Note : Voilà la suite, enfin. Il ne s'est pas passé une semaine sans que je pense à cette fanfic, que le poids de la culpabilité m'étouffe. Je continuais de recevoir de charmantes reviews, des follows, des favorites, et pourtant pas de réponses, pas de suites de ma part. Cette fois-ci j'ai enfin l'envie et la motivation de vous satisfaire et de clore rapidement cette fanfic et d'en recommencer une rapidement, pourquoi pas ? Un chapitre un peu plus long que ceux habituels et qui n'est pourtant vraiment pas long face au chapitre 10 que j'ai commencé et qui, lui, devrait être particulièrement fourni.

Bonne lecture en tout cas, merci très chers lecteurs/lectrices de me soutenir et me motiver avec vos reviews, continuez à me harceler, c'est comme ça que les suites arrivent.

UNE CONFIANCE EFFRITÉE

Le lendemain matin, Hermione, toujours aussi nerveuse, n'avait pas encore eu le temps de revoir Pansy, et elle n'en avait pas tellement envie. Harry et Ron était compréhensif, ils ne lui posaient plus de questions indiscrètes, et avaient cessé de l'ennuyer sur sa relation avec la jeune serpentard. Ron en avait même cessé les blagues grivoises et les sous-entendus pervers. La scène de la veille avait réveillé en eux cette dureté sérieuse qu'ont les gryffondor en cas de pépins, cette même dureté qui avait servi à Harry Hermione et Ron durant leurs années à Poudlard où Voldemort faisait parler de lui.

C'est finalement vers midi qu'Hermione se décida à rejoindre la jolie Serpentarde et à mettre au point certaine chose, et notamment lui révéler ce qui s'était passer la veille. Assise à la table des gryffondors, occupée à avaler un poulet rôti aux herbes, elle essayait malgré tout de repérer Pansy dans les rangs verts et argentés de la table bruyante qui se situait à l'opposé de la Grande Salle.

Elle n'arrivait pas à la repérer et déjà le repas se finissait. Ses amis et compagnons rejoignaient la salle commune avant de repartir en cours, et Hermione décida de passer discrètement près de la table des Serpentards pour voir Pansy. Toujours rien. Elle décida alors de parler à Blaise qui lui paraissait moins hostile que les autres.

-Dis moi Blaise, tu n'aurais pas vu Pansy ? Je la cherche depuis tout à l'heure et je n'arrive pas à mettre la main sur elle.

Blaise se retourna vers elle, surpris qu'elle vienne lui parler et lui répondit :

-Elle ne le t'a pas dit ? Elle a été retenue par Snape, je ne sais pas trop pourquoi, mais en tout cas elle a dit au groupe qu'elle ne mangerait pas ici ce midi et que le professeur la gardait toute la journée avec lui dans les sous-sols.

-Avec le professeur Snape ?

-Oui oui, je pensais qu'elle t'avais prévenu.

Blaise ne resta pas longtemps dans la discussion et se retourna pour rejoindre ses amis qui quittaient aussi leur table pour retourner dans les cachots sombres de l'école. Hermione restait sur place, surprise, avant de remonter rapidement les escaliers en direction du septième étage du château. Pourquoi Pansy ne l'avait pas prévenu ? Depuis la veille, Pansy n'avait pas eu cours avec le professeur des potions, donc la jeune gryffondor ne voyait pas comment son amie avait pu être retenue par le professeur. Elle était surprise, mais retrouva rapidement ses esprits quand elle s'aperçut qu'elle allait être en retard à ses cours d'Histoire de la Magie.

Elle rejoignit donc ses amis dans la salle commune, prit ses affaires de classe, et se précipita au troisième étage pour rejoindre la classe ennuyeuse du professeur d'Histoire de la Magie. Elle s'assit à sa place habituelle, et fut surprise une nouvelle fois que Pansy ne soit pas. Elle ne pensait pas avoir déjà vu un élève puni au point de ne pas assister au cours d'un autre professeur. Hermione commençait à se faire du soucis. Et si Pansy avait eu un accident ? Et si Snape était vraiment le sadique qu'on imaginait chez les Gryffondors ?

