Bonjour à tous,

De retour pour vous délivrer le deuxième chapitre de Renaissance. Je tiens à rappeler que cette fiction est RATED M et ce n'est pas pour faire joli. Les -18 ans sont conviés à trouver autre chose à lire.

Bonne lecture !

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Chapitre 1

POV Bella

Un coup d'œil au calendrier pour me rappeler de la date quoique ce ne fût pas nécessaire vu que mes tripes connaissaient cette information par cœur.

Vendredi 13 Septembre, un jour de célébration. Le jour de ma naissance mais aussi le jour de ma déchéance.

Encore couchée au milieu de mon immense lit, je fixai le plafond en tentant de me rappeler ce que j'avais fait la veille. Je ne me souvenais de rien comme souvent durant cette période de l'année.

Mon téléphone sonnait depuis près de cinq minutes mais je n'avais pas envie d'y répondre. Je savais déjà qui m'appelait mais ma migraine ne supporterait pas sa voix semblable à des clochettes ou à des crécelles à cause de ma gueule de bois.

Je me levai du lit en chancelant et attrapai mon portable. J'avais une dizaine d'appels en absence et autant de texto. Je les ignorai et essayai de fixer mon regard flou sur la pendule qui annonçait quinze heures. J'avais encore le temps avant d'aller au club.

J'allai dans la salle de bain et ouvris le robinet de la baignoire pour la remplir. J'y déversai une bonne quantité de bain moussant et quittai la pièce pour aller dans la cuisine.

Je préparai rapidement une cafetière histoire de me réveiller et nettoyai les restes de mon dernier repas en allumant ma stéréo. Paschendale d'Iron Maiden m'accueillit et je laissai les premières notes me transpercer. La voix de Bruce Dickinson me redonna une once de courage pour ce nouveau week-end.

J'attrapai la bouteille vide qui trainait sur le comptoir pour la jeter et la remplaçai par une nouvelle. J'en aurai besoin à mon retour. Je montai le son pour entendre la musique dans la salle de bain et me laissai glisser dans mon bain fumant, un café à la main.

J'en profitai pour m'épiler. Aucun poil ne devait rester sur mon corps, je détestais ça ! Après avoir vérifié mes jambes et mes aisselles, je laissai ma main approcher de mon intimité. La rose tatouée sur mes lèvres était recouverte d'un duvet brun foncé.

J'attrapai mon épilateur et le passai avec application sur l'ensemble de mon intimité. Certaines zones restaient sensibles malgré l'habitude et je me concentrai sur autre chose pour éviter de grimacer. Un bon entrainement pour la soirée à venir, je devais garder une mine stoïque quoiqu'il puisse se passer.

Je m'assurai ensuite de la douceur de ma peau et autorisai mes doigts à passer entre mes lèvres sensibles. Un sentiment d'anticipation naquit précipitamment dans mes entrailles et s'enflamma lorsqu'un doigt effleura mon clito. Il fallait bien que je trouve un bon côté à fêter mon anniversaire.

Ma main droite alla presser mon sein et malmenant le téton avec vigueur pendant que ma main gauche s'occupait de ma chatte. J'avais besoin de jouir rapidement et je saisis un de mes jouets d'un mouvement brusque.

Sans douceur, j'introduis le gode dans mon antre détrempé et enclenchai la vitesse maximum du vibreur. Je serrai les jambes pour le maintenir en place et laissai mes doigts s'acharner sur mon bouton de nerf.

Je bloquai ma mâchoire pour m'empêcher de hurler pendant que mon torse était aspiré vers le haut. L'habituelle décharge de plaisir me tétanisa et je grognai à m'en faire mal à la gorge. Je retombai mollement dans la baignoire en faisant déborder l'eau et écartai les jambes pour libérer mon jouet. Je le sortis du bain puis laissai mon orgasme retomber en écoutant la musique qui hurlait toujours dans la pièce à côté.

