Bonsoir à tous,

J'espère que vous avez passé un excellent Noël et que Santa a été généreux avec vous ! Voici le prochain chapitre. Je vous remercie pour vos reviews et vos mises en alerte.

Nous allons en apprendre plus sur le passé de Bella et son caractère va venir faire un petit coucou aussi.

Bonne lecture.

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Chapitre 11

POV Bella

Les chiffres concernant le Club de Santi étaient vraiment très bons. Ce Logan gérait l'affaire d'une main de Maître. Je sentis son regard sur moi durant tout l'entretien et je fis tout mon possible pour ne pas lever les yeux. Quelque chose chez lui me dérangeait mais je n'arrivais pas à dire quoi exactement.

Lorsqu'il m'attrapa le bras, je ressentis une décharge électrique mais à l'inverse de la dernière fois avec Santi, ce contact m'écœura. Il émanait de ce Logan une aura de méchanceté et de perversité. Mon mentor m'encouragea du regard et j'eus à nouveau l'impression d'être cette femme sûre d'elle sortant d'un ascenseur dans le nord de Seattle. Je venais de trouver un exutoire à ma peur panique…

-Qui t'a autorisé à me toucher ?

Ma voix était devenue froide et autoritaire. J'avais l'impression d'être un caméléon. Il prit peur devant mon ton mais ne me lâcha pas.

-Pardon Madame. Je voulais juste savoir si tout va bien.

-Et qu'est-ce qui te fait croire que tu as le droit de savoir ?

-Je…

-Lâche-moi tout de suite !

Je le repoussai violemment en refreinant mes envies de meurtre.

-Oses me toucher encore une fois et je te tue !

D'un pas énervé, je sortis de la pièce et rejoignis ma chambre sans attendre. Il fallait que j'arrive à me calmer avant l'arrivée des Cullen. Ils devaient être persuadés que j'étais bien ici. Je ne voulais pas qu'ils m'obligent à les suivre à Forks. Je ne l'avais encore dit à personne mais j'avais décidé de rester ici avec Santi jusqu'au retour de tous mes souvenirs et peut-être même après. J'avais l'impression que lui seul avait assez de franchise pour me parler sans retenue. Edward avait des préjugés et m'accusait de trop de chose pour le moment.

Je montai dans ma chambre en courant après avoir ôté mes talons et fermai la porte en la claquant. Les escarpins volèrent contre le mur et je tournai en rond en cherchant à me calmer. Je ne trouvai pas la vraie raison de cette rage et je savais encore moins comment stopper ce flot de haine qui s'écoulait dans mes veines.

Santi entra sans frapper et s'installa sur un des canapés sans parler. Pour le coup, ça m'énerva encore plus. Pourquoi n'était-il pas intervenu dans le bureau pour empêcher ça et pourquoi n'était-il pas en train de me parler ? Je tentai un regard vers lui et eus envie de le frapper. Il me fixait en souriant.

Je lui fis mon plus beau majeur avant d'aller dans ma salle de bain. Il fallait que je trouve quelque chose pour me calmer. En passant dans mon dressing, j'aperçus des baskets noires et je stoppais net mon avancée. Voilà, j'avais trouvé une solution. Je déposai tous mes vêtements dans une panière en osier et attrapai un short, des guêtres en coton, un sous-pull et une veste sans manches. Une fois habillée, je chaussai mes baskets et attachai mes cheveux en une queue haute puis me décidai à sortir sans regarder Santi. Je débutai ma course dans l'escalier et je l'entendis juste avant d'arriver dehors.

-Attends Bella. Prends ce portable au cas où et suis le sentier. Il est éclairé.

J'attrapai le téléphone, le fourrai dans une poche et empruntai le fameux chemin encadré par de petites lampes. La nuit était en train de tomber mais je m'en foutais. Il fallait que je laisse sortir ce trop-plein, quitte à courir jusqu'au petit matin.

POV Santi

Elle avait beau avoir perdu la mémoire, son caractère était resté intact. Je fus plus que surpris de découvrir sa réaction face à Logan. Elle l'ignora royalement avant de le remettre à sa place comme le simple employé qu'il était. Si sa voix avait été nocive au sens propre du terme, mon portier serait mort. J'avais eu l'impression qu'elle lui avait craché sa rancœur à la tronche.

Je me décidai à enfoncer le clou en prévenant Logan. Il était hors de question qu'il s'approche de Bella. Il prenait un peu trop de libertés depuis quelque temps et aujourd'hui avait été le summum. Il eut en plus la bonne idée d'essayer de justifier son acte déplacé.

