A la fin du chapitre précédent je crois que Laurie a été nommé nouvel ennemie public numéro 1 : )

Merci à Paige0703, qui sait si bien nous enchanter de ses superbes histoires, pour son soutien inconditionnel

Merci à Nourann (et non pas d'accident pour le numéro) et Jade181184 (on se calme : ) pour leur fidélité et leurs commentaires toujours appréciés !

Bonne lecture !

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Fusco l'attendait devant l'immeuble.

-« Ce type travaille à domicile. Il loge au troisième et à priori il dispose de tout l'étage. Il va falloir entrer discret ».

Reese lui fit un signe, indiquant une vieille dame qui revenait lentement vers l'immeuble avec ses courses. Il traversa et s'avança vers elle d'un air naturel.

-« Laissez-moi vous aider » proposa t-il, s'emparant du lourd sac de course.

-« Comme c'est gentil » répondit la vieille dame avec enthousiasme.

Il porta le sac tandis qu'elle composait le code et entra avec elle. Il l'accompagna jusqu'à sa porte, heureusement située au rez de chaussée, puis revint sur ses pas pour ouvrir à Fusco.

-« Bien joué ! » commenta ce dernier.

Ils empruntèrent l'escalier. La porte de service donnant sur le troisième étage était verrouillée. Reese força la serrure. Finch le prévint à ce moment là.

-« Il y a trois personnes à cet étage M Reese »

-« Comment… » Commença l'ex agent

-« Détecteurs de présence » commenta sobrement son associé.

Reese partagea l'information.

-« Encore un peu et il pourra nous décrire l'armement aussi » ironisa Fusco « C'est le gars le plus efficace que je connaisse avec un ordinateur » ajouta t-il sérieux.

Finch sourit de la remarque et du compliment.

Ils pénétrèrent prudemment dans le couloir. Six portes s'alignaient de part et d'autre.

-« Une idée de la bonne porte ?» Chuchota l'ex agent

-« Je dirais au fond à droite » répondit Finch

Les deux hommes avancèrent dans le couloir mais comme ils arrivaient au milieu la dernière porte de droite s'ouvrit brusquement, un homme apparu et tira dans leur direction.

-« Les caméras du couloir » émit Finch inquiet.

Reese et Fusco avaient eu le temps de gagner chacun une embrassure. Ils ripostèrent simultanément. Le tir de Lionel toucha le garde au bras alors que celui de John atteignait le genou.

-« Fidèle à ta réputation ? » souffla Fusco

-« On ne se refait pas » répliqua l'ex agent.

Le second garde resté à l'intérieur parvint à tirer son complice dans l'appartement où ils se retranchèrent.

-« Il faut les avoir avant qu'ils appellent des renforts »

-« Je vais passer par devant »

-« Comment ça devant ? » questionna Lionel étonné.

-« Il y a des balcons sur la façade » remarqua Reese en forçant la porte de l'appartement voisin de celui du comptable.

-« Ce mec est fou » commenta l'inspecteur en le suivant des yeux.

John ouvrit la fenêtre. Il perçut un soupir étouffé et fronça les sourcils.

-« Toujours à l'écoute Finch ? » demanda t-il.

-« Oui M Reese » répondit Finch qui avait espéré passer inaperçu « faites attention à vous ».

-« Vous devriez raccrocher, écouter est mauvais pour votre stress » « et pensez à vous est mauvais pour ma concentration » songea t-il.

Il s'engagea sur le balcon et remarqua que les rideaux étaient tirés à la fenêtre voisine. « Tant mieux, ils ne me verront pas arriver »

Il enjamba le balcon avec précaution et attrapa l'autre sans trop de difficulté, par chance ils n'étaient pas très éloignés.

Il se tapit sur le côté et fit signe à Lionel. Il attendit cinq secondes puis se jeta contre la porte fenêtre qui céda sous la poussée. Il se laissa tomber au sol et se cala derrière un canapé. Les deux gardes, qui ne s'attendaient pas à une entrée de ce côté, n'eurent pas le temps d'ouvrir le feu avant qu'il ne l'atteigne.

A l'instant où ils commencèrent à réagir la porte céda devant Lionel. Reese profita de la diversion pour abattre le garde valide, le second, déjà amoindri, mis hors de combat par une droite de l'inspecteur.

-« Entier ? » demanda Fusco en se glissant derrière un meuble.

