Note : Voici enfin, après quelques années d'oublis et de démotivations, le chapitre final de mon histoire. Il est bien plus long que ceux écrit précédemment, enviro fois plus long car je devais y placer de nombreuses choses, et couper en deux chapitres m'auraient encore fait perdre du temps. Donc le voilà.
N'oubliez pas, s'il vous plaît, de célébrer ce chapitre final de quelques reviews.
Je pense que je vais m'attarder prochainement à relire/corriger/améliorer et compléter les chapitres précédents afin de proposer finalement une version définitive de cette fanfiction. Quand tout cela sera terminé, je pense (j'y ai réfléchi) que je poserais un nouveau chapitre « bonus » pour conclure toute cette histoire.
Bonne lecture.
UN DERNIER MOT
Hermione s'allongea sur son lit, le petit carnet dans les mains. Elle le feuilleta de long en large, avec la curiosité d'un chercheur de trésor, avec toute l'avidité que ce doute énorme créait en elle. Mais rien, rien de plus que ce qu'elle avait déjà lu auparavant. Des dates, des noms : des noms de cheminées, des noms de magasins, des noms de personnes qu'elle ne connaissait pas. Elle remarqua aussi des petites infos sans importance sur ses journées : "Lundi il pleut, mais grand soleil dans mon cœur". Hermione se souvint de ce lundi là, c'était celui après leur première soirée.
Mais rien, rien qui puisse lui en apprendre plus sur ce qu'elle voulait. Elle était frustrée et soulagée en même temps. Elle se persuadait que Pansy avait raison en tachant de faire taire cette petite voix qui doutait, qui ne cessait de répéter : "et si..."
Et si rien du tout ! Elle rangea le petit carnet dans sa malle, près de quelques tissus de soie rose et descendit manger, il était l'heure. Les Gryffondors quittaient la salle commune, mais nul trace de Ron ou de Harry. Peut-être seraient-ils en bas.
En descendant les escaliers, elle se demanda quelle punition les deux compères avaient pu écoper. Après tant d'année à Poudlard, elle avait tout vu.
-Hermione, tu vas bien ?
Elle se retourna, c'était Luna qui l'interpellait. Contente de voir son amie, et soulagée de ne pas marcher seule jusqu'à la Grande Salle (surtout avec un Malefoy furieux qui devait roder dans le coin), Hermione attendit la jeune blondinette avec un grand sourire.
En chemin, une petite question lui vint en tête.
-Dis moi Luna ? Comment ça se passe dans ta vie sentimentale ? Je sais que quelques garçons s'intéressent à toi et pourtant tu es seule ?
-Ah ?
-Ben oui, tu n'as pas deviné ?
-Quels garçons ?
-Et bien, des amis à toi par exemple ?
-Mon papa ?
-Non, je veux dire des garçons ici, à Poudlard, qui s'intéresse à toi.
-Oh je vois... Je ne sais pas trop comment faire, tu sais, pour parler aux garçons. La plupart des gens sont désagréables quand je suis là. Je crois qu'ils sont intrigués plus qu'attirés.
-Mais non, tu te trompes, certains garçons sont vraiment intéressés par toi, Luna.
-Mais qui ?
Hermione hésitait, mais connaissant Harry et Luna, si elle n'intervenait pas, jamais rien ne se passerait entre les deux. Elle décida donc, sans penser aux conséquences et sans ses demander si cela lui ferait plaisir, de parler de Harry à Luna.
-Harry.
-Quoi, notre Harry ?
-Oui, lui même.
-Mais Harry est mon ami, jamais je n'aurais pensé que... Lui qui est si populaire, si gentil, si fort, il pourrait avoir toutes les filles, même des filles très belles comme toi !
Hermione sourit au compliment ainsi qu'à l'idée de voir Harry et elle ensemble. Ils étaient amis, meilleurs amis même, ce genre de relation n'avait aucun sens, elle était même dérangeante.
-Tu sais, parfois, même si toutes les filles sont autour de toi, c'est pas forcément celles là que tu désires.
-Harry... Je l'aime bien tu sais... Mais jamais je n'oserais...
-Vous deux, vous êtes pareils, timides et bornés à la fois. Si c'est pas lui qui fait le premier pas, vas-y, ou sinon c'est moi qui m'en mêle.
-Tu le fais déjà non ?
Ils ne purent continuer la discussion, étant arrivées à la Grande Salle, chacune prit la direction de sa table. Hermione fut soulagée de voir Harry et Ron qui attendaient, sagement assis. Celle ci se pressa de les rejoindre.
-Alors, vous n'êtes pas renvoyés ? demanda-t-elle
-Non, mais... répondit alors Harry
-Mais quoi ?
-J'espère que tu as pu profiter de ton passage chez Snape parce que pour nous ça a bardé, intervint Ron.
Harry lui raconta comment Snape les avait attrapé par le col de leur robe en hurlant pour les emmener illico-presto chez le directeur pour les renvoyer de l'école. Malheureusement, ou heureusement pour eux, ils étaient tombés sur McGonagall en remontant les escaliers du cachot. Celle ci avait insisté pour s'occuper du cas des deux Gryffondors malgré les rugissements colériques de Snape.
Il avait cédé, et les avait donné au professeur des Gryffondors. Cela expliquait le retour aussi rapide de Snape dans ses appartements. Mais McGonagall n'avait pas été plus clémente, après un savon monumentale, elle les avait puni pendant deux semaines à nettoyer le dernier étage pendant les heures de pause. Tous les jours, sans s'arrêter. Ils n'auraient plus un moment de détente, elle les relâchait juste pour manger et pour dormir.
Et encore. Le regard foudroyant du professeur depuis l'estrade des enseignants montrait qu'elle les tenait à l'œil même pendant les repas. Ron ajouta :
-Je suis persuadé qu'elle va nous surveiller pendant la nuit, rien qu'à l'idée de me réveiller face à sa tête de vautour cruel, je sens que je vais faire des cauchemars.
-Une fois mon oncle est resté deux semaines assis à côté de mon lit parce qu'il croyait que je faisais de la magie la nuit et que j'allais m'enfuir par les tuyaux du chauffage... ajouta Harry en repensant à son enfance étrange chez les Dursley.
-Si ton oncle était plus intelligent, il aurait su qu'aucun sorcier mineur ne peut faire de magie en dehors de l'école, même pour faire ses devoirs de vacances, répondit Hermione sur son ton habituel de première de la classe.
-Oui, mais tonton Vernon n'est pas intelligent, c'est là le problème, déclara Harry en riant.
Ils s'esclaffèrent un peu tristement. Cela faisait juste quelques mois que Harry pensait enfin à sa vie post-Dursley, et sa période pénible chez sa « famille » lui laissait encore des marques douloureuses.
Le sujet tourna enfin vers Hermione qui expliqua le peu de ce qui s'était passé dans les appartements de Snape. Elle passa plus de temps à parler de l'intérieur et de l'intimité du professeur de potion plutôt que de ses paroles avec sa bien-aimée.
Le dîner se termina et ils rejoignirent la salle commune des Gryffondors, sur le chemin ils discutèrent un peu.
-Le mieux, dit Harry, ça serait de pouvoir entrer de nouveau chez Snape pour lui parler.
-Pas question que je fasse le guignol pour me faire de nouveau embarquer par Snape, McGonagall ou pire, c'est sans moi, ajouta Ron.
Hermione n'avait pas tellement le choix.
-Je vais prendre ta cape, Harry, et attendre devant qu'il sorte. C'est la seule solution.
-Tu vas attendre toute la nuit, c'est stupide.
-Tu as une autre solution ?
-Oui, des centaines, mais pas sans risque, surtout quand il s'agit d'entrer illégalement dans les appartements du professeur le plus sadique de Poudlard.
Harry jeta un coup d'œil derrière lui en espérant ne pas voir le professeur. Des fois, Harry était persuadé que Snape apparaissait juste derrière lui quand on parlait justement de lui, une sorte de sixième sens effrayant. La bande d'amis ne trouvèrent donc pas de solution, et en restèrent à cette idée grotesque de camping devant la porte en attendant la sortie du professeur. Hermione prit la cape, et traversa rapidement le château jusqu'au cachot, en passant avant tout à la Grande Salle. Les derniers élèves quittaient les lieux, elle observa la table des professeurs, et la chaise de Snape était vide. Zut.