Occupée par ses pensées, elle ne faisait pas attention au cours, pas plus qu'à Draco Malefoy, le nez recouvert de bandage, et l'œil au beurre-noir, qui essayait d'attraper son regard avec ses petits yeux menaçant. Finalement, sortie de sa torpeur et de ses inquiétudes par un coup de coude involontaire de Ron qui venait de faire tomber sa plume, elle prit conscience de la présence de Draco qui l'observait toujours à quelques mètres d'elle.

Enfin conscient d'avoir été localisé, Malefoy fit un signe à Hermione, et lui envoya un petit papier plié en forme de grue qui s'envola jusqu'à sa table. Hermione l'ouvrit :

Granger, j'espère que tu profites de ta vie maintenant parce que tu vas vite le regretter. J'ai essayé d'être gentil avec toi, de me souiller en venant avec une proposition honnête, maintenant c'est la guerre, et vu que je n'ai plus rien à cacher, je ne vois pas pourquoi ta petite chérie en aurait aussi. Blaise m'a dit que tu savais pas où elle était, moi je le sais. Si tu veux savoir, il va falloir que tu rampes à mes pieds, et que tu t'excuses. Et dis à Potter que la prochaine fois que je peux l'avoir, il va regretter de pas avoir sa maman pour lui faire ses pansements. D.

Hermione renvoya un regard blasé au sourire de Draco qui voyait visiblement que le message avait été lu. La gryffondor trempa sa plume dans l'encre et tacha d'écrire une réponse.

Je sais ce que tu manigances, petit crétin, et tu rêves si tu crois que je vais venir vers toi, la prochaine fois que tu m'approches ou que tu essayes de me contacter, je dis tout à McGonagall, et à Dumbledore, et tu le paieras cher, ton père ou pas pour te protéger.

Ne sachant pas vraiment comment faire pour envoyer le papier par les airs comme le faisait si bien le serpentard, elle se contenta de le faire passer par les élèves d'à côté, qui tendirent rapidement le papier à Malefoy dont le sourire narquois ne s'effaça pas à la lecture du message. Il gagnait toujours sur un point même si Hermione avait essayé de le cacher : Elle ne savait toujours pas où était la Serpentarde.

Pour éviter de montrer plus d'embarras, Hermione se contenta d'éviter les regards de Draco et se concentra avec difficulté sur le cours, aussi ennuyeux soit-il. Cependant à ses côtés, Harry avait remarqué le petit échange entre son amie et son ennemi, et s'inquiéta rapidement. Il attendit cependant la fin de la classe pour aborder le sujet. Alors que le petit groupe d'ami avait décidé d'aller rendre visite à Hagrid, traversant le parc, il se tourna soudainement vers Hermione, rompant la discussion qu'ils avaient alors sur les travaux notés demandés par les professeurs.

-Hermione, dis-moi, j'ai vu que Draco essayait de te parler pendant le cours. Qu'est ce qu'il te voulait ?

Hermione surprise par le changement de sujet, souris néanmoins à son ami, contente de voir qu'il s'inquiétait toujours autant pour elle.

-Pas grand chose, il a voulu me menacer, comme d'habitude, comme hier en fait, et il te menaçait aussi d'ailleurs. L'habituel Malefoy, faut croire.

-Tu semblais pourtant préoccupé, tu es sûre que ça va ?

-En fait, y a bien un truc qui me taquine depuis ce midi.

Ron qui écoutait, prit soudainement la parole à son tour sur le sujet :

-C'est Pansy, c'est ça ? Je ne l'ai pas vu depuis ce matin, et j'ai entendu une des pétasses de Serpentard dire à son amie qu'elle ne l'avait pas vu non plus.

Loin de rassurer Hermione sur le sujet, mais la libérant malgré tout de sa solitude sur le sujet, elle acquiesça.

-Oui, je n'ai pas de nouvelle, et Blaise m'a dit qu'elle était retenue par Snape, mais comment peut-il la retenir aussi longtemps et pour quel motif, j'ai été avec elle sans arrêts ses derniers jours et elle n'a rien fait de mal, je pourrais le jurer. Je pense que Malefoy en sait plus sur le sujet, et c'est justement là dessus qu'il essayait de me menacer.

