J'ai un peu d'avance sur l'écriture de mon chapitre...donc me voilà ! J'espère pouvoir vous faire souvent cette surprise !

Merci à toutes pour vos reviews.

Pour reprendre un peu toutes les questions posées, cette fic sera une Bella/Edward mais ce ne sera pas pour tout de suite. La longueur des chapitres devrait rester sensiblement la même, histoire d'être régulière dans la publication malgré mon boulot et la vie de famille.

J'espère que ce chapitre vous plaira autant que le précédent. N'hésitez pas à me laisser vos impressions et bonne lecture !


Chapitre 2: « Ma conscience me conseillait...Mon inconscient m'déconseillait... »


Le silence me tira en sursaut de mon demi-sommeil. Nous ne bougions pas. Le moteur était éteint. Dehors, les premières lueurs de l'aube apparaissaient paresseusement. Je jetai un rapide coup d'œil à la console avant : 4h02. Le siège conducteur était vide, les vitres étaient restées ouvertes, laissant passer l'humidité qui montait avec cette nouvelle journée. Prudemment, je me relevai un peu pour essayer de me repérer.

Quelques bâtiments délabrés au bord d'une route déserte. Une station-service désaffectée sûrement. En essayant de faire le moins de bruit possible, j'ouvris la portière arrière et sortis du véhicule avant de me diriger vers le bâtiment principal.
Les vitres avaient été bouchées avec des planches et la station 'n'avait pas dû avoir de visiteurs depuis quelques années. Je repérai la porte de service à l'arrière du bâtiment et machinalement, j'actionnai la poignée tout en secouant un peu la porte. Celle-ci ne résista pas bien longtemps et s'entrouvrit en moins d'une minute.

Je ne remercierai jamais assez Jake de m'avoir appris ces quelques petits « trucs » lorsque nous étions enfants.

J'attendis une bonne minute, laissant mes yeux s'accoutumer à la pénombre de la pièce, avant de faire quelques pas prudents. Je me trouvais à l'arrière de la boutique, au beau milieu des rayonnages vides.

Je poursuivais ma découverte lentement avant de reconnaître , sur ma droite, un distributeur de friandises en piteux état, patientant juste à côté d'une porte défraîchie indiquant « WC ».

Prudemment, je poussai la porte du pied pour découvrir une petite pièce carrelée seulement éclairée par la lumière extérieure qui passait par la petite lucarne, unique point sur l'extérieur non condamné.
Depuis combien de temps cette station était-elle abandonnée ?
J'avançai encore dans la pièce pour apercevoir l'unique lavabo accroché sous un miroir fendu en 3 morceaux qui tenaient encore par je ne sais quelle magie. Sur le côté, un distributeur de savon prenait la poussière mais était toujours approvisionné. Derrière moi, les deux cabines n'avaient plus de portes et les cuvettes ne contenaient plus d'eau. Machinalement, j'appuyai sur le bouton de la chasse d'eau, n'y croyant pas vraiment, mais je ne pus que sourire devant le jet d'eau qui apparut dans un bruit de tuyauterie épouvantable.

Voilà un an, j'aurais fui devant l'insalubrité de cette pièce mais à cet instant, je ne pus empêcher une larme de couler : j'allais pouvoir me laver et utiliser des toilettes. Gestes banals certes, mais que je n'avais pu accomplir régulièrement depuis si longtemps…

Après m'être rafraîchie, je revins vers la pièce principale et m'arrêtai devant le distributeur éventré pour y trouver, tombés tout au fond du tiroir inférieur, une canette cabossée et un paquet de biscuits au chocolat. J'avalai rapidement ma canette et l'encas sans me soucier aucunement des dates de péremption. J'avais bien trop faim depuis trop longtemps pour cela.
L'estomac quelque peu comblé, j'entrepris de faire le tour de la pièce. J'ouvris les placards et armoires se trouvant çà et là, espérant y glaner quelques petites choses utiles. Lorsque je découvris un savon encore emballé au fond d'un vieux tiroir métallique, je ne pus retenir un nouveau sourire. J'attrapai mon sac à dos pour y fourrer les quelques denrées encore stockées dans le distributeur ainsi que mon « trésor » et fis le tour du comptoir.

Et j'eus l'impression que mon cœur s'arrêtait: sur le vieux bureau se tenait un téléphone.

