Bonsoir à tous,

Voici l'explication tant attendue entre Bella et Santi. Ce chapitre est très important pour la suite. J'espère qu'il vous plaira…

Je vous remercie pour vos commentaires et je n'oublie pas les non inscrits qui laissent une trace de leur passage toutes les semaines.

Petit rappel de RATED M Interdit aux moins de 18 ans pour plusieurs raisons…

Bonne lecture.

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Chapitre 14

POV Santi

Mais qu'avais-je fait ? La soirée avait magnifiquement bien débuté, j'aurais dû refuser de faire entrer Banner pour son contrat. Peut-être était-ce trop pour elle. J'avais craint à plusieurs reprises qu'elle arrive à sa limite. Peut-être l'avais-je atteint cette fois-ci…

Ses questions tournaient en boucle dans mon esprit et je cherchais la meilleure façon d'y répondre sans la brusquer. J'avais tenté de repousser au maximum les informations sur la partie de notre vie qu'elle ne se rappelait pas.

En l'espace de quelques secondes, j'avais retrouvé la petite fille perdue et apeurée que j'avais connue. Elle semblait douter de mon attachement pour elle. Il est vrai que j'avais tu mes sentiments depuis son réveil pour ne pas interférer dans ses choix. Avant son amnésie, notre affection était implicite. Nous n'avions pas besoin de le dire, nous le savions tous deux et c'est ce qui nous importait le plus. Son corps semblait se souvenir de moi et réagissait toujours aussi vite à mes caresses. Mais sa mémoire lui jouait des tours et j'arrivais à le voir dans ses yeux.

Nous étions en train de sortir du club pour rejoindre ma voiture et elle se cramponna à mon bras comme à une bouée de sauvetage. Elle était redevenue la femme fatale que je connaissais, certainement pour sauver les apparences et je l'en félicitai en silence. Logan nous refit le même cirque qu'à notre arrivée en faisant une révérence tout simplement ridicule. Ma belle serra le poing comme pour se retenir de le frapper. Elle était en train de se retrouver, c'était certain. J'étais persuadé qu'il ne lui manquait pas grand-chose pour redevenir ma Dame Isabel.

Je l'installai à sa place dans la voiture avant d'en prendre le volant. J'allais devoir rouler vite pour rentrer chez nous. Je voulais pouvoir lui expliquer rapidement. Pour lui montrer qu'elle importait à mes yeux, je saisis sa main et la gardai prisonnière sur ma cuisse. Je n'avais jamais réellement dû montrer mes sentiments à mes partenaires. Toutes, sauf Bella, étaient mes soumises et je n'avais aucun geste de tendresse pour elles à l'extérieur. Nos relations se cantonnaient à ma Play Room. Je fus surpris de sentir les doigts de ma Belle caresser ma main d'une manière distraite pendant qu'elle regardait à l'extérieur.

Une fois arrivés devant le manoir, je ne pris même pas la peine d'aller jusqu'au garage et me stationnai devant le porche. Je contournai la voiture pour ouvrir à Bella et dans le même mouvement, l'attrapai pour la porter comme une mariée jusqu'à mon appartement. Elle ne dit pas un mot et se contenta de me fixer durant toute l'ascension. Je la déposai sur mon canapé et tentai de retrouver mes esprits en marchant de long en large. Par quoi allais-je commencer ?

POV Bella

Il avait l'air aussi perdu que moi. Je l'observai en train de faire les cent pas devant moi, les mains dans le dos. La soirée avait tellement bien débuté que j'étais désolée de la tournure des évènements. Je rêvais que Banner n'était pas arrivé pour tout gâcher et que mes questions n'avaient pas de fondement. Je voulais à nouveau sentir le corps de Santi contre moi et ressentir les mêmes sensations.

Après ce qui me sembla être des heures, il s'arrêta pour me regarder puis retira sa veste pour s'installer face à moi. Il se décidait enfin à me parler, j'en étais ravie.

-Depuis ton réveil, j'ai essayé de te protéger un maximum. Je ne voulais pas aller trop vite ni te raconter ton passé afin que tu avances à ton rythme. Je ne vais pas tout te raconter ce soir mais au moins te tranquilliser sur une partie.

