Bonsoir à tous,

Je suis bien triste ce soir car c'est le dernier chapitre… Bon d'accord, j'avoue, il me restera trois outtakes à publier mais c'est pas pareil…

Je voudrais remercier toutes les lectrices qui m'ont suivi avec assiduité. Vos commentaires m'ont fait beaucoup de bien et m'ont donné envie de continuer à partager mes histoires avec vous.

Je vous laisse lire cet ultime chapitre et vous donne RDV en bas …

Bonne lecture.

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Chapitre 16

POV Bella

J'avais chaud, trop chaud mais j'étais bien. J'étais étendue sur un lit et je savais exactement où et quand nous étions. Mon bras gauche se rappelait à mon bon souvenir et je me décidai à le bouger doucement pour l'aider à se réveiller. Je n'avais jamais réussi à le faire fonctionner correctement depuis cette nuit fatidique. Un clic discret se fit entendre près de moi et me ramena au présent. Sans ouvrir les yeux, je patientai et sentis le matelas s'affaisser légèrement.

-Joyeux Anniversaire mon Amour.

La voix grave et envoutante de mon sauveur déclencha mes frissons et je lui souris sans ouvrir les yeux. Je passai mes deux mains sur ses épaules et dans ses cheveux pour l'obliger à s'approcher. Il m'embrassa tendrement et me réveilla totalement. Il passa sa main le long de mes côtes et s'arrêta sur mon sein pour en effleurer le téton qui pointa rapidement.

-Ce n'est pas que je ne veux pas ma belle mais ton petit déjeuner t'attend. Nous avons un programme bien chargé aujourd'hui.

-On est obligé de sortir ? Je suis bien ici…

-Tu râlais moins quand tu étais amnésique.

Je pris mon air choqué le plus convaincant et lui assénai une claque sur l'épaule en ouvrant les yeux.

-Espèce de goujat !

Je tombai dans les abysses de ses magnifiques yeux gris. Il avait un beau sourire collé sur le visage comme à chaque fois qu'il me taquinait sur mon petit souci de mémoire.

-Santiago Manuel González, tu es un monstre sans cœur !

-Mais oui je le sais ça. Mange ma puce, nous avons à faire. Tu auras le temps de te venger ce soir.

Mon ventre réagit le premier en sentant le gout du chocolat chaud qui m'attendait sur le plateau. Santi disparut dans le dressing et je me concentrai sur ce que j'allais manger. C'était devenu un rituel, il m'amenait souvent un plateau avec une rose blanche, un chocolat chaud et des pancakes maison. Bien que ces derniers éveillent en moi une tristesse démesurée, je désirais continuer à les manger pour me rappeler de ma confidente, Grace.

Elle avait été la victime de la folie de trois hommes, enfin plutôt de trois monstres. Cela ferait un an demain qu'elle nous avait quittés pour un monde meilleur, je l'espérais. Lorsque Logan l'avait kidnappé, il l'avait battu pour se venger de moi. Santi m'avait appris par la suite qu'elle avait succombé à une hémorragie interne très importante. Elle était déjà quasiment morte à mon arrivée sur les lieux.

Il avait eu tellement peur de me perdre qu'il n'avait rien dit de ma tentative inconsciente de sauvetage. Il avait attendu que j'aille un peu mieux pour me passer un savon. Nous avions fini dans les bras l'un de l'autre, moi pleurant à chaudes larmes. Bien que je m'en veuille de ne pas avoir sauvé mon amie, j'étais assez fière des dégâts causés à mes tortionnaires. Jacob avait eu la mâchoire brisée à cause de mon coup de batte, James avait un trou plus qu'important dans la joue qui aurait été insoignable, s'il avait survécu, et Logan avait tout simplement perdu ses attributs lorsque je l'avais mordu. J'avais vaincu tous mes démons.

Lorsque Logan m'avait frappé, j'avais perdu connaissance. La violence du choc fut bénéfique pour moi car à mon réveil, je me souvenais de tout. A mon retour au manoir de Santi, il m'avait annoncé le décès de Grace mais aussi la mystérieuse disparition de mes bourreaux et de la grange rouge que je haïssais. En réalité, lui et ses hommes avaient mis le feu à la grange, effaçant toute trace des trois grands malades qui avaient marqué mon corps et mon âme.

Les mois de mon amnésie m'avaient appris à voir la vie autrement et à apprécier chaque instant. Avant mon agression, je ne voulais plus vivre avec Santi parce qu'il me protégeait trop, comme un homme doit le faire avec sa femme. A l'époque, je n'étais pas prête à accepter ça, je vivais ça comme une contrainte. A présent, j'avais conscience qu'il était tout pour moi et qu'il m'offrirait la lune s'il le pouvait. Et surtout, que je recherchais sa protection et son soutien. J'avais également compris pourquoi le monde de la domination m'aidait autant. Grâce à cela, j'étais celle qui dirigeait, personne ne pouvait m'imposer son point de vue. J'étais libre…

-Tu as fini ?