Alors qu'ils marchaient vers la cabane de Hagrid, dont la cheminée brinquebalante crachait une épaisse fumée grisée au dessus de la forêt, Harry s'arrêta soudainement au détour du petit chemin gravillonné qui descendait vers la forêt interdite.

-Et si on essayait de s'en mêler ? Hagrid et ses nouvelles salades peuvent bien attendre non ?

Hermione sourit à son ami.

-OK, allons-y. Et j'ai un idée de ce qu'on pourrait faire.

-Laisse moi deviner, ça implique ma cape d'invisibilité et une escapade dans les cachots du château ?

-Tout à fait.

Les trois amis se retournèrent motivés et retournèrent alors vers le château, et gravissant trois par trois les marches, se dépêchèrent d'aller chercher la cape de Harry, et descendirent enfin dans les cachots où ils se cachèrent dans une salle inoccupée pour mettre au point leur petit plan.

-Bon alors qu'est ce qu'on fait ? On va d'abord voir le bureau de Snape ou la Salle des Serpentards ?

-Je n'en vois pas un qui me fait plus peur que l'autre en fait, j'imagine qu'on va devoir être prudent. Voir même très prudent. Si jamais Snape nous trouve à fouiner dans son bureau avec une cape d'invisibilité, je pense qu'on est collé à vie, ce qui reste d'être plutôt court vu les retenus sadiques qu'il imaginerait pour l'occasion.

Ron semblait moins effrayé par le professeur de potion que par l'idée d'infiltrer la base ennemie, la salle commune des Serpentards.

-Et bien moi, je préfère subir le châtiment d'un professeur que d'être démasqué en plein milieu de la salle commune des Serpentards. J'ai bien peur qu'on soit tué avant qu'un professeur ne puisse intervenir. Surtout si on tombe sur Malefoy, il l'a plutôt mauvaise depuis hier.

Malgré les plaintes, ils se mirent tout d'abord d'accord pour aller chez les Serpentards en premier, c'était là qu'ils avaient le plus de chance de trouver Pansy, et donc de rassurer Hermione qui commençait vraiment à se poser des questions sur sa petite amie.

Ils se cachèrent donc sous la cape, avec difficulté et tachèrent d'avancer sans faire trop de bruit ou de sortir accidentellement de la cape. Quand ils étaient plus jeunes, ils tenaient facilement tous les trois sous la cape, maintenant qu'ils avaient grandis, que Ron faisait presque le double de sa corpulence de première année, et que Harry avait trois têtes depuis ses onze ans, il était difficile de faire loger tout le cirque sous le chapiteau. Malgré tout, après quelques plaintes de Ron, puis d'Hermione, ils parvinrent à trouver la position idéale pour avancer, tenir la cape, et ne pas dévoiler leurs pieds.

Ils arrivèrent rapidement à la salle commune des Serpentards qu'ils avaient déjà repérer depuis quelques années. Ils attendirent qu'un groupe de petits seconde année, qui se plaignaient de la dureté du professeur McGonagall, passe devant eux, pour les suivre et traverser la tapisserie mitée qui faisait office de porte. Le mot de passe était plutôt simple : Honneur et discipline. Hermione se demanda si l'honneur et la discipline caractérisait vraiment les Serpentards, mais oublia rapidement cette question quand ils pénétrèrent la salle. Heureusement pour eux, et grâce au temps clément sûrement, elle était presque vide. Ils explorèrent rapidement les alentours, descendirent dans les cachots plus profonds qui accueillaient les chambres. Celles des garçons étaient facile à accéder, et ils furent déçu de ne rien trouver, à part le lit de Draco, reconnaissable aux draps somptueux qui portaient ses armoiries et ses initiales.

Ron proposa discrètement une fouille en règle des affaires de Draco. Les deux autres compères furent vite d'accord. La grande malle qui trônait au pied était pleine à craquer de vêtements. Ils trouvèrent quelques dizaines de galions cachés dans le fond, et quelques objets dont la bande ignorait l'utilité mais qui semblaient plutôt suspects. Ils laissèrent tout en ordre et continuèrent de fouiller ses affaires, passant notamment à sa table de chevet, quand soudainement, Draco Malefoy lui même apparu derrière eux, sans remarquer à priori le petit tiroir de sa table de nuit se refermer toute seule.

