Bonsoir à tous,
Comme promis et surtout parce que vous avez été sage, voici un nouveau chapitre comme cadeau de Noël ! J'en profite pour vous souhaitez un Joyeux Noël, passez de très bonnes fêtes de fin d'années avec votre famille et vos amis.
Bonne lecture.
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Chapitre 10
POV Bella
J'avais hâte de redécouvrir le manoir de Santi. Je ne m'en rappelais absolument pas et ma curiosité était piquée au vif. Grace venait avec nous et Edward allait nous rejoindre avec toute la famille. Depuis l'arrivée de Santi en fin de matinée, j'étais tiraillé entre plusieurs sentiments et je ne savais absolument pas ce que ça voulait dire.
Je ressentais le besoin urgent d'être proche de lui, avec lui. Lorsqu'il m'avait proposé de repartir à Forks, j'avais eu l'impression qu'un gouffre se formait au fond de mes entrailles. Je ressentis d'ailleurs le même lorsque je crus qu'Edward allait m'abandonner. J'avais besoin d'eux deux. Le compromis proposé était plus que parfait pour moi et semblait convenir à tout le monde.
Dès notre départ de la Villa Appia, j'oubliai où je me trouvais et me concentrai sur ce qui défilait sous mes yeux. J'avais entrevu la ville hier avec Edward mais là, je pouvais tout voir car il faisait jour. La ville était immense tout comme les buildings qui semblaient crever le ciel. Santi m'expliqua qu'il n'habitait pas à Seattle mais dans la banlieue de Redmond. Nous traversâmes le Lac Washington via le pont. Il roula très vite et nous arrivâmes sur place rapidement.
J'ouvris de grands yeux en découvrant le centre-ville plus que pittoresque et me laissai porter vers la forêt. Il s'aventura sur un chemin bien aménagé et au bout de quelques kilomètres, nous nous arrêtâmes devant une grille ouvragée. Mais pourquoi les gens que je côtoyais adoraient se planquer dans les bois ?
Une allée assez large pour permettre à deux camions de se croiser serpentait vers une énorme villa faite de pierres de taille beiges. Sur la gauche, je pus apercevoir une maison plus modeste faite du même matériau. Tout autour, je ne distinguai rien d'autre que la forêt. Les sentiers pédestres étaient en gravier et je pus dire par où il fallait aller pour cueillir des fleurs. Pour une fois, je n'étais pas perdue et c'était un réel plaisir.
Santi stoppa la voiture devant le porche et fit le tour pour m'ouvrir. Je vis la voiture de Grace continuer sur la gauche, certainement pour rejoindre son appartement. Il me proposa de rentrer avant de visiter le domaine et j'acquiesçai en saisissant sa main.
Comme dans mon dernier rêve, je découvris un hall d'entrée gigantesque et très haut de plafond. En me dirigeant sur la gauche, je trouvais la fameuse salle à manger que j'avais fleurie et je ne pus m'empêcher de sourire. Au fond de la pièce, il y avait une double porte menant à un jardin d'hiver luxuriant. La cuisine était attenante à ces deux pièces et était digne d'un restaurant. Sur la gauche de l'entrée, il y avait une grande pièce avec une énorme cheminée et plusieurs canapés. Un grand écran devait servir de télévision mais je ne voyais pas comment. Sur l'arrière, il y avait une bibliothèque ainsi qu'un bureau.
Le premier étage était composé d'un hall et d'une multitude de portes menant à des chambres. Santi m'annonça qu'il y avait 8 suites. Chacune avait sa propre salle de bain. Le deuxième étage était séparé en deux. La partie droite était celle de Santi et celle de gauche était la mienne. Je fus surprise de savoir que j'avais un appartement ici alors que je n'y vivais plus mais mon ami se contenta de sourire en me montrant mon chez moi.
Etrangement, j'eux l'impression de me retrouver dans mon appartement de Seattle. La disposition y était identique et les couleurs étaient sensiblement les mêmes. Ma valise trônait dans le dressing et je fus surprise de voir que celui-ci était déjà rempli. Il semblerait que j'y aie laissé des vêtements au cas où. Santi m'annonça que personne ne venait ici.