Je me précipitai sur l'appareil pour en vérifier le fonctionnement et ne pus contenir un petit rire lorsque la tonalité prouvant le raccordement de la ligne résonna dans mon oreille.
Le téléphone fonctionnait toujours ! J'allais pouvoir appeler les Cullen et les avertir ! J'allais pouvoir faire ce qui me maintenait encore en vie : les alerter pour qu'ils soient tous sains et saufs.

Comme la veille, je m'adressai au service des renseignements et demandai la mise en relation après avoir noté sur un bout de papier froissé le numéro de téléphone tant désiré.

Comme la veille, mon cœur palpita de plus en plus à chaque tonalité.

A la cinquième, alors que j'allais raccrocher dépitée, un déclic se fit entendre.
-Bella ? Bella ?demanda aussitôt cette voix si reconnaissable pour moi.
-oh mon Dieu, Emmett ! sanglotai-je à l'autre bout d'une voix faible et totalement méconnaissable, ne sachant que faire d'autre.
-Bella, où es-tu ? On peut venir te chercher !
-Je…je ne sais pas trop…je….bégayai-je, totalement dépassée par mes émotions.
-Bella, calme-toi, je t'en prie…
-Emmett, elle….elle veut vous tuer…hoquetai-je.
-Qui « elle » ? où es-tu Bella ? continua-t-il d'une voix ferme et décidée.
-Je…je…balbutiai-je en me retournant vivement à la recherche du moindre indice sur ma localisation.
Mais aucun document portant l'indication tant recherchée n'était visible.
-Je ne sais pas trop…j'étais…poursuivis-je avant de sentir un courant d'air glacial dans mon dos, me faisant hurler en lâchant le combiné alors qu'une main froide et dure me fit faire volte-face.
-Que fais-tu ? gronda mon compagnon de route, les traits durcis par la colère et les yeux sombres.
-Je…je…tentai-je de répondre, complètement terrorisée par son arrivée.
Sans un mot, il rattrapa le combiné qui dansait seul, pendu à son fil et le mit à l'oreille.
-Demain. se contenta-t-il de dire froidement et je compris immédiatement qu'il allait raccrocher.
-Non ! Emmett ! hurlai-je malgré moi, tentant de lui arracher le téléphone de la main.
-Ferme-là ! asséna-t-il en resserrant sa prise sur mon poignet, me faisant me tordre de douleur.

Même s'il n'avait jamais pris part directement à mes tortures, il avait cependant eu plusieurs gestes violents sur moi.

Dans le silence, une voix lointaine se faisait entendre, hurlant mon prénom : Emmett ! Emmett était encore en ligne !
Je risquai un regard vers l'appareil puis vers le vampire qui tenait encore fermement mon bras, me faisant mal. J'aurais surement des ecchymoses à cet endroit dans quelques heures mais cette douleur-là m'était supportable. Plus supportable que de savoir cette connexion coupée.
-Emmett ! criai-je de nouveau à m'en casser la voix avant que l'étau ne se resserre encore plus sur mon poignet, me faisant hurler de nouveau.
-Tais-toi ! J'ai dit : demain ! cracha-t-il alors que j'avais l'impression que son pouce s'enfonçait dans mon articulation.
Je n'eus plus la force de répondre, tentant de calmer mon cœur qui s'était emballé et cette nausée qui montait de plus en plus. A genoux sous la puissance de la douleur, je levai malgré tout les yeux vers le vampire pour le voir reposer l'appareil sur son socle et criai une dernière fois avant de sombrer dans le néant.

xxx

Un cahot un peu plus fort me fit reprendre conscience. Nous bougions. Une douleur vive me prit aussitôt sur le coté de mon crane et je levai la main pour la porter sur ce que je pensais être une bosse. Immédiatement, une douleur irradia mon avant-bras gauche, me faisant geindre.

-Désolé. dit une voix basse pas très loin de moi, me faisant ouvrir les yeux.

Je pris une ou deux secondes pour observer mon environnement, plutôt sombre. Quelques faibles rais de lumière passaient çà et là, éclairant des montagnes de caisses en bois, solidement attachées. Je me relevai péniblement sur les coudes, distinguant ainsi le vampire assis sur l'une d'elles à quelques mètres de moi. Laurent me scrutait de ses yeux vermillon, me faisant frémir malgré moi. Où étais-je ?