Au bout d'une bonne heure, je sortis de l'eau tiède totalement réveillée et m'enroulais dans une grande serviette. Un coup de torchon sur le miroir laissa apparaître mon visage blanc. Comme d'habitude, mes cernes pouvaient rivaliser avec celles d'un mort-vivant.

-Bon anniversaire ma vieille !

Je trinquais avec mon reflet et terminais mon café froid avant de me détourner. Je changeais de CD et choisis Carmina Burana. Rien de tel qu'un opéra pour se préparer, en plus il ne faisait pas trop "classique". Je détestai le classique. C'était beaucoup trop gentil à mon goût et ça n'arrivait pas à masquer les hurlements de mes cauchemars. Mon téléphone sonna une nouvelle fois et je me forçai à répondre.

-Bon anniversaire...

-Salut Alice ! Merci ! Je te rappelle plus tard.

Je me hâtai de couper la communication avant qu'elle puisse dire autre chose et éteignis mon portable pour être tranquille. J'attrapai ensuite un shorty en dentelle et le passai avant d'aller m'installer sur mon canapé. J'allumai ma télé et zappai pour trouver un film, n'importe quoi pour occuper mon esprit torturé.

Je tombais bien vite sur un vieux film sur le mythe dépassé des Vampires avec Christopher Lee. Au moins, je n'aurais pas à réfléchir. Je balançai la télécommande au loin et m'affalai de tout mon long sur la banquette.

Le cri de la victime de Dracula me tira de mon sommeil agité. Il s'était lié aux cris de mes cauchemars. Le soleil avait disparu et la pendule annonçait vingt heures. Il fallait que je m'active. Je découpai rapidement une tomate et quelques feuilles de salade pour accompagner mon steak et déposai celui-ci dans ma poêle.

Je m'installai sur un tabouret pour déguster mon festin et laissai mon regard errer sur mon appartement. J'y étais tellement peu qu'il était toujours impeccablement rangé. En fait, il ressemblait à un décor de cinéma ou à une représentation d'une résidence de luxe sur un magazine déco.

J'avais plus d'argent que nécessaire et ma vie, vue de l'extérieur, était un rêve. Malheureusement, le conte n'existe pas ! Je m'étais forgé une carapace bien solide pour donner le change et surtout pour me protéger. J'avais aujourd'hui 25 ans et j'avais déjà souffert pour quatre vies au moins.

Je secouai doucement la tête pour chasser ces mauvaises pensées et rangeai mes couverts et mon assiette dans le lave vaisselle. J'attrapai ensuite mon amie "la bouteille de Jack Daniels" et me servis un shooter. Je le bus cul sec et savourai la brûlure qui s'étendit au fond de ma gorge.

Je saisis mon portable pour prévenir le club de mon arrivée tardive. Mon anniversaire serait passé à minuit. Un nouveau jour débuterait.

"Je serais là vers minuit". Rien à rajouter et aucune réponse à attendre, j'éteignis à nouveau mon téléphone.

Je me resservis un shooter puis un troisième pour la forme et laissai le verre à côté de la bouteille pour me diriger vers mon dressing. J'abandonnai mon shorty dans le panier à l'entrée et allumai les lumières.

Le grand miroir sur pied renvoya instantanément une image de mon corps. Cela m'était intolérable mais l'alcool m'aidait à supporter mon reflet ravagé. Un de mes seins était marqué par de grandes lacérations rouges et mon dos portait les stigmates des coups que j'avais reçus. Je réprimais difficilement un sanglot en me rappelant les raisons de ces marques présentes depuis bien trop longtemps.

En relevant la tête, j'aperçus que mon visage était strié de larmes. Je les ravalais rapidement et me décidais à choisir mes vêtements. Je posai ma robe et mes sous-vêtements sur mon lit et retournai à la salle de bain pour me maquiller. Je bataillai quelques instants pour camoufler mes cernes et terminai par la pose de mes faux cils.