Ensuite, nous retournâmes à l'extérieur pour voir l'arrière de la maison. Il s'y trouvait une grande terrasse et ensuite, il y avait une piscine digne d'un bassin olympique et une Pool House. Je n'arrivais à percevoir aucun bruit de voiture, j'avais l'impression que nous étions seuls au monde. Il y avait une dernière pièce que je voulais découvrir maintenant mais je ne savais pas comment demander. Je pris une profonde inspiration avant de le fixer.
-Santi ?
-Oui ma Belle.
-Est-ce que je peux voir le Donjon ?
-Tu y tiens ?
-Oui ! Même si je ne me rappelle plus de ce qu'on y fait. Ça doit ressembler à ma pièce…
-Elle lui ressemble. Il y a juste beaucoup plus de place.
Il se dirigea doucement vers la porte en fer forgé et bois. Comme dans mon rêve, elle était cachée sous l'escalier et j'observai Santi l'ouvrir doucement. Il me précéda comme dans mon rêve mais ne s'arrêta pas en bas, il continua à avancer et accrocha les rideaux pourpres aux embrasses sur les murs.
Le sol était en béton ciré noir et recouvert de tapis à plusieurs endroits. Différents espaces étaient créés par des voilages, des grillages et des paravents en bois exotiques. Malgré toutes ces séparations, j'avais la possibilité de voir toute la pièce sans aucun problème. J'arrivai à deviner des cages posées au sol ou suspendues, des sièges percés, des chevalets et même de lourdes chaînes étaient accrochées au plafond et effleuraient le sol. Il y avait également les mêmes crochets que chez moi.
Un énorme lit trônait dans le fond de la pièce et je distinguais sans peine une grande croix en X dans un coin sous une lampe assez vive. Sur les murs, il y avait des alcôves éclairées qui donnaient à la pièce une ambiance tamisée. Pour finir, il y avait plusieurs grandes armoires faites dans le même bois que les paravents et les différents sièges de la pièce.
Etrangement, je n'avais pas peur de cette pièce. Je m'y sentais bien…Je lâchai la main de Santi et me dirigeai vers la table recouverte de cuir et la frôlai de mes doigts. Je savais qu'il m'observait mais qu'il gardait le silence pour me laisser redécouvrir ce lieu. J'avais espéré qu'en me retrouvant ici, j'arriverais à avoir des flashs de mon ancienne vie mais rien ne vint.
-Est-ce que cette salle a quelque chose à voir avec mes cicatrices ?
-Non Bella.
Il s'était rapproché de moi en silence et se tenait contre mon dos. Sa réponse fut chuchotée à mon oreille et son souffle déclencha une tempête dans mon ventre. Je n'arrivais pas à définir ce que j'attendais de lui mais j'avais envie de devenir brutal et sauvage. Je ne me reconnaissais plus du tout. Je m'appuyai allègrement contre lui pour savourer son contact sans lâcher la table. Il posa ses deux mains sur mes hanches et mes jambes se transformèrent en coton ou en guimauve, je ne saurais trop dire.
Comme dans ma salle de bain, il frôla mon cou avec son nez en me respirant et je fermai les yeux pour savourer. D'un geste rapide et sûr, il retira ma veste et la déposa sur la table. Il dégagea mes cheveux sur le côté puis reposa son nez sur mon épaule. Je voulais qu'il aille plus loin, plus vite mais il garda son calme et sa maîtrise en se concentrant sur mon cou. Je ne pus réprimer un grondement qui le fit rire puis il me fit pivoter pour que je lui fasse face.
-Tu sens tellement bon ma belle.
Je me foutais royalement de ses paroles, j'étais trop concentrée sur ce qui se passait dans mon corps. J'avais l'impression d'être traversée par un courant électrique intense. Il posa sa main sur ma joue et j'inclinai la tête pour intensifier la caresse.
-Nous allons devoir parler de beaucoup de choses tous les deux Bella. Il y a des détails qui ne regardent que nous et je voudrais le faire avant l'arrivée des Cullen. Enfin, sauf si tu veux leur dire après.
-Pour le moment, je ne veux pas parler d'ici avec eux. Quand je vois la réaction qu'a eu Edward à l'appartement.
-De quoi tu parles ?
Merde… J'en avais trop dit. Je me sentais trop en confiance avec lui. Je ne pouvais plus reculer maintenant, je devais lui raconter. Il interrompit le flot de mes pensées en saisissant ma main puis se détourna en attrapant ma veste. En moins d'une minute, nous étions retournés au deuxième étage et nous nous installâmes dans son appartement cette fois-ci. Il me donna une tasse de chocolat chaud puis se posa à mes côtés sur le canapé en cuir noir.