-Dans un train de marchandises. m'apprit-il sans que je n'aie le temps de poser la question. On vient de passer Albuquerque.
J'acquiesçai silencieusement et m'assis correctement. Immédiatement, je regardai mon poignet gauche, surement cassé à en croire la douleur qui en émanait.
-Désolé. répéta mon compagnon en s'approchant de moi, me faisant frissonner à nouveau.

Les quelques bribes de soleil qui passaient le firent scintiller un peu malgré l'obscurité du wagon. Il s'agenouilla devant moi et me tendit mon sac à dos, dernier objet de mon passé.
De ma vie d'avant.
J'en sortis une bouteille d'eau tiède, une barre de céréales et ma vieille écharpe de mon lycée de Phoenix. Je la nouais rapidement et la passai autour de mon cou pour y déposer mon bras gauche, soulageant ainsi un peu la douleur.

-Pourquoi Albuquerque ? demandai-je en mâchonnant un peu de mon déjeuner.
-Tu étais inconsciente, le soleil allait bientôt se lever, la voiture était à sec et je voulais m'éloigner au plus vite pour garder une certaine distance avec Victoria. J'ai paré au plus pressé. expliqua-t-il avant de reprendre sa place.

Le silence s'installa dans le wagon, cahotant au gré des rails empruntés. Je fermai les yeux et en profitai pour me reposer un peu. J'étais si fatiguée. Voilà tellement longtemps que je n'avais pas dormi « normalement ».

xxx

Une sensation d'étouffement me fit ouvrir les yeux brutalement et je perçus alors cette main glacée qui me bâillonnait plutôt rudement. Aussitôt, mon cœur s'affola tandis que j'essayai de me libérer de cette emprise derrière laquelle brillaient deux yeux carmin.

-Tais-toi, Isabella. siffla Laurent. Tu vas nous faire repérer et çà sera un carnage.
Je clignai des yeux pour lui faire comprendre que j'avais parfaitement saisi et essayai de me calmer. Le train était arrêté. Laurent enleva sa main de ma bouche et m'aida à me relever.
-Tu hurlais dans ton sommeil. Nous sommes arrêtés dans une gare de triage et des humains y travaillent. expliqua-t-il d'une voix plus calme.
-où sommes-nous ? chuchotai-je
-dans l'Utah, au sud de Salt Lake City. La nuit tombe dans une heure. Nous partirons aussitôt.
J'acquiesçai silencieusement avant de passer ma main valide sur le visage, tentant d'effacer toutes ces horreurs qui faisaient mon quotidien depuis des mois.

La souffrance. La douleur. Les maltraitances. J'avais découvert tout cela dès le lendemain de leur départ.

Victoria m'avait retrouvée dans la forêt boueuse de Forks et m'avait enlevée après qu'Edward m'ait abandonnée quelques heures plus tôt au beau milieu des arbres centenaires, m'annonçant que la famille partait et que j'étais un poids pour lui. Ils étaient partis. Sans moi.

Victoria m'avait retrouvée et m'avait emmenée, loin d'ici. Mais personne n'était venu à mon secours. Ils étaient partis sans plus se retourner, effaçant la petite Bella Swan de leurs existences.

Victoria m'avait retrouvée et m'avait torturée.
Victoria m'avait obligée à des actes ignobles.

Au nom de quoi ? Au nom de mon amour pour Edward. Cet amour que j'avais pourtant perdu. Au nom de mon attachement pour les Cullen, pour ce semblant de lien familial que j'avais tant espéré tout au long de ma vie de fille unique de parents divorcés…Ce cocon qui avait disparu sans crier gare, me laissant complètement hagarde.

Cruelle Victoria qui m'avait jeté, triomphante, un journal chiffoné et tâché du comté d'Olympic. Un journal dans lequel j'avais appris que Charlie, mon père, avait été retrouvé noyé sur la plage de la Push, son corps rejeté par les vagues. Les shérifs du comté avait conclu à un accident, Charlie étant parti chasser dans les bois non loin de la falaise. Je n'y avais pas cru et aujourd'hui encore, je n'y croyais toujours pas

Avais-je tué mon père ? Oui. Certainement.
Pourquoi ? parce que je l'avais abandonné, comme ma mère l'avait fait.
Comment ? Je n'en savais fichtre rien mais au fond de moi se battaient deux hypothèses. L'une impliquait Victoria, l'autre me mettait en cause. Je n'étais déjà plus à Forks ce jour-là mais au fond de moi, j'étais persuadée qu'il n'avait pas supporté de perdre une seconde fois son unique fille d'une façon aussi brutale et mystérieuse et qu'il avait commis l'irréparable.

