Merci beaucoup pour cet accueil. J'espère être à la hauteur de vos attentes avec ce nouveau projet.
Question délai de publication, j'aimerais vous dire qu'un nouveau chapitre sera disponible toutes les semaines mais entre le travail, la vie de famille et tout le reste, je préfère vous annoncer un nouveau chapitre tous les 15 jours.
N'hésitez pas à me laisser vos impressions et bonne lecture !
Chapitre 1 : « Ma raison somnolait... »
-Toi, tu la fermes ! Je ne veux pas entendre un seul bruit venant de ta bouche ou je tranche la tête de ces deux gamins juste devant toi avant de t'obliger à nettoyer, compris ? chuchota-t-elle d'une voix glaciale alors qu'elle serrait mon menton entre son index et son pouce.
Elle n'avait qu'un geste à faire...franchir ces quelques centimètres...et je serais enfin délivrée...mais non, j'étais l'outil de sa vengeance. Et cette seule motivation lui permettait de résister à l'appel de mon sang...à mon grand désespoir...
Elle relâcha son emprise puissante tandis que j'acquiesçai silencieusement. Et comme à chaque fois qu'elle voulait me rappeler qu'elle était le chef de ce groupe, elle ordonna à son congénère de me détacher les mains.
-Alors Isabella ? Puisque tu as leurs vies entre tes mains, qui choisis-tu ? annonça-t-elle d'une voix moqueuse.
Et comme à chaque fois, je ne pus retenir mes larmes. Mais j'avais progressé depuis tous ces mois. Je pleurais toujours devant cette situation ô combien inhumaine mais sans aucun bruit...
Après de longues minutes à trembler, je levai difficilement le bras et pointai du doigt le jeune homme retenu d'une main de fer par Victoria.
-Bon choix, Isabella ! s'exclama-t-elle avant de planter ses crocs dans la gorge de celui que je venais de désigner tandis que je fermai les paupières à toute vitesse pour ne plus assister au spectacle morbide, les cris de terreur de la jeune fille résonnant encore, couvrant aisément les bruits de sa fuite au bout de cette ruelle glauque.
Elle au moins, elle pouvait encore s'échapper...
xxx
-T'as 1h ! grogna mon compagnon de route avant de me laisser tomber au sol, au beau milieu d'une zone industrielle, me sortant brutalement de mon cauchemar. Et si jamais…
-Je sais.. le coupai-je d'un murmure à peine audible pour un humain alors que je frottais mes fesses endolories par la chute.
Je me relevai tout en époussetant le seul jean qu'il me restait et me redressai pour regarder mon accompagnateur une dernière fois.
-Ne me remercie pas encore une fois ou je te casse un bras ! cracha-t-il avec son ton habituel alors que je l'observais depuis quelques secondes.
-Si tu n'avais pas pris cette décision…poursuivis-je de la même manière, la seule qui m'était autorisée depuis Forks.
-Ouais, bah, j'aurais peut-être mieux fait de m'abstenir vu le merdier auquel je vais être confronté ! répliqua-t-il, cinglant.
Je baissai la tête, ne sachant que répondre à cela.
-Tu fais ce que tu as à faire et tu suis cette route. Je te rattraperai dans une heure. Compris ? ordonna-t-il d'un ton qui ne laissait aucune contestation possible.
Et puis, j'avais bien trop peur de ce qu'il pourrait me faire si jamais je discutai ses ordres.
-Compris. murmurai-je, tête basse.
Ce fut le courant d'air froid qui me fit relever la tête : il avait disparu, me laissant seule dans la nuit qui rendait cette zone industrielle encore plus terrorisante.
Oui, nous étions dans les problèmes jusqu'au cou et à cause de moi. En fait, cela s'avérait surtout plus compliqué pour mon compagnon de route.
Pour ma part, depuis mon départ de Forks, ma mort était déjà programmée. La date n'était plus qu'un détail et pouvait varier selon les humeurs si changeantes de ceux qui étaient encore mes hôtes jusqu'à voilà 2 jours. Et ce paramètre ne changeait toujours pas aujourd'hui même si Victoria n'était plus là.
Mais avec son acte de mutinerie, il venait également de signer son arrêt de mort, si l'on pouvait dire cela d'un être comme lui…vampire aux yeux vermillon et presque centenaire.
Était-ce sur un coup de tête ? ou mûrissait-il cela depuis longtemps ? Je n'avais pas encore réussi à le savoir mais il m'avait sorti des griffes abominables de Victoria et je ne pouvais que l'en remercier même si c'était pour me tuer un jour de ces propres mains.
Alors que je sortais du petit bâtiment délabré qui servait de sanitaires, me frottant les mains pour en chasser les dernières gouttes d'eau glacée, une faible lueur caractéristique attira mon regard. Au coin d'un bâtiment de briques rouges et de tôles, une cabine téléphonique tenait debout. Prudemment mais aussi vite que mes jambes pouvaient me porter depuis quelques semaines, je traversai le vaste terrain vague et rentrai dans la cabine. Elle puait l'urine, le néon était faiblard, le combiné pendait au bout de son fil mais elle fonctionnait toujours. Comme si elle m'avait attendue. Comme si elle connaissait la mission que je m'étais fixée et qu'elle me permettrait peut-être de remplir.