-Quelle réaction a eu Edward dans ta Play Room ?
-Promets-moi de ne pas crier Santi…
-Je te jure de rester calme. Je n'ai jamais élevé la voix sur toi, pourquoi penses-tu que je le ferais ?
-Il semblerait que l'évocation de mon ancienne vie et de la Play Room déchaîne les passions.
-Raconte-moi s'il te plait ma belle.
Je soupirai un grand coup et énonçai l'histoire tout en fixant ma tasse fumante. Je tentai d'ignorer ses plaintes quasi silencieuses.
-J'étais vraiment heureuse de venir à Seattle avec Edward. J'avais l'impression d'étouffer à Forks et mes cauchemars étaient de plus en plus violents, réalistes même. J'ai eu un coup de stress sur le Ferry.
-C'était déjà le cas avant. Nous n'avons jamais réussi à comprendre pourquoi d'ailleurs.
-Ensuite, lorsque nous sommes arrivés près de la Villa Appia, j'ai réussi à trouver instinctivement les codes pour accéder à mon garage puis à l'appartement. Edward n'y était jamais venu et nous avons fait la visite à deux. Tout s'est bien passé jusqu'à la dernière pièce…
Je stoppais net mon explication pour boire une gorgée de chocolat et fixai obstinément la fenêtre sans parler. Pourquoi avait-il dit ça ? Je me décidai à regarder Santi qui patientait sagement face à moi.
-Il a détaillé la pièce avec moi et j'ai pu voir ses poings se serrer brutalement. Lorsque j'ai voulu me rapprocher, il m'a repoussé en s'éloignant. Puis il s'est emporté en criant « Et tu oses me poser la question Isabella ! Sais-tu ce qu'on fait de ce genre de pièce ? ».
Ce fut au tour de Santi de s'énerver et je me hâtai de me lever pour fuir. Lui ne bougea pas mais se mit à grogner comme un animal. Je réussis à atteindre la porte et lorsque je l'ouvris, sa voix me retint de partir.
-N'aies pas peur Bella. Je ne suis pas en colère contre toi mais contre Edward. Il n'a pas à te parler comme ça. Es-tu d'accord pour te rasseoir et me raconter la suite ?
Je me retournai sans lâcher la porte et décidai de continuer mon explication d'ici. Il fallait que je garde une échappatoire.
-Il a ensuite saisi mes épaules pour m'ordonner de lui répondre « Réponds-moi immédiatement Isabella ! Sais-tu ce que l'on fait ici ? » puis « -Réponds-moi Isabella, je ne le répéterai pas ! ». Il m'a fait peur, vraiment peur sauf qu'elle s'est transformée en rage. Je n'ai jamais été aussi virulente envers lui. A mon tour, je lui ai ordonné de me lâcher. Je n'ai pas supporté d'entendre mon prénom en entier, il me fait frissonner.
Santi se leva pour me rejoindre et encore une fois, il me saisit la main et descendit en me tirant les deux étages nous permettant de nous retrouver au salon.
-Tu ne te sentiras plus enfermée ici. Si tu as peur, tu pourras partir de la pièce ma belle.
J'opinai en silence et me dirigeai vers un fauteuil près de la porte. Il s'installa sur un canapé à proximité tout en me laissant mon espace de protection.
-Ensuite je me rappelle lui avoir ordonné de sortir de la pièce. J'ai été choquée d'entendre ma voix.
-Que lui as-tu dit ?
-On va dire que j'ai été plus que virulente. Je lui ai dit « Je n'appartiens plus à personne. Tu as compris crevure ? Dégage de chez moi tout de suite avant que je te tue. ». J'étais même convaincue qu'il avait été engagé par les monstres de mes cauchemars. Il s'est excusé pendant bien 5 minutes en me disant que ma vie d'avant était différente et qu'il ne savait pas que j'avais ce genre de pièce. Il a même voulu que nous en sortions pour continuer à parler car il ne s'y sentait pas à l'aise. Nous nous sommes installés dans le salon et il m'a expliqué que cette pièce s'appelait une Play Room et c'était un lieu où les adultes consentants s'adonnaient à des pratiques sexuelles particulières.