-Presque …

Un an… Cela faisait un an que ma vie avait changé. Un an que je n'avais plus peur de vivre et un an que je ne me cachais plus derrière des faux-semblants. J'avais demandé à Santi de revendre l'appartement qui avait connu mes années sombres et mon agression. Je n'imaginais plus pouvoir y vivre. J'avais maintenant réintégré pour de bon le manoir et nous avions même procédé à quelques travaux au deuxième étage. Nos deux appartements avaient été réaménagés en chambres pour nos invités. Nous vivions à présent au premier étage et partagions la même chambre, le même dressing et la même salle de bain.

-Bella… Il faut que tu t'actives maintenant ! On a rendez-vous avec le Maître d'œuvre dans moins d'une heure.

J'avalais rapidement mon chocolat puis sautai du lit pour choisir mes fringues pour la journée. Je ne connaissais pas tout le programme mais je savais que nous allions voir le chantier de notre projet pour débuter la journée. Je choisis un jean noir et un chemisier blanc. Après avoir brossé ma tignasse avec vigueur, je posai habilement un trait d'eye-liner sur les yeux puis rejoignis Santi au salon.

-Il faudrait que tu m'aides.

Je balançai nonchalamment le lacet d'un serre-taille blanc et noir au bout de mon doigt. Il me sourit en l'attrapant puis m'aida à le placer. J'adorais entendre le bruit des lanières de cuir glisser dans les œillets et claquer contre les armatures de mon accessoire. Cela me rappelait quelques soirées mémorables. Grâce à ça, ma taille était affinée et maintenue. Cela me conférait une attitude hautaine et autoritaire qui cadrait parfaitement avec ma vie et ma vision des choses.

-Tu es magnifique ma belle. Tu es prête ?

-Oui, je te suis.

Il m'attrapa la main pour nous diriger vers le garage. Il m'ouvrit la porte de notre Lamborghini puis la contourna pour s'installer. Le siège-baquet et le harnais donnaient toujours des envies à mon esprit déluré et je ris toute seule de mon anticipation. Comme s'il avait compris, Santi posa sa main sur mon genou pour me rassurer.

-Ce soir Bella, ce soir…

J'agrippai sa main durant tout le voyage vers notre nouveau projet. A ma reprise de conscience, nous avions discuté de notre avenir professionnel commun. J'avais envie de travailler avec lui. En fait, je n'envisageais plus d'être loin de lui ne serait-ce qu'une demi-journée. Lorsque je lui avais expliqué, il m'avait rassuré sur sa volonté de rester avec moi. Nous avions donc décidé de créer un établissement aux proportions à la limite de la démesure.

Nous allions fournir au monde SM un lieu où tous pourraient passer du temps, beaucoup de temps. En accompagnant Santi au Black Blade, j'avais laissé traîner mes oreilles pour écouter les conversations de plusieurs dominants. Ils déploraient le manque de structures dans cette ville. J'entendis l'idée d'un restaurant en plus du club et ça me donna une idée que je m'étais empressée d'exprimer à mon compagnon.

Après une demi-heure de route, nous atteignîmes les abords de notre nouvelle propriété. Il avait acheté un domaine assez vaste avec un lac sur l'arrière. Les ouvriers étaient en train de construire un bâtiment ressemblant trait pour trait à un château. Je voulais que l'ensemble ait le charme de l'ancien. Pour l'instant, il y avait juste les murs du rez-de-chaussée. D'après le maître d'œuvre, le gros œuvre serait terminé d'ici quelques mois.

Santi m'aida à sortir de la voiture sous le regard envieux des ouvriers présents. Avant d'avancer pour rejoindre le chantier, je troquai mes escarpins pour des bottes hideuses qui allaient me préserver de la boue présente au sol. Je perdis instantanément douze centimètres et je grognai dans ma barbe sous le rire de mon compagnon.

Comme souvent lorsque nous venions ici, je restais discrète et laissais Santi régler les problèmes du chantier. Je ne voulais pas interférer ici, ni donner l'impression à quiconque que je dominais la situation. Je ne le faisais qu'en privé, préférant laisser croire que j'étais soumise à l'extérieur. C'était mon moyen de me protéger des cinglés qui peuplaient ce pays comme le trio de monstres qui m'avaient ôté une partie de ma vie.