Elle descendit vers les cachots et tâcha d'écouter à travers la porte pour voir si le professeur était entré. Aucun bruit. Elle suspecta le professeur d'avoir protégé sa porte contre les écoutes mal avisées. Elle prit donc son mal en patience et s'assit dans un petit coin poussiéreux, loin du passage habituel des rares promeneurs, et attendit.
Rien, rien ni personne pendant des heures. Elle murmura un petit sort pour se réchauffer. Elle attendait, vainement, et puis, malgré elle, s'endormit là.
Seule, cachée sous sa cape, assise dans le noir et le froid des cachots. La nuit passa sans qu'elle ne s'en aperçut.
-NON, NON, NON !
Hermione fut réveillée en sursaut par des cris. Manquant de sortir de sous la cape, elle comprit rapidement qu'elle était encore dans le couloir.
-Madame, vous devez vous calmer, ce que nous faisons, nous le faisons pour le bien de votre fille...
-LE BIEN ? C'est MA fille, je décide ce qui est bien ou mal pour elle. Maintenant laissez-moi passer.
Hermione se plaquait au mur pour ne pas se faire repérer. Juste devant la porte des appartements de Snape, elle devinait les parents de Pansy. Mr Parkinson avait un air sombre et silencieux, les cheveux noirs et courts, les traits tirés et sérieux. Miss Parkinson de son côté par contre était loin d'être silencieuse. Ses yeux sortaient de leurs orbites, à peine caché derrière de fines lunettes cerclées d'or. Elle avait les cheveux clairs, tirés en arrière en chignon strict, son visage était fin, son cou long. Elle était très distinguée, très belle, se dit Hermione, bien que dans un style différent de celui de Pansy.
-LAISSEZ MOI PASSER JE VOUS DIS, hurla t-elle.
Elle était furieuse. Snape, toujours aussi calme, faisait front sans sourciller, il se tenait devant sa porte et attendait patiemment que la mère de son élève se calme. Ce qui ne semblait pas arriver.
Puis arriva Pansy, discrètement, cachée derrière son professeur de potion.
Les yeux de sa mère changèrent, ils se brouillèrent. Allait-pleurer ? Elle balbutia vers sa fille.
-P.. Pansy, ma chérie, tu es là ma puce. Comment vas-tu ma chérie ?
Le ton avait radicalement changé, d'une furie sauvage, elle s'était transformée en maman aimante. Son père par contre prit la parole sèchement.
-Pansy, tu viens avec nous maintenant !
-Non, papa ! Je ne bougerais pas d'ici.
Snape se retourna vers son élève.
-Mademoiselle Parkinson, il faut parler avec vos parents maintenant, vous ne pouvez pas rester ici pour toujours.
-Je... Je...
-Bon, vous allez tous venir avec moi, nous allons discuter de ça dans le bureau du directeur.
-Nous ne parlerons pas nos affaires privées dans cet établissement, et encore moins devant cet énergumène de Dumbledore.
Pansy se fit une petite place du côté de Snape.
-Maman, je ne veux pas retourner en classe, et je ne veux pas non plus rester dans cette école. Je ne veux plus le voir, je ne veux plus les voir tous.
-Je... je... tu ne penses qu'à toi Pansy, et tu ne penses nullement à tous ceux que tu affectes avec ta décision puérile.
-C'est vous qui ne pensez qu'à vos manigances, alors que moi je n'ai pas un mot à dire, et que tout ça va changer ma vie pour toujours.
-Cesse ton théâtre, il y a encore peu tu étais excitée par cette idée. Tu aimes Draco, n'est-ce pas ?
-Je... Non ! Qui j'aime ou pas ne vous regarde pas.
-Qui tu épouses ou pas, par contre ça nous regarde !
Ils furent interrompus par des pas qui arrivaient dans le couloir. Les têtes se tournèrent immédiatement, et du bout du couloir ils virent traîner au sol une longue robe jaune moutarde à fanfreluche qui habillait un vieil homme barbu aux yeux pétillants et au sourire impertinent. C'était Dumbledore.
Les Parkinsons se calmèrent et se renfrognèrent immédiatement, Snape aussi fronça les sourcils, mais il paraissait quand même soulagé de passer le flambeau au directeur, sans doute lassé par les histoires de famille qui ne l'intéressait pas.
-Monsieur et Madame Parkinson, soyez les bienvenus dans mon établissement. Et bonjour Pansy. Si vous voulez bien venir dans mon bureau tous les trois, nous pourrions peut-être discuter de votre présence dans cette école ?
-Monsieur le directeur, ceci ne vous regarde en aucun cas, c'est une histoire privée que nous réglerons en privé.
-Ma très chère madame (Hermione qui connaissait bien le directeur sentait bien l'ironie du propos), vous êtes en train de hurler dans mes cachots, votre fille se cache dans les appartements de mon professeur, et elle loupe les cours de mon école. Alors tout ceci semble bien me regarder au plus au point.
-Nous n'avons pas besoin de vous.
-Vous allez tout de même venir dans mon appartement.
-Nous ne vien...
-Vous viendrez, l'interrompa-t-il.
Le mère de Pansy avait le visage rouge et les veines qui ressortaient du cou, le père plus calme fit signe à sa femme qu'il s'occupait de l'affaire.
-Très bien, Dumbledore, nous vous suivons. Pansy, tu viens.
La pauvre Pansy qui n'avait pas vraiment son mot à dire se contenta de suivre ses parents en suivant la grosse tâche de moutarde qui traversait les cachots rapidement. Snape toujours aussi impassible ferma sa porte avec un petit soupir, laissant Hermione de nouveau seule, cachée, et quelque peu désemparée.
Sans avoir une seule idée de l'heure, elle remonta rapidement dans la salle commune après avoir enlevé la cape de Harry. Elle ne croisa ni Ron, ni Harry, évidemment punis quelque part dans le château, mais croisa Ginny.
-Hermione ? Ou tu étais passée ? Tu n'as pas mangé ce matin ?
-Quelle heure est-il ? Demanda Hermione.
-Bientôt neuf heure.
-Oh ! Je dois te laisser, je suis super en retard.
Neuf heure, les cours commençaient dans une petite demi-heure et elle n'avait pas mangé et ne s'était pas lavé. Tant pis pour le petit-déjeuner, une douche rapide et elle filait à son cours de Défense Contre les Forces du Mal.
Toute cette matinée et cette discussion ce matin ne lui avait rien apprit de particulier sinon que les parents de Pansy ne semblaient pas forcément très agréables, et semblaient aussi bornés que leur fille. Elle se demandait ce qui pouvait bien se passer dans le bureau du directeur au même moment, et espérait seulement que rien de grave n'arriverait à Pansy. Elle tenait toujours autant à elle, et elle lui manquait énormément, voilà déjà presque plus de 2 jours qu'elle ne l'avait tenu contre elle, qu'elle ne l'avait pas embrassé, qu'elle n'avait pas respiré son odeur.
Rien de ce qui pouvait se passer en cours ne pouvait l'intéresser, rien. Surtout pas ce cours pénible sur les guerres civiles d'il y a 200 ans.
-Mademoiselle Granger, est-ce-que le contenu de mon cours ne vous intéresse pas ?
-Non, non monsieur.
Personne n'était habitué à voir une Hermione silencieuse en classe, et surtout avec un main qui restait sur la table, et pas en l'air.
Un morceau de parchemin vola jusqu'à sa table et celle de ses voisins. Ils étudiaient le système de messagerie secrète utilisée pendant la guerre. Comment envoyer un message secret et caché grâce à la magie sans que l'ennemi puisse le voir.
La plupart des sorts comme Subjecto Revelo, ou Scriptus Albus ne servaient pas sur ce genre de magie, par contre ils apprirent un nouveau sort qu'Hermione connaissait déjà depuis longtemps : Lettra Parum.
