Bonjour à tous,
Me voilà de retour pour un nouveau chapitre. Nous allons voir une Bella qui s'affirme mais est-ce que cela va plaire à Edward qui finalement aime bien la version amnésique de la brunette… Je vous laisse découvrir tout ça !
Bonne lecture.
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Chapitre 7
POV Bella
Mon dernier cauchemar avait été le plus violent depuis mon réveil à l'Hôpital après mon accident – ou plutôt devrais-je dire agression. Toutefois, il différait des précédents car je ne m'en souvenais pas. Après avoir vu la tête des Cullen à mon réveil, je fus persuadée que mon rêve n'était qu'une version hard de ma dernière terreur.
Après quelques instants, j'avais réussi à reprendre mon souffle et mon calme. Le cauchemar avait dû être terriblement réaliste car j'avais déchiré les draps et frappé Emmett avec mon pied. Ma cheville était brisée et Edward fut obligé de m'emmener à l'hôpital pour me faire poser un plâtre.
Je n'arrivais toujours pas à comprendre comme cela avait pu se produire. Il était, certes, costaud mais de là à résister à un coup de pied sans avoir un seul petit bleu. Je tentais de ne pas trop y réfléchir car j'avais d'autres choses plus importantes en tête.
En allant à Forks pour mon plâtre, nous avions croisé un Indien ressemblant trait pour trait à celui de mes rêves et j'en fus quitte pour une crise de panique énorme. Edward avait dû s'arrêter pour me rassurer et me consoler. Son père était revenu de voyage peu de temps après et avait dit que je n'aurais plus à aller en ville. Il me promit de s'occuper de mon cas – médicalement parlant – à la maison. Il m'avait prescrit des somnifères pour un temps afin que je puisse me reposer sans cauchemarder.
J'étais retournée au cottage mais ne vivais jamais vraiment seule. Edward était là quasiment tout le temps et lorsqu'il devait partir, il était remplacé par son frère ou sa sœur. Rosalie venait souvent avec moi, accompagnée d'Emmett, mais Jasper semblait vraiment trop occuper pour venir et je ne lui en tenais pas rigueur. J'avais déjà suffisamment l'impression de les empêcher de vivre.
Depuis ce fameux rêve, des images de Seattle s'imposaient à moi et j'espérais secrètement y aller. Mais je n'arrivais pas à le demander à mes amis, j'avais tellement peur de les déranger. L'occasion se présenta d'elle-même lorsqu'Edward m'informa qu'il devait se rendre à un récital à Seattle.
-Que dirais-tu d'aller te balader à Seattle ?
-Je dirais que c'est une très bonne idée. Pourquoi veux-tu y aller ?
-J'ai un récital prévu un soir. Je me disais que nous pourrions y aller ensemble et dormir chez toi. Ça pourrait être pas mal pour une première approche.
-Et si mon appartement déclenche un nouveau cauchemar ?
-Alors nous irons à l'hôtel ! J'en connais un parfait. Tu es d'accord ?
-Je te suis Edward. Quand partons-nous ?
-Demain. Il va falloir que nous te trouvions une belle robe.
-J'ai tout ce qu'il faut dans mon dressing ! J'ai plein d'habits de ma vie d'avant que je n'avais encore jamais envisagé de mettre. Voilà l'occasion de les sortir.
-Alice ou Rosalie pourraient t'aider si tu veux.
-Non, ne t'inquiète pas. Je vais essayer de me préparer seule. J'en ai un peu marre d'être assistée.
Ses épaules s'agitèrent sous son rire et je sentis mes entrailles suivre le mouvement. Je ressentais des choses que je n'arrivais pas à nommer, c'était frustrant.
Je passai un temps phénoménal devant mon dressing sans savoir quoi mettre pour ce genre de soirée. Il m'avait parlé de robe, je décidai donc de me diriger vers le fond de la pièce pour atteindre les tenues noires sous housse qui attendaient de servir.
Après avoir ouvert quasiment toutes les protections, je choisis de prendre une robe noire recouverte de strass. J'avais l'impression d'y voir la nuit étoilée. Elle ne comportait pas de manches et le haut se fermait à l'arrière du coup. Elle était plus qu'ajustée mais ne laissait apparaître ni mon dos, ni mon décolleté. Parfaite pour une première. Le tube de la robe frôlait le sol et m'obligeait à porter des talons. Une fente remontant jusqu'au genou droit dévoilait mes jambes.
Après avoir choisi des escarpins noirs au bout pointu recouverts de strass, je sélectionnai des sous-vêtements noirs. Je choisis une guêpière sans bretelle, en dentelle noire, et le shorty assorti. J'ajoutai une paire de bas dans mon sac ainsi qu'une étole noire brodée de fil d'argent.
Je terminai la préparation de mon bagage en choisissant des vêtements de rechange pour le lendemain, du maquillage et mon nécessaire à coiffure. Bien qu'appréhendant cette expédition, j'étais pressée de découvrir ma ville et d'écouter Edward jouer du piano.
Un bref coup à la porte m'annonça l'arrivée de mon chauffeur-pianiste-trop-craquant. En ouvrant, je le découvris dissimulé derrière une énorme boîte blanche.
-Prête ?
-Plus que jamais. C'est quoi ça ?
-Un petit cadeau pour toi.
Il ouvrit la boîte et je fus surprise de découvrir un vêtement sous le papier de soie. Il s'agissait d'un manteau en taffetas noir brodé sur toute la longueur.
-Il est magnifique Edward !