-Tu plaisantes là ?
-Pas du tout. Est-ce que la Play Room sert aux pratiques sexuelles ?
-Oui tout à fait. Mais il n'avait pas à te parler comme il l'a fait.
-Je lui en veux pour ce qu'il a dit. J'ai vraiment eu l'impression d'être une désaxée sexuelle ou un truc du genre.
-Ecoute ma belle. Je ne peux pas tout te raconter maintenant surtout parce que tu n'as pas recouvré la mémoire. Chaque chose doit arriver en son temps. Je ne veux pas te brusquer ni te faire peur. En plus, les Cullen vont bientôt arriver et je ne veux pas qu'ils écoutent nos conversations privées.
-Promets-moi de m'expliquer Santi.
-Je te le jure même. Que veux-tu faire en attendant les Cullen ?
-Pas le temps de me raconter ?
Je tentai une moue à la "Alice Cullen" mais ça ne fonctionna pas. Notre discussion prit fin à cet instant et il me confia que j'en avais appris beaucoup pour une journée. Il me proposa de me détendre en attendant qu'il s'occupe de ses affaires professionnelles. Je décidai d'aller me baigner pour faire passer le temps et remontai avec lui pour me changer dans ma chambre.
J'avais une collection de maillots de bain plus qu'impressionnante et fus dépitée en ne trouvant que des bikinis minimalistes. Je retournai voir Santi et il rigola doucement en me confirmant que je ne me souciais pas de ça ici. Personne ne pouvait me voir car j'étais la seule à y vivre avec lui et surtout que j'étais la seule à profiter de la piscine.
C'est avec un regain de courage et de confiance en moi, je choisis un micro-shorty noir et un haut de maillot à lacer autour du cou dans la même teinte. Une fois habillée, je remarquais que cet ensemble m'allait parfaitement et mettait en avant ma poitrine. J'avais même l'impression d'en avoir plus. J'attrapai une paire de sabots à semelle compensée recouvertes de perles noires et une grande chemise transparente.
J'accédais à la piscine par le jardin d'hiver et je me jetai à l'eau sans attendre. Je fus surprise qu'elle soit aussi chaude et m'y prélassai pendant un moment avant de faire quelques longueurs. Le soleil brillait toujours et j'en profitai pour faire le plein de vitamines D. Je m'accoudais au bord pour lézarder sans quitter cette eau chaude fabuleuse quand j'entendis des petits pas près de moi. J'ouvris les yeux pour découvrir Grace qui patientait devant moi.
-Madame, vos invités vont bientôt arriver. Voulez-vous boire quelque chose avant ?
-Oui Grace, j'ai soif et faim. J'arrive dans 5 minutes.
-Je vous apporte une collation dans le jardin d'hiver.
Je sortis du bassin sans me presser et me séchai avant de rejoindre Grace. Le soleil se cacha derrière les arbres lorsque j'entrai dans la véranda et je ris devant cette scène. Quelle synchronisation parfaite !
J'eus juste le temps de rentrer et Grace arriva avec un plateau rempli de victuailles pour moi. Il y avait un jus de fruit frais et des pancakes fumants. Je déposai un baiser sur son front et elle me sourit en partant. Je me séchai et dévorai mon encas rapidement lorsque j'entendis un rire discret derrière moi. Je me retournai rapidement pour faire face à un homme que je ne connaissais pas. Je conservai un visage impassible en le détaillant. J'étais persuadée qu'il me connaissait d'avant et je me remémorais les paroles de Grace.
Il était grand et musclé avec des cheveux bruns plaqués vers l'arrière. Il portait un pantalon et une veste noirs et je devinais un polo assez moulant en dessous. Ses yeux noirs me fixaient avec envie et j'attrapai ma serviette pour me cacher dessous. Mais qui était-il ?
-Bonjour Dame Isabel.
J'ajustai ma serviette sur mon corps devant son air béat mais restai silencieuse. Je devais être seule ici, pourquoi était-il face à moi ? Grace choisit d'apparaître à cet instant et blanchit instantanément. Elle me mima LOGAN pour que je ne sois pas perdue.
-Bonjour Logan. Que faites-vous ici ?
-J'ai rendez-vous avec Monsieur Santi.
Heureusement pour moi Grace se décida à intervenir. Elle se précipita sur lui et l'obligea à se tourner.