La main de Santi me tira de mes pensées et je m'intéressai au plan étalé devant nous. L'architecte avait bien bossé et respecté toutes nos demandes. Je me prenais à imaginer mon futur lieu de travail et de débauche… Le hall d'entrée allait servir d'accueil pour les réservations mais aussi de bar. Les fondements d'une énorme cheminée en pierre étaient en train de sortir de terre, je voyais déjà d'énormes canapés en cuir devant où nos invités pourraient s'y prélasser en buvant un verre. Sur la gauche se trouverait l'entrée du restaurant et sur la droite, l'entrée du Spa. Dans les deux parties, il y aurait des employés pour répondre aux demandes " normales" des clients. Ils ne participeraient pas à nos scènes. Nous voulions à tout prix différencier les deux mondes pour éviter les problèmes comme avec Logan. L'arrière de la "maison" serait le club à proprement parler. L'ensemble du rez-de-chaussée était destiné à un usage public. Nous ne pouvions pas nous limiter aux dominants et leurs soumis. Comme pour les autres clubs, nous avions besoin de faire rentrer l'argent dans les caisses.

L'étage serait noté comme privé. Aucun employé n'y monterait jamais sauf à vouloir devenir soumis, auquel cas il ne pourrait plus travailler ici. Différentes pièces allaient être aménagées en Play-Room. Une sera "publique" et permettra d'accueillir une vingtaine de personnes et le reste sera divisé en espaces plus petits allant de la Play-Room pour deux à celle pour 6. Bien évidemment, il y aurait autant de salle de bain que de pièces. Il y avait même une salle de jeu dans une des salles d'eau.

Les plans de l'extérieur étaient encore à peaufiner mais je savais déjà qu'il y aurait une ribambelle d'arbres plantés pour masquer la vue entre la route et le bâtiment. Nos soirées resteraient invisibles du commun des mortels à l'extérieur du parc. Il n'y aura qu'en survolant l'espace que le château sera visible. Nous aimions tous deux l'impression de vivre dans la forêt. Des places de parking seront aménagées sous les arbres et un revêtement lisse recouvrira le sol pour faciliter l'avancée des femmes en talon.

Après près d'une heure d'explications en tous genres, nous quittâmes le domaine pour retourner en ville. Il fallait que j'aille récupérer ma tenue pour le soir. Pour mon anniversaire, Santi avait organisé une soirée déguisée au club. Le thème était le Far West. Il allait être Marshal ce soir et moi fille de saloon. Je n'aimais pas le terme fille de joie car je n'étais pas une putain. Le club était fermé pour la soirée, nous allions donc être tranquilles, entre nous.

J'avais repris mes habitudes d'avant mon agression et vivais la nuit. Nous ne nous couchions jamais avant 6 ou 7 heures du matin et j'émergeais toujours à 15 heures. Pour beaucoup, nous menions une vie débridée et totalement dissolue mais ça nous convenait parfaitement. Ce que pensaient les autres nous importait peu.

Bien que j'aie réussi à avancer, je faisais toujours des cauchemars qui me laissaient dans un état déplorable pour quelques jours. Le pire arrivait quand je ne me réveillai pas. Le psy qui me suivait avait parlé de terreurs nocturnes. Normalement ce mal n'atteignait que les enfants en bas à âge… A croire que mon absence d'enfance avait laissé une marque dans ma mémoire. Durant ces périodes, je hurlais en me débattant. A chaque fois, je frappais violemment Santi qui tentait tant bien que mal de me rassurer. Nous avions même tenté l'hypnose pour me soulager mais mes frayeurs étaient trop profondément ancrées pour espérer les solutionner. Nous ne pouvions plus qu'espérer que mon esprit guérirait seul avec le temps.

-Bella ? Ça va ?

L'inquiétude de mon compagnon transpirait dans sa voix. Je n'avais pas pour habitude de rester dans mes pensées mais en cette journée si particulière, j'avais besoin de faire le point sur ma vie.

-Oui, ne t'inquiète pas. J'étais juste dans la lune ! Viens, on va chercher nos costumes.

Il me sourit en m'embrassant puis sortit de la voiture en même temps que moi. Il attrapa ma main et nous rentrâmes chez le couturier qui avait réalisé nos costumes. Nous faisions appel à lui pour tous les vêtements des employés du club et avions même signé un contrat avec lui pour la réalisation des uniformes de tous les membres du personnel du domaine, ainsi que les tentures et rideaux, sans oublier les parures de lit et le linge de table pour le restaurant. Notre petit projet allait lui ramener une coquette somme et il était aux petits soins pour nous.

-Monsieur González, Mademoiselle Swan ! Bonjour ! Comment allez-vous ?

-Bonjour Monsieur Sellias.

