lentement alors qu'il s'allongeait sur son flanc, Zoro lâcha un profond soupir, gardant ses paupières fermées alors qu'il était comme enveloppé d'un voile rempli de douceur et de bien-être qui lui donnait la délectable envie de rester allongé ainsi à jamais, resserrant entre ses mains ces draps séraphiques dont l'émanation familière lui sembla des plus agréables… Oui, il connaissait ce parfum… Mais il ne parvenait cependant pas à se souvenir de sa provenance.
Prenant une profonde inspiration, le jeune homme aux cheveux verts finit par opter afin d'entrouvrir ses paupières, venant fermer les yeux à plusieurs reprises avant que son regard ne se décide enfin à balayer la pièce dans laquelle il s'était assoupi, interpellé.
Où se trouvait-il…
Se redressant légèrement dans le lit sur lequel il avait été mystérieusement allongé, il vint regarder de manière panoramique autour de lui, perplexe.
Il ne se trouvait pas à l'hôpital… Ni dans le cabinet de son médecin.
À en croire le nombre de fois où il ouvrait les paupières dans un lieu inconnu, Zoro fit plusieurs fois le tour de la question, songeant qu'il avait encore dut perdre connaissance dans un lieu public.
Mais à en déduire du décor, cela n'avait rien de relié au domaine médical. Non, il se trouvait chez quelqu'un…
La chambre où il semblait s'être assoupi n'avait rien de bien particulier. Elle était large, propre, rangée, et de grandes armoires en bois luisant contenant probablement des vêtements étant soigneusement alignées le long de l'un des murs de celle-ci.
Aux côtés du lit deux places sur lequel il restait sagement assis se situait une table de chevet sur laquelle était posée une bassine d'eau froide, un essuie humide étant soigneusement replié à ses côtés. Les prunelles cendrées du jeune homme se dirigèrent ensuite en direction de la fenêtre rectangulaire qui se trouvait derrière lui, au-dessus de la tête du lit, un ciel assombri et chargé de nuages neigeux annonçant une heure tardive de la journée venant lui faire arquer les sourcils.
C'est alors que tout lui revint.
L'accident, l'ambulance, l'hôpital… Luffy.
Se redressant impérativement suite à cet océan de souvenirs qui traversa son esprit, Zoro sortit du lit dans lequel il se trouvait, venant jeter de manière maladroite les draps blancs et si confortables de celui-ci sur son rebord avant de poser ses pieds sur le planché, regardant autour de lui à la recherche de ses affaires… Qu'il ne trouva pas.
Son regard se baissa en direction de sa tenue, celle-ci venant lui faire hausser les sourcils alors qu'elle semblait être uniquement composée d'un pantalon sombre, qui ne lui appartenait visiblement pas.
Serrant les dents, il s'avança en direction de la porte de la chambre d'un air méfiant avant de l'ouvrir, regardant à droite et à gauche alors qu'il sortait à tâtons de la pièce chauffée, marchant à pieds nus sur le planché lisse et luisant.
Un couloir bordé de trois portes semblables à celle de la chambre s'offrait à sa gauche, un escalier en colimaçon de marbre à sa droite, chose qui lui fit se pincer les lèvres, lorsqu'une tonalité d'odeur inattendue et alléchante vint s'emparer de son odorat, le happant avec surprise et lui donnant malgré lui l'eau à la bouche…
Quelqu'un était en train de cuisiner à l'étage en dessous. Une chose menant à une autre, il n'était donc pas seul, et son… hôte, était encore présent sur les lieux. Ne perdant pas son intention première, il se dirigea en direction de l'escalier qu'il descendit d'un pas incertain, son regard en alerte se baladant de part et d'autre de la pièce dans laquelle il entrait, celle-ci étant semblable à un salon.
Un immense salon. Un salon qui faisait environ deux fois son appartement, salle de bain inclue, en notion de taille.
Prenant une mine surprise, il détailla les lieux de ses prunelles avec précaution et détails. Des canapés sombres rangés avec soin en face d'une télévision écran plat, une table basse en verre alignée devant ceux-ci, un livistona d'intérieur placé dans un pot imposant à proximité d'un mur bordé de livres… En soit, rien de bien alarmant. Ajouté à cela, le lieu était, tout comme la chambre, parfaitement rangé, Zoro venant se demander de plus en plus en ce qui concernait l'identité de son hôte. Une personne riche, ça, il n'en doutait pas...