-Mais que faites-vous ici Logan ? Pourquoi n'attendez-vous pas dans l'entrée ?
-J'ai entendu du bruit.
Il ne semblait absolument pas gêné d'être là et cherchait encore à se retourner pour me regarder. J'avais profité de l'intervention de Grace pour me vêtir mais n'arrivai pas à me décider à partir. J'étais terrorisée par cet homme.
Santi se matérialisa à mes côtés en quelques secondes et se plaça devant moi avant que le fameux Logan ne se retourne pour essayer de me regarder à nouveau. Il changea radicalement de comportement en découvrant qui était là.
-Bon… Bonjour Monsieur.
-Qu'est-ce que tu fais ici Logan ?
-Nous avions rendez-vous.
-Je le sais ça ! Et pourquoi n'es-tu pas dans l'entrée pour m'attendre ?
-Je…
-Non pas la peine de répondre. Je connais déjà ton excuse pitoyable. Vire ton cul d'ici maintenant ! Tu m'attends dans l'entrée sans bouger sinon je romps ton contrat ! Grace tu restes ici.
Logan ne répliqua pas et se hâta de retourner dans l'entrée. Santi avança vers Grace d'une manière bien trop empressée à mon goût mais je ne bougeais pas, j'avais encore peur.
-Comment a-t-il réussi à venir ici ?
-Je ne savais même pas qu'il était là Monsieur. Garrett a dû lui ouvrir mais il ne m'a pas prévenu.
-Tu devais rester avec Dame Isabel.
-Je venais de lui apporter une collation, j'étais retournée à la cuisine pour terminer la cuisson de repas de ce soir.
-Change de ton tout de suite Grace !
J'étais encore perdue dans mes pensées et je sursautai en entendant le ton de Santi. Il pouvait bien faire ce qu'il voulait à ce Logan mais pas à elle.
-SANTI ! STOP !
Il se retourna sans lâcher le bras de Grace et haussa un sourcil à mon attention.
-Frappes Logan si tu veux, engueule-le, fais-en ce que tu veux mais laisse-la tranquille. Elle m'a aidé pour son prénom pour que je ne passe pas pour une demeurée finie. C'est qui ce mec et que fait-il ici ? Tu m'avais dit que personne ne venait et que je serais tranquille !
Il se décida à rendre sa liberté à Grace et vint se planter devant moi en levant les mains vers moi. Je tendis les mains à ma merveilleuse aide et embrassai son front en la congédiant lorsqu'elle arriva à ma hauteur.
Dès que nous fûmes seuls, je giflais Santi pour me calmer un tant soit peu avant de reprendre. Il ne m'arrêta pas et n'eut même pas la décence de se frotter le menton.
-Tu vas me répondre maintenant Santi ! C'ÉTAIT QUI LUI ?
-Tu sais que tu as de la chance que je t'aime toi ?
-J'EN AI RIEN A FOUTRE DE TES SENTIMENTS DE MERDE ! C'EST QUI CE PERVERS QUI BAVAIT DEVANT MOI ?
-Ma puce, il va falloir que tu te calmes si tu veux que je te réponde.
-J'AI PAS ENVIE DE ME CALMER ! JE DETESTE ÊTRE SURPRISE !
-Ça je sais, je suis bien informé de cette particularité. S'il te plaît, calme-toi.
-TU VAS ARRÊTER DE REPETER TOUJOURS LA MÊME CHOSE !
J'avais conscience d'agir comme une gamine capricieuse mais la coupe était pleine, j'avais eu peur face à un homme qui se trouvait bien trop près de moi. Il avait pénétré mon espace personnel sans autorisation et ça me foutait en rogne. De plus, j'en avais marre de ma mémoire défaillante. Je levai à nouveau la main pour le gifler mais il l'attrapa brusquement et m'attira à lui.
-Une ça passe encore mais pas plus. Je vais te raconter qui il est, mais tu dois te calmer avant.
-MAIS VA TE FAIRE…
Sa bouche entra en collision avec la mienne et la fin de mon insulte fut étouffée. D'une main sûre et ferme, il m'attira contre lui et j'eus l'impression de me fondre à son corps comme s'il était un moule. Brutalement, sa langue viola l'accès de mes lèvres et je répondis à sa demande sans attendre. Je n'avais toujours aucun souvenir de comment faire mais je me laissai guider par l'instinct et passai une main dans ses cheveux, en tirai violemment une poignée pour le contraindre à continuer sa douce torture. S'il débuta la caresse, ce fut également lui qu'il la stoppa. Il continua à me fixer d'un regard noir où dansait un feu sauvage.
