Bonsoir à tous,
Nous voilà arrivés à un chapitre très important dans l'histoire. Il va vous permettre d'apprendre pas mal de choses. J'espère qu'il vous plaira et vous aidera à trouver quelques indices…
Attention : Ce chapitre fait mention de sexe mais aussi de brutalité. Le Rated M est de rigueur encore une fois.
Bonne lecture.
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Chapitre 8
POV Santi
Je tentai de discipliner mon érection douloureuse face à la scène qui se déroulait sous mes yeux. Sacha, une de mes soumises, était aux prises avec un maître Shibari qui terminait son chef-d'œuvre.
Elle était suspendue à un des crochets du plafond et de nombreuses cordes contraignaient son corps magnifique. Ses seins avaient pris une teinte rouge envoutante et ses mains étaient attachées le long de son corps afin qu'elle ne puisse s'en servir.
Ses jambes étaient repliées et écartées, permettant de découvrir ses lèvres intimes impeccablement épilées. Sa tête était maintenue vers l'arrière et un bâillon rouge ornait ses magnifiques lèvres.
Toshiro se redressa puis se présenta face à moi en fixant ses pieds. Lui aussi était dans tous ses états et je savais qu'il espérait se soulager rapidement.
-Merci Toshiro, je n'ai plus besoin de toi aujourd'hui.
Il se détourna lentement et j'attendis d'entendre la porte se fermer pour me lever. J'écoutai la respiration de Sacha. Elle savait ce qui allait suivre et anticipait. Elle fixait le sol et je lui tournais autour pour clairement me rincer l'œil.
-Tu es magnifique chère soumise.
Elle ne fit pas un bruit et je souris en continuant à me balader.
-Bien, garde le silence. Je ne veux pas t'entendre.
J'attrapai son genou pour faire pivoter son corps et plaçai Sacha de façon à ce que sa chatte soit face à moi. Je ne pus résister à passer deux doigts entre ses lèvres et elle gémit doucement. Je reculai rapidement en saisissant le martinet.
-Je t'avais prévenu...
Je fis claquer les lanières de cuir dans le vide pour qu'elle appréhende la suite. Elle tenta de serrer les genoux mais ne put rien faire, elle était entièrement sous mon contrôle. Je la contournais pour lui ôter son bâillon.
-Tu connais tes mots sécuritaires ?
-Oui Maître.
Je retournais vers ses fesses tendues et assénai le premier coup. Mon poignet prit de lui-même le rythme et entama une danse ressemblant à un 8. Le martinet tapait tour à tour les cuisses, les fesses et les lèvres de ma soumise. Lorsque je l'entendis soupirer, j'abandonnai le martinet au sol et posai mes mains sur ses fesses rougies. Je repassai un doigt entre ses lèvres et récoltai ses sucs merveilleux.
Elle était trempée. Je savais qu'elle aimait ça, mais à ce point... Je déboutonnai mon pantalon et présentai mon sexe à son entrée. Je ne pus malheureusement pas continuer car quelqu'un toqua à la porte.
Je grondai férocement en cherchant à continuer mais les coups s'intensifièrent.
-Désolé Sacha. Je fais au plus vite.
Je refermai mon pantalon et ouvris la porte pour découvrir cette blonde d'Heidi en train de se tortiller face à moi.
-Quoi ?
-Excusez-moi Monsieur, j'ai une certaine Grace pour vous au téléphone.
-Grace qui ?
-La gouvernante de Dame Isabel.
Je bousculai Heidi pour atteindre le téléphone. Pourquoi est-ce que Grace m'appelait ? Elle n'avait pas le droit !
-Quoi ?
-Bonjour Monsieur.
-Pourrais-tu m'expliquer pourquoi tu m'appelles alors que tu n'en as pas le droit ?!
-Je sais bien Monsieur, mais nous avons une situation d'urgence.
-Je ne manquerais pas de prévenir Dame Isabel de ton insolence…
-Excusez-moi d'insister Monsieur. Dame Isabel est au courant, c'est elle qui m'a demandé de vous appeler.
-Tu as une minute pour t'expliquer.
-Dame Isabel demande à vous voir demain matin. Elle vous attend à son appartement pour 11 heures.
-Pourquoi n'a-t-elle pas utilisé le canal habituel pour me contacter ?
-Je ne peux rien vous dire, désolée. Puis-je lui confirmer votre venue ?
-Bien sûr.
Je raccrochai sans plus de cérémonie et retournai en Play Room avec Sacha qui m'attendait sagement. Son cul était d'un beau rouge soutenu, elle était vraiment bandante comme ça. Par respect pour elle, je ne pouvais pas juste m'en aller, je m'approchai d'elle en ouvrant mon pantalon.
Ses plis étaient toujours très humides et je m'enfonçai en elle brutalement. Elle gémit et je la pilonnais avec force jusqu'à sentir la contraction familière dans le bas du dos et dans mes boules. Je me cramponnai à ses hanches pour me libérer en sentant ses parois comprimer ma queue.
Comme toujours, elle était magnifique dans sa jouissance. J'entrepris de la décrocher et de la libérer de ses liens. Son regard était voilé et un demi-sourire post coïtal ornait ses belles lèvres. Une fois débarrassée de tous les cordes, je la portai jusqu'au lit et attrapai la crème pour masser son corps endolori. Avant de la quitter, je l'embrassai tendrement sur le front puis me dirigeai vers la porte.