-« C'est bon. Où est le dernier ? »

Lionel s'était rapproché des gardes pour les entraver. Deux autres portes s'ouvraient sur la pièce.

Reese s'approcha de la première et l'ouvrit avec précaution. Il découvrit un bureau vide d'occupant. Il se dirigea vers la seconde. Elle ouvrait sur une chambre qui s'avéra également vide. Il aperçu une autre issue et s'en approcha, une petite voix paniquée retentit alors :

-« Ne tirez pas, je ne suis pas armé ! »

-« Sortez les mains sur la tête » ordonna Reese.

La porte s'ouvrit lentement sur un petit homme falot et visiblement terrorisé. Le fameux comptable.

-« Ils m'ont dit de me cacher dans la salle de bains » balbutia t-il.

-« Vous allez venir avec nous » intima Fusco qui les avait rejoints.

-« D'accord. Mais ne tirez pas »

-« Il faut partir d'ici et vite, les coups de feu ont dû donner l'alerte en admettant que les deux gardes n'aient pas appelé de renfort » constata Reese.

-« Ouais allons-y. J'enverrai chercher les deux autres »

Ils entrainèrent le comptable, choisissant l'escalier et atteignirent le rez de chaussée sans encombre, puis la voiture, sans croiser personne.

-« C'est bon, on y est presque » commenta Fusco

-« Je t'escorte de loin jusqu'au commissariat » proposa John.

-« Ok »

L'ex agent se dirigea vers sa voiture.

-« Ca va Harold ? Vous pouvez reprendre une respiration normale »

-« Ne vous moquez pas M Reese. Vous prenez trop de risque » répondit Finch agacé. L'initiative du balcon et le passage à travers la porte fenêtre avait eu raison de son self control.

-« Ca fait parti du métier » argua John.

-« Hé bien vous devriez l'exercer autrement ou…. » Finch stoppa net, réalisant qu'il allait lui suggérer d'en changer. Il devait se calmer. Ses inquiétudes le rendaient vulnérable et il risquait de trop en dire.

-« Ou quoi Finch ? » demanda l'ex agent.

-« Vous avez raison M Reese. La prochaine fois je couperais la communication » « même si cela n'aura pas grande efficacité » songea t-il.

-« Tout va bien Finch » répéta John d'une voix rassurante, interpellé par l'attitude de son associé. « Nous sommes en route vers le commissariat. Je vais rester un peu en surveillance. Lionel pourrait avoir encore besoin d'aide »

-« Entendu M Reese » soupira l'informaticien

Fusco prit soin de connecter son téléphone pour que les deux associés puissent écouter l'interrogatoire du comptable. Celui-ci ne montra guère de résistance. Il semblait au contraire presque heureux de coopérer et ne pensa même pas à réclamer un avocat. Il donna l'adresse où il se rendait chaque semaine pour rencontrer Werner et en prime confirma le nom de la taupe acquise à ce dernier.

Fusco prépara aussitôt l'intervention et, avant tout, alla arrêter son "collègue ".

Avant de couper la communication il interpella les deux associés.

-« Merci à vous deux, cette fois se sera un gros coup »

-« De rien inspecteur » répondit Finch.

-« Besoin d'aide pour la suite ? » demanda Reese.

« Incorrigible » songea Finch agacé.

-« Ca devrait aller. Mais je te rappelle dans dix minutes pour te dire quoi » affirma Fusco.

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Reese resta assis au volant de sa voiture, attendant l'appel de Fusco.

Ses pensées tournaient dans son esprit. Toutes ces impressions contradictoires nées des événements de ces derniers jours. La réaction d'Harold lorsqu'il l'avait surpris avec Laurie. Avec le recul, et quelques indices, il songea qu'elle n'avait peut être pas été motivée que par de mauvais souvenirs. Finch était attaché à lui, bien des signes le lui avaient laissé entendre, encore plus ces derniers jours et même quelques minutes plus tôt lors de la dernière intervention. Mais jusqu'où portait ce lien ? Il y avait eu cette réaction de rejet lorsqu'il s'était occupé de sa blessure. Un reflexe avait-il prétexté. Etait-il sincère ? Ou voulait-il le ménager ?