Un faible sourire sur les lèvres mais les mains tremblantes, je glissai une pièce et composai le numéro des renseignements avant d'entendre leur message d'accueil m'indiquant qu'une hôtesse allait me répondre.
-Yellow pages bonsoir. Maggie à votre service. Que puis-je pour vous ? débuta-t-elle d'une voix fatiguée.
Je n'avais pas parlé à un de mes semblables depuis si longtemps…
Mes lèvres hoquetèrent quelque peu et je crus que Maggie allait raccrocher. Ce fut cette idée bouleversante à mon cœur qui me donna la force de parler enfin…parler comme je ne l'avais pas fait depuis deux années.
-Bonsoir madame. Je recherche les coordonnées du docteur Carlisle Cullen. demandai-je d'une voix tellement éraillée que je ne la reconnus pas.
-Quel état ? répondit automatiquement mon interlocutrice.
Et la réalité me frappa de plein fouet : je n'en avais aucune idée.
-Je…je ne sais pas. avouai-je en retenant des sanglots nerveux. Je…je…il est médecin et…je…
Maggie était-elle une bonne âme ou ma détresse était-elle tellement palpable ? Je n'en sus rien mais après quelques secondes de silence, Maggie me répondit d'une voix adoucie :
-Ne pleure pas, gamine, j'ai du temps à perdre et je n'ai que toi comme cliente pour le moment alors je vais lancer une recherche sur tout le pays.
-Merci…merci beaucoup madame. balbutiai-je tout en souriant à travers mes larmes.
-De rien, gamine. De rien.
La musique d'attente se mit en marche et je restai suspendue au combiné, n'en perdant pas une miette. Sur le petit écran de l'appareil, les secondes s'égrenaient, imperturbables. Soudain, la musique se tut.
-Rien pour l'Alabama. l'entendis-je dire avant que la musique ne reprenne.
Un vent froid souleva quelques nuages de poussières et pénétra brusquement dans la cabine, me faisant trembler. Je ne quittai pas des yeux le bout de zone industrielle qui s'étalait devant mes yeux, espérant pouvoir avoir le temps de réagir si jamais un éclair roux apparaissait, à ma recherche.
La musique tournait toujours et je commençai à me dire que mes maigres moyens financiers ne pourraient me mener au bout de cette recherche si Maggie devait balayer la liste des 50 états avant de les trouver.
-J'ai un Carlisle Cullen, en Alaska. annonça Maggie d'une voix victorieuse, me faisant sursauter. Veux-tu que je te mette en relation ?
-Je…je...ne pus-je que répondre, complètement hagarde.
-L'opérateur t'offre 2 minutes de conversation, quand tu entendras un bip, remet une pièce dans la cabine. Compris, gamine ? Et fais-moi plaisir, demande à ce médecin de t'ausculter, tu dois vraiment couver un sale rhume avec la voix que tu as. me coupa-t-elle, m'obligeant à me concentrer sur son discours.
-Compris. murmurai-je en plongeant inconsciemment la main dans ma poche de chemise pour y attraper les deux pièces de monnaie que j'avais ramassées sur un bout de trottoir je ne sais plus trop où voilà deux jours. Merci.
-De rien, petite. De rien. termina-t-elle puis un bip retentit dans l'appareil avant d'être suivi par une sonnerie. Puis deux. Et trois.
Et les sonneries s'égrenaient ainsi dans l'obscurité. Et plus elles s'égrenaient, plus mon désespoir grandissait.
Ils n'étaient pas là.
Ou ils étaient déjà partis.
Ou l'adresse était un faux…
Dépitée, je m'apprêtais à raccrocher quand un déclic se fit dans l'appareil avant de laisser entendre une voix.
-Maison Cullen… m'accueillit une voix légèrement déformée par une machine qui brisa les dernières barrières que j'avais difficilement érigées depuis leur départ de Forks.
Et je ne pus que répondre par un sanglot que je tentai d'étouffer avec ma main.
-...Merci de laisser un message…
Le bip retentit moins d'une seconde et le silence se fit dans l'écouteur alors que je sanglotai toujours.
-oh Carlisle…réussis-je à dire avant de tomber à genoux, le combiné toujours dans la main, secouée par mes larmes.
J'avais pleinement conscience que le répondeur tournait, qu'ils entendraient clairement mes sanglots et que cela les bouleverserait…
peut-être…
mais surtout, je savais pertinemment que le lien allait se couper d'ici quelques secondes, le temps imparti pour laisser un message s'écoulant sans se soucier de mes difficultés à parler en cet instant. Pourquoi les avais-je appelés si je n'étais pas capable de leur laisser un simple message pour les prévenir du danger ? Victoria avait raison. Je n'étais vraiment bonne à rien, même pas à lui servir de pantin obéissant car toutes les actions qu'elle m'ordonnait de remplir se terminaient toujours en hurlements et en larmes, à tel point qu'elle avait été de très nombreuses fois sur le point de planter ses crocs dans ma gorge. Mais elle s'était toujours reprise in extremis, nourrissant d'autres desseins pour moi qui lui permettrait d'assouvir sa vengeance sur les Cullen.