Des bruits provenant de la pièce jumelle à celle-ci dont la porte était ouverte, de la lumière s'émanant de celle-ci, vint attirer l'attention du jeune homme aux cheveux verts qui fronça les sourcils, avançant avec précaution, poings serrés, lorsqu'il s'immobilisa dans l'encadrement de la pièce, pris au dépourvu.
Cuisinant avec enjouement, un sourire mal dissimulé étant gravé sur son visage pâle alors qu'il agitait d'une main experte quelques aliments dans une poêle par-dessus une plaque de cuisson, se tenait KuroAshi, son psychologue, vêtu d'un tablier par-dessus sa chemise dont il avait visiblement retroussées les manches.
Éteignant le gaz, le jeune homme aux cheveux blonds dont la présence de son patient ne l'avait pas encore alarmé vint répandre les aliments précédemment cuits et assaisonnés dont l'odeur en donnerait l'appétit à n'importe quels individus sur ce bas monde dans un plat sur lequel il vint placer un couvercle avant de le déposer précautionneusement derrière lui, tapotant ses mains sous l'œil ébahi de Zoro qui, resté immobile, considérait le spectacle sans dire un mot.
Se retournant une seconde fois, le jeune psychologue prit une mine surprise lorsque son regard vint se heurter sur la silhouette du nouvel arrivant dont l'expression était tiraillée entre la surprise et la méfiance, haussant légèrement les sourcils avant qu'un sourire ne vienne étirer les traits pâle de son visage.
« Oh, vous vous êtes enfin réveillé. »
Commença le jeune homme aux cheveux blond avant d'entreprendre de retirer son tablier qu'il replia avec soin sur l'un de ses avant-bras, le plaçant sur son plan de travail dégagé qu'il contourna ensuite afin de rejoindre son invité qui était resté spectateur depuis l'entrée de la cuisine.
« Comment vous sentez-vous ? »
Questionna-t-il tout en remettant en place les manches de sa chemise, Zoro restant silencieux avant que son regard ne s'assombrisse, faisant grincer ses dents.
« Qu'est-ce que tout ça veut dire… »
L'agressivité de son patient ne semblant pas le surprendre, Sanji éteignit la lumière de la cuisine qu'il quitta, Zoro le suivant du regard alors qu'il entreprenait de s'avancer en direction de son salon d'un pas lent.
« Prenez place… Je vous expliquerai tout en détails. »
S'enquit le psychologue tout en se tournant en direction de Zoro qui le considérait avec un regard hostile, immobile.
« Je ne veux pas de détails. Répondez simplement ; ça fait combien de temps que je suis ici ? Qu'est-ce que vous m'avez fait ? Je suis où… »
Soupirant face au manque de collaboration de son invité, Sanji se contenta de prendre silencieusement place sur l'un des fauteuils, Zoro s'étanchant de rester debout, attendant des réponses.
« Cela fait approximativement quatre jours que vous dormez. »
L'information vint heurter avec une brutalité accablante l'esprit du jeune homme aux cheveux verts qui se crispa, se remémorant de l'information transmise par le médecin.
Trois jours avant qu'il ne puisse rendre visite à Luffy…
Probablement s'était-il déjà réveillé. Probablement l'attendait-il… Peut-être lui en voulait-il ? Peut-être ne souhaitait-il plus le revoir…
Peut-être…
Un mal de tête strident vint s'emparer du jeune homme aux cheveux verts qui porta l'une de ses mains à son crâne tout en serrant les dents.
« Asseyez-vous Zoro. »
La voix calme et apaisante du jeune psychologue vint se faire relever le regard de Zoro qui resta silencieux avant de se diriger d'un pas lent en direction de l'un des fauteuils, venant prendre place à contre cœur en face de son psychologue qui le considéra un instant, impassible.
« Vous vous trouvez à mon domicile. Je vous ai recueilli suite à une perte de conscience que vous avez eue à quelques pas de l'hôpital que vous quittiez sans doute suite à la visite de votre ami… »
« Comment êtes-vous au courant ? »
Trancha Zoro tout en relevant sur lui un regard bordé de blâmes.
« J'ai contacté l'hôpital, tout simplement. Étant donné que celui-ci se trouve assez loin de la ville et que vous vous trouviez à proximité, j'ai pu en déduire vous deviez probablement tout juste en sortir. J'ai appelé certains de mes collègues y travaillant au sujet de votre visite qu'ils m'ont confirmée... Il n'a pas été bien difficile d'avoir quelques informations. »
« Vous me stalker ou quoi… »
Gronda Zoro, chose que Sanji ne prit, cette fois-ci, pas à la rigolade.