-Je voulais juste prendre de ses nouvelles.

-Tu sais pertinemment qu'elle déteste être touchée. Je te vois mercredi au club.

Je ne lui laissai pas le temps de répliquer et pris le même chemin que Bella. J'assénai ma dernière menace avant de sortir de la pièce. Je ne pouvais pas me permettre de me servir de mes talents vampiriques pour l'effrayer… Le but, pour le moment, était qu'il continue à s'occuper du club pour moi.

-Au fait, recommence ça encore et je te démonte la tronche !

Je filai vers la cuisine pour prévenir Grace qu'elle devait raccompagner Logan.

-Grace, raccompagne Logan à la porte et préviens-le que je le recontacterai pour notre prochain rendez-vous. Il a été plus que discourtois avec Dame Isabel et je ne veux plus qu'il l'approche. S'il résiste, appelle Garrett.

-Bien, Monsieur.

Je savais qu'elle ne donnerait aucun détail, elle cherchait à défendre Bella envers et contre tout. Je montai directement au second et entrai dans son appartement sans frapper. Elle tournait en rond dans le salon et j'aperçus ses talons contre le mur. Je grimaçai en sachant que j'allais devoir faire appel à un maçon.

Comme avant, il valait mieux que j'attende que la tempête se calme. Je ne tenais pas à prendre pour l'autre con et je ne voulais pas l'emmener au Donjon pour l'occuper. Elle n'était pas encore prête pour ça et je ne tenais pas la traumatiser. Avant son amnésie, lorsqu'elle s'emportait comme en ce moment, elle descendait d'elle-même au sous-sol et déversait sa rage dans une relation sexuelle battant tous les records en intensité. Jamais, elle ne se vengeait sur sa soumise.

Avec le traumatisme qu'elle avait subi dans sa jeunesse, elle n'envisageait aucun rapport avec un homme, sauf moi évidemment. Angela était sa soumise depuis plus de deux ans et cela lui permettait de tempérer sa rancœur. Leurs ébats étaient remplis de tendresse et d'amour. Elle gardait sa violence pour moi, elle savait que je ne la ressentais pas de la même façon, enfin que je ne craignais rien ou presque.

Elle se décida à me regarder et je tentai un sourire mais elle me fit un doigt avant de s'expatrier dans son dressing. Ma main me démangeait sérieusement et je dus me répéter plusieurs fois qu'elle avait une mémoire défaillante. C'est son instinct qui parlait, elle ne filtrait plus rien. Soudain, je me dis qu'elle ferait un nouveau-né vampire terrible et destructeur. Elle savait qui j'étais, elle était bien trop perspicace pour passer à côté mais son agression avait effacé cette information pour le moment. Elle n'avait jamais eu peur de moi malgré ma nature et m'avait même confié vouloir me rejoindre dans l'immortalité plus tard.

Finalement, j'aurais dû la mordre, ça lui aurait évité de souffrir lors de l'agression. Enfin… qui étais-je pour la contraindre à souffrir pendant trois jours pour vivre éternellement ?

Elle se décida enfin à sortir vêtue de sa tenue de sport et se rua vers l'escalier sans un regard. Je la rattrapai avec aisance car je voulais absolument la prévenir.

-Attends Bella. Prends ce portable au cas où et suis le sentier. Il est éclairé.

Elle attrapa le téléphone et reprit sa course. Si elle tenait aussi longtemps qu'avant, elle ne reviendrait que dans 2 heures. J'allais donc devoir accueillir les Cullen sans elle.

Près d'une demi-heure après le départ de Bella, Garrett m'appela pour me prévenir de l'arrivée des Cullen. J'autorisai leur entrée et me plaçai sur le perron pour observer le convoi qu'ils formaient. En premier venait une Mercedes noire, puis une BMW Cabriolet rouge cerise et pour finir une Volvo grise. Ils ne se refusaient rien…

Les trois voitures s'arrêtèrent devant moi et j'observai le clan au complet sortir. Pas de doute, ils étaient bien végétariens. Leurs yeux et leurs odeurs ne mentaient pas. Je les avais déjà senti lors de mes balades près de Forks mais j'étais loin du compte quant au nombre de vampires présents dans ce clan.

Je reconnus la tête blonde de Jasper dans le lot. Je l'avais rencontré une fois lors des guerres de territoires dans le sud. Il semblerait qu'il ait trouvé un clan moins violent et plus en adéquation avec sa vision des choses. Je fus surpris de voir qu'il s'était lié à une jeune femelle vampire à l'opposé de Maria. Il s'avança pour me faire face en souriant. Lui qui était assez dominant dans ses relations semblait apprécier de se laisser diriger par la naine branchée sur du 2000 volts, qui devait être Alice.