Aucune femme n'approchait sa bouche de mes lèvres. Il n'y avait que ma Dame Isabel qui avait le droit…
-Prends ton temps Sacha. Sois prête dans une heure.
-Merci Maître.
J'étais en rogne contre Grace… J'avais dû écourter une séance avec Sacha et ça, ça méritait une sévère punition. Maintenant que j'en avais terminé, je me dirigeai vers ma chambre pour repenser à ce qu'elle m'avait dit au téléphone.
Dame Isabel, ma Bella, voulait me voir. Pourquoi ne m'avait-elle pas appelé directement ? C'était à l'opposé de ce qu'elle faisait habituellement. Bon, il est vrai que nous ne nous donnions pas beaucoup de nouvelles, c'était notre façon de fonctionner. Elle avait demandé à être indépendante, j'avais donc accédé à sa demande.
J'avais appris que le Black Nails avait brûlé et lorsque j'avais cherché à contacter Bella, je n'avais réussi à joindre que sa messagerie. Je lui avais laissé un message et ne fus pas surpris de n'avoir aucune réponse. Si elle avait eu besoin, elle m'aurait contacté… Enfin, je crois.
J'atteignis l'entrée de ma villa et me dirigeai sans attendre vers ma chambre. Un récital était donné au Paramount ce soir et je devais y assister. Avant de partir, il me fallait me nourrir et je me dirigeais vers la forêt pour dégoter quelques cerfs rapidement. Ensuite je me hâtai d'enfiler mon smoking et montai dans ma voiture pour me diriger vers le pavillon des soumises.
Sacha s'installa en souriant et je lui présentai son collier pour la soirée. Un ras du cou en diamant lui irait à merveille.
Nous arrivâmes quelques instants avant le début du récital et une ouvreuse nous installa en me fixant en rougissant. Je n'y prêtai pas attention car j'étais toujours plongé dans ma réflexion concernant Bella.
Les lumières s'éteignirent et un jeune homme apparut sur scène sous un tonnerre d'applaudissements. Je fus surpris de sentir l'odeur de Bella. Serait-il possible qu'elle soit là ? Elle qui déteste le classique ? D'un œil rapide, je détaillai toute la salle en écoutant les battements de cœur de chacun et fus presque triste de ne pas percevoir sa douce mélodie.
Je retournai ma main pour que Sacha y pose la sienne et je me concentrais sur le jeu du vampire assis sur le banc du piano. L'écouter équivalait pour moi à une nuit de sommeil. Grâce à la musique classique, j'arrivai à m'évader, comme si je rêvais…
A la fin du récital, il se leva pour saluer avant de se diriger vers les coulisses. Il me fixa quelques instants avant de disparaître. Je lâchai la main de Sacha pour me lever et me dirigeai vers le salon où le cocktail était donné. Ma soumise me suivit en gardant les mains croisées et en regardant par terre. Elle était si docile, je me fis la réflexion qu'elle méritait une récompense en rentrant.
-Bonsoir Santiago !
-Bonsoir Stéphane ! Quel plaisir de te voir !
Je ne m'attendais pas à le voir ici. C'était un de mes amis très connus dans notre milieu. Il était un dominant sévère mais juste. Il était accompagné d'une belle blonde qui fixait le sol sans bouger.
-Nouvelle amie ?
-Oui, l'ancienne devenait trop insolente. Que faites-vous après ?
-Rien de prévu. Et toi ?
-Nous allons à une soirée. Tu veux venir ?
-Avec plaisir, je dois quelques cadeaux à Sacha.
-Peut-être y verrons-nous Dame Isabel … Cela fait un moment que nous ne l'avons pas vu.
-Je ne pense pas. Tu sais qu'elle participe rarement à ce genre de réception.
-Oui c'est vrai. Elle est pourtant parfaite lorsqu'elle joue avec nous.
-Même plus mon cher Stéphane, même plus !
-Voilà la carte pour tout à l'heure.
Je saisis l'invitation et attirai Sacha dans mes bras.
-Tu as été parfaite ce soir, tu mérites une récompense. Je te la donnerai lors de cette réception.
-Merci Santiago.
Je souris devant sa façon de m'appeler lorsque nous étions à l'extérieur. Il n'y en avait qu'une qui m'appelait autrement et elle était la seule à y être autorisée… J'allais pouvoir m'occuper correctement de ma soumise et cette perspective me réjouit. Non sans avoir salué le vampire-pianiste de loin, je raccompagnai Sacha vers ma voiture.
POV BELLA
J'avais toujours une grande rancœur à l'encontre d'Edward. Ses paroles tournaient en boucle dans ma tête. Je le laissai s'occuper de la voiture et l'attendis devant l'entrée des artistes du Paramount. Une jeune femme nous conduisit dans une loge et ne sembla voir que mon compagnon. Le fait qu'elle m'ignore royalement ne fit qu'augmenter ma rage.
-Nous n'avons plus besoin de vos services, merci.
Je lui fermai la porte au nez et contournai Edward pour aller m'installer dans les canapés. J'avais décidé de l'ignorer pour ma tranquillité et pour son bien. Je rêvais de lui en coller une pour lui faire regretter ses paroles. Encore une fois, je ne comprenais pas mes réactions.