Aussitôt le trio tenta de se dégager en silence pour se terrer dans un coin plus sombre de la chambre, vers ce qui semblait (au vu de la taille des vêtements sales posés sur le lit) être le lit de Crabbe ou Goyle.

Malefoy se dirigea vers sa malle, et sorti l'un des objets qui était caché au fond de son sac. Il s'empara de ce que Hermione avait prit pour un miroir de poche, et se mit alors le tripoter en marmonnant tout seul. Ils virent alors que le reflet du miroir se dissipa pour laisser apparaître un autre visage, proche de celui de Draco, mais vieillit. Hermione mit du temps à le reconnaître, mais Harry lui l'avait aussitôt reconnu, il s'agissait de Lucius Malefoy. Aussitôt face au visage de son père, Draco se mit à parler seul.

-Père, j'ai pu parler au professeur Snape à l'instant, il cache toujours Parkinson chez lui, mais apparemment, elle devrait accepter vos propositions.

-Très bien Draco, je suis déçu de devoir en arriver là, je pensais que tu aurais agit avec plus de tact ou de sagesse, mais je suppose qu'à ton âge, on ne puisse pas tellement compter sur toi.

-Père, je...

-Ne cherche pas à te justifier, je suis déjà satisfait que tu puisses saisir toute l'importance de cette affaire. Tu sais très bien que je dois protéger notre famille de toute cette chasse absurde autour des mangemorts et autres serviteurs de notre ancien maître. Avoir l'opportunité de mettre la main sur une bonne partie de Saint Mangouste nous permet de relâcher une certaine pression.

-Je suis bien conscient père, c'est pour ça que j'ai tout fait pour que cela arrive, c'est le caractère de Parkinson qui fait défaut, pas le mien.

-Oui je comprends, mais à par ça, qu'est ce que tu as sur ton visage ? Tu as eu un accident ?

-Ce n'est rien père, juste une mauvaise confrontation avec Potter et sa bande de pouilleux débiles.

Hermione sentit la main de Ron se crispé sur la cape d'invisibilité.

-J'espère que tu trouveras rapidement une manière de te venger proprement de ça, n'oublie pas que je n'ai aucun pouvoir dans ton école face à cet énergumène de Dumbledore.

Le père Malefoy sembla se retourner, interrompu dans sa discussion. Il bafouilla quelque chose d'inaudible, sûrement non destiné à son fils, puis se tourna de nouveau vers le jeune serpentard.

-Je dois te laisser Draco, ta mère vient justement de m'annoncer l'arrivée des Parkinson, ils doivent dîner ce soir, et j'espère que les choses prendront une tournure favorable.

Le miroir se floua soudainement, laissant Draco face à son propre reflet.

-Au revoir, papa.

Draco rangea son petit objet dans sa malle, s'assit quelques secondes sur son lit, visiblement préoccupé par ses pensées, puis se releva et sortit de la pièce avec nonchalance. Le trio, visiblement intrigué et déboussolé par la discussion entre les deux Malefoy avancèrent vers la sortie pour s'assurer que le serpentard était bien parti. Quand ils le virent au loin quitter la salle commune, ils purent respirer un peu plus fort et se chuchoter sur la suite du plan.

-Tel père, tel fils apparemment, au moins on aura apprit une chose, Pansy se cache chez Snape, mais pourquoi ? Pourquoi se cacher ?

Ron les poussa vers la malle, alors qu'Harry allait répondre à son amie. Mais le rouquin le devança.

-Je ne sais pas vous, mais je lui piquerais bien son miroir bizarre, moi.

-Pourquoi, tu as l'intention de discuter avec Lucius Malefoy ?

-Non, pas particulièrement, mais ça pourrait nous être utile, et puis même si on ne peut pas l'utiliser, alors Malefoy non plus, et ce qui nuit à Malefoy ne peut-être que bénéfique pour nous, non ?

Les deux autres ne trouvèrent rien à dire et acquiescèrent alors que Ron fouillait déjà la malle pour trouver l'étrange appareil. Alors qu'il le mettait dans sa poche, Hermione était sûre d'avoir vu luire des galions dans les mains de son ami, mais elle ne dit rien, et pouvait-elle vraiment lui en vouloir ? Harry reprit alors le fil du sujet qui précédait l'interruption de Ron.