-Il te plait alors...
-Il est parfait. Tu n'étais pas obligé.
-Je sais, mais j'avais envie. Viens nous devons partir si nous voulons avoir le temps de nous préparer sur place.
J'opinai sans quitter la boîte des yeux et le laissai prendre ma valise pour la placer dans le coffre d'un BMW X6 aux vitres teintées. Avec beaucoup de galanterie, il m'aida à m'installer et s'assura de fermer le cottage avant de me rejoindre. Il démarra la voiture puis emprunta l'allée pour rejoindre la route nationale. Une question me brûlait les lèvres et je pris mon courage à deux mains pour la poser.
-Tu as combien de voitures ?
-Nous en avons beaucoup. En fait, nous nous les prêtons. Par contre celle-là n'est pas à moi.
-Ah bon ? Qui la conduit habituellement ?
-Toi.
-Pardon ?
-Oui, cette voiture est la tienne.
-Tu déconnes là…
-Non pas du tout. Regarde dans le vide-poche devant toi. Tu y trouveras les papiers.
J'ouvris la trappe et attrapai la pochette. Je fus choquée de voir mon nom apparaître sur la carte grise de la voiture et sur l'attestation d'assurance.
-A quoi pourrait bien me servir un véhicule aussi gros ? Je suis toute seule.
-Il est très sécurisant. En plus, quand on a les moyens, autant se faire plaisir.
-Tu es en train de me dire que j'ai beaucoup d'argent.
-Encore plus que tu peux l'imaginer. Pour le moment, c'est ton avocat qui gère tes comptes en attendant ton rétablissement.
-Mon… avocat ?
Ma voix venait de grimper d'au moins deux octaves. Je n'arrivai pas à croire ce qu'Edward me disait. J'étais riche et c'est un avocat qui gérait mes biens. Mais quel genre de vie avais-je avant ? J'avais instantanément un bon millier de questions me venant à l'esprit.
-Tu sais comment j'ai réussi à avoir autant d'argent ?
-Non, même Alice ne connait pas cette information.
-Quel est mon métier Edward ?
-Tu es patronne d'un club. C'est tout ce que je peux te dire pour le moment. Il va falloir que tu attendes que ta mémoire retrouve l'information pour en découvrir plus.
J'avais déjà essayé de lui soutirer plus de détails mais il semblait insensible à mes différentes attaques. Je décidai donc de bougonner dans mon coin tout en notant que cette –ma- voiture était très confortable. Edward eut la présence d'esprit de me laisser tranquille.
Malgré la fréquentation de l'autoroute, mon chauffeur se faufila avec aisance entre les différents véhicules présents. Je ne prêtai même pas à la vitesse à laquelle il roulait, j'étais juste bien. Juste avant d'arriver à Kingston, un bouchon se forma et sans en comprendre la raison, je sentis des picotements se répandre dans mes jambes et dans mes bras. Je commençai à m'agiter sur mon siège quand je sentis le regard d'Edward sur moi.
-Ça va Bella ?
-Non… Je ne sais pas pourquoi mais j'ai des fourmis partout. Ça m'énerve au plus haut point.
Il rit doucement avant de continuer.
-Cela s'appelle l'impatience ma Belle. Je pense que tu as gardé ça dans ta mémoire inconsciente.
-Tu crois ?
-J'en suis même sûr. Tu n'aurais pas une voiture aussi puissante si tu préférais rouler doucement.
-Ça ne veut rien dire ça Edward.
-Si ça a beaucoup de sens. Sais-tu à combien nous avons roulé ?
-Aucune idée.
-Sauf quand il y avait trop de monde, mon pied n'a pas quitté l'accélérateur et nous avons roulé à 170 km/h.
-C'est censé me faire peur ?
-Pas du tout. Ça pourra juste te confirmer que tu n'as pas peur de la vitesse.
Je ne compris pas grand-chose à son explication et préférai retourner à ma contemplation de la ville dans laquelle nous nous trouvions. Edward s'arrêta au bord du port de Kingston et se justifia devant mon froncement de sourcils.
-Nous allons prendre le ferry jusqu'à Edmonds. Ensuite, nous n'aurons plus qu'à descendre vers Seattle. C'est plus rapide que d'aller jusqu'au pont. Je vais acheter notre place sur le ferry. Tu veux venir avec moi ?
-Non, je t'attends ici.
Il se pencha doucement pour m'embrasser la joue et sortit en souriant. Je devais ressembler à une petite fille dans un parc à thèmes. Je m'émerveillais de tout et ressentais le besoin de crier. Je devenais comme Alice… merde ! Edward revint dans la voiture dix minutes plus tard avec un billet à la main.
-Nous avons de la chance, il y en a un qui part bientôt. Tu es prête à voguer sur les flots.
-Euh… Joker ! Je te suis, on verra bien. Si je suis malade, ça sera de ta faute.
Je n'avais pas pensé que nous pourrions prendre le bateau et sans savoir pourquoi, cette information me faisait flipper.
-Ne t'inquiète pas, il n'y a quasiment pas de houle aujourd'hui. La traversée sera calme.
-Mouais, je suis pas convaincue.
Il emprunta une passerelle menant à l'intérieur du bateau et suivit un homme vêtu de jaune pour se garer. Incrédule, j'observai Edward sortir de la voiture, la contourner et ouvrir ma porte en tendant la main.
-C'est pourquoi ?
-Tu ne vas pas rester enfermée pendant la traversée. Tu seras mieux sur le pont.
-Il va y avoir du monde.