Du coin de l'œil, je l'observai poser ses affaires et ouvrir la bouteille de champagne pour nous servir. Il me tendit un verre et s'installa sur la table basse face à moi.
-Bella, je suis réellement désolé et j'espère que tu arriveras à pardonner ma bêtise.
-Je ne sais pas Edward. Tu m'as promis de m'aider à retrouver mon passé et à la première "difficulté" tu t'enflammes comme si j'avais commis un meurtre.
-Je vais t'expliquer, si tu le souhaites. Je n'ai jamais compris qu'on puisse prendre du plaisir à être contraint et battu.
-C'est à ça que sert cette pièce ?
-Pour ce que j'en sais oui.
Cette discussion me mit mal à l'aise et un flash me revint en mémoire. J'étais à nouveau dans la grange rouge, suspendue par des chaînes et nue. Mon corps avait été fouetté et du sang dégoutait de mes pieds après s'être échappé des plaies de mon dos. Soudain, j'eus peur de lui poser la question…
-Tu … tu crois que ce que je prends pour des cauchemars ne sont que des souvenirs d'actes sexuels ?
-Quoi ? Non, non ! Pas du tout … Ecoute ma belle, je sais que tu apprécies ce genre de soirée mais je ne prétends pas que tes cauchemars en font partie. Je suis désolé que tu aies pu croire ça.
Sans un mot de plus, il récupéra mon verre pour le poser et m'attira contre lui. Je m'installai sur ses genoux en enfouissant ma tête dans son cou. Il me berça doucement en attendant que mon rythme cardiaque se calme. Un coup frappé à la porte nous ramena à la réalité et je me levai rapidement en lissant ma robe et en vérifiant ma coiffure.
-Nous devons y aller. Est-ce que ça va pour toi ?
-Oui Edward, ça va mieux.
Je ne pus m'empêcher de déposer un bisou sur l'arête de sa mâchoire avant de lui saisir la main pour sortir. Nous ne croisâmes personne dans les coulisses à part le personnel du théâtre et je me contentai de faire comme Grace m'avait dit.
-Veux-tu aller dans la salle ?
-Non, je reste ici.
Je tenais à rester dans l'ombre pour le moment. Rencontrer quelqu'un de mon ancienne vie m'aurait trop déstabilisé. J'arrêtai Edward pour l'étreindre et déposai un baiser à la commissure de ses lèvres.
-Je t'écouterai d'ici.
Il me lança un sourire étincelant puis se dirigea vers le piano sous un tonnerre d'applaudissements. Un assistant m'apporta un siège et j'arrivai à oublier tout ce public. J'eus l'impression d'écouter un concert privé, Edward jouait magnifiquement bien.
Lorsqu'il termina son récital, je me rendis compte que de grosses larmes coulaient sur mes joues. Il salua avant de me rejoindre et m'enlaça tendrement.
-C'était magnifique Edward.
-Ne pleure pas ma belle. J'ai joué pour toi.
-Merci…
-Veux-tu venir au cocktail avec moi ?
-Non, je préfèrerais t'attendre dans la loge.
-Je vais te faire livrer quelques petits fours. Je n'y resterai que quelques instants, après nous rentrerons
-Merci Edward.
Il respecta sa parole et ne resta pas plus d'une demi-heure. Il nous ramena chez moi rapidement et me couchai sans demander mon reste. Cette journée riche en émotion m'avait fatiguée. Le lendemain allait certainement me réserver d'autres surprises et je devais réussir à les gérer.
Pour une fois, le rêve qui se déroulait derrière mes paupières closes n'était ni angoissant, ni morbide. J'étais dans une salle à manger inconnue avec une bonne dizaine de personnes. Un grand feu à l'âtre brûlait et donnait des reflets dorés aux murs.
Nous étions installés autour d'un bon repas et tous riaient. J'étais installée en bout de table et mes convives étaient tous parfaitement bien habillés. Une musique classique horripilante s'écoulait des enceintes cachées dans les murs et j'activai une clochette pour commander la suite du repas.
Le gémissement d'un homme sur ma droite me tira de ma contemplation. Il était adossé à son siège et fermait les yeux. Une main aux ongles manucurés apparut sur le ventre de mon invité et je jetai un coup d'œil sous la table.
Chacune des 10 personnes présentes de part et d'autre de moi avait un compagnon sous la table. Ils ne portaient que des sous-vêtements ou des ornements en cuir. Tous semblaient prendre beaucoup de plaisir de cette situation et un sentiment de manque prit naissance au fond de mon ventre. Personne ne se trouvait à mes pieds.
La porte des cuisines laissa apparaître une petite brune qui portait un collier de cuir et des porte-jarretelles. Elle s'installa à genoux à côté de moi en baissant les yeux. Je ne lui prêtai que peu d'attention et continuai à manger tranquillement.
-Les salles privées sont-elles prêtes Ange ?
-Oui Dame Isabel, tout est prêt selon vos demandes.
-Parfait. Occupe-toi de moi.