-Cette histoire de mariage à l'air carrément flippante si tu veux mon avis. J'ai l'impression de vivre dan un film de mafia.

-C'est quoi la mafia ?

-La Mafia, des groupes de bandits qui vivent sur une sorte d'honneur un peu bancal qu'ils créent que pour eux et qui ne marche que pour eux.

-On appelle ça les Mangemorts ici.

Hermione s'énerva dans la discussion qui sortait de son sujet.

-On s'en fout de savoir à quoi ça ressemble, ce que je vois, c'est que Pansy est trop effrayée pour sortir du bureau de Snape, et pour vouloir rester avec lui, ça ne doit pas être de la rigolade. Je ne comprends pas pourquoi elle n'est pas venue me voir moi. Enfin quoi, on aurait pu la cacher.

-Ce n'est pas si simple Hermione, elle ne peut peut-être pas se cacher justement. Elle doit peut-être enfin assumer ses choix.

-Comment ça enfin ?

-Tu te rends bien compte que Pansy à fuit ses problèmes en venant se cacher avec toi, même si vous êtes mignonnes ensemble, et que je suis content pour toi, elle n'a pas vraiment cherché à confronter ses problèmes.

-Tout le monde ne peut pas sauter à la gorge des personnes qui te posent problème. TOUT LE MONDE N'EST PAS TOI, HARRY !

-Hermione...

Ron posa sa main sur l'épaule d'Hermione, tachant de la calmer. La jeune gryffondor, entre la colère, la peur et le sentiment d'impuissance c'était surprise à hurler sans le vouloir sur son meilleur ami. Elle regrettait déjà ses mots, mais c'était trop tard, et ses cris n'étaient pas passer inaperçu dans la salle commune des Serpentards.

Deux adolescents pâlichons de troisième année descendirent les escaliers pour se précipiter dans la chambre, frôlant la cape, passant complètement à côté du groupe d'ami. Ils restèrent là quelque temps et repartirent déçus.

-Je suis sur que j'ai entendu une nana criée, je te le jure. Si c'était comme l'autre fois avec l'autre folle, on aurait pu se marrer.

-Tu parles, tu flippais quand elle est venue te demander de l'encre l'autre jour.

-Ta gueule...

Les deux jeunes disparurent dans la salle commune et sortirent presque aussitôt dans les cachots, suivis par les trois Gryffondors qui n'avaient pas attendu pour saisir l'occasion de sortir facilement de cet endroit froid et lugubre.

Ils prirent sans tarder la direction des cachots opposés, qui abritaient les salles de potions, et surtout, le bureau privé et les appartements de Severus Snape. Ils arrivèrent rapidement devant la vieille porte en bois cerclée de fer. Harry prit la parole :

-Bon, on se débrouille comment pour entrer maintenant ? Si on ouvre cette porte, ça m'étonnerait que Snape ne devine pas rapidement la situation, il connaît l'existence de la cape.

Hermione avait déjà réfléchit au problème :

-Il faut faire diversion. Il faut le faire sortir de son bureau et là on pourra entrer tranquillement.

-Tranquillement, je ne sais pas si c'est le bon mot...

-Donc Hermione, dit Harry, tu as pensé à une diversion ?

-Oui, j'y ai pensé, mais ça ne va pas vous plaire.

Quelques minutes plus tard un vacarme retentit à quelques couloirs de là, Harry et Ron, découvert, et sans la cape, avaient profité d'un passage opportun de Crabbe et Goyle pour les provoquer et commencer une bagarre. Hermione qui était restée près de la porte attendait la réaction de Snape.

Il ne fallut pas attendre pour le voir sortir en hâte, les sourcils froncés et la démarche hâtive. Il tourna dans un couloir et Hermione ne le vit plus, mais elle l'entendit très bien quand il arriva devant Harry et Ron et les mots « directeur », « renvoyé », « inadmissible » firent échos dans tout le cachot alors qu'elle entendait en même temps les pas remonter vers les étages supérieurs.

Elle profita de la situation et ouvrit la porte qui était restée ouverte. Trop facile, elle s'attendait presque à des pièges ou une bizarrerie de Mangemorts. Elle se dit que le professeur de potion devait être bien assez confiant sur la peur qu'il infligeait pour penser une seconde qu'un élève tenterait un jour de rentrer dans ses appartements.