John songea qu'il avait envie de passer à autre chose. Avec lui de préférence. Mais au moins être fixé. Et si Finch ne l'aimait pas alors il aviserait. Il continuerait quand même avec lui, il ne pouvait imaginer sa vie loin de lui. En revanche s'il décidait de s'exprimer il risquait de devoir renoncer à leur complicité. Cela changerait leur relation et connaissant son partenaire il aurait certainement du mal à l'apprivoiser de nouveau. Pourtant malgré le risque il n'avait plus envie d'attendre. Il devait agir…

-« Rosie avait raison Finch » déclara t-il brusquement « C'est une très mauvaise idée de tomber amoureux de son patron. Laurie n'a eu que des ennuis à cause des mauvaises fréquentation d'Harvey Hextor »

-« En effet M Reese » répondit l'informaticien surpris de cette brusque déclaration.

-« Voilà qui ne pourrait pas m'arriver Finch » continua l'ex agent.

« Hélas » songea spontanément Finch.

-« C'est certain » se contenta t-il de répondre, prudent.

John sentit qu'il n'était pas hostile. Il se décida à poursuivre :

-« Enfin c'est en partie vrai. Je n'aurai jamais d'ennui parce que vous n'avez pas de mauvaises fréquentations ».

-« A quelques exceptions près » remarqua l'informaticien se demandant où son partenaire voulait en venir.

-« Pour le reste » ajouta l'ex agent le cœur battant « On est pas toujours maître de ses choix »

Finch se figea devant l'allusion flagrante. Que devait-il comprendre ? Et que devait-il répondre à ça ? Il sentit son cœur se battre contre sa raison, comme cela lui arrivait de plus en plus souvent ces derniers temps.

-« Vous n'êtes pas du genre à commettre …des bêtises M Reese » hasarda t-il se remémorant la réflexion de Rosie

-« Vous en êtes sur Finch ? » répondit Reese sur un ton mi ironique mi sérieux « Je ne suis qu'un homme, tout le monde peut commettre une bêtise »

L'informaticien hésita, perdu, « est-il sérieux ou s'agit-il encore d'une de ses taquineries ? »

-« Un peu de sérieux M Reese » répondit-il profondément troublé.

John nota l'hésitation dans sa voix, il avait hésité plusieurs secondes avant de répondre. Il décida d'aller au bout de sa résolution et affirma :

-« Mais peut être que je le suis Harold ? Vous n'aimeriez pas commettre de bêtises avec moi ? »

-« M Reese ! » s'exclama Finch complètement perturbé et ne sachant pas quoi dire d'autre.

John se raidit devant son ton offusqué qu'il interpréta négativement. Visiblement Finch n'appréciait pas sa remarque. Le rejet était évident. A quoi s'était-il donc attendu ? Au moins maintenant il savait à quoi s'en tenir.

Finch attendit sa réponse, inquiet, il n'aurait pas dû s'emporter. Il avait répondu sans réfléchir, surpris par les paroles de son associé. John tentait de lui faire passer un message, message dont il rêvait depuis longtemps sans oser espérer le recevoir un jour!, et voilà qu'il réagissait stupidement, laissant ses doutes influencer sa réponse.

Le portable de Reese vibra.

-« Oui Lionel ? »

-« C'est bon, cette fois l'adresse était exacte, le repérage le confirme, on est en place. Ils ont envoyé trois unités en prévision de la riposte »

-« J'arrive » répondit Reese.

-« Si tu veux mais il y a déjà assez de monde tu peux passer ton tour »

-« Autant finir ce que j'ai commencé »

-« Ok. Je te couvrirais en cas de besoin »

-« Merci Lionel » il raccrocha et mit le contact.

Finch avait entendu l'appel, aussitôt inquiet, il intervint :

-« John la police a prévue trois unités d'intervention, vous n'avez pas besoin d'aller là bas, c'est trop dangereux, pour une fois laissez les se débrouiller » supplia t-il.

-« Je dois accomplir la mission jusqu'au bout Finch »

-« Miss Sharp est saine et sauve, votre mission est achevée »

Reese parut hésiter puis déclara :

-« Je peux les aider »

Finch se mordit les lèvres « pourquoi est- il si entêté ? »

-« Non, c'est trop dangereux. Pourquoi vous exposer inutilement ? »

-« Par habitude peut être » répondit Reese après quelques instants de réflexion, « Et parce que je n'ai pas grand-chose à perdre » ajouta t-il dans un murmure. Après la conversation qu'ils venaient d'avoir et vu la réaction de son partenaire, il ne se faisait plus d'illusion.

Finch au contraire sentit qu'il n'était plus temps pour lui de se taire et tant pis s'il se trompait, s'il voulait juste le taquiner, il devait essayer.

