Salut! Et hop, mon fou prend ta reine, échecs et mat El Diablo! Purée, c'est tellement facile de déjouer ta logique de minable et comme promis, tu me ramènes sur Terre! Eh oui mon coco, c'est le pacte qu'on vient de faire donc gare à toi si tu ne remplis pas ta part du marché! Allez, plus vite!
Donc me voilà de nouveau vivante et foulant le monde de mes pieds de conquérante. Par contre, je suis dans le désert et je n'ai pas d'eau. Heureusement que j'ai vu toutes les émissions de Bear Grylls...Ah, et en passant : Antoine Daniel, Angel MJ et Mathieu Sommet ne m'appartiennent pas.
Si cette fic dérange une des parties concernées, je la supprimerais ("une des parties concernée, appelez-moi Non mais sérieusement, j'ai vraiment plus d'idées, là! maintenant.)
L'histoire se passe dans un univers semi alternatif.
Réponse aux reviews anonymes :
Perone LaJambe : Et oui, il en trop pris en gros !
Ship is real : Tes théories...bon sang...Elles sont balèzes et du coup je crains pour ma suite qui pourrait ne pas être à la hauteur de tes attentes X)
Carolinedunord : J'ai tellement envie de rire ! MAIS JE PEUX RIEN TE DIRE!
N'oubliez pas de laisser une review sinon, voilà ce qui va se passer! *la flemme d'écrire un scénario, vous m'avez pris pour le visiteur du futur ou quoi?*
Pov Antoine.
CHAPITRE SUIVANT
Il se réveilla avec une douleur lui vrillant le cerveau. Bordel de cul? Il était où là?
Il s'accorda un moment pour reconnaître les lieux et s'aperçut qu'il était dans sa chambre, assis sur son lit. Que...Quoi? Quand était-il rentré chez lui?
Il n'avait absolument aucun souvenir de la nuit passée.
Antoine se leva et ouvrit doucement les volets mais à sa grande surprise, il faisait nuit. Hein? Mais...Attend, attend... Des souvenirs fugaces remontaient. Il se rappelait de Mathieu, d'une histoire de bière puis plus rien. Mais qu'est-ce qu'ils avaient foutus? Ils s'étaient saoulés ou il ne savait quoi, c'était la seule explication possible à son foutu trou de mémoire.
Le brun jeta un coup d'œil à son portable et remarqua qu'il était cinq heures du matin. Il se sentait horriblement fatigué preuve qu'il n'avait pas beaucoup dormi donc en tout logique, peu de temps s'était écoulé. Il n'avait rien pu faire de mal, pas vrai?
La migraine se manifesta à nouveau.
Ah bordel, pourquoi ça le prenait de plus en plus fort? Ces maux de têtes lui donnaient une impression bizarre en plus, comme s'il devenait tout à coup étranger à son propre corps. Pendant de brefs instants, il ne se sentait plus lui, la notion de temps disparaissait et toutes ses inquiétudes s'envolaient. On pourrait croire que c'est pas si désagréable mais imaginez-vous, repoussé par votre corps et reléguer en tant que simple esprit. Franchement pas chouette.
En y songeant un peu plus, c'est sûrement ce que devait ressentir Mathieu lorsque ses personnalités prenaient le dessus.
Le son de quelque chose qui bougeait l'interpella. Antoine se leva de son lit et se dirigea vers le minuscule salon où seuls une télé et un canapé s'y trouvaient. Le bruit provenait du sofa où une forme était emmitouflée dans une épaisse couette. Des cheveux châtains s'en dégageaient et bientôt, deux yeux bleus perçants le dévisagea.
"Nnh, 'Toine...?
Le dénommé sursauta à l'entente de son nom.
-...Mathieu?" hésita-t-il.
Qu'est-ce qu'il faisait là? Il avait vraiment dû louper un épisode cette nuit car il ne se souvenait pas avoir invité le plus petit chez lui. Mais maintenant qu'il reprenait peu à peu contact avec la réalité, il se rendait compte de son haleine chargée. S'il avait bu, ce devait être une sacré quantité parce qu'il puait vraiment beaucoup et dans la logique des choses, c'était donc normal qu'il ait autant de mal à se souvenir de son arrivée ici (alors que la dernière chose dont il était sûr était qu'il demeurait chez Mathieu). Et puis, un rapide coup d'œil à la pièce permettait d'affirmer ce constat : d'innombrables canettes de bières étaient étalées sur le sol et Antoine distingua même quelques bouteilles d'alcool fort.