Et aujourd'hui, si je ne me menais pas à bien la dernière mission que je m'étais fixée, je perdrai ceux qui étaient pour moi ma seconde famille. Même s'ils étaient partis en me laissant sur le carreau voilà bientôt deux ans, je ne pouvais envisager leur disparition. Et je ne pouvais pas non plus taire mon envie de les protéger comme ils m'avaient protégée de James à une époque.

-Hé ! J'te parle ! réagit Laurent, me faisant sursauter, perdue dans mes pensées.
Je le regardai, ne comprenant pas sa réaction. Il attendait debout, me fixant, les mains sur les hanches. Dehors, le soleil était couché et plus un bruit ne se faisait entendre. Il devait m'attendre depuis quelques minutes mais prise dans mes pensées, je ne l'avais pas entendu.
-On y va. On va courir un peu avant de trouver une voiture. m'indiqua-t-il en ouvrant la porte du wagon.
Je m'autorisai un rapide tour d'horizon. Une énième zone industrielle, des wagons endormis à perte de vue et quelques lumières blafardes çà et là. Le vampire sauta de la passerelle et retomba au sol sans un bruit, fidèle à la perfection de sa race.

Comme tous les jours, il m'attrapa pour m'accrocher sur son dos et la course commença. Comme tous les jours, après un laps de temps que je ne distinguai pas vraiment, il vola une voiture. Comme tous les jours, je m'installai à l'arrière et fermai les yeux, espérant m'endormir, bercée par le mouvement du véhicule filant droit sur la voie express.

xxx

Alors que l'aube pointait à l'horizon, la voiture s'arrêta enfin. Laurent en sortit en un battement de paupière, fidèle à sa race et la porte arrière s'ouvrit dans la seconde suivante. Sans un mot, je le suivis, prenant bien garde à ne pas tomber sur le sol boueux. Tout était calme autour de nous. La nuit était encore là mais faiblissait. Le vent soufflait mais il ne pleuvait plus. Je me stoppai quelques secondes, levant la tête pour observer les alentours et découvris notre halte pour la journée avant de le rejoindre. Le vampire ouvrit facilement la porte métallique et passa devant moi pour pénétrer dans les lieux : un vieil hangar en cours de démolition à en juger par les engins stationnés dedans. Et si le chanter était en cours, des ouvriers allaient arriver ! Que voulait-il faire cette fois ? Malgré moi, les images des plans diaboliques de Victoria ressurgirent et je ne pus empêcher les visages de ceux qui étaient morts par ma faute d'apparaître dans mon esprit. Des hommes, des femmes, jeunes et plus vieux mais également des enfants...et Jake...

-Hé ! Fais pas cette tête. C'est dimanche aujourd'hui. Tu ne risques pas de voir arriver des ouvriers. expliqua-t-il, se moquant ouvertement de moi.

Je soufflai, rassurée et entrepris de me trouver quelque chose pour m'asseoir un peu plus confortablement. Au fond du bâtiment, une cabane de chantier ainsi qu'un sanitaire.
Au moins, j'aurais de quoi me soulager un peu.
Et peut-être pourrais-je demander à Laurent de forcer la porte pour que je puisse y trouver un peu de nourriture ou des médicaments qui soulageraient un peu mes douleurs...Commença alors la longue attente dans un silence complet et comme à chaque fois, Laurent bougerait avec l'arrivée du crépuscule.

La luminosité déclinait dans le hangar et nous n'allions pas tarder à reprendre la route. Effectivement, Laurent se releva mais pour filer vers le cabanon avant d'en revenir quelques secondes plus tard. Sans un mot, il m'attrapa et me fit traverser l'immense hangar avant même que je ne puisse paniquer à son changement d'habitudes. Il me remit sur mes pieds devant une table poisseuse sur laquelle s'étalaient des plans du batiment. Au mur, une carte me révélant que nous étions toujours dans l'Utah, à Logan ou tout du moins dans ses proches environs.