Une fois habillée et maquillée, je posai mon vernis noir et chaussai mes escarpins. Il était maintenant 23h35, je devais me résoudre à partir. Tout en veillant à ne pas flinguer mon vernis, j'attrapais mon portable, mon sac, mon manteau et mes clés puis fermai ma porte pour me diriger vers l'ascenseur.

Mon reflet dans le miroir était totalement différent. J'avais face à moi une femme fatale, sûre d'elle et dominatrice à souhait. S'ils savaient... Je jouais mon rôle à la perfection, ce qui me permettait de m'évader de ma prison.

Une fois bien à l'abri dans ma voiture, je mis le moteur en route et c'est sur Toxicity de System Of A Down que je scandai mon mantra.

-Personne ne te touchera sans ton assentiment, aucun homme ne te fera souffrir. C'est toi qui diriges et qui ordonnes. Tu ne dois rien à personne.

Je soufflai un grand coup et rallumai mon portable pour le connecter à mon système Bluetooth. Je passai outre les nombreux messages qui m'attendaient et appelai ma meilleure amie en démarrant. Elle me répondit avant la première tonalité, comme si elle savait que j'allais appeler.

-Ah quand même !

-Bonsoir Alice ! C'est un grand plaisir de te parler.

-Oui, oui ! Moi aussi ! Pourquoi n'as-tu pas voulu me répondre aujourd'hui ?

-Tu sais bien que je déteste ce jour.

-J'ai un cadeau pour toi !

-Merci mais tu peux le garder. Je ne veux rien, tu le sais pertinemment.

-Où es-tu ?

-Dans ma voiture, je vais au club. Il y a une grande soirée ce soir.

-Je passerai te voir. Tu veux bien ?

-Depuis quand tu demandes ? Je serais dans mon bureau, tu viens quand tu veux. Je te laisse, je suis arrivée. A tout à l'heure.

Je raccrochai encore une fois avant qu'elle me réponde. J'allais me faire engueuler ... Je gérerais ça le moment venu.

Comme à mon habitude, je décidai de soigner mon entrée et pris tout mon temps pour descendre de ma voiture. Je savais déjà que toute la file d'attente et Logan me fixaient avec envie.

Mon portier me dévisageait la bouche entrouverte et je n'eus pas besoin d'être télépathe pour savoir qu'il rêvait de me prendre pour me baiser. Je n'avais rien à craindre de lui enfin je l'espérais…

Il reprit rapidement contenance et me sourit discrètement.

-Bonsoir Madame. Bienvenue au Black Nails.

-Bonsoir Logan.

Je passai devant lui sans un regard de plus et m'arrêtai rapidement devant Eric et une nouvelle aux entrées.

-Bonsoir Eric. Tout se passe bien ?

-Bonsoir Madame. Oui tout va bien. Le club est complet.

Je lui fis un sourire puis me dirigeai vers la porte menant à mon bureau. J'avais un problème à régler avec l'un de mes employés.

J'ouvris brusquement la porte de mon bureau et allumai la lumière tamisée pour me diriger vers ma table de travail. Je savais que le blondinet attendait à genoux face à moi mais je ne lui prêtai aucune attention. Je déposai mon manteau contre le mur, allumai mon ordinateur et appuyai sur un bouton permettant d'ouvrir les stores.

Mon bureau était le centre de ce club. Il était situé à l'étage et de grandes vitres sans tain me permettaient de gérer le tout sans être vue. J'attrapai ma bouteille de Jack et me servis un verre en regardant la masse d'anonyme qui dansait dans la partie publique. Je savais que dans cette masse compacte, il y avait des pervers qui espéraient entrer dans le club privé de la domination. Ils pensaient même voir des scènes en plein milieu de la piste de danse.