-C'est donc toi le fameux Santi… J'aurais dû m'en douter.

-Eh oui, c'est bien moi. Comment vas-tu mon ami ? A ce que je vois, tu as enfin trouvé ta place dans notre monde.

-Oui et je le dois à Alice.

Elle était vraiment petite, à peine sortie de l'adolescence. Ses cheveux formaient une couronne de pics noirs comme une nuit sans lune et elle semblait monter sur ressort. Les autres attendaient la fin de notre conversation et je me dirigeais vers la porte pour les convier à entrer.

-Installons-nous à l'intérieur, nous serons plus à l'aise pour discuter.

-Où est Bella ?

Forcément, il fallait qu'il la réclame. Edward semblait beaucoup trop attaché à mon humaine favorite. Il avait même l'indécence de croire qu'elle allait être sienne… S'il savait !

-Elle est en train de courir dans le parc. Logiquement, elle ne devrait pas tarder à revenir.

-Tu l'as laissé seul ? Mais t'es fou !

-Parle-moi autrement Edward. Elle ne craint rien ici. Le parc est clôturé et sécurisé. Je lui ai confié un portable au cas où.

Il s'apprêta à répliquer mais le chef de clan intervint en posant une main sur son épaule.

-Arrête ça tout de suite Edward. Nous sommes tous là pour la même chose, pas besoin d'entrer en conflit pour rien. Ne nous trompons pas d'ennemi.

Tout le monde se décida à entrer et je les précédai dans la salle à manger. Chacun s'installa et pour faire bonne figure, je choisis de me mettre en bout de table. Le chef de Clan choisit la chaise à l'opposé de moi et les autres s'installèrent dans un ordre qui sembla défini à l'avance.

-Bonsoir à tous. Je pense qu'Edward a dû vous parler de moi mais, je tenais à me présenter dans les formes. Je suis Santiago. C'est moi qui ai découvert Bella dans la forêt de Forks et qui l'ai ramené ici.

-Merci pour ton accueil Santiago. Je me présente à mon tour, je suis Carlisle Cullen et voici mon épouse, Esmé ainsi que mes enfants, Emmett, Rosalie, Alice, Jasper et Edward.

Je tiquai légèrement face à l'énonciation du terme "famille" mais ne dis rien.

-Alice a rencontré Bella, il y a plus de deux ans dans un centre commercial et elles sont devenues amies.

-Je sais oui. Elle m'avait parlé de cette rencontre. Je ne savais pas que tu étais un vampire Alice.

-Elle ne l'a jamais découvert.

- Je ne parierai pas là-dessus. Elle a toujours été très perspicace.

-Si ça ne vous dérange pas, je souhaiterais que nous abordions le sujet des Black tant que Bella est absente. Santiago, peux-tu nous raconter ?

-Je ne vous raconterai pas plus que ce que j'ai déjà dit à Edward. Il y a des points de détail qui ne doivent pas être dits. Bella m'avait demandé de garder secret certains aspects de son existence.

-Que t'a-t-elle autorisé à dire ?

Je scrutais doucement toutes les paires d'yeux qui me fixaient autour de la table avant de m'arrêter sur le chef, Carlisle, pour réciter mon texte. J'allais évidemment dire la vérité mais j'allais occulter certains passages. Bella m'avait déjà donné ses indications au début de notre relation.

-Elle se prénomme Isabella Marie Swan. Elle est née le 13 Septembre 1989 à l'hôpital de Forks. Ses parents étaient Renée Higginbotham et Charles Swan. Ce dernier avait engrossé la jeune Renée lors d'une soirée alcoolisée à Port Angeles. Lorsqu'il le découvrit, il l'épousa par obligation uniquement. Il devint un père froid, violent et la petite fut protégée tant que sa mère vécut. Malheureusement, celle-ci décéda d'une tumeur au cerveau, le jour des 11 ans de Bella. Elle resta sous le joug de cet enfoiré jusqu'à ses 15 ans. »

« Lorsqu'il mourut lors d'un règlement de comptes, elle eut la désagréable surprise de voir qu'il avait tout organisé pour la suite. Harry Clearwater vint la chercher le lendemain du décès de son père. Cette famille n'était pas si mauvaise que ça mais une fois à la réserve, elle attira l'œil de Jacob Black. »

Comme à chaque fois que cette histoire me revenait en mémoire, je bloquai à ce moment. Comme si la vie avait décidé de s'acharner sur ma belle, chaque évènement majeur arrivait le jour de son anniversaire. Edward dut entendre une partie de ma réflexion car il m'interpella à ce sujet.