Il nous serra la main avant de nous proposer de le suivre dans le dédale de son magasin. Il y avait des rouleaux de tissus disposés partout, dans une logique qui m'échappait. Nous entrâmes dans un petit salon lumineux où le sol était recouvert d'un tapis d'orient aux teintes rouges. Une immense cabine était aménagée dans le fond et de lourds rideaux en velours bordeaux la refermaient. De chaque côté de celle-ci trônait un miroir à trois volets en bois sombre permettant de nous scruter sous tous les angles.

-Les costumes sont prêts. Désirez-vous les essayer pour faire les derniers ajustements ?

-Bien sûr. Bella, tu veux commencer ?

Comme toujours, je le laissais prendre les commandes à l'extérieur. Cela me sécurisait. J'opinai doucement du chef en avançant vers ladite cabine et patientai pour récupérer mon costume avant de me déshabiller. Ce n'est pas parce que je suis une dominatrice qui participe à des scènes à plusieurs que je ne suis pas pudique.

Dès que la housse fut placée, je retirai mes habits en gardant tout de même mes sous-vêtements et enfilai la robe qui semblait tout droit sortie de l'époque Western. Elle était d'un tissu vieux rose avec des dentelles noires. La découpe du décolleté était carrée et laissait apparaître ma poitrine qui serait valorisée par un serre-taille par la suite. La jupe était asymétrique. Elle s'arrêtait à mi-cuisse sur l'avant et frôlait le sol à l'arrière. Comme pour le haut plusieurs rangées de dentelles noires y étaient apposées. Bien que le haut soit très ajusté, le bas formait de belles vagues, donnant du volume au tissu. Les manches de la robe étaient faites uniquement de dentelles et descendaient jusqu'aux mains pour y être maintenues par un lien à passer sur les doigts.

Je sortis rapidement pour montrer ma tenue à Santi. Son regard m'apprit qu'il adorait ce qu'il voyait et réveilla mon intimité endormie. Depuis un an, nous avions repris nos activités intimes tout en restant soft. Il refusait tout simplement que nous allions dans le donjon pour s'amuser un peu. Tout ce qui m'était arrivé l'avait changé. Il avait peur que j'aie mal et que je souffre sous sa main, il ne voulait pas que je l'associe à mes démons. J'avais tenté plus d'une fois de lui expliquer que la part des choses était bien établie pour moi mais il en doutait.

La maison des soumises, au manoir, n'accueillait plus personne. Elle était devenue une salle de jeu avec billard, baby-foot, flipper et bar. L'étage avait même été transformé en cinéma privé. Santi avait annulé le contrat de soumission de Sacha et moi, j'avais rendu sa liberté à Angela. Bien que j'adore cette femme, je n'arrivais plus à envisager de la punir. Ma vision des choses avait évolué. Je participais à des scènes, cela ne changerait jamais car j'adorais ça. Par contre, plus personne ne dépendait de moi.

J'observai distraitement Monsieur Sellias en train de retoucher un des galons de dentelle avant de reporter mon attention sur mon compagnon. Il semblait subjugué par ce qu'il voyait.

-Ça te plait Santi ?

-Oui tu es parfaite.

-A ton tour maintenant. Je suis pressée de te voir en Marshal.

Cinq minutes plus tard, je dus me mordre la joue pour ne pas gémir en le découvrant. Il était magnifique et le cuir marron lui allait à ravir. Nous allions faire sensation lors de la soirée. Après avoir remis nos vêtements normaux, nous prîmes le chemin du manoir pour nous préparer. Nous devions y être pour 20 heures et il nous restait deux heures.

Je débutai par une douche minutieuse et une épilation complète. En m'occupant de mes jambes, j'aperçus la cicatrice qui barrait mon genou et qui avait abimé mon tatouage. Je devais encore patienter deux ans avant de pouvoir le refaire. Tout comme mon âme, ma peau devait guérir pour supporter les aiguilles et l'encre. En attendant, je ne pouvais que constater les marques de mon agression. Logan m'avait fait marcher comme un chien et le sol en béton avait déchiré ma peau. Je secouai la tête pour chasser les souvenirs sordides qui tentaient de s'immiscer dans mon esprit et sortis de la douche en m'enveloppant dans un peignoir.

Je savais exactement comment j'allais me coiffer, le seul souci c'est que Grace n'était plus là pour m'y aider. Je ne pus réprimer un sanglot, seule face à ma coiffeuse. Elle me manquait. Son dernier cadeau pour moi me suivait partout et j'y avais rajouté beaucoup de choses. Toutes me rappelaient mon amie disparue. C'était ma façon à moi de la garder à mes côtés. Un coup discret frappé à ma porte me fit sursautait et je séchai mes larmes avant de répondre. Santi entra accompagné d'une femme brune inconnue.