Le personnel les laissait espérer mais cela n'arrivera jamais. J'avais mis en place des règles et personne ne devait les enfreindre. Mike allait d'ailleurs en faire les frais. Il fallait que je fasse de lui un exemple.

Je me retournais pour observer la soirée privée et fus agréable surprise de voir que tout le monde était arrivé. Ils n'étaient pas réputés pour être ponctuel. Un des nombreux codes de ce milieu était d'arriver avec au moins quinze minutes de retard.

Je saisis mon verre et sirotais mon alcool en regardant l'un des dominants, Peter, arriver avec sa soumise et femme, Charlotte. C'était son anniversaire aujourd'hui et pour l'occasion, elle était déguisée en chien. Elle n'était pas prête d'oublier cette soirée ! Tous allaient s'occuper d'elle ce soir. Cette vision rendit mon intimité humide et je savourais cette sensation.

Elle était une des seules que je m'autorisais. Personne ne me touchait sauf ma soumise. Même Alice devait rester à distance de moi. Elle avait uniquement le droit de me tenir la main. Un seul avait le droit de s'approcher de moi mais il n'était pas là… Certainement très occupé comme souvent les week-ends. Même avec lui j'avais mis de la distance car j'avais l'impression qu'il était trop présent. Son côté protecteur me rappelait trop ce qu'il m'était arrivé…

Elle disait qu'il fallait que je consulte mais je ne pouvais m'y résoudre. Parler de mon vécu m'obligerait à l'accepter et si je l'acceptais, j'oublierais... Il en était hors de question. Il fallait que je me rappelle que lorsque je donnais ma confiance, on me mentait, on me battait et on me souillait.

La soumise à l'honneur était maintenant étalée sur la table du séjour, maintenue par de grands cordages et était en train de contenir tant bien que mal sa jouissance face à son dominant qui la pilonnait avec vigueur pendant que les autres invités dinaient tranquillement. Je serrais brusquement mes jambes pour soulager mon envie naissante et retournai m'asseoir pour me servir un autre verre.

Une enveloppe trônait contre mon ordinateur. Un Dame Isabel était calligraphié dessus et je ne pus réprimer un sourire. Mon ami, mon sauveur n'avait pas oublié cette journée. Je m'empressai de l'ouvrir pour lire sa prose. Comme à son habitude, il souhaitait ma naissance et ma nouvelle vie. Je me fis une note mentale pour mon retour chez moi. Je devais le contacter, j'avais besoin de le voir, il me manquait énormément. Il avait certainement dû m'appeler mais il était hors de question que j'écoute tous les messages d'Alice…

Malgré la musique présente dans les deux espaces, mon bureau était calme, dénué de bruit. J'en étais heureuse et me concentrais sur le silence pour retrouver un semblant de paix intérieure. Seule la respiration saccadée du blondinet se faisait entendre. Il avait peur, j'en étais ravie. Il était certainement persuadé que j'allais lui demander de me soulager ou de me prendre pour une partie de baise express mais il en était hors de question.

Il me rappelait trop mon passé.

Si mes instructions avaient bien été suivies, il était dans cette position depuis plus de deux heures. J'espérais secrètement que Logan l'ait déjà "puni". Il était beaucoup plus sévère que moi. Un vrai dominant. Il était mon bras droit dans cette affaire. Mon ami m'avait mis en garde concernant cette association mais j'avais décidé de ne pas l'écouter. Pour une fois, j'avais envie de prendre mes décisions sans aucune aide, ni aucun conseil.

Je terminai mon verre d'une traite et levai les yeux. Mon employé était à genoux, les jambes écartées. Ses attributs emprisonnés pendaient lamentablement. Sa queue était rouge et comprimée un maximum. La situation devait être vraiment désagréable pour lui. Il avait dû jouir car un long filet de sperme pendait jusqu'au sol. J'eus la confirmation que Logan s'était amusé quelque peu !

-Debout Mike.

-Oui Mad...