-Je peux t'expliquer maintenant ?
J'étais trop à l'ouest pour émettre une réponse alors je me contentai d'opiner de la tête en tentant un petit sourire. Il me porta et s'installa sur un canapé en rotin. Mes mains étaient toujours dans ses cheveux et je n'avais pas l'intention de les retirer. Son pouce caressa mes lèvres et se mit à sourire avant de parler.
-Logan était ton bras droit dans ton club à Seattle. Enfin, c'était celui qui était le plus proche de toi. C'était ton garde du corps, celui qui gérait le club quand tu étais absente.
-Il a dû me prendre pour une folle tout à l'heure.
-Non pas du tout. Tu as toujours été distante avec ton personnel, sauf avec Grace. J'ai toujours adoré le rapport que vous avez toutes les deux.
-Heureusement qu'elle est arrivée pour me donner le nom de Logan, sinon je n'aurais pas su quoi dire.
-Tu as su conserver une attitude froide et distante comme avant. Il n'a pas dû se rendre compte, c'est bien joué.
-C'est Grace qui m'avait donné quelques tuyaux pour ma sortie au Paramount avec Edward. Pourquoi est-il ici ?
-Il travaille pour moi maintenant. Depuis que le club a brûlé, tous tes employés ont été libérés avec une bonne compensation. J'ai réembauché les meilleurs jusqu'à ce que tu te décides à rouvrir un établissement.
-Je ne sais pas Santi… Tant que je ne me souviens de rien, je ne pense pas qu'il soit judicieux de retourner dans mon ancien monde.
-Rien ne presse ma belle. Je vais devoir aller le rejoindre. Veux-tu te venir avec nous ?
-Je ne comprendrais certainement rien à la conversation et je ne saurais quoi lui dire.
-Il est au courant que tu avais décidé de te retirer pour une cure ou un truc du genre. Alice avait veillé à garder secret ton agression. Dis-lui juste que tu vas mieux s'il te pose la question mais je doute qu'il le fasse. On fait le test si tu veux…
-Et je dois faire quoi ?
Rooo je vous jure, pire qu'un gamin ! Je ne sais vraiment plus rien, ça me gave !
-Soit juste toi-même, comme celle que tu étais dans ton ascenseur.
J'avais envie de relever le défi. J'avais adoré le sentiment de puissance que j'avais en sortant de chez moi avec Santi et je voulais le retrouver.
Il se leva en me gardant contre lui et se dirigea vers l'escalier de service à côté de la cuisine. Il avait demandé à Grace d'installer Logan dans le bureau du rez-de-chaussée et insista pour qu'elle le surveille puis gravit les étages pour me déposer dans ma chambre.
-Passe des fringues ma Belle. Je veux qu'il parte rapidement alors autant que l'entretien se termine au plus vite.
Je quittais son étreinte pour me ruer sur mon dressing. J'attrapais la première jupe venue et saisis un chemisier cintré pour l'accompagner. Je m'appuyai contre lui pour enfiler mes escarpins et attrapai sa main pour descendre rencontrer le fameux Logan.
Je rêvais d'en finir avec tout ça et de passer du temps avec Santi. J'avais envie de cela. C'était à en devenir dingue, surtout que je ne savais absolument pas pourquoi je réagissais comme ça. Avec Edward j'avais envie de le remettre en place comme si ses jugements avaient été un poison s'infiltrant en moi, avec Santi c'était autre chose et beaucoup plus intense.
POV Logan
Notre rendez-vous mensuel avec Monsieur Santi était devenu une habitude mais je détestais toujours autant le rencontrer. Je préférais mille fois travailler avec Dame Isabel mais elle avait disparu de la circulation depuis son agression au club. Jacob m'avait assuré n'avoir rien fait et je ne pouvais que le croire. J'avais essayé de me rendre chez elle pour la voir mais elle n'y était plus et son numéro de téléphone n'était plus attribué.
Après que le club ait brûlé, nous avions tous été convié dans un hôtel par Dame Lise. Les avocats nous avaient annoncé la volonté de notre patronne de se ressourcer. Ils nous lurent une lettre et nous assurèrent d'un dédommagement financier. Il ne fut jamais question qu'elle revienne un jour.