Sans un mot de plus, elle rampa sous la table pour faire face à mes genoux. J'avançai dans mon siège et basculai vers mon dossier en écartant les jambes. Je l'observai avancer vers mes lèvres intimes et gémis lorsque sa langue tritura mes plis tatoués. Elle ne posa pas ses mains sur moi car elle savait qu'elle n'avait pas le droit et tenta de me contenter uniquement avec sa bouche. Elle mordilla en douceur mon bouton de nerf puis se dirigea vers mon antre pour aspirer les sucs qui s'en échappaient. Les gémissements et grognements emplissaient l'air et je sentis ma propre jouissance arriver. Je posai ma main sur sa tête pour l'ordonner d'aller plus vite…
Je me réveillai à ce moment en sueur, le cœur battant à tout rompre et le bas de mon corps en feu. Je portai ma main à mes lèvres intimes et fus surprise de les découvrir très humides. J'effleurai dans le vouloir un petit bouton placé là et je sentis des spasmes parcourir mon ventre.
Mais que m'arrive-t-il ?
Je n'y comprenais plus rien. Je regardai par la fenêtre et découvris qu'il faisait grand jour, je décidai d'ignorer ce qu'il venait de se passer et de garder ce rêve pour moi. Je descendis du lit avec la désagréable sensation d'avoir les jambes en coton et me dirigeai vers ma salle de bain pour me doucher.
Enroulée dans une serviette, je débattis quelques minutes devant mon dressing pour trouver quoi mettre. J'allais revoir quelqu'un que je connaissais avant. Autant s'habiller comme avant… Je choisis un pantalon en cuir noir moulant, un débardeur en dentelle et des escarpins de la même couleur. Une vraie gothique…
En ouvrant la porte de ma chambre, je fus surprise de sentir une délicieuse odeur de viennoiserie et de café. J'avançai doucement et écoutai la discussion joyeuse qui avait lieu entre Edward et Grace.
Dès que j'apparus, le calme se fit dans la pièce. Edward me dévisagea en souriant et Grace avança vers moi en baissant les yeux. Je décidai de faire comme la veille et embrassai doucement son front avant de rejoindre mon ami. Je m'installai sur un tabouret près de l'ilot et souriant.
-Bonjour Madame, bien dormi ?
-Bonjour Grace. Oui, je me suis bien reposée, ça fait un bien fou. Et toi Edward ?
-Parfaitement bien. Pas de cauchemar ?
Du coin de l'œil, je vis Grace se concentrer sur la cafetière et je ne pus que sourire de sa discrétion.
-Non pas de cauchemar, ça fait du bien.
Grace déposa face à nous une tasse de café avant de venir se placer à mes côtés. Soudain, j'eus l'impression de retourner dans mon rêve…
-Oui ?
-Monsieur Santi va bientôt arriver. Où souhaitez-vous déjeuner ?
-Prépare le tout sur la table de la salle à manger. J'ai besoin de place.
-Bien Madame. Autre chose ?
-Je compte sur toi pour aller lui ouvrir.
Elle me sourit en baissant à nouveau le regard et je lui embrassai le front. J'aimais beaucoup cette façon de fonctionner. Je me sentais en sécurité. Edward saisit ma main pour me soutenir et je sursautai en entendant l'interphone.
POV Santi
J'avais passé une nuit magnifique et me prélassai dans mon lit en me rappelant mes activités nocturnes. Un coup d'œil au réveil m'annonça qu'il me restait moins d'une heure pour me préparer et traverser la ville.
Qu'est-ce qu'il lui avait pris de me convier à 11 heures du matin ? Habituellement, elle ne se levait jamais avant 15 heures ! Je trouvais tout ça vraiment étrange et j'avais hâte de découvrir ce qu'elle me voulait.
Je sautai du lit pour me doucher et m'habillai d'un jean et d'un polo. Je ne pris pas le temps de boire un cerf et démarrai mon Audi pour rejoindre la Villa Appia. Je me garai sur la première place visible et me présentai au gardien de l'immeuble.
-Bonjour Monsieur.
-Bonjour. Monsieur Santi pour Madame Swan.
-Je vous laisse prendre l'ascenseur 2. Je la préviens de suite.
Une fois en haut, je sonnais à sa porte et fus encore une fois surpris de découvrir Grace. J'entrai sans un mot et la poussai contre le panneau.
-Pourquoi est-ce que tu es là ? Réponds !
Une course en talon se fit entendre derrière moi et je fus surpris d'entendre sa douce voix.
-Santi arrête. Elle n'y est pour rien, je le lui ai demandé.
Je relâchai Grace qui courut pour se placer derrière ma belle. Je fus choqué de ce que je découvris. Le Vampire-Pianiste était là aussi et Bella était beaucoup trop mince et semblait si fatiguée…
-Que fait-il ici ? Pourquoi n'as-tu pas cherché à me contacter directement ?
-Je… Ecoute, nous devons parler. Tu veux bien t'asseoir avec nous s'il te plaît ?
Mais c'est quoi ce bordel ? Depuis quand elle demande ? Elle me semblait perdue et apeurée. En quelques secondes, j'eus l'impression de la retrouver comme avant, comme quand je l'avais trouvée dans la forêt.
Je l'observai marcher jusqu'à sa chaise en boitant légèrement. Elle ne portait pas l'odeur du vampire et dans un sens, j'en fus rassuré. Le pianiste la suivit telle son ombre comme si elle méritait une aide pour se déplacer. Je me décidai à les suivre et m'installai à sa gauche en lui saisissant la main. J'avais besoin de son contact pour savoir si elle allait bien.