Oups.
"Euh, Mathieu...? tenta à nouveau Antoine, est-ce que par hasard, tu te souviendrais de ce qu'il s'est passé cette nuit? Je suis un peu dans le flou.
Son interlocuteur le regarda dans les yeux, un sourire goguenard fiché sur son visage qui rendit le brun plutôt mal-à l'aise.
-Oui je m'en souviens, tu veux savoir? lui répondit-il malicieusement.
-Eh bien...oui?
Antoine fronçait les sourcils. Pourquoi Mathieu le regardait comme ça...? C'était trop étrange...
-Qu'est-ce que tu aimerais savoir? lui redemanda-t-il.
-Mais, tout! Pourquoi fais-tu ton cinéma? Accouche! On a pas pu faire quelque chose de mal comme-
-Tu veux savoir si on a couché ensemble? demanda crûment Mathieu, faisant rougir atrocement Antoine qui se recula.
-Qu-Quoi? Quoi,qu'est-ce que... Pourquoi voudrais-je savoir si...Non! Hein?
Ce ne pouvait pas être ça, n'est-ce pas? Il ne savait même pas comment on était censé s'accoupler. Tiens, c'est vrai ça, pourquoi il ne savait pas comment faire? C'était essentiel, non? Mais Antoine n'eut pas le temps de comprendre le pourquoi de cette lacune : Mathieu venait de faire glisser la couverture qui le gardait au chaud le long de son corps, offrant un spectacle pour le moins érotique. Il n'était vêtu que d'un simple pantalon laissant à l'air libre un torse fin et sec. Antoine ne put empêcher son regard de suivre le contour abdominal de son ami pour ensuite se perdre à l'orée du bas.
Hé? Ce-ce n'était pas une preuve, si? Il a très bien pu enlever son haut quand...Mais le brun perdit le fil de sa pensée quand le plus petit le toucha.
Du bout de son doigt, le châtain traçait une route le long du bras d'Antoine qui se couvrit immédiatement de chair de poule
Mathieu ne prononçait pas un mot, se contentant de le regarder fixement, ses pupilles dilatées et la bouche légèrement entrouverte.
Qu'est-ce qu'il faisait? Il ne pouvait pas faire ça!
Mais, Mathieu avait sous-entendu qu'ils avaient déjà commis l'irréparable...
Je ne m'en rappelle pas!
Mais lui se souvient.
C'est une blague, il me raconte des salades!
"Antoine..."
Son nom n'avait été qu'un murmure mais c'est ce qui lui fit perdre pied. De nouveau, cette horrible sensation d'être étranger à son corps se manifesta.
Il n'était pas fait pour ça. Toutes ces émotions...Tout ce qu'il voyait, tout ce qu'il touchait, ce n'était pas pour lui. Il se devait de rester neutre. Il le fallait! L'amour, ce n'était pas pour-
Son flux de pensées se tarit aussitôt qu'il sentit des lèvres se poser sur les siennes. Une sensation étrange s'empara alors de lui. Il avait l'impression qu'un souvenir d'un autre temps remontait à la surface et cela l'apaisait calmant ses angoisses. Il se laissa porter par ce courant et ouvrit ses lèvres, cherchant à prolonger ce doux contact.
Le plus petit en profita pour approfondir le baiser, jouant avec sa langue et explorant la bouche qui lui était offerte. Il devenait pressant, prenant de courtes pauses pour aussitôt redévorer les lèvres du chevelu. Sa main qu'il avait laissée sur le bras d'Antoine glissa dans son dos, caressant la peau à travers le vêtement.
Quelque chose se passa alors, une envie se réveilla au fond de lui et activa une partie de son corps dont il ignorait complètement l'existence. Ou du moins, qu'il savait être là sans jamais s'en soucier véritablement.
"At-attends..., souffla Antoine entre deux baisers, je me sens étrange...