-As-tu entendu une question ?

Il secoua vigoureusement la tête et baissa les yeux.

-Je te rappelle une dernière fois que tu ne me parles que si je te le dis. Sais-tu pourquoi tu es là ? Réponds.

-Oui Madame, je sais.

-Je ne peux pas tolérer un tel comportement. Le client est roi, tu devrais le savoir.

-Oui mais il m'a pincé les couilles.

-Monsieur Banner te pince souvent les boules Mike ! Pourquoi l'as-tu giflé devant tout le monde ?

-Je n'étais pas en Play Room mais en service public.

-Je m'en fous ! Tu as signé un contrat de soumis avec lui. Ton jour de liberté est le jeudi. Tu connais également tes mots sécuritaires ! Tu devais lui dire que tu voulais qu'il arrête et non le frapper.

-Je...

-Plus d'excuses stop ! Ton temps de parole est dépassé.

Il leva les yeux vers moi et je vis le défi passer au fond de son regard. Il me testait régulièrement et aujourd'hui n'y faisait pas défaut. Je le giflais violemment avant de reprendre.

-Ne t'avise plus de me regarder. Je sais ce que tu cherches à faire mais tu ne me toucheras pas !

-Mais...

-TAIS-TOI ! Tu me débectes au plus au point ! Tu es une honte pour notre monde ! De plus, tu fais très mal ton travail. Suis-moi.

Il le fit avec réticence, sentant la fin des "bons moments" arriver.

-Tu vas passer une dernière soirée au privé avec Monsieur Banner. Il t'apprécie trop pour que je lui refuse ça. Par contre, j'attends ta lettre de démission à la fermeture du club.

-Je ne veux pas partir.

-Tu n'as pas le choix !

Je me détournais rapidement car il m'énervait. Il n'avait jamais réellement fait partie de notre monde et commettait des bourdes gigantesques très souvent. Heureusement pour lui, les clients l'aimaient bien. J'entrai dans ma Play-room pour saisir des chaînes et attirai Mike à moi pour les fixer aux anneaux de son cou.

Ensuite, je le bâillonnai pour avoir le silence. Sa façon de gémir me donnait la nausée. Sans le prévenir, je l'attirai près de moi et ouvris la porte de la Play-room pour rejoindre le club privé. Une fois en bas, je me retournai pour le prévenir et vis qu'il bandait comme un taureau. Je venais de comprendre pourquoi il avait giflé Monsieur Banner. Il recherchait une punition.

-Fallait le dire que tu voulais être puni. Je n'aurais pas perdu de temps avec toi. Ils vont bien s'occuper de toi blondinet. Par contre, je n'ai pas changé d'avis. Tu me donnes ta dém' à la fin de la soirée.

Il grogna doucement et je tirai un coup sec sur sa laisse métallique.

-A quatre pattes maintenant. Je ne veux plus t'entendre.

Il obéit instantanément, un sourire malsain aux lèvres. Je tirais ses cheveux brusquement et le giflai à nouveau pour faire disparaître sa grimace. J'ouvris la porte ouvragée et me retrouvai dans la salle à manger face à tous mes invités. Le repas était terminé et chacun vaquait à ses occupations.

Tous arrêtèrent leurs activités en entendant mes talons marteler le parquet. Les soumis baissèrent le regard et les doms me détaillaient avec envie et une pointe de défi. Hors de question de baisser les yeux, j'avançais en les fixant.

-Bonsoir à tous.

-Bonsoir Dame Isabel.

-J'espère que vous passez une agréable soirée. Je vous amène un soumis ayant fauté. Il est puni et va devoir assister à tous vos jeux sans y participer. Angela ?

Elle vint se placer face à moi, les mains dans le dos et les seins fièrement dressés.

-Bonsoir Ange. Tu peux parler.

-Bonsoir Dame Isabel. Que puis-je pour votre service ?