Mes excuses étaient pitoyables mais je ne savais pas comment gérer cette nouvelle situation. Il s'approcha de moi et m'obligea à pivoter pour que mes jambes soient vers l'extérieur. Il se place au milieu et posa ses mains sur mes épaules. J'eus chaud en une fraction de seconde et me retrouvai attirée par ses lèvres sans comprendre. Il continua la discussion en chuchotant.
-Je te protégerais. Personne ne t'approchera. Je te le promets.
Il tendit les mains et je les attrapai pour descendre de mon siège. Sans me lâcher, il referma la voiture et me dirigea vers un escalier menant à l'extérieur. Il y avait peu de monde pour le moment. Ma main devint moite en quelques secondes et j'eus la gorge sèche.
Nous étions à l'avant du ferry et je m'accrochais fermement à la rambarde en tentant de calmer mon rythme cardiaque. Mon comportement était digne d'une attaque de panique mais je ne comprenais pas pourquoi. J'aperçus rapidement les deux mains d'Edward se positionner de part et d'autre de moi et je sentis son corps serrer le mien pour me maintenir.
-Détends-toi ma belle. Tout va bien se passer. Cale-toi sur ma respiration.
Je fermai les yeux et suivis son conseil en l'écoutant inspirer à côté de mon oreille. Au bout de quelques minutes, mon stupide cœur se calma et j'eus l'impression de me retrouver dans un cocon. Je me laissai aller contre Edward et déplaçai mes mains pour les poser sur les siennes.
Plus un mot ne fut prononcé et je cherchai à trouver le nom des sensations qui se battaient dans mon corps. Un coup de corne de brume me fit violemment sursauter et flingua tout ce que je venais de faire pour me calmer.
-Nous partons ma belle. Tout va bien.
J'étais heureuse d'être à ses côtés pour franchir cette nouvelle étape dans mon apprentissage. J'avais vraiment une impression de calme et de sérénité à ses côtés. Il saisit mes épaules pour me faire retourner et je sentis la barrière dans mon dos. Je lui fis face et il me demanda de le regarder. Je m'aperçus que le pont était maintenant rempli. Je refermai mes yeux et posai ma tête contre son torse. Je sentis son menton reposer dans mes cheveux mais aucun mot ne fut prononcé. Mon esprit divagua quelques instants et j'eus l'impression dans un roman de Jane Austen. Tout semblait si simple à cette époque…
-Bella ?
Je sursautai à son appel et ouvris les yeux pour me plonger dans son regard doré.
-Nous devons rejoindre la voiture. Nous allons arriver.
Finalement la traversée avait été beaucoup plus rapide que ce que je pensais et j'en étais heureuse. Sans lâcher la main d'Edward, je le suivis dans les entrailles du ferry pour remonter dans le X6 maintenant familier pour moi.
Quelques minutes après, j'entendis les moteurs du navire se stopper et les hommes en jaunes courir dans les travées. Lorsque notre tour arriva, Edward manœuvra pour sortir du bateau avant de reprendre la route sans s'arrêter. J'avais maintenant envie d'arriver chez moi. Dès notre sortie de la ville, il reprit son rythme de croisière soutenu. La seule différence avec le début du voyage fut que maintenant, il me tenait la main en traçant des ronds sur ma peau avec son pouce.
Il profita de ce trajet pour m'expliquer que je possédais un grand appartement dans le nord de Seattle. Il ne l'avait jamais vu et je ne pus que me dire que nous allions le découvrir ensemble…Nous franchîmes les portes de la ville en tout début d'après-midi, ce qui nous laissait le temps de nous reposer un peu avant de rejoindre le cœur de la cité.
Edward allait donner son récital en plein centre de la ville, au Paramount Théâtre. Le programme stipulait qu'un cocktail dinatoire se déroulerait à la fin du concert, nous n'avions donc pas besoin de manger avant d'y aller.
Je fus surprise de nous sentir ralentir devant un immeuble au ton ocre. "Villa Appia" était écrit sur une plaque de marbre à l'entrée. A l'opposé de l'entrée se trouvait un accès pour le parking souterrain et nous nous y engageâmes doucement. Il sortit un boitier pour ouvrir la porte du garage et redémarra doucement.
-Ça te rappelle quelque chose ?
-Oui, c'est vaguement familier.
J'observai les places de parking pour la plupart désertent à cette heure de la journée et nous nous dirigeâmes vers la gauche en utilisa une rampe d'accès menant au deuxième sous-sol. A ce niveau, les emplacements changèrent pour devenir des box plus ou moins importants.
Notre voiture stoppa devant une porte de garage noire entourée d'un mur très épais. Un boîtier clignotait de sa lumière rouge en attendant les codes d'ouverture. Edward sortit une carte magnétique en me la donnant.
-J'espère que tu vas te souvenir du code car je ne le connais pas.
-Eh bien, nous allons essayer tout de suite.
J'attrapai la carte pour sortir de la voiture et me plantai devant le fameux boitier. Sans réfléchir, je l'insérai à sa place et laissai mes doigts composer un code. Je fus surprise de voir le plafonnier s'allumer et la porte basculer. Je regardai Edward avec un sourire victorieux et entrai dans mon garage pour le laisser garer la voiture.
J'entrai de plein fouet dans le monde qui semblait être le mien et je fus ébahie de voir que je possédais autant, voire plus, de voitures que les Cullen. Edward me rejoint rapidement en sifflant, tout en bavant devant une Lamborghini rouge.