Seul un sourire lui répondit. Mathieu s'arrêta soudain de lui prodiguer ses délicates attentions et le fixa.
-Est-ce que c'est ça qui te fait sentir étrange, demanda sournoisement Mathieu en effleurant son entre-jambe.
C'était ça...C'était ça. Qu'est-ce que c'était? Il se sentait fiévreux tout d'un coup, haletant et frissonnant en même temps et c'était directement lié aux caresses du châtain sur cette partie.
Apparemment, Mathieu savait parfaitement à quoi ça servait mais lui était dans le flou. Était-ce normal de ne pas être au courant de toutes les doubles-fonctionnalités de son corps? Parce qu'à part se soulager la vessie, il n'avait jamais eu recours à sa partie basse. Jamais personne ne lui avait expliqué ça. Il avait bien entendu quelques connaissances théoriques -et encore- mais...C'était normal ou pas?
Une nouvelle caresse le fit agripper les épaules du plus petit, plantant ses ongles dans la peau nue, s'attirant un léger grognement de douleur. Ce bruit lui envoya des décharges, ravivant de plus belle sa virilité.
Antoine aurait été prêt à s'abandonner aux plaisirs de la chair si la fenêtre n'avait pas brutalement sautée.
Les deux jeunes hommes eurent un sursaut en voyant un homme dont ils ne distinguaient pas le visage dû à l'obscurité, se glisser par l'ouverture et s'écrouler sur le sol.
Antoine s'approcha prudemment, Mathieu sur ses talons et reconnut bien vite John. Bon sang! Il était revenu?!
Toutes traces de l'agitation qui l'avait secoué voir émoustillé quelques secondes auparavant disparurent, ses pensées se focalisèrent uniquement sur John.
"Merde! C'est pas vrai, siffla-t-il en constatant le sang qui coulait du visage de son ami, Mathieu, allume la lumière!"
Le châtain s'exécuta et revint près du corps de John mais fut estomaqué. Le sang qui coulait n'était pas rouge, il était bleu.
"Antoine, qu'est-ce que-
-Je sais pas! Je sais pas, bon sang!"
Antoine était perdu. Qu'est-ce que ça voulait dire...? Pourquoi son sang était bleu? Qui était...qui était vraiment John?
Ça lui faisait mal de s'interroger soudain sur la nature de son ami de toujours mais ça lui faisait encore plus mal de penser qu'il lui avait caché des choses aussi importantes.
Et je lui ai fais confiance tout ce temps?
Il était vrai qu'il ne connaissait pas grand chose du plus grand. Jamais il ne parlait de sa famille ou de sa maison. Antoine ne savait pas non plus quel âge avait vraiment John ni quand était son anniversaire. C'étaient pourtant des choses essentielles à savoir lorsqu'on devenait amis.
Et puis, l'autre ne recevait jamais de coups de téléphone comme si ses parents n'étaient pas inquiets qu'il ait déménagé avec Antoine.
Le brun remarqua par hasard que John avait ouvert les yeux. Ce dernier s'était tenu immobile certainement pour ne pas se faire voir mais dès qu'il constata qu'Antoine l'avait surpris, il se leva d'un bond et frappa violemment Mathieu ce qui le fit tomber par terre. Il se tourna ensuite vers le chevelu qui restait là, coi. Le regard de John était terrifié, comme s'il tentait d'échapper à quelqu'un mais il décela de la résolution quand il s'approcha de lui avant de lui mettre un crochet du droit qui le fit tomber la tête la première sur le sol, lui faisant momentanément perdre connaissance.
Lorsqu'il ouvrit les yeux quelques temps plus tard, John était toujours là, penché sur Mathieu et lui murmurant quelque chose qu'il n'entendit pas.
"John! grogna Antoine, se tenant la tête, mais qu'est-ce que tu fabriques...?
-C'est pour ton bien, Antoine.
-Me frapper? Et frapper Mathieu c'est pour mon bien? Tu t'es pris pour Dobby?
-Je ne peux rien te dire...Ils...Ils sont déjà là. J'en suis sûr...
