Commentaire de l'auteur : D'abord, je vais commencer par vous remercier. Pour vos commentaires positifs, pour votre enthousiasme, pour me suivre comme ça, alors que ma fiction devient de plus en plus longue. :) Ça me fait vraiment super plaisir, et c'est grâce à vous, alors, merci. Ensuite je voulais vous prévenir que j'allais partir en vacances alors le chapitre suivant mettra un peu plus de temps à arriver. Voyez ça comme un espèce de mid-season finale ^^ Voilà, à bientôt!

Chapitre 16

Je suis réveillée en sursaut en plein milieu de la nuit par une violente nausée.

Par réflexe, je cours jusqu'aux sanitaires, et me penche juste à temps pour éviter de salir le sol.

J'attrape du papier et relève la tête. Je m'essuie la bouche et reste une minute à terre.

Je fais le parallèle avec ce qu'il s'est passé plus tôt dans la journée et je commence à paniquer. Quand mon père disait qu'on ne pouvait pas faire face à un virus, ce n'était pas une blague. Si j'ai quelque chose de grave, je suis condamnée.

Je me relève et avance jusqu'à un des éviers. Je vais chercher un peu d'eau et me la passe sur le visage. Sa fraîcheur me fait du bien et je me rends alors compte que je suis en sueur.

Je pose une main sur mon front. Il est possible que j'aie de la fièvre, mais c'est difficile de juger par moi-même.

Je réfléchis aux derniers jours qui viennent de s'écouler pour essayer de comprendre qu'est-ce que j'aurais pu attraper, mais rien ne me vient à l'esprit. Aucun de nous n'est malade, nous ne côtoyons pas vraiment d'animaux et nous cuisons soigneusement ceux que nous mangeons. Judith est la plus vulnérable de nous tous, et pourtant elle est en pleine forme. Et je la prends dans les bras pratiquement tous les jours.

Mes réflexions ne me mènent à rien et je panique de plus en plus. C'est encore pire de ne pas savoir.

Au bout d'un quart d'heure, je me calme et bois un peu d'eau. Je sais qu'il faut que je retourne dormir. Le manque de sommeil ne pourrait faire qu'aggraver les choses.

Sans faire de bruit, je me redirige vers ma cellule. Je suis persuadée d'avoir été silencieuse, mais Daryl est réveillé.

- Ça va ? me demande-t-il.

- Oui, mens-je. Tout va bien.

Je me recouche dans mon lit et ferme les yeux. Je ne veux pas penser à ce qu'il est en train de m'arriver.

...

Je me réveille au matin avec des douleurs un peu partout. Je me dis que c'est supportable, et qu'au moins, je n'ai plus la nausée.

Je me lève et jette un coup d'œil au-dessus du lit. Personne. Daryl est déjà debout.

Je m'habille et me dirige vers les sanitaires. Je tombe sur Maggie qui vient de prendre une douche.

- Salut ! dis-je.

- Salut, me répond ma sœur un peu froidement.

- Ça va pas ? demande-je, étonnée par son ton.

- Beth, est-ce que... Est-ce que tu sors vraiment avec Daryl ?

Sa question me brutalise. Je viens de me réveiller et elle me balance ça au visage avec un ton de reproche qu'elle ne cherche même pas à cacher. Je savais que la réaction de Maggie serait difficile, mais je suis malade, bon sang ! Enfin, c'est vrai qu'elle ne peut pas le savoir...

- Maggie, il n'est pas comme tu crois. C'est vraiment quelqu'un de bien.

- Je préfère ne pas te donner mon opinion là-dessus, mais regarde-le, Beth, et regarde-toi : t'as même pas la moitié de son âge.

Je rougis violemment. Oui, c'est vrai, elle a raison. Et ni lui ni moi n'y pouvons quoi que ce soit.

- Si je te dis ça, reprend-elle en s'approchant de moi, c'est parce que je m'inquiète pour toi, pas parce que je veux t'empêcher d'être heureuse. J'ai peur qu'il te mène en bateau, qu'il se serve de toi, qu'il ait de mauvaises intentions et que tu ne le vois pas. J'ai peur qu'il te fasse du mal.

- Il m'a déjà prouvé qu'il était prêt à se battre pour moi, réplique-je.

Maggie secoue la tête, comme si elle avait affaire à un petit enfant qui ferait un caprice.

Mais j'ai besoin de la convaincre, j'ai besoin qu'elle me croit.

- Maggie, dis-je plus bas, approche...

Elle s'approche tout prêt de moi, intriguée.

- On n'a jamais couché ensemble, explique-je.

Elle relève la tête et me regarde avec de grands yeux.

- Il aurait pu, dis-je encore, mais il ne l'a pas fait. Si c'était uniquement ce qu'il avait voulu, il n'aurait pas attendu aussi longtemps.