-Si tu veux, tu pourras la conduire Edward.
-Avec plaisir ! Bon, il faut qu'on monte jusqu'à chez toi maintenant.
Sans répondre, je lui indiquai le fond de la pièce. Il saisit nos valises et me suivit pour s'arrêter devant les portes d'un ascenseur personnel. Je n'avais pas clairement conscience de tout ça mais tout me revenait au moment où j'en avais besoin… Enfin pour le fonctionnement de mon appartement… Pour le reste, tout était noir.
Une fois à l'intérieur, j'appuyai sur le bouton "Terrasse" et après quelques minutes d'ascension sous une douce musique, les portes s'ouvrirent sur un palier bien éclairé. Les murs étaient faits d'un coffrage bois doré et de tentures murales claires. Le sol était en marbre beige et un énorme tapis réchauffait l'espace. Un puits de lumière amenait une chaude clarté qui permettait aux plantes de s'épanouir.
Une seule double porte se trouvait à ce palier, j'y découvris également un boitier comme au sous-sol et m'en approchai pour refaire la même opération. Edward me tendit une grosse clé au dessin bizarre et je l'insérai dans la serrure puis composai le code. Un bip discret se fit entendre et j'ouvris la porte en inspirant pour découvrir les odeurs du lieu. Edward resta en retrait et me suivit discrètement.
Mon appartement se trouvait au dernier étage du bâtiment et couvrait toute la surface. Je n'avais aucun voisin, bizarrement cela me soulagea. Le sol de l'appartement était fait du même marbre que sur le palier. Les murs du sas d'entrée étaient peints dans un gris clair et les meubles étaient en fer forgé blanc.
J'ôtai mes chaussures et fus surprise de découvrir que le sol était chaud. Pourquoi le chauffage fonctionnait-il lorsque je n'étais pas là depuis un moment ? En continuant mon avancée, je découvris une immense pièce de vie. Sur la droite se trouvait une belle cuisine avec un îlot digne d'un grand restaurant gastronomique et sur la gauche plusieurs canapés tournés vers un écran géant. Au milieu de la pièce se trouvait une table entourée d'une bonne douzaine de fauteuils. En son centre trônait un énorme vase et un bouquet de roses rouge. Qui avait placé ces fleurs fraîches ici ?
Les murs étaient plus clairs ici et tiraient vers le taupe. Les meubles, eux, étaient beiges dans le salon, gris dans la salle à manger et presque noir dans la cuisine. Sur la gauche, un petit couloir menait vers trois pièces et je m'empressai d'ouvrir les portes pour regarder. La première était une bibliothèque avec deux énormes fauteuils en cuir. Il y avait aussi un bureau avec un ordinateur, un bar et une table de billard. La deuxième pièce était une salle de sports et la dernière était une chambre où le sol était fait d'un parquet presque blanc avec un grand lit à baldaquin et une salle de bain blanche.
Une fois revenue dans la pièce centrale, je me dirigeais vers le couloir de droite où se trouvaient deux portes. La première menait à une chambre au parquet foncé. Il y avait aussi un grand lit à baldaquin d'au moins deux mètres de large. Le bois des meubles était quasiment rouge et bizarrement, je m'y sentais bien, à ma place. Derrière le lit, je trouvai une porte menant à mon dressing et à ma salle de bain.
Les armoires étaient emplies de fringues noires et tout était classé. Les chemises puis les pantalons, les T-shirts et top, les jupes et robes, les vestes et manteaux, les sacs, les chaussures et bottes et pour finir de grands tiroirs avec beaucoup mais alors énormément de lingerie. Et le pire de tout ça, c'est qu'Alice avait pris des vêtements pour Forks … Waouh !
La salle de bain était faite dans un marbre sablé et je découvris une baignoire digne d'une piscine, une douche pour au moins cinq personnes et un sauna. Edward était toujours derrière moi et me regardait avec fascination.
-Tu as vraiment beaucoup de goût dans la déco, Bella. Ton appartement est magnifique.
Pour la première fois depuis longtemps, je me mis à rougir en baissant les yeux. Ses compliments me touchaient beaucoup trop. Je décidai de changer de sujet pour masquer mon inconfort.
-Allez viens, on va voir la dernière pièce !
Comme dans tout le reste de l'appartement, la porte était ouvragée et la poignée ressemblait à un bec de canne en or. En ouvrant, je fus surprise de découvrir un boudoir sans fenêtre et une porte noire. Un ensemble de canapés et fauteuils meublait la salle. Ils étaient faits d'un bois clair et le tissu des assises, accoudoirs et dossiers était rouge sang. Le sol était le même que dans ma chambre et contrastait habilement avec la décoration. Un porte-manteau en fer forgé attendant dans un coin et un miroir sur pied lui faisait face. Les murs étaient faits d'une tenture de la même couleur que les sièges et des tableaux étaient disposés tel un chemin de croix.
Chaque toile semblait représenter des corps enlacés dans des positions plus qu'exotiques. Seuls deux des six tableaux ne comportaient que deux participants. Sur le reste, on pouvait découvrir un plus grand nombre de corps. Les membres et les troncs n'étaient que des ébauches mais les visages étaient détaillés et démontraient tous une concentration intense ainsi qu'autre chose que je n'arrivais pas à nommer. J'avais l'impression de bouillir en regardant ces représentations. J'allais devoir me documenter sur tout ça lorsque je me retrouverais seule. Je jaugeais discrètement Edward pour découvrir son ressenti. Je fus surprise de voir son regard affamé. Mon ventre sembla bouillir encore un peu plus, c'était à n'y rien comprendre.