-Quoi? Mais qui? demanda Antoine sans comprendre, et qu'est-ce que tu as fait à Mathieu? Et pourquoi ton sang est-
-Ta gueule putain! hurla John.
Le chevelu recula. Jamais son ami ne lui avait crié dessus. Le plus haut level de colère qu'il avait montré se résumait à des remontrances mais même ces dernières étaient légères. Et que dire du langage grossier?
John était le mec le plus poli qu'il connaissait. Il pouvait même devenir outré lorsque des gens utilisaient la vulgarité pour s'exprimer.
-...John...? murmura Antoine presque timidement.
Il ne reconnaissait pas son ami et il avait l'impression de ne plus avoir de point de repère, comme si le châtain était celui qui lui permettait de rester humain. D'ailleurs, en parlant d'humanité, John semblait irréel, hors du temps. Le sang bleu qui coulait le long de sa mâchoire, son être qui semblait briller et cette horrible sensation de danger qui émanait de lui y étaient pour beaucoup dans cet aspect inhumain.
Son ami gratta quelque chose qu'il ne voyait pas au dessus de sa tête et sembla en prendre une bouchée.
-Antoine, si tu ne fais pas exactement ce que je te dis de faire, tu mourras dans dix minutes. Peut-être moins.
Le brun était clairement dépassé.
-Pardon?!
-Pas le temps, pas le temps ! PAS LE TEMPS! Pas le temps!"
Antoine se fit empoigner par le bras pendant que John soulevait le corps de Mathieu. Il les dirigea vers la fenêtre et avant que le brun ne puisse émettre la moindre protestation, il sauta.
Le jeune homme ne dirait pas qu'il voyait à présent sa vie défiler devant ses yeux même si techniquement, c'était ce qui était en train de se produire. Mais en voyant ces images, il ne s'y reconnaissait pas.
Drôle, qui est ce type? Qui est l'acteur de ma vie? Ce n'est pas moi? Je ne reconnais pas ces souvenirs. Je ne reconnais rien.
Si, là! Ma rencontre avec Mathieu, ça c'est réel! Notre amitié est réelle! Notre amour...Non, pas l'amour. Je ne peux pas ressentir ce genre de choses. C'est impossible.
Antoine regarda une dernière fois Mathieu évanoui alors qu'ils s'approchaient du sol. Il tendit le bras, comme au ralenti, tentant de toucher le jeune homme afin de s'assurer que ce dernier était bien présent, réel mais avant qu'il ne puisse l'atteindre, son estomac se souleva dû à la soudaine poussée qui l'entraîna vers le haut.
Il écarquilla les yeux, retenant un cri d'effroi face à la hauteur qui ne cessait de croître entre lui et le sol. Des tremblements le parcoururent et il ne put s'empêcher de gigoter pour trouver une prise ferme où s'accrocher.
"John...John...glapit-il.
-Du calme, Antoine, dit froidement son ami en raffermissant son étreinte sur le bras du chevelu, on sera bientôt arrivé si tu ne bouges pas.
Tu voles! Tu voles et tu me parles de trucs étranges! Bordel! pensa Antoine qui n'osait pas ouvrir la bouche de peur de rendre tout le contenu de son estomac.
Il n'aurait jamais pu prédire ce qui lui arrivait en ce moment quand il était encore avec Mathieu, bien en sécurité dans l'appartement après cette nuit incertaine dont il ne se rappelait rien. Et il était pratiquement sûr que le plus petit ne s'y serait pas attendu non plus.
Finalement, les trois se posèrent sur un toit de Paris. John brisa une fenêtre et il les entraina à l'intérieur.
Voilà donc le mystère résolu de la fenêtre cassée après quatre longues années. Le coup du gros PIGEON.
John n'avait pas fière allure. Il était essoufflé et on voyait que ses membres ne devait être qu'une succession de nœuds douloureux sans parler de la vilaine balafre ornant toute la partie droite de son visage d'où s'écoulait ce sang particulier.
Antoine s'écarta de son ami, reprenant ses esprits et attira Mathieu vers lui dans un stupide réflexe de protection. Contre qui? Eh bien, John ne semblait pas très amical en ce moment donc c'est de lui qu'il le protégeait.
"John, qui es-tu? demanda-t-il soudain.