J'avançai doucement pour être plus proche de lui et posai ma main sur sa joue pour l'inciter à parler.

-Pour répondre à ta question, nous n'avons jamais signé de contrat car tu avais besoin d'indépendance. Ton passé fait que tu ne supportes pas d'être dirigée.

-Peux-tu me raconter mon passé ?

-Non, je ne peux pas. Enfin pour être exact, je ne le veux pas.

-Pourquoi ?

-Parce que je veux encore pouvoir te préserver de tes démons. Ecoutes Bella, ta vie avant ton amnésie n'était pas fameuse. Tu avais de nombreuses peurs et craintes. Tu cauchemardais toutes les nuits. A tel point que tu attendais le jour pour dormir plus paisiblement. Tu n'autorisais personne à t'approcher pour te protéger.

-Même toi ?

-Non, j'étais l'exception. Ton petit souci actuel te préserve encore et je voudrais qu'il reste en l'état encore longtemps pour que tu ne souffres plus. Tu as droit à une belle vie. Pour répondre à la dernière partie de tes interrogations, sache que tu me plais énormément. Encore une fois, je me suis senti obligé de taire mes sentiments pour te laisser choisir.

Il était en train de dire qu'il avait mis ses sentiments pour moi de côté afin de me laisser le choix. Je trouvai cet acte magnifique. Je ne pensais pas que les hommes puissent être capables d'acte désintéressé. Cette pensée me rendit émotive et je sentis de grosses larmes dévalées mes joues. J'étais submergée par son amour pour moi.

-Oh non ma belle, ne pleure pas pour moi. Je ne voulais pas ça.

Ses doigts vinrent cueillir mes pleurs et ses mains se placèrent sur mes joues lorsqu'il déposa ses lèvres sur les miennes dans un baiser tendre. Il y mit fin rapidement et continua son explication. Cette fois-ci, je m'appuyai contre lui.

-Si tu veux, je te montrerai un contrat type pour que tu voies à quoi ça ressemble.

-Doit-on systématiquement signer un contrat pour aller en Play Room ?

-Non pas du tout. Ceux qui se connaissent bien et qui sont consentants n'ont pas forcément besoin de ça pour jouer ensemble.

-Est-ce que nous jouions ensemble ?

-Oui.

-Pourquoi est-ce que je ne vivais plus avec toi ?

-Comme je te l'ai déjà dit, tu as émis le souhait d'être indépendante. J'ai donc fait le nécessaire pour que tu le sois en toute sécurité.

-Sais-tu pourquoi j'ai demandé ça ?

-Non, je ne le sais pas. Tu ne me l'as jamais dit.

-Ecoutes Santi, je ne sais plus pourquoi j'ai demandé l'indépendance. Depuis mon réveil et depuis que je t'ai retrouvé, je n'aspire qu'à une chose…

-Laquelle ma belle ?

-Rester près de toi.

-Tant que tu le désireras, je serais là Bella.

Je me sentis rassurée par ses propos et me rapprochai encore de lui pour coller ma joue sur son cou. Il me berça pendant quelques minutes.

-Et si nous allions nous coucher ? La journée a été riche en émotion.

-Bonne idée. Je suis claquée !

J'abandonnai ma position pour aller dans ma salle de bain pour me démaquiller. Santi me suivit et m'aida à retirer toutes les pinces de mon chignon puis passa la brosse dans mes cheveux. Ensuite, il m'assista pour retirer ma robe et je l'entendis grogner en découvrant mes dessous.

Malgré le feu qui couvait dans mon ventre, je me mis à bailler sans grâce et il s'en aperçût. Il se mit à rire et attendit que j'aie revêtu mon shorty et mon caraco pour me prendre à nouveau dans ses bras. Il franchit à nouveau son appartement et me déposa dans son lit puis le contourna pour s'y étendre également.

-Nous reparlerons de tout ça demain ma belle. Dormons un peu.

En souriant, je m'approchai de lui pour me coller à son flan et posai ma tête sur son torse. Avant même de pouvoir lui souhaiter bonne nuit, je dérivai vers un sommeil que j'espérais être réparateur. Je me remémorai chaque instant de cette journée qui, j'en étais persuadée, allait être le point de départ de ma prise de conscience et de ma nouvelle vie avec mon ami ou devrais-je dire mon âme sœur.

