Bonjour à tous,
Pour la première fois de ma vie, je souhaiterais pouvoir écrire quelque chose qui empêcherait la barbarie d'exister. Je voudrais pouvoir rendre l'extrémisme sans importance, le fanatisme absent et la tristesse une résultante d'une lecture émouvante mais malheureusement ce n'est pas possible.
Je voudrais dédier mes pensées aux survivants mais aussi à tous ceux qui ne sont plus à nos côtés. Je voudrais trinquer pour eux, écouter du métal en hurlant pour que la joie de vivre nous transporte et manger un bon repas entre amis sur une terrasse parisienne juste pour être avec eux.
Je pense que la meilleure façon de combattre ces fanatiques est de continuer à vivre pour leur montrer qu'ils ne nous effraient pas. C'est pourquoi je publie ce soir. Je ne veux pas m'arrêter de vivre, de rire et de vous emmener avec moi dans d'autres mondes.
Montrons-leur que nous valons mieux que leurs croyances erronées.
Je vous remercie de me suivre et de me soutenir. Bonne lecture mes amis et bonne semaine.
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Chapitre 4
Je passai deux semaines dans la maison Cullen avant d'intégrer le cottage. Carlisle avait allongé la durée de mon séjour pour vérifier mes constantes car mes douleurs avaient beaucoup de mal à s'atténuer.
J'avais eu du mal à trouver mon propre rythme dans cette immense demeure quasiment vide. Carlisle était souvent à l'hôpital, Esmé travaillait beaucoup sur un projet de rénovation et ne venait avec moi que pour me faire à manger et nager. Alice et Jasper étaient retournés à la fac et je les voyais que le soir. Elle passait ses soirées avec moi. Elle quittait la fac en milieu d'après-midi et restait avec moi jusqu'à mon coucher.
Je n'avais pas encore rencontré le reste de la famille. Emmett et Rosalie étaient partis en voyage pour leur travail et Edward n'était juste pas là. Alice ne m'avait pas donné d'autres informations.
J'adorais mon amie mais je commençais à étouffer dans cette maison. J'avais l'impression de vivre dans un magasin de décoration. J'avais besoin de me retrouver dans un endroit plus petit. J'en rêvais même la nuit. Bizarrement, je faisais une overdose de la couleur beige et je rêvais de noir, de rouge et d'autres couleurs sombres ou chaudes.
Durant ces deux semaines, j'avais eu la chance de goûter à beaucoup de choses me permettant d'affirmer mes préférences. Je voulais maintenant essayer de cuisiner. J'avais soif d'apprendre, à défaut de me souvenir. Pour me divertir, Alice me proposa une virée shopping, que j'acceptais volontiers. J'étais heureuse de voir autre chose.
Nous nous étions rendues au petit centre commercial de Port Angeles. Elle voulait me trouver encore d'autres vêtements même si je n'en voyais pas l'intérêt. Mon dressing débordait déjà d'habits que je n'imaginais même pas mettre. D'après elle, il s'agissait de mon style, enfin celui d'avant mon accident.
Il y avait beaucoup de robes courtes et décolletées, des corsets de dentelle sombres, des pantalons de cuir et des chaussures ainsi que des bottes avec des talons gigantesques ! Certes, je trouvais ça magnifique mais je voulais juste avoir de la douceur pour le moment. J'étais devenue accro au coton et aux ballerines plates !
Notre séance magasin tourna au pugilat quand je refusai d'acheter une robe dos nue très, mais alors vraiment très voyante.
-Non Alice ! Je n'achèterais pas cette tenue.
-Mais pourquoi ? Aller… je sais que tu adores ça !
-J'adorais ça ! Pour le moment, je ne veux pas que mon corps soit exposé. Ne me demande pas pourquoi, je ne le comprends pas moi-même !
-Bon, alors, je la prends pour moi.
Elle tendit la robe à la vendeuse et poussa mon fauteuil vers l'entrée du magasin. Les poignées de mon siège débordaient de sacs de tous les magasins de la galerie. Nous avions acheté des chaussures, de la lingerie, des vêtements, des produits pour le bain et pour le corps, du maquillage, un kit manucure, des accessoires pour cheveux, des décorations pour le cottage, des livres et quelques CD.
Je ne savais même pas quelle somme était à ma disposition sur mon compte, Alice m'avait assuré que je ne manquais pas d'argent. Malgré ça, je n'osais même pas regarder les tickets. J'allais être ruinée.