Je la regarde droit dans les yeux en essayant d'être la plus sincère possible. C'est la vérité, et j'ai besoin qu'elle me croit et qu'elle me laisse être avec lui.

Elle hoche la tête doucement.

- Si jamais il te fait quoi que ce soit, me dit-elle avec les larmes aux yeux, si jamais tu as un doute, si jamais il ose toucher à un de tes cheveux, je te jure que je le tuerai.

Je lui saute dans les bras.

- Merci ! m'exclame-je.

Elle me sert fort contre elle et sa chaleur corporelle me fait du bien. Je trouve qu'il fait de plus en plus froid.

Elle me lâche et se tourne pour pendre sa serviette.

- Tant que je suis là, me dit-elle sur un ton beaucoup plus jovial, t'aurais pas un tampon ?

- Si, bien-sûr, réponds-je, je vais te chercher ça.

Je cours rapidement jusqu'à ma cellule et ouvre le tiroir de mon unique commode.

Et là, mon cerveau fait tilt.

Parce qu'il y a dans ce tiroir deux paquets de tampons encore fermés.

Parce que je me rappelle soudain que ça fait longtemps, maintenant, que je n'en ai plus eu besoin.

Trop longtemps.

...

Mon cerveau s'emballe et je réfléchis à toute vitesse.

Mes règles n'ont jamais été très régulières, mais là, c'est trop. J'essaye de me rappeler la dernière fois que j'ai utilisé un tampon, et je calcule approximativement 3 mois.

3 mois, bien avant ma rupture avec Merle.

Mon Dieu.

Je crois que je suis enceinte.

...

Maggie débarque dans ma cellule alors que je suis encore sous le choc.

- T'as trouvé ? me demande-t-elle.

- Oui, dis-je. Oui, oui, oui, bien sûr.

Je suis dans un état second mais j'essaye de rester calme.

- Je peux... les avoir ?

- Oh, oui, pardon, dis-je.

Je tends une boîte à ma sœur en espérant qu'elle s'en aille le plus vite possible pour que je puisse flipper en paix.

- Merci, me dit-elle avant de s'en aller.

Une fois Maggie sortie, je referme brusquement le rideau. Je m'assieds sur mon lit et tente de me convaincre que ce n'est pas si grave que ça, après tout.

J'inspire fort et expire de la même manière plusieurs fois de suite. Mon cœur bat à toute allure mais j'essaye de l'ignorer.

Inspiration, expiration, inspiration, expiration.

- Ok..., dis-je tout haut. Tout va bien, ça va aller, reste calme. La première chose à faire, réfléchis-je, c'est de vérifier que je suis effectivement enceinte. Un test de grossesse, j'ai besoin d'un test de grossesse.

...

- Glenn ?

Le copain de ma sœur se retourne et me sourit.

- Ça va ? me demande-t-il.

- Ça pourrait aller mieux..., dis-je tout bas.

Je me retourne. Nous sommes seuls dans la réserve.

- Ecoute, Glenn, j'ai quelque chose à te dire, mais tu ne peux le répéter à personne, et surtout pas à Maggie.

- Ah non, dit-il, c'est pas une bonne idée. Je ne sais pas garder les secrets.

Il secoue la tête mais je pose une main sur son bras et prends un air désespéré. En fait, je ne lui mens pas vraiment, je suis réellement désespérée.

- Glenn, s'il-te-plaît, tu es le seul à qui je peux le dire, j'ai vraiment besoin de toi.

- Ok, c'est bon, vas-y, capitule-t-il.

- Vous partez bien en ravitaillement demain avec ma sœur et Michonne ?

- Oui, me confirme-t-il.

- Est-ce que tu crois que tu pourrais me ramener quelque chose ?

- Ça dépend ce que c'est...

Je ferme les yeux, souffle un bon coup et dis d'une traite avant d'avoir eu le temps de le regretter :

- Un test de grossesse.

- Oh c'est pas vrai, Beth ! Daryl et toi, vous avez... ?

- Non ! m'exclame-je. Non, c'est pas du tout ce que tu crois... Ecoute, est-ce que tu pourrais juste me ramener ça... sans poser de questions ?

- Ok, mais à une seule condition, me dit-il.

Je le questionne du regard mais je sais déjà ce qu'il va me dire.

- Si le test est positif, tu le dis à ton père.

- Glenn, je crois que je suis assez grande pour...

- Ça n'a rien à voir avec ton âge, c'est juste que... tu te rappelles ce qui est arrivé à Lori ? Tu te rappelles dans quel état était Rick ? Je ne veux même pas imaginer la douleur que ça affligera à Maggie et à ton père. Beth, je ne veux pas que tu meures.

Je le regarde, désemparée. J'étais déjà paniquée avant, mais je crois que c'est quatre fois pire maintenant.

- Promis, je lui dirai, dis-je d'une voix faible.