-Pourquoi penses-tu à l'anniversaire de Bella ?

-Tu n'arrives qu'à lire ça dans mon esprit ?

-Oui. Ton esprit n'est pas très clair.

Je souris intérieurement face à cette information. J'étais plus qu'heureux de pouvoir préserver mes pensées.

-Je me disais que chaque traumatisme vécu par Bella s'était déroulé le jour de son anniversaire.

-C'est-à-dire ?

-Sa mère est morte un 13 Septembre, elle fut vendue également un 13 Septembre et pour finir, elle s'est fait agresser à la même date.

-Nom de …

-Emmett, ton langage !

C'était la première fois que j'entendais Esmé parler. Elle tenait vraiment la place de mère dans ce clan. Ils étaient réellement une famille, c'était inédit pour moi.

-Que lui est-il arrivé après ?

-Billy Black a offert une très grosse somme à Harry Clearwater pour acheter Bella. Je ne sais pas si vous êtes au courant mais la famille Black régente toute la réserve. Ils ne sont pas réputés pour être nets. Ils trempent dans pas mal d'affaires illicites.

-Nous ne savions pas, intervint Carlisle, de quoi parles-tu ?

-Blanchiment d'argent sale, vente d'armes et drogues. Une mini mafia Indienne en soi.

-Et ils prétendent vouloir protéger les humains des affreux vampires que nous sommes…

-Attention, tous les Quileute ne trempent pas de ce trafic. Je vous parle uniquement des Black. Le Père est un monstre de cruauté et de violence et malheureusement son fils est encore pire.

-Pourquoi ne les as-tu pas tués ?

-Je pensais avoir fait le nécessaire en rachetant Bella et en m'arrangeant pour que le père ait un léger accident. J'avoue que je ne tenais pas particulièrement à ce qu'une meute de loups ressemblant à des chevaux me pourchasse. Maintenant, la donne a changé et c'est le pourquoi de cette réunion.

-Peux-tu nous dire ce qu'elle a subi avec les Black ?

-Malheureusement non. Elle a écrit ses cauchemars dans un carnet et je pense que vous aurez tous l'occasion de le lire quand elle le désirera. Ce n'est pas à moi à parler de ça. Sachez juste qu'elle a souffert plus que de raison et qu'elle en porte des séquelles physiques, mentales et émotionnelles très importantes et irréversibles.

Tous me fixèrent consternés et Edward opina pour approuver mes derniers mots. A l'extérieur, les pas de ma belle s'étaient stoppés et nous l'entendîmes reprendre son souffle. De toute évidence, elle retint un sanglot avant de parler pour elle.

-Pourquoi me pourris-tu la vie comme ça ? T'es qu'un enculé de me faire chier comme ça !

Je ne pus réprimer un sourire en entendant son langage fleuri. Elle faisait déjà ça avant sa perte de mémoire. Dès qu'elle avait peur ou qu'elle paniquait, elle partait courir en gueulant sur à peu près tout, des cailloux aux oiseaux en passant par le ciel. Edward se leva tel un beau diable mais fut rattrapé par Jasper avant de penser à faire un pas.

-Non Ed', tu ne peux pas y aller. N'oublies pas qu'un humain n'entend pas si loin.

Il se rassit en grognant et se concentra sur les foulées de Bella. Elle approchait de la maison, ce qui signifiait la fin de notre discussion. Nous devions jouer la fable humaine jusqu'à ce qu'elle se souvienne. Avant que je puisse faire un geste, Grace entra avec un couvert qu'elle plaça à la place libre à ma droite.

D'une manière plus que naturelle, elle plaça des verres à moitié remplis devant nous puis des serviettes de table légèrement froissées et termina son installation en plaçant des tasses à café presque vides devant chacun. Bella avait fait du bon boulot avec elle avant son amnésie.

Elle lui avait appris à sauvegarder les apparences. Je savais que Grace connaissait mon secret mais elle restait toujours très discrète et savait tenir sa langue. Je savais que les Volturi étaient contre cette pratique. Pour eux, les humains ne devaient pas savoir qui nous étions mais je m'en foutais royalement. Les Cullen furent surpris de la voir "mettre la table" mais restèrent silencieux jusqu'à ce qu'elle ressorte de la pièce.