L'autre releva la tête et plongea ses yeux sombres dans ceux d'Antoine.
-Ils vont me tracer. Ils sont sûrement sur nos talons. Ce n'est plus qu'une question de minutes.
-De qui tu parles, bon sang! s'énerva Antoine.
-De...Tueurs...? répondit John d'un ton mal assuré et hésitant comme s'il réfléchissait lui-même à la réponse.
-Des tueurs. Sérieusement.
-Ils sont là pour nous tuer. Enfin, te tuer. Et-
Mais à la dernière seconde, l'homme sembla se raviser et retourna scruter à la fenêtre.
-John. Qui es-tu ? répéta alors Antoine, pourquoi voles-tu?
-Je suis un ange.
Antoine ne s'était pas attendu à une réponse comme ça. Un instant, il se demanda même si l'autre ne se moquait pas de lui mais le visage de son ami était fermé. Ce n'était pas du tout la tête de quelqu'un qui plaisantait et même, la situation était bien trop grave pour qu'une blague ne s'y infiltre.
Un ange alors...S'il avait le sang bleu c'est parce qu'il était un ange? Il volait, c'était un ange? Comment un ange peut-il exister?
-Mais...Pourquoi es-tu descendu sur Terre? balbutia Antoine.
Une ombre de douleur passa sur le visage de John.
-J'aurais aimé ne jamais être venu ici, murmura-t-il.
-Quoi?
-Je suis venu pour toi. Je suis ton ange Gardien. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu, répondit-il vaguement.
-Est-ce que ça veut dire que si on est devenu amis au lycée, c'est juste parce que tu étais mon protecteur? demanda Antoine, confus.
Alors, leur amitié n'avait vraiment été qu'une plaisanterie? N'empêche, ça expliquait bien des choses comme le fait qu'il ne connaisse rien de concret sur John.
-Non, je suis ton ami, répondit John.
Mais Antoine ne s'y trompait pas, le regard fuyant de l'autre lui affirmait le contraire de ce qu'il venait de dire. Il ressentit un pincement au coeur cependant, il y a avait plus important.
-Pourquoi est-ce que quelqu'un voudrait me tuer? demanda le brun.
En observant John, Antoine sut immédiatement qu'il n'allait pas recevoir la vérité. Pourquoi? Pourquoi lui mentait-il? S'il était véritablement son ange Gardien (même si le concept lui paraissait invraisemblable), ne devrait-il pas être complètement honnête avec lui?
Quelque chose clochait.
-John, réponds-moi ! s'énerva Antoine.
-C'est parce que tu...euh...tu es mon protégé et ces tueurs veulent tuer les protégés...
-Comment pourraient-ils savoir que j'en suis un?
-Euh, parce que ce sont des anges eux aussi.
-Des anges.
-Oui.
-Des anges tueurs...C'est quoi la prochaine révélation? Sally Sparrow est ma sœur? lança Antoine en fronçant les sourcils, oh et puis à quoi bon demander des explications, tu vas me mentir de toute façon. C'est ce que tu fais depuis des années pas vrai?
-Hum.
Quoi? Il ne nie même plus? Putain.
-Espèce d'enfoiré, murmura Antoine.
Un bruit sourd le fit sursauter : John venait de taper dans le mur et dardait son regard vers le chevelu.
-Okay, prends le comme ça Antoine. Fais moi passer pour le méchant si ça te chante mais pour l'amour de Dieu, la ferme! Ferme ta putain de gueule! siffla le châtain.
-Hors de question! Peut-être que ces anges tueurs vont venir mais eux seront à même de me donner les réponses que je cherche ! s'exclama-t-il en se redressant d'un coup pour faire face à John.
-Tu es le type le plus imprudent que je connaisse ! Tu veux tes réponses? Eh bien en voilà au moins une ! Tu me fais chier! Ton humain de merde me fait chier aussi et s'il pouvait crever là, tout de suite, on ne serait pas dans la galère! Tu veux que tout redevienne comme avant alors balance ce gamin du haut de cette fenêtre qu'on n'en parle plus!
-Mais t'es complètement malade! En quoi tuer Mathieu me sauverait? Tu ne m'as pas tout dit! Ils lui en veulent aussi !