Il fallu un peu de temps pour que Hermione se mette enfin à faire le rapport. Un sort incroyable pour révéler les messages cachés, un carnet intime caché dans sa malle...
Eurêka.
Le cour lui parut extrêmement long, et les autres suivants aussi. Elle profita de ces moments pour parler à Harry et Ron entre les cours, ils devaient nettoyer les serres toute la journée, elle ne les verrait donc pas avant ce soir.
Les cours finis, et avant d'aller prendre son repas du midi, elle se précipita dans sa chambre, seule. Elle rouvrit de nouveau sa malle pour ressortir ce petit carnet elle s'affala sur son lit et à l'aide de sa baguette jeta ce nouveau sort sur le petit carnet.
Rien..
Alors qu'elle allait ranger le carnet, une petite écriture dorée prit le dessus sur l'encre noire. Hermione avait vu juste, tout était là, c'était bien son journal intime. Les premières pages ne l'intéressaient pas, et n'avait aucun rapport avec elle. C'était vers le milieu du carnet que tout se révélait.
Plusieurs minutes plus tard elle descendit vers la Grande Salle pour manger, les yeux rougis de pleurs, et l'humeur exécrable. Elle se sentait trahie, sale, furieuse. Furieuse !
Elle ne dit pas un mot du repas, ne touchant qu'à peine son assiette malgré avoir déjà loupé celui de la matinée. Elle repéra les parents de Pansy qui mangeait dans un petit coin de la salle avec le directeur. Ils étaient donc resté pour manger ici. La discussion semblait avoir été plutôt longue.
Mais Hermione se disait qu'une autre discussion allait bientôt arriver, tout aussi longue, et elle serait présente cette fois ci, et ça ne serait agréable ni pour elle, ni pour les autres. Mais elle voulait faire en sorte que ça soit le plus désagréable possible pour Pansy.
-Ça va Hermione ? Tu ne parles pas et tu ne manges pas, demanda Ginny qui mangeait seule à la table des gryffondors.
-Je vais la tuer, répondit l'adolescente.
-Qui donc ?
-Parkinson !
-Pansy ? Mais qu'est ce qui s'est passé ?
-Pas pour l'instant Ginny, tu sauras tout ça plus tard. A propos tu ne sais pas où sont Harry et Ron ?
-Ils mangent avec Hagrid dans sa cabane.
-Merci.
Elle se leva aussitôt et traversa le château pour aller voir Hagrid. Le parc était vide, le froid s'installait doucement, et tous les élèves étaient encore en train de manger.
La cabane d'Hagrid fumait doucement et une bonne odeur de plat en sauce emplissait tout les alentours. Elle frappa vigoureusement à la porte.
-HAGRID !
Le demi-géant lui ouvrit étonné. A l'intérieur elle aperçu Ron et Harry.
-Hermione, qu'est ce que tu fais là ?
Elle ignora complètement ce pauvre Hagrid.
-Harry, Ron, qu'est ce que vous faites là ? Demanda-t-elle sur un ton presque menaçant face aux deux garçons, la bouche pleine et les yeux écarquillés.
-Nous avons été punis pas loin d'ici, alors plutôt que de rentrer, d'aller se laver, et de redescendre, Hagrid nous a invité à manger ici, répondit Harry après avoir déglutit.
Les garçons étaient effectivement sales et dans un état miteux. Ron paraissait aussi saigner de l'oreille droite. Elle se souvint des plantes pas très agréables qui vivaient dans ses serres.
-Et toi Hermione, qu'est ce que tu fais là ?
-Je...
Elle se retourne pour voir Hagrid, toujours debout sur le seuil, qui les regardait avec étonnement et curiosité.
-Je t'en parlerai plus tard, mais là je suis venu te demander quelque chose : Quel est le mot de passe du bureau de Dumbledore ?
-Comment ça, qu'est ce que tu veux faire avec ça ?
-Je te dirais plus tard.
Ron prit à son tour la parole, lui aussi ne comprenait rien à la situation.
-Tu vas braquer le directeur ?
-Qui va braquer QUI ?
-Non non Hagrid, je ne vais braquer personne, et Ron, arrête de dire des bêtises, je dois aller lui parler immédiatement et les parents de …
Elle regarda Hagrid, puis se retourna vers les garçons avec un regard entendu.
-Ses parents sont encore là.
Harry et Ron comprirent de quoi elle parlait, et se turent. Hermione ne resta pas plus longtemps, pour faire plaisir à Hagrid elle prit néanmoins un petit gâteau (Un de ces gâteau dur comme du granit qui vous cassait les dents) avant de partir. Elle le jeta sur le chemin, tant pis pour le biscuit. Le retour au château se fit rapidement, elle monta les marches deux par deux, et arriva enfin devant la statue de l'entrée du bureau de Dumbledore. Elle prit un peu de temps pour reprendre son souffle, remettre un peu d'ordre dans ses cheveux, et s'adressa à la statue de pierre. En un petit mot, la statue se mit à tourner sur elle même, dévoilant l'entée pas-si-secrète du bureau du directeur.
Là encore des marches, mais c'était les dernières, et le cœur d'Hermione ne battait plus tellement à cause de ses efforts, mais plutôt par le stress de sa confrontation avec ceux qui l'attendaient (sans le savoir) dans le bureau.
Elle entendait des bruits de paroles, qu'elle ne pouvait pas comprendre, et quand elle sentit qu'il y avait un peu de silence, elle frappa sans trop d'assurance.
-Oui ? Entrez !
C'était la voix de Dumbledore. Elle poussa la porte se retrouva dans le bureau qu'elle n'avait jamais vu. Pas le temps de faire l'état des lieux, elle avança directement jusqu'au bureau où étaient assis les parents de Pansy (visiblement dérangés d'avoir été dérangés), et surtout Pansy, qui passa de son teint blanchâtre habituel à celui de rouge vif. Elle interrogea Hermione des yeux, mais celle-ci l'ignora et s'avança.
-Miss Granger ? Je ne savais pas que vous possédiez le mot de passe. Dans quel pétrin s'est encore mis notre cher Harry ?
-Il ne s'agit pas de Harry, Monsieur, répondit-elle avec politesse, il s'agit de moi en fait, ou plutôt de Pansy.
-Pansy ?
Les têtes se tournèrent vers la serpentard qui ne pouvait pas plus rougir qu'à l'instant.
-J'ai des informations à vous donner sur ses motivations. Des informations qui pourraient peut être aider les parents de Pansy, et vous aider vous, à clôturer cette affaire de mariage.
-Comment ? Répondit alors le père de Pansy. Et vous êtes, mademoiselle ?
-Hermione Granger !
-Une gryffondor qui connaît nos affaires personnelles ? Je croyais que tout ceci devait rester personnel, Monsieur le Directeur. Est-ce que tout Poudlard est au courant de nos affaires de famille ?
Dumbledore ne semblait pas apprécier le ton menaçant de Monsieur Parkinson.
-Certainement pas Aquilin, mais vous comprenez que même secrètes, de nombreuses histoires circulent rapidement dans nos couloirs. Venons-en aux faits, Miss Granger, que vous pussiez rapidement retourner à vos cours, et que je puisse avoir deux mots avec Harry sur sa faculté à garder des mots de passe secret.
Hermione sortit de sa poche le petit carnet et le tendit au directeur.
-Tenez.
Pansy reconnu aussitôt son carnet. Son visage qui paraissait honteux jusqu'ici, devint tout à coup furieux.
-Dans ce petit journal, Pansy explique clairement ses intentions.
Dumbledore prit le carnet, l'ouvrit là où Hermione avait placé en avance un petit marque-page, et lu quelques instants, sa mine semblait déçue. La jeune gryffondor se demandait s'il était déçu de Pansy, d'elle, ou de la situation en générale. Elle était certaine que faire gagner des parents Serpentards aussi désagréables lui coûtait moralement, surtout quand il savait ce qu'allait subir Pansy. Hermione elle s'en moquait, tant pis pour elle, mais elle comprenait que Dumbledore puisse prendre la nouvelle plutôt amèrement.