Elle me proposa de rentrer peu de temps après et se dirigea vers le parking puis vers la Mercedes de sa mère. Elle m'aida à m'installer, ranger les courses et le siège puis monta pour nous conduire vers la forêt de Forks.
Cette sortie m'avait épuisée et je m'endormis avant de sortir de la ville. Elle me réveilla une fois arrivé près de la villa. Je ne reconnus pas la maison qui se trouvait face à moi.
-Voilà ton nouveau chez toi Bella ! Maman a fait les courses pour que tu sois indépendante.
-Merci Alice ! J'adore !
Il s'agissait sans nul doute possible du cottage dont ils m'avaient parlé. On pouvait y accéder en voiture grâce à un chemin en gravier et on pouvait rejoindre la villa principale par un sentier tout proche.
-Si tu regardes bien, tu pourras même voir notre maison par la fenêtre de ta cuisine !
-C'est parfait Alice !
Elle m'aida à sortir de la voiture et je ne l'attendis pas pour m'aventurer sur l'allée. Un petit espace était aménagé devant la maison et on pouvait y retrouver quelques roches surmontées d'une mousse épaisses ainsi que des fougères. Ces éléments sauvages s'alliaient parfaitement avec les rosiers bordeaux qui avaient été plantés.
Les murs de l'habitation étaient faits en pierre sombre et les menuiseries étaient en bois gris noir. Le toit, lui était fait en ardoise noire et la mousse le recouvrait presque complètement. Deux lanternes en fer forgé encadraient l'entrée. J'ouvris la porte sans attendre Alice qui semblait batailler avec mon siège et les sacs de shopping. Je débouchais sur une pièce de vie intimiste.
Le sol était recouvert d'un parquet au bois clair et les murs étaient peints dans un ton ocre. Sur la droite se trouvait une cuisine intégrée et une table avec quatre chaises. Tous les meubles étaient sombres et contrastaient parfaitement avec le sol.
En face de l'entrée, il y avait un couloir menant certainement à la chambre. Sur la gauche, il y avait un petit salon avec deux canapés. L'un était dirigé vers une télévision et l'autre vers la cheminée. Un feu y crépitait et réchauffait l'espace.
Il n'y avait aucune lumière directe dans la pièce sauf au niveau des meubles de la cuisine. Le plan de travail était savamment éclairé. Côté salon, une lampe sur pied apportait sa lumière dans le coin lecture.
Le mur gauche du couloir avait été remplacé par une baie vitrée qui donnait sur une terrasse abritée. Sur la droite, il y avait une porte qui donnait sur une salle de bain avec une baignoire.
La dernière pièce de la maison donnait également sur la terrasse et était composée d'un dressing et d'un grand lit deux places. Le sol était lui aussi clair et de grosses tentures beiges habillaient les murs.
Chaque fenêtre de la maison était encadrée par des rideaux épais qui permettaient une certaine intimité lorsqu'ils étaient fermés.
Sur la terrasse, il y avait une petite table, deux transats et un jacuzzi. Un écran protecteur avait été mis en place à l'aide de bambous. Je me sentais bien dans cette maison. Elle était à ma taille, je n'avais plus l'impression de m'y perdre.
Alice entra dans la maison à cet instant en soupirant et je me retournai vers elle en souriant.
-Il faudra que je remercie ta mère ! C'est magnifique ici !
-Contente que ça te plaise. Tu m'en veux si je te laisse tout ranger ?
-Non pas du tout, j'allais te le proposer !
-Si tu veux, je repasserai plus tard.
-Non. Je voudrais me retrouver un peu seule. Ne le prends pas mal mais j'ai l'impression d'étouffer quand vous êtes tous là.
-Tu étais déjà comme ça avant ta perte de mémoire ma Belle ! Tu es une solitaire !
-Tu ne m'en veux pas ?
-Non pas du tout. Je viendrais te voir demain si tu veux.
-Oui bien sûr !
-Et si tu as besoin, appelle-moi, je viendrais de suite.
Elle vint me prendre brièvement dans les bras avant de se détourner pour rejoindre la voiture.
Une fois la porte fermée, je pus profiter à loisir du calme et du silence de ce lieu. Du bout des doigts, je frôlais chaque meuble pour faire sa connaissance et j'ouvris tous les placards pour voir ce qu'il y avait dedans.
Esmé avait effectivement fait le plein. J'aurais pu tenir un siège d'un mois sans problème. Mes hanches me laissant tranquillement, je décidai de ranger mes achats.
Tous mes sacs de vêtements furent entassés dans mon dressing sans même être déballés. Je ferais ça plus tard. De plus, je savais qu'Alice se ferait une joie de tout ranger.