-Je me suis douté que tu voulais te faire une coiffure digne de ton déguisement. Je te présente la coiffeuse qui t'y aidera… Enfin si tu veux ?

La fin de sa phrase sonnait comme une interrogation. Il voulait s'assurer de mon accord. Je vis aussi son regard triste et compris qu'il savait que je pleurai mon amie. J'opinai sans un mot de plus et il m'embrassa avant de sortir.

-Bonjour Madame. Je suis Sarah, coiffeuse de son état. Puis-je vous aider ?

Elle était rigolote et âgée de quelques années de plus que moi.

-Bonjour Sarah. Je voudrais ça.

Je lui montrai le modèle choisi et l'observai me faire un grand sourire.

-Très bon choix. Vous allez être sublime comme ça. Par contre, hâtons-nous… Si j'ai bien compris, vous devez être prête dans une heure et demie.

Elle fut très réactive et en moins d'une heure, j'avais la coiffure demandée. Je n'y vis pas un défaut. Avant de partir, elle me demanda de lui envoyer une photo de moi en tenue et je lui assurais de le faire au plus vite. Une fois seule, je débutai mon rituel d'avant soirée. J'aimais prendre soin de mon corps et veillais à mettre de la crème sur chaque centimètre carré de peau. Une fois cette étape terminée, je mis mon string et ma guêpière en dentelles noires puis allai m'installer devant ma coiffeuse pour me maquiller. Comme à chaque fois, j'avais l'impression de devenir quelqu'un d'autre. Dès l'instant où je finissais de poser mes faux cils et mon maquillage, je devais Dame Isabel. Plus rien, ni personne, ne pouvait m'effrayer.

Après avoir mis mes bas résilles et mes bottines à lacets, j'entrai dans ma robe d'un soir. J'attrapai ensuite ma bourse, mon éventail et mon serre-taille pour rejoindre Santi au salon. Comme à son habitude, il était déjà prêt et m'attendait.

-Tu aurais dû vivre à cette époque ma Belle. Cette tenue te va à ravir !

-Merci Santi. Je préfère vivre maintenant et avec toi.

Je m'accrochai à ses bras dans une étreinte douce et profitai de ce moment sans me soucier du temps qui passe. Il m'aida à lacer mon serre-taille comme plus tôt dans la journée avant de reprendre.

-Allez ma belle, nous sommes attendus. Je sais que la ponctualité est légèrement faussée dans notre monde mais une demi-heure de retard, ça serait mal vu.

Je ris de sa blague et attrapai son bras pour le suivre jusqu'à la voiture. Ce soir, nous avions décidé de nous rendre à notre soirée dans mon X6. Les vitres étaient teintées et nous voulions garder le secret de nos tenues jusqu'au bout. Finalement, nous arrivâmes avec nos quinze minutes de retard habituel et je fus surprise de voir tous ceux que je connaissais, y compris Alice, Jasper et Edward. Ils semblaient mal à l'aise dans ce monde qui n'était pas le leur mais tentaient de le masquer.

J'avais gardé de très bon contact avec Alice. Nous passions du temps ensemble très souvent. Toutes les deux semaines, nous faisions une expédition shopping qui débutait par un petit déjeuner au Starbuck du coin. Je n'avais jamais accepté les remarques d'Edward et faisais tout pour ne plus le croiser. Je ne comprenais pas son style de vie mais jamais au grand jamais, je me serais permis de le juger. Lui pensait autrement et ne se gênait pas pour m'envoyer des remarques acerbes et déplacées. Santi avait même dû intervenir un soir, lors d'un repas chez eux. Malgré ce que je lui avais dit lors de mon précédent anniversaire, il essayait toujours de m'approcher pour me faire changer d'avis.

J'avais appris - enfin je m'étais souvenue - que Santi était un vampire. Dès lors, il ne me fallut pas longtemps pour comprendre que les Cullen l'étaient aussi. Je me demandais même s'ils n'avaient pas participé à mon sauvetage à la Push mais Santi n'avait jamais voulu me répondre. Il m'avait juste dit que j'avais fait un excellent travail avec les trois tordus et qu'il n'avait quasiment rien eu à faire. Alice avança vers moi sans se soucier des convenances et me sauta dans les bras. Elle resta discrète en me parlant toutefois.

-Joyeux Anniversaire Bella ! Je suis contente de te voir. Promis, Edward se tiendra bien.

-Merci d'être là Alice.

Elle me lâcha en souriant puis retourna auprès de son compagnon et son frère. Santi prit le relais en saluant discrètement mon amie puis nous dirigea vers une soumise qui portait un plateau. Il me tendit un verre de champagne pour trinquer. Nous nous retournâmes pour observer la salle à manger qui était digne d'un saloon. Tous avaient respecté le dress-code et comme toujours tous les dominants me regardaient pendant que leur soumis fixait le sol, légèrement en retrait.