Il prit alors la parole :
-Dans ce petit journal, Pansy explique clairement qu'elle a décidé de monter un plan, quelque mois auparavant, pour éviter ce mariage. Je cite ses mots « Si je choque Draco, ou même ses parents, ils ne voudront plus de moi, et je serais libre. Jamais ils ne voudront d'une fille qui salit son sang dans la famille. Et quel meilleur moyen de salir son sang que de sortir avec un sang-de-bourbe, et quel sang-de-bourbe plus détesté par les serpentards qu'Hermione Granger ? ».
Les parents de Pansy exprimaient maintenant une expression étrange, entre le sourire satisfait, et l'horreur d'une telle idée. Ils étaient confus et, bien qu'en colère contre Pansy, soulagés d'avoir enfin une preuve tangible que leur fille était « normale », une bonne sang pur, prête à se marier avec un bon petit sang pur.
La réaction de Pansy était tout autre. Et Hermione, qui était arrivée avec tant d'assurance, n'osait même plus la regarder. Elle fusillait d'un regard noir la jeune gryffondor. Elle cherchait au maximum à créer un contact, mais Hermione faisait son possible pour regarder de l'autre côté. Si Dumbledore n'était pas là, elle était certaine que sa baguette aurait déjà envoyé quelques sortilèges désagréables à la gryffondor.
Le silence gênant qui venait de s'installer fut alors brisé par le père de Pansy.
-Bon. Je pense que tout est clair maintenant. Monsieur le Directeur, merci du temps que vous nous avez consacré. Nous allons maintenant rentré, et nous emmenons Pansy avec nous.
-Mais... voulut protester Pansy, toujours aussi rouge.
-Pansy, pour l'instant, tu ferais mieux de te taire et de ne faire aucun commentaire ou aucune contestation. Est-ce que c'est clair ? Tu vas rejoindre ta salle commune, je te veux prête dans trente minutes dans le grand hall.
Hermione n'osait pas bouger. Et Dumbledore regardait l'échange avec un regard affligé et impuissant. Pansy se leva, chercha de nouveau Hermione du regard (elle l'évita encore) et sorti rapidement du bureau en claquant la porte. Les parents n'attendirent pas pour se lever à leur tour, et soudainement, Hermione se trouva seule face à Dumbledore, ce qu'elle redoutait particulièrement.
-Miss Granger... soupira-t-il. Vous... (Il hésitait). Non, finalement, je ne ferais pas de commentaire, sortez s'il vous plaît.
Dumbledore était déçu d'elle, et quand elle prit le chemin de la sortie, le regard du directeur sur elle, Hermione sentit soudainement une grande honte l'emplir. Elle avait agit de manière égoïste, et à l'envers de toutes les choses qu'elle croyait et défendait. Elle venait de dénoncer quelqu'un pour faire plaisir à des parents ignobles. Une jeune fille allait se marier de force avec un blondinet insupportable, et tout ça, c'était sa faute. Et elle n'osait imaginer tout ce que les parents de Parkinson allaient lui faire subit quand elle allait rentrer chez elle.
Enfin dehors, elle se demandait ce qu'elle devait faire maintenant. Il était presque l'heure des cours de l'après-midi, et elle n'avait rien sur elle. Hermione devait donc rapidement chercher ses affaires dans sa chambre, elle réfléchirait au reste plus tard.
Arrivée en haut des grands escaliers, elle entendit une voix familière crier vers l'entrée de la salle commune des Gryffondor. C'était Pansy. Elle avait prit à parti Ron, qui devait revenir de sa punition (il était encore sale, et complètement choqué par la jeune fille qui lui criait dans les oreilles)
-TU LUI DIS DE SORTIR DE LA DEDANS ET DE VENIR TOUT DE SUITE !
Hermione arrivait par derrière. Ce fut Ron qui la vit en premier, et qui l'indiqua à la Serpentard avec une petit gloussement effrayé. Une fois retournée, et Hermione dans sa vision, Pansy semblait prête à tuer. Ron n'attendit pas, il chuchota le mot de passe et rentra rapidement se cacher dans la salle commune.
-TOI ! Hurla Pansy, qui n'était visiblement pas de très bonne humeur.
Hermione paniqua un peu, puis se souvint du journal, elle avait autant de raison que Pansy d'être en colère après tout. La lutte promettait d'être endiablée et surtout de s'envenimer. Les deux avaient leur baguette à la main, et malgré quelques semaines de lune de miel, d'amour fou et de soirées romantiques, les deux jeunes filles se tenaient l'un face à l'autre, prête à en découdre.
La dispute ne fut pas longue mais elle fut violente, verbalement en tout cas. Hermione reprochait les plans machiavéliques de Pansy, son manque d'humanité, sa manipulation. Pansy remettait en cause la confiance d'Hermione, ses préjugés contre les serpentards et elle en voulait surtout à Hermione de ne pas lui avoir accordé un peu de temps pour s'expliquer, car évidemment, elle avait beaucoup de choses à dire.
Mais finalement le ton se calma, à bout de souffle, et leurs sacs vidés, ayant dit tout ce qu'elles avaient à dire, le volume sonore baissa. Les quelques élèves de première année qui n'osaient pas passer pour entrer dans la salle sur demande osèrent, et Hermione décida, en quelque sorte, d'enterrer la hache de guerre.
-Idiote ! Tu sais très bien que pour mettre Draco dans la panade tu aurais pu venir me voir sans cette histoire stupide.
-Et puis quoi encore ? Répondit Pansy avec un air consterné. Parce que tu crois qu'avant cette histoire on était les meilleures amies du monde ? On se détestait, on ne se parlait même pas, à part pour s'insulter. Et à cette époque je pense que j'aurais volontiers envoyé Harry à travers la fenêtre de la tour de divination si j'avais pu.
Hermione ne répondit pas tout de suite. Finalement elle s'autorisa à revenir sur le terrain de l'affrontement :
-En tout cas moi je n'ai pas menti, je n'ai pas joué avec mes sentiments, ou tenté de tromper qui que ce soit. J'étais sincère tout le long, alors ne t'étonnes pas si je suis aussi sincère devant tes parents et devant le directeur.
-Ma parole, mais tu ne comprends rien !? Tu crois vraiment que j'ai passé toutes ses semaines à prétexter avoir une aventure avec toi ? Que tout ça c'était du cinéma ?
-C'est bien ce qui me semble sortir de ton journal en tout cas.
-Je te pensais bien plus intelligente !
-PARLE, hurla alors Hermione. Tu es là avec tes insinuations, mais sois honnête pour une fois, dis ce que tu penses. Arrête de tourner autour du pot. Si tu veux me dire quelque chose, dis-le, profites-en, c'est la dernière fois que je t'en donne l'occasion.
-Non ! Tu n'as qu'à comprendre toi même, Miss Je-sais-tout !
-C'est ça ! Quelle lâcheté !
Avant qu'une dispute ne se relance, Pansy lança un dernier regard triste et se détourna d'Hermione. Elle ajouta pour conclure :
-Nous n'avons plus rien à nous dire...
Hermione n'en ajouta pas non plus et regarda Pansy descendre les escaliers. Dans son cœur une aiguille brûlante la traversait de long en large, elle souffrait. Elle voulait retenir ses larmes, au moins quelque temps, elle voulait se montrer forte, mais elle ne l'était plus du tout. Elle était détruite, anéantie. La jeune gryffondor regardait passer les autres élèves, tous vivaient une vie agréable dans ces lieux, et tous avaient aussi leurs chagrins, leurs histoires, leurs déceptions, leurs amours perdus, trahis, et des espoirs détruis, pourtant, seule adossée au mur, elle avait l'impression que personne ne pourrait la comprendre, qu'elle était seule au monde, isolée dans sa douleur. Ne pas pleurer ! Pas ici, pas devant les autres !
C'est à ce moment-là que choisit Harry pour rentrer à son tour de sa punition, sale comme Ron, et épuisé. Ses yeux se posèrent avec étonnement sur Hermione. Il savait tout, comme toujours. Hermione n'aurait pas à lui dire ce qui s'était passé, c'était un avantage, pas besoin de revivre tout ça. Elle avait besoin de lui maintenant.