J'attrapais le sac contenant les livres et la musique et m'installais dans le salon. Je décidai de finir Roméo et Juliette en écoutant un peu de musique, du classique ferait l'affaire.
POV Edward
Je haïssais ma sœur ! Il n'y avait pas d'autres mots possibles. Elle avait déjà enfreint la règle la plus importante de notre monde en devenant amie avec cette humaine et maintenant, elle l'avait installée chez nous. Cette faible femme ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même ! Ce qui lui était arrivé n'était qu'une résultante de ses choix de vie, j'en étais persuadé.
J'avais observé cette Bella à travers les yeux d'Alice et je ne comprenais pas leur amitié. Cette humaine était froide, distante et autoritaire, tout l'inverse de ma sœur.
N'étant pas du genre à faire mon opinion sur des a priori, j'avais décidé d'aller au club qu'elle dirigeait. J'étais dans la file d'attente lorsqu'elle arriva. Il était indéniable qu'elle était excitante. Tous les hommes la reluquaient sans vergogne et s'imaginaient au lit avec elle. Ils espéraient tous la prendre sauvagement, tels des animaux en rut. Même le videur, un certain Logan, espérait une nuit avec elle.
Certes, elle avait d'excellents goûts en matière de voiture et aussi dans ses choix vestimentaires mais elle était tellement hautaine que ça éclipsait tout le reste.
Je fus toutefois surpris de ne pas entendre ses pensées et pris une baffe magistrale quand son odeur atteint mes narines. Je n'avais jamais senti un sang aussi parfumé. Je dus me faire violence pour ne pas lui sauter dessus et la boire.
Le fameux Logan bavait littéralement sur le corps de cette femme et s'imaginait accroché à une croix face à elle. Il était un dominant soumis à sa patronne. En plus de tout le reste, je ne comprenais pas les relations sexuelles BDSM. Comment pouvait-on ressentir du plaisir à être attaché et fouetté ? Je réussis à capter son regard quelques secondes lorsqu'elle franchit le pas de la porte. Il était dur, froid et éteint, comme si elle cachait quelque chose.
Je rentrai dans le club peu de temps après et scannai les environs à sa recherche. Elle avait disparu. Je me concentrai sur la foule amassée sur la piste. Ils étaient tous là pour espérer voir une scène de soumission, ils étaient écœurants.
Suite à ma visite au club, j'avais tenté de faire revenir ma sœur à la raison et de l'obliger à laisser l'humaine jouir de son statut de dominante avec toute l'arrogance dont elle était capable.
-J'ai vu ce qu'elle fait Alice. Tu ne peux plus la côtoyer, elle est nocive.
-Tu te trompes Edward. C'est une belle personne qui a vécu l'horreur. Je ne sais pas tout mais rien qu'à voir ses cicatrices, elle a dû en baver dans sa jeunesse.
-Je suis sûr que ses marques sont dues à ses pratiques sexuelles débridées.
-Tu juges avant de savoir ! Je n'arrive pas à prédire son avenir et je pense que tu ne peux pas la lire.
-Oui.
-Alors on ne peut pas savoir réellement. Je me dois de lui laisser une chance, je suis sûre qu'elle le mérite.
Elle me tira la langue avant de s'en aller pour rejoindre Jasper.
Quelques semaines après notre altercation, je vis ma sœur se figer dans une de ses visions étranges. Elles étaient bizarres et floues dès qu'elles touchaient à sa précieuse humaine. Elle l'avait vue nue, baignant dans une mare de sang.
Elle avait passé la journée à chercher à la joindre sans succès et paru rassurée quand elle lui répondit brièvement. Elle décida de la rejoindre et c'est à ce moment-là que notre vie calme et tranquille avait basculé. Cette petite chose fragile s'était faite agressée chez elle. A l'odeur, Alice avait pensé à l'attaque d'un loup. Elle portait l'odeur d'un Quileute.
J'avais vu Bella dans les pensées de ma sœur et il est vrai qu'elle avait morflé ! En plus des séquelles physiques, elle avait perdu la mémoire et semblait différente de celle que j'avais vu plus de deux mois auparavant.
A cause des choix d'Alice, la famille avait éclaté. Rosalie avait préféré s'éloigner et Emmett l'avait suivi. Quant à moi, je ne voulais pas la voir, surtout pour éviter d'être tenté. Nos parents avaient accepté de l'héberger dans la villa puis dans le cottage dès qu'elle irait mieux.