-Bonsoir à tous. Merci d'être venu pour cette soirée privée. Nous allons pouvoir passer à table.

Je laissai à Santi le soin de les placer et de leur donner plus de détail sur le déroulement de la soirée. Rien ne se déroulerait durant le repas. Par contre, ils auraient le droit de s'amuser après le départ d'Alice et Jasper ainsi que le nôtre. Je ne savais pas ce qu'il comptait faire après mais j'allais faire mon maximum pour l'emmener en Play Room pour mon anniversaire. Je voulais me soumettre à lui, nos jeux me manquaient trop.

Je m'installai en bout de table, comme à mon habitude et j'observai Santi se placer de l'autre côté. Nous étions les maîtres de cérémonies, comme à chaque fois. Chacun prit place autour de la table dans un ordre logique et je fus heureuse de voir Angela s'installer à ma droite. Alice s'installa à ma gauche et Jasper resta à ses côtés et Edward fit face à son frère, à côté d'Ange, sans oser lever le nez de son assiette.

Les serveurs s'activèrent pour nous servir et je plaçai ma main sur la table, paume en l'air avant de débuter. Angela posa sa main en souriant et nous passâmes tout le repas dans cette position. Son contact m'avait malgré tout manqué. J'avais demandé à ne recevoir aucun cadeau. Je voulais juste passer du temps avec les gens que je connaissais. Je savais qu'Alice ne m'avait pas écouté mais elle respecta ma demande et me confia doucement qu'elle passerait me voir le lendemain.

Dès la fin du repas, j'observai Santi se lever pour venir près de moi. Il posa ses mains sur mes épaules pour s'adresse à l'assistance.

-Mes amis, je vous remercie d'être venus ce soir pour l'anniversaire de Dame Isabel. Je désirerais vous prendre tous à témoin pour ce que je m'apprête à faire.

J'écoutai d'une oreille son discours et me demandai vaguement ce qu'il était en train de dire. Ses mains furent soudainement plus pressantes et il fit pivoter la chaise. J'abandonnai la main d'Angela en fronçant les sourcils et me concentrai sur les paroles de mon compagnon. Je l'observai poser un genou devant moi en me demandant ce qu'il comptait faire. Je ne voulais pas qu'Alice se retrouve dans une orgie.

-Isabella Marie Swan. Nous nous sommes rencontrés dans des circonstances plus qu'étranges mais je ne pourrais jamais le regretter car tu as changé mon existence. Tu m'as appris à chérir les cadeaux de la vie et tu m'as fait grandir par ton amour. Me ferais-tu l'honneur de devenir ma femme ?

Ma carapace de femme autoritaire et dominatrice explosa à ses mots. Est-ce que le terme femme fontaine pouvait aussi s'appliquer aux yeux ? A présent, je me foutais royalement de ruiner mon maquillage ou de perdre mon crédit dans notre monde. Santi avait juste trouvé les mots pour définir notre vie à merveille. Je me jetai à son cou sans me soucier des convenances pour l'embrasser avec passion. La pièce, silencieuse jusqu'à présent, devint plus que bruyante. Tous semblaient contents pour nous. J'étais assise sur son genou et tenais son visage d'une main ferme pour accéder facilement à sa bouche. Au bout d'un moment, il attrapa mes bras pour me faire reculer légèrement et scruta mes yeux larmoyants en souriant.

-Tu ne m'as pas répondu.

Je lui souris en retour et me levai en l'emmenant à ma suite. Je me recomposai un visage neutre et essuyai mes dernières larmes avant de prendre la parole.

-Santi. Depuis que nous nous connaissons, tu m'as sauvé de toutes les façons imaginables. Je ne peux envisager ma vie autrement qu'à tes côtés et j'adorerais devenir ta femme pour te chérir jusqu'à la fin.

Ce fut lui qui initia le baiser après ma réponse. En quelques secondes, j'oubliai où nous nous trouvions et souhaitai pouvoir assouvir mes besoins primaires. Il le sentit et interrompit notre étreinte pour me lancer un regard flamboyant puis attrapa ma main pour y glisser une magnifique bague en or blanc et platine. Elle me fit immédiatement penser à un collier de soumis en miniature. Parfait pour nous. Nos invités furent plus qu'heureux pour nous et fêtèrent ça à leur manière en se lançant dans des scènes dignes de la plus belle époque du Black Nails. Nous quittâmes les lieux en entraînant avec nous Alice, Jasper et Edward. Ce dernier regardait d'un mauvais œil les embrassades poussées des autres personnes présentes dans la pièce. Les soumis étaient déjà en train de se déshabiller pour plaire à leurs dominants et les armoires étaient ouvertes pour sélectionner les jouets utilisés.