-« Vous m'avez moi John » répondit-il « et moi je ne veux pas vous perdre »

L'ex agent garda le silence un instant. Puis démarra la voiture.

-« Il ne m'arrivera rien. Au pire vous trouverez quelqu'un d'autre Harold » répondit-il finalement.

Mais l'informaticien n'était pas décidé à renoncer maintenant que sa décision était prise, il insista :

-« Non John, je ne parle pas de notre travail. Je parle de nous » Il inspira profondément avant de poursuivre : « Les sentiments que j'éprouve pour vous sont de ceux que l'on éprouve qu'une fois et pour un être bien précis et irremplaçable »

John tresaillit en entendant ces mots inespérés.

-« Vous voulez dire… ? » Commença t-il, incertain.

-« Je veux dire que je vous aime et que je veux que vous restiez près de moi et qu'en ce moment je voudrais que vous soyez à mes côtés et non engagés dans un combat où vous pourriez mourir pour rien » affirma Finch décidé à tout dire. Il attendit une réponse le cœur battant à un rythme fou.

Seul le silence lui répondit. Il appela :

-« John ? »

Mais il n'obtint pas de réponse.

Perdu, il se laissa aller dans son fauteuil. En avait-il trop dit ? Dans ce cas, il avait mal interprété les signes et s'était trompé sur les intentions de son partenaire. Il réalisa les conséquences de ses paroles et eut la vague sensation que son monde basculait. Plusieurs minutes s'écoulèrent lentement. « J'aurais dû me taire, il n'était pas sérieux bien sur, j'aurais dû trouver autre chose pour l'arrêter, comment vais-je continuer sans lui ? » songea t-il angoissé.

Des pas rapides dans l'escalier le firent sursauter. Il se leva précipitamment. John se tenait face à lui.

-« John » murmura t-il troublé par l'intensité de son regard « vous êtes revenu ? »

L'ex agent s'avança et le prit dans ses bras, il se laissa faire avec un soupir de soulagement.

-« Si je dois me battre, je préfère choisir le bon combat. L'amour est le combat le plus difficile à remporter Harold, alors si vous m'offrez la victoire, jamais je ne pourrais la refuser "Patron" » affirma t-il en insista sur ce dernier mot.

Finch sourit.

-« Tout le monde peut commettre une bêtise » chuchota t-il

John le serra contre lui.

-« Je vous aime Harold ». Il l'embrassa passionnément. Finch glissa ses mains dans ses cheveux dans une douce caresse, lui rendant son baiser avec la même ardeur.

Puis John nicha son visage dans le cou de son partenaire.

-« Avec une telle récompense, j'ai vraiment bien fait de revenir » murmura t-il.

-« Je le pense aussi » soupira l'informaticien.

John leva les yeux et ancra son regard dans celui de son partenaire.

-« Lionel devra se débrouiller seul cette fois. J'ai d'autre priorités »

Finch sentait ses mains glisser sur son corps, éveillant en lui de délicieux frissons. John l'embrassa à nouveau, un baiser possessif, impatient, qui l'étourdit.

-« Etes vous prêt à les partager Harold ? » chuchota t-il d'une voix rauque.

-« Oui » répondit l'informaticien sur le même ton « Je peux tout partager avec vous »

-« Vous ne le regretterez pas » jura John tandis qu'il le sentait s'abandonner dans ses bras « Jamais » se promit-il avant de l'embrasser à nouveau, décidé à ce que leurs chemins soient désormais définitivement unis.

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***** 8 mois plus tard*****

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L'après midi s'achevait lorsque John entra dans le loft, Bear sur les talons. Il fut surpris de trouver Finch devant la télévision. Il accrocha son manteau et s'approcha.

« Vous avez trouvé un programme intéressant Harold ? »

Prenant appui sur le dossier du canapé, il déposa un baiser dans le cou de son partenaire. Ce dernier frissonna à ce contact, ce qui n'échappa pas à l'ex agent.

-« Je suis le procès de M Werner et de ses acolytes »

-« Il est retransmis ? » s'étonna Reese, tout en posant un autre baiser dans le cou de son partenaire. Inconsciemment, celui ci se pencha pour lui faciliter l'accès, ce qui le fit sourire.

-« Oui, ça m'étonne aussi car cela expose les témoins. Un réseau comme celui de M Werner doit avoir gardé quelques ressources »

-« Si le numéro de Laurie sort à nouveau nous saurons pourquoi » répondit l'ex agent tout en tirant sur le col de chemise de Finch pour l'embrasser sur la nuque.