-Tu veux qu'on aille parler quelque part ? Demanda Harry.
-Oui, répondit-elle timidement.
Il l'emmena dans le parc, sur un banc isolé et tranquille, loin des autres. Le temps était maussade mais tout de même agréable. Les élèves fuyaient le froid et les nuages qui s'amoncelaient, laissant les amis seuls et tranquilles. Le petit banc en granit était lui aussi particulièrement froid, mais les grosses robes de sorcier ajoutés à leurs capes, ils purent s'asseoir confortablement. Ils parlèrent quelques temps, d'abord de choses sans rapports. Ils évoquèrent la punition de Harry et Ron, les matchs à venir, les cours, les autres élèves, mais ne parlèrent pas de Pansy, du moins au début.
Il fallait y venir, ils devaient en parler. Harry savait comment prendre des pincettes, comment se positionner du côté d'Hermione, tout en essayant de la forcer à remettre en cause ses actions, seule. Il ne voulait pas lui forcer la main ou sembler la juger.
-Qu'est ce que tu penses qu'elle voulait dire à la fin ?
-C'est évident, non ? Répondit Harry.
-Comment ça ?
-Même moi qui suis un garçon j'ai compris ça, et pourtant tu sais à quel point j'ai du mal à capter les signaux. Tu te rappelles de Cho ?
Il essayait de détendre l'atmosphère, le sujet allait être pénible et tendu à aborder. Surtout que Harry ne croyait plus tellement en Pansy lui aussi. Mais voyant Hermione dans un tel état abattement, il voulait l'aider.
-Elle t'aime encore.
-Foutaise. Elle ne m'a jamais aimé, répondit Hermione violemment.
-Tu crois vraiment qu'elle aurait fait tout ça pour pousser Draco à s'énerver ? Elle est tout de même aller loin, non ? Surtout que Draco n'est pas témoin, ni au courant de la moitié des choses que vous avez faites, non ?
-Oui, certes, mais ce n'est pas pour Draco tout ça, c'était pour que je tombe dans le piège pour que tout ça soit plus crédible !
-Je ne crois pas. Elle aurait pu s'en sortir sans ça. Je pense qu'elle est honnête.
-Et son journal alors ?
-Tu as lu le début, pas la fin. Peut-être que tout ça a évolué.
-Il n'y avait pas de fin, elle a arrêté de l'écrire il y a quelques semaines...
Hermione fut interrompu dans son discours par la sortie de Dumbledore par la porte principale. Il n'était pas seul, l'accompagnaient les parents de Pansy ainsi que cette dernière. Elle portait son sac habituel en bandoulière. Elle ne parlait pas alors que ses parents échangeaient toujours avec Dumbledore. Quelques pas derrière eux suivait Rusard qui tirait de grosses valises avec beaucoup d'embarras. Avec un peu de magie, le transport de valise aurait été simple, mais sans savoir l'utiliser le pauvre Rusard devait tirer ses lourdes malles à travers le gravier épais de l'allée principale.
Tout d'un coup Pansy se retourna, et le regard des deux jeunes filles se rencontrèrent. Il n'y avait plus de colère dans le regard de Pansy, uniquement de la tristesse. Ses yeux étaient rougis, elle avait sûrement pleuré Qui lui en voudrait ? Ses parents l'emmenaient de force hors de la seule maison qu'elle avait vraiment eu. Hors des seuls amis et des seuls amours qui avaient vraiment comptés pour elle.
Hermione ne pouvait soutenir ce regard triste, elle baissa les yeux et se réconforta dans les épaules de Harry. Ils décidèrent de rentrer. Il fallait reprendre le chemin des cours, il fallait essayer de vivre sa vie comme avant.
Et c'est ce que fit Hermione pendant les quatre semaines qui suivirent.
Quatre semaines plus tard, Hermione n'avait rien oublié de Pansy, et pleurait encore quelques fois quand des souvenirs trop vifs revenaient à elle. C'était parfois une odeur de parfum, un lieu qu'elles avaient fréquentés. Un sujet de discussion qu'elles adoraient... Harry et Ron ne s'y habituaient pas non plus, et ils savaient tous les deux qu'une décision devait être prise.
Ils décidèrent de lui parler après un cours de potion (Ou elle participait plus du tout pour montrer sa haine contre Snape, le traître, qui avait osé accueillir Pansy et la cacher) quand ils s'aperçurent qu'elle prenait un long chemin détourné afin de ne pas croiser les lieux qu'elle fréquentait avec Pansy.
-Hermione, on doit te parler, c'est assez urgent.
-Quoi ? Répondit-elle avec nonchalance. La jeune gryffondor avait perdu toute énergie, toute motivation dans sa vie de sorcière.
-A propos de Pansy et tout ça... tenta alors Ron.
-Il n'y a rien à dire !
Elle accéléra rapidement dans les couloirs afin de vite rejoindre les grands escaliers. Harry et Ron ne se laissèrent pas faire. Après un long regard entre eux qui en signifiait long sur leur inquiétude, ils bloquèrent le passage d'Hermione dans un petit couloir.
-On doit parler, dit alors Harry avec plus d'assurance.
-Bien ! Qu'est ce qu'il y a ?
-On pense que tu devrais intervenir, faire quelque chose à propos de Pansy.
-Et pourquoi, c'est bien sa faute si elle s'est mise dans cet état, non ?
Les deux garçons étaient gênés par l'acharnement d'Hermione à vouloir se voiler la face. Elle était malheureuse, triste, dépitée, et elle devait faire quelque chose pour que ça cesse. Elle devait tenter de retrouver Pansy. Tout tenter, pour, au moins, n'avoir aucun regret. Ils tentèrent vainement de passer les dix minutes suivantes à la persuader de donner une chance à Pansy, de tenter de la contacter, ou quoi que ce soit, mais Hermione ne voulait rien entendre.
Allongée dans son lit quelques heures plus tard, Hermione ruminait. Comment osaient-ils venir la relancer avec ce sujet alors qu'ils n'y connaissaient rien. Est-ce qu'ils avaient souffert eux ? Non ! Est-ce qu'ils avaient été trahis ? Non plus !
Hermione ne trouvait pas le sommeil ce soir là, elle tournait et se retournait sur son lit. En plus de penser encore et toujours à cette histoire, son dos lui faisait un mal de chien.
-Saleté de matelas, pensa t-elle tout haut.
Elle remit son oreiller en place, tenta de changer de position, mais rien d'y faisait, quelque chose lui faisait mal au dos. Elle sentit une bosser sous le matelas. Elle se leva, passa la main sous le sommier et tomba sur un petit livre. Le carnet de Pansy.
-Tiens donc, qu'est ce qu'il fait ici ?
Elle n'eut pour seule réponse que les grognements de sa voisine de chambre, Lavande, qui voulait aussi dormir. Les autres filles de la chambrée subissaient elles aussi les humeurs dévastatrices d'Hermione depuis le départ de Pansy. Elles étaient presque autant à plaindre que Ron et Harry. La jeune gryffondor se rallongea, le petit carnet en main et ferma les rideaux de son lit baldaquin pour pouvoir lire en paix et sans déranger ses voisines avec sa lumière.
Elle parcourait les pages, loupant de manière délibérée le passage qui parlait du plan machiavélique, et se perdait dans la petite vie de Pansy, avant et après leur rencontre. Elle se surprit à sourire quand Pansy racontait son appréhension à rencontrer les gryffondors pendant la fête dans la salle sur demande. Elle réprima même un petit rire sur le passage avec les elfes de maison et la cuisine. Sa lecture lui laissait des sentiments mitigés. En colère de croire que tout ceci ne puisse être que des mensonges, et toute chose à la pensée de tous ces doux moments qu'elles avaient traversé ensemble.
Elle prit sa décision finalement le matin même, après une nuit blanche, et vint en faire part à ses amis alors qu'ils prenaient leur petit-déjeuner.
-C'est d'accord, je parlerai à Pansy.
Harry jeta un regard à Ron et tendit à Hermione la Gazette des Sorciers d'aujourd'hui. Il pointa un petit article coincé dans les fait-divers.
-Tu devrais faire vite.