-Va attacher ce chien à la croix. Assures-toi que personne ne le touche. Je vais appeler son maître.

-Bien Madame. J'y vais de suite.

-Dernière chose. Il s'appelle Blondie pour ce soir.

-Bien Madame.

Elle se pencha légèrement vers moi et je déposai un baiser sur son front, puis elle attrapa la chaîne avec force et le tira sans ménagement vers la grande croix de Saint André qui trônait dans un angle de la pièce.

Elle revint à mes côtés et je me penchai pour qu'elle puisse me parler en toute discrétion.

-Logan a demandé que je sois sa soumise cette nuit.

-Le veux-tu Ange ?

-Si cela vous fait plaisir, oui Maîtresse.

-Ce soir, tu seras avec moi. Dans mon bureau.

-Avec joie Dame Isabel.

J'observai ses rougeurs s'étaler sur ses joues et aperçus ses seins pointer d'anticipation. Je la laissai retourner s'occuper de servir mes invités en l'embrassant doucement sur le front.

J'avançai vers la table pour grignoter quelques grains de raisin et m'approchai de la belle soumise toujours attachée. Un petit coup d'œil à son maître me confirma que je pouvais la toucher. Je saisis son mamelon et le pinçai vivement avant de pétrir son sein. Elle gémit avec force et son maître se retira de son antre.

Il passa derrière moi, embrassa mon épaule puis partit vers le bar. Son toucher léger m'indiquait qu'il me laissait la place et je contournais la table pour découvrir sa chatte rouge et ruisselante.

J'approchai doucement et glissai deux doigts en elle. Elle tressaillit à la sensation de ma main froide et s'accrocha à ses cordages.

-Surtout, ne dis rien.

Je commençais mes va-et-vient dans son antre surchauffé et sentis ses hanches se soulever. De mon autre main, j'appuyai sur le bas de son ventre pour la plaquer à la table. J'approchai ma bouche de son paquet de nerfs pour l'aspirer et le malmener. Son nectar se répandait sur mes doigts et je le recueillis avec le bout de ma langue.

Sa respiration était saccadée et elle tentait de ne pas se perdre dans son orgasme. J'allais tellement vite que j'en avais mal au bras mais j'avais décidé de la voir jouir avant de partir. Son maître arriva quelques minutes après et se pencha pour l'embrasser langoureusement puis s'approcha de son oreille.

-Jouis pour moi Char'.

Il lui maintint la tête pour l'embrasser pendant que sa main caressait ses seins avec vigueur. J'ajoutai un doigt à mon intrusion et souris en entendant ses râles de plaisir augmenter. A ce rythme soutenu, je sentis ses parois se resserrer autour de ma main. Elle jouit en silence et je sortis rapidement mes doigts sans un regard de plus et me dirigeai vers Mike. Je lui ôtai le bâillon et lui présentai mes doigts trempés.

-Nettoie-moi.

Il ne se fit pas prier et aspira rapidement la jouissance de la soumise. Je replaçai ensuite la boule dans sa bouche et me détournai de lui.

-Bon garçon. Je vais prévenir ton Maître, sois sage.

Après une petite tape sur sa joue, je retournai vers ma porte et sortis mon badge.

-Bonne continuation à vous.

-Bonsoir Dame Isabel.

La porte claqua derrière moi et je montai l'escalier en courant. Comme souvent j'étais tiraillé entre plusieurs sensations. D'un côté j'avais envie de me perdre dans un orgasme dévastateur et de l'autre je me dégoutais de réagir comme ça.

Je réprimais un sanglot en fermant la Play-room et allumai ma stéréo pour me perdre dans la musique. Le cri d'un aigle et un gros riff de guitare se firent entendre puis le beuglement du chanteur de Devildriver débuta.