Je saisis la poignée et ouvris la porte noire en grand. Avant de détailler la pièce, je fus assaillie par une odeur assez forte, sucrée et épicée. De l'encens devait être brulé régulièrement ici. Je jetai un coup d'œil rapide à la pièce et fus surprise par ce que j'y vis. Le sol était aussi noir que l'entrée et les murs étaient faits d'un coffrage bois sombre pour moitié et d'une peinture ivoire sur la partie supérieure jusqu'au plafond. Comme dans la pièce précédente, il y avait plusieurs fauteuils disséminés dans la pièce. Certains étaient alignés contre le mur et d'autres occupaient l'espace.
Un grand lit à baldaquin en fer forgé trônait au milieu de la pièce et des menottes, ainsi que des cordages et des foulards étaient suspendues aux montants ainsi qu'à la tête. C'est quoi ce bordel ?
Plusieurs armoires étaient disposées sur les murs à droite et à gauche. Une énorme croix en X était posée dans un coin de la pièce et plusieurs crochets pendaient du plafond en bois. Mes yeux sautaient d'objet en objet et ma respiration se fit haletante. Sans m'en rendre compte, je cherchai à me stabiliser en me retenant à l'une des colonnes du lit.
Etrangement, je n'avais pas peur de tout ce que je découvrais. J'étais plutôt dans l'expectative. J'avais envie d'être dans cette pièce. C'était à n'y rien comprendre. Je me retournai pour observer Edward. Il me sembla beaucoup plus sombre qu'à notre entrée. Soudain, j'eus peur de lui poser la question…
-Edward, ça va ?
-…
-Edward ?
Ses poings venaient de se serrer brutalement et sa mâchoire se crispa mais il resta silencieux. Un éclat de fureur brilla dans le fond de son regard. Je fis quelques pas pour le rejoindre et je tentai de lui toucher le bras mais il recula en grondant. Mon cœur se serra devant son rejet et je restai interdite devant cette situation.
-Pourquoi réagis-tu comme ça ?
Et là… il explosa …
-Et tu oses me poser la question Isabella ! Sais-tu ce qu'on fait de ce genre de pièce ?
Sa fureur m'effrayait et je ne comprenais pas ce qu'il voulait me dire. A quoi pouvait bien servir cette pièce, à dormir ? Je n'osai même pas poser la question.
-Réponds-moi immédiatement Isabella ! Sais-tu ce que l'on fait ici ?
Son ordre tomba au fond de mon ventre et je me sentis essoufflée sans avoir couru. Il posa ses mains sur mes épaules en me secouant pour m'obliger à répondre.
-Réponds-moi Isabella, je ne le répéterais pas !
Un déclic se fit en moi et ma peur se mua en rage en quelques secondes. Je ne savais toujours pas ce qu'on pouvait faire dans cette pièce mais je refusais d'être malmenée de cette façon.
-Lâche-moi.
Mon ton était devenu sec, cassant, froid… Edward s'arrêta quelques secondes mais ne retira pas ses mains. Mais que m'arrive-t-il ?
-Retire tes sales pattes de moi.
Sans réfléchir, je fis un moulinet avec mes bras pour me libérer de son emprise et reculai pour me cacher derrière le lit. Je ne comprenais pas sa réaction et encore moins la mienne. Sa façon de m'appeler par mon prénom entier me faisait frissonner de terreur et son regard était devenu froid et réactivait mes cauchemars.
Il avança doucement vers moi en gardant ses mains en avant paume vers le haut, comme un signe de reddition. Je n'étais toutefois pas prête à pardonner et reculai au même rythme. Je n'avais absolument pas envie de me justifier sur une partie de ma vie d'avant.
-Sors. D'ici. Immédiatement !
Ma voix ressemblait à un fouet et vibrait d'une haine inconnue. Je ne comprenais plus ce que je disais, tout venait comme si c'était une autre personne qui parlait.
-Je n'appartiens plus à personne. Tu as compris crevure ? Dégage de chez moi tout de suite avant que je te tue.
-Bella… S'il te plait excuse-moi de m'être emporté. Laisse-moi rester avec toi.
-Tu travailles pour eux ?
-Mais…de quoi parles-tu Bella ?
-Il n'y a qu'eux qui m'appelaient Isabella …
-Bella, s'il te plait arrête. C'est ton prénom… C'est pour ça que je l'ai utilisé, ce n'est pas pour te rappeler quoi que ce soit.
J'étais partagée entre deux sentiments plus qu'ambigus. Devais-je le haïr ou lui faire confiance ? Il dut voir mon interrogation et en profita pour me rejoindre derrière le lit. Il ne me toucha pas mais avança sa main près de mon visage. Je reculai encore pour être sûre qu'il ne me touche pas.
-Bella, je suis désolé d'avoir réagi de cette manière. Tu avais une vie bien différente avant ton accident. Même en le sachant, j'ai du mal à me contenir en découvrant cette pièce.
Son explication n'était que du charabia pour moi. Je fronçai les sourcils pour l'encourager à continuer.
-Je ne savais pas que tu avais ce genre de pièce ici. Je ne m'y sens pas à l'aise.
-Pourquoi ?
Ma voix venait de se transformer en un chuchotis et j'inclinai ma tête pour atteindre sa main. Mon accès de colère venait de se dissiper d'un seul coup.
-Je vais t'expliquer, mais pas ici.
