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Vous m'entendez ?

Heu plutôt, vous me lisez ? D'accord, trêves de conneries ! Pas la peine de s'énerver ou de lever les yeux au ciel ! Non mais je vous jure. Si on peut même plus papoter parce qu' on aime pas le chapitre qu'on poste tout de même, où va le monde ?En fait, c'est surtout qu'il est court et que les choses n'avancent pas des masses !


Unepetitefolle : je te retrouve partout toi dis donc :p et pas de méprise c'est un grand plaisir ^^ gracias ! Ah et prends bien tes médocs, après ce chapitre tu vas en avoir besoin XD


Le silence est pesant. Seul Charles Weasley fait du bruit avec sa fourchette qui tape contre son assiette. Hermione se laisse tomber sur le banc, les larmes aux yeux. Harry passe un bras autour de ses épaules et la serre contre lui.

« Hermione, je suis tellement.. »

« Non. Ne dis rien. Rien du tout. Je … je vais rentrer. »

Ginny saisit les mains d'Hermione et lui parle doucement, comme si elle allait se briser au moindre souffle, ce qui était peut-être le cas.

« Je crois que Ron est allez chez vous, je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Tu devrais attendre demain pour aller le voir. Vous êtes tous les deux en colère, sur les nerfs. La nuit te fera du bien. »

Elle ne dit rien, le regard dans le vide.

« J'ai besoin d'air. Je vais dans le jardin et marcher dans les champs. A demain. »

Elle se lève maladroitement, renifle, s'attache les cheveux.

« Hermione chérie, reste. C'est bientôt l'heure du dessert et… »

« Molly s'il vous plait. » Sa voix tremble. Elle respire un grand coup. « Je rentrerai, je vous le promets. Je laisse ma baguette si cela vous rassure, mais laissez-moi allez marcher, j'ai vraiment besoin d'air. Seule » ajoute-t-elle en voyant Harry se lever.

Toute la tablée la regarde. Juste avant de passer la porte, elle s'arrête quelques secondes. Sans se retourner elle lâche, des sanglots dans la voix :

« Ah, et bonne Saint Valentin »

Sans laisser le temps de répondre, elle disparaît.

« Ah ce que je vois, je suis pas le seul à toujours gâcher l'ambiance. »

« Charlie ! »

oOoOoOoOoOoOoOoOo

Elle se tient debout, plantée au milieu des champs. L'air de la nuit l'apaise. Ce qu'elle aime au Terrier, c'est de voir autant les étoiles. Ça lui rappelle qu'elle est petite, minuscule face au monde, à l'univers. Que sa relation avec Ron et sa fin subite n'est pas si grave, pas si importante. C'est minime face au monde. Et il y a tellement d'autres problèmes, biens plus graves. Les guerres moldues. L'analphabétisme. Et tant d'autres.

Oui, mais l'homme est en soi un tantinet égoïste. Sa nature même le pousse à se préoccuper en premier lieu de ses problèmes. Alors elle a beau relativiser. Elle a beau se dire que des centaines de centaines de personnes se font larguées. Pas forcément la veille de la Saint Valentin et devant toute la famille de son copain certes, mais tout de même. Elle a vécu une guerre, y a survécu. Elle s'en remet véritablement à peine, les cauchemars s'estompant enfin et les crises d'angoisse se faisant rare. Les souvenirs un peu moins douloureux.

Alors ce n'est pas la fin de la relation avec son unique véritable petit ami depuis cinq ans qu'elle va craquer. Non. Elle respire. Ses yeux brûlent. Elle décide de s'autoriser cinq minutes. Une minute par année. Cinq minutes où elle se laisse aller à sa peine et à son cœur brisé. Alors elle s'effondre dans les champs et laisse enfin dérouler les larmes sur son visage.

Elle a largement dépassé le temps qu'elle s'était accordée. Mais sa crise de larmes se calme, elle essuie ses joues humides et renifle. Elle aimerait un mouchoir. Mais elle a un chemisier et une jupe. Cette tenue n'a pas de poche. Elle n'est pas faite pour ça. Non, Hermione la porte pour Ron et la Saint Valentin, pour lui plaire.

La tristesse est là. Mais elle s'apaise un peu. Et un autre sentiment s'étend en elle. La colère. Il l'a plaqué, sans remords semble-t-il. Et devant toute sa famille. Elle n'avait pas envie de faire ce dîner où tous les Weasley et leurs conjoints seraient présents. Arthur et Molly. Bill et Fleur. Percy et Audrey. George et Angelina. Ginny et Harry. Charlie devait venir avec une fille mais apparemment ils s'étaient eux aussi séparés. Et voilà que Ron la laissait tomber ce soir-là, devant eux, et se tirait chez eux. La laissant seule avec sa famille. L'obligeant à dormir dans cette maison empli d'amoureux.