L'article mentionnait le mariage entre les deux serpentards pour le samedi qui arrivait. On était déjà le vendredi. Comment monter une rencontre et un plan de secours en seulement un jour ?
-Demain, déjà ?
-A mon avis les deux parents veulent faire vite. Avec toute cette histoire, ils ont sûrement peur qu'un des deux ne fasse une erreur en annulant le mariage ou en se sauvant.
-Ça m'étonnerait que Draco tente de fuir. S'il épouse Pansy, il gagne.
-Mais tu connais Pansy, elle doit être surveillée de près. Comment est-ce que tu pourrais l'approcher ? demanda Ron.
-J'ai mon idée répondit alors Harry avec un sourire.
Après le départ de Pansy, Harry et Hermione avaient parlé pendant longtemps de toute cette histoire. Le jeune gryffondor connaissait notamment par cœur le contenu du petit carnet tel que l'avait lu Hermione à cette époque. Et comment il ne contenait au départ que des noms et numéros de cheminée. C'était là son idée. Ils avaient une ouverture, une porte, un accès pour s'infiltrer chez les Malefoy (L'article stipulait que la mariage aurait lieu dans le manoir). Pour être plus précis ils avaient les cinq adresses des cheminées du manoir Malefoy.
Hermione était prête et motivée. Habillée élégamment avec une robe claire guindée digne des goûts parfois étranges des sangs nobles.
-Bon, on récapitule : les noms sont : West-Alley Centrale, West-Alley Cuisine, West-Alley Etude, West-Alley Salon et enfin la dernière Plywood.
-Parfait, je me demande toujours pourquoi la dernière cheminée n'a pas le même nom que les autres, demanda alors Ron après la vérification d'Hermione.
-Il semblerait que ça soit une petite cheminée dans une dépendance adjacente au manoir, du genre cabane du jardinier.
-Ils auraient un jardinier ? Les Malefoy ? Demanda Ron en s'imaginant à quoi pouvait bien servir un jardinier (Le jardin des Weasley était libre de tout contrôle et à l'appréciation des gnomes).
-Non, je disais ça pour l'exemple, je suppose qu'ils ont des elfes pour tout. Bon, maintenant je dois y aller sinon je vais finir en retard.
Elle s'avança avec ses amis face à la grande cheminée qui occupait la majorité de la petite chambre d'auberge louée sous un faux nom aux Trois-Balais. Il avait suffit d'envoyer une lettre discrète à Tonks pour que cette dernière les aide sans trop en demander. La cheminée en brique rouge, classique et sobre, contenait un petit feu magique aux flammes émeraude. Hermione s'avança dans les flammes mais ne semblait pas craindre la chaleur mordante du feu, et ni elle ni ses vêtements ne semblaient être léchés par les flammes. Dans sa main droite elle tenait un petit sachet de poudre amené ici par Tonks elle même.
-West-Alley Cuisine ! Cria alors Hermione en balançant une poignée de poussière dans le feu.
Une large flamme s'éleva dans tout l'âtre, dévorant la jeune gryffondor. Les garçons détournèrent les yeux face à la lumière et s'aperçurent alors de la disparition naturelle de leur amie. Ron ne put s'empêcher de rompre le silence.
-Bon, maintenant on attend. C'est tout.
Et loin d'ici, à ne nombreux kilomètres, une large flamme s'éleva dans la cuisine des Malefoy, stoppant quelques instants le vacarme habituel des elfes travaillant aux fourneaux. Hermione venait d'apparaître dans l'âtre. Quelques yeux la fixèrent, puis en retournèrent à leurs travaux, personne ne s'intéressait à Hermione, et c'était tant mieux.
Sortant de la cheminée, elle s'avança en regardant autour d'elle. Une vieille cuisine en pleine action se dévoilait à elle. Il semblait presque y avoir autant d'elfes qu'à Poudlard. Un de ces petits êtres vint à sa rencontre. Il portait aussi bien son nom, en effet ses épaules étaient couvertes d'une épaisse couche de poussière grisâtre.
-Poussière peut-il aider Madame. Poussière voit que Madame s'est trompé de lieu.
Hermione mit quelques temps à comprendre que le petit elfe s'appelait Poussière. Il devait être jeune et faisait presque une tête de moins que Dobby ou Kreatur.
-Merci, Poussière, mais je suis en retard, et je devais passer par ici.
-Ooh, Madame est trop gentille. Madame ne devrait pas. Poussière n'est pas curieux mais Poussière veut aider. Madame doit être une serveuse. Venez, si Madame le veut bien, je vais vous y conduire.
Hermione suivit avec prudence et attention l'elfe de maison. Ils passèrent dans un premier couloir, puis un deuxième, une petite pièce de stockage, une deuxième, encore un couloir et soudainement l'elfe s'arrêta en plein milieu.
-Voilà Madame, Poussière ne peut pas aller plus loin, c'est la troisième pièce à droite, Madame.
-Tu ne peux pas aller plus loin, demanda Hermione. Mais comment fais-tu pour servir tes maîtres alors ?
-Oh, aujourd'hui est un jour spécial pour Monsieur Malefoy et Mademoiselle Parkinson, c'est un jour de mariage. Ces gens là ne sont pas mes maîtres. Mon maître est monsieur Nott, j'ai seulement été envoyé ici pour aider aujourd'hui.
-Je comprends
-Les elfes de maison n'ont pas le droit de servir en de pareille occasion, seules les jeunes femmes comme vous font le service. Est-ce bien pourquoi vous être là ?
-Oui, oui tout à fait, répondit rapidement Hermione. Tout à fait. Et bien, à bientôt peut-être Poussière. Retourne aux cuisines rapidement, tu as du travail. Oust !
Hermione prit, malgré elle, un ton agressif. L'elfe posait trop de question et elle ne pouvait pas se faire remarquer aujourd'hui. Elle devait agir comme une vraie sang pur, serveuse ou pas. L'elfe n'en demanda ou dit pas plus et retourna aux cuisines en claquant des doigts. Seule dans le couloir aux lambris foncés, la jeune gryffondor avança timidement et ouvrit la troisième porte à droite. La petite salle était effectivement une sorte de loge pour serveuses. Déjà deux autres jeunes filles qu'elle ne connaissait pas revêtaient un tablier sobre et élégant. Les deux sorcières observèrent la robe guindée d'Hermione.
-Madame s'est trompée de pièce ? Il s'agit de la loge des serveuses ici, les invités n'y sont pas autorisés, mais nous pouvons vous ramener à la réception si vous le souhaitez.
-Euh, non, répondit Hermione confuse. Je... je suis là pour servir aussi.
Les deux jeunes filles se regardèrent, jugèrent Hermione brièvement puis lui montrèrent un petit placard.
-Habille-toi et dépêche-toi. Les Malefoy détestent le retard et les invités sont déjà extrêmement nombreux.
-D'accord, Merci.
Sans en ajouter plus, et quelques minutes plus tard, Hermione était prête. Les deux autres serveuses étaient parties en jugeant la pauvre Hermione qui peinait à enfiler des vêtements qu'elle ne connaissait pas.
Enfin seule, la jeune fille put enfin faire un point sur sa situation. Presque une demi-heure de présence dans le manoir et personne ne l'avait mise dehors, et cette histoire de serveuse, pas du tout prévue au départ, et qui s'était peu à peu imposée à elle, n'était finalement pas si négative que ça. Habillée de son tablier, elle était méconnaissable, et allait pouvoir passer inaperçue parmi les invités dans l'espoir de retrouver rapidement Pansy.
Après tout, personne ne te connait ma pauvre, se disait Hermione, les sang-de-bourbe ne font pas la une dans ce genre de réception. Il fallait seulement qu'elle évite Malefoy, c'était le seul qui pouvait la reconnaître.
Hermione, d'un geste certain, sortit de la petite salle et s'avança vers les convives déjà présents. La gryffondor était dans une grande pièce haute de plafond qui servait probablement de « salon » ou « salle à vivre », de nombreux tableaux couvraient les murs. Des portraits sombres et poussiéreux, certains anciens, retraçaient les différentes origines nobles de la lignée Malefoy. Les invités ignoraient royalement Hermione, et celle-ci avança rapidement à travers la foule, elle croisa soudainement la mère de Malefoy, elle la reconnu facilement. Elle discutait avec une autre femme. Discrètement, Hermione vint se tenir à ses côtés, feignant de servir les convives.