-Elle est au courant ? Demanda le Quarterback de la famille.

-Oui. Cela fait longtemps qu'elle travaille pour moi.

Il partit dans un fou rire homérique au moment même où Bella entra dans le jardin d'hiver. Nous l'avions tous entendu et entamâmes une discussion futile et superficielle pour donner le change. Je l'entendis rejoindre le deuxième étage en passant par l'escalier de service de la cuisine puis prendre une douche avant de redescendre pour nous rejoindre.

-Bonsoir à tous.

Elle marcha doucement pour venir s'asseoir à mes côtés et comme toujours, elle était magnifique. Malgré son petit souci de mémoire, elle avait conservé ses goûts vestimentaires. Au tout début, quand je l'ai ramenée ici, elle ne voulait s'habiller qu'avec des vêtements à moi. Plus précisément, il fallait que je les lui donne chaque matin. Elle n'avait jamais eu l'habitude de revendiquer ses choix, ni de pouvoir sélectionner ses propres habits.

Dès qu'elle eut intégré le fait qu'elle était libre et qu'elle pouvait avoir des idées et opinions, elle s'était lâchée. On avait débuté par de petites choses et au fil des mois, elle avait trouvé son propre style et s'était découvert une passion plus que dévorante pour les chaussures. J'avais bien conscience qu'il s'agissait d'un caprice mais que pouvais-je refuser à une jeune femme qui n'avait pas eu de vie avant ?

Elle s'installa à mes côtés et me sourit discrètement comme pour se faire pardonner. Je lui répondis plus franchement pour qu'elle comprenne que je ne lui en voulais pas. Mon regard dériva vers sa poitrine et je déglutis difficilement en apercevant une dentelle noire sous son chemisier beige. Elle n'avait pas conscience de ce qu'elle me faisait éprouver et c'était à la limite de la torture pour moi. Dans cette scène, qui n'en était pas une, les liens qui m'empêchaient de l'approcher s'appelaient les Cullen et l'objet me faisant dangereusement tanguer entre la passion et la haine, n'était pas une cravache ou un martinet mais tout simplement Bella et sa lingerie noire.

POV Bella

Le gravier du sentier craquait à chacun de mes pas mais je m'en foutais. J'avais juste besoin de me vider la tête. Comme me l'avait dit Santi, le chemin était éclairé et facile à suivre. Je ne pensais pas que la propriété fut aussi grande. Je courais à présent dans une petite forêt très bien entretenue et j'eus même le sentiment d'avoir la possibilité de rencontrer du gibier.

A bien réfléchir, je savais que ma réaction envers mon ami avait été démesurée mais je devais me battre contre mon instinct ainsi que mes peurs et je ne savais pas comment faire. Le condensé de mes cauchemars me fournissait une excellente idée de mon passé mais je ne me rappelais toujours pas comment j'avais réussi à échapper à ces monstres. Il me restait encore beaucoup de choses à découvrir.

La réaction d'Edward lors de la découverte de ma Play Room m'avait fait plus de mal que je ne voulais l'admettre. J'avais placé toute ma confiance en lui et son étroitesse d'esprit m'avait fait douter. J'avais ressenti le besoin de me protéger. J'avais préféré faire marche arrière dans notre relation.

Lorsque j'avais vu Santi dans l'entrée de mon appartement, j'avais eu le sentiment d'être en paix. Je n'avais plus peur. Son contact m'avait instantanément apaisé et sans le vouloir je l'avais recherché. Là où Edward me faisait me sentir mal, Santi me rendait plus forte, plus sûre de moi et plus puissante. Pour l'un, j'étais une petite fille et pour l'autre, j'étais une femme.

Ma dernière rencontre avec la gente masculine m'avait valu une peur irraisonnée. Logan avait un regard pervers qui me mettait mal à l'aise. Son contact m'avait effrayé et ma petite voix m'avait crié de partir en courant.

Je m'arrêtai en plein milieu du chemin pour souffler un peu. Je détestais être aussi embrouillée dans ma tête. J'avais besoin de m'en prendre à quelqu'un, comme si ça allait changer quelque chose. Je voudrais tellement que ça soit facile, juste une fois. Je réprimai un sanglot en basculant la tête en arrière.

-Pourquoi me pourris-tu la vie comme ça ?

Je ne savais absolument pas à qui je parlais mais ça me fit du bien.

-T'es qu'un enculé de me faire chier comme ça !

