Bonsoir à tous,

Je vous remercie pour les commentaires et les mises en alerte pour cette histoire. Je suis contente e voir qu'elle vous plait toujours. Je vous laisse découvrir la suite de la rencontre entre Bella et Santi …

Bonne lecture.

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Chapitre 9

POV Bella

Du moment où j'avais vu Santi, j'eus l'impression d'être plus légère, plus calme, en sécurité. Il semblait si sûr de lui, si intransigeant. Etrangement, je n'eus pas peur de lui et dus résister pour ne pas lui sauter dessus. Tout était si différent de mes ressentis envers Edward. Santi était comme la deuxième partie de mon aimant.

Après lui avoir proposé de s'asseoir pour parler, j'avais préféré fixer mon attention sur mon café plutôt que de le regarder. Je ne savais pas comment lui poser la question sur mon problème et j'avais peur de sa réaction. De plus, je sentais son regard sur moi, j'avais l'impression de revivre. Je me faisais l'effet d'être un phénix revenant à la vie. Tout cela grâce à Santi.

Lorsqu'il avait posé sa main sur la mienne, j'avais préféré la retirer pour garder les idées claires. Je n'arrivais toujours pas à me rappeler de notre façon de nous comporter ensemble. Edward semblait ne pas accepter notre relation et je tachais de maintenir un équilibre pour ne vexer personne.

-Je vais avoir besoin de toi Santi. Je suis perdue.

-Que puis-je faire pour toi ma belle ?

Ma belle… J'aimais bien la façon dont il m'appelait. J'avais l'impression de me réchauffer. Edward m'appelait aussi comme cela mais étrangement mes réactions n'étaient pas les mêmes. Pour l'un, je rêvais de me coller à lui et pour l'autre j'avais envie de l'étriper lorsque ce nom "Ma Belle" était utilisé. C'est Edward qui prit la parole et je lui en fus reconnaissante.

-Je pense que je me dois de raconter le début de l'histoire. Je m'appelle Edward Cullen. Ma famille et moi vivons Forks et ma sœur, Alice, est amie avec Bella depuis plus de 2 ans.

Soudain, je me dis qu'il serait plus aisé pour moi de le laisser lire mon carnet plutôt que de parler. Sans prévenir personne, je me levai pour retourner dans ma chambre. A mon retour, ils étaient toujours dans la même position, assis l'un en face de l'autre, sans parler. Ils se mesuraient du regard et semblaient trop figés. Je posai le carnet devant moi et me réinstallai.

-Tu peux reprendre Edward et ne me ménage pas !

Santi lâcha un petit sourire en coin et arrêta de regarder Edward pour me fixer.

-Bon alors, on y va… Bella s'est fait agresser le soir de son anniversaire en rentrant chez elle. Elle a eu une altercation au club avec un certain Jacob avant de partir.

-Jacob … Comme dans Jacob Black ?

Lui aussi connaissait ce nom. Je ne savais pas si je devais en rire ou partir en courant.

-Nous pensons mais n'en sommes pas sûrs. Je peux continuer ?

Edward semblait énervé d'être interrompu et Santi agacé par le premier. Quels caractères de merde …

-Alice a découvert le corps de Bella quasiment sans vie à l'entrée de son appartement. Elle fut transportée à l'hôpital et resta dans le coma pendant plus de 4 mois.

-De … Quoi ?

-Oui, tu as bien entendu Santi.

Lorsqu'il m'entendit confirmer, il se calma instantanément et tenta un sourire compatissant.

-Qui a fait ça ?

-Le problème est là justement. Nous ne savons pas qui a fait ça et la police n'a aucune piste. Pas d'empreinte, ni de fibre ADN.

-Et en quoi puis-je vous aider ? Je ne sais pas qui a pu lui faire ça.

Pourquoi disait-il ça ? Pensait-il que nous étions en train de l'accuser ? Je ne pouvais pas accepter ça. Je décidai d'enfreindre ma propre limite et posai ma main sur son bras frais.

-Santi, j'ai besoin de toi. J'ai perdu la mémoire.

-Crois-moi, c'est mieux pour toi. Tu as souvent dit vouloir oublier.

Je fus choquée d'entendre que je ne voulais pas me souvenir. Finalement, le destin m'avait accordé un vœu. Etrangement, je ne me sentis pas plus joyeuse.

-Le seul souci est que je fais des cauchemars de plus en plus glauques et j'ai la trouille. J'aurais besoin de toi pour me dire ce qu'il m'est arrivé. J'ai peur Santi…

A peine ces mots sortis de ma bouche, mon esprit se décida à rejouer mes derniers cauchemars et je ne pus refreiner mes larmes. Il se leva rapidement pour m'étreindre puis se réinstalla en me calant sur ses genoux. J'eus l'impression de retrouver mon monde en un instant. Il restait plusieurs parts d'ombre dans ma mémoire mais j'avais la certitude que ma place était à ses côtés. Il était mon soutien indéfectible. D'une manière plus que naturelle, je me calais contre lui en plaçant ma tête sous son menton.