Depuis son arrivée, je vivais dans ma chambre et sortais par la baie vitrée pour rester invisible aux yeux de l'humaine. Il était hors de question que je déménage juste pour elle.
J'étais parti chassé quand un texto d'Alice me prévient qu'elle avait déménagé dans le cottage et que j'avais à nouveau le champ libre dans la villa. Je me hâtai donc de boire puis rentrai dans ma maison. Au dernier moment, je me décidai à passer près du cottage pour voir si elle était bien installée. Je savais que mon excuse était pitoyable mais ce fut la seule qui vint.
Son odeur chatouilla mes narines avant même d'avoir le cottage en vue. J'entendis également de la musique, du classique pour être plus précis. Je m'approchais doucement mais restai à distance pour pouvoir supporter son odeur. Elle était assise sur un des deux canapés du salon avec un livre sur les genoux.
Ses longs cheveux bruns étaient lâchés dans son dos. Elle me semblait toute petite et si frêle. A l'inverse de notre dernière rencontre, elle portait des couleurs claires et ses vêtements cachaient une grande partie de son corps. Ses ongles étaient courts, sans vernis et elle ne portait aucun maquillage. Elle était concentrée sur sa lecture et malmenait sa lèvre inférieure en tournant ses pages. Elle était tellement différente, j'avais du mal à croire que c'était la même personne.
Soudain, elle leva les yeux en réprimant un frisson et regarda dans ma direction sans me voir. Avait-elle senti ma présence ? Je la vis se lever rapidement pour attiser le feu. Elle avait encore du mal à se mouvoir à cause de ses hanches. Comment une simple agression pouvait causer autant de dégâts ? Si j'avais dû deviner, j'aurais dit qu'elle était sortie vivante d'un accident de voiture.
Bien malgré moi, j'étais attirée par cette fragile créature et fus surpris de me retrouver juste à côté de la maisonnette. Je faisais attention à rester cacher »car je ne voulais pas avoir à interagir avec elle. C'était déjà suffisamment dur de sentir son odeur.
Je l'observai tel un voyeur en train d'ouvrir son frigo pour saisir une barquette de fraises. Elle retourna ensuite sur le sofa en fredonnant sur la musique. Elle me donnait une version inédite de la 7ème de Beethoven. Sa voix était douce et chaude, tellement agréable.
Qu'est-ce que j'étais en train de faire ? Il fallait que je m'éloigne avant de faire une erreur. Je me détournai rapidement pour rejoindre la villa. Alice m'attendait, assise sur le perron, avec un petit sourire en coin.
-Bonjour Edward ! Comment vas-tu aujourd'hui ?
-Bonjour Alice, je vais bien.
-Tu développes ta nouvelle activité ?
-De quoi parles-tu ?
-Bah oui, ton activité voyeur ...
Elle s'enfuit rapidement dans la maison en rigolant à gorge déployée. Avais-je déjà mentionné le fait que je haïssais ma sœur ? C'est en ronchonnant que je me dirigeais vers l'atelier de ma mère pour la saluer puis je montai dans ma chambre pour mettre de la musique. J'avais une subite envie d'écouter du Beethoven.
POV Bella
J'avais la désagréable sensation d'être épiée depuis mon arrivée dans le cottage, toutefois je m'y sentais bien. Alice avait parfaitement compris mon besoin de solitude et ne venait me voir qu'une heure par jour. Esmé passait également me voir durant les visites "médicales" de son mari.
Je leur étais réellement reconnaissant de m'avoir accueilli. Heureusement qu'ils l'avaient fait sinon je me serais retrouvée seule. Personne n'avait cherché à me contacter. Je continuais mon réapprentissage de la vie et passai mes journées à lire, écouter de la musique et regarder tout et n'importe quoi à la télé. J'avais soif d'apprendre.
Mes souvenirs, quant à eux, avaient beaucoup de mal à me revenir. Ils continuaient à flotter à la limite de ma conscience. Alice m'avait dit qu'il me faudrait un déclencheur mais il ne semblait pas disposé à arriver.
Un matin de mars, je me réveillai en hurlant. Je venais de faire un horrible cauchemar. En tremblant, je me levai pour ouvrir mes rideaux. Il avait neigé durant la nuit et le soleil s'y reflétait pour tapisser les murs de ma chambre d'éclats brillants.
Je tentai en vain de me calmer et récupérai mon carnet pour y noter le maximum de détails.