Elle sursauta avant de retirer sa main pour la poser sur ses genoux. Il y avait vraiment quelque chose qui clochait dans son comportement. Le vampire ne me quittait pas des yeux sans être forcément agressif. Il avait les yeux or comme les miens. Finalement, il semblait y avoir plus de végétariens que je le pensais dans le coin.
Je reportai mon attention sur Bella et je l'observai en train de boire sa potion anti-somnolence comme elle aimait l'appeler. Elle reposa sa tasse de café dans un bruit sec et me regarda en inspirant profondément.
-Je vais avoir besoin de toi Santi. Je suis perdue.
-Que puis-je faire pour toi ma belle ?
-Je pense que je me dois de raconter le début de l'histoire. Intervint le vampire.
Bella semblait lui faire confiance et c'était un fait rare. Je pouvais donc l'écouter avant d'émettre mon jugement le concernant. J'acquiesçais doucement pour l'inviter à débuter histoire.
-Je m'appelle Edward Cullen. Ma famille et moi vivons Forks et ma sœur, Alice, est amie avec Bella depuis plus de 2 ans.
La fameuse Alice était donc un vampire. Quoi de mieux pour protéger ma belle des chiens galeux ? A ces mots, je vis Bella se lever pour se diriger vers sa chambre. Edward continua à voix basse.
-Comme tu t'en doutes, nous sommes des vampires et notre territoire s'étend sur toute la péninsule d'Olympic. Notre souhait est de protéger Bella mais nous ne connaissons pas toute son histoire.
-Comment est-ce possible ? Pourquoi dis-tu que tu ne connais pas son histoire ? Tu peux lire les pensées me semble-t-il …
-Pas les siennes.
Je pouvais détecter les dons des vampires, ce qui m'aidait grandement dans ma vie. Je voulais garder un semblant d'humanité et vivre avec les humains. Mon don me permettait de détecter l'arrivée de mes semblables avant même qu'ils se décident à m'attaquer. Je fus plus que surpris d'apprendre qu'il n'arrivait pas à lire ma protégée. Elle revint avant que je puisse poser d'autres questions. Elle tenait un carnet noir comme s'il était la prunelle de ses yeux.
-Tu peux reprendre Edward et ne me ménages pas !
Bella avait repris son ton sec, celui que j'adorais tant. Elle semblait si sûre d'elle quand elle parlait comme ça.
-Bon alors, on y va… Bella s'est fait agresser le soir de son anniversaire en rentrant chez elle. Elle a eu une altercation au club avec un certain Jacob avant de partir.
-Jacob … Comme dans Jacob Black ?
-Nous pensons mais n'en sommes pas sûrs. Je peux continuer ?
Il commençait à me gonfler celui-là ! Il me parlait comme à un demeuré et ça me tapait sur le système. Pourquoi ne pouvait-il pas tout simplement aller droit au but ?
-Alice a découvert le corps de Bella quasiment sans vie à l'entrée de son appartement. Elle fut transportée à l'hôpital et resta dans le coma pendant plus de 4 mois.
-De … Quoi ?
-Oui, tu as bien entendu Santi.
Sa petite voix me ramena sur terre rapidement et je terrai dans un coin ma rage naissante pour connaître le dénouement dans cette histoire. Edward posa sa main sur la sienne mais elle la retira, comme elle l'avait fait pour moi plus tôt.
-Qui a fait ça ?
-Le problème est là justement. Nous ne savons pas qui a fait ça et la police n'a aucune piste. Pas d'empreinte, ni de fibre ADN.
-Et en quoi puis-je vous aider ? Je ne sais pas qui a pu lui faire ça.
Bella se décida à lever les yeux de sa tasse et prit la décision de poser sa main sur mon bras. J'adorais toujours autant son contact et fermais brièvement les yeux pour le savourer. Elle m'avait manqué plus que de raison.
-Santi, j'ai besoin de toi. J'ai perdu la mémoire.
Sa révélation me fit l'effet d'une claque magistrale et j'eus l'impression de pâlir. Finalement, elle avait réussi à obtenir ce qu'elle désirait… Elle avait pu oublier toutes les tortures subies.
-Crois-moi, c'est mieux pour toi. Tu as souvent dit vouloir oublier.
-Le seul souci est que je fais des cauchemars de plus en plus glauques et j'ai la trouille. J'aurais besoin de toi pour me dire ce qu'il m'est arrivé. J'ai peur Santi…
De grosses larmes débordèrent de ses magnifiques yeux et sa main se cramponna à mon bras. Je retrouvai la Bella d'i ans et je fis la seule chose que je savais faire avec elle. Je me levai en l'étreignant puis me réinstallai en la maintenant sur mes genoux. Cette fois-ci, elle ne sursauta pas et se nicha contre mon torse en pleurant.
-Calmes-toi ma belle, je suis là. Je suis désolé de ne pas avoir pu être là plus tôt. Nous avons toujours eu l'habitude de nous donner peu de nouvelles, moi qui étais persuadé que tu allais bien.
-Tu… il faut que tu lises mon carnet Santi.
Edward n'avait pas bougé en face de moi et observait la scène derrière ses bras croisés. Il fallait que je parle avec lui rapidement. J'aperçus une lueur de jalousie dans son regard mais n'y prêtai pas attention. Sans la lâcher, j'attrapai le carnet en cuir noir et l'ouvris à la première page.