-Calmes-toi ma Belle, je suis là. Je suis désolé de ne pas avoir pu être présent plus tôt. Nous avons toujours eu l'habitude de nous donner peu de nouvelles, moi qui était persuadé que tu allais bien.

-Tu… il faut que tu lises mon Carnet Santi.

-Je peux tout lire ?

-Oui…

Ses bras formaient un cocon autour de moi et je fermai les yeux pour copier sa respiration et écoutai d'une oreille distraite les pages qui se tournaient. Sans m'en rendre compte, je m'endormis contre mon ami et un souvenir s'imposa à moi.

J'étais dans une énorme propriété avec Grace. Le parc était magnifique et une profusion d'arbre donnait l'impression d'être dans une forêt. Nous marchions toutes les deux sur un sentier et je sentais les graviers crisser sous nos pas. Il faisait un temps magnifique et le soleil réchauffait ma peau. Grace tenait un panier en osier remplis de fleurs fraîchement coupées et nous faisions chemin vers la maison principale.

-Alors Grace, tu es prête à partir avec moi ?

-Oui Madame. L'appartement est prêt et j'ai fait transférer toutes vos affaires hier.

-Il faudra que tu y ailles dès demain. J'arriverais un peu plus tard car j'ai encore à faire avec Santi. Laisse-moi les fleurs, il faut que tu finisses de cuisiner. Nous avons du monde ce soir et tu sais que Monsieur déteste le retard.

Elle inclina doucement la tête et je déposai un baiser sur son front avant de saisir le panier et de rentrer dans la maison. La table était déjà mise en place et je peaufinai la décoration en plaçant les fleurs cueillies plus tôt.

Sans aucun signe annonciateur, je sentis un souffle dans mon cou et deux bras forts enserrer ma taille. Je soupirai d'aise et m'accrochai à ces mains fraîches.

-Bonjour ma belle. Tu es prête pour ta dernière soirée au manoir ?

-Bonjour Santi. Oui je suis prête…

Il passa une main pressante dans mes cheveux et ramena brusquement ma tête vers son épaule. Ses lèvres s'approchèrent de mon oreille pour y murmurer.

-Soit ma soumise une dernière fois, juste toi et moi.

Sans un mot de plus il me relâcha et je me retournai pour lui faire face. Je croisais les mains dans mon dos et baissai la tête pour lui montrer son accord. Il se détourna et se dirigea vers notre "donjon". L'entrée était dissimulée sous l'escalier principal. Il ouvrit la lourde porte en fer forgé et bois massif et me précéda. Sans lever la tête, je le suivis en me calant sur ses pas et stoppais mon avancée sur le palier du sous-sol. J'entendis un cliquetis et son ordre fusa.

-Lève la tête.

J'obéis prestement en plantant mon regard dans le sien. J'y lus la faim et le désir. Je réprimai un gémissement en mordant ma lèvre et l'observai amener un collier de cuir à mon cou. Dès qu'il fut attaché, Santi se décala et je fixai à nouveau le sol en tentant de réguler ma respiration.

-Bonne fille. Tu as 5 minutes pour te mettre en position. Après quoi je viendrais te chercher pour te soumettre une dernière fois.

Il disparut et je me hâtai d'ôter mes vêtements en conservant mes talons et mes jarretelles avec leurs bas. Je m'agenouillai sans aucune crainte et veillai à maintenir mes genoux écartés en croisai mes mains dans le dos pour me contraindre à rester droite. Ma poitrine pointait fièrement et je fixai à nouveau le sol pour attendre mon Maître pour la dernière fois.

Des pas se firent entendre et ma respiration accéléra en rythme. Mon ventre débuta sa danse et un feu se mit à couver dans mes entrailles. Son pas me sembla différent et j'en fus surpris. Avec horreur, je vis apparaitre des baskets trouées. J'eus peur de relever la tête et c'est en frissonnant que je découvris le jean taché de graisse et les cheveux longs de l'Indien de Forks. J'abandonnai ma position en hurlant et remontai les escaliers quatre à quatre.

-Tu peux toujours courir sale pute ! Tu vas morfler. Attends que je t'attrape !

La porte menant à l'entrée était verrouillée et je tambourinai contre comme une sauvage en hurlant.

-SANTI ! AIDE-MOI !

Un murmure perça les pulsations de mon sang dans mes oreilles et je tentai de le comprendre.

-Je suis là Bella. Ouvre les yeux.