-Je me sens bien ici, Edward. Etrangement, je m'y sens en sécurité. Ça ne m'ait pas arrivé depuis mon réveil à l'hôpital. Je suis perdue, je ne comprends pas mes réactions.
Je sentis une énorme boule se former dans le fond de ma gorge et de grosses larmes perlèrent à mes yeux. Tout mon corps était en contradiction. Sa main sur ma joue m'apaisait et son pouce écrasait vaillamment mes larmes. Il m'attira brusquement à lui pour m'étreindre et resta dans cette position pendant quelques minutes.
Mes sanglots se calmèrent instantanément et je pris mon courage à deux mains pour le regarder dans les yeux. Il semblait plus calme mais un fond de colère traînait toujours. Sans me lâcher, il se dirigea vers la baie vitrée qui était recouverte d'un voilage beige et désigna une ottomane de la même couleur que les autres sièges.
Il s'installa contre le dossier et m'attira à lui pour que je m'asseye. Sans le lâcher, je me positionnai à l'autre bout du sofa. J'avais besoin d'espace pour garder mon esprit clair.
-Edward, à quoi sert ce genre de pièce ?
-Ça s'appelle une Play Room. C'est un lieu où les adultes consentants s'adonnent à des pratiques sexuelles particulières. C'est un endroit où tu ordonnes à des personnes ce qu'ils doivent ressentir.
-Euh… ça veut dire quoi ?
-Je ne peux pas t'en dire plus car je ne connais pas ce milieu.
-Pourquoi étais-tu énervé tout à l'heure ?
-Je… Tu… je ne comprends pas ce mode de vie.
-Comment se fait-il que tu sois aussi obtus sur ce point alors que tu as l'esprit ouvert généralement ?
-Je n'arrive pas à l'expliquer, désolé.
Je ne savais plus quoi dire. D'une façon subtile, il venait de m'expliquer que j'avais des activités sexuelles particulières avant mon amnésie. Impossible de savoir si je devais me réjouir ou pas. Son attitude m'avait blessée bien plus que je ne voulais le croire.
-Il faut que je réfléchisse à tout ça Edward. Je ne sais plus quoi penser.
-Est-ce que tu veux dormir un peu avant ce soir ?
-Je ne sais pas si je vais venir avec toi.
-Non, s'il te plait, ne me laisse pas. Je voudrais tellement te faire découvrir mon univers.
-Imagine que je réagisse comme toi ? Tu feras quoi ?
Je n'avais pas pu m'empêcher de lui dire. Il recula comme si je l'avais giflé et ouvrit plusieurs fois la bouche sans parler avant de se décider.
-Je suis vraiment désolé de mon comportement. Esmé va être furieuse si elle l'apprend.
-Je vais aller faire une sieste et nous aviserons de ma venue à mon réveil. Tu peux te servir de la chambre beige si tu le souhaites.
Je me levai sans attendre de réponse. Je ne savais plus quoi penser et me surpris à espérer ne jamais retrouver la mémoire. J'entrai dans ma chambre en ôtant mes chaussures et me jetai sur le lit sans me déshabiller. J'avais vraiment besoin de dormir un peu. J'entendis la porte de la Play Room se refermer puis ce fut le silence et je sombrais aux limites de ma conscience.
Je me réveillai en sursaut en entendant un cri pour ce qui me parut être une bagarre dans le salon. J'essayai de me concentrer pour décrypter la discussion animée qui se déroulait à côté de moi.
-Qui êtes-vous ?
-Je suis Edward Cullen.
- Que faites-vous ici ?
-En quoi ça vous regarde ? Qui êtes-vous vous ?
-Je suis la gouvernante de Madame Swan, Grace.
Quelqu'un qui me connaissait réellement se trouvait ici. Je me levai d'un bond en tanguant et courus dans le salon pour me retrouver face à un Edward de très mauvais poil et à une petite bonne femme en tailleur noir.
Elle était aussi grande que moi et avait des cheveux noirs relevés en un chignon strict. Elle ne portait aucun maquillage et des chaussures sans talon assorties à sa tenue. Elle aussi semblait en colère et toisait Edward en gardant les poings sur les hanches.
Lorsqu'elle entendit mes pas, elle se tourna vers moi et changea du tout au tout. Un énorme sourire se dessina sur ses lèvres ainsi qu'une sorte d'apaisement. Ses poings se desserrèrent et ses mains se croisèrent devant elle. Ensuite, elle fit un pas vers moi et baissa la tête pour fixer le sol.
-Bonjour Madame. Je suis heureuse de votre retour.
Je fus surprise de sa réaction mais la masquai.
-Bonjour Grace.
-Je ne savais pas que vous reveniez aujourd'hui. Je m'étais absentée pour faire quelques courses. Avez-vous besoin de quelque chose ?
-Grace, stop ! Savez-vous ce qu'il m'est arrivé ?
-Mademoiselle Alice m'a dit que vous aviez eu un souci de santé. Elle ne m'a rien dit de plus, alors j'ai continué à venir pour m'occuper de votre appartement Madame.
-Vous avez bien fait Grace.
Je ne savais absolument pas comment me comporter face à elle. Pourquoi ne voulait-elle pas me regarder ?
-Dois-je préparer la chambre d'amis pour Monsieur Cullen ?
-Oui mais je dois vous parler avant Grace. Asseyez-vous je vous prie.
Elle ouvrit de grands yeux effarés et sembla craindre quelque chose. Je jugeai utile de la rassurer.
-Je ne vais pas vous virer. J'ai besoin de votre aide.