-Quand je pense à cette scène qu'elle nous a encore fait ce matin, cette petite peste est une vraie furie, dit alors Miss Malefoy. Mais ce soir tout sera terminé. Et alors Draco saura la calmer à l'abri des regards.
-Vous êtes courageuse, Narcissa, bien que la famille Parkinson soit d'une lignée tout à fait pure et estimable, la petite dernière n'est pas digne de vous, répondit alors l'autre femme, d'un ton dédaigneux.
-Tout à fait, nous faisons preuve de patience avec celle là. Mais notre Draco a fait un choix, nous l'approuvons, et l'alliance des deux familles est profitable à Lucius, tout ceci vaut la peine de supporter cette peste.
A deux mètres de là, Hermione fustigeait de colère, elle aurait voulu se retourner en lui clouer le clapet, mais elle ne pouvait évidemment pas. Elle devait avant tout retrouver cette pauvre Pansy.
-Mais bon, ma chère Morgan, ce soir, nous serons enfin tranquille, ajouta encore Narcissa Malefoy.
-Si tout se passe bien, Narcissa, si tout se passe bien !
-Oh, tout se passera sans problème, j'ai fait surveiller et enfermer la petite Parkinson dans sa chambre. Le fils de Nott est posé devant la porte, c'est un ami loyal de Draco, il ne bougera pas et ne la laissera sûrement pas partir.
Sans avoir besoin d'en savoir plus, Hermione quitta les deux mégères et s'engouffra dans les étages du manoirs, c'était là, elle en était certain, que devait être enfermée Pansy. A travers deux couloirs, et après un petit détour afin d'apporter un peu de vin à un couple de sorciers aristocratiques, elle tomba finalement sur Nott. Le garçon paraissait s'ennuyer profondément, il était assis sur une chaise et s'amusait à faire flotter un morceau de bois devant lui avec sa baguette. Hermione devait faire attention pour ne pas être reconnue. Elle passa devant lui rapidement, le garçon ne prit pas la peine de lever les yeux.
Arrivée de l'autre côté du couloir, Hermione se retourna. Rien. Nott n'avait pas bougé, personne ne l'avait reconnu. Mais elle ne pouvait toujours pas accéder à la porte, derrière le serpentard. Si seulement elle avait la cape d'Harry !
Il n'y avait pas trois solutions, elle sortit sa baguette de sa poche et la pointa vers le garçon.
-Stupéfix, chuchota t-elle.
Le garçon, assis sur sa chaise depuis tout à l'heure, s'écroula lourdement sur l'avant. La tête cogna lourdement sur le carrelage froid du couloir. Toujours personne, Hermione devait agir vite. Elle s'avança rapidement, jeta un sort sur la porte et l'ouvrit.
A peine eut-elle ouvert la porte, qu'une lourde chaise vola vers elle et l'atteint à la tête.
-Aaaah Aïe !
-Que... Que ? Hermione ? C'est toi ?
-Mais oui c'est moi !
-Je croyais que c'était Nott. Ou Draco.
Hermione s'amusa brièvement de l'allure de Pansy, elle avait clairement refusé de mettre sa robe de mariée pour l'instant et se contentait d'un ensemble strict et plutôt moche aux allures de vieille bonne femme coincée. C'était la première fois qu'elle la voyait dans d'autres vêtements que ceux réglementaires de Poudlard, et ça lui allait absolument pas. Et c'était sans évoquer sa coiffure rigide. Ses cheveux étaient serrés en un chignon démodé dont pas un seul cheveux n'osait dépasser. Le tout contrastait évidemment avec le rouge aux joues et les yeux brûlant de la jeune serpentarde qui n'avait sans doute pas l'intention de se laisser faire sans se rebeller un peu.
-Quel look !
-Oh ça va ! Répondit Pansy. Celle-ci s'approcha d'Hermione et la gifla soudainement d'une claque bruyante. Ça c'est pour toute ta connerie dans le bureau de Dumbledore, et pour avoir lu mon journal.
-Oooh, cria sèchement Hermione surprise. Elle gifla Pansy en retour. Et ça c'est pour tous tes mensonges et manipulations !
Les joues rouges, les yeux furieux, les deux jeunes filles se regardèrent pendant quelque temps. Enfin Pansy prit la parole.
-De toute manière ça sert à rien de se disputer ici. T'es pas là pour m'engueuler non ? Demanda t-elle avec un petit sourire narquois.
La Pansy qu'Hermione avait connu à Poudlard était de nouveau là.
-Non, tu as raison, il faut partir, mais on ne peut pas passer par là, c'est rempli d'invités, tu vas te faire avoir en un clin d'oeil.
-J'ai une idée ! Répondit Pansy.
Elle tira Hermione par la main et s'enferma dans la petite pièce vide où elle avait été enfermée. Dehors le corps de Nott était toujours affalé en plein milieu du couloir. Hermione s'affolait un peu, il fallait faire vite ou elles auraient rapidement des ennuis. Tout à coup, Pansy chuchota dans le vite :
-Gargouille, Gargouille !
Hermione se demandait ce qui se passait quand soudainement un elfe de maison apparu devant eux. Elle reconnu alors l'un des elfes crasseux affairés à la cuisine.
-Jeune maîtresse ? Mais jeune maîtresse ne doit pas appeler Gargouille, les maîtres ont dit que vous étiez punie. Qui est cette jeune fille ?
L'elfe surpris montrait du doigt Hermione qui doutait soudainement de la bonne idée de Pansy, et si l'elfe décidait de partir pour tout dire aux parents de Pansy ? Le petit elfe était jeune, et quelque peu différent des autres elfes qu'Hermione connaissait, il y avait une sorte de curiosité dans son regard, et une certaine impertinence. Dans d'autres circonstances, la jeune gryffondor aurait été ravie de faire sa connaissance et elle était certaine que Dobby aurait pu être copain avec ce petit elfe. Pansy se mit à genoux et s'adressa alors au petit être.
-Gargouille, j'ai besoin de toi. Mon amie ici doit absolument s'en aller rapidement, et je dois l'aider à partir. Transplane nous dans la cuisine, et tu seras récompensé !
-Hummm. Réfléchissait Gargouille, il fronçait les sourcils. Une grande bataille intérieure semblait le démanger. Huummmm, d'accord ! Gargouille aidera sa petite maîtresse !
Pansy se releva et tendit la main à Hermione :
-Prends ma main, dit-elle. On s'en va.
Hermione lui prit la main. Pour la première fois depuis des semaines, elle tenait cette main qu'elle avait tenu de nombreuses fois. Elle n'eut malheureusement pas le temps de se réjouir, à peine tenait-elle la main de la jeune serpentarde que cette dernière posa son autre main sur l'épaule de l'elfe, et tout disparu autour d'eux.
Hermione reconnu là le sort de transplanage. Mais malgré ses attentes, elle se retrouva, non pas dans la cuisine, mais en plein milieu du « salon », parmi tous les invités. Une voix qu'elle reconnu dit alors avec colère.
-Gargouille ! Je t'avais dis que tu ne devais pas... PANSY ? Mais, mais.. Qu'est ce que tu fais là ?
La mère de Pansy se tenait devant elles. Apparemment furieuse elle dévisageait sa fille avec surprise et effroi, et tout autour d'elles, les invités venaient de créer un cercle. Les regards des convives étaient animés de curiosité et d'incompréhension. Rapidement Hermione avait réussi à reculer dans la foule et à se faire oublier, si bien que la mère de Pansy ne semblait même pas l'avoir remarqué.
-Maîtresse, dit alors Gargouille, votre fille m'a demandé de l'emmener, elle et son amie, dans les cuisines ! Mais Gargouille n'est pas dupe ! Il sait qu'elle ne doit pas quitter sa chambre !
-Son amie ? Demanda la mère de Pansy. Comment ? La petite Granger? Elle est là ?