-Santi, j'ai peur. Tu es où je t'ai perdu, il fait noir.

-Ouvre les yeux ma Dame Isabel.

Ce prénom me fit réagir et j'ouvris instantanément les yeux pour découvrir Santi assis au sol. Il me maintenait fermement contre lui et Edward nous regardait de loin, l'air anxieux et jaloux.

-Ça va ma Belle.

-Non…

-Tu veux nous raconter ?

-J'ai revu l'Indien de Forks.

-Il faut que tu me racontes tout ton rêve. Je veux comprendre comment il est apparu.

Je devins aussi rouge qu'une tomate mûre et je jouai avec les boutons de sa chemise en racontant le tout en murmurant. Une fois mon explication terminée, j'attendis avec angoisse qu'un des deux hommes présents se mette à rire mais rien ne vint. L'histoire n'était pas peut-être pas aussi irréaliste que ça. Santi se releva en me gardant dans ses bras et se réinstalla sur un des canapés du salon. Edward suivit le mouvement et se posa à mes côtés.

-Ton rêve est un souvenir de chez moi. Le jour de ton départ pour ton appartement, nous avons effectivement organisé un repas. Tu étais partie avec Grace pour cueillir des fleurs pendant que je terminai de faire la compta du club et je t'ai rejoint pour te proposer d'être ma soumise une dernière fois.

-Est-ce que ça a un rapport avec ma Play room ?

-Sais-tu ce qu'on y fait ma Belle ?

Je décidai de passer sous silence ma discussion avec Edward et secouai la tête.

-Je te l'expliquerais en temps voulu. Sache juste que cette pièce et ce que l'on y fait sont ta solution pour combattre ta peur panique des hommes. Tout ce que tu as subi avec l'Indien t'a fait beaucoup de mal et tu as cherché un moyen de vivre sans y penser perpétuellement.

Sans me rappeler de tous mes souvenirs, je trouvai cette idée plus que correcte même si je ne savais toujours ce qu'on pouvait y faire. Il me tira de mes pensées en posant un doigt sous mon menton pour que je le regarde.

-Que s'est-il passé après avoir ouvert la porte du donjon ?

-Tu es passé devant moi et tu m'as posé un collier en cuir avant de me demander de me mettre en position puis tu es parti.

-Et ensuite ? Ne t'inquiète pas, personne ne va te juger.

-Je me suis déshabillée en gardant mes bas et mes chaussures puis je me suis placée à genoux pour t'attendre.

Je tentai de ne pas prêter attention à la tête d'Edward. Il semblait en colère ou quelque chose dans le genre. Santi, lui, avait cette fameuse lueur au fond des yeux, celle qui me donnait chaud. Je soupirai un grand coup et terminai rapidement mon histoire.

-Quelque temps plus tard, j'ai entendu des pas et j'ai pris peur en découvrant des baskets trouées à la place de tes chaussures de ville. En levant les yeux, j'ai découvert que c'était l'Indien de Forks. J'ai essayé de fuir en hurlant puis je me suis réveillée.

-Tu n'as plus rien à craindre, il ne te touchera pas. Je te le jure !

Il me déposa sur le canapé puis se leva pour me faire face. Je me retrouvais collée à Edward et j'attrapai sa main. Ils avaient tous les deux le même contact frais mais je ne m'en souciais guère, j'avais des choses plus importantes à l'esprit.

-Je vais demander à Grace de nous refaire du café. Je reviens.

Pourquoi ne l'appelait-il pas tout simplement ? Je trouvai tout de même étrange le comportement des hommes qui m'entouraient. Edward mit un terme à mes spéculations silencieuses en posant la main sur ma joue.

-Tu vas bien Bella ?

Je refreinais mon envie de reculer pour ne plus qu'il me touche et j'essayai de lui répondre sans le regarder, histoire de garder mon contrôle.

-Je me sens encore plus perdue maintenant Edward.

-Ce n'était peut-être pas une bonne idée de venir alors…

-Il fallait qu'on le fasse. Je te remercierais pour ça pendant longtemps. Tu comprends tout de même ?

-Je n'ai pas le droit d'être jaloux. Tu avais une vie avant, tout comme moi.

Sa phrase allait me donner matière à réflexion… Pourquoi parlait-il de jalousie ? Nous étions amis depuis quelques mois, je ne pensais pas qu'on puisse être envieux d'autres amis. Il lissa ma ride d'anxiété du front en souriant.

-Ne t'inquiète pas Bella. Tout va bien, tu n'as pas à te tracasser pour ça. Santi peut t'aider pour ta mémoire, il faut donc en profiter. De plus, il pourra répondre à beaucoup plus de questions que moi.