Contrairement à ce qu'elle aurait pu imaginer l'intérieur était plutôt bien décoré, agréable et chaud, alors qu'elle s'imaginait des décorations lugubres dans un froid sinistre et pourquoi pas un lit dans un cercueil. Mais ce fut l'opposé de ça. Les murs étaient couvert d'une mousseline cramoisie, de nombreuses étagères jonchées de livre la firent rêver. Il y avait peu de meuble, certes, mais ils étaient bien agencés et de bon goûts. Elle entra d'abord dans un petit hall d'entrée dépourvue de meuble à part un petit guéridon taillé dans un joli bois, quelques feuilles éparses et des petits objets inconnus prenaient la poussière dessus. Plus loin un petit couloir menait à trois portes.

Elle prit la première et tomba dans un bureau, chargé de livre, et imposant, les seuls tableaux aux murs ne montraient pas des têtes ou des portraits mais ressemblaient plus à des schémas qui lui semblaient totalement inconnu. Elle aurait aimé rester plus de temps et fouiller l'ensemble, mais elle se savait pressée. Snape pouvait revenir d'un moment à l'autre.

Elle passa donc dans la deuxième pièce, un grand salon, avec des bibliothèques et des canapés confortables, tournés vers une grande cheminée centrale.

Elle était là.

Assise sur un canapé, la tête dans un livre, Pansy n'entendit pas le petit hoquet de surprise et de soulagement qui venait de l'entrée. Hermione avança doucement et, après avoir prit soin de veiller à ce que Snape soit bien absent, elle ôta la cape, et prit la parole :

-Pansy ?

La jeune Serpentarde poussa un petit cri de surprise et laissa tomber son livre au sol. Les yeux écarquillés, elle regardait tour à tour Hermione et la porte :

-Qu'est ce que tu fais là ? Est-ce que Snape t'as fait venir ?

-Non, je suis entrée sans qu'il puisse me voir.

-S'il sait que tu es là, tu vas passer le pire quart d'heure de ta vie, et moi je risque d'avoir des ennuis.

-Pourquoi je suis là à ton avis ?

-Je sais, je sais, mais je n'ai pas pu faire autrement, j'ai du me cacher, j'étais obligée, je ne pouvais pas rester là bas.

-Pourquoi ? Et pourquoi Snape ? Dumbledore aurait pu...

Pansy lui coupa la parole :

-Oh arrête, tout le monde n'est pas Harry Potter, si tu es Serpentard ou si tu n'es tout simplement pas un héros, Dumbledore se fiche de toi...

-Dumbledore n'a jamais laissé un élève à la dérive, jamais.

-Il ne comprendrait pas la situation..

-Et moi ?

-Quoi toi ?

-Est-ce que moi, je peux la comprendre ?

Un silence coupa brièvement ce flot de parole entre les deux jeunes filles.

-Et bien je pensais que tu avais compris, je pensais que toi justement tu pouvais te mettre à ma place non ? Tu sais ce que m'a fait ce porc de Drago ?

Hermione était mal à l'aise, elle ne savait pas si elle devait la croire ou pas. « Ce que lui avait Draco », pourquoi ça sonnait faux dans sa bouche ? Pourquoi ça avait toujours sonné faux ? Hermione c'était persuadé que tout ce qui sortait de la bouche de Pansy était du velours, obsédée par la jeune fille et ses appâts de rêve. Et si c'était l'autre qui avait raison ? Draco, cet ignoble petit rat, et si c'était lui qui disait la vérité ?

Elle ouvrit la bouche pour répondre quand un grincement sourd attira son attention et celle de Pansy. Severus Snape rentrait juste. Hermione eut juste le temps de se cacher sous sa cape et se cacher dans un coin de la pièce quand le professeur entra dans la pièce. Il fit une petite pause en observant Pansy debout devant le canapé et le livre par terre. Il enroula la pièce d'un regard suspect, puis s'adressa à Pansy :

-Si vous avez besoin de moi, je serai dans mon bureau. J'ai prévenu les elfes de maison, ils vous apporteront vos affaires et de quoi manger. De mon côté, je vais devoir sortir pour partager mon repas dans la Grande Salle dans une heure, je vous fais confiance pour de ne pas déranger mes affaires.