Le regard Miss Parkinson traversa la foule et s'arrêta soudainement sur Hermione. Saleté d'elfe se dit alors Hermione, elle revenait sur tout ce qu'elle avait pensé plus tôt. Jamais ce petit crétin d'elfe à la noix aurait pu être copain avec Dobby. C'était tout juste un petit rapporteur, bon à obéir bêtement à sa maîtresse. La mère de Pansy prit alors sa baguette et la pointa vers Hermione.
-Vous n'êtes pas la bienvenue ici, mademoiselle, veuillez quitter ces lieux immédiatement ou je m'en chargerait par la magie !
-Je... je... balbutia Hermione que tout le monde observait désormais.
Pansy se débattit brutalement et s'arracha à la poigne de sa mère et vint rejoindre Hermione, sous les regards ébahis de tous les invités.
-Pansy, je te préviens, menaça sa mère, ne me fait surtout pas une scène maintenant !
-Je fais ce que je veux, Maman, et la première chose que je fais, c'est de ne pas me marier avec cet imbécile de Draco ! Tout le monde est là maintenant, tu ne peux plus mentir aux gens, dit alors Pansy. (La jeune fille se retourna alors vers les invités) Vous êtes maintenant tous témoins ! Je n'épouserai pas Draco Malefoy, et si je le fais, ça ne sera que par force !
Une petite pause laissa béat le public visiblement intéressé par la scène.
-J'aime Hermione, et rien de ce que tu pourras faire ou dire ne peut empêcher ça, c'est comme ça !
Hermione se mit soudainement à rougir. Tout le monde la regardait, bien évidemment. Mais les gens autour d'elle avaient disparus, ce qui restait, c'était elle, Pansy et Miss Parkinson, et surtout ces quelques mots qui résonnaient dans sa tête : « j'aime Hermione ». C'était dit, et Hermione, bien qu'euphorique à ce sujet, s'en voulait un peu de ne pas l'avoir dit plus tôt.
Les murmures étouffés se firent discrètement entendre dans l'assemblée. Un flash d'appareil photo brisa le lourd silence installé dans la salle. Hermione reconnu cette peste de Rita Skeeter. Maintenant c'était certain que cette histoire allait faire grand bruit dès le lendemain. Hermione ne savait pas quoi faire, mais quelqu'un devait faire quelque chose. C'est alors que la mère de Pansy prit la parole.
-Ne l'écoutez pas ! Elle parle seulement sous le coup de l'émotion. Pansy est une fille fragile, elle est émotionnelle, comme son père, dit elle en forçant un petit rire aiguë qui ne trompait personne. Je suis certaine que...
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. Hermione prit la main de Pansy et la tira fortement vers la sortie. Déjà dans la foule, elle entendit Miss Parkinson s'étouffer dans la colère. C'était trop tard pour s'arrêter maintenant. Hermione reprit le chemin des cuisines qu'elle connaissait. Pansy courrait à ses côtés. Derrière elles, les parents de Pansy leur courraient après en hurlant et de temps en temps un appareil photographique volant dans la pièce flashait la scène. Une porte, puis une deuxième, des couloirs, d'autres portes, et enfin elle arrivèrent dans la cuisine et Hermione sortit de sa poche un petit tas de poussière. Alors qu'elles se jetaient dans la cheminée, Hermione cria la première chose qui lui vint en tête.
-Le terrier !
Trois jours plus tard, alors que le jour se levait, une odeur délicieuse de chocolat chaud emplissait la maison des Weasley, et à la porte de la chambre de Ginny, occupée alors par Hermione et Pansy, Miss Weasley frappa doucement.
-Les filles, il est l'heure de vous lever. Il est presque huit heure !
Quelques minutes plus tard, les deux jeunes filles, les cheveux ébouriffés et les yeux peinant à s'ouvrir, étaient face à un grand bol de chocolat chaud et à quelques tartines beurrées. Miss Weasley les observait de la cuisine, bienveillante, mais malgré tout un peu sévère. Cette histoire l'émouvait, bien entendu, mais elle n'acceptait pas d'effusion trop « visible » de leur amour sous son toit, puisqu'il semblait que c'était bien le mot à mettre sur ce qui se passait.
Hermione comprenait, et était infiniment reconnaissante à Miss Weasley de les avoir accueilli et gardé pendant quelques jours malgré les menaces des deux familles : Parkinson et Malefoy.
Dumbledore était intervenu rapidement, lui aussi, et sans surprise, avait protégé Pansy. Les Malefoy fustigeaient de rage, mais face à la couverture médiatique de l'histoire (merci Rita Skeeter, pensait Hermione), ils restaient en dehors de tout débordement. Ce n'était pas tellement le cas de Mr Parkinson, le père de Pansy était fou de colère. Il harcelait sans cesse Miss Weasley de hiboux et de beuglantes. Ses menaces étaient claires, il voulait le retour de Pansy, et était bien déterminé à avoir ce qu'il voulait, et Pansy, une fois de retour, subirait les colères de sa famille, et ne reverrait plus jamais personne.
La population sorcière s'était attendrie et attachée au couple Hermione-Pansy. Certains avaient malgré tout condamné une union révoltante de deux femmes, qui plus est une sorcière de sang-pur et une sang-de-bourbe, mais la plupart des sorciers avaient pris le côté de Pansy, surtout pour s'opposer aux vieilles traditions dépassées des « sangs purs ». Et Miss Weasley recevait souvent, entre deux beuglantes de Mr Parkinson, des lettres de soutien, dont celle du ministre de la magie.
-Le professeur Dumbledore viendra vous chercher dans une heure. Donc ne perdez pas de temps, et habillez vous rapidement. Pansy, tu as reçu des vêtements et de nouvelles affaires pour l'école. Il semblerait qu'un groupe de sorcier se soit décidé à t'acheter tout ce qui est resté chez tes parents.
-Humm ok chest chuper, répondit Pansy en mâchant une bouchée de haricots aux tomates.
-On ne parle pas la bouche pleine, jeune fille ! La disputa Miss Weasley en souriant.
Les filles finirent de manger et montèrent aussitôt s'habiller et préparer leurs affaires. Hermione aida Pansy à faire ses valises, car ses affaires à elle étaient restées à Poudlard pour la plupart d'entre elles. Ginny avait cependant fait envoyer quelques vêtements pour rester quelques jours à l'abri chez les Weasley.
Dumbledore arriva enfin, pile à l'heure attendue. Il transplana dans le jardin, s'avança doucement vers la maison avec son air tranquille habituel. Les filles sortirent en souriant, et s'avancèrent vers lui.
-Bonjour Monsieur ! Entonnèrent-elles d'une même voix.
-Bonjour Mesdemoiselles. Bonjour Molly !
Miss Weasley se tenait dans l'entrée de la porte, son rôle était terminé, elle avait prit soin des filles en attendant que la situation se calme, et maintenant les deux jeunes filles pouvaient reprendre la route de l'école. Et Hermione n'attendait que ça.
-Bon, Mesdemoiselles, tout a été mis en place pour votre retour, surtout vous, Miss Parkinson. Comme convenu, le changement a été fait.
Il n'attendit pas plus longtemps, et après une petite discussion avec Molly Weasley, Dumbledore tendit sa main aux deux jeunes élèves qui lui prirent volontiers. En un instant, ils étaient tous de retour à Poudlard dans le bureau du directeur. Les deux amoureuses ne restèrent pas longtemps, Dumbledore les libéra.
Quelques instants plus tard, au septième étage de la tour principale, Hermione dit d'un ton ferme :
-Avodius
Le tableau de la grosse dame s'écarta, laissant place à l'entrée de la salle commune des Gryffondors. Hermione se retourna et tendit à la main à Pansy. Cette dernière était un peu inquiète, et hésitante, désormais vêtue de rouge et d'or, elle n'osait pas encore franchir le pas, mais la voix réconfortante d'Hermione l'encouragea.
-Te voilà chez toi à présent. Viens !
Les deux filles entrèrent en se tenant par la main, et dans la salle commune, Ron et Harry les accueillirent en riant.
FIN