Il déposa un doux baiser sur mon front et durant quelques secondes, j'espérai plus mais pas de lui. Santi réapparut accompagné de Grace qui portait un nouveau plateau avec du café. Je me demandai d'où elle venait car j'étais persuadée qu'elle était partie. Peut-être y avait-il des pièces encore inconnues pour moi dans mon appartement.

-Tiens ma belle, bois ça.

J'attrapais la tasse de café au goût plus doux que le précèdent. J'avais repris ma place contre Santi sans lâcher la main d'Edward. Il me fallait un compromis, garder l'équilibre. J'avais vraiment l'impression d'être protégée, dans un cocon d'ouate. Je soupirai d'aise et m'abandonnai au plaisir d'être en présence de mes amis les plus chers.

POV Santi

En un instant, j'avais basculé dans la peur qui accompagnait chacune de ses périodes de cauchemars. Elle m'avait avoué que ses terreurs étaient très réalistes et qu'elles lui déchiquetaient l'âme. La comparaison était peu flatteuse mais semblait très à propos dans le cas de Bella.

Lorsque j'avais prononcé son mot sécuritaire maximum "ma Dame Isabel", elle s'était réveillée. Je fus extrêmement content de voir que tout le travail que nous avions fait ensemble fonctionnait toujours. Nous avions décidé d'utiliser son nom de dominante comme mot sécuritaire. Il était son rempart face aux hommes qui l'entouraient.

Son rêve était le dernier souvenir de sa présence au manoir. Nous avions passé un très bon moment et ses fesses avaient pris une teinte rouge plus qu'adorable à la fin de notre scène. J'étais le seul homme qui pouvait l'approcher, la toucher et la contraindre sans qu'elle ne panique. J'avais mis plusieurs mois à lui faire comprendre qu'elle ne souffrirait pas de mes actes. Notre relation SM avait été un exutoire pour elle.

Sa mémoire endommagée avait réuni un souvenir de ses années de souffrance avec l'un de nos moments et j'allais devoir prendre le temps de lui expliquer ce que nous faisions dans le Donjon pour qu'elle comprenne que je n'avais jamais voulu lui faire du mal. Elle devait rapidement réussir à faire la part de chose, je ne voulais pas qu'elle souffre encore.

Nous devions régler le cas "Jacob" rapidement pour l'aider à avancer. Je devais m'entretenir avec les Cullen au plus vite. S'ils ne voulaient pas compromettre leur traité, je ferais sans eux. J'avais beaucoup de contacts qui aimaient éradiquer des chiens surtout lorsqu'ils étaient des tortionnaires.

Je trouvai l'excuse d'aller chercher du café pour trouver Grace. Il fallait que je fasse dormir Bella pour pouvoir parler librement avec Edward. Elle en avait grandement besoin et j'avais utilisé ce stratagème plus d'une fois lorsqu'elle vivait avec moi. Au moins, elle pouvait se reposer sans rêver.

Elle attendait sagement dans son espace dédié, un étage en dessous. Son appartement était relié à celui de Bella par un escalier caché dans la buanderie.

-Grace ?

-Oui Monsieur.

-As-tu toujours les somnifères de Dame Isabel.

Elle me montra la boîte directement en souriant discrètement.

-Fais-lui un café. Il faut qu'elle se repose.

-Bien Monsieur.

Je remontai rapidement et saisis mon portable pour prévenir le Manoir. Je voulais que tout le monde parte. Je devais y être seul avec Bella et nos possibles invités. Je tapai un texto bref à Sacha pour la prévenir ainsi que mon service de sécurité.

"Merci de quitter le domaine. Attendez mon message pour revenir. Le délai risque d'être long"

Grace me rejoint au salon et je donnais la tasse de café à Bella. Elle but immédiatement en se calant contre moi et je saisis le mug avant qu'il n'atteigne le canapé lorsqu'elle le lâcha. Edward me fixa avec un mélange de rage, de jalousie et d'incompréhension.

-Que lui as-tu fait ?

-Que du bien Edward. Je vais la coucher dans sa chambre et après nous discuterons. Grace, rentre chez toi. J'attendrais que Dame Isabel se réveille pour lui proposer de venir au manoir. Si elle accepte, je te préviendrais pour préparer ses affaires.

-Bien Monsieur.

Elle se détourna sans attendre et disparut dans la buanderie. Il me fallait maintenant affronter le vampire qui se tenait face à moi. Je sentais que la discussion allait être animée.

-Asseyons-nous, cela sera plus aisé.

Il ne dit mot et s'installa dans le canapé près de la baie vitrée. Je choisis l'autre par habitude et croisai les jambes en attendant ses questions.

-Tu l'as drogué !

-Oui et je ne m'en cache pas. C'est la seule solution que nous avions trouvé à l'époque pour lui assurer des nuits paisibles après ses cauchemars.