J'eus l'impression que mon cœur se vida en quelques secondes. J'étais bien, en paix avec moi-même. Je restai statique encore quelques minutes en écoutant les bruits de la nuit puis me décidai à reprendre la route à grandes foulées. Je savais que les Cullen étaient déjà arrivés mais j'avais encore besoin de calme avant de rentrer.

Un coup d'œil au portable m'informa que j'étais partie depuis un peu plus de deux heures. Il faisait maintenant nuit noir et la pluie commençait à tomber sur la ramure des arbres. J'accélérai encore un peu et aperçus rapidement le bleu illuminé de la piscine.

J'entrai par le jardin d'hiver et entendis distinctement les discussions dans la pièce voisine ainsi que le rire sonore d'Emmett. Je me dirigeais vers la cuisine pour emprunter l'escalier de service. Ma chambre était allumée et il y faisait bon chaud. Je retirai mes vêtements et entrai dans ma douche sans attendre. Je dus même battre un record de vitesse pour me laver. Je voulais rejoindre les autres rapidement et surtout tenter de m'excuser auprès de Santi pour ma crise.

Je démêlai mes cheveux mouillés et m'habillai d'un jean sombre et d'un corsage ajusté beige. Je vis un serre-taille noir et je tergiversai quelques secondes avant de le reposer. Le laçage était un peu trop complexe pour moi. J'avais besoin d'aide pour le poser et je ne voulais pas demander à Grace ce soir. Par contre, je ne pus m'empêcher de mettre des sous-vêtements noirs et de laisser les deux premiers boutons de mon haut ouvert.

Après avoir choisi des Jimmy Choo beiges ouvertes et les avoir mises, je me dirigeai vers le rez-de-chaussée en passant par le grand escalier. Mes talons firent un bruit énorme sur le marbre et tous les regards convergèrent vers moi dès que j'ouvris la porte.

-Bonsoir à tous.

J'eus droit à de grands sourires et me dirigeai vers le fond de la salle pour m'asseoir à la droite de Santi. Ils avaient déjà mangé et il restait uniquement mon couvert sur la table. Je risquai un petit sourire vers mon ami et il me le rendit comme pour m'informer qu'il pardonnait mon écart de conduite. Grace apparut comme par magie et me servit une blanquette de veau avec du riz. L'odeur déclencha les grognements de mon ventre. Il semblerait que j'avais faim. J'attrapai ma fourchette et les discussions reprirent de plus belles. Je les écoutai se parler de leur vie d'une oreille distraite. Il n'y avait qu'Alice qui continuait à me regarder en sautillant et en tapant des mains. Elle eut tout de même la bonne idée d'attendre que je lui parle pour attaquer avec ses questions.

-Qu'est- ce qu'il t'arrive Alice ?

-Je suis trop contente de te voir. En plus, tu as retrouvé ton style vestimentaire ! Ça veut dire qu'on va pouvoir faire du shopping.

-Je ne pense pas non. Tu sais, j'ai d'autres choses à gérer avant.

-Oh allez, ça te fera du bien.

-Même pas en rêve Alice ! J'ai assez de fringues pour ouvrir un magasin donc ça peut attendre.

-S'il te plait ?

-Non.

Elle croisa les bras en me lançant une moue triste mais je ne m'en souciai guère. J'étais même agacée par son comportement pour la première fois. J'abandonnai notre conversation pour écouter les autres. Carlisle était en train de raconter sa jeunesse et sa venue aux Etats-Unis et Santi expliquait qu'il venait du sud du Mexique. Une fois le repas terminé, Edward prit la parole. Il était installé à mes côtés et se tourna légèrement pour me faire face.

-Alors Bella, tu t'es rappelé de tes souvenirs en arrivant ici ?

-Non pas vraiment. J'ai juste l'impression d'être chez moi. Encore plus que dans mon appartement.

-Que veux-tu faire ?

-Je ne comprends pas ta question Edward.

-Est-ce que tu veux reprendre ta vie comme avant ton accident ou est-ce que tu veux repartir avec nous ?

J'étais bien emmerdée face à sa question. Je ne voulais vexer personne. J'avais terminé de manger et faisais tout mon possible pour éviter les regards que je sentais sur moi. Je ne voulais pas retourner à Forks car je savais que mes anciens bourreaux s'y trouvaient. Santi posa sa main fraîche sur la mienne, juste à côté de mon assiette, pour attirer mon attention.

Je me décidai à le regarder et je plongeai dans son regard doré. Encore une fois, je me sentis apaisé, à ma place.