-Fais-le numéro. ordonna Laurent, me sortant de mes observations.
Il était au bout de la table, un téléphone de bureau dans les mains. Aussitôt, et malgré moi, mon cœur palpita beaucoup plus fort.

J'allais les entendre. J'allais leur parler. J'allais pouvoir leur expliquer la situation.

-Ne te réjouis pas trop vite, gamine ! Je suis le seul à juger si tu pourras leur parler. me cassa le vampire.
Je composai le numéro d'une main tremblante et reculai de trois pas, laissant Laurent, le combiné à l'oreille. Après quelques secondes, les lèvres de Laurent se mirent à bouger.

Ils étaient là ! Ils discutaient avec lui ! Et moi, pauvre insignifiante humaine, je ne pouvais même pas profiter du réconfort de l'une de leurs voix.

Dépitée, au bord des larmes, je me retournai et entrepris de fouiller les tiroirs des deux bureaux à la recherche de tout ce qui pourrait me servir. Je fourrai ainsi dans mes poches de jeans, un paquet de mouchoirs en papier, quelques bonbons, un stylo et des pansements mais aucun médicament.

-Isabella ! m'appela Laurent tandis que je refermai le dernier tiroir.
Inquiète, je levai aussitôt la tête vers lui. Laurent était toujours debout au même endroit, le combiné tendu vers moi.
-Tiens, le docteur Cullen veut te parler. expliqua-t-il, m'étonnant totalement par son geste.
-Merci Laurent. murmurai-je en attrapant l'appareil entre mes doigts.
-On part dans cinq minutes, je t'attends dehors. termina-t-il avant de disparaître, me laissant encore abasourdie par les événements des dernières minutes.
-Allo, Carlisle ? risquai-je d'une voix encore tremblante.
-Oh chérie ! répondit-il d'un ton tellement tendre et paternel que je me mis à sangloter une nouvelle fois.

Ils me manquaient tellement ! Aujourd'hui, je n'avais plus qu'eux…

-Ne pleure pas, chérie. entendis-je une voix féminine derrière Carlisle.
-Esmée…l'identifiai-je aussitôt en souriant à travers mes larmes. Maman…ne pus-je m'empêcher de murmurer en sentant mon cœur se comprimer.

Jamais encore je ne l'avais appelée ainsi mais j'en ressentais tellement le besoin en cet instant que cela sortit instinctivement.

-Ne pleure plus, Bella. On va venir te chercher. renchérit Emmett d'un ton qui me réconforta un peu.
-Non ! Elle va en profiter pour…Victoria veut vous tuer ! leur dis-je encore une fois en tentant de contenir mes sanglots.
-On va s'occuper de çà, Bella, ne t'en fais pas. Tout va bien se passer. Nous allons trouver une solution et bientôt nous serons de nouveau réunis et nous nous occuperons de toi. tenta de me rassurer Carlisle.
-Où es-tu, Bella ? me demanda Emmett.
-Je...je crois que nous sommes dans l'Utah...il y a une carte de la ville de Logan sur le mur et...
-Bella ! m'appela Laurent depuis la porte.
-Je…je vais devoir raccrocher, Laurent veut que nous partions…mais je ne veux pas raccrocher…je veux…est-ce que je peux vous rappeler demain ? paniquai-je.
-On se voit bientôt, chérie, je te le promets. me répondit Carlisle.
-Non…je…je ne veux plus ! Je n'en peux plus, je…j'ai mal et...au secours papa…poursuivis-je, prise dans ma spirale émotive, au bord de la crise de nerfs.
-Calme-toi, Bella. Respire profondément. m'encouragea le médecin alors que je m'asseyais au sol, en larmes, le combiné ancré à l'oreille. Tout va bien se passer, j'ai parlé avec Laurent et nous allons te mettre en sécurité. poursuivit-il.
-D'accord. articulai-je difficilement en essuyant mes larmes. Je…Merci Carlisle. murmurai-je avant de raccrocher et de rejoindre Laurent.

Ce dernier, adossé à la cabane de chantier, m'observa quelques secondes mais ne dit rien. Il se contenta de m'indiquer son dos avant de se mettre à courir, fendant l'air nocturne alors qu'une nouvelle fois, je fermai les yeux pour tenter d'oublier un peu toutes ces horreurs.


Alors ? Verdict ?