-Je peux tout lire ?
-Oui…
Comme si son corps en avait gardé l'habitude, elle se cala plus confortablement contre moi et sa respiration se calma. Je savais qu'elle allait s'endormir. Je débutai ma lecture pour découvrir comment elle avait vécu son réveil.
Elle donnait l'impression d'être une petite fille qui découvre le monde. Bien trop rapidement à mon goût, elle commença à détailler ses cauchemars, ceux qu'elle m'avait raconté des milliards de fois. Pendant près d'un an, j'avais dû la réveiller quasiment toutes les nuits pour la rassurer de ses terreurs.
Edward se pencha sur la table pour attirer mon attention et je reposais le carnet pour l'écouter.
-Elle n'a pas noté le dernier mais je pense que c'est le pire. Nous avons mis plus de cinq minutes à la réveiller. Elle a même cherché à se débattre et à taper mon frère avec son pied.
-J'y ai eu droit aussi. Elle ne se souvient de rien ?
-Non de rien du tout. Elle a prononcé ton prénom durant son dernier cauchemar mais ne s'en souvenait plus une fois consciente. Elle a réussi à accéder à l'appartement certainement grâce à d'anciens automatismes.
-Je sens que tu as des questions qui te taraudent Edward.
-Un grand nombre oui.
-Elle va dormir pendant un moment, je t'écoute.
-Comment sais-tu cela ?
-Pendant près d'un an, elle s'est endormie sur moi avant que je la mette dans son lit.
-Comment l'as-tu connu ?
-Avant, je dois te raconter ce qu'il lui est arrivé. Je te demanderais juste de ne pas lui en parler. J'aimerais pouvoir la préserver encore un peu.
Nous y étions. J'allais devoir raconter le cauchemar qu'était la vie de Bella.
POV Edward
Je fus plus que surpris de découvrir que le fameux Santi était un vampire végétarien, lui aussi connu et réputé sur la côte Ouest des Etats-Unis. Il était un homme d'affaires très influent et je savais aussi qu'il était un dom, enfin… LE dom. J'étais maintenant convaincu qu'il avait initié ma Bella à ses vices. Juste avant son arrivée, j'avais pu me rendre compte de qui Bella était durant quelques secondes. Il me semblait qu'elle entretenait une relation particulière avec Grace. La femme sensible pour qui j'avais de profonds sentiments était une dominante et malgré sa mémoire défaillante, elle avait conservé ce trait de caractère.
Je fus peiné qu'elle refuse ma marque de tendresse. J'aurais tant voulu pouvoir la rassurer lorsque Santi avait commencé à parler. Elle avait dit avoir la trouille et elle lui a demandé à lui de l'aide. Lorsque je la vis agripper son bras, puis lorsqu'il se leva pour l'étreindre et la faire asseoir sur ses genoux, une lame de jalousie me terrassa. Pourquoi pas moi ?
Et tout naturellement, comme si elle avait retrouvé sa place dans le monde, elle s'endormit contre lui. Je tentai de me contenir et me concentrai sur ses pensées pour le lire. Il ne cherchait pas à masquer ses interrogations et je l'en remerciais. J'avais besoin de comprendre.
Il abandonna sa lecture pour la dévisager l'air grave. Il déplaça doucement son bras pour que Bella soit mieux installée et déposa un baiser sur son front avant de reprendre.
-Avant, je dois te raconter ce qu'il lui est arrivé. Je te demanderais juste de ne pas lui en parler. J'aimerais pouvoir la préserver encore un peu.
-Tu as ma parole, je garderais ça pour moi.
-Il y a maintenant presque 4 ans, je revenais d'une de mes chasses au Canada, lorsque j'ai senti une odeur abominable avant d'entendre des bruits et des hurlements. Bien que le goût me donne envie de rester à distance, les cris me rendirent curieux et j'ai foncé vers la source du tapage. Rapidement, je découvris trois groupes de deux hommes qui battaient la forêt avec des chiens. Tous appelaient une certaine Isabella et au début, j'ai cru qu'ils cherchaient une des leurs perdue au milieu des bois. Ils étaient à quelques kilomètres de Forks, c'était tout à fait crédible.
-Tu as dû tomber sur les Quileute. Ils habitent à la Push, c'est une réserve Indienne.
Il opina doucement tout en continuant son histoire. Etrangement, je n'arrivais pas à le lire. Il n'avait à l'esprit que le visage de Bella.
-Ce qui est sûr c'est qu'ils puaient plus que raison et je fus tenté de me détourner rapidement. Ce n'était pas mes affaires. Deux des groupes semblaient vraiment inquiets pour cette femme mais le troisième semblait en colère. Je venais de sauter vers un arbre pour m'enfuir quand je les ai entendus l'appeler. Les "Isabella" avaient été remplacés par des "Viens ici sale pute", "Tu vas morfler"… Enfin, tu vois ce que je veux dire.
-Oui, je vois parfaitement. Qu'as-tu fait ensuite ?
-J'ai été très intrigué de les entendre parler comme ça. J'ai donc décidé de retrouver cette Isabella pour voir ce qu'il en était. Grâce à mon ouïe, j'ai vite perçu les battements d'un cœur moins vigoureux que les hommes qui la cherchait. Je m'en suis approché et j'ai découvert ce petit bout de femme recroquevillée contre une souche d'arbre.