Glenn hoche la tête et sort de la pièce avec les vivres qu'il était venu chercher.

Je balaie la salle du regard et cherche quelque chose à laquelle me raccrocher. J'ai l'impression que le monde s'effondre sur ma tête et que je suis en train de tomber dans le vide.

Je ne veux pas mourir.

Je ne veux pas avoir un enfant de Merle, je ne veux pas devoir expliquer toute la vérité à Daryl, je ne veux pas donner naissance à un enfant dans ce monde apocalyptique, je ne veux pas ajouter un poids à notre groupe avec un autre bébé, je ne veux pas me retrouver seule avec cet enfant.

Ou pire, que lui-même se retrouve tout seul.

Je ne veux pas mourir.

...

- Beth ?

Je me retourne et vois Daryl.

- Je t'ai cherchée partout, me dit-il. Ton père veut te voir. Il m'a dit que t'avais été malade hier.

- Oui, dis-je, c'est vrai.

- Pourquoi tu m'as rien dit ?

- Je ne voulais pas t'inquiéter, réponds-je très rapidement.

- Et cette nuit ? Tu as de nouveau été malade ? me demande-t-il sur le ton du soupçon.

- Cette nuit ? Non, bien sûr que non, je me suis simplement levée pour aller aux toilettes.

Il hoche la tête, peu convaincu.

- Ton père t'attend, conclut-il.

Nous sortons tous les deux de la réserve et Daryl m'accompagne jusqu'à l'infirmerie.

- Betty ! Comment vas-tu, ma chérie ?

Mon père est gentil avec moi, et, étrangement, avec Daryl aussi. Il prend ma température tout en vérifiant que mon copain se remet bien, lui aussi. Tout ça ressemble à une gentille visite hebdomadaire chez le médecin du village, sauf que mon père ignore que je suis peut-être enceinte. Et que Daryl ignore que le bébé est de son frère.

...

- Ça va ? me demande Daryl en sortant de l'infirmerie. Tu avais l'air absente. Tu parles plus, d'habitude.

Je ne veux pas lui répondre, et en même temps, je sais qu'il faut que je le rassure.

Mais je me demande simplement si j'aurai la force de le regarder dans les yeux sans pleurer.

- J'ai besoin que tu me parles, poursuit-il, sinon je ne peux pas t'aider. Tu ne m'as jamais expliqué ce qu'il s'était passé dans la réserve et pourquoi tu t'étais évanouie, mais je sais que tu en savais plus que ce que tu disais. Je comprends que tu veuilles garder des choses pour toi, mais je vois quand il y a quelque chose qui cloche. Et c'est insupportable de ne pas pouvoir t'aider.

Je relève la tête et plonge mes yeux dans les siens. A ce moment-là, précisément, je voudrais faire arrêt sur image et rester dans cette position pour l'éternité. Juste lui, moi, pas de rôdeurs ou de psychopathe. Juste Daryl qui, à se manière, me dit qu'il m'aime.

Alors je me jette dans ses bras. Je n'ai pas besoin qu'il me rende mon étreinte, je sais qu'il en est incapable, à cause de son bras. Je veux juste le sentir contre moi, sentir sa peau contre la mienne. Sentir sa chaleur.

- Je t'aime, dis-je. C'est tout ce que tu as besoin de savoir. Et si tu veux m'aider, reste là, reste près de moi, ce sera suffisant.

Je l'embrasse doucement et il me rend mon baiser. Là, tout de suite, c'est tout ce dont j'ai besoin. Qu'il passe sa main sur ma nuque, comme il le fait. Qu'il m'embrasse avec tellement de tendresse, comme il le fait.

Qu'il soit là, devant moi, avec moi. Comme il le fait.

..

- Je reste devant, me dit Glenn.

- Non, ce n'est pas nécessaire, je peux me débrouiller, dis-je en me retournant pour être certaine que personne ne fait attention à nous.

- Désolé, mais je ne vais pas te lâcher. Je veux savoir ce qu'il en est, alors je vais t'attendre ici, un point c'est tout.

Je hoche la tête, rentre dans la cabine et ferme la porte. Je sors le test de son emballage et baisse mon jeans et ma culotte. Je m'assieds sur la planche et glisse le petit objet entre mes jambes. J'ai peur. Je suis tellement paniquée qu'un simple pipi devient presque un calvaire.

Tout en me rhabillant, je fixe le test des yeux. L'attente de la réponse est insupportable. J'ai besoin de savoir.

J'attends une minute de plus et mes yeux se perdent dans le vide. Je suis épuisée. Cette nuit, je n'ai pratiquement pas pu fermer l'œil.

Quand je reviens à moi, la réponse est apparue.

Je ferme les yeux, souffle un bon coup et sors de la cabine.

- Alors ? me demande Glenn.

- C'est positif.