-Bella, personne ne va te faire du mal parce que tu tiens à tes opinions. Dis-nous juste ce que tu souhaites et nous te dirons si c'est possible.

En soupirant, j'écartais mes doigts pour qu'ils soient enlacés à ceux de Santi puis pris une grande inspiration pour répondre.

-Jeveuxresteravectoi.

Ma voix n'était qu'un chuchotement et c'est avec beaucoup de mal que j'osais lever les yeux.

-Désolé Bella, nous n'avons rien compris de ce que tu as dit.

Carlisle me regardait d'un air bienveillant et je prononçai la même phrase un peu plus fort mais aussi rapidement. Une tension dans la main de mon ami m'informa qu'il avait compris ma demande et qu'il acceptait.

-Je trouve que ta demande est raisonnable, continua le patriarche Cullen. Santi te connait bien et pourra t'aider sur le chemin de ta mémoire. En plus, il nous a informés que vous possédiez le club que tu dirigeais avant ton accident. Il pourrait t'aider à reprendre le travail à ton rythme.

-Je ne vous remercierai jamais assez pour tout ce que vous avez fait pour moi. Je ne veux pas vous perdre.

-Tu ne nous perdras pas Bella, affirma Esmé. Seattle n'est pas si loin de chez nous que ça. Nous viendrons te voir et dès que tu arriveras à reconduire, tu viendras nous rendre visite.

J'opinai en silence en écoutant les commentaires d'Emmett, Jasper, Rosalie et Alice. Tous semblaient d'accord avec mon point de vue. Je me retournai vers Edward et fus choquée en le découvrant. Son visage était froid, dur, fermé et ses yeux avaient pris une teinte noire. La main de Santi se crispa sur la mienne. Je tendis mon autre bras vers mon nouvel ami et il se recula pour que je ne puisse pas l'atteindre. Il me rejetait…

Je laissai mon bras redescendre et baissai les yeux son assiette sans rien dire. Il n'avait même pas eu besoin de parler, j'avais compris qu'il n'était pas d'accord avec mon choix.

-Parle-moi Edward. Dis-moi ce que tu en penses.

-Je n'ai rien à te dire. Tu as choisi de retourner dans le monde qui t'a fait tant souffrir. Je ne peux pas me battre contre ça ! Tu es maso, pauvre petite fille ! Tu voulais qu'on te protège mais je suis sûr que tu adores souffrir. Je ne m'étais pas trompé sur toi !

Santi se leva d'un mouvement brusque pendant qu'Esmé cacha sa bouche avec sa main. Carlisle s'approcha d'Edward pour le sermonner mais je n'écoutais plus. Les mots avaient été dits. Grace arriva à ce moment précis et m'interpella.

-Désirez-vous un dessert Madame ?

-Non, merci Grace.

Elle commença à ranger la table mais je l'en empêchai.

-Tu peux y aller Grace. Je vais m'en occuper.

Je me levai sans attendre et déposai un baiser sur son front. Elle souhaita une bonne nuit à tous et retourna vers son appartement. J'attrapai le plateau qu'elle avait emmené et regroupai les verres, tasses, serviettes ainsi que mon couvert avant de retourner en cuisine.

Personne ne parlait mais je sentis les regards des Cullen dans mon dos. Je chercherai quoi faire. Il venait de dire que j'avais choisi de souffrir. Je ne savais pas s'il avait raison ou non. Je me sentais mal d'avoir énervé un ami. J'avais l'impression qu'un gouffre nous séparait depuis notre arrivée à Seattle. Il semblait déçu par ce qu'il découvrait sur moi. Comme si je n'en valais pas la peine.

-Attends, je vais t'aider.

-Non merci Esmé. Je devrais m'en sortir. Je vous laisse discuter. Je n'ai rien à rajouter ce soir. Je vous souhaite une bonne nuit, à demain.

Je n'attendis même pas la réponse et franchis la porte de la cuisine d'un pas décidé. Plus je repensais à ce qu'il venait de se passer, plus je m'énervais. Pourquoi Edward prenait-il les choses comme ça ? Pourquoi voulait-il diriger ma vie ?

Dans un accès de rage, je jetai le plateau sur l'îlot et laissai tout en plan pour rejoindre mon appartement au deuxième étage. Pourquoi avais-je le sentiment qu'on voulait me diriger encore une fois ? Il ne vaut pas mieux que Jacob. Cette pensée me traversa et je ne savais d'où elle venait mais j'étais convaincue qu'elle était belle et bien vraie. Mon cœur se serra en réalisant qu'Edward ne m'avait jamais aimé… Il s'était juste donné la mission de me changer pour me modeler à son image…

Comme ton père Isabella…

La tête me tournait devant cette vérité et je franchis les portes de ma chambre sans entendre la moindre conversation, ni le moindre mouvement dans la salle à manger et claquai la porte avant de la verrouiller. Je ne tenais pas à être dérangée.