Soudain, le visage de Bella se transforma dans son esprit pour redevenir celui vu sur place. Elle y était extrêmement maigre. J'observai Santi effleurer le visage de Bella. Elle dormait toujours, un petit sourire aux lèvres. J'eus envie de lui retourner le doigt en sachant vers quoi il l'avait emmené après.
-Elle était nue, avec des traces partout. Je n'ai jamais vu quelqu'un dans cet état et vivant. Ses pieds étaient en sang mais étrangement, elle était tellement mal que mon monstre resta silencieux et ne réclama pas son sang. Sans réfléchir, je rejoignis le sol en ôtant mon manteau et mon pull. Heureusement pour moi, j'eus l'idée de couvrir sa bouche avant tout pour ne pas que les chiens nous entendent. Lorsqu'elle perçut mon contact, elle chercha à se soustraire et à hurler. Elle était si faible …
Il s'arrêta pour regarder Bella encore une fois. Je ne sus dire s'il cherchait à se souvenir de ce jour-là ou s'il cherchait le courage en elle pour raconter cette histoire particulièrement horrible.
-J'ai dû faire preuve de beaucoup de patiente avec elle. Je lui ai expliqué que je ne lui voulais pas de mal. D'une toute petite voix, elle m'a dit "Ils vont me tuer cette fois-ci, je ne veux pas mourir". Je lui proposai de l'habiller de mon pull et de mon manteau afin qu'elle n'ait plus froid. Les bruits de pas se rapprochaient dangereusement, j'ai donc choisi la solution la plus aisée pour moi. Je lui ai assuré que je voulais la sauver puis je l'ai portée en maintenant une main sur sa bouche. Elle tenta de résister mais fatigua rapidement et tomba dans une sorte de sommeil. Il m'était plus compliqué de monter aux arbres sans les mains, alors je courus aussi vite que possible.
« J'entendis nos poursuivants parler d'une odeur inconnue mais n'y prêtais aucune attention. J'avais plus urgent à régler. Je pris la direction de Seattle en zigzaguant. Lorsque nous arrivâmes chez moi, elle se réveilla en hurlant et scruta l'entrée de ma maison. Je mis autant de distance que possible entre nous deux pour la laisser respirer. »
-Comment as-tu fait pour qu'elle te donne sa confiance ?
-Ce fut très long, je dois te l'avouer. Au début, elle chercha à s'enfuir mais j'avais fermé la porte. Nous étions loin de Forks mais je ne voulais pas qu'ils puissent la retrouver. Je lui proposai de nous asseoir à table pour lui raconter. Au début, elle refusa et je pris le parti de m'installer devant un bon repas, enfin bon pour les humains. Au bout de quelques minutes, elle se décida et entra dans la salle à manger sur la pointe des pieds en fixant le sol. Je lui proposai de s'asseoir mais elle ne bougea pas.
Il souffla un grand coup en secouant la tête puis continua.
-Tu sais, je ne suis pas quelqu'un de patient et le jour de son arrivée ne fut pas différent de mes habitudes. Son manque de réaction m'énerva et je tapai du poing en la sommant de s'asseoir et elle le fit. Je n'avais encore jamais vu quelqu'un d'aussi soumis. Elle saisit son assiette sans me regarder et alla s'installer à l'opposé de moi, au bout de la table. Elle piocha dans les plats et picora sans me regarder. Je profitai du fait qu'elle mange pour lui dire qu'elle était en sécurité et que plus personne ne lui ferait de mal. Sans rentrer dans les détails, je lui expliquai que j'étais patron d'un club sur Seattle et que je pouvais assurer sa sécurité. Je lui ordonnais de me suivre car elle ne faisait rien sans ça et je lui fis visiter la maison. Je lui attribuai la chambre située juste à côté de la mienne.
-Elle est restée avec toi longtemps ?
-Plus de deux ans. Elle mit une bonne semaine avant de me parler, enfin parler était un bien grand mot. Elle se contentait de me dire " Bonjour, Merci, Bonne nuit". J'avais pris le parti de faire les mêmes choses aux mêmes moments de la journée pour lui donner des repères. Suite à son premier cauchemar, elle resta terrée dans sa chambre pendant deux semaines sans sortir. Je voulais à tout prix avoir sa confiance et l'aider à remonter la pente pour comprendre ce qu'il lui est arrivé. Elle m'a appris sans le vouloir la patiente et nous avons appris à nous connaître en un mois. Je me souviendrais toujours du jour où elle a décidé de me répondre. J'étais venu la chercher dans sa chambre pour une visite médicale et elle m'avait asséné un NON digne d'un dominant. J'en fus très impressionné ! Je dus négocier avec elle pendant quelques minutes avant qu'elle daigne sortir de la chambre pour sa visite de contrôle.
« Le médecin qui l'a suivi est un ami et n'a jamais posé de questions, je le paye assez pour qu'il reste discret. Il a dû la soigner pour pas mal de chose. Elle était déshydratée et dénutrie à un stade plus que critique. Elle portait des marques d'entraves au niveau du cou, des poignets et des chevilles. Son corps avait été lacéré par des fouets, cravaches, baguettes de noisetier et autres, je n'avais encore jamais vu ça. »
-Je croyais que ces marques venaient de sa pratique du SM. Ajoutai-je penaud.