•*´`*•
Rêve 05 Mars - 07h43
Je suis dans un appartement sombre. Il y a un bruit d'eau derrière moi et je fais face à une énorme baie vitrée qui révèle une ville gigantesque. Il fait nuit mais le ciel vire au gris à l'Est.
Sans aucun bruit annonciateur, je sens une main se poser sur mon épaule et une voix d'outre-tombe se fait entendre.
-Isabella, tu m'as fait attendre...
Je me retourne vers l'ombre et distingue clairement la forme d'un homme grand. Il a les cheveux longs et des yeux noirs terrifiants.
Avant même que je puisse tenter quelque chose, il me saute dessus et je me suis réveillée lorsque ma tête a frappé le sol dans un bruit d'explosion.
•*´`*•
Je refermai rapidement le carnet et essuyai mes larmes. J'étais persuadée que je venais de revivre une partie de ma vie. Il fallait que j'en parle avec Alice. Je savais qu'elle n'était pas là pendant quelques jours, je devais encore patienter pour parler.
Je me levai du lit et pris la décision de faire le ménage pour passer le temps et m'occuper l'esprit. J'ouvris la fenêtre pour aérer la pièce et récupérai les draps pour les laver. Je sortis rapidement de la pièce car il y faisait déjà froid.
Je m'approchai de la chaine stéréo et choisit un CD de ma vie d'avant. J'avais envie de découvrir ce que j'écoutais. Une pochette noire avec un serpent gris retint mon attention et je déposai le disque sur la platine. La piste un démarra et je lus sur l'album "Enter Sadman" au moment où un ensemble de guitares, basse et batterie se faisait entendre. Je fus tellement surprise que je sursautai en me raccrochant au canapé. Je ris à gorge déployée de ma bêtise et continuai mon ménage en marquant la mesure.
A la fin de l'album, le cottage sentait bon le propre et j'éteignis la chaine en me disant que j'aimais bien ce style de musique. Pour patienter le temps que le sol sèche, j'allumais la télévision et zappais sur les chaînes d'information.
Le présentateur parlait d'une vague de crimes sans précèdent à Seattle. Beaucoup de personnes avaient disparu et des cadavres de jeunes femmes brunes étaient découverts quasiment tous les jours. Je ne pus réprimer un frisson et préférais éteindre la télé pour lire un peu.
Une bonne demi-heure après, je fus interrompue par un bref coup frappé à ma porte. Je me levais rapidement pour vérifier qui venait me voir. J'étais intriguée car personne ne devait venir, mes seules connaissances étant en dehors de l'Etat.
Je fus surprise de découvrir un homme, que dis-je un dieu vivant devant moi. D'après les photos que j'avais vues dans la villa, il s'agissait d'Edward Cullen. Les reproductions ne lui rendaient pas justice. Il attendait sagement face à moi en souriant, il fallut que je me gifle mentalement pour reprendre pied.
-Bonjour. Je peux vous renseigner ?
-Bonjour. Je suis Edward, le frère d'Alice.
-Oh oui, je vois. Alice m'a beaucoup parlé de toi. Je suis Bella. Entre, je t'en prie.
Je me détournai vivement pour lui laisser passer. Même sa voix n'était pas humaine, on aurait dit une chanson ou une mélodie classique. Tout comme le reste de la famille, ses yeux étaient dorés et ils s'accordaient bizarrement avec ses cheveux bronze en désordre.
Je fis tout mon possible pour cacher mon trouble et me dirigeais vers la cuisine.
-Tu veux boire quelque chose ?
-Un café si tu as.
-Assieds-toi je t'en prie. Je t'apporte ça de suite.
Je me hâtais de faire le café et de lui apporter. Je tremblais comme une feuille sous son regard mais ce n'était pas de peur. Ce sentiment m'était inconnu et m'intriguait, j'avais chaud.
-Alice m'a prévenu que tu vivais ici. Je viens de rentrer de voyage, je me suis dit qu'il fallait que je me présente dans les formes.
-C'est gentil de ta part. Est-ce que nous nous étions déjà vus avant ?
-Non. Tu sais, je suis rarement à Forks. Ma sœur m'a parlé de toi mais je ne t'avais encore jamais rencontrée.
-Alors nous sommes sur un pied d'égalité. Alice t'a expliqué ce qu'il m'était arrivé ?
-Elle n'est pas rentrée dans les détails. Elle m'a dit que tu avais eu un accident et que tu avais perdu la mémoire.
-J'ai les mêmes infos que toi, c'est bon signe.
Il rit de ma tentative de blague avant de boire une gorgée de café. Je le vis grimacer doucement.