-Bien. Désirez-vous boire un café Madame ?
-Oui. Ramenez-en pour nous trois.
Elle se détourna immédiatement et nous nous installâmes. Je me mis tout naturellement en bout de table et Edward s'installa à ma droite.
-Tu as réussi à te reposer ?
-Oui Edward.
-Tu m'en veux ?
-Oui…
-Je suis désolé.
-Nous en reparlerons quand nous serons seuls.
J'avais été sèche dans ma réponse, plus que je ne le souhaitais mais j'avais d'autres choses à gérer. Grace revint rapidement avec un plateau rempli de tasses, d'une carafe fumante et de petits gâteaux. Elle nous servit puis se positionna à ma gauche en restant debout.
-Grace, asseyez-vous…
-Je ne voudrais pas vous déranger, Madame.
Une autre vague de colère me tordit les tripes et je la laissai s'exprimer face à cette personne qui connaissait mon passé, mes habitudes et qui allait pouvoir m'aider sans aucun doute.
-Assis ! Tout de suite ! Je ne vais pas vous manger.
Elle blanchit instantanément et s'installa en fixant ses doigts. J'eus l'impression qu'elle avait peur de moi. Etais-je un monstre avant ? J'inspirai un grand coup pour me donner du courage puis expliquai la situation.
-J'ai eu un accident et me suis retrouvée à l'hôpital dans le coma. A mon réveil, je n'ai pu que constater mes blessures. Le seul hic, c'est que je ne me souviens de rien.
-Doux Jésus ! Je suis désolée Madame. Je pensais que vous étiez partie en cure. Si j'avais su, je serais venue vous voir. Être seule ne vous réussissait pas avant.
-C'est toujours le cas, Grace. Pouvez-vous me donner plus d'informations sur ma vie ?
-Non malheureusement. Vous êtes très discrète. Je sais juste que vous êtes patronne d'un club. Vous ne ramenez personne ici, enfin pas quand je suis là.
-Quelles sont vos attributions ?
-Je m'occupe de l'entretien de l'appartement. Je gère le planning de toutes les personnes que vous employez à la Villa Appia.
-Quelles sont ces personnes ?
-Il y a un fleuriste qui passe tous les deux jours pour fleurir votre intérieur, un technicien vient une fois par mois pour nettoyer la piscine et un mécanicien vient entretenir vos voitures régulièrement.
J'avais une piscine ? Où ? Je ne l'avais pas vue…J'avais vraiment beaucoup d'argent, je n'en revenais pas. Une dernière question me taraudait et c'est en rougissant que je la posais.
-Qui entretient la Play Room ?
-Moi Madame. J'ai signé un contrat de confidentialité.
-Y vais-je souvent ?
-Je ne sais pas Madame. Je pense que vous devriez parler à Monsieur Santi.
Encore ce prénom… Edward m'avait dit que je l'avais mentionné lors de mon dernier cauchemar. Je jetais un coup d'œil discret à mon voisin. Il m'observait la mine sévère. Je ne savais plus quoi faire. Il dut voir ma peur car se décida à parler.
-Grace, pour votre information, Mademoiselle Alice est ma sœur.
-Oh… Elle m'a beaucoup parlé de vous. Je suis enchantée de vous rencontrer.
-Pouvez-vous contacter Monsieur Santi pour lui demander de venir demain ?
-Si Madame le souhaite, bien sûr.
Elle me demandait subtilement l'autorisation.
-Oui Grace, contactez-le. Par contre, ne lui dites pas ce que je viens de vous dire.
-Bien Madame. Autre chose ?
-Non, je n'aurais plus besoin de vous aujourd'hui. Nous sortons ce soir. Proposez un rendez-vous à Monsieur Santi vers 11h. Peut-être pourrions-nous manger avec lui à midi.
-Je vous communiquerai sa réponse. Puis-je avoir votre nouveau numéro ?
-Je n'ai plus de portable Grace.
-Oh… Je vous laisserai un message à côté du téléphone.
-Merci Grace.
Je me levai sans plus de cérémonie et retournai dans ma chambre. Un bref coup à la porte m'informa qu'Edward voulait entrer.
-Oui !
Je tournai en rond dans la pièce, sans savoir quoi lui dire, ni si je devais lui pardonner ses dernières paroles. Il traversa la pièce pour me rejoindre et posa ses mains sur mes bras. Je me tendis immédiatement.
-Je suis désolé Bella.
Je restai silencieuse face à son supplice. Je n'étais pas encore sûre de lui pardonner son comportement.
-Je t'en prie parle-moi. Je ne pensais pas ce que je t'ai dit. J'ai juste pris peur devant l'inconnu.
-Refais-moi un truc dans le genre une fois Edward et je t'interdis de m'approcher. Compris ?
-Oui. Tu me crois quand je te dis que je suis désolé ?
-Je dois encore y réfléchir. Nous devons nous préparer me semble-t-il… A notre retour, il faudra que tu m'expliques pourquoi tu sembles en colère dès que je parle à Grace ou lorsque je mentionne le nom de Santi.
Je n'avais pas vraiment envie de sortir mais j'avais promis à Edward et bien que nous ayons eu une prise de bec, je ne pouvais me résoudre à le laisser seul. Il m'embrassa le front avant de sortir pour rejoindre l'autre chambre. La porte s'ouvrit doucement et je fus surprise de découvrir Grace.
-Madame, je peux vous parler en privé quelques secondes ?
-Oui bien sûr Grace. Entrez.