-Tu aurais pu le lui proposer au lieu de le faire en cachette !

-Ecoute Edward, je ne veux pas me battre avec toi, ni passer pour le coq de la basse-cour, mais je suis celui qui la connait le plus ici. Si tu veux, je le lui dirais lorsqu'elle se réveillera et elle choisira de m'engueuler ou pas.

-On verra à son réveil alors. En attendant, veux-tu bien me raconter la fin de l'histoire ?

-C'est également pour ça que j'ai préféré qu'elle dorme. Elle n'a pas à l'apprendre tout de suite. Chaque chose viendra en son temps.

-Tu as honte de ce dans quoi tu l'as embarqué ?

-Je te conseille de te surveiller Edward ! Je n'ai pas pour habitude d'accepter les critiques sans répliquer. Comme je te l'ai dit plus tôt, je n'ai pas à me justifier devant toi. Soit tu veux savoir et tu écoutes sans médire, soit je pars maintenant.

-Je te promets d'essayer. Vas-y, je t'écoute.

-Après 4 mois, elle a commencé à reprendre une vie presque normale. Elle se nourrissait et s'hydratait sans que je doive le lui rappeler. Elle avait décidé de se mettre au sport pour se défendre comme elle le disait. Elle courait sur le domaine 3 fois par semaine et nageait tous les matins pendant deux bonnes heures. En dehors de ça, elle restait enfermée dans la bibliothèque pour lire ou écouter de la musique. Lorsque Grace est revenue avec l'affiche de recherche de la petite Isabella, j'ai pris le parti de contacter le fameux Billy Black pour lui proposer un marché. Je lui ai expliqué que j'avais trouvé la petite dans la forêt et que je la trouvais très à mon goût. Je lui ai donné un rendez-vous à Tacoma pour négocier.

Le grondement d'Edward me tira de mes souvenirs et je levai les mains en signe de paix

-Je n'ai jamais vu Bella comme ça mais il fallait bien que je joue le jeu pour réussir à la libérer. Lorsque l'Indien me vit, il devina instantanément qui j'étais. Il n'avait pas le gène lupin dans ses veines. Je lui ai expliqué que j'avais retrouvé Isabella lors de sa dernière fugue et que je voulais la garder pour moi. J'ai dû faire preuve de noirceur d'âme durant l'entretien pour qu'il voit que je ne reculerais devant rien pour la faire mienne. Il m'expliqua qu'elle était la fille d'un de ses grands amis et qu'il avait payé très cher pour en faire cadeau à son fils.

La tasse que je tenais explosa sous l'effet de la colère. Ce Billy Black était vraiment quelqu'un de vénal et rien que le fait de penser à lui ravivait ma colère. Edward s'en rendit compte et m'interrogea du regard.

-Tu sais, je n'ai jamais vu un mec aussi accro au fric que lui ! Il n'a même pas réfléchi deux secondes quand je lui ai proposé de racheter Bella le double du prix qu'il avait payé. Il ne s'est pas inquiété non plus de ce que je comptais faire de la demoiselle…

Je ne pus m'empêcher de sourire en me souvenant de la fin de notre entretien…

-J'avais prévu une assez grosse somme en liquide pour pouvoir le lui donner. Lui aussi avait tout prévu et me ramena le contrat de propriété d'Isabelle Swan. A la fin de l'entretien, elle n'appartenait plus à ces chiens. Je prévins toutefois Black de rester loin d'elle et de retenir son fils également. Il m'assura de garder ses distances puis se dirigea vers son pick-up pour retourner chez lui.

-Et tu l'as laissé partir ? Comment as-tu pu ?!

-Tu parles vraiment trop vite ! Ça se voit que tu es jeune.

-J'ai plus de cent ans.

-C'est jeune. J'en ai six fois plus. Devant tous les témoins présents, je l'ai laissé partir après une poignée de main cordiale et amicale. Les humains ont dû penser que nous étions de grands amis. Je fis mine de partir vers le sud car il ne savait pas d'où je venais et il était hors de question qu'ils découvrent que j'habitais Seattle. Lorsqu'il partit en voiture, je le suivis à distance et saisis ma chance dans une forêt. Même lui ne vit pas mon attaque et les autorités ont pensé qu'il avait trop bu…Son pick-up plongea dans un petit ravin et s'encastra dans un énorme cèdre.

-Tu es en train de me dire que tu es la cause de sa paralysie ?

-Tout à fait. Je trouvais que cela ferait une excellente mise en garde.

-Pas suffisante vu que le fils a retrouvé Bella et l'a menacé.

-Je n'ai pas à me justifier devant toi Edward. J'ai fait ce que j'ai pu sans avoir à éradiquer tout un clan qui ne m'avait rien fait. Maintenant que je sais que Jacob l'a menacé, je vais le tuer. Son père était pourtant prévenu.