-Il n'est pas bon ?
-Si mais j'ai oublié de mettre du sucre.
Il se précipita sur le sucrier puis retenta l'expérience en souriant.
-Voilà, là il est parfait. Alors, que dirais-tu que nous fassions connaissance, nous les abandonnés des Cullen.
-Oui c'est une excellente idée. Alors Edward Cullen, qui es-tu ?
-Un homme.
-Je te remercie pour cette information si précieuse.
Je tentais tant bien que mal de conserver mon sérieux face à son sourire en coin et décidai de rentrer dans son jeu.
-Pour ta gouverne, sache que je suis une femme.
-Merci ! C'est tellement rare d'en rencontrer. D'où viens-tu Bella ?
-Bah de Venus, t'as pas lu le livre ?
-Mouais celle-là, j'y mets seulement un 5 sur 10.
-T'es dur en affaires !
-Sans rire demoiselle, te souviens-tu d'où tu es ?
-Je sais que j'habitais à Seattle avant mon accident et que j'ai eu de la famille ici. Par contre, je pense qu'ils sont tous morts car personne n'a cherché à me contacter depuis mon arrivée. Et d'où viennent les Cullen ?
-L'histoire de notre famille est longue.
-Ça tombe bien, je n'ai rien d'autre de prévu aujourd'hui !
Il rit brièvement avant de prendre une grande inspiration.
-Carlisle vient d'Angleterre et il a débarqué aux Etats-Unis pour pratiquer la médecine. Il a rencontré Esmé en arrivant, un vrai coup de foudre. En dépit de leur amour, ils n'ont jamais réussi à avoir d'enfants. Ils ont donc adopté. Je fus le premier, ensuite il y a eu Alice et pour finir Emmett.
-Je suis soufflée ! Je croyais que vous étiez réellement leurs enfants. Il y a une sorte de ressemblance. Et Jasper ?
-La nature fait bien les choses. C'est vrai que nous nous ressemblons… Jazz n'est pas réellement un Cullen. Il s'appelle Jasper Hale, tout comme Rosalie qui est sa sœur. Carlisle et Esmé étaient amis avec Monsieur et Madame Hale. Mon père est le parrain de Jasper et lors de la disparition des parents, il a décidé de devenir tuteur des deux enfants pour ne pas les séparer.
-Il m'avait semblé qu'ils étaient en couple avec Alice et Emmett.
- Oui c'est vrai mais tout ça a débuté avant la disparition des époux Hale. Mes frères et sœurs ont eu le coup de foudre ! Je suis le seul célibataire de la famille.
-Toi, célibataire ? C'est une blague !
-Non, je te jure... Et toi pas de chéri ?
-Je n'en n'ai aucune idée. Comme je te l'ai dit personne ne cherche à me retrouver. J'espère que ma mémoire reviendra vite.
-J'espère aussi. Ecoute, il va falloir que je t'abandonne, j'ai à faire. Si tu veux, je passerai te voir demain.
-Oui avec plaisir ! Oh... avant de partir, voudrais-tu m'aider à faire le lit ? J'ai encore un peu de mal.
-Bien sûr !
Il se leva juste après moi pour me suivre dans le fond de la maison. J'eus un drôle de pressentiment dans le couloir mais tentai de le confiner. Une fois dans la chambre, il se dirigea vers le lit pendant que je sortis la parure de la commode.
En deux minutes, le lit fut fait et je raccompagnais mon invité à la porte. Etrangement, je n'avais pas envie qu'il parte.
-Enchanté d'avoir fait ta connaissance Bella. A demain !
-Je te retourne le compliment Edward. Passe une bonne fin de journée.
Dorénavant, j'avais un visiteur de plus et j'étais heureuse de le découvrir derrière la porte régulièrement. J'eus rapidement l'impression qu'il ne partait plus en déplacement et je devais même avouer que j'attendais ses visites.
Quelque temps après notre rencontre, il me donna son numéro de téléphone afin que je puisse le contacter si besoin. Il avait compris que je faisais des cauchemars très réalistes et m'avait proposé d'appeler quand j'avais besoin.
Le lendemain, je me réveillais à nouveau en pleurant. Le rêve n'était pas le même mais me perturbait autant. J'essayai de dormir le moins possible pour ne pas plonger dans ce monde de terreur qu'était ma mémoire.
Sans me lever, je saisis mon carnet et allumai ma lampe de chevet pour reporter mes impressions.