Just human nature in disguise (Juste la nature humaine déguisée)

Lost in this world, Out on the edge (Perdu aux confins du monde)

With death by our sides (Avec la mort à notre côté)

Today I sworn that I wouldn't Mourn ya (Aujourd'hui je jure de ne pas pleurer)

Cloud over California (Nuages sur la Californie)

If that's the way it's gonna be the I'll fuckin' go it alone (Si c'est ainsi que ça va être putain je vais faire cavalier seul)

I'm a saint in sinners eyes (Je suis un saint aux yeux des pêcheurs)

...

J'aurais écouté cette musique à m'en faire saigner les tympans si ça me permettait d'oublier. Malheureusement, elle s'arrêta et je me pris en pleine face ma honte et ma culpabilité. Un autre verre de Jack Daniels puis je baissai le son de la musique et saisis mon téléphone.

-Logan ?

-Oui Madame.

-Peux-tu prévenir Monsieur Banner que Mike l'attend dans le salon privé ?

-J'y vais de suite. Autre chose Madame ?

-Oui. Ce soir, tu n'approches pas Angela. Elle sera occupée avec moi. Demande à Jacob de venir et apporte-moi une autre bouteille.

Je raccrochais brusquement et approchais de ma salle d'eau pour me rafraichir. Il fallait que je retrouve un semblant de calme pour recevoir Jacob. J'avais appris son embauche la veille. C'était un nouveau pour le club malheureusement pas pour moi. Il faisait partie de mon passé. Je savais déjà pourquoi il était là et j'allais devoir la jouer finement.

Les cinq minutes étaient passées depuis un moment que je m'approchai d'une des vitres sans tain pour voir Monsieur Banner punir Mike à grand coup de cravache. Ce gars était un grand malade et le blondinet adorait ça ! Plusieurs autres doms observaient la scène en buvant leur verre de vin. Je savais que sous peu toutes les Play Room allaient servir.

Avec un petit ricanement cynique, je refermai le store et je tamisai l'éclairage. Mon idée était de rester dans la pénombre. Je ne voulais pas qu'il me voie et encore moins le voir. J'allai entrouvrir la porte et me glissais rapidement derrière mon bureau, mon rempart.

-Vous pouvez entrer Jacob.

Je l'entendis se lever et saisir la poignée de la porte.

-Fermez la porte et asseyez-vous.

Il s'exécuta rapidement et s'installa sur le siège comme un gamin sans éducation. Par quoi commencer ? Je ne savais même pas ! Il me devança en se levant brièvement pour poser la bouteille, ma merveilleuse amie.

-Je suis content de te voir Isabella.

-Isabella n'existe plus Jacob. Maintenant c'est Isabel. De plus je ne suis pas votre ami. Le tutoiement n'est pas autorisé.

-Pour qui tu te prends ?

-Je me prends pour la patronne de ce club. Donc tu vas te calmer rapidement Jake ! Si je suis partie ce n'est pas pour qu'on vienne me faire chier !

-Allez, tu sais que je t'aime.

-Oh non, tu ne m'aimes pas ! Tu t'es servi de moi. Maintenant, vous allez m'écouter Monsieur Black. Votre embauche est annulée. Il y a eu une erreur. Nous n'avons pas besoin de personnel supplémentaire.

-J'ai accepté ce poste pour te surveiller. Je dois te ramener à Forks.

Je remplis mon verre pour permettre à mon cœur de se calmer et attaquai directement.

-Je n'irai nulle part, par contre, toi, tu dégages de mon Club maintenant. Tu n'auras même pas ta solde, enfin c'est pas comme si tu en avais besoin.

-Certes ! En plus tu payes mal gamine.

J'avais envie de le tuer et de vomir ... Sensations très désagréables ! Je sautai au-dessus du bureau pour lui faire face. Il était toujours assis et je profitais de la situation pour le gifler, je lui devais bien ça !

-Je ne suis pas non plus une gamine ! C'est terminé pour toi, tu ne me feras plus de mal ! Maintenant dégage et préviens ton père qu'Isabella est morte.