John se plaqua la main contre le front.
-Ouais, ouais. C'est lui leur cible mais tu seras le dommage collatéral et- Ah merde...J'ai pas le temps. Débrouille-toi.
-Quoi? Non attends!"
Mais John avait déjà sauté et s'envolait dans le ciel sombre de la capitale.
Antoine avait le souffle court dû à son énervement. Il aimerait le frapper en pleine poire mais ses désirs de violence furent interrompus quand Mathieu se mit à gémir sur le sol de l'appartement. Le brun le rejoint et s'accroupit en l'aidant à se mettre en position assise.
"Mathieu, tu vas bien, s'inquiéta le chevelu, guettant le moindre signe de faiblesse du châtain.
-Ouch...J'ai mal à la tête mais sinon, tout est okay..., répondit-il en s'appuyant sur Antoine pour se relever, où est John?
-Parti, grommela Antoine, en tout cas, je te dois des excuses. J'avais pas du tout cru à ton histoire d'ange mais j'ai eu la preuve du contraire...
-Ahah, qu'est-ce que tu racontes Antoine? Ce serait pas plutôt toi qui te serais pris un coup sur la tête? ricana Mathieu.
Ben...Il ne se souvenait pas du sang bleu de John? Oh! C'est vrai que lorsqu'il a repris ses esprits, il avait vu John penché sur Mathieu. Avait-il des dons d'hypnose? Tout était envisageable en prenant en considération qu'il était un ange. Il avait dû effacer toute trace de sa divinité de la mémoire du jeune homme. Inutile de l'alerter sur ce fait, il valait mieux garder le silence.
-Ouep, vieux...Je crois que j'ai besoin de repos...
-Au fait, on est où?
-Hum...Très bonne question. John nous a fait grimper ici en forçant la fenêtre mais j'ai aucune idée de l'endroit où on se trouve...
Mathieu se dirigea vers la porte et tenta de l'ouvrir mais en vain.
-Merde, c'est verrouillé... constata-t-il, je crois qu'on va devoir repasser par la fenêtre pour sortir. Tu crois que John a laissé l'échelle pour redescendre.
Ha. Ça m'étonnerait, c'est pas comme s'il en avait eu besoin pour nous transporter.
-Je sais pas, allons voir, répondit Antoine en sachant déjà ce qu'ils allaient trouver.
Ils jetèrent un coup d'œil. Pas d'échelle. Ouep. Et la menace des anges tueurs planait toujours sur eux. Étant le seul à en avoir conscience, il se devait de protéger Mathieu et à son humble avis, ils n'étaient pas du tout en sécurité ici. Il fallait qu'ils aient une vue panoramique pour au moins voir la mort quand elle arrivait.
-On devrait aller sur le toit", proposa Antoine.
Le châtain acquiesça et enjamba la corniche à la suite du plus grand.
La nuit était fraîche et le paysage qui s'étendait devant eux donnait une atmosphère plutôt tranquille et agréable. Belle soirée pour mourir, pensa amèrement Antoine en s'asseyant sur les tuiles du toit afin d'assurer une meilleure stabilité. Il regarda Mathieu qui frissonnait. Le pauvre bougre avait été délogé de l'appartement avec un simple pantalon sur lui. Antoine retira sa veste et la lui tendit.
"Tiens, prends-la. Je ne voudrais pas te voir choper la crève.
-Notre situation ressemble à un mauvais trip après une cuite...Ou à un début de film gay.
-Pff, pouffa Antoine, ne commence pas! On est coincé sur un toit, là !
-Eh bien, les situations improbables sont le meilleur moyen de découvrir les gens."
Antoine sourit. Mathieu avait raison. C'est comme ça qu'il sait maintenant que John était tout sauf un ami.
Il soupira. Combien de temps avant que les anges tueurs n'arrivent?
*Précision utile : Antoine a certes compris comment fonctionnait l'humain, il n'a jamais été dans une situation sexuelle (du moins, il n'en a pas de souvenirs mais vous verrez ça dans le prochain chapitre) donc il n'a aucune idée de ce qui se passe avec son corps. Voilà.