•*´`*•
Rêve 15 Mars - 04h03
Je suis dans une vieille grange rouge. Je sens un goût de métal et de cambouis ou de graisse. Je dois être dans une ferme car il y a de la paille au sol et je sens l'odeur des déjections animales.
Je suis couchée, recroquevillée dans un coin et un lourd anneau en métal est accroché à ma cheville gauche. Je suis nue, j'ai froid et j'ai faim.
Soudainement la porte de la grange s'ouvre en grand et un homme apparait. Il est grand et musclé. De longs cheveux encadrent ses épaules et il avance rapidement vers moi.
-Tu n'aurais pas dû t'enfuir Isabella ! Tu m'appartiens.
Les yeux de mon geôlier sont noirs et je vois une de ses mains s'approcher et saisir mes cheveux. Il me tire derrière lui et s'arrête au milieu de la pièce. Il attache mes cheveux avec une corde puis me passe un anneau en métal aux poignets et aux chevilles.
Puis il attache de lourdes chaînes aux anneaux et actionne un levier. Je me retrouve suspendue, les membres écartés. La corde qui maintient mes cheveux est balancée au-dessus d'une poutre et l'extrémité est récupérée pour être fixée à un anneau au sol. Je sens mon corps étiré au maximum et mon cuir chevelu souffrir de cette torture.
-Tu aurais mieux fait de t'abstenir Isabella. Je t'avais prévenue la dernière fois ! Je ne veux pas t'entendre.
J'entends un fouet claqué dans la pièce et je sursaute en gémissant.
-Ta gueule ! Tu réfléchiras la prochaine fois. A chaque écart de ta part, je doublerais la punition.
Un grand coup s'abat sur mon épaule. J'arrive à serrer les dents pour ne pas crier quand un autre coup strie mon dos. Le bout du fouet m'englobe pour venir attaquer mon sein.
Je sens les 5 premiers coups avant hurler en me réveillant.
•*´`*•
Je laissai ma main passer sous ma tunique pour toucher la cicatrice qui partait du flanc vers mon sein. C'était l'emplacement exact du coup reçu dans mon rêve.
Mais que m'était-il arrivé dans ma vie d'avant ? Je n'étais plus vraiment sûre de vouloir le découvrir. Je ne me rappelai que de mauvaises choses. Hors de question que je me rendorme. Je me levai en titubant et allumai toutes les lumières. J'approchai de ma chaine stéréo et l'allumai en sélectionnant un CD de mon ancienne vie.
In Flames, choix aléatoire mais tellement vrai. Révélateur de mon état d'esprit. Le rêve que je venais de faire me donnait envie de me jeter dans les flammes. Il était trop tôt pour sortir marcher, la nuit était encore trop noire. Il était également trop tôt pour contacter Alice ou Edward. Je ne voulais pas les déranger.
Après avoir monté le volume au maximum, je me fis couler un café. Etrangement cette musique violente permettait d'effacer la douleur latente. En attendant que mon nouveau breuvage favori soit prêt, je me ruais dans la salle de bain pour me faire couler un bain.
Un flash me parvint et j'eus l'impression de revivre un autre souvenir. Je me vis entrer dans une baignoire remplie d'eau fumante et saisir un boitier étrange. Il s'agissait d'un épilateur et je m'observai en train d'éradiquer tout poil de mon anatomie.
Je filais à la cuisine pour récupérer un mug de café chaud que je déposais au bord de la baignoire puis me dirigeais vers le dressing pour fouiller dans mes anciennes affaires à la recherche de l'appareil que je venais de voir dans mon souvenir. Je criais victoire en dénichant la boîte tant voulue et me dirigeais vers la salle de bain avec l'épilateur à la main.
Avec un plaisir non dissimulé, je me glissais dans l'eau bouillante et me concentrais sur les picotements sur ma peau. Une fois habituée à la chaleur, je relevais une de mes jambes et y déposais l'épilateur en le mettant en marche.
Passé les premières sensations, je ne trouvai pas l'expérience si désagréable et ôtai avec minutie tous les poils de mes jambes, puis de mes aisselles. Je me rappelai ensuite, que mon intimité était remplie de poils. Sans réfléchir, je dirigeai l'appareil à cet endroit. J'avais besoin de voir le haut de mon tatouage.
Je grognai à la sensation. Cet endroit était vraiment douillet. Je pris quand même le temps de tout ôter car une petite voix me rappelait que cette douleur valait mieux que tout le reste. Sans y comprendre quelque chose, je décidai de l'écouter. Je soufflais un bon coup après m'être assurée qu'aucun poil ne subsistait puis avalai une grande gorgée de mon café maintenant tiède.