-Tu sais que nous avons un pacte avec eux. Si tu t'en prends à Jacob, tout le clan va entrer en guerre.

-C'est donc pour cela que je souhaite rencontrer le chef de ton clan. En plus de ce souci, nous devons trouver qui l'a agressé. Je ne peux pas la laisser vivre ici en sachant que quelqu'un peut s'y introduire sans que personne ne le découvre.

-Elle pourrait rester chez nous à Forks, nous la défendrons.

-Tu peux toujours le lui proposer mais la connaissant je ne suis pas sûr qu'elle accepte d'être couvée.

-Jusqu'à présent, elle n'a jamais refusé.

-Tant qu'elle n'a pas retrouvé sa mémoire, ça peut fonctionner mais connaissant son caractère…Il va falloir attendre son réveil pour le lui proposer.

-Tu sais que nous pouvons l'obliger.

-Je ne crois pas non ! As-tu réellement compris tout ce qu'elle avait subi ?

Je n'arrivais pas à croire qu'Edward pensait pouvoir la contraindre à faire quelque chose. Il me donnait envie de le frapper très violemment … Je m'étais battu pour que Bella puisse retrouver un semblant de vie et de confiance en elle. Hors de question, qu'elle reperde pied.

-J'aurais une dernière question avant qu'elle se réveille.

-Je t'écoute.

-Pourquoi l'as-tu entraîné dans le monde SM ?

-Je ne l'ai entraînée nulle part Edward. De plus, ce n'est pas à moi de répondre mais à Bella. Elle le fera si elle le souhaite lorsqu'elle retrouvera sa mémoire. Et ne cherche pas à trouver la réponse dans ma tête car tu n'y arriveras pas.

A son air, je vis qu'il était surpris par ma dernière requête mais réussit à se ressaisir rapidement. Il ouvrit la bouche pour me parler mais la porte de la chambre de Bella s'ouvrit au même instant. Je tournai la tête pour découvrir ma délicieuse petite humaine à peine réveillée. En la regardant, j'eus l'impression de retourner en arrière lorsqu'elle vivait avec moi.

Ses cheveux ressemblaient à s'y méprendre à un nid d'oiseau et elle avait une moue des plus adorables. Ses yeux étaient quasiment fermés et elle avançait en marchant comme un zombie. Elle semblait de mauvaise humeur.

-Je peux savoir pourquoi je dors autant que tu es là Santi ?

-Je t'ai fait boire un léger somnifère pour que tu puisses te reposer sans rêver. Nous le faisions quand tu étais très fatiguée dans le temps.

-Tu aurais au moins pu me demander. Je déteste qu'on prenne les décisions à ma place. Je suis sûre que vous en avez profité pour parler de ma petite personne.

-Oui un peu, j'avoue, mais rien que tu ne saches déjà.

Elle se retourna en grognant quelques paroles incompréhensibles et se dirigea vers sa salle de bain en claquant la porte. Au bout de quelques secondes, la voix gutturale du chanteur de Rammstein se fit entendre en même temps que l'eau s'alluma.

-Euh… je vais appeler mon père pour organiser un rendez-vous.

-Lâcheur va !

J'eus la confirmation qu'il découvrait la vraie Bella et qu'il ne savait absolument pas comment la gérer. J'esquissai un léger sourire de satisfaction et pénétrai dans la chambre de notre furie sans toquer. Elle était dans la salle de bain en sous-vêtements et ne s'aperçut de ma présence que lorsque je passai devant son miroir. Elle se figea en gardant sa brosse à la main. J'eus tout le loisir d'observer son corps et je m'approchais d'elle pour détailler ses nouvelles cicatrices, preuves de son agression. De mon index, je traçais les nouvelles traces qui lacéraient son corps magnifique.

-Je suis désolé de ne pas avoir eu la possibilité de te protéger ma belle.

-Pourquoi ne vivons-nous pas ensemble Santi ? Nous avons l'air si proche …

-Tu as préféré vivre seule, je me suis donc assuré que tu aies tout ce qu'il te faut dans cet appartement.

Je continuai mon inspection en la faisant pivoter pour qu'elle me fasse face. Je m'agenouillai pour étudier le haut de ses jambes et posai délicatement mes mains sur ses hanches. Elle haleta brusquement en se mordant les lèvres et je ne pus réprimer un sourire. Elle était toujours aussi réceptive. Sans ouvrir les yeux, elle s'agenouilla face à moi et s'installa sur ses pieds dans une position que j'adorais. Elle saisit mes mains et plongea son regard dans le mien.

-Santi, j'ai besoin d'apprendre mon passé.