Elle se hâta d'entrer puis referma la porte doucement.
-Que se passe-t-il Grace ?
-Je m'inquiète pour vous Madame. Ce Monsieur Edward avait l'air en colère…
-Il semblerait qu'il n'ait pas aimé la Play Room, Grace.
-Je pourrais demander à Logan de venir. Il vous protégerait.
Ah… C'est qui ce Logan ? Putain, j'en ai marre de ne pas me souvenir…
-Merci mais ça devrait aller. Autre chose ?
-Vous souvenez-vous de moi ?
-Pas du tout, désolée. Est-ce que je me comporte bien avec vous Grace ?
-Toujours Madame. Je suis juste surprise de vous entendre me vouvoyer.
Oups loupé !
Je restai assise face à elle, le temps de digérer cette information. Elle semblait vraiment proche de moi malgré le fait qu'elle soit mon employée. Je n'y comprenais plus rien. Je voulais voir ses yeux pour la lire mais elle s'évertuait à fixer le sol, encore quelque chose d'incompréhensible pour moi.
-Regarde-moi Grace.
Elle leva les yeux comme si elle avait l'habitude d'attendre mon assentiment pour vivre.
-As-tu eu Santi ?
-Oui Madame, il vient demain. Il était étonné de mon appel.
-Pourquoi ?
-Je n'ai pas le droit de lui parler normalement.
J'avais la sensation que je devais la protéger et que je dirigeais sa vie. Etrangement, je me sentis bien avec tout ça. J'étais à ma place.
-Lui as-tu dit pourquoi tu appelais ?
-Non Madame. J'ai respecté votre demande.
-Bien. Pourrais-tu m'aiguiller pour ce soir ? Je voudrais savoir comment réagir si je croise d'anciennes connaissances.
-Avec plaisir. Puis-je vous laver les cheveux en vous expliquant ?
J'opinai doucement et me dirigeai vers la salle de bain. Elle m'installa sur un fauteuil près d'une des vasques et me demanda de fermer les yeux. Après avoir vérifié la température, elle me fit basculer vers l'arrière et commença à me laver les cheveux avec beaucoup de douceur. D'une voix hypnotisante, elle m'expliqua quoi faire.
-Habituellement, personne n'a le droit de vous toucher. C'est toujours vous qui faites la démarche. Dans le monde que vous côtoyez, peu de personnes vous fixeront dans les yeux. Si le cas arrive, rendez le regard sans sourire. Vous êtes l'autorité, vous n'avez pas à vous abaisser pour eux.
J'écoutai son discours sans ciller. Je trouvais ses conseils avisés et si simples à utiliser. Elle se tut quelques instants pour rincer mes cheveux puis reprit après avoir drapé mes cheveux dans une serviette en éponge.
-Je ne peux pas vous en dire plus malheureusement. Monsieur Santi le fera demain. Si quelqu'un vous demande quand vous allez rouvrir votre club, dites juste que c'est en cours. Personne n'oserait vous défier pour avoir des détails.
J'opinai avec vigueur en attrapant son regard dans le miroir. Elle souriait doucement puis continua.
-Voulez-vous un chignon ?
-Fais comme tu veux. Je te fais confiance.
Je l'observai en pleine action et je fus obligée d'admettre qu'elle était très professionnelle. En peu de temps, mes cheveux étaient torsadés sur mes tempes et rejoignaient une queue-de-cheval haute. Après avoir placé un boudin qu'elle nomma "push-up" sur la mèche centrale, elle saisit le fer à friser et des pinces à chignon.
Elle attrapa ensuite une petite poignée de cheveux et les enroula sur son appareil puis lorsque la mèche fit une boucle marquée, elle la plaça sur le boudin. En moins de dix minutes, tous mes cheveux étaient relevés et ma coiffure était magnifique. Grace laqua le tout généreusement.
-Voilà, vous êtes parfaite comme ça.
-Merci Grace.
Elle reprit sa position favorite en regardant le sol et instinctivement je m'approchai d'elle pour déposer un baiser sur son front. Elle soupira d'aise et patienta face à moi.
-J'avais l'habitude de faire ça avec toi ?
-Oui Madame.
-C'est une bonne habitude.
Je me détournais sans trop réfléchir et ouvris mon sac pour saisir mes vêtements. Une fois habillée, je retournai dans la salle de bain pour me maquiller. Grace s'activait en silence pour ranger la pièce.
En ouvrant un tiroir, je découvris plusieurs bijoux et je choisis une paire de boucles d'oreilles et un bracelet. Un dernier coup d'œil me fit haleter. J'étais plus femme fatale habillée de la sorte. Je chaussais mes escarpins et me dirigeais vers le salon.
-Bonne soirée Grace. A demain.
Edward patientait en lisant une partition pour son récital et sembla foudroyer lorsqu'il me découvrit. J'haussai un sourcil à son attention.
-Tu es … magnifique Bella.
-Merci Edward. Tu es très élégant. Pouvons-nous y aller ?
-Bien sûr. Merci de bien vouloir m'accompagner.
-Je te l'avais promis. Mais sache que nous avons encore des choses à régler.
Sans un mot de plus nous atteignîmes l'ascenseur et nous nous rendîmes au sous-sol pour récupérer le X6. J'avais peur de cette soirée, je n'avais pas encore réalisé que j'avais la possibilité de faire face à mon passé.
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Alors que dites-vous de la vraie Bella et ses découvertes à Seattle ? Bonne semaine à tous et à mardi prochain pour la présentation "by himself" du fameux Santi…