Peu à peu mes réflexions se modifièrent pour laisser à la place à un rêve comme quasiment toutes les nuits. Une scène inédite se dessina dans mon inconscient et je cherchai à en mémoriser chaque indice. J'étais face à un miroir sur pied, comme celui qui trônait à l'entrée de ma Play Room. Mon reflet était totalement différent. Je ressemblais à une petite fille en robe rose bonbon. Je me trouvais dans une chambre aux murs gris avec un lit surmonté d'une couette violette. La pièce était classique et peu meublée, il y avait une chaise à bascule dans un angle et une poupée en très mauvais état dessus. La porte s'ouvrit pour laisser apparaitre une femme d'une trentaine d'années. Elle avait les cheveux bruns ondulés, coupés au niveau des épaules. Elle était vêtue d'une robe noire stricte et d'un gilet deux fois trop grand pour elle. Elle avança rapidement vers la petite fille pour la prendre dans ses bras.

-Ne sois pas triste ma chérie. Papa ne voulait pas te disputer. C'est de ma faute, je n'ai pas écouté ce qu'il m'avait ordonné. Tu sais, il faut toujours veiller à respecter les souhaits de ton père. Plus tard, tu feras pareil avec ton mari. S'il te demande quelque chose, tu dois le faire avec le sourire.

La petite fille opina en sanglotant et elles continuèrent à se câliner assises au sol. Une porte claqua au loin et je sursautai en entendant hurler.

-Putain de merde ! C'est quoi ce bordel ! René, Isabella, vous êtes où ? Pourquoi la maison est aussi dégueulasse ? Ramenez vos culs immédiatement.

Un flash m'aveugla et lorsque ma vision se rétablit, j'étais toujours devant le miroir face à la petite fille, qui n'était autre que moi, mais René n'était plus là. J'étais habillée en noire, avec un gilet deux fois trop grand pour moi. Je n'étais plus dans ma chambre mais dans un cimetière et je tenais la main d'un homme imposant en costume sombre, très bien taillé.

Sur la pierre tombale à mes pieds, j'arrivai à lire "René Swan" et en levant les yeux, j'aperçus le visage sévère de mon père Charles Swan. Lui ne pleurait pas, il semblait énervé et me regardait régulièrement avec mépris et dégoût.

Un autre flash se produisit et je me retrouvai dans le même cimetière dans une tenue qui ne ressemblait à rien, tenant la main d'un Indien. Sur la pierre tombale, un nom avait été ajouté, celui de Charles Swan.

Là, ce fut une explosion qui m'ébranla et je ne me retrouvai plus derrière un miroir mais dans une grange rouge. J'eus instantanément envie de fuir pour essayer de me réveiller. Je connaissais déjà cette partie et elle me faisait trop peur pour la revivre encore. Je me mis à courir comme une folle en hurlant mais avant même que je puisse atteindre les portes, je me retrouvais couchée sur un lit dans une chambre miteuse. La porte s'ouvrit sur l'Indien du cimetière. Son regard était pervers et rempli de méchanceté.

Il se jeta sur le lit et dès cet instant, j'eus l'impression de vivre l'expérience d'au-dessus, comme si je regardais un film d'horreur. La femme frêle devint une personne sans visage et l'Indien s'assura qu'elle soit bien attachée avant de lui arracher ses vêtements. Après lui avoir pincé les seins, il la recouvrit de son corps et ses grognements ne laissèrent pas de place à l'imagination. Une fois qu'il eut terminé, il se releva en lui léchant le visage et un Indien plus jeune apparut pour le remplacer sur le lit.

-Amènes-toi fils. Tu vas voir, elle est bonne à souhait.