Elle se relève et court presque jusqu'au Terrier. Elle ne supporte plus d'être ainsi habillée. Elle veut se changer, ne plus être apprêtée. Ça fait trois ans qu'elle vit avec Ron, faisant des efforts pour être belle et soigneuse d'elle. Et lui avait-il fait des efforts ? Non ! Elle se force à ralentir avant d'entrer dans la maison, elle ne veut pas les réveiller. Elle ne veut pas les voir, pas les déranger dans leur bonheur. Elle finit enfin par atteindre la chambre de Ron. Elle pousse la porte et se dépêche d'enlever ses vêtements. Elle sait que c'est incohérent, stupide de réagir comme ça mais elle respire pourtant mieux quand sa jupe rejoint le chemisier au sol. Ses collants subissent le même sort.

Elle commence à farfouiller dans sa valise mais à son grand regret, elle n'a pas de vêtement vraiment confortable. Plutôt des robes ou des déshabillés côté nuit. Elle se décide pour son pyjama rouge, un débardeur et short en soie. Elle s'allonge sur le lit. La couleur des murs lui rappelle Ron. Les posters lui rappellent Ron. L'odeur est celle de Ron. Il est présent, partout.

Elle comprend qu'elle ne peut pas rester dans cette pièce, pas déjà. Alors elle saisit un livre au hasard et elle est heureuse de voir qu'elle est tombé sur L'Histoire de Poudlard. Le réconfort que ce livre lui apporte est sans borne et il est parfait pour cette nuit. Elle enfile le peignoir blanc en soie également qu'elle avait apporté . Sa baguette dans une main, le livre dans l'autre, elle descend silencieusement les étages. Elle part s'installer dans le canapé moelleux du salon des Weasley.

Tiens, c'est exactement à cet endroit que Ron lui a murmuré pour la première fois qu'il l'aimait. Et aussi là qu'ils ont décidé de vivre ensemble au bout de deux ans de relations. C'est aussi ici que..

Ok, elle avait besoin d'un verre. Trop de souvenirs. L'alcool allait être son meilleur ami, encore plus si elle devait supporter la journée de demain, entourée de couples alors qu'elle était seule. Vive la Saint-Valentin !

Décidée à ne pas pleurer sa relation plus que Ronald ne le méritait, elle refoula ses larmes et se déplaça aisément dans la cuisine, saisissant un verre et cherchant la bouteille de whisky.

« Mais où est cette putain de bouteille ?! J'en ai besoin ! »

« C'est ça que tu cherches ? »

Poussant un cri de terreur et bondissant de surprise, Hermione, la main sur le cœur, se retourna et découvrit Charles se tenant dans l'encadrement de la porte, la bouteille de scotch entamé dans la main.

« Tu m'as fait une de ses peurs ! »

Il ricana, l'air content de lui. Hermione soupira, agacée. C'était le Weasley qu'elle connaissait le moins, le plus bourru et mystérieux. Il n'avait aucun tact et se fichait de ce que pensait les autres, à un tel point qu'il disait les choses les plus désagréables aussi facilement qu'on disait bonjour. Bref, elle évitait de lui parler et il en faisait généralement autant.

« Bon et je peux savoir ce que tu fais à cette heure-ci à surprendre les gens ? » demanda-t-elle plus sur la défensive qu'elle ne le voulait.

« Comme tu viens de le dire, je m'occupe à faire peur aux fraichement célibataires, y a rien de plus intéressant à faire ici »

Elle le fusilla du regard. Mais qu'il retourne à ses dragons !

« Hé bien va faire autre chose ailleurs. En Roumanie par exemple. »

« Oh mais c'est qu'elle mord ! Allez c'est bon, boude pas. Je crois qu'on a tous les deux mérités un verre. »

Elle hésita. Elle avait deux choix : soit remonter dans la chambre et voir le souvenir de Ron partout soit rester en bas et supporter Charlie. C'est l'alcool qui la décida. Elle n'en était pas fière, mais quitte à passer une nuit horrible, autant la subir avec du whiskey.

Elle hocha la tête en signe d'assentiment. Ils s'installèrent dans le salon et commencèrent à boire, trinquant à la fête la plus pourrie de l'année, celle des amoureux.


Et voilà !

Vous savez quoi faire si vous en avez envie ;D

Je vous dis à plus tard dans la semaine, soit ici soit sur une année !

Bisouuuus