Sa vengeance !
A cette pensée, mon esprit eut un soubresaut.
-Je…elle veut vous tuer…elle veut se venger et…réussis-je enfin à annoncer d'une voix fragile et douloureuse, juste un peu plus forte qu'un murmure, mais le bip de fin de message résonna et me laissa bouche bée.
-Non ! Non ! Pas encore ! voulus-je m'écrier, me relevant rapidement malgré les douleurs qui hantaient encore mon dos et mes jambes mais rien ne put sortir de ma gorge, beaucoup trop sèche et douloureuse.
Je regardai, incrédule, l'écran digital qui indiquait « Fin d'appel. Veuillez raccrocher ». Et alors l'évidence me frappa : je n'avais pas noté leur numéro de téléphone...et je n'avais plus le temps pour les rappeler puisque si je ne reprenais pas la route maintenant, un vampire me retrouverait assurément et me ferait passer un sale moment pour l'avoir contrarié…
Choquée, des larmes plein les yeux, je me dirigeai alors vers la route indiquée par celui qui avait permis mon évasion et repris la marche, longeant prudemment le ruban sombre de goudron, seulement guidée par la pale lueur de la lune.
Quelques minutes plus tard, un vent glacial me frappa le bras gauche et je retins un hurlement de terreur en mordant fortement l'intérieur de ma joue, comme j'avais appris à le faire tout au long de ces derniers mois.
Surtout ne pas crier.
Ne pas hurler non plus lorsque deux mains glacées et dures me saisirent pour me balancer sur le dos du vampire qui m'accompagnait. Mes instincts me broyaient l'estomac mais je retenais mes cris. Je les retenais depuis de si longs mois désormais. Je n'avais eu que le murmure pour m'exprimer lorsque j'en avais le droit et mon corps s'était habitué à cela.
-On va courir, tu es trop lente ! cracha-t-il avant de filer dans la nuit, moi accrochée à son dos tel un sac ballottant.
Comme avec Edward à nos débuts, je luttai contre la nausée qui me gagnait puis fermai fortement les paupières.
Après ce qu'il me sembla des heures de course, mon compagnon de route se stoppa et j'ouvris enfin les yeux sur un vaste parking couvert, parsemé çà et là de quelques voitures qui attendaient sagement leurs propriétaires dans la pénombre nocturne.
A peine eus-je le temps de sentir mes fesses tomber au sol qu'un moteur démarra.
-Monte ! ordonna le vampire et je m'exécutai aussitôt.
En moins de cinq minutes, nous avions quitté la ville et nous retrouvions roulant à tombeaux ouverts, sur une route déserte, les vitres de la voiture totalement baissées.
Le vent s'engouffrait dans l'habitacle, faisant violemment voler mes cheveux, me fouettant le visage. Je me pressai de les attacher en une queue de cheval avec un lacet égaré qui trainait au sol et m'allongeai sur la banquette arrière, tentant toujours de comprendre comment mon chauffeur pouvait supporter ma présence aussi aisément.
Certes, il chassait tous les jours. Des humains. A cause de moi et de mon maudit sang trop « parfumé ». Mais je ne pouvais que croire en sa capacité à devenir « végétarien ».
Car c'est pourquoi il avait quitté Victoria.
Il me l'avait avoué le lendemain de notre fuite, à notre premier arrêt.
Depuis notre première rencontre dans les bois humides de Forks, Laurent s'était remis en question. Il en avait assez de cette vie de nomade, sans aucun point d'accroche, sans jamais un moment de répit. Alors, naturellement, il en était venu à l'idée d'essayer le régime des Cullen et comptait rejoindre leurs cousins d'Alaska afin de leur demander conseil et asile.
Aujourd'hui, je ne savais toujours pas quel avait été l'élément déclencheur à sa prise de décision mais il avait brusquement quitté Victoria et m'avait emmenée au passage, résistant à l'appel de mon sang et essayant de me garder en vie en me trouvant de l'eau et un peu de nourriture..
Peut-être me voyait-il comme un gage de sa bonne foi ?
Comme l'objet qui lui permettrait d'approcher ces vampires aux yeux dorés sans trop de souci ?
Mais, aujourd'hui, à choisir, je préférais finir sous les crocs de Laurent plutôt que ceux de Victoria. J'avais vu toute la cruauté dont elle pouvait faire preuve, toute la mise en scène et la souffrance inculquées avant la mise à mort cruelle et lente…
Il ne me restait que ma mort et je ne voulais pas qu'elle se déroule ainsi, sous la volonté de cette diablesse rousse. Laurent, lui, ferait çà très rapidement et je pourrais enfin me reposer.
Votre avis ?