Les coups donnés par les deux hommes desserrèrent les liens de la jeune femme, elle patienta en pleurant et en tremblant. Ils l'abandonnèrent à la nuit tombée et elle se leva pour atteindre la fenêtre, l'ouvrit pour l'enjamber puis se mit à courir vers la forêt toute proche. Sa course se transforma en marche au fil des heures et elle tomba de fatigue au lever du jour. Elle se réfugia dans un tronc mort pour se cacher et s'endormit. En détaillant son corps, je ne pus que reconnaître le mien et sursautai en sentant une main sur mon épaule. C'est à cet instant que mon rêve se termina car j'ouvris les yeux réellement pour voir Santi penché sur moi, le regard anxieux. J'étais étendue sur le dos et je respirai de façon saccadée.

-Ça va Bella ?

En entendant son angoisse, je me rendis compte que je pleurais et surtout que je ne pouvais pas parler tant j'étais mal. Pour répondre à mon ami, je secouai la tête de gauche à droite.

-Tu as fait un cauchemar ?

J'opinai doucement en pleurant en silence.

-Tu veux m'en parler ?

Je cherchai à me redresser mais il fut plus rapide que moi. Il m'attrapa pour me porter et se dirigea vers son salon. En moins de temps qu'il faut pour le formuler, il m'apporta un café et s'installa à mes côtés. J'en bus la moitié avant d'arriver à parler.

-J'ai vécu mon histoire en accéléré.

-Tout ?

-Je me suis réveillée quand tu m'as trouvé dans la forêt. Qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour mériter tout ça ?

-Je ne sais pas ma belle. Rassure-toi, ta vie s'est améliorée après ce moment.

Je me rendormis rapidement dans un sommeil dénué de rêve et me réveillai lorsqu'un rayon de soleil atterrit sur mon visage. J'ouvris subitement les yeux en ayant l'impression d'être quelqu'un d'autre et tournai la tête pour observer Santi qui dormait profondément. Nous étions de nouveau étendus dans son lit et je compris qu'il avait attendu que je me rendorme pour me recoucher. Il était tellement rare que je me réveille avant lui que je comptais bien en profiter pour l'observer sous toutes les coutures.

Depuis nos retrouvailles, j'avais été tellement concentrée sur mes soucis que je n'avais pas vraiment regardé celui qui était mon ami. Je semblais toute petite à ses côtés tellement il était imposant. Sans être aussi développé qu'Emmett, il avait une musculature plus qu'avantageuse et sa peau possédait une teinte dorée magnifique. Ses cheveux noirs étaient assez longs pour un homme et effleuraient ses épaules. Il les attachait tous les jours en une queue basse maintenue par une sorte de bague assez large en argent.

J'approchai doucement ma main de son visage pour le détailler. Ses sourcils étaient assez fins et aussi sombres que sa chevelure. Ses yeux étaient juste un peu plus clairs et donnaient souvent l'impression d'être fait d'or liquide. Ils avaient la même couleur que ceux des Cullen et ma mémoire me disait qu'ils étaient liés par quelque chose mais impossible de me rappeler quoi. Mes doigts dessinèrent son nez droit et volontaire avant d'apprécier la douceur de ses lèvres épaisses et pleines.

Je l'entendis soupirer puis bouger légèrement. Je patientai pour voir s'il s'éveillait et quand je me rendis compte qu'il dormait toujours, je continuai ma découverte sensorielle. Je m'aventurai sur son cou et ses épaules pour apprécier son corps ferme et si appétissant. Mon propre jeu était en train de réveiller le feu qui crépitait la veille en moi. J'avais envie de laisser mon instinct faire ce qu'il voulait mais mon esprit m'empêchait toujours d'aller trop loin. Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi j'avais peur de ce genre de rapport. Il est vrai que suite à ce que j'avais vécu au début de ma vie, j'avais de quoi avoir peur des hommes mais Santi n'était pas pareil. Je savais que je n'avais à avoir peur de lui.

C'est en souriant que je décidai de laisser mes terreurs au fond de ma mémoire et m'approchai de son oreille avec la ferme intention d'apprécier ce moment intime. Me remémorant ses propres caresses sur moi, je décidai de l'imiter en aspirant doucement son lobe puis en laissant ma langue traîner sur son cou. Il ne bougea pas d'un pouce, toujours bien endormi et je continuai mon petit jeu en embrassant ses lèvres. Mes mains, sages jusqu'à présent, partirent à la conquête de son corps et dessinèrent de grandes arabesques sur son ventre.