Il se leva rapidement pour me saisir mais je réussis à l'esquiver pour me cacher derrière mon bureau.

-T'es qu'une salope Swan ! Attends que je t'attrape pour te foutre une branlée ! Tu n'as pas le droit de me répondre, les règles n'ont pas changé !

-Oh si elles ont changé ! Je suis libre, n'oublie pas cela ! Je ne t'appartiens plus.

Il se mit à gronder comme un loup et se leva pour franchir le bureau. Je lui balançai ma belle bouteille qu'il n'arriva pas à éviter. Ce salopard venait de ruiner un excellent Single Barrel !

J'appuyai sur mon bouton "Secours" sans quitter Jacob des yeux. Il se releva difficilement, sa tête maculée de sang.

-Tu vas me payer ça, pouffiasse !

Il se jeta sur moi mais une énorme main vint le retenir. Logan se tenait près de lui et l'envoya voler contre le mur opposé.

-Isabel, ça va ?

-Oui.

Ma voix n'était plus qu'un spectre. J'avais peur. Il se plaça devant moi pour me protéger en observant le tas de merde répondant au nom de Jacob. Il restait couché au sol en rigolant à moitié.

-Ah Bella... Tu crois qu'il pourra te sauver ? Même pas en rêve ! Tu m'appartiens !

Logan ne se démonta pas et saisit le téléphone.

-Allo Police ?

-...

-Pourriez-vous venir au Club Black Nails, un employé à essayer de tuer ma patronne.

-...

-Bien, nous vous attendons.

-...

-Oui, il est toujours là.

Il raccrocha mais ne bougea pas et continua à fixer Jacob. Un de ses bras était passé vers l'arrière mais ne me touchait pas. Même dans cette situation étrange, il respectait mon besoin d'espace. Il me connaissait bien…

La police débarqua très vite et procéda à l'arrestation de connard.

-Madame, voulez-vous porter plainte.

-Oui. Logan a vu toute la scène si vous avez besoin.

-Avez-vous besoin d'aller à l'hôpital ?

-Non, Logan est arrivé à temps.

Les policiers partirent rapidement en me convoquant le lendemain pour déposer ma plainte.

Une fois la porte fermée, j'eus de mal à contenir mes pleurs. Je ne serais donc jamais tranquille. Il fallait que je rentre et que je me terre, éventuellement que je disparaisse. Il fallait toutefois que je porte plainte pour qu'il me laisse tranquille quelque temps.

-Logan, je vais rentrer.

-Laissez-moi vous raccompagner Madame. Je ne voudrais pas qu'il vous arrive quelque chose.

-Avec plaisir. Je te laisse gérer le club ce week-end.

-Bien sûr !

Il m'ouvrit la porte côté passager, prit place derrière le volant du X6 et me ramena chez moi. Lui seul connaissait mon adresse. Il fit le tour du parking puis de l'appartement pour s'assurer de ma tranquillité et retourna sur le pas-de-porte.

-C'est bon, il n'y a personne Madame.

-Merci Logan.

-Je garde mon portable allumé si besoin.

Je me retrouvai seule et commençai à m'effrayer de tout. Il me fallait de la compagnie. Je saisis mon téléphone et il sonna avant que je puisse composer un numéro.

-Alice...

-Bella. Où es-tu ? Je sors du club, ton bureau est dans un sale état.

-Je suis chez moi Alice.

-J'arrive tout de suite ma belle. Ne t'inquiète pas !

Rassurée, je raccrochais et me dirigeais vers ma salle de bain, une bonne douche me ferait du bien. Une voix surgit de nulle part me fit stopper nette. Elle était masculine, chaude et envoutante.

-Isabella, tu m'as fait attendre...

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Alors ? Qu'en dites-vous ? Pas trop chaud ? Des idées sur "La Voix" ?

Bonne semaine