-Oui monsieur.

Il sortit, et rejoignit son bureau. Pansy essaya de repérer Hermione dans la salle mais la jeune gryffondor avait déjà prit le chemin de la sortie, elle observa le professeur dans son bureau qui lisait des parchemins en tas et notait dessus avec sa plume des indications qu'il accompagnait de soupirs effarés. Il devait corriger des copies.

Hermione décida qu'il n'y avait pas trente façons de sortir, même si le bruit de la porte attirait l'attention, elle tira la petite poignée en fer et sortit de l'appartement chaleureux pour retourner dans les couloirs humides et froids du château.

Avant de remonter dans la salle commune des Gryffondors elle décida de s'arrêter à la bibliothèque pour se reposer un peu. Elle n'avait pas envie de croiser quelqu'un, elle n'avait pas envie de parler.

La bibliothèque était calme, rendue silencieuse par les yeux de faucon de sa surveillante, qui accueillit Hermione avec un sourire. Celle ci alla aussitôt s'asseoir à sa place habituelle. Elle en profita pour sortir ses affaires qu'elle avait gardé avec elle, et s'attaqua rapidement à quelques devoirs sans importances qu'elle tenait absolument à finir un mois avant la date fatidique.

Mais elle n'avait pas la tête à écrire un parchemin sur la situation des sorciers français sous la terreur d'Aurebois. Elle laissait traîner sa plume sur le papier qui lui servait de brouillon, dessinait des petits choses sans importances, un petit bonhomme, une petite maison. Un cœur. Elle le raya furieusement.

Elle ne s'était pas vraiment disputée avec Pansy, pourtant elle avait l'impression que quelque chose n'allait pas, que quelque chose n'allait plus. Le lien s'était-il rompu ? Elle pensa à la jeune Serpentarde assise en tailleur sur ce canapé, les yeux sur un livre. Son cœur s'emballa.

Non, elle l'aimait toujours, elle l'aimait encore, autant, presque plus. Mais elle avait peur. Hermione s'enfonçait dans des doutes, des questions dangereuses. Elle avait l'impression de ne pas connaître celle qu'elle aimait... Une idée lui vint.

Le petit carnet. Il lui fallait lire le petit carnet.

Il était dans sa chambre, caché entre deux petites culottes dans sa malle, elle avait voulu cette partie de Pansy plongée dans son intimité.

Elle arriva donc dans la chambre commune rapidement, sans croiser ni Harry, ni Ron, sûrement punis ou encore coincé dans le bureau de Dumbledore ou de McGonagall. Les autres élèves partaient aussi de la salle. La plupart descendaient vers la Grande Salle s'installer pour le repas qui arrivait.

Seule et assise sur son lit elle tenait entre ses mains ce petit journal qu'elle n'avait pas encore lu. Elle l'avait bien ouvert certes, mais n'avait pas encore osé le lire. C'était trop gênant, intime. Elle avait l'impression de trahir Pansy juste en le gardant. Elle aurait pu, elle aurait du lui rendre, mais elle n'y arrivait pas. Quelque chose en elle voulait ce carnet, et ce quelque chose avait peut-être raison aujourd'hui car ses doigts ouvrirent le carnet et cherchèrent rapidement les dernières informations couchées à la plume.

Fin du chapitre.

La suite arrive le plus rapidement possible. Il me reste un dernier (long, très long) chapitre, j'ai donc envie de le finir et de ne pas laisser cette fic inachevée. Et cette fois-ci, pas de pause de 2 ans ou pire. Pendez moi, harcelez moi si la suite n'arrive pas dans les jours ou les semaines qui arrivent.

A bientôt pour la suite, et n'oubliez pas de laisser une petite review pour me donner votre avis et surtout de deviner la réponse à LA question : Est-ce que tout ça va bien finir ou mal finir ? Mais aussi celles ci : Hermione et Pansy finiront-elles ensemble et en paix ? Draco avait-il raison ? Qu'est ce que cache ce petit carnet ?

La suite dans le prochain épisode, pour un chapitre final, plein de rebondissements, de larmes de joies ou de tristesses, de réconciliations ou de ruptures...