Je sentis sa bouche s'étirer en un petit sourire et il bougea à nouveau pour déposer son bras sur mon dos. Au même moment, je sentis sa langue caresser ma bouche. Nous nous embrassâmes tendrement pendant quelques instants avant que je ne me recule pour reprendre mon souffle. J'ouvris mes yeux et scrutais les siens qui semblaient s'être embrasés.

-Bonjour ma Belle !

-Bonjour Santi ! Bien dormi ?

-Parfaitement... J'étais en plein rêve quand j'ai été attaqué par une bête.

-Une bête ? Quel genre de bête ?

-Je ne sais pas trop...

-Tu rêvais de quoi ?

-De toi...

-Je peux avoir des détails ?

Il grogna d'une manière plus que sensuelle avant de se jeter sur mes lèvres. Comme si le destin avait décidé qu'il ne nous laisserait pas profiter de nos retrouvailles, il fit sonner le téléphone. Santi l'ignora royalement et continua ses assauts sur mes lèvres. Je ne pus retenir un gémissement de bien-être et occultai la sonnerie pour savourer notre baiser.

Un coup donné à la porte entama considérablement ma patience et je délaissai Santi pour fixer la porte en grondant. Il était toujours étendu sur le lit et me tenait dans les bras. Je le surplombais, mon corps reposant sur le sien. Il me rappela doucement vers lui en attirant ma tête pour retourner à notre échange si intéressant. Je retournai à mes occupations lorsque plusieurs coups brusques me firent éclater de rage. J'allais tuer cet empêcheur de prendre du plaisir. Je sautai du lit dans un mouvement fluide et ne me souciai même pas de ma tenue lorsque j'ouvris la porte sur Garrett de la sécurité du domaine.

-QUOI ?

Je lui avais hurlé dessus et je l'observai en train de trembler en fixant le sol.

-Pa...pa...Pardon Madame. Il fffaut que je vois Monsieur.

Je lui attrapais le col de sa veste et l'approchai de moi. Malgré sa grandeur et sa force physique, il se laissa faire sans me regarder dans les yeux. J'étais énervée par sa venue. Il m'empêchait de passer du temps avec Santi et surtout, il ne respectait pas le protocole.

-Rappelle-moi la procédure que tu dois respecter pour contacter Monsieur ?

-Je... Je... dois l'appeler...

-Et s'il ne répond pas ?

-Je dois lai-laisser un message et att-attendre.

Je le secouai un coup avant de continuer.

-Alors... QU'EST CE QUE TU FOUS LA ?

Je le relâchai en le poussant fortement et me retournai lorsque je sentis la main de mon ami sur mes épaules. Il se pencha près de mon oreille pour me parler.

-Belle réaction ma Dame Isabel... Laisses-moi gérer cette petite affaire. Je te rejoins dans la douche si tu veux.

Je déposai un doux baiser sur ses lèvres avant de partir en fusillant le garde des yeux. J'avais l'impression de brûler de l'intérieur mais c'était totalement différent de ce que j'avais ressenti sous les doigts experts de Santi. Je traversai tout l'appartement en grognant et entrai dans la salle de bain de Santi en me déshabillant. J'avais des fourmis dans les mains et j'avais une envie plus que dévorante de taper quelque chose ou quelqu'un. Il fallait que j'évacue ça rapidement.

J'eus juste le temps d'allumer le jet d'eau lorsque je sentis les mains douces de Santi sur ma taille. Il me retourna brusquement et je vis son regard enflammé avant qu'il se jette sur ma bouche en poussant contre le mur carrelé. Je gémis face à l'attaque et enserrai sa taille de mes jambes. J'avais l'impression qu'il savait parfaitement quoi faire pour m'aider à évacuer ma colère.