-Je te raconterais tout ne t'inquiète pas. Est-ce que tu veux rester ici ?

-Non…

Sa voix était devenue sourde et son regard s'égara certainement vers un de ses cauchemars.

-Veux-tu retourner à Forks ?

-Tu viens avec moi ?

-Non, ma vie est ici. Je ne peux pas abandonner mes employés. Veux-tu revenir chez moi ?

-Tu n'as pas de femme jalouse ?

Sa réflexion eut le mérite de me faire rire. Je posais ma main sur sa joue et elle appuya sa tête pour apprécier la caresse.

-Tu ne te souviens vraiment pas de mon mode de vie ?

-Non, désolée.

-Ne le soit pas ma belle. Alors veux-tu ?

-Oui mais je ne veux pas abandonner les Cullen.

-Nous avons à parler de ce qu'il t'est arrivé avec eux. Je pensais les inviter chez moi pour quelques jours. Edward est en train d'appeler son père.

-Tu penses qu'ils vont accepter ?

-Nous verrons bien. En attendant, mets-toi dans ton bain. Je vais te laver les cheveux.

Elle me fit un magnifique sourire et sans aucune gêne, elle retira ses sous-vêtements en plongeant dans la baignoire remplie de mousse. Lorsqu'elle vivait avec moi, j'adorais m'occuper de ses cheveux. Je fus heureux qu'elle m'accorde sa confiance alors qu'elle paraissait si distante avec les Cullen.

Avec une délicatesse infinie, je lui mouillai la tête et débutai un massage crânien avec le shampooing. Ses cheveux étaient extrêmement longs et atteignaient la courbe de ses fesses. Je l'entendis gémir doucement et continuai à faire de légers mouvements circulaires pour la relaxer. Après avoir rincé ses longueurs, je lui embrassai tendrement le cou et remontai doucement jusqu'à son oreille. Elle inclina la tête pour me faciliter l'accès et je dus me flageller intérieurement pour stopper.

-Je vais te laisser te laver ma Belle.

Elle ouvrit de grands yeux interrogatifs et je lui souris pour la rassurer. Dans un souffle je repris la conversation pour être sûr qu'Edward n'entende pas.

-Je ne t'abandonne pas. Nous reprendrons au manoir.

Elle sourit et m'attira à elle pour déposer un baiser léger sur ma joue. Je me détournai en me félicitant de mon contrôle et également d'avoir mis un sous-vêtement qui me maintenait bien. Il aurait été déplacé de faire face à un ami de Bella en ayant une gaule phénoménale. Edward attendait presque sagement dans le salon en faisant des allers-retours. Lorsqu'il m'entendit, il leva sur moi ses yeux sombres.

-Quand as-tu mangé pour la dernière fois ?

-Il y a peu. Que faisais-tu avec elle ?

-Je lui ai demandé où elle voulait être. Elle veut venir avec moi mais sans te donner l'impression de t'abandonner.

-Toujours aussi peu encline à être égoïste…

-C'est ça oui. Tu as pu parler à ton père ?

-Oui, toute la famille voudrait te rencontrer.

-Je comptais vous inviter au manoir. Nous y serons tranquilles.

-Je vais l'en informer. Quand pouvons-nous venir ?

-Dès ce soir si vous le souhaitez. Je pensais y emmener Bella rapidement.

-Si tu as besoin d'une de mes voitures pour rentrer Edward, prends celle qui te plait.

La voix de Bella nous fit sursauter. Elle se tenait juste à côté de son ilot les bras croisés.

-Vous étiez encore en train de parler de moi, hein ?!

-On parlait de la venue des Cullen chez moi.

-Je préfère. On y va quand ?

-On va y aller bientôt. Je vais prévenir Grace pour qu'elle vienne avec nous. Tu devrais préparer tes affaires ma belle.

Elle s'avança doucement vers Edward et posa ses mains sur ses bras.

-Tu reviens, hein ?

-Oui ne t'inquiète pas. Il faut juste qu'on s'arrange et qu'on prenne quelques affaires.

Elle l'embrassa sur la joue avant de se détourner et lui proposa une voiture pour retourner à Forks.

-Ne t'inquiète pas Jasper a déjà pris la route pour venir me chercher.

Je décidai de les laisser parler un peu et descendis prévenir Grace de notre départ. Elle parut ravie et prépara ses affaires devant moi pour me suivre. En remontant, Edward était à l'entrée de la chambre de Bella et celle-ci finissait sa valise pour me suivre. Elle ferma la porte en nous souriant pour s'habiller et j'en profitai pour donner ma carte avec mon adresse et mon numéro pour la suite.