Monsieur Santi avait proposé de m'embaucher pour la gestion de son nouveau club à Seattle. Il ressemblait beaucoup au Black Nails sauf que la partie privée était plus petite et n'accueillait pas de repas. Les scènes étaient plus intimistes.
Mon nouveau patron ne venait jamais et je devais lui apporter les livres de compte ainsi que mes rapports régulièrement. Garrett vérifia son ordinateur avant de m'ouvrir le portail en me précisant que je devais attendre dans le hall d'entrée.
Le domaine semblait vide et je fus surpris de ne voir personne m'ouvrir la porte. Je patientai dans le hall comme demandé par Garrett quand j'entendis une discussion féminine. Ma curiosité prit le dessus et me dirigeai vers la salle à manger. Je crus reconnaître la voix de ma Dame Isabel et je me hâtai de rentrer dans ce que je pensais être un jardin d'hiver.
C'était elle, MA Dame Isabel. Je n'arrivai pas à y croire. Elle était en maillot de bain en train de manger des pancakes. Elle me semblait beaucoup plus fine que dans mon souvenir et j'eus le loisir de détailler son corps et ses magnifiques tatouages. Ma queue vibra de désir dans mon boxer et je ne pus réprimer un rire. Elle se retourna brusquement et se cacha derrière sa serviette en me détaillant avec méfiance.
-Bonjour Dame Isabel.
Elle ne m'adressa même pas un sourire et continua à s'emmitoufler dans sa serviette en me fixant d'un air sévère. Moi qui espérais qu'elle me reconnaisse comme celui qui l'avait protégé la dernière fois… Elle était injuste avec moi et me traitait vraiment mal. Je n'arrivais pas à accepter qu'elle me domine comme ça.
-Bonjour Logan. Que faites-vous ici ?
-J'ai rendez-vous avec Monsieur Santi.
Sa voix était froide et j'eus du mal à la reconnaître. Elle semblait à mille lieues de notre dernier entretien avec l'Indien au Black Nails. Soudainement, je sentis une petite main me détourner de mon admiration perverse et je découvris Grace qui semblait de mauvaise humeur.
-Mais que faites-vous ici Logan ? Pourquoi n'attendez-vous pas dans l'entrée ?
-J'ai entendu du bruit.
Elle m'emmerdait royalement avec ses questions à la con. Si seulement elle était aussi serviable qu'Angela, j'aurais pu l'envoyer péter pour rester seule avec celle qui occupait mes rêves depuis trop longtemps. J'adorais les brunettes mais elles ne remplaçaient jamais Isabella. Aucune n'avait sa classe et sa prestance.
Malheureusement pour moi, Grace était tenace et dévouée à ma belle brune. Je tentai un regard en arrière et pris peur. Monsieur Santi était là et se tenait devant Isabel tel un bouclier. Il me foutait vraiment la trouille, il était si possessif avec elle.
-Bon… Bonjour Monsieur.
-Qu'est-ce que tu fais ici Logan ?
-Nous avions rendez-vous.
-Je le sais ça ! Et pourquoi n'es-tu pas dans l'entrée pour m'attendre ?
-Je…
-Non pas la peine de répondre. Je connais déjà ton excuse pitoyable. Vire ton cul d'ici maintenant ! Tu m'attends dans l'entrée sans bouger sinon je romps ton contrat ! Grace tu restes ici.
Je retournai dans l'entrée en me pressant sans pouvoir empêcher un petit sourire d'apparaître. Grace allait morfler par ma faute, si seulement ça pouvait la calmer. Peu de temps après, je la vis débouler dans le hall. Elle était furax et se planta devant moi avec les poings sur les hanches.
-T'abuse Logan ! Tu sais pertinemment que tu n'as pas le droit de t'aventurer dans la maison tout seul.
-Oh ça va… Je savais pas qu'Isabel était là.
-Ça ne te regarde absolument pas ! Suis-moi, je dois te conduire au bureau.
Je la suivis de mauvaise grâce et la laissai m'enfermer dans le bureau donnant sur l'avant de la maison. Il m'avait semblé entendre une discussion animée entre Monsieur et Isabel mais je n'avais pas réussi à saisir le détail. Je dus patienter encore dix minutes avant d'entendre du bruit derrière la porte. Je me plaçai devant la fenêtre pour regarder dehors.