Mes mains naviguaient sur son corps en griffant plus ou moins ses épaules. Une de ses mains plaqua ma tête contre le mur et ses baisers se déplacèrent vers ma gorge puis vers mes seins. Je haletai au même rythme qu'il aspirait mes pointes dressées et me cramponnai avec force à ses bras pour ne pas perdre pied. Plus rien d'autre n'existait et je gémis sans vergogne. Je n'arrivais pas à savoir si ce que je ressentais était de plaisir ou de la douleur, les deux sensations étaient tellement proches. Ce dont j'étais certaine, c'est qu'elles me donnaient envie de plus. Trop rapidement à mon goût, mon corps se crispa puis trembla d'une manière totalement inédite. Ma respiration resta bloquée dans ma gorge avant que je lâche un gémissement guttural qui le fit lever la tête.

-Toujours aussi réceptive ma belle.

Il avait parlé en me souriant et en rendant la liberté à ma tête. Je n'arrivai ni à retrouver ma respiration, ni à parler alors je lui souris en fermant les yeux. J'étais bien… Ses mains continuèrent à se promener sur mon corps, laissant des lames enflammées sur mon corps. Mue par une envie inconnue, je laissai moi aussi mes doigts partir à la découverte de mon amant. J'effleurai son sexe tendu et il grogna en fermant les yeux.

-Tss, tss, tss… Aujourd'hui c'est pour toi ma Belle. Tu te rappelles la dernière fois ?

Je fronçais mes sourcils en ne sachant pas du tout de quoi il parlait.

-Si tu restes silencieuse, je continue. Si tu fais le moindre bruit, j'arrête. Compris ?

-Oui Maître.

Il grogna à la mention de son nom de dominant. Je voulais faire tout mon possible pour lui plaire et retrouver les sensations ressenties peu de temps avant.

-Allonge-toi.

Je m'exécutai en continuant à le fixer dans les yeux. J'eus à nouveau l'impression de déjà-vu mais je me gardai bien de le dire afin qu'il continue. Il s'agenouilla et d'une main ferme, m'obligea à écarter les jambes. Mon cœur semblait vouloir s'échapper de mon corps et je me mordis la langue pour tenter de réprimer un gémissement. Il s'approcha de ma cheville puis lécha mon tatouage jusqu'à mon intimité et je serrai les poings pour garder mon calme. D'une manière douce et légère, il déposa un baiser sur ma rose et je sentis sa langue approcher de mon bouton de nerf, celui que j'avais découvert un matin, après un rêve assez chaud.

Je me perdis rapidement dans mes sensations et fus surprise d'avoir la tête qui tournait. J'avais l'impression que mon ventre était le foyer d'un incendie de grande envergure et il semblait s'intensifier au fur et à mesure des avancées de Santi. Sa bouche aspira mon clitoris et je sentis ses doigts frais approcher de mon antre. Je ne pus réprimer un gémissement et il pinça mon bouton de nerf en grognant. Je me mis à trembler comme plus tôt. Ses doigts s'activèrent en moi et je tentai de maintenir la bête qui sommeillait en moi, j'avais l'impression de devenir folle.

-Jouis pour moi Bella.

A sa voix et à ses mots, je sentis le barrage céder et je sentis mes parois se resserrer sur les doigts de mon amant. Je restai au sol en tentant de reprendre à nouveau ma respiration et je cherchai du regard Santi qui était en train de lécher les doigts qui m'avaient fait jouir. Il ne dit pas un mot mais je voyais bien qu'il aurait voulu aller plus loin. Je savais aussi qu'il ne le ferait pas juste pour me laisser le temps de récupérer mes souvenirs et mes envies.

Bien trop tôt à mon goût, il m'aida à me relever et saisit le shampooing pour s'occuper de mes cheveux. Je le laissai faire en gardant les yeux fermés. Une fois qu'il eut terminé, je me retournai et le regardai à nouveau. Il semblait soucieux.

-Santi, que ce passe-t-il ?

Il m'enferma dans sa puissante étreinte en soupirant puis se décida à parler.

-Grace a disparu…

Ses derniers mots résonnèrent dans ma tête comme si nous étions dans une crypte hantée et la lumière sembla s'éteindre pour me laisser perdue dans le noir. Plus rien n'existait à part une terreur inédite et sans nom.

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Oui, je sais… Un petit Cliff mais il est tout petit petit … Non ? Promis la suite arrive mardi prochain. Avez-vous une idée de ce qu'il s'est passé ? J'attends vos commentaires.