« Je suis votre psychologue. Votre état de santé mentale me concerne plus que quiconque... Et votre comportement suite à notre dernière séance était assez justifiable pour que je m'interroge à votre sujet. »
Silencieux, Zoro se pinça les lèvres avant de porter l'une de ses mains à son visage, n'ajoutant rien à cela.
« Votre santé étant affaiblie en raison de votre manque de sommeil et d'alimentation, le fait de rester dans le froid un instant de trop vous à faire vous procurer une fièvre des plus élevées… J'ai donc opté afin de vous ramener ici afin que vous vous y reposiez. Et à en voir votre expression, vous êtes parvenu à rattraper quelques heures de sommeil… C'est soulageant à apprendre. »
Gardant son regard rivé sur son patient dont l'expression d'hostilité flagrante s'était changée en une mine désorientée, Sanji se pinça légèrement les lèvres, laissant le silence prendre le dessus avant de reprendre après un temps d'une voix posée.
« Que diriez-vous de me parler un peu de votre ressenti à propos de ces événements qui se sont produits depuis notre dernière séance ? »
Le hochement de tête hésitant de Zoro ne se fit pas implorer, celui-ci resserrant quelque peu ses poings sur ses propres genoux avant de relever son regard en direction de son psychologue qui appuya son dos contre le dossier du fauteuil, prêt à l'écouter parler.
Et il parla.
Il expliqua ce qu'il s'était produit, les faits, les ressentis de ce qu'il avait vu lors de leur séances d'hypnose, son enfance à l'orphelinat, sa rencontre avec Kuina, l'assassinat de sa famille, l'individu armé qui était la cause de tout cela… Et puis, il énuméra la visite de Luffy à son appartement, la veille de Noël. Sa silhouette retrouvée dans la neige le lendemain. Ce sang... Tout ce sang qui lui assiégeait l'esprit de manière rebutante à chaque instant où il y songeait...
À présent, Zoro ne ressentait plus cette honte précédente de s'exprimer face à son psychologue. Comme si un levier avait été enclenché, lui permettant de libérer librement ses ressentis, bien que toujours avec une pointe d'incertitude dans la voix...
Sanji prit silencieusement note sur un carnet dont il s'était emparé un peu plus tôt, notant de manière efficace quelques mots clés alors que Zoro restait fébrile suite à ces sombres souvenirs, sa tête restant inclinée alors qu'il venait enfoncer d'une manière incontrôlable ses ongles sur ses propres genoux.
« En moins d'une heure, environs dix ans de ma vie s'étaient écoulés devant mes yeux… »
Articula le jeune homme aux cheveux verts d'une voix tremblante en évocation à sa séance d'hypnose alors que KuroAshi reposait ses prunelles bleutées sur sa personne, silencieux.
« Comment… Comment j'ai fait pour oublier tout ça… Pour les oublier eux… »
Poursuivit-t-il entre deux inspirations, tressaillant légèrement, avant que le jeune psychologue ne referme le carnet qu'il déposa sur la table basse en verre, soupirant légèrement.
« Cela n'a rien d'anormal, Zoro. Votre inconscient n'a fait que se protéger en effaçant de votre mémoire les moments douloureux de votre enfance… Nous pourrions appeler cela de l'auto-défense. Votre esprit n'a pas supporté la perte de vos êtres les plus chers et a préféré balayer ce souvenir afin de faire comme si rien de tout cela n'avait eut lieu, pour ne pas vous blesser d'avantage. Cependant, il est impossible d'entièrement effacer des événements de votre mémoire. Une chose en menant une autre votre inconscient refaisait surface en vous montrant ces faits par le biais de cauchemar que votre vous éveillé effaçait par réflexe... »
Expliqua-t-il tout en croisant l'une de ses jambes, Zoro l'écoutant silencieusement.
« Je ne sais pas ce qui est le pire entre me rappeler de cela, ou refouler ces souvenirs… Maintenant que je suis au courant, cela va me hanter encore plus. »
Faisant grincer ses dents, il poursuivit d'un air assombri, sa gorge se nouant contre son gré.
« …J'ai besoin de parler à Luffy… »
Un silence enveloppa le salon pendant une poignée de secondes avant que Sanji ne reprenne, son regard s'inclinant légèrement.