Je pris mon temps pour savonner et c'est avec un rire victorieux que je me rinçais en observant le jour se lever. J'allais pouvoir sortir. Je saisis mon peignoir et enveloppai mes cheveux dans une serviette tout en me dirigeant vers mon dressing.
Je choisis un pantalon en coton noir et un sweat à capuche. J'attrapais ensuite un débardeur sombre, mes sous-vêtements et mes baskets. En moins de deux minutes, je fus habillée et attachai mes cheveux en un chignon approximatif.
Une fois la porte fermée, je relevai ma capuche et empruntai le chemin menant à la route nationale. Mes hanches étaient maintenant guéries et je pouvais marcher longtemps sans souffrir.
Au fur et à mesure de mon avancée, je ressentis le besoin d'accélérer. Je laissai mon corps faire ce qu'il voulait et me retrouvai à courir à grandes foulées. Une fois sur la grand' route, je pris la direction de Forks. J'accélérai encore le rythme et passai sur un large pont en métal et bois avant de franchir les limites de la ville.
L'air me brulait la gorge et j'étais essoufflée mais quel plaisir. J'avais la sensation d'être libre. Je ralentis pour récupérer mon souffle et savourai la brûlure qui s'étendait dans mes muscles ankylosés.
Il était encore tôt et les rues étaient désertes. Ce calme était plaisant et je flânais devant les vitres des magasins fermés. J'eus un frisson en voyant le reflet d'une camionnette rouge passé sur la vitrine. Je ne savais pas pourquoi mais ce véhicule attisait mes craintes oubliées.
Je restai figée face à ce magasin et veillai à ce que ma capuche recouvre bien mon visage. Je vis ensuite la Chevrolet rouge stopper à l'angle d'une rue et me détournai pour retourner vers la villa Cullen en marchant.
Hors de question d'attirer l'attention sur moi, je tentai de refreiner mes tremblements et inspirai lentement pour contenir ma peur grandissante. Je me retournai brièvement pour voir un Indien descendre de la voiture. Il me fixait les sourcils froncés et avança vers moi.
-Tout va bien Mademoiselle ?
Cette voix... la voix de mes cauchemars. Je la reconnaissais. Cet Indien était celui de mon flash matinal. Ma capuche préservait mon anonymat et je continuai mon avancée pour bifurquer dans une petite rue.
A peine avais-je franchi l'angle du bâtiment que je mis à courir comme si ma vie en dépendait. A cet instant, je regrettai d'être partie sans argent, ni portable. Je tentai un nouveau coup d'œil et aperçus la silhouette de ma terreur.
Je réprimais un cri et traversai la rue pour emprunter une autre allée. Sans réellement faire attention, je me retrouvai à l'entrée de la ville près du pont qui menait chez moi.
L'Indien était toujours derrière moi et me suivait en marchant. Un des avantages d'être grand était qu'il se baladait là où je courrais un marathon. Je n'eus pas le loisir d'aller plus loin car je fonçai dans un mur à force de fixer derrière moi.
Je fermais les yeux et attendis avec anxiété la douleur liée à ma chute mais rien ne vint. A la place deux grands bras me retinrent et je m'accrochais au torse de mon bienfaiteur.
-Bonjour ma Belle !
J'ouvris subitement les yeux en entendant le doux ténor d'Edward. J'étais dans l'incapacité de parler à cause de la peur. Tout en étreignant mon ami, je jetais un coup d'œil en veillant à rester cacher aux yeux de l'Indien.
Il était toujours là mais semblait inspiré par le décor d'une vitrine. Edward releva sa tête et regarda dans la même direction que moi. Il souffla fortement avant de baisser les yeux sur moi, un sourire aux lèvres.
-J'étais venu chercher notre petit déj'. Je te ramène ?
J'hochais la tête doucement avant de le laisser me mener vers une Volvo argentée. Il ouvrit la porte côté passager et m'aida à m'installer avant de me tendre les viennoiseries.
Il ferma la porte puis fit le tour de la voiture tout en fixant l'Indien qui n'avait pas bougé. Une fois assis derrière le volant, il me regarda en souriant.
-Tout va bien ?
-Non… J'ai eu peur.
-Tu me raconteras tout ça une fois au cottage.
Sans vérifier ses rétroviseurs, il démarra et prit la direction de la villa.
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Alors… Qu'en dites-vous ? Et la presque rencontre avec l'indien ? Bonne semaine et à mardi prochaine pour la suite.