-Pas du tout Edward. Lorsque nous aurons le temps, je t'expliquerais en quoi consiste notre art. Mon principal but est le plaisir de ma partenaire. Les punitions répondent à des critères bien précis. Jamais je ne taperais une femme par sadisme ou juste parce qu'elle a décidé d'échapper à ses bourreaux ou d'émettre son opinion.
Son discours était vibrant et passionnant. Il tenait à me prouver qu'il respectait les femmes. Je n'avais pas envie d'aller à l'encontre de ses convictions maintenant. Je voulais connaître le passé de Bella.
-Plus de jugement hâtif Edward, compris ?
-Oui, compris.
-Une fois que nous avons réglé le problème de la nutrition et de l'hydratation, elle comprit que je disais la vérité et commença à venir plus naturellement vers moi mais sans jamais me toucher. Dans le même temps, un grand nombre d'affiches fut diffusé de Forks à Seattle pour retrouver la petite Isabella. Le jour où Grace revint avec une affiche, je demandai à Bella de me raconter ce qu'il lui était arrivé. Elle nous fit une crise de panique et sembla se calmer lorsque Grace l'approcha pour la consoler. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle est toujours à son service. Elle passa l'heure suivante à nous raconter sa vie et je te prie de croire qu'elle a souffert pour 4 vies au moins.
-Raconte-moi. J'ai besoin de comprendre.
-Elle s'appelle réellement Isabella Swan. Ses parents étaient de Forks.
Sa phrase fut une révélation pour moi. Je compris que Carlisle en avait déjà parlé. Il qualifiait Charles Swan de sévère et haineux.
-Je… Le chef de notre clan a connu le père. Il était Sheriff.
-Oui c'est ça. Il a épousé Renée car celle-ci était tombée enceinte. Si la mère adorait sa fille, Charles la détestait. Lui ne voulait pas d'enfant. La petite put grandir sous la protection de sa mère mais malheureusement cette dernière mourut d'un cancer. Aux quinze ans de Bella, c'est son père qui mourut dans un règlement de comptes. Il avait déjà terrorisé la petite pendant 4 ans.
« Ce salaud avait tout prévu et du moment où elle se retrouva orpheline, elle fut placée sous la tutelle des Clearwater à Forks. Bella m'a raconté qu'avant sa mort, son père avait essayé de la "dresser" afin qu'elle puisse être docile pour ses nouveaux parents. »
Pourquoi me parlait-il des Clearwater ? Bien qu'ils vivent à la Push, ils étaient voisins avec les Blacks mais c'est tout… Enfin, je crois…
-Dès que la mise sous tutelle fut effective, elle fut emmenée à la Push pour y vivre. Peu de temps après, Jacob la repéra et la trouva plus qu'à son goût. Il demanda à son père de faire le nécessaire pour qu'elle lui appartienne.
J'étais en train de comprendre où il voulait en venir et j'aurais pu démolir un immeuble pour me calmer. Pourquoi s'étaient-ils acharnés sur elle à ce point ? Ce n'était qu'une enfant !
-Billy Black a fait un très gros chèque aux Clearwater pour acheter Bella.
-Je vais les buter !
-Mais tais-toi bordel ! Tu vas la réveiller en beuglant de la sorte ! Il faut que tu restes calme, sinon j'arrête de te raconter ce que je sais.
-Comment peux-tu en parler si calmement. Ils méritent la mort.
-Oh je suis bien d'accord avec toi. J'ai déjà éradiqué une partie des fautifs. Pour les autres, j'ai eu un léger contre temps. Les Black sont des modificateurs.
-Je le sais déjà ça. Ils ne peuvent pas être aussi forts que ça…
-Oh si, je te confirme qu'ils sont puissants. Je n'ai pas pu les tuer. Ton Clan pourrait m'être utile d'ailleurs.
-Nous avons un pacte avec eux. Ils nous laissent chasser les animaux et nous laissent en vie tant que nous ne franchissons pas leur frontière et que nous ne buvons pas d'humain.
-Alors dans ce cas-là, je ne peux pas laisser Bella repartir là-bas. Il va falloir que je parle au chef de ton Clan.
-Je vais le contacter afin qu'une rencontre se fasse rapidement. Peux-tu me raconter la suite de l'histoire ?
-Je n'ai pas besoin de rentrer dans les détails sur ce qu'elle a vécu pendant sa captivité chez les Blacks. L'essentiel se trouve dans ce carnet. Sache juste qu'elle a été rabaissée, humiliée, battue et violée à plusieurs reprises. Elle a cherché à s'enfuir plusieurs fois et je fus plus qu'heureux de l'avoir trouvée.
Le rythme cardiaque de Bella s'emballa et nous arrêtâmes de parler pour l'observer. Je ne savais encore si elle allait se réveiller ou faire un cauchemar. Santi la maintenait plus fermement et quelques secondes avant qu'elle ne se mette à hurler, il se leva en s'éloignant de la table.
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Alors qu'en dites-vous ? Le passé de Bella est vraiment sombre… Et cette rencontre avec Santi ? A vos claviers pour vos avis.
Bonne semaine à tous !