Il fut décidé que les Cullen arriveraient dans la nuit et je savais qu'Edward allait rentrer en courant chez lui. Elle ouvrit à nouveau sa porte et je dus me faire violence pour ne pas lui sauter dessus. Elle avait mis un slim noir taille basse avec une veste en cuir cintrée et un top en dentelle rouge. Comme toujours, elle était perchée sur des escarpins Manolo Blahnik noires, ornés d'une dentelle rouge sang sur le dessus. Edward la regardait avec des yeux grands comme des soucoupes, ce qui me confirma qu'il ne l'avait jamais vu dans ce genre de tenue.

Pour la première fois depuis mon arrivée, elle chercha mon assentiment sur son choix vestimentaire en me fixant. Je compris à cet instant, qu'elle s'habillait comme ça pour moi. Elle cherchait sans doute à masquer son manque de souvenir.

-J'ai toujours adoré ton style vestimentaire ma belle !

Par cette petite phrase, je lui confirmai qu'elle était parfaite et son sourire m'informa qu'elle avait compris le message caché. Grace arriva au même moment avec un sac et me détourna de mon attention trop appuyée sur le corps de mon humaine préférée. Je notai toutefois qu'Edward avait vu mon regard et il grogna doucement comme pour me mettre en garde. Je choisis de l'ignorer.

-Bella, veux-tu prendre une de tes voitures pour me suivre ?

-Je ne sais pas conduire Santi, enfin je ne m'en rappelle plus.

-Ce n'est pas grave. Tu vas monter avec moi et Grace nous suivra avec sa voiture.

Edward avait déjà récupéré toutes ses affaires et attendait sagement dans l'entrée, à côté de Grace. Je me dirigeai vers la chambre de Bella pour prendre sa valise et nous sortîmes tous de l'appartement pour prendre l'ascenseur. Grace nous laissa passer et Bella entra la première pour se placer dans l'angle du fond de la cabine. Telle une tradition, je me plaçai devant elle pour faire face aux portes en mettant une main dans mon dos. Elle la saisit sans aucune hésitation et sourit à Edward qui se positionna à ses côtés.

Grace entra ensuite et fixa les portes. Habituellement, je ne l'autorisais pas à monter avec moi mais là, la situation n'était pas la même. Elle avait la capacité de calmer et de rassurer Bella. C'est ce qu'il nous fallait actuellement. La descente fut assez rapide et juste avant que les portes s'ouvrent, j'entendis un grand soupir venant de ma Belle. Elle se mettait en condition pour affronter le monde.

Grace sortir la première et s'effaça pour nous laisser passer. Edward secoua la tête devant ces manières et se décida à rejoindre notre servante pour tenir les portes ouvertes. Je me retournai pour encourager Bella et je fus surpris par ce que je découvris. Ce n'était plus la jeune humaine apeurée que j'avais découvert plus tôt mais la femme fatale et sûre d'elle que j'appréciais énormément.

-Prête ?

Elle déposa un baiser sur ma joue sans répondre et dégaina un sourire carnassier. Je sortis pour me diriger vers le gardien et l'observai en rigolant. Il blanchit en découvrant Bella et j'entendis clairement son rythme cardiaque s'emballer. Même Edward parut choqué par la transformation et Grace encouragea ma Belle discrètement comme toujours.

Elle n'avait rien perdu de sa superbe et avança d'une démarche chaloupée sans un regard pour le pauvre bougre qui bavait derrière son comptoir. Nous lui emboîtâmes le pas et Grace attrapa la valise de Bella pour la placer dans son coffre. Edward détailla avec envie ma Ferrari et je tentai de me convaincre psychologiquement que je pourrais le laisser la conduire… plus tard. Bella se planta face à lui et il la couva instantanément du regard.

-Tu reviens, hein ?

-Bien sûr Bella. Je serais là ce soir avant que tu te sois endormie.

-Tu veux qu'on attende Jasper avec toi ?

-Non ne t'inquiète pas, il ne va pas tarder. Va t'installer avec Santi et je te rejoins ce soir.

Il l'enlaça tendrement en embrassant son front puis me serra la main avec un regard qui disait "prends soin d'elle sinon… ". J'opinai doucement du chef et ouvris la porte pour ma passagère. Elle s'y installa en souriant et je refermai la porte en serrant la main d'Edward.

-Rentre bien et à ce soir. Je prends soin d'elle en attendant.

Il ne répondit rien et se détourna doucement. Je montai dans la voiture et démarrai sans attendre pour rejoindre le manoir. J'allais avoir quelques heures avec ma belle pour parler de ce qu'elle voulait.

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Alors ? Qu'en dites-vous ? J'attends vos commentaires et si vous êtes sages, peut-être que le Père Noël vous offrira un chapitre en fin de semaine ! Pour ça, il n'y a qu'une chose à faire… Reviews ! ! ! )