Je jetai un coup d'œil au miroir qui recouvrait un des murs de la salle à manger et ne pus m'empêcher de sourire en me rappelant que lors de mon amnésie, je l'avais pris pour une télévision. Nous étions des voyeurs qui aimions s'assurer que leurs invités passent une bonne soirée. Je me rappelai d'ailleurs que lors de notre première venue au Black Blade, après que j'eus retrouvé la mémoire, Santi m'avait fait jouir appuyée contre ce miroir dans son bureau. La scène se déroulant sous nos yeux de l'autre côté n'avait fait qu'ajouter à mes envies. La main de Santi s'attarda sur ma nuque et me ramena au présent. Il s'approcha de moi pour me chuchoter à l'oreille.

-A quoi penses-tu ?

-Au miroir.

Je n'avais pas besoin d'en dire plus, il comprenait parfaitement ce que je voulais dire. Son regard s'alluma d'un feu sauvage et je découvris qu'il grognait faiblement en posant ma main sur son torse. Cela me rappela qu'il était immortel et que je voulais le rejoindre. Il m'avait parlé de douleur mais j'étais persuadée qu'elles n'étaient rien en comparaison de mon vécu.

Sur le parking, je proposai à Alice un goûter entre filles pour le lendemain. Hors de question de proposer un petit déjeuner car je n'avais pas prévu de sortir de la maison avant une heure avancée. Nous avions beaucoup de choses à faire. Alice accepta sans attendre puis entraîna son compagnon et leur boulet de frère vers leur propre voiture.

Comme lors de chacun de nos déplacements, Santi m'ouvrit galamment la porte afin que je puisse m'asseoir et contourna la voiture. Je contemplai avec extase la bague qu'il m'avait offerte. Elle semblait me compléter. Le maillon qui manquait à ma vie ventait de prendre sa place. Nous fîmes le chemin du retour dans le silence le plus complet et je sentis vaguement sa main sur ma cuisse. Lui aussi faisait partie de mon tout. A notre arrivée au manoir, je fus surprise que Santi n'entre pas au garage. Il s'arrêta devant le perron et vint m'aider à sortir sans un mot. J'entrevis une lueur dans le fond de ses yeux et je réprimais un gémissement en retrouvant les signes annonçant le retour de mon Maître. Il m'accompagna jusqu'à la porte en me tenant la main. Dès notre entrée dans le hall, il me pressa contre lui. Je sentis déjà son désir contre mes fesses. Il cala sa tête dans mon cou et je me mordis la langue pour garder le silence et le calme.

-Tu as cinq minutes pour te mettre en place.

Un long frisson parcourut ma colonne vertébrale et je me contentai de baisser la tête pour contempler le sol. L'instant d'après, Santi avait disparu et je me dirigeais vers la porte du Donjon. Elle était ouverte et les candélabres étaient tous allumés. Je dévalais rapidement les marches puis déposai mes accessoires sur un guéridon et retirai ma robe. Je conservai les bottines, les bas et ma guêpière mais retirai mon string, puis me positionnai à genoux sus le tapis à côté de la porte. Reprenant notre tradition, j'écartai mes jambes pour exposer ma féminité tatouée et croisai mes mains dans le dos pour faire ressortir ma poitrine.

Une douce musique se fit entendre et je reconnus Carmina Burana. Je ne pus m'empêcher de sourire en repensant à notre sortie à l'Opéra. Grâce à mon amnésie, mon aversion pour le classique avait diminué. J'arrivais maintenant à en écouter et à l'apprécier sans chercher à détruire la chaîne stéréo. J'étais encore une fois perdue dans mes pensées quand j'entendis le bruit des pas de Santi. Il descendit pour se placer face à moi avec une lenteur exagérée. Je sentis son regard brûlant sur mon corps et je ne pus que sursauter lorsque je sentis le collier en cuir sur mon cou. Il se replaça ensuite face à moi afin que je puisse voir ses chaussures et déroula une chaîne qui tinta en se balançant devant mes yeux. Nous avions parlé plusieurs fois de ce que Logan m'avait fait et j'étais heureuse que mon futur mari choisisse le même début pour notre scène. Je le voulais afin de pouvoir passer à autre chose.

-N'oublies pas que c'est moi ma Belle.

-Je le sais Santi, ne t'inquiète pas.

-Tu te souviens de ton mot sécuritaire ?

-Oui Marshal.

Il accrocha la chaine à mon collier puis avança doucement pour me relever.

-Je ne voudrais pas abimer tes beaux genoux, Amour.