Je laissai mon esprit divagué sur le magnifique corps d'Isabel. Cela faisait presque un an que je ne l'avais pas vu et j'avais toujours envie d'elle. Comme un peu plus tôt, je sentis mon sexe durcir et je laissai cette sensation se développer au fond de mes tripes. Je savais déjà que j'allais devoir me soulager en rentrant.
La porte s'ouvrit brutalement et me remit les idées en place. Je me retournai pour voir Monsieur Santi entrer en tenant la main de ma belle brune. Elle ne jeta même pas un regard vers moi et s'installa dans le siège en cuir derrière le bureau du boss. Lui se posa à ses côtés. Elle croisa ses jambes et me jeta un regard sévère avant de saisir à nouveau la main de Santi. J'allais lui demander de ses nouvelles lorsqu'il m'interpella.
-Qu'est-ce que tu attends Logan pour faire ton rapport ?
-Euh… oui… pardon. Voilà Monsieur.
Il alluma son ordinateur et énonça ses questions.
-Nombre d'entrée sur le mois ?
-En augmentation de 10%.
-Consommation ?
-En augmentation de 20%
-Fréquentation du privé ?
-En régression de 5%. Nos invités souhaiteraient vous voir plus souvent. D'ailleurs, pourquoi ne viendriez-vous pas ce week-end ?
-J'ai autre chose à faire. As-tu d'autres nouvelles à me communiquer ?
-Nous avons une inspection sanitaire cette semaine et le contrôle fiscal aussi.
-Tu as tout regroupé sur une journée.
-Oui Monsieur.
-Parfait, je n'ai plus besoin de toi. Tu peux partir, je viendrais mercredi pour les rendez-vous.
Isabel n'avait pas parlé et ne m'avait pas adressé un seul regard. Elle détaillait les papiers que j'avais ramenés plus tôt et lorsque je me levai, elle fit pareil et se dirigea vers la sortie avec cet air hautain qui m'excitait tant. Je ne pus m'empêcher de lui saisir le bras pour la retenir.
Elle posa enfin son regard sur moi et je fus choqué par ce que j'y vis. Elle avait l'air dégouté de mon contact et murmura d'une voix emplie de haine.
-Qui t'a autorisé à me toucher ?
-Pardon Madame. Je voulais juste savoir si tout va bien.
-Et qu'est-ce qui te fait croire que tu as le droit de savoir ?
-Je…
-Lâche-moi tout de suite !
Santi n'avait pas bougé et regardait notre échange avec beaucoup d'intérêt. Il semblait si fier d'elle. Elle me repoussa brusquement en me fusillant du regard.
-Ose me toucher encore une fois et je te tue !
Sans un mot de plus, elle sortit de la pièce de la même manière chaloupée qu'avant et je me retournais vers Santi pour m'excuser.
-Je voulais juste prendre de ses nouvelles.
-Tu sais pertinemment qu'elle déteste être touchée. Je te vois mercredi au club.
Il me contourna et s'arrêta près de la porte.
-Au fait, recommence ça encore et je te démonte la tronche !
La porte claqua et je restais comme deux ronds de flan dans le bureau. Je n'eus pas le loisir de me poser plus de question car Grace débarqua comme une furie et me désigna la sortie sans parler. Je me décidai à la suivre sans répliquer. La maison était à nouveau déserte et silencieuse. Je me demandai quand j'aurais l'occasion de la voir. Je savais qu'ici c'était impossible, j'allais devoir soudoyer le gardien de la Villa Appia pour savoir quand elle rentrerait pour la rejoindre discrètement.
-Il te faudra attendre l'appel de Monsieur pour votre prochain rendez-vous.
-Pourquoi ?
-Pas besoin de raison, va-t-en !
Elle me poussa dehors sans ménagement et me claqua la porte au nez.
Je commençais à en avoir marre de ces femmes qui me traitaient comme de la merde ! Ce n'est pas dans mes habitudes. Ma Belle était inaccessible, j'allais donc me rattraper sur Grace. J'étais sûr qu'elle ferait un appât merveilleux pour attirer ma Dame Isabel. J'allais devoir m'organiser avec mes associés pour la suite.
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Qu'en pensez-vous ? J'attends vos commentaires. A mardi : )