-« John » protesta celui-ci de plus en plus troublé.

-« Oui? » répondit l'ex agent de son ton le plus innocent.

-« J'aimerai suivre le procès »

-« Faites donc » répliqua t-il avec un sourire moqueur tout en déposant un autre baiser.

-« Alors cesser de me déconcentrer » marmonna Finch en s'écartant légèrement.

-« Oh, je vous perturbe Harold ? » ricana Reese.

-« Comme si vous ne le saviez pas ! » commenta l'informaticien.

John se pencha et lui murmura à l'oreille :

-« Je suis ravi de vous faire autant d'effet Harold »

Finch soupira, s'efforçant de garder son self contrôle.

-« John voudriez vous vous asseoir et rester tranquille un moment pour me laisser suivre ce procès? Je voudrais assister au témoignage de Miss Sharp»

Reese fit la moue puis contourna le canapé et s'assis à côté de son associé.

-« Merci » répondit Finch.

Au bout d'une minute, il sentit la main de John frôler doucement sa jambe. Il se tourna vers lui.

-« John, que vous ai-je dit ? »

-« De m'assoir et de rester tranquille » répondit l'ex agent d'un ton sérieux.

-« Et ? »

-« Je suis assis et au repos Harold »

-« Pardonnez moi mais j'ai un doute sur votre tranquillité ! » marmonna ce dernier.

-« C'est le patron qui parle Finch ? »

L'informaticien le regarda perplexe.

-« Nous ne sommes pas en mission pour le moment, pourquoi me demandez vous cela ? »

-« Parce que j'obéis à mon patron. En revanche, avec mon compagnon je peux négocier » affirma John avec un sourire charmeur.

-« Négocier ? Et que demandez vous pour rester tranquille ?» demanda Finch interloqué.

-« Je suis généreux. Je pourrais me contenter d'un baiser » suggéra t-il tandis qu'il laissait ses doigts jouer avec l'un des boutons de la chemise de son compagnon.

Finch l'observa. Il vit une lueur ludique dans ses yeux, accentuée par son sourire charmeur. Il connaissait trop bien cette expression. Il repoussa doucement sa main.

-« Bien, je prends note » soupira t-il et il se tourna de nouveau vers le téléviseur.

-« Heu… Harold ? » demanda John, étonné de sa réaction.

-« Vous m'avez dit qu'il s'agissait d'une négociation John ? Donc je choisis de refuser votre proposition »

-« Vraiment ?» demanda l'ex agent déçu.

-« Je vous connais John et quand vous avez ce regard je sais qu'il vaut mieux pour moi refuser votre idée sinon je ne verrais jamais la fin de mon émission » se moqua Finch.

-« Vous me connaissez trop bien Harold » murmura Reese frustré.

Finch se contenta de sourire et se concentra à nouveau sur le programme.

John glissa son bras derrière ses épaules en songeant que c'était mieux que rien.

Une dizaine de minutes plus tard, Laurie Sharp fut appelée à la barre pour témoigner.

-« Oh » souffla Reese surprit, se redressant du canapé pour mieux voir, alors que Finch fronçait les sourcils, perplexe.

Soigneusement apprêtée et toujours gracieuse, Laurie s'avançait pourtant vers la barre avec précaution. Sa robe bleue pâle, bien que ample, dissimulait avec peine son ventre arrondi de futur mère.

-« C'est heu… inattendu » commenta Reese.

-« M Hextor a donc laissé un héritier supplémentaire ? C'est regrettable pour cet enfant » répondit Finch.

Ils écoutèrent Laurie décliner son identité puis prêter serment.

Le juge, homme d'un certain âge à l'apparence débonnaire, mais indéniablement doté d'une certaine poigne, proposa aimablement à la jeune femme de prendre un siège.

-« Ce n'est pas de refus » répondit Laurie « Il est un peu lourd » gloussa t-elle « C'est un garçon, il est remuant » ajouta t-elle « J'espère qu'il sera courageux comme son père ». Elle hésita « par contre il faudrait qu'il soit un petit peu plus beau »

-« Hum, je vous le souhaite » commenta le magistrat un peu perplexe devant le débit du témoin.

-« Ce serait le mieux ! Son père est un policier d'élite vous savez ? C'est grâce à lui que les autres ne m'ont pas retrouvé» affirma t-elle d'un ton convaincu.

Finch et Reese échangèrent un regard interloqué.