Je veillai à ne pas le regarder et je suivis docilement dans le donjon. Il se dirigea vers un bureau massif puis s'installa sur un fauteuil, comme il le faisait au club. Je restai sagement à ses côtés en attendant sa demande.

-Ce soir, tu seras ma serveuse pour la première partie. Ensuite, je te propose de reprendre les rênes, si tu le souhaites.

Il m'embrassa doucement avant de me permettre de me redresser et se cala un peu plus au fond de son siège.

-En attendant, j'ai soif.

-Que puis-je vous servir Marshal ?

-Whisky, Miss.

Je me détournai pour atteindre le bar et lui préparai son verre puis le déposai devant lui. Sans un mot, il tira sur la chaine et je m'agenouillai à ses côtés. J'avais l'impression de revivre un de mes rêves. Je savais qu'il ne dirait plus rien et aussi ce que je devais faire. D'une manière certainement trop lente pour lui, je passais sous le bureau et m'évertuai à ouvrir son pantalon puis attrapai son sexe fièrement érigé pour le sucer pendant qu'il sirotait son verre. J'avais l'impression que cet acte allait me permettre d'effacer toutes mes souffrances. J'allais maintenant pouvoir vivre ma vie sans aucune contrainte et profiter de chaque petite chose qu'allait pouvoir m'apporter mon homme. Je fixai son regard enfiévré en mordillant son gland et je sentis ma propre intimité s'humidifier en sachant d'avance ce qui allait arriver plus tard.

Je fis durer ma caresse en incluant mes mains à ma bouche jusqu'à ce qu'il termine la dernière goutte de whisky. Dans un concert de gémissements, il jouit avec force et je veillai à tout avaler en le nettoyant avant qu'il tire sur la laisse afin que je me redresse. Il m'embrassa avec passion en me poussant contre le bureau et me fit asseoir sur le meuble. Sans quitter ma bouche, il détacha mon collier et le laissait choir au sol. Ses mains reprirent le chemin sur mon corps dénudé. Son geste m'avait appris que je ne lui étais plus soumise pour le moment et je comptais bien en profiter.

J'apposai mes mains sur son torse et entrepris de le déshabiller afin que nous nous retrouvions sur un pied d'égalité. Une fois que nous fûmes nus tous les deux, il s'arrêta et se recula légèrement pour me regarder.

-Tu es magnifique Bella.

Il m'accompagna afin que mon dos repose sur le bureau et je frissonnai sous le contact du bois froid. Il était positionné entre mes jambes et laissa son sexe pénétrer doucement mes chairs pendant que sa bouche torturait tendrement mes seins. Il avait fallu que j'attende un an pour que mon âme sœur accepte de me faire l'amour ailleurs que dans notre lit. J'étais heureuse qu'il ait mis de côté cette lubie pour me contenter d'une façon beaucoup plus brusque et sauvage.

Sans cesser de me pilonner, il s'approcha de moi et je m'agrippai à lui en grognant comme une bête. Je savais déjà que mes ongles n'attaqueraient pas sa peau granitique mais je savais que bientôt je serais à même de pouvoir le faire. La boule de plaisir que se construisait depuis quelques temps explosa sous ses coups de reins puissants et je mordis son épaule en grognant. Je l'observai rejeter la tête en arrière et jouir en grondant. Rien que ça me donnait à nouveau envie de lui mais je le laissai se retirer. Il m'aida à me redresser et me déposa sur le lit, au centre de la pièce.

Je savais que notre nuit d'amour n'était pas terminée et je savais également qu'elle durerait toute l'éternité. Même s'il ne me transformait pas aujourd'hui, je savais qu'il allait bientôt le faire. J'allais donc le rejoindre pour toujours dans l'immortalité. Nous allions donc pouvoir rester ensemble et vivre la vie la plus belle qu'il m'ait été donné d'espérer. Il est vrai que j'avais eu quelques problèmes sur le parcours mais j'étais maintenant convaincue qu'ils avaient été mis là pour me faire prendre conscience de ce que j'avais la possibilité de vivre. Dorénavant, personne ne pourrait plus jamais me faire souffrir ou me faire faire ce que je ne voulais pas. J'allais être bien, avec mon sauveur, la plus belle personne que la terre ait pu porter.

Je l'observai sangler mes poignets aux montants du lit et avant de repartir dans une scène où mon silence serait de rigueur, je lui dis ce que je mourrais d'envie de dire depuis des mois.

-Je t'aime…

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Tadaaaaa ! Voilà. Je pourrais mettre "THE END" mais je n'en ai pas envie. Après tout, il reste quelques petits détails à publier la semaine prochaine. J'attends vos commentaires sur ce chapitre avec impatience. Encore merci pour votre soutien !

Bisous