Je me dirigeai vers ma stéréo et je la mis en route. Une clameur digne d'un grand stade se fit entendre avant qu'un riff aigu débute. La platine annonça "Thunderstruck – AC/DC". Rien de tel qu'un groupe au nom synonyme de courant électrique pour qualifier ma soirée.

J'éteignis les lumières et abandonnai mes talons pour me vautrer sur le canapé. Je tentai de me perdre dans la musique pendant quelques minutes en me disant que finalement ma course n'avait servi à rien. J'étais aussi énervée que plus tôt dans la journée.

Lorsque j'entendis frapper à la porte, j'augmentai le son comme toute bonne garce qui se respecte et je me levai pour choisir un autre CD plus violent. Je tombai sur une pochette noire où trônaient 3 têtes de mort. Elle semblait soutenir le nom du groupe "Amon Amarth". Je laissai la musique se déverser des enceintes et ne pus réprimer un sourire en me rendant compte qu'elle couvrait sans problème les coups à la porte. Au bout d'une bonne heure, la musique cessa mais je ne bougeai pas d'un pouce. J'épiai les bruits environnants pour voir si quelqu'un se trouvait toujours derrière ma porte mais rien ne vint.

Il semblerait que le monde ait décidé de me laisser en paix.

Je me relevai pour aller dans ma salle de bain. Après un démaquillage rapide et un brossage intensif de mes cheveux, j'attrapai un shorty dentelé et un top blanc puis entrai dans ma chambre. Il y faisait sombre et j'allumai la lumière. En faisant face à mon lit, je sursautai en découvrant que je n'étais pas seule dans la pièce.

-Comment es-tu rentré ?

-N'oublies pas que c'est ma maison Bella. Est-ce que ça va ?

-Non pas vraiment. Je ne pensais pas qu'il allait réagir comme ça.

-Ne t'en fais pas, il s'en remettra !

-Es-tu d'accord pour que je reste ici ?

-Bien évidemment. Tu as et auras toujours ta place ici, à mes côtés.

Je franchis rapidement l'espace qui nous séparait pour me coller à lui dans une étreinte de remerciement. Ses grands bras capturèrent mes épaules et son menton se posa dans les cheveux. Nous restâmes ainsi pendant plusieurs minutes avant que mes questions existentielles reprennent.

-Où sont les Cullen ?

-Ils se sont couchés après que tu sois partie. Carlisle n'était pas du tout content de la façon dont Edward t'a parlé. Je n'ai pas apprécié non plus, soit dit en passant.

-Oh, cela ne fait que deux fois qu'il me rejette en peu de temps. J'ai l'impression qu'il veut me diriger, me contraindre à faire quelque chose qui n'est pas moi.

-Chut, calmes-toi. Il faudra que tu lui en reparle. Il ne sait peut-être pas comment agir avec la nouvelle toi. N'oublies pas qu'il t'a connu sans souvenir donc ton évolution doit surprendre.

-Tu prêches pour sa paroisse maintenant ?

-Bella... arrête ! T'es chiante quand tu t'y mets ! Ce que j'essaye de te dire c'est qu'il faut que tu sois compréhensive avec les autres.

-Ouais bah on verra une autre fois. Je veux dormir maintenant.

Il me relâcha en riant profondément et ouvrit le lit en me faisant une courbette.

-Si Madame veut bien se donner la peine...

-Merci très cher.

Je ris comme une petite fille et sautai dans le lit. Il embrassa mon front en me couvrant puis retourna vers une porte entrouverte que je n'avais pas encore vue.

-Bonne nuit Bella et à demain. Si tu as besoin, je serais à côté dans ma chambre.

-Tu ne veux pas rester un peu avec moi ?

Il revint en souriant et ôta son pantalon ainsi que son pull pour se coucher à mes côtés. Je m'accrochai à lui et posai ma tête sur son épaule. Son bras vint m'étreindre et il éteignit la lumière en embrassant mon front puis mon nez. Encore une fois, mon corps attendait plus…

-Bonne nuit Santi. Merci d'être là.

-Pour toujours ma belle, pour toujours.

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Alors ? Qu'en dites-vous ! Rendez-vous en 2016 pour le prochain chapitre…