-« Miss Sharp vous voulez dire que le père de votre enfant est un agent préposé à votre surveillance ? » questionna le juge stupéfait.

-« Ben oui. C'est mon référant du programme de protection des témoins. Il faut être intelligent pour faire cela vous ne trouvez pas ? Ce sera une bonne chose pour le bébé»

-« Votre dossier ne mentionne pas votre union » constata le magistrat «vous êtes bien mariés ? » hésita t-il.

-« Oh non » s'exclama Laurie « Il serait obligé de changer de boulot » s'exclama t-elle

-« Je crois pourtant qu'il a de grande chance de devoir en trouver un autre dès ce soir » commenta Reese.

-« Et puis de toute façon, il a déjà une femme. Il ne peut pas être bigame » ajouta sérieusement Laurie. Puis elle réfléchit et ajouta « J'espère que sa femme ne va pas regarder le procès elle n'est pas censée savoir »

Le juge écarquilla les yeux stupéfait par les réflexions du témoin. Quelques rires émanèrent du jury qui ne s'était sans doute pas attendu à cette parenthèse comique au milieu du procès d'un chef de gang.

Finch eut un hoquet, choqué par la désinvolture de la jeune femme. Reese, que la situation amusait franchement, eut beaucoup de mal à se retenir de rire en entendant son partenaire.

Ses efforts furent réduits à néant lorsque ce dernier se tourna vers lui, lui adressant un regard mi consterné mi perplexe.

-« Vous trouvez ça drôle M Reese ? »

Il s'efforça de reprendre son sérieux.

-« Vous me l'aviez dit Finch. Avec cette fille on ne sait pas s'il faut en rire ou en pleurer. »

L'informaticien soupira.

-« Au fond vous n'avez pas tort de choisir la première option je suppose »

Puis il ajouta, réalisant les paroles de son partenaire :

-« Vous vous rappelez de cela ? Vous avez une excellente mémoire, cela fait… huit mois ! »

Reese lui décocha un sourire lourd de sous entendu.

-« Lorsqu'il s'agit de vous j'ai une mémoire infaillible Harold »

L'informaticien ne répondit pas mais John vit clairement le sourire heureux qu'il esquissa discrètement et se sentit plus satisfait encore lorsque la main de son compagnon vint se placer sur la sienne, entrelaçant leurs doigts.

La suite du témoignage fut à l'avenant. Laurie avait une façon bien à elle d'interpréter les faits. Mais elle était aussi dotée d'un sens de l'observation aiguisé qui apporta du poids à son récit. Restait sa tendance à se perdre en considérations hors sujet qui obligea le juge à la recadrer plusieurs fois. On le sentait un peu perturbé face aux bavardages intarissables du témoin.

-« Fidèle à elle-même » commenta Reese.

-« En effet, c'est indéniable » répondit Finch.

Après Laurie, un autre témoin, l'ancien vigile de la villa, fut appelé à la barre et sembla à tous nettement plus reposant.

Puis la suite des débats fut ajournée au lendemain en raison de l'heure tardive.

L'émission se termina sur ce report. Finch saisit la télécommande pour éteindre le téléviseur. Il se tourna vers son partenaire.

-« John ? »

-« Oui Harold ? »

-« Je crois que finalement je suis tenté par la négociation. Votre proposition tient toujours ? »

John lui sourit.

-« Mais si vous n'avez plus d'occupation, donc plus besoin de vous concentrer, vous ne redoutez plus mes distractions ? » constata t-il perplexe.

-« Non, mais je compte m'installer ici pour la soirée avec un bon livre. Dans ce cas je crois nécessaire d'acheter votre tranquillité ».

Reese lui jeta un regard indigné.

-« La soirée entière ? Désolé Harold mais la proposition ne tient plus ! »

Il se pencha vers son partenaire et l'embrassa tendrement d'abord. Puis il l'attira contre lui et leur baiser se fit plus pressant. John se pencha contre son oreille, le faisant délicieusement frissonner, il lui murmura :

-« En fait, j'ai tellement de propositions à vous faire pour occuper la soirée Harold que vous allez vite oublier votre bouquin »

Finch sentit les mains de John glisser doucement sous sa chemise et caresser son torse tandis qu'il déposait de petits baisers dans son cou. Il soupira sous la sensation, se sentant déjà incapable de résister à ses avances. Tout en enlaçant son partenaire, il songea que, finalement, il ne tenait pas tant que cela à sa tranquillité.