« Je me suis chargé de contacter l'hôpital, lors de votre état de sommeil, afin de prendre des nouvelles de votre ami. »
Commença-t-il alors que les yeux cendrés de Zoro se redressaient lentement sur lui.
« Mais malheureusement, celui-ci semble toujours inconscient, à en croire les médecins… Ils sont toujours incapables d'estimer le temps qu'il faudra avant son réveil. »
Ses yeux s'écarquillant, le jeûne homme aux cheveux verts fut comme subitement emparé d'un sentiment brûlant qui le consuma petit à petit, se redressant du fauteuil sur lequel il avait pris place alors que ses poings se serraient machinalement le long de son être.
« Comment c'est possible.. ?! »
S'exclama-t-il dans une hargne montante, son regard venant s'embraser.
« Ils m'avaient pourtant affirmés que je pourrais le voir d'ici trois jours ! »
« Vous pourrez le voir. »
Confirma le psychologue d'un ton qui se voulait apaisant face à l'agressivité montante de son patient dont le rythme cardiaque ne faisait qu'accélérer.
« Mais pas en état de conscient… »
« Vous ne comprenez pas ?! J'ai besoin de lui parler en face à face… Ces foutus médecins ne sont même pas capables d'estimer son réveil… Qu'est-ce que je suis censé faire ?! Et s'il ne… S'il ne se réveillait pas ?! Si j'étais incapable de le revoir... »
La voix de Zoro était tressaillante, venant par moment se briser au rythme accentué de sa colère grimpante, l'angoisse lui saisissant la gorge face à cette simple idée de perdre son ami d'enfance alors qu'il prenait une profonde inspiration, Sanji s'étant redressé de son fauteuil à son tour afin de venir le maintenir par les épaules.
« Zoro, calmez-vous bon sang ! »
S'exclama le jeune homme aux cheveux blonds alors que son patient respirait dès lors avec une difficulté alarmante, ses émotions finissant, encore et toujours, par reprendre le dessus sur son être.
Il ne fallut que ces quelques futiles mots pour parvenir à l'immobiliser dans son impétuosité, le jeune homme aux cheveux verts laissant sa tête tomber en avant, son front venant se heurter avec l'une des épaules de son psychologue qui fronça les sourcils, le soutenant afin qu'il ne perde pas l'équilibre.
« Vous avez encore besoin de vous reposer… »
Poursuivit le jeune homme aux cheveux blonds d'une voix plus calme que précédemment, posant son regard sur le visage de Zoro qui s'était enfuit contre son épaule d'une manière presque instinctive, reprenant un souffle plus silencieux.
« Je ne veux pas… Il faut que j'aille voir Luffy… »
Se pinçant les lèvres face à la tonalité de voix de Zoro qui s'était visiblement affaiblie suite à son surplus d'émotions qui, à en croire les dires de son médecin personnel, était fortement déconseillé, le jeune psychologue resta un instant immobile avant de se reculer d'un pas, se faisant s'asseoir une seconde fois son patient sur l'un de ses fauteuils.
« Je vais vous amener de quoi vous nourrir. Près de huit jours sans avaler la moindre chose… C'est à vous en coûter la vie... Ensuite, vous vous reposerez, et vous pourrez aller voir votre ami à l'hôpital. Il est entre de bonnes mains, croyez-moi… Rien ne pourra lui arriver. Pour l'instant, c'est de vous dont vous devez vous préoccuper uniquement. Et moi aussi. Vous êtes la priorité.»
S'enquit Sanji tout en se redressant afin de se diriger en direction de la cuisine, le jeune homme aux cheveux verts restant immobile, la tête basse, le regard perdu.
« KuroAshi… »
Le retint Zoro d'une voix à peine audible après une poignée de secondes d'hésitation, serrant légèrement ses poings alors que l'appelé se retournait d'un air perplexe, le laissant poursuivre.
« …Merci. »
Finit-il par articuler tout en portant l'une de ses mains en direction de sa nuque, la passant sur celle-ci tout en se pinçant légèrement les lèvres.
Surpris par cet unique mot aussi soudain qu'inattendu provenant de son patient, le jeune psychologue fit les yeux ronds avant de reprendre son sérieux, tournant une seconde fois les talons en direction de la cuisine, un sourire naissant venant apparaître sur son visage…
J'espère que ce chapitre vous aura plu !
Je vous souhaite à tous de passer un excellent week-end, et à